Bande dessinée, Contes et légendes, littérature, Mes opéras préférés, Valse

FAUST, de GOUNOD (1859)

Cet opéra de GOUNOD comporte un des airs les plus connus du répertoire grâce à… HERGÉ, qui a fait de l’Air des bijoux le morceau favori de sa cantatrice Bianca Castafiore, alias le rossignol milanais.

castafiore

Gounod, qui connaissait l’œuvre de GOETHE depuis sa jeunesse, a composé son opéra sur un livret des duettistes Barbier et Carré. Le Faust de Gounod est un des opéras les plus joués au monde.

L’argument en est celui de Faust qui, au début du premier acte, s’interroge sur l’inanité de sa vie passée à la recherche de la connaissance. Méphistophélès qu’il invoque lui promet tout ce qu’il veut. Faust demande la jeunesse, et Méphisto la lui promet en échange de son âme.

Au début du second acte, lors d’une kermesse villageoise, Valentin qui s’apprête à partir à l’armée confie sa sœur Marguerite à Dieu.

avant de quitter ces lieuxCliquez sur l’image

Méphistophélès apparaît et entonne son air Le veau d’or est toujours debout, rappelant que c’est toujours le diable qui mène la danse. Faust entre, cherchant Marguerite que Méphisto lui avait fait voir. Une valse commence sur la place du village.

Le veau dor est toujours deboutCliquez sur l’image

Au troisième acte, Faust salue la demeure de Marguerite (Salut, demeure chaste et pure). Méphisto se moque de son idéalisme et dépose sur le seuil de Marguerite un coffret rempli de bijoux. Marguerite arrive en chantant sa ballade du roi de Thulé. Découvrant  le coffret, elle l’ouvre et chante son fameux air des bijoux.

il était un roi de thuléCliquez sur l’image

Au début du quatrième acte, nous retrouvons Marguerite qui a donné naissance à l’enfant qu’elle a eu avec Faust, qui depuis l’a quittée. Valentin revient de la guerre (chœur : Gloire immortelle de nos aïeux). Il veut voir sa sœur et entre dans la maison. Faust arrive alors avec Méphisto qui chante une sérénade à Marguerite (Vous qui faites l’endormie). Valentin sort et se bat en duel avec Faust, mais c’est Faust qui l’emporte. Valentin maudit sa sœur avant de mourir.

Au cinquième acte, Marguerite veut aller prier à l’église, mais elle en est empêchée par Méphisto et ses diables, condamnée qu’elle est à l’enfer. Méphisto transplane Faust à la prison où se trouve Marguerite pour avoir tué son enfant. Quand elle apprend que Faust a signé un pacte avec le diable, elle demande le pardon divin et meurt (Anges purs, anges radieux). Son âme est accueillie au ciel par un chœur d’anges.

anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, littérature, Mythologie, Philosophie, Valse

LE MYTHE DE FAUST

L’adaptation du Faust de MARLOW (Christopher [1564 – 1593], pas Philip [1934 – 1961]) par le grand GOETHE (1749 – 1832) en 1808 a produit un grand nombre d’œuvres musicales. Goethe a par ailleurs écrit un second Faust en 1832.

Schématiquement, le thème de Faust est celui du savant qui a consacré sa vie à la science et qui, arrivé au soir de sa vie, se demande s’il a suivi la bonne voie. Il passe alors un pacte avec le diable Méphistophélès par lequel en échange de son âme, il a droit à une seconde chance. Il découvre alors les plaisirs terrestres avant de tomber amoureux d’une jeune fille, Marguerite.

On peut noter que l’Allemand Louis SPOHR a écrit un Faust dès 1813, mais son opéra n’était pas inspiré par le drame de Goethe.

Enthousiasmé par la traduction de Gérard de NERVAL, le romantique BERLIOZ met en musique huit scènes de Faust en 1829, avant de compléter son drame avec La Damnation de Faust en 1845.

Louise BERTIN, une compositrice proche de Berlioz, écrira Fausto (sur un livret en italien) en 1831.

Après lui, GOUNOD écrira son Faust en 1859, mais le thème en est si dénaturé (il n’y a pas trace de philosophie là-dedans) que les Allemands prendront l’habitude d’appeler son œuvre Gretchen (Marguerite). Ce Faust sera d’ailleurs parodié par HERVÉ qui écrira l’opérette le petit Faust en 1869.

Hervé le petit FaustCliquez sur Valentin

BOÏTO, le librettiste de Verdi, écrira un Mefistofele en 1868 et plus près de nous, BUSONI écrira un Docktor Faust  de 1916 à sa mort en 1924.

Outre ses adaptations à l’opéra, les personnages de Faust ont beaucoup inspiré les compositeurs romantiques, que ce soit SCHUBERT et son Marguerite au rouet,

Schubert Marguerite au rouetCliquez sur l’image

MENDELSSOHN et sa Nuit de Walpurgis, SCHUMANN et ses Scènes de Faust, LISZT et sa Faust-Symphonie et ses Méphisto valses, et même WAGNER qui a écrit une Ouverture pour Faust.

Liszt Méphisto ValseCliquez sur l’image

En 1880, la compositrice Emilie MAYER écrit cette Faust Ouverture.

Mayer Faust OvertureCliquez sur l’image

En 1914, Lili BOULANGER est la première femme à remporter le Grand prix de Rome, avec sa cantate Faust et Hélène.

Boulanger Faust et Hélène

On retrouve partiellement le thème faustien dans Phantom of the Paradise, le film culte de Brian de PALMA, une transposition dans le milieu du rock du Fantôme de l’opéra (1910) de Gaston LEROUX. On peut noter que dans ce roman qui se passe au palais Garnier, l’héroïne chante le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod.

Et côté bande dessinée, Bianca Castafiore, la célèbre héroïne des aventures de Tintin chante souvent le grand air des bijoux, du même Faust. Et quant à Edgar P. JACOBS, le créateur de Blake et Mortimer, son passé de baryton l’a mené à chanter le personnage de Méphistophélès sur les scènes lyriques.

Gounod Faust le veau d'or FurlanettoCliquez sur l’image

Compositeurs, Mallarmé, Mythologie

Richard WAGNER (1813 – 1883)

Wagner par Adrian

le dieu richard

Ainsi se termine le poëme écrit par MALLARMÉ en hommage à Richard WAGNER dont il était un des premiers admirateurs français.

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Wagner, donc, est né à Leipzig le 22 mai 1813 (la même année que VERDI). Très jeune, il est attiré par le théâtre. En 1821, il assiste au Freischütz de WEBER, ce qui déterminera sa vocation musicale. Il entreprend des études littéraires et à quatorze ans, il écrit un drame « shakespearien » (il fait mourir tous les personnages à la fin). Il compose une ouverture musicale pour son drame.

Après quelques œuvres de jeunesse, il entame son troisième opéra Rienzi, alors qu’il est directeur musical du théâtre de Riga. Il a l’ambition de monter Rienzi à Paris et s’embarque pour Paris via Londres, mais la traversée est terrible. Une tempête oblige le bateau à s’arrêter dans une crique, et le chant des matelots inspire à Wagner une nouvelle idée d’opéra. Ce sera le Vaisseau fantôme (Der fliegende Holländer). Wagner en écrit lui-même le livret d’après une nouvelle d’Heinrich HEINE. Terminé en 1842, c’est le premier de ses opéras à être resté au répertoire.

wagner vaisseau fantome ouvertureCliquez sur l’image

Suivront Tannhäuser (1845) et Lohengrin (1850), tous deux écrits d’après des légendes médiévales.

wagner tannhauser ouvertureCliquez sur l’image

En 1848, après avoir fait le coup de poing sur les barricades de Dresde avec son ami BAKOUNINE, il doit fuir et part à Weimar où il rencontre LISZT puis se rend à Zürich. Là, il rencontre un riche industriel, Otto WESENDONCK et surtout sa jeune femme, Mathilde, de qui il tombe amoureux. Il écrira les Wesendonck Lieder sur des poèmes de Mathilde. Il travaille sur le livret d’un opéra: La mort du jeune Siegfried, (qui deviendra Le Crépuscule des dieux) mais il se rend compte qu’il doit raconter ce qui s’est passé avant, il entreprend donc le livret de Siegfried, puis remontant toujours le temps, la Walkyrie. Il compose alors un prologue à sa trilogie: L’Or du Rhin (Rheingold). La composition des livrets est terminée en 1852 et il peut commencer la mise en musique.

Il s’interrompt deux fois pendant l’écriture de sa trilogie avec prologue (plus familièrement appelée tétralogie). Une première fois pour écrire Tristan und Isolde, sous le coup de sa découverte de SCHOPENHAUER et de son amour impossible pour Mathilde, une deuxième fois pour écrire sa seule comédie: Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867).

Wagner Tristan préludeCliquez sur l’image

En 1859, il retourne à Paris où Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser. Mais l’époque était au Grand Opéra à la française (le GOf), et Wagner se voit contraint de rajouter une scène de ballet. Il insère alors la scène du Vénusberg dès le début de premier acte, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que les membres du Jockey Club, qui avaient leurs petites amies dans le corps du ballet, soupaient avant d’aller au spectacle voir leurs amies danser. Furieux du traitement de Wagner, ils organisent alors une cabale et Tannhaüser est vite retiré de l’affiche.

Aimant le luxe et les femmes, Wagner était toujours à cours d’argent. L’arrivée en 1864 sur le trône de Bavière du roi Louis II le favorisera. En effet, Louis II, grand admirateur de son œuvre lui donnera les moyens de composer sa musique sans souci d’ordre matériel.

Entre temps, il avait retrouvé Cosima, la fille de LISZT à l’époque mariée à Hans von BÜLOW, un chef d’orchestre qui a beaucoup œuvré pour faire connaître sa musique. En 1865, c’est la naissance d’Isolde, le premier enfant qu’ils auront avec Cosima. Ils se marieront en 1870.

En 1876, il ouvre à Bayreuth un théâtre qu’il a fait construire pour la représentation de son Œuvre. Depuis, cette date, et à de très rares exceptions près (la guerre 39 – 45), on n’y joue que l’œuvre du Maître au cours d’un festival qui se tient en juillet – août.

Son dernier opéra est un drame mystique, Parsifal (1882) reprenant des thèmes de la légende du Graal. Wagner meurt à Venise le 13 février 1883.

wagner parsifal prélude rattle

Retrouvez ici les arguments des principaux opéras de Wagner :

Le Vaisseau fantôme.

Tannhäuser.

Lohengrin.

L’Or du Rhin (Rheingold).

La Walkyrie.

Siegfried.

Tristan & Isolde.

Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg (1867)

Le Crépuscule des dieux.

Parsifal.

Fantaisie, littérature, Mallarmé, Poésie

LA THÉORIE DES CYGNONS FAIBLES

En découvrant en bord de Seine trois cygnons tout juste sortis de l’œuf suivre en file (en théorie) leurs parents, je me suis interrogé sur la représentation des cygnes à l’opéra.

J’ai immédiatement pensé à Lohengrin, le chevalier mystérieux qui donne son nom à un opéra de Wagner, et qui arrive dans une nacelle tirée par un cygne. On apprend à la fin de l’œuvre que Lohengrin est le fils de Parsifal. Or dans Parsifal, autre opéra de Wagner, le héros tue au premier acte un cygne, animal pur et sacré, ce qui l’exclut de la découverte du mystère du Graal. (Je reviendrai bien sûr dans d’autres billets sur Lohengrin et Parsifal.)

Lohengrin adieuxCliquez sur le disque

Le cygne de Pesaro est le surnom que l’on donnait à Rossini, compositeur originaire de Pesaro. Ce surnom est dû au chant du cygne, dont on dit qu’au moment de mourir, le cygne produit un chant particulièrement beau et touchant.

Autre compositeur, Schubert, dont les opéras ne sont pas restés au répertoire (la faiblesse de ses livrets les rend difficiles à monter). Le chant du cygne (Schwanengesang) est le titre d’un recueil de lieder que son éditeur a publié à titre posthume.

Schubert StändchenCliquez sur l’image

Légèrement en marge de l’opéra, le Lac des cygnes est un des ballets les plus populaires de Tchaïkovski. Quand Nadejda von Meck, la riche mécène qui a « subventionné » Tchaïkovski pendant des années l’abandonnera, elle se tournera vers un jeune compositeur français, un certain Claude Debussy, et lui commandera justement une transcription pour piano du Lac des cygnes.

le lac des cygnesCliquez sur l’image

De Debussy à Mallarmé, il n’y a qu’un pas, ce qui me permet d’arriver au sonnet Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, que Mallarmé a écrit, comme d’autres écrivains de son époque, sur le sort d’un cygne qui s’était trouvé pris dans les glaces à Paris pendant un hiver particulièrement rude. Ce poème fait partie de ceux mis en musique par Pierre Boulez dans Pli selon pli, hommage à Mallarmé.

Et je ne peux pas consacrer un billet aux cygnes sans parler du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, et de sa très belle page pour violoncelle appelée Le Cygne.

le cygne saint-saënsCliquez sur l’image

En 1895, dans son épopée Lemminkäinen tirée du Kalevala nordique, Sibelius nous a offert ce très beau Cygne de Tuonela.

Sibelius le Cygne de TuonelaCliquez sur le cygne

Dans le Conte  du tsar Saltan (1905), de Rimski-Korsakov, le jeune héros Gvidon tue un vautour qui pourchassait un cygne. Il s’avère que ce cygne était une princesse, et à la fin de l’opéra, Gvidon et la princesses se marient !

Rimsky-Korsakov Le Conte du tsar Saltan Ty, tsarevitch, moy spasitelCliquez sur le cygne (qui est en fait une princesse)

Mais revenons à nos grosses boules de duvet. Comme on le sait depuis Andersen, un jeune cygne évoque plus un vilain petit canard que l’animal majestueux qu’il est en devenir. Et ce passage par Andersen me permet d’évoquer La petite sirène, qui inspirera (avec Ondine) le livret de Rusalka, de Dvorak.

Et récemment, j’ai déocuvert cette très belle mélodie, les Cygnes, de la compositrice Rita Strohl.

Strohl les CygnesCliquez sur l’image

Écrivains, Cinéma, histoire, littérature, Théâtre

BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image

Mes opéras préférés

LES NOCES DE FIGARO, de MOZART (1786)

Parmi mes opéras préférés, Les Noces de Figaro (Le Nozze di Figaro) (1786) est l’une des plus parfaites réussites du genre, tant l’osmose entre le livret de DA PONTE et la musique de MOZART est parfaite. Il n’y a aucun temps de mort, et de la première note de l’ouverture au chœur final, nous sommes entrainés par une mécanique de précision signée Mozart / Da Ponte.

Composé d’après Le Mariage de Figaro (1776) de BEAUMARCHAIS, l’action se passe chez le comte Almaviva, alors que Figaro, au service du comte, s’apprête à se marier avec Suzanne, qui elle est au service de la comtesse.

Acte I : Figaro, valet du comte Almaviva et Suzanne, femme de chambre de la comtesse, aménagent la pièce que le comte a mise à leur disposition et qu’ils habiteront après leurs noces. Cette pièce est proche des appartements de leurs maîtres pour qu’ils puissent répondre rapidement à leurs appels, mais Suzanne voit le mauvais côté des choses, elle sera également plus proche du comte, qui pourrait bien faire valoir son droit de cuissage. Bartholo et Marceline arrivent. Marceline dit à Bartholo que Figaro lui doit de l’argent, et qu’il ne pourra pas se marier tant qu’il ne l’aura pas remboursé. Chérubin, un jeune page qui découvre les joies de l’amour, arrive à son tour, déclarant qu’il est amoureux de toutes les femmes. Le comte l’a surpris en compagnie de Barberine, la fille du jardinier, et l’a congédié. Chérubin demande à Suzanne d’intercéder en sa faveur auprès de la comtesse.

Mozart Les Noces de Figaro Non so piuCliquez sur l’image

Le comte arrive, Chérubin essaie de se cacher, mais quand il est découvert, Suzanne essaie de le disculper. Enfin, un groupe de paysans arrive et chante au comte une chanson où ils le remercient d’avoir aboli le droit de cuissage. Le comte signe le billet qui envoie Chérubin à l’armée. Figaro lui chante les « joies » du service militaire.

Mozart Les Noces de Figaro Non piu andraiCliquez sur l’image

Acte II : Dans ses appartements, la comtesse se lamente, car elle sent que l’amour du comte a disparu. Suzanne fait entrer Chérubin et lui fait chanter l’air qu’il a composé pour la comtesse (dont il est amoureux) (Air : « Voi che s’appete ».)

Mozart Figaro Voi che sapete

Le comte arrive porteur d’une lettre anonyme le prévenant d’un rendez-vous de la comtesse le soir dans le jardin. Il s’agit d’un faux de Figaro destiné à rendre le comte jaloux, et ainsi le détourner de Suzanne. Alors que la comtesse et Suzanne travestissent Chérubin, pour lui permettre de rester au château jusqu’au mariage, le comte frappe à la porte. On cache Chérubin dans un cabinet avant de laisser entrer le comte. Mais entendant du bruit, le comte accuse la comtesse de cacher un amant. La comtesse refuse d’ouvrir la porte. Le comte va chercher des outils pour forcer la porte. Chérubin sort vite et saute par la fenêtre, pendant que Suzanne prend sa place dans le cabinet. À l’ouverture de la porte, découvrant Suzanne, le comte doit présenter ses excuses à sa femme. Survient le jardinier, qui dit qu’il a vu quelqu’un sauter par la fenêtre et écraser ses fleurs. Figaro s’accuse. Entrent alors Bartholo et Marceline, porteurs du document qui prouve que Figaro doit de l’argent à Marceline et qu’il doit l’épouser. Le comte déclare qu’il va régler cette affaire.

Acte III : Suzanne vient dire au comte qu’elle est prête à le retrouver le soir même dans le jardin (Duo : « Crudel, perché finora »), et lui demande l’argent promis pour sa dot, qui lui permettra de rembourser la dette de Figaro envers Marceline.

Mozart Les Noces de Figaro Crudel perché finora

Marceline vient réclamer son dû. Figaro interrogé nous apprend qu’il est né de parents inconnus, ayant été enlevé à la naissance. À un signe qu’il a sur le bras, Marceline reconnaît son propre fils, fruit de ses amours passées avec Bartholo. Arrive Suzanne qui découvre Figaro dans les bras de Marceline, sa mère. Se croyant trompée, elle est furieuse, avant qu’on lui explique l’histoire (sextuor). Une fois le malentendu levé, Marceline et Bartholo annoncent leur mariage.

Le jardinier montrant le chapeau de Chérubin qu’il a trouvé dans ses plates-bandes révèle au comte que Chérubin n’a pas rejoint son régiment.

La comtesse mélancolique chante l’amertume de voir sa jeunesse s’effacer (Air : Dove sono) quand Suzanne arrive. Elles décident de confondre le comte, en écrivant une lettre lui donnant rendez-vous le soir même au jardin, où la comtesse se rendra dans les habits de Suzanne. (Duo : « Canzonetta sull’aria ».) Elles ferment la lettre avec une épingle de la comtesse.

Mozart Les Noces de Figaro Sull ariaCliquez sur Suzanne et la comtesse

À l’occasion des mariages qui se préparent, les jeunes filles du village viennent chanter un compliment au comte, où elles le remercient d’avoir abandonné le droit de cuissage. Chérubin se trouve parmi elles, déguisé, mais le jardinier le reconnaît. Le comte veut punir Chérubin, mais Barberine demande au comte la permission de se marier avec le page, en échange des baisers et des caresses qu’il lui a prodigués en cachette. Embarrassé, le comte accepte. Suzanne lui donne discrètement la lettre fixant le rendez-vous du soir.

Acte IV : À la tombée de la nuit, Barberine cherche l’épingle qui fermait le billet à destination du comte, épingle qu’elle devait rapporter à Suzanne.

Mozart Les Noces de Figaro l'ho perdutaCliquez sur Barberine

Dans le jardin, Figaro comprend que c’est Suzanne qui va retrouver le comte ce soir. La comtesse et Suzanne, qui ont échangé leurs vêtements, arrivent. Quand le comte arrive, il s’adresse à sa femme en pensant s’adresser à Suzanne. Figaro, pour le rendre jaloux, flirte avec la comtesse. Suzanne lui donne un soufflet avant que le malentendu ne soit dissipé et qu’ils se retrouvent dans les bras l’un de l’autre. Le comte appelle ses gens, qui arrivent avec des torches. Suzanne demande pardon au comte, qui refuse, mais quand la comtesse arrive, c’est le comte qui est ridiculisé, et doit demander pardon pour son attitude. Celle-ci accorde son pardon, et tout le monde part, joyeux, pour le banquet de la noce.

Et Mozart nous a pondu au début du IVe acte un de ses petits airs dont il avait le secret avec le « L’ho perduta » de Barberine, écrit spécialement pour une de ses élèves.

Richard STRAUSS rendra un bel hommage à cette œuvre plus d’un siècle plus tard avec Le Chevalier à la rose (1909), qui retrouvera musicalement le charme crépusculaire de la jeunesse qui s’enfuit (pour la comtesse chez Mozart, pour la maréchale chez Strauss).

Cinéma, Compositeurs

Wolfgang Amadeus MOZART (1756 – 1791)

Mozart par Adrian

Un des plus grands noms de la musique, et de l’opéra, est certainement celui de MOZART (1756 – 1791).

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Le petit Wolfgang Amadeus naît à Salzbourg le 27 janvier 1756. Ses dons pour la musique sont détectés très tôt par son père Léopold, qui emmène son enfant prodige faire une tournée en Europe alors que Wolfgang n’avait que 7 ans. Il semble que Mozart, qui savait lire la musique avant de connaître son alphabet, pensait en musique, de sorte qu’il n’existe que très peu de brouillons de ses œuvres, qu’il écrivait directement au propre !

Il écrit son premier opéra, Bastien et Bastienne, à l’âge de 12 ans. En 1770, il entre à la cour des princes-archevêques de Salzbourg comme Maître de concert. 1771 est l’année de la composition de Mithridate, roi de Crête. Suivront un opéra-comique La finta giardinera (1775), puis Idomeneo en 1780.

Après divers démêlés avec le prince-archevêque, il se fait chasser de la cour comme un valet en 1781. Il s’installe alors à Vienne où l’empereur Joseph II lui commande un opéra en allemand (un singspiel) : l’Enlèvement au sérail (1782). Cette même année, il se marie avec Constance WEBER, une cousine du compositeur Carl Maria von WEBER. Il écrit d’ailleurs pour Constance, qui était chanteuse, plusieurs airs qui sont restés célèbres.

Sur la fin de sa vie (mais il était encore très jeune), il compose une trilogie sur des livrets écrits par Lorenzo DA PONTE (1749 – 1838) : Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Cosi fan tutte (1790).

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En 1791, il écrit La Clémence de Titus puis, encore en allemand, son dernier opéra La Flûte enchantée, qui connaît un grand succès. Il entame un Requiem, qu’il laisse inachevé à sa mort, le 5 décembre 1791, à vienne. Il avait 35 ans.

L’écrivain russe POUCHKINE écrira une pièce, Mozart et Salieri (1830), où il évoque l’assassinat de Mozart par le compositeur SALIERI, qu’il imagine jaloux de son génie. RIMSKI-KORSAKOV en fera un opéra du même nom en 1897. C’est de cette même pièce qu’est issu, indirectement, le film Amadeus (1984) de Milos FORMAN.

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Outre ses opéras, Mozart a écrit plus de 600 partitions, abordant tous les genres musicaux: symphonies, concertos, messes, musique de chambre, etc.

Divers

Tous à l’Opéra (6 mai 2018)

Dans le cadre de la journée européenne de l’opéra ce 6 mai 2018, de nombreuses activités seront proposées un peu partout en France et en Europe.

Pour les habitants des Hauts de France, rendez-vous à l’Opéra de Lille autour du prochain spectacle, Nabucco de Verdi.

Nous pourrons découvrir les coulisses du théâtre, et même chanter le célèbre chœur des esclaves Va pensiero sur la scène de l’opéra. Il y aura aussi des concerts de musiques du monde ou des activités pour les plus jeunes.

Découvrez le programme complet sur le site de l’opéra de Lille

 

Mythologie

LE MYTHE D’ORPHÉE

Il est intéressant de noter que le premier héros d’opéra a été un musicien : Orphée, dont la musique avait pouvoir même sur les animaux, et même sur les dieux puisque par son chant, il réussit à séduire Charon (Caron en V.O) pour sortir Eurydice des enfers.

Il a donc naturellement inspiré les compositeurs tout au long  de l’histoire de l’opéra, depuis les proto-opéras de Peri et Caccini Euridice (1600) (cf. Histoire de l’opéra – les années 1600)

Peri et Caccini EuridiceCliquez sur l’image

et Monteverdi et son Orfeo (1607).

monteverdi orfeoCliquez sur l’image

En 1647, le premier opéra représenté en France sera l’Orfeo de Rossi, et ce à l’instigation de Mazarin. Au XVIIIe siècle, Gluck s’y prendra à deux fois pour mettre la légende d’Orphée et Eurydice, une première fois à Vienne et en italien en 1762, une deuxième fois à Paris et en français en 1774. Berlioz en fera une adaptation en 1859.

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Jean-Chrétien Bach, le dernier fils de Jean-Sébastien écrira également un Orfeo ed Euridice.

Bach Jean-Chrétien Orfeo ed Euridice La legge accettoCliquez sur l’image

Il y en a beaucoup d’autres, dont celui de Sartorio, que j’ai découvert récemment.

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Au XIXe siècle, c’est Offenbach qui mettra Orphée en musique dans son Orphée  aux enfers (1858).

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De nos jours, le mythe est toujours vivant. La preuve en est la création d’Eurydice, opéra de Matthew Aucoin au MET en 2021.

Aucoin eurydice trailerCliquez sur le trailer

Écrivains, littérature, Shakespeare

SHAKESPEARE (1564-1616) ET L’OPÉRA

Shakespeare par Adrian

L’invention de l’opéra (l’Orfeo de MONTEVERDI date de 1607) est contemporaine de l’invention du théâtre contemporain par SHAKESPEARE (1564 – 1616). Elle est aussi contemporaine de l’invention du roman par CERVANTES avec son Don Quichotte, j’y reviendrai dans un autre billet.

Son œuvre a abondamment inspiré les compositeurs d’opéra. Notamment, Le Songe d’une nuit d’été (1600) a inspiré PURCELL avec The Fairy Queen (1692), WEBER avec Obéron (1826), MENDELSSOHN qui a écrit une musique de scène pour cette œuvre, Ambroise THOMAS avec Le Songe (1850) et jusqu’à BRITTEN avec son opéra datant de 1960.

Autre pièce abondamment mise en musique, Roméo et Juliette qui a inspiré  BELLINI (1830), BERLIOZ avec sa symphonie dramatique du même nom écrite en 1839, GOUNOD et son grand opéra de 1867, TCHAIKOVSKI et son ouverture Fantaisie de 1869, PROKOFIEV et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).

gounod roméo et juliette a lève toi soleilCliquez sur l’image

Hamlet (1603) a inspiré Ambroise Thomas en 1868, mais aussi LISZT avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et CHOSTAKOVITCH qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.

D’autres pièces encore ont été adaptées à l’opéra, telles que La Tempête (Purcell 1695) (ADÈS 2005),  Otello (Rossini en 1816 et Verdi en 1887), Le Roi Lear (Berlioz 1831, Chostakovitch 1941, REIMANN 1978), Falstaff (Verdi 1892) ou encore A.Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff dans son Songe d’une nuit d’été.

verdi otello acte IVCliquez sur Desdémone

Enfin, je m’en voudrais de ne pas citer le Béatrice et Bénédict (1862), de Berlioz, d’après la pièce Beaucoup de bruit pour rien.

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