littérature, Oulipo, Poésie

ENCORE DES HAÏKUS (4e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Voici une nouvelle série de haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par les idées musicales qui me viennent en le lisant.

Sur un haïkaï de Solène : HAÏKUS ( Défi ) – LE MONDE DE SOLÈNE (wordpress.com)

Et quand je m’endors

Le train du sommeil me prend

Gare de ton corps

Honegger Pacific 231Cliquez sur l’orchestre

D’après un texte de Isaia Berlin (1933), cité par l’Oulipo : Isaia Berlin :    http://berlin.wolf.ox.ac.uk/published_works/singles/bib9.pdf

Abbé, cédez ! Euh…

F., j’ai hachis ! Gikaël

Aime Éno, pécu…

Mozart l'alphabetCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Régis : https://wordpress.com/read/blogs/122969003/posts/2029

C’est une ballade
Au printemps, mode mineur,
Mais pour les majeurs

Brahms ballade opus 118 (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Sur un haïkaï de Tout l’opéra ou presque (😉)

La Carmencita

Près des remparts de Séville

Danse la séguedille

Bizet Carmen Près des remparts de SévilleCliquez sur la Carmencita

Sur un haïkaï de Luciole : https://wordpress.com/read/blogs/121462464/posts/49

Fleurs de la Minuit
Sur le sapin de Noël
Du jardin d’hiver

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta dans son jardin d’hiver

Citations musicales :

Le train : Arthur HONEGGER Pacific 231

Abbé, cédez : MOZART l’alphabet

une ballade : BRAHMS ballade opus 118 n° 3

Près des remparts de Séville : BIZET Carmen « Séguedille »

Du jardin d’hiver : TCHAÏKOVSKI Iolanta « Air du jardin et des roses »

Voilà, c’est tout pour cette série. Retrouvez des haïkus en cliquant sur ce lien « troisième série ».

Vous pouvez encore m’en envoyer, et n’oubliez pas de voter pour l’Agenda Ironique de novembre 2020.

Et pour avoir une nouvelle livraison de haïKaïs, c’est ici : cinquième livraison.

Compositrices, littérature, Poésie

Louise BERTIN (1805 – 1877)

Née le 15 février 1805 près de Paris, Louise BERTIN était la fille de Louis-François BERTIN, directeur du Journal des débats, un titre important au début du XIXe siècle et de Geneviève-Aimée-Victoire BOUTARD, pianiste qui lui donnera ses premières leçons de musique. La famille Bertin vivait donc dans un milieu culturel riche (INGRES faisait partie de leurs amis et a réalisé leurs portraits).

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

La petite Louise, victime de séquelles d’une poliomyélite (elle marchait avec des béquilles, et était surnommée « la boiteuse ») se forme à la musique auprès des maîtres de son époque, FÉTIS et REICHA, Reicha qui avait eu pour élèves non moins que BERLIOZ et LISZT.

Dès ses vingt ans, elle compose deux opéras comiques Guy Mannering (1825), d’après Walter SCOTT et le très gothique Loup-garou (1827), ainsi qu’un opéra, Fausto (1831), d’après le Faust de GOETHE.

En 1836, elle compose pour l’Académie royale de musique son œuvre la plus marquante, la Esmeralda, d’après Notre Dame de Paris, dont le livret est rédigé par Victor HUGO lui-même (c’est le seul livret d’opéra que composera VH, qui par ailleurs lui dédiera un des poèmes des Chants du Crépuscule). Hélas, la situation et les querelles politiques font que cette œuvre tombe rapidement, non pas pour des raisons musicales, mais par hostilité envers Louis Bertin et les positions politiques conservatrices qu’il défendait dans le Journal des débats. Et pourtant Berlioz, qui a dirigé les répétition d’Esmeralda, reconnaît une grande œuvre dans Esmeralda, alors que Liszt en fera la transcription complète pour voix et piano ! Les adversaires de Bertin, dont Alexandre DUMAS, iront même jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz.

Bertin la EsmeraldaCliquez sur le disque

Après cet échec, elle ne composera plus que très peu, quelques mélodies, des ballades pour piano, des fantaisies de chambre.

Revenons brièvement à Berlioz pour souligner qu’il a dédicacé ses Nuits d’été à Louise Bertin.

Berlioz Nuits d'été AbsenceCliquez sur l’image

Bertin mélodie Ah dors en paix mon bel enfantCliquez sur le disque

Elle se consacre dès lors à la poésie et publiera deux recueils, récompensés par l’Académie française. Son poème « Si la mort est le but » a été mis en musique par GOUNOD.

Gounod (Bertin) Si la mort est le but.Cliquez sur le disque

Louise Bertin meurt à Paris le 26 avril 1877.

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE DE NOVEMBRE 2020

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a co-proposé pour animer l’Agenda Ironique de novembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style.

Votre AI devra être inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire ci-dessous jusqu’au 26 novembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 novembre.

Je vous en livre ici quelques extraits, mais vous pouvez piocher dedans, en retirer, en rajouter (surtout en rajouter).

Un temps pour naître et un temps pour mourir…

Un temps pour pleurer et un temps pour rire…

Un bel exemple de participation par anticipation est celui du groupe les Portes, dans leur titre « Prends les choses comme elles viennent ! ».

The Doors Take it as it comesCliquez sur Jim

Mais comme ils ont posté leur participation trop tôt (c’était en 1967), ils sont hors concours.

Comme contrainte, je vous demande de faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide » !

Laurence m’a suggéré de vous rappeler que l’anapodoton est une variété d’anacoluthe, vous pourrez en trouver la définition à l’adresse suivante: https://www.cnrtl.fr/definition/anapodoton

Vous pouvez aussi aller voir dans le dernier livre de ma femme :  » Marie-France CLAEREBOUT – S’entraîner au Certificat Voltaire », PUF éditions, septembre 2020, page 203 (publicité gratuite)

Voilà, à vous de jouer.

Le formulaire pour le vote est disponible ici :

Un temps pour jouer, et un temps pour voter.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« VICTORIEUSEMENT FUI LE SUICIDE BEAU », de MALLARMÉ.

Je suis passé la semaine dernière au centre de Lille, sur la Grand-place, et vraiment je ne comprends pas ! J’ai l’impression qu’il y a des bulles où la COVID ne sévit pas. Où les jeunes peuvent s’entasser sur les terrasses des cafés, sans aucune distanciation et, pour la majorité d’entre eux, sans masque. Alors amis jeunes, si vous voulez mourir, faites-le, mais dans votre coin et sans mettre en danger la vie d’autrui, et pensez un peu au personnel soignant, qui lui se met en danger en permanence pour sauver des gens comme vous.

Après Le Tombeau de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Ce poème, qui figure dans l’édition de ses poésies entre le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, et Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, date de 1885. Le suicide dont il est question n’est pas celui d’une jeunesse inconséquente, mais celui du soleil qui se plonge dans la mer au moment du couchant.

Aujourd’hui, je vous propose donc Victorieusement fui le suicide beau.

Victorieusement fui le suicide beau

Puccini Turandot Tu che di gel sei cinta (Domnique Gless)Cliquez sur Liu 


Tison de gloire, sang par écume, or, tempête !
Ô rire si là-bas une pourpre s’apprête
À ne tendre royal que mon absent tombeau.

Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau
S’attarde, il est minuit, à l’ombre qui nous fête
Excepté qu’un trésor présomptueux de tête
Verse son caressé nonchaloir sans flambeau,

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

La tienne si toujours le délice ! la tienne
Oui seule qui du ciel évanoui retienne
Un peu de puéril triomphe en t’en coiffant

Moussorgski Boris Godounov couronnement (Bryn Terfel)

Avec clarté quand sur les coussins tu la poses
Comme un casque guerrier d’impératrice enfant
Dont pour te figurer il tomberait des roses.

voici des rosesCliquez sur l’image

Citations:

Le suicide beau : dans Turandot de PUCCINI, la jeune esclave Liu se suicide pour favoriser l’amour de son maître Calaf et de la princesse Turandot.

Sans flambeau : BERLIOZ Béatrice et Bénédict « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

puéril triomphe en t’en coiffant : MOUSSORGSKI Boris Godounov, et sa scène du couronnement de Boris.

il tomberait des roses : Berlioz, la Damnation de Faust, « Voici des roses ».

Découvrez « Apparition« , un poème de jeunesse de Mallarmé.

littérature, Oulipo, Poésie

LA MUSIQUE, de Charles BAUDELAIRE (1 – WAGNER)

Après L’albatros, de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans ses poèmes.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique qui trouve toute sa place sur ce blog : La Musique.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Wagner Tannhaüser Romance à l'étoileCliquez sur Wolfram


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Wagner Tristan und Isolde Acte 1 scène 1 Frisch weht der WindCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Wagner Tristan und Isolde O sink hernieder, Nacht der LiebeCliquez sur la partition

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Wagner Der fliegende Holländer OuvertureCliquez sur l’orchestre

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Citations musicales :

ma pâle étoile : Romance à l’étoile extraite du Tannhäuser de Richard WAGNER.

Je mets à la voile : au début de Tristan und Isolde de Wagner, un marin chante …

Que la nuit me voile : Extrait de la nuit d’amour au deuxième acte de Tristan.

D’un vaisseau qui souffre… : Ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner, qui décrit la tempête, puis la mer qui se calme quand le vent tombe.

Je me suis limité ici pour cet exercice aux musiques de Wagner, des admirateurs de qui Baudelaire faisait partie, mais j’en ai aussi une seconde version, illustrée par des musiques de DEBUSSY.

Retrouvez un autre poème de Baudelaire avec « À une dame créole« .

Et si vous voulez la version fauréïsée, c’est ici.

Et si vous voulez la version beethovénisée, c’est ici.

Cinéma, Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MILLE ET UNE NUITS (L’ORIENT À L’OPÉRA [2])

J’avais il n’y a guère consacré un billet à l’orientalisme à l’opéra, en vous promettant un zoume sur les Mille et une nuits, ce recueil de contes d’origines persane, arabe voire indienne.

Les mille et une nuit est donc un recueil de contes dont la plus ancienne trace écrite (un feuillet) date de 879. L’orientaliste français Antoine GALLAND a traduit ces contes au début des années 1700, et c’est à partir de cette version française qu’ils se sont ensuite répandus à travers toute l’Europe.

Début 1893, un jeune homme arrive chez Stéphane MALLARMÉ qui, ayant lu dix ans auparavant les 1 001 nuits dans une version anglaise, cherchait quelqu’un pour la retraduire en français. Ce jeune homme, c’est Joseph-Charles MARDRUS, qui deviendra ainsi le deuxième traducteur important des 1 001 nuits. (Et pour ceux et celles qui aiment la poésie, c’est suite à son mariage avec lui que la poétesse Lucie DELARUE s’est appelée Lucie DELARUE-MARDRUS.)

Dès 1783, PICCINI met en musique Calife pour un jour, sur un livret de MARMONTEL.

En 1800, c’est BOÏELDIEU qui écrit son Calife de Bagdad, sur un livret de SAINT-JUST.

Boïeldieu le Calife de Bagdad OuvertureCliquez sur l’orchestre

Ce même livret sera repris en 1813 par ROSSINI et par Manuel GARCIA (le grand-père de Pauline GARCIA-VIARDOT !).

En 1833, c’est Ali-Baba que CHERUBINI choisit de porter à l’opéra.

Shéhérazade est l’héroïne principale des 1 001 Nuits. Le roi de Perse ayant été trompé par sa femme, il a décidé de se venger en épousant chaque jour une vierge et en la faisant exécuter au matin. Shéhérazade trouve un moyen de faire cesser le massacre en racontant chaque nuit une histoire au roi, et en s’arrêtant au matin à un moment où elle ne peut pas interrompre son histoire. Curieux de connaître la suite, le roi lui accorde chaque jour une journée supplémentaire.

Shéhérazade a inspiré de nombreux compositeurs comme SCHUMANN (dans son Album für die Jugend, Album pour la jeunesse),

Schumann SheherazadeCliquez sur la partition

ou RIMSKI-KORSAKOV (1888). C’est par le ballet éponyme de l’ami Rimski que les Ballets russes se sont fait connaître à Paris.

Rimski-Korsakov ShererazadeCliquez sur le violon solo

Le Shéhérazade de RAVEL (1904) est un cycle de mélodies sur des poèmes de Tristan KLINGSOR.

Ravel Shérérazade AsieCliquez sur la soprano

En 1914, Henry RABAUD écrit sa seule œuvre à être restée au répertoire, Mârouf, Savetier du Caire.

Rabaud Mârouf Savetier du CaireCliquez sur l’image

Un autre conte célèbre, celui « d’Aladin et la lampe merveilleuse », a fait l’objet de nombreuses mises en musique. On peut citer celles du Danois Carl NIELSEN en (1918 – 1919) ou celle de Nino ROTA, connu pour avoir écrit la musique de la plupart des films de FELLINI, et qui a écrit le conte lyrique Aladin et la lampe merveilleuse.

Rota Aladino e la lampada magicaCliquez sur l’image

(Source principale : Margaret SIRONVAL, album de la Pléiade Mille et une nuits, éditions Gallimard, 2005)

En 1979, l’azerbaïdjanais Fikret AMIROV écrit un ballet, Mille et une nuits, dans lequel on retrouve Sinbad, Aladin ou Ali-Baba et les quarante voleurs.

Amirov mille et une nuitsCliquez sur le ballet

littérature, Oulipo, Poésie

« ULTIME », de Jacques BENS

Après L’albatros, écrit par Charles BAUDELAIRE, je vous propose un nouveau poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici parmi les 41 sonnets irrationnels de Jacques BENS.

Le sonnet irrationnel est une forme oulipienne inventée par Jacques Bens. C’est un sonnet en ce qu’il comporte 14 vers, et il est qualifié d’irrationnel parce que la répartition de ces vers s’établit suivant le rythme 3 1 4 1 5, soit le début des décimales de Pi.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Ultime.

Avec le dernier-né, s’achève la carrière
De cette poésie gracile et roturière
Qui tente d’animer des sonnets sans éclat.

Messiaen Saint-François d'Assise Musique et PoésieCliquez sur l’image

Car je n’ai pas beaucoup de goût pour l’éloquence.

« Sans éclat », ce serait presque un apostolat,
La victoire en chantant, la trompette guerrière,
Si j’avais un petit la fibre aventurière,
Et quelques dons physiques pour le pugilat,

Méhul le chant du départCliquez sur l’image

Sans compter un revenez-y pour l’éloquence.

Il n’en est pas question. Je n’ai pas la patience
Au temple parnassien de jouer les Samson,

Saint-Saëns Samson et Dalila Vois ma misère hélasCliquez sur Samson


Ni les bras, ni le poil, ni-ni l’impertinence.
Au demeurant, tout ça se veut sans conséquence,
Comme un vent du matin et comme une chanson.

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur l’image

Citations :

De cette poésie gracile : À la fin de Saint-François d’Assise de MESSIAEN, Saint-François déclare « Seigneur, Musique et Poésie m’ont conduite vers Toi » juste avant que de mourir.

La victoire en chantant, la trompette guerrière. La référence ici est directe au Chant du départ de MÉHUL.

Au temple parnassien de jouer les Samson : Comment ne pas penser à Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, opéra qui se termine par la destruction du temple par Samson.

Comme un vent du matin et comme une chanson : Dans Idoménée de MOZART, Ilia, la fille de Priam prend la nature à témoin de sa douleur. (Zéphir léger et charmant.)

Agenda Ironique, Fantaisie, Oulipo, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE D’AOÛT 2020

Ce mois-ci c’est Max-Louis qui nous donne le thème de l’agenda ironique :

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
Flot
Argile
Perche
Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Voici donc ma contribution participative à l’édification de ce monument de la littérature qu’est l’Agenda Ironique, contribution qui sera faite sous la forme de haïkus.

Sur la plage B

De cet ancien disque usé

Carmen a chanté.

Bizet Carmen habanera MigenesCliquez sur Carmen

+ + +

Assis sur la plage

Eischenbach songe au destin

La Mort à Venise.

Britten The death in Venice la plageCliquez sur Eischenbach face aux flots

+ + +

La plage chauffée,

Au soleil une fille s’est

Mise à danser (Brel)

Brel sur la placeCliquez sur Jacques BREL

+ + +

Haïkaï ou haïkus

Poésie en kïmono

Pauvre Cio-Cio-San.

Puccini madama Butterfly Un bel di vedremo CallaCliquez sur le kimono de Cio-Cio-San

+ + +

Colosse, pied d’argile

Benvenuto Cellini

Statue de Persée.

Berlioz Benvenuto Cellini Si la terre aux beaux jours se couronneCliquez sur l’image

+ + +

Renard et corbeau

Un corbeau perché sur l’arbre

Fable de La Fontaine.

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

Citations :

Carmen, de BIZET : « L’amour est un oiseau rebelle ».

La Mort à Venise, de BRITTEN.

Sur la place, de Jacques Brel.

Madame Butterfly, de PUCCINI : « Un bel di vedremo ».

Benvenuto Cellini, de BERLIOZ : « Chœur des ciseleurs ».

OFFENBACH, Six fables de la Fontaine, « le Corbeau et le renard ».

 

littérature, Oulipo, Poésie

« L’ALBATROS », de Charles BAUDELAIRE

Après Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit par Stéphane MALLARMÉ à la mémoire de Baudelaire, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi ici dans les poèmes de… Baudelaire (comme quoi le hasard fait parfois bien les choses).

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un classique des classiques : L’Albatros.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

Wagner Vaisseau fantôme ouverture (Janowski)Cliquez sur l’image

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Schubert Wanderer FantasieCliquez sur le pianiste

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

Zemlinsky le Nain finalCliquez sur l’image

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’image

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Citations :

Ce navire glissant sur les gouffres, ce peut être le Vaisseau fantôme (der fliegende Holländer) de Richard WAGNER, bateau condamné à errer sans fin dans la tempête, jusqu’à ce que son capitaine trouve l’amour absolu capable de le délivrer de sa malédiction.

Ce voyageur ailé m’évoque la Wanderer Fantasie (Fantaisie du Voyageur), de SCHUBERT, ce poète qui s’exprimait en musique et qui a traversé sa courte vie à peu près totalement incompris par ses contemporains.

Cet être comique et laid pourrait être Le Nain (der Zwerg) de ZEMLINSKY. Par jeu, on a fait croire à ce petit être difforme que la princesse, à qui il a été offert pour son anniversaire, pourrait être amoureuse de lui. L’opéra finira très mal pour lui et il meurt foudroyé par la vérité aux pieds de la princesse.

Le prince des nuées ! À l’acte V du King Arthur de PURCELL, l’enchanteur Merlin convoque Éole, le prince des nuées, pour calmer la tempête. Une île surgit des flots, Britannia !

L’archer peut-être Guillaume Tell, héros de l’opéra de ROSSINI.

Et puis quand il y a matière, il y a matière, alors pour célébrer le mois d’août qui commence, voici une deuxième lecture de l’Albatros de Baudelaire.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

Verdi Otello ouvertureCliquez sur l’image

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Schubert Winterreise EstarrungCliquez sur la partition

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

Verdi Rigoletto La MaledizioneCliquez sur Rigoletto

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Rameau les Boréades Borée en fureur (Acte III)Cliquez sur Borée en fureur

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Monteverdi le retour d'Ulysse dans sa patrieCliquez sur Ulysse

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Citations :

Ce navire glissant sur les gouffres pourrait être celui du général vénitien Otello rentrant après sa victoire sur les Turcs, et pris dans une tempête en arrivant à Chypre, dans l’opéra de VERDI.

Ce voyageur ailé m’évoque le Voyage d’hiver (Winterreise) de Schubert, ce poète qui s’exprimait en musique et qui a traversé sa courte vie à peu près totalement incompris par ses contemporains.

Cet être comique et laid, ce pourrait être Rigoletto, dans l’opéra de VERDI portant ce nom.

Le prince des nuées pourrait être Borée, le dieu du vent, dans les Boréades de RAMEAU. À la fin de l’acte III, Borée fait éclater sa fureur et provoque une tempête qui emportera la reine Alphise, qui dédaigne ses fils.

Et l’archer pourrait être Ulysse. Au deuxième acte du retour d’Ulysse dans sa patrie (Il Ritorno d’Ulisse in Patria) de MONTEVERDI, Pénélope, pressée par ses prétendants de choisir un nouveau mari, déclare qu’elle choisira celui qui saura bander l’arc d’Ulysse. Seul Ulysse, que personne n’a encore reconnu, réussit cet exploit et tue les prétendants.

Et en bonus, retrouvez l’albatros mis en musique par Ernest CHAUSSON.

Chausson Baudelaire l'AlbatrosCliquez sur l’image

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE TOMBEAU DE CHARLES BAUDELAIRE », de MALLARMÉ

Après Hommage, écrit à la mémoire de Richard WAGNER, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit en hommage à son ainé, mort en 1867. Comme Baudelaire, MALLARMÉ faisait partie des premiers admirateurs de Wagner en France, et ils avaient en commun une grande admiration pour Edgar Allan POE. Il peut être intéressant de comparer leurs traductions respectives de son poème le Corbeau (the Raven) (« Une fois, par un minuit lugubre… »)

(Rappel, j’ai déjà traité le poème le tombeau d’Edgar POE sur ce blog.)

Le temple enseveli divulgue par la bouche

Debussy La Cathédrale engloutieCliquez sur le temple enseveli

Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis

Abominablement quelque idole Anubis

Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Verdi Aïda Possente Fthà (Anubis)Cliquez sur Anubis

Ou que le gaz récent torde la mèche louche

Essuyeuse on le sait des opprobres subis

Il allume hagard un immortel pubis

Dont le vol selon le réverbère découche

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Quel feuillage séché dans les cités sans soir

Votif pourra bénir comme elle se rasseoir

Contre le marbre vainement de Baudelaire

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur Roméo devant le tombeau de Juliette

Au voile qui la ceint absente avec frissons

Celle de son Ombre même un poison tutélaire

Toujours à respirer si nous en périssons

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Citations :

Le temple enseveli : par ce temple enseveli, j’entends la Cathédrale engloutie de DEBUSSY, autre ami de Mallarmé, qui a mis en musique notamment son Prélude à l’après-midi d’un faune.

l’idole ANUBIS me propulse par la pensée en Égypte, par exemple pour écouter Aïda de VERDI. Si on y célèbre le dieu Ptah, c’est en définitive le dieu de la mort Anubis qui triomphe, puisque Aïda et son amant Radamès meurent emmurés dans une caverne.

un immortel pubis : si on considère que ce second quatrain évoque la prostitution, un des thèmes récurrents apparaissant dans l’œuvre de Baudelaire, cet immortel pubis pourrait être celui de Lulu (prononcer Loulou), l’héroïne vénéneuse de l’opéra de BERG.

le marbre : les deux tercets du sonnet se rapportent au tombeau de BAUDELAIRE, et le marbre est donc celui de son monument funéraire. Je vous propose donc ici de vous recueillir, comme le faisait Roméo, sur le tombeau de Juliette qu’il croyait morte, dans le Roméo et Juliette de GOUNOD.

un poison tutélaire : Dans le Couronnement de Poppée (l’Incoronazione di Poppea) de MONTEVERDI, le philosophe Sénèque est condamné à mort par Néron. Il fait ses adieux à ses amis avant de boire le poison, pendant que ses amis le pleurent.