Cinéma, Divers

CARMEN : le retour…

Je vous l’avais promis il n’y a guère, je vais vous parler dans ce billet de la postérité de Carmen, l’opéra de BIZET.

TCHAÏKOVSKY (1840 – 1893), qui était francophile, avouait une passion pour la partition de Carmen. Il n’est donc pas très surprenant de retrouver l’air « Carmen, m’aimes-tu encore » dans son Concerto pour violon qui date 1878. Cet air avait d’ailleurs déjà été piqué à MOZART par Bizet.

Tchaïkovski Concerto pour violonCliquez sur l’image

Une autre nouveauté qui a plu est celle des chœurs d’enfants. Celui de Carmen a eu tellement de succès que les directeurs d’opéra se sont mis à en réclamer pour les partitions nouvelles qu’ils montaient.

Ainsi, en 1880, RIMSKY-KORSAKOV place un chœur d’enfants dans son Snegourotchka (La Fille de neige).

Tchaïkovsky en a placé un au début de la Dame de pique (1890), et il pousse la copie de Bizet jusqu’à leur faire jouer les petits soldats qui vont à la parade.

Tchaïkovski la Dame de pique chœur d'enfantsCliquez sur l’image

En 1896, on trouve au début du deuxième acte de La Bohème de PUCCINI  le traditionnel chœur d’enfants, imitant là le chœur de début du 4e acte de Carmen, puisque les enfants y vendent des oranges et des marrons.

Puccini la Bohème chœur d'enfants

Cliquez sur le choeur d’enfants

Enfin, autre postérité de l’œuvre, on trouve de très nombreuses adaptations de Carmen au cinéma, dont la Carmen de ROSI avec Julia MIGENES-JOHNSON dans le rôle-titre, la Carmen Jones de PREMINGER qui se passe dans les milieux noirs du Sud des États-Unis, le ballet « Carmeng » dans Les Chinois à Paris de Jean YANNE ou encore le Prénom Carmen de Jean-Luc GODARD.

Cinéma, Compositeurs, littérature

TCHAÏKOVSKI, le retour

J’avais laissé notre ami Piotr Illitch en 1875, année où la partition de Carmen l’a bouleversé. Voyons la suite…

En 1876, il compose Francesca da Rimini, un poème symphonique d’après l’œuvre de DANTE.

En 1877, TOLSTOÏ, un demi-dieu pour Tchaïkovski, demande à le rencontrer. Nadejda von MECK, une riche veuve passionnée de musique, le prend sous sa protection en lui versant une rente, ce qui lui permet de vivre pour sa musique. Tchaïkovski a l’idée d’un opéra d’après Eugène Onéguine, de POUCHKINE. Mais une femme entre dans sa vie qui, comme la Tatiana d’Eugène Onéguine, lui envoie une lettre brûlante d’amour.

tchaikovsky air de la lettreCliquez sur l’image

Tchaïkovski accepte le mariage, pensant ainsi faire taire les rumeurs qui commençaient à circuler sur son homosexualité. Très vite, le mariage vire au cauchemar, et Tchaïkovski tente de se suicider.

En 1878, il achève sa quatrième symphonie et Eugène Onéguine. La 4e est créée à Moscou, déclenchant l’indifférence générale. Il commence son Concerto de violon et démissionne du conservatoire de Moscou.

tchaikovsky concerto de violonCliquez sur l’image

Il songe à un nouvel opéra d’après Jeanne d’Arc de SCHILLER, la Pucelle d’Orléans. En 1879, Onéguine est créé à Moscou. Sans rencontrer un succès extraordinaire, l’œuvre s’installe quand même au répertoire.

Nadejda négocie avec le chef d’orchestre Édouard COLONNE pour que l’on monte à Paris la 4e symphonie, dont elle est dédicataire. Tchaïkovski part à Paris, puis en Italie, où il écrit le Capriccio italien. Il accepte une commande officielle pour une exposition, ce sera l’ouverture 1812, qui célèbre la victoire des Russes face à Napoléon (si vous écoutez bien, peut-être y reconnaîtrez-vous un thème). Il songe à un nouvel opéra, Mazeppa, et à la demande de Nadejda, écrit son Trio pour piano, violon et violoncelle. En 1884, Mazeppa est achevé et créé simultanément à Moscou et Saint-Pétersbourg. À cette occasion, il est décoré par le tsar.

En 1886, il écrit un opéra, la Charmeuse et à la fin de l’année 1887, il part en tournée en Europe. En Allemagne, il rencontre BRAHMS et GRIEG et en Bohème, DVORAK. De retour en Russie, il écrit la cinquième Symphonie, qui sera créée en 1888. Il compose un nouveau ballet, La Belle au bois dormant qui sera créé en 1890. Il commence un nouvel opéra, la Dame de pique, d’après Pouchkine. La création de la Dame de pique en fin d’année sera enfin un succès. La francophilie de Tchaïkovski s’y retrouve puisqu’il fait chanter à la comtesse se remémorant sa jeunesse un air de GRÉTRY, extrait de Richard Cœur de lion.

Tchaïkovski la Dame de pique air de la comtesseCliquez sur l’image

En 1891, il reçoit une commande de l’opéra de Saint-Pétersbourg : un ballet, Casse-Noisette d’après DUMAS et un opéra, Iolanta.

Tchaikovski Iolanta Netrebko VillazonCliquez sur Iolanta et Godefroid

Cette année-là, sa tournée de chef d’orchestre le mène jusqu’aux États-Unis, où il dirige au Carnegie Hall. À la fin de l’année, les deux œuvres Casse-Noisette et Iolanta sont créées lors de la même soirée.

Début 1893, il écrit sa sixième symphonie, dite Pathétique, et il meurt du choléra le 6 novembre, juste après la création de cette dernière.

tchaikovsky 6e symphonieCliquez sur l’image

Pour les cinéphiles, on peut noter que la symphonie pathétique est le titre français de la « biographie » que le cinéaste Ken RUSSELL a consacré à Tchaïkovski en 1969 (titre original: The music lovers).

Cinéma, littérature, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 90

Après avoir parcouru la filmographie des années 80 de Woody ALLEN, intéressons-nous à celle des années 90.

 Alice                                                                            source

Dans Alice (1990), l’histoire d’une femme mariée qui tombe amoureuse d’un musicien, on trouve un dialogue plein d’ambiguïté (à la Woody ALLEN, quoi !) où il est question des vertus comparées du sax ténor et du sax soprano. On peut aussi y entendre un concerto de Bach et un air de Kurt WEILL.

 ombres et brouillard                                                                             source

On retrouve la musique de Weill dans Ombres et brouillard (Shadow and Fog) en 1991, un bel hommage à l’expressionisme allemand d’un MURNAU ou d’un Fritz LANG. On y entend notamment l’Alabama Song, ainsi que des extraits de l’Opéra de quat’sous ou des 7 péchés capitaux (opéras écrits en collaboration avec BRECHT).

  harry dans tous ses états                                                                           source

C’est MOUSSORGSKY qu’il invite sur la BOF de Harry dans tous ses états (Deconstructing Harry) (l’histoire d’un acteur qui n’impressionne plus la pellicule, ou plutôt qui devient flou devant l’objectif de la caméra, (flippant non?) en 1997, où on peut entendre Une nuit sur le mont chauve.

  celebrity                                                                           source

Celebrity (1998) débute sur l’ouverture de la 5e symphonie de BEETHOVEN, et on peut aussi entendre la marche nuptiale de Lohengrin, de WAGNER, et I got rythm, de GERSHWIN. Le film se termine par une reprise de la 5e de Beethoven. Une petite curiosité de ce film est la présence d’un certain Donald TRUMP dans le rôle de D.Trump (qui était à l’époque animateur vedette d’une émission de téléréalité.)

 accords et désaccords                                                                          source

Enfin en 1999 dans Accords et désaccords (Sweet and Lowdown) on retrouve un musicien, un guitariste de jazz dont le grand rival est Django Reinhard. À noter un curieux Rêve d’amour de LISZT interprété à la guitare par Django.

Retrouvez les films des années 2000 dans notre prochain billet, disponible sur ce blog.

 

 

 

 

 

Animation 1, Écrivains, Cinéma, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Victor HUGO (1802 – 1885) ET LA MUSIQUE

                                                              (Victor HUGO and opera)

« Défense de déposer de la musique sur mes vers » aurait déclaré Victor HUGO (1802 – 1885).

Son œuvre dramatique a pourtant inspiré bien des compositeurs, puisqu’une centaine d’opéras ont été composés d’après cette œuvre.

VH donc, chef de file du romantisme français, a créé le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par VERDI, avec Ernani (1844). Ce n’est pas la seule adaptation de VH par Verdi puisqu’à partir de la pièce Le Roi s’amuse (1832), il composera Rigoletto en 1851.

Verdi rigoletto La done e mobile

Autre Italien à adapter VH, on peut citer DONIZETTI qui mettra en musique Lucrèce Borgia (1833), avec Lucrezia Borgia, et ce dès 1833, soit l’année même de la création du drame d’Hugo !

Donizetti Lucrezia Borgia Maffio Orsini son ioCliquez sur l’image

VH a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise BERTIN (notez bien ce nom, il n’y a pas beaucoup de femmes compositrices dans le monde décrit par ce blog). Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des cloches

C’est ce même livret qui servira à DARGOMIJSKY, un élève de GLINKA pour son Esméralda (1839).

En 1872, c’est MASSENET qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de DUMANOIR, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que MENDELSSOHN a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

Mendelssohn Ouverture Ruy BlasCliquez sur l’orchestre

Un peu plus tard, PONCHIELLI adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt DISNEY. Cette même année, le Russe César CUI créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre de VH figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si, de mémoire, VH n’apparaît pas au générique).

Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, de très nombreux poèmes de VH ont été mis en musique, que ce soit par LISZT, GOUNODFAURÉ ou SAINT-SAËNS… ou BRASSENS !

Fauré les DjinnsCliquez sur le chœur

Notamment avec les Orientales (1829) où Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz LISZT, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

Cinéma, Compositeurs, littérature

AIMEZ-VOUS LISZT (1811 – 1886)…

… comme ne l’a pas écrit Françoise SAGAN.

Que vient faire Franz LISZT dans un blog consacré à l’opéra ? me demanderez-vous. Eh bien, il y a toute sa place.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liszt de lecture

Né le 22 octobre en Hongrie, Liszt était un enfant et un pianiste prodige. Il a écrit un opéra à l’âge de douze ans, Don Sanche. Certes, ce n’est pas la plus connue de ses œuvres, et ce n’est donc pas pour elle que j’écris ce billet.

Liszt Don Sanche OuvertureCliquez sur l’image

Si j’ai choisi de parler de Liszt, c’est parce qu’il a soutenu ou aidé tous les compositeurs de son époque, de BERLIOZ à MASSENET, en passant par WAGNER, SMETANA et SAINT-SAËNS, soit en montant leurs œuvres à Weimar où il a été chef d’orchestre dans les années 1850 (Lohengrin de Wagner, Benvenuto Cellini de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns), soit en écrivant des transcriptions d’opéras pour le piano (MOZART, BELLINI, GLINKA, VERDI, AUBER…)

Liszt transcriptionCliquez sur l’image

Tsigane et franciscain comme il se définissait lui-même, Liszt serait de nos jours un « people ». Ses talents de virtuose du clavier poussaient en effet ses admirateurs à lui baiser les doigts après les concerts et ses admiratrices dans son lit ! Et ses frasques amoureuses alimentaient les gazettes de l’époque.

En tant que pianiste virtuose, Liszt compose des pièces pianistiquement redoutables.

Liszt CampanellaCliquez sur l’image

À Paris, il fréquente les salons et y rencontre Berlioz, George SAND et Alfred de MUSSET, HUGO, BALZAC, CHOPIN et DELACROIX (entre autres…)

En 1833, il commence une liaison avec la comtesse Marie d’AGOULT et en 1835, ils s’enfuient à Genève. Ils auront trois enfants, dont Cosima qui se mariera avec le chef d’orchestre Hans von BÜLOW (puis avec Wagner). Cette liaison durera jusqu’en 1844, et inspirera Balzac pour son roman Béatrix (1839).

En 1853, il relève le défi laissé par BEETHOVEN avec la forme sonate avec sa formidable Sonate en Si bémol mineur.

Liszt Sonate en si bémol mineurCliquez sur le pianiste

À Weimar où il est chef d’orchestre, il développe la notion de poème symphonique ébauchée par Berlioz, avec des œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qu’il a aidés, citons en particulier Wagner, dont il a assuré la création de Lohengrin à Weimar en 1850. Une de ses filles, Cosima, se mariera avec Wagner et assurera la direction du Festival de Bayreuth après la mort de celui-ci. Quelques mois avant la mort de Wagner, Liszt écrit, prémonition ? une Lugubre gondole. C’est d’ailleurs à Bayreuth que Liszt meurt le 31 juillet 1886 et qu’il est enterré.

liszt funèbre gondoleCliquez sur l’image

Outre ses œuvres pour piano et ses poèmes symphoniques, il est l’auteur de nombreuses musiques d’inspiration religieuse et d’oratorios).

Le cinéaste Ken RUSSELL a réalisé une biographie (?) de Liszt sous le nom de Lisztomania. C’est ce même K.RUSSELL qui a adapté pour le cinéma l’opéra-rock Tommy des WHO. On peut noter que le rôle de Liszt est tenu par Roger DALTREY, des Who.

Et si vous voulez un aperçu de Liszt le novateur, cliquez sur le lien.

Cinéma, Shakespeare, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 80

Après avoir parcouru la filmographie des années 70 de Woody ALLEN, intéressons-nous aux années 80.

comédie érotique

                                                                           source

En 1982, dans Comédie érotique d’une nuit d’été, brillante variation sur la comédie presque éponyme de SHAKESPEARE, il se sert abondamment de la musique que MENDELSSOHN a composée pour cette pièce.

 zelig

                                                                            source

En 1983, dans Zelig, l’histoire d’un caméléon humain joué par Woody ALLEN, on peut le voir dans le rôle de Paillasse, l’opéra vériste de LEOCAVALLO.

broadway danny rose

source

Dans Broadway Danny Rose de 1984, un des thèmes présents est Funicula funicula. D’accord, ce n’est pas de l’opéra, mais c’est napolitain, et il est difficile de dissocier napolitanisme et opéra, d’autant que les grands ténors ne se faisaient pas prier pour entonner cet hymne au funiculaire de Naples.

1985 est l’année de La Rose pourpre du Caire (Purple Rose of Cairo), un de mes films préférés, mais il n’y a rien de spécial à dire sur sa musique.

radiodays

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Dans Radio Days (1987), évocation des années 40 où la radio servait de lien à la vie en société, on entend une adaptation du Vol du bourdon, extrait de l’opéra Le Tsar Saltan de RIMSKY-KORSAKOV, interprété à la trompette !

september

source

Et dans le magnifique September de 1987, on entend le September Song, de Kurt WEILL.

Et pour les films des années 1990, ce sera dans le billet suivant.

Bande dessinée, Cinéma, littérature, Mes opéras préférés

LA TRAVIATA, de VERDI (1853)

Avant que d’être un album d’Astérix  (Astérix et la Traviata – 2001), la Traviata est un opéra de VERDI, un de ses chefs d’œuvre, et même un chef-d’œuvre tout court.

Cet opéra fait partie de ceux qui ont un équilibre parfait, qui fait que quand le rideau se lève, on est conduit inéluctablement de la première mesure du premier acte jusqu’à la fin, dans une progression dramatique continue.

Verdi en a eu l’idée en 1852 à Paris, en assistant à une représentation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas. Cette pièce lui a rappelé sa propre situation, car il souffrait de ce que sa liaison amoureuse ne soit pas acceptée par sa famille et ses amis. Il a confié la rédaction du livret à son librettiste habituel, Francesco Piave.

L’histoire est celle de Violetta, une courtisane atteinte de tuberculose, qui vivra un dernier  amour, évidemment impossible, avec un jeune homme de bonne famille.

Créé au théâtre de La Fenice à Venise en 1853, le sujet scabreux fait scandale, et il faudra attendre une reprise pour que l’œuvre s’impose comme un chef-d’œuvre du genre.

Acte I : Lors d’une réception chez Violetta, son amie Flora lui présente Alfredo. Douphol, l’amant de Violetta s’en  agace alors qu’Alfredo porte un toast  (air, duo et chœur : Libiamo).

Verdi traviata Brindisi

Violetta invite ses amis à la danse mais, restée seule, elle est prise d’un malaise. Alfredo vient lui déclarer son amour. Violetta lui remet la fleur qu’elle porte et lui demande de revenir la lui rapporter le lendemain. Restée seule, elle découvre qu’elle est amoureuse (air : E strano).

dessay traviata.pngcliquez sur l’image

Acte II : Trois mois plus tard, Violetta et Alfredo vivent ensemble à la campagne. Anina, la femme de chambre de Violetta apprend à Alfredo que sa maîtresse est partie à Paris vendre ses bijoux. Alfredo part à Paris chercher de l’argent.

Violetta voit arriver Germond, le père d’Alfredo. Il vient lui demander de renoncer à son fils, pour le bien de sa fille, qui songe à se marier alors que la liaison de Violetta et Alfredo fait tâche. Violetta finit par accepter et écrit une lettre d’adieu à Alfredo.

Lors d’une fête chez Flora, les deux amies attendent le baron Douphol (chœur des gitanes : Noi siamo zingarelle), Alfredo vient se venger de son ancienne maîtresse. Il joue aux cartes avec le baron et gagne. Violetta aimerait s’expliquer, mais elle a promis à Germond de garder secrète leur rencontre. Elle dit à Alfredo qu’elle aime le baron et fou de rage, Alfredo appelle les invités et jette l’argent qu’il vient de gagner au visage de Violetta, qui s’évanouit. Le baron défie Alfredo en duel.

Acte III : Violetta est chez elle, malade et abandonnée de tous. Son médecin vient la voir et confie à Anina qu’elle n’a plus que quelques heures à vivre. Violetta relit une lettre de Germond, où il écrit qu’il a fini par dire la vérité à son fils après le duel (air : Adio del passato). Dehors, on entend le bruit du carnaval dans les rues de Paris.

Verdi Traviata adio del passato Dessay

Alfredo arrive et ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Alfredo promet à Violetta qu’il l’amènera en Provence, où elle se refera une santé. Elle offre son portrait à Alfredo en lui recommandant de refaire sa vie sans elle (air : Prendi quest’e l’immagine), mais alors qu’elle semble reprendre des forces, elle s’écroule, morte.

Verdi Traviata Prendi, quest'é l'immagineCliquez sur Alfredo et Violetta

Enfin, pour les cinéphiles, il ne faut pas rater la très belle version filmée par ZEFIRELLI en 1983.

Cinéma, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 70

Voici déjà plus de cinquante ans que Woody ALLEN nous régale avec ses films qui sortent avec une régularité métronomique à raison d’un par an.

Lui-même musicien, il joue de la clarinette dans un groupe de jazz, il porte une attention particulière à la musique de ses films, qui est toujours plus qu’un simple habillage sonore de l’image. S’il a très souvent recours au jazz, son esprit cultivé le pousse également à se servir de musique classique, voire d’opéras.

bananas

Il attaque très fort dès Bananas (1971) qui se passe dans une république bananière, et où on torture un rebelle pour le faire parler en lui passant en boucle un disque d’opérette. On peut aussi y entendre l’Ouverture 1812 de TCHAÏKOVSKI, ainsi que, déjà, le O mio babino caro de Gianni Schicchi de PUCCINI. (Gianni Schicchi qui sera quelques années plus tard la première mise en scène d’opéra de Woody Allen.)

guerre et amour

En 1975, dans Guerre et amour (Love and Death), très librement inspiré de TOLSTOÏ et de DOSTOÏEVSKI, toute la musique est de PROKOFIEV (qui au passage a lui-même adapté le Guerre et Paix de Tolstoï sous forme d’un opéra), notamment la Suite du Lieutenant Kijé. Outre Prokofiev, on peut entendre du MOZART, dans une scène où le personnage joué par Woody Allen séduit une jeune comtesse à l’opéra, sur fond de l’ouverture de La Flûte enchantée, et du BEETHOVEN (sonate le Printemps).

annie hall

Dans Annie Hall (1977), l’héroïne est chanteuse tandis que le personnage joué par Woody s’appelle Singer (chanteur). On y entend une symphonie de Mozart.

intérieurs

Dans Intérieurs (Interiors) de 1978, premier drame psychologique tourné par Woody, la musique qu’il choisit pour illustrer ce drame désespéré est… le silence.

 manhattan

Terminons cette filmographie des années 70 avec Manhattan (1979), déclaration d’amour à sa ville de New York filmée dans un somptueux noir et blanc, qui s’ouvre sur la Rhapsodie in blue de GERSHWIN. On y entend également la petite zizique de nuit de Mozart.

Et pour les années 1980, ce sera dans le billet suivant.

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, littérature, Mythologie, Philosophie, Valse

LE MYTHE DE FAUST

L’adaptation du Faust de MARLOW (Christopher [1564 – 1593], pas Philip [1934 – 1961]) par le grand GOETHE (1749 – 1832) en 1808 a produit un grand nombre d’œuvres musicales. Goethe a par ailleurs écrit un second Faust en 1832.

Schématiquement, le thème de Faust est celui du savant qui a consacré sa vie à la science et qui, arrivé au soir de sa vie, se demande s’il a suivi la bonne voie. Il passe alors un pacte avec le diable Méphistophélès par lequel en échange de son âme, il a droit à une seconde chance. Il découvre alors les plaisirs terrestres avant de tomber amoureux d’une jeune fille, Marguerite.

On peut noter que l’Allemand Louis SPOHR a écrit un Faust dès 1813, mais son opéra n’était pas inspiré par le drame de Goethe.

Enthousiasmé par la traduction de Gérard de NERVAL, le romantique BERLIOZ met en musique huit scènes de Faust en 1829, avant de compléter son drame avec La Damnation de Faust en 1845.

Louise BERTIN, une compositrice proche de Berlioz, écrira Fausto (sur un livret en italien) en 1831.

Après lui, GOUNOD écrira son Faust en 1859, mais le thème en est si dénaturé (il n’y a pas trace de philosophie là-dedans) que les Allemands prendront l’habitude d’appeler son œuvre Gretchen (Marguerite). Ce Faust sera d’ailleurs parodié par HERVÉ qui écrira l’opérette le petit Faust en 1869.

Hervé le petit FaustCliquez sur Valentin

BOÏTO, le librettiste de Verdi, écrira un Mefistofele en 1868 et plus près de nous, BUSONI écrira un Docktor Faust  de 1916 à sa mort en 1924.

Outre ses adaptations à l’opéra, les personnages de Faust ont beaucoup inspiré les compositeurs romantiques, que ce soit SCHUBERT et son Marguerite au rouet,

Schubert Marguerite au rouetCliquez sur l’image

MENDELSSOHN et sa Nuit de Walpurgis, SCHUMANN et ses Scènes de Faust, LISZT et sa Faust-Symphonie et ses Méphisto valses, et même WAGNER qui a écrit une Ouverture pour Faust.

Liszt Méphisto ValseCliquez sur l’image

En 1880, la compositrice Emilie MAYER écrit cette Faust Ouverture.

Mayer Faust OvertureCliquez sur l’image

En 1914, Lili BOULANGER est la première femme à remporter le Grand prix de Rome, avec sa cantate Faust et Hélène.

Boulanger Faust et Hélène

On retrouve partiellement le thème faustien dans Phantom of the Paradise, le film culte de Brian de PALMA, une transposition dans le milieu du rock du Fantôme de l’opéra (1910) de Gaston LEROUX. On peut noter que dans ce roman qui se passe au palais Garnier, l’héroïne chante le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod.

Et côté bande dessinée, Bianca Castafiore, la célèbre héroïne des aventures de Tintin chante souvent le grand air des bijoux, du même Faust. Et quant à Edgar P. JACOBS, le créateur de Blake et Mortimer, son passé de baryton l’a mené à chanter le personnage de Méphistophélès sur les scènes lyriques.

Gounod Faust le veau d'or FurlanettoCliquez sur l’image

Écrivains, Cinéma, histoire, littérature, Théâtre

BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) ET L’OPÉRA

Beaumarchais par Adrian

Si on connaît généralement les deux grands « tubes » de l’opéra inspirés par le théâtre de BEAUMARCHAIS (1732 – 1799), à savoir Les Noces de Figaro (1786) de Mozart et Le Barbier de Séville de Rossini, on sait moins par contre que Beaumarchais était lui-même musicien et qu’il a écrit un opéra, Tarare (1787), qu’il avait envisagé de faire mettre en musique par Gluck, et qui le sera finalement par Salieri.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais naît le 24 janvier 1732 à Paris. Son père est horloger et à l’âge de 13 ans, Pierre-Augustin entre en apprentissage dans son atelier. En 1756, il se marie avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve du seigneur de Bosc-Marchais (dit Beaumarchais). sa femme meurt, âgée de 35 ans, l’année suivante et Pierre est accusé du meurtre de sa femme.

Il entre dans le monde de la finance et son génie spéculatif lui apporte une belle fortune. En 1761, il achète une charge de secrétaire du roi, qui lui apportera la noblesse.

En 1764, Beaumarchais fait un voyage d’affaires à Madrid.

En 1768, il se marie une seconde fois, toujours avec une riche veuve. Ils auront deux enfants, tous deux morts en bas âge. Sa deuxième femme meurt en 1770, et Beaumarchais est à nouveau accusé.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Le Mariage de Figaro a été écrit en 1778, mais des contraintes telles que la censure en ont reporté la création en 1784. C’était donc encore une pièce très récente quand Mozart l’a adaptée à l’opéra.

Le Barbier de Séville a été écrit en 1772 pour les Comédiens italiens, sous forme d’opéra-comique, avec des airs populaires italiens ou espagnols que Beaumarchais avait entendus à Madrid. Cet opéra ayant été refusé par les Italiens, Beaumarchais le remanie sous forme de comédie classique pour les Comédiens français en 1775. Païsello en tire un opéra dès 1782 (on peut en entendre un air dans la BOF du Barry Lindon de Kubrick). Et c’est à propos d’une dispute sur les droits que les comédiens reversaient aux auteurs que Beaumarchais fondera une société ancêtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

En 1786, Beaumarchais se marie une troisème fois, avec une femme de 21 ans plus jeune que lui. Ils auront un enfant, et elle survivra à notre héros.

La mère coupable (1792), la troisième pièce de la trilogie de Figaro formée par le Mariage de Figaro et le Barbier de Séville a été adaptée à l’opéra par Darius Milhaud.

Milhaud La Mère coupableCliquez sur l’image

Pour revenir à Tarare, un des airs les plus célèbres de la partition a été utilisé par le chansonnier BÉRANGER pour plusieurs de ses chansons.

Beaumarchais meurt le 18 mai 1799 à Paris, à l’âge de 67 ans.

Amusamment, on retrouve Beaumarchais parmi les héros de l’opéra The Ghosts of Versailles (Les fantômes de Versailles) de John Corigliano, une commande du Metropolitan Opera de New York pour les cent ans de cette institution en 1983. Le compositeur ayant pris du retard, l’opéra n’a été créé qu’en 1991. Dans cet opéra, le fantôme de Beaumarchais, amoureux de celui de Marie-Antoinette veut changer le destin de celle-ci en se servant de la trame de sa propre pièce La Mère coupable.

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur l’image