Blog

littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

ELEKTRA, de STRAUSS (1907 – 1908)

Premier des opéras de Richard STRAUSS sur un livret de Hugo von HOFMANNSTHAL, Elektra a été composé en 1908, d’après la tragédie de SOPHOCLE, et créé à Dresde en 1909. C’est, aussitôt après Salomé (créé en 1905), le deuxième opéra mettant en scène une femme quasi hystérique, et la danse finale d’Elektra n’est pas sans rappeler la « danse des sept voiles » de Salomé. Le rôle-titre est souvent considéré comme un des plus éprouvants (pour la chanteuse) du répertoire, dans son post-wagnérisme apocalyptique.

Cette œuvre ne comporte qu’un acte.

Le pitch : Après le meurtre d’Agamemnon par sa femme Clytemnestre, Électre, sa fille, n’aspire qu’à la vengeance de la mort de son père. Au retour de son frère Oreste, elle pousse celui-ci à accomplir leur vengeance commune.

Argument : Dans son palais à Mycènes, les servantes commentent l’attitude d’Électre, enfermée dans sa solitude.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Électre

Chrysothémis, la sœur d’Électre, vient la prévenir que Clytemnestre et son amant Egisthe veulent la jeter au cachot. Elle lui demande de renoncer à sa vengeance et de reprendre une vie normale. Électre s’enfuit alors qu’arrive la reine.

Clytemnestre paraît, hantée par son crime qui l’empêche de dormir. Elle demande à sa fille comment elle pourrait retrouver le sommeil. Électre lui suggère un sacrifice, le sien propre, de la main de son fils Oreste. Emportée par son désir de vengeance, Électre va jusqu’à lui annoncer sa mort, tuée par la hache même qui a servi à assassiner Agamemnon.

Strauss Elektra ClytemnestreCliquez sur Électre et Clytemnestre

Une servante les interrompt pour glisser un mot à l’oreille de Clytemnestre. Celle-ci éclate d’un mauvais rire, et entre dans le palais, laissant Électre dans l’expectative.

Clytemnestre ressort du palais, annonçant la mort d’Oreste. D’abord incrédule, Électre décide d’accomplir elle-même sa vengeance avec l’aide de sa sœur. Mais, Chrysothémis refusant un tel acte, elle se rend compte qu’elle devra le faire seule.

Un étranger arrive, qui cherche à parler à Clytemnestre. Électre lui dit qui elle est. L’étranger lui révèle alors qu’Oreste n’est pas mort.

Des serviteurs, qui ont reconnu l’étranger, se jettent à ses pieds. Électre reconnaît alors son frère Oreste.

Strauss Elektra OresteCliquez sur Oreste

Leurs retrouvailles, sur fond de désir de venger leur père, sont interrompues par le précepteur d’Oreste, qui vient lui dire qu’il est l’heure. Il entre alors au palais, laissant seul Électre. On entend à l’intérieur un cri de Clytemnestre. Électre incite Oreste à frapper encore.

Egisthe arrive à son tour. Comme il entre dans le palais, il est frappé à son tour par Oreste. Chrysothémis sort du palais et raconte à Électre le double meurtre qui vient d’avoir lieu, mais Électre, vengée, n’est déjà plus là, elle danse jusqu’à ce qu’elle tombe morte au sol.

Oreste quitte le palais, seul et en silence.

Strauss Elektra FinalCliquez sur Électre

(Source principale : les notes de Patrice CHÉREAU pour sa mise en scène du festival d’Aix en 2013 [et le DVD de ce spectacle].)

Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (4) : L’AIR

Oups, je crois que j’ai raté le printemps il y a trois jours, et donc le quatrième billet lié à la symbolique des quatre éléments.

Après l’eau, l’élément symbolisant l’hiver, voici donc, puisque débute le printemps, un billet traitant de celui des quatre éléments (le feu – la terre – l’eau – l’air) qui symbolise cette saison. C’est à l’air que le printemps est associé.

L’air est ce qui sépare la terre du ciel, et assure ainsi le lien entre le monde matériel, la terre, et le monde spirituel, le ciel.

Cet élément est réputé chaud et humide, et il est associé au sang et au cœur.

Il représente la légèreté, et est associé au vent, puis par association au vent de l’esprit, c’est-à-dire le souffle qui anime toutes choses. Mais attention, le vent peut aussi se changer en tempête.

Dans la mythologie, l’air est le domaine des elfes.

Musicalement, on trouve un elfe dans le Didon et Enée de PURCELL, quand la sorcière en chef demande à un de ses elfes de prendre l’apparence d’Apollon pour tromper Enée et lui demander de quitter Carthage pour l’Italie (et y fonder une nouvelle cité.)

Purcell Didon et Enée la Caverne des sorcièresCliquez sur la sorcière

Restons avec Purcell et son King Arthur. Au début du cinquième acte, l’enchanteur Merlin invoque Éole, le dieu du vent pour faire cesser la tempête.

Purcell King Arthur The British Worthy (Acte V)Cliquez sur l’image

Dans Les Boréades de RAMEAU, la reine Céphyse doit choisir pour mari un descendant de Borée, le dieu du Vent, mais elle aime un étranger, Abaris, ce qui met Borée en fureur.

Rameau les Boréades Tout cède aux efforts de l'orage (la Tempête)Cliquez sur Abaris, abattu par la force de la tempête

Dans Idoménée de MOZART, le vent invoqué est nettement plus sympathique. Ilia, la fille de Prima prend la nature à témoin de sa douleur dans l’air » Zéphir léger et charmant » (« Zeffiretti lusinghieri »)

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

L’air de la calomnie du Barbier de Séville de ROSSINI nous dit que la calomnie est comme un petit vent, qui nous caresse, puis s’amplifie en faisant de plus en plus de dégâts.

Rossini le Barbier de Séville air de la calomnieCliquez sur Bartolo et Basile

Dans La Walkyrie de WAGNER, c’est le souffle tiède du printemps qui fait naître l’amour entre Siegmund et Sieglinde.

Wagner La Walkyrie Chant du printempsCliquez sur le chant du printemps

Dans son Faust, GOUNOD fait appel à la brise légère pour introduire sa célèbre Valse.

Gounod Faust Ainsi que la brise légèreCliquez sur l’image

Et je vous ai réservé un petit cadeau bonus, comme d’habitude réservé à ceux qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout de ce billet.

Point d'interrogationNe cliquez sur ce cadeau bonus que si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Contes et légendes, Le MET s'invite chez vous, Mythologie

LE MET INVITE DES MYTHES ET LÉGENDES CHEZ VOUS – Semaine du 22 au 28 mars

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 22 au 28 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection d’œuvres tirées des mythes et légendes.

Lundi 22 mars GLUCK Orfeo ed Euridice

Gluck Orfeo ed Euridice (Met 2009)Cliquez sur l’image

Mardi 23 mars BERLIOZ La Damnation de Faust

Berlioz la Damnation de Faust (MET 2008)Cliquez sur les feux follets

Mercredi 24 mars Gluck Iphigénie en Tauride

Gluck Iphigénie en Tauride (MET)Cliquez sur la bande-annonce de ce très beau spectacle

Jeudi 25 mars STRAUSS Elektra

Strauss Elektra (MET 2016)Cliquez sur Electre et Oreste

Vendredi 26 mars MOZART Idomeneo

Mozart Idomeneo (MET 1982)Cliquez sur l’image

Samedi 27 mars Mozart Don Giovanni

Mozart Don Giovanni (MET 1990)Cliquez sur Dona Anna découvrant avec horreur le corps de son père lâchement assassiné

Dimanche 28 mars WAGNER Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau fantôme)

Wagner Fliegende Höllander (MET 2020)Cliquez sur Senta

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des triangles amoureux !

Compositrices, Divers

LE REQUIEM DE FAURÉ (1888 – 1893)

Je vous l’annonçais dans mon billet sur Gabriel FAURÉ, son Requiem est une de mes œuvres préférées, et c’est probablement celle que j’ai le plus chantée en concert.

En opposition aux deux autres grands Requiems du XIXe siècle, ceux de BERLIOZ et de VERDI qui avaient perdu tout sens religieux, Fauré a voulu revenir a une forme plus retenue et plus intime. La structure de son Requiem est donc plus légère, et ne comporte que sept parties :

I – Introït et Kyrie

II – Offertoire (Offertorium)

III – Sanctus

IV – Pie Jesu

V – Agnus Dei et Lux Aeterna

VI – Libera me

VII – In Paradisum.

On n’y trouve donc pas ce morceau de bravoure obligé qu’est le Dies Irae (Jour de colère).

Lully Dies IraeCliquez sur le Dies Irae de Lully

La première ébauche date de 1877 avec le Libera me, une œuvre écrite pour baryton et orgue. En 1887, Fauré à l’idée d’écrire une messe des morts (un requiem, donc)

La première exécution date du début 1888 en l’église de La Madeleine, à Paris, sans l’Offertorium ni le Libera Me, et avec un effectif orchestral relativement réduit, pas de cordes sauf un violon solo. Les deux derniers morceaux sont achevés rapidement, et dès 1893, c’est avec cette structure qu’est donné le Requiem, toujours à La Madeleine. C’est la version de 1893, dite pour orchestre de chambre.

Ensuite, Fauré confia à son élève Roger DUCASSE le soin d’écrire une réduction pour piano (celle que les choristes ont le plus souvent en main quand ils le chantent), mais Ducasse ira plus loin en fournissant aussi une version pour orchestre complet. C’est cette version de 1900 – 1901 qui deviendra vite populaire et sera jouée un peu partout dans le monde.

Il faudra attendre environ un siècle pour que les musicologues retrouvent les versions originales à la BNF et établissent une version critique de la partition. J’ai eu la chance de la travailler sous la direction de Jean-Michel NECTOUX, un des musicologues qui a réalisé cette édition critique (et par ailleurs auteur d’un livre, Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, paru chez Flammarion en 1990 et tout à fait remarquable).

Et donc pour moi, le Requiem de Fauré, c’est :

La première œuvre que j’ai chantée, au cours d’un stage dirigé par Michel PIQUEMAL en 1986. Nous l’avions donné à l’époque notamment à Pamiers, ville natale de Fauré.

Je l’ai également travaillée plusieurs fois avec l’ensemble vocal Intermezzo, dirigé par Claire MARCHAND, et donnée à La Madeleine, mais aussi aux Invalides et dans différentes autres églises de Paris ou de la région parisienne.

C’est enfin, une œuvre travaillée avec Jean-Michel NECTOUX, et donnée dans sa version de chambre dans les salons de l’hôtel particulier du prince de Polignac, dans le XVIe arrondissement parisien.

Bref, que des souvenirs extraordinaires !

Mais assez parlé de moi, revenons à la musique.

I – « Introït » : Requiem aeternam…

Fauré Requiem IntroïtCliquez sur le chœur

II – « Offertorium »

Fauré requiem OffertoriumCliquez sur le disque

III – « Sanctus »

Fauré Requiem Sanctuscliquez sur l’image

IV – « Pie Jesu » (pour la soprano)

Fauré Requiem Pie JesuCliquez sur la soprano

V – « Agnus Dei » & « Lux Aeterna »

Fauré Requiem Agnus DeiCliquez sur l’image

VI – « Libera me » (pour le baryton et le chœur). Attention, écoutez bien de 1 mn 57 s à 2 mn 50 s, vous avez les seules 17 mesures « forte » de la partition.

Fauré Requiem Libera meCliquez sur le baryton et la cheffe

VII – Le séraphique « In Paradisum » (pour les sopranos, ou de jeunes garçons) avec léger accompagnement du chœur.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur l’image

Voilà, normalement après ce morceau, il n’y a plus de place que pour le silence, mais comme aujourd’hui, le printemps est revenu (il revient toujours le printemps), je vous propose un petit cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Compositeurs

Gabriel FAURÉ (1845 – 1924)

Gabriel FAURÉ (1845 – 1924), est un des plus fins musiciens français de la fin du XIXe – début du XXe siècle.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Fauré naît le 12 mai 1845 à Pamiers dans l’Ariège, où son père est instituteur. Il part ensuite à Foix, toujours en Ariège, avant que de partir faire ses études musicales à Paris en 1854, à l’école Niedermeyer. Il y reste 11 ans et étudie le piano, l’orgue, la composition et l’harmonie. Il y a notamment comme professeur Camille Saint-Saëns. En 1865, pour le concours de sortie de l’école, il écrit le Cantique de Jean Racine, qui obtient le premier prix de composition.

Fauré Cantique de Jean Racine opus 11Cliquez sur l’image

En 1870, Fauré s’engage dans l’armée pour combattre les Prussiens qui assiégeaient Paris, et en 1871, pendant la Commune, il part en Suisse. De retour à Paris, il devient titulaire de l’orgue de Saint-Sulpice. À cette époque, il fréquente, grâce à Saint-Saëns, le salon de Pauline Viardot-Garcia.

Quand Saint-Saëns fonde la Société nationale de musique, qui avait pour vocation, après la guerre de 1870, de libérer la musique française de son influence prussienne, Fauré le rejoint. C’est pour lui l’occasion d’exprimer son talent au travers de musiques pour le piano, de musique de chambre ou de ses mélodies.

Fauré sonate pour piano et violon opus 13Cliquez sur l’image

En 1874, il prend la place de Saint-Saëns à l’orgue de La Madeleine, où il est également chef de chœur. C’et pour ce chœur qu’il écrit en 1875 les Djinns, sur un poème de Victor HUGO.

Fauré les DjinnsCliquez sur l’image

Alors qu’il était fiancé avec Marianne Viardot, la fille de Pauline, Marianne rompt ses fiançailles, ce qui affectera fortement Fauré. C’est de cette époque que naîtra la bouleversante Élégie.

Fauré Élégie opus 24Cliquez sur la pianiste et la violoncelliste (et le tourneur de pages)

En 1883, Fauré se marie avec Marie Grémiet, avec qui il aura deux enfants.

En 1886, il rencontre la comtesse Grefhule (qui a servi de modèle à la duchesse de Guermantès de Proust), qui l’aidera dans sa carrière. C’est à elle qu’il dédie sa Pavane, une de ses premières partitions restées célèbres.

Fauré PavaneCliquez sur la partition

En 1888, il donne à La Madeleine une première version de son Requiem, sans doute son œuvre la plus connue, dans une version avec une orchestration légère : pas de cordes hormis un violon solo, et le « Pie Jesu » final chanté par un jeune garçon de la maîtrise. Par là, Fauré voulait rompre avec la tradition des « grosses machines » à la Berlioz, qui avait plus de rapport avec l’opéra qu’avec la musique religieuse. Une version réorchestrée, plus lourde, fut réalisée par un de ses élèves, Roger Ducasse. Pour des raisons financières, c’est cette version qui a longtemps été mise en avant par l’éditeur, qui pouvait ainsi louer aux orchestres un matériel plus important. Je crois que je vais m’arrêter là pour le Requiem, mais j’ai tellement de choses à raconter sur ce Requiem que je crois que je faire un billet rien que sur lui. Qu’en pensez-vous ?

Fauré Requiem Pie JesuCliquez sur le Pie Jesu

En 1896, Fauré succède à Massenet comme professeur de composition au conservatoire de Paris, où il a comme élèves Ravel, Enesco, Koechlin ou encore Nadia Boulanger (la grande sœur de Lili).

En 1898, il écrit une musique de scène pour le Pelléas et Mélisande de Maeterlinck (1893). (Le « Pelléas et Mélisande » de Debussy date de 1894 – 1902.)

Fauré Pelléas et Mélisande sicilienneCliquez sur l’image

En 1899, pour écrire son opéra Prométhée, qui sera créé aux arènes de Béziers en 1900, il se rend dans cette ville où avait été créé le Déjanire de Saint-Saëns en 1898. La création a lieu sous un déluge d’eau (source {BNF, Gallica) !

Fauré Prométhée création (source Gallica)

À partir de 1903, il commence à devenir sourd et, chose très gênante pour un musicien, il entendait « faux ».

En 1913, c’est la création de son second opéra, Pénélope, sur Pénélope attendant le retour d’Ulysse dans sa patrie, qui n’aura malheureusement pas beaucoup de succès.

En 1920, Fauré prend sa retraite du conservatoire. Il meurt de pneumonie à l’âge de 79 ans le 4 novembre 1924, quelques mois après avoir achevé son dernier Quatuor à cordes.

La mélodie aura occupé Fauré pendant toute sa vie, et ce jusqu’à l’Horizon chimérique en 1921.

Fauré Clair de Lune opus 46 n 2Cliquez sur l’image

Ce billet vous a plu ? Retrouvez une autre sélection de musiques de Gabriel Fauré dans le billet consacré à JANKÉLÉVITCH et Fauré.

Et puis, tiens, pour ceux qui sont allés jusqu’au bout de ce billet, un petit cadeau Bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LE CHOIX DES SPECTATEURS CHEZ VOUS – Semaine du 15 au 21 mars.

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 15 au 21 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection d’œuvres choisies par les spectateurs.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Appréciez une semaine d’opéras choisis par vous, spectateurs du monde entier (c’est le MET qui parle 🙂). Et retrouvez Anna Netrebko, Renée Fleming, Joyce DiDonato, Jonas Kaufmann, Dmitri Hvorostovsky et bien d’autres.

Lundi 15 mars OFFENBACH Les Contes d’Hoffmann

offenbach les contes d'hoffmann olympiaCliquez sur Olympia

Mardi 16 mars PUCCINI La Fanciulla del West

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur Dick Johnson

Mercredi 17 mars DONIZETTI Anna Bolena

Donizetti Anna Bolena METCliquez sur Jane Seymour et Anne Boleyn

Jeudi 18 mars Philip GLASS Akhnaten

Glass Akhnaten (Met 2019)Cliquez sur l’image

Vendredi 19 mars ROSSINI Il Barbiere di Siviglia (le Barbier de Séville)

Rossini le Barbier METCliquez sur Almaviva, Figaro et Rosine

Samedi 20 mars TCHAÏKOVSKI Eugène Onéguine

Tchaïkovski Eugène Onéguine air d'Onéguine de l'acte I (MET 2007)Cliquez sur Eugène Onéguine

Dimanche 21 mars HAENDEL Agrippina

Haendel Agrippina DiDonato (MET 2020)Cliquez sur Agrippine

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike pour des mythes et légendes.

Divers, Nature

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX – 3 – LA LUXURE

La liste des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse a été fixée par Saint-Thomas d’Aquin (1224 – 1274) dans sa Somme théologique.

Après l’orgueil et la gourmandise, la luxure est donc le troisième péché capital. Comme la gourmandise, on pourrait la qualifier de péché capiteux.

La luxure, c’est la recherche sans retenue du plaisir sexuel.

En 1746, l’Anglais FIELDING publie Tom Jones, enfant trouvé dans lequel on trouve deux lords luxurieux. Ce roman très riche a été adapté par PHILIDOR dès 1765 dans son opéra-comique Tom Jones.

Philidor Tom JonesCliquez sur Tom Jones et ses compagnons

Il précède de peu MOZART et son héros libertin, Don Giovanni. Au XVIIe siècle, le libertin, c’était le libre penseur, celui qui s’affranchissait de Dieu. Au XVIIIe siècle, le sens avait déjà évolué vers une personne qui cherchait le plaisir, et s’était donc rapproché de la luxure.

Mozart Don Giovanni Madamina, il catalogoCliquez sur Leporello lisant le catalogue des conquêtes de son maître à Dona Elvira

Le duel entre l’amour physique et l’amour courtois est au cœur du dilemme qui s’impose à Tannhäuser, le héros de WAGNER. En effet, ayant succombé à l’ivresse de la luxure au Mont de Vénus, comment pourra-t-il, revenu chez les humains, retrouver l’amour d’Élisabeth ?

Wagner Tannhaüser BacchanaleCliquez sur la bacchanale au Venusberg

MASSENET semble s’être fait une spécialité des femmes luxurieuses, avec Manon qui veut « vivre pleinement sa jeunesse », ou Thaïs, la prostituée qui fait perdre la tête au moine Abigaïl.

Massenet Manon Profitons bien de la jeunesseCliquez sur Manon

Massenet Thaïs Oh mon miroir fidèle (Acte II)et cliquez sur Thaïs

Le XXe siècle n’est pas avare non plus en scène de luxure. Ainsi du personnage de Lulu mis en musique par Alban BERG.

Berg Lulu HanniganCliquez sur Lulu

BRECHT et WEILL ont écrit, outre le ballet les sept Péchés capitaux, l’opéra Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny. Retrouvons Lotte LENIA, la créatrice de la chanson « Alabama song ».

Weill Mahagonny Alabama SongCliquez sur l’image

Pour écrire son Rake’s progress (la Carrière d’un libertin), STRAVINSKY s’est inspiré d’une série de peintures de HOGARTH.

Stravinsky The Rake's ProgressCliquez sur Tom Rakewell et Ann Trulove

Enfin, la Lady Macbeth de Mzensk de CHOSTAKOVITCH, insatisfaite avec son mari, trouve le plaisir dans les bras d’un autre.

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur le lit

Et pour finir, je vous propose un petit bijou d’Erik SATIE, « Je te veux ».

Satie je te veux

À bientôt pour un nouveau péché capital, l’avarice.

Publicité

LE REQUIEM DE MOZART DANS LA PUBLICITÉ (La musique dans la Pub 3e série)

Après une première série de publicités se servant de la musique classique pour faire vendre des produits, et un billet sur l’utilisation par Jean-Paul GAULTIER de l’air « Casta Diva », extrait de Norma de BELLINI, je vous propose aujourd’hui une petite sélection de publicités s’appuyant sur le Requiem de MOZART, et particulièrement sur le « Lacrimosa ».

Pour des raisons que j’ignore, Mozart est un des compositeurs classiques les plus connus. Et parmi son œuvre abondante, son Requiem est une des œuvres les plus connues. Et parmi les nombreux Requiems existants, celui de Mozart est un des plus connus. C’est une de ses toutes dernières œuvres, que d’ailleurs la mort ne lui a pas laissé le temps d’achever.

Il commence traditionnellement par un introït, (i.e. une introduction) : « Requiem aeternam ».

Mozart Requiem IntroïtCliquez sur l’image

L’agence de publicité qui a conçu la pub pour le Cool Skin Philishave a fait preuve de beaucoup d’originalité, et s’est ainsi servi du Requiem du Requiem de Mozart (non non, il n’y a pas d’erreur dans la proposition que vous venez de lire).

Mozart Requiem pub pour Philishave VillaCliquez sur l’image

Le Requiem se poursuit par un « Kyrie », avant d’attaquer la « Séquence » qui débute par un « Dies Irae ».

Mozart Requiem Dies IraeCliquez sur Claudio Abbado

Le Dies Irae a servi pour la pub de Hyundai.

Mozart Requiem Dies Irae Pub HyundaiNe cliquez plus sur la pub

Et pour booking.com en 2015

Mozart Requiem Dies Irae Pub Booking 2015Cliquez sur la pub

Enfin, vers la fin de cette « Séquence » arrive le célébrissime « Lacrimosa ».

Mozart Requiem LacrimosaCliquez sur l’extraordinaire version de l’ensemble Contraste

Ce « Lacrimosa » a été servi à toutes les sauces par les réclamiers.

C’est ainsi qu’on peut l’entendre dans une réclame pour GHD.

Mozart pub pour ghd requiemCliquez sur la pub

Dans une autre pour Opium de Yves Saint-Laurent (2012)

Mozart Opium de YSL LacrimosaCliquez sur la pub

Pour les jeans LEE

Mozart Lacrimosa pub pour jeans LeeCliquez sur la pub

Pour les capsules de café l’Or Espresso

Mozart Requiem Lacrimosa L'Or EspressoCliquez sur l’image

Ou encore pour la chaîne de restauration rapide Quick

Cliquez sur l’image

Ou encore pour Engie, du groupe EDF.

Cliquez sur l’image

Ou encore encore pour le arfum Scanal intense de Jean-Paul Gaultier.

Cliquez sur l’image

On trouve bien d’autres utilisations de la musique de Mozart dans la pub. Si vous êtes sages, et si vous me le demandez gentiment, je vous en présenterai un jour une sélection.

Vous pouvez trouver ici des publicités se servant des Quatre Saisons de VIVALDI.

Agenda Ironique, Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Théâtre

LES MAMELLES DE TIRÉSIAS, D’APOLLINAIRE (1917)

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de mars 2021, hébergé par Joséphine LANESEM sur son blog « Nervures et entailles« . Le thème en est : « Nous sommes le courage l’une de l’autre« . Quelques règles stylistiques : une ou plusieurs amphores anaphores, et quelques chiasmes; et glisser « Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie » serait bien vu ».

Les Mamelles de Tirésias est un drame surréaliste de Guillaume APOLLINAIRE qui date de ses jeunes années (en 1903, Guillaume avait 23 ans) et achevé en 1916. La première représentation a eu lieu en 1917, et c’est pour cette œuvre qu’il a inventé le mot surréaliste, terme qui sera emprunté plus tard par André BRETON et sa bande.

Dans le domaine de la musique, on connaît (ou pas) l’adaptation musicale faite par Francis POULENC, mais on ignore assez généralement que la création de 1917 s’est faite avec une musique de scène de Germaine ALBERT-BIROT. Germaine Albert-Birot (1877 – 1931), née Germaine Reynaud d’Arc de Surville, fait partie de ces compositrices totalement méconnues, que l’on confond souvent avec son mari. Elle semble n’exister sur le net que dans les articles consacrés à Pierre Albert-Birot, et ne figure pas (encore) dans CLARA, le répertoire des compositrices.

Albert-Birot les Mamelles de Tirésias

Le pitch : Thérèse, refusant le rôle de procréatrice que lui assignent les hommes, se métamorphose en homme et prend le nom de Tirésias (du nom de Tirésias, dont Ovide nous relate les aventures dans le livre 3 de ses Métamorphoses [cf. ci-dessous]). Dès lors, c’est un homme, le mari de Thérèse/Tirésias, qui portera les enfants. On assiste donc à un entrelacement femme/homme – homme/femme, où les maris/femmes femmes/maris ne sont pas le courage l’une de l’autre (sauf à la fin 😉).

(On dit que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et Junon prétendait le contraire. Ils ont fait appel au devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir.)

Ce thème « Faites des enfants » qui revient tout au long de la pièce est une véritable anaphore, puisqu’on pourrait la résumer ainsi, du prologue : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère », au final : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère, cher public faites des enfants ».

Francis Poulenc a assisté à la création de 1917, et est resté très fidèle à la pièce dans son adaptation. L’idée de prendre les Mamelles de Tirésias comme sujet de son premier opéra lui vient dès 1938. Il achève sa partition en 1945, mais l’œuvre ne sera créée qu’en 1947, le temps pour Poulenc de trouver la chanteuse idéale (Denise DUVAL). Les Mamelles de Poulenc étaient une de ses œuvres favorites.


Prologue : Le directeur du théâtre annonce le sujet de l’opéra : le problème de la dépopulation. « Écoutez, ô Français, la leçon de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère. »

Poulenc Les Mamelles de Tirésias PrologueCliquez sur le prologue

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Pardonnez moi cher publicCliquez sur le prologue et le début du 1er acte

Acte I : L’action se passe dans un Zanzibar d’opérette. Thérèse, une féministe, refuse le rôle de procréatrice que veulent lui imposer les hommes, et réclame de pouvoir être, soldat, artiste, députée, sénatrice, ministre, et même directrice de la chose publique (en latin, la Res Publica).

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Non monsieur mon mariCliquez sur Francis Poulenc et Denise Duval

Elle se transforme en homme en faisant exploser ses mamelles. À son mari qui arrive, elle annonce qu’elle n’est plus sa femme et qu’elle a masculinisé son nom en Tirésias. Le Mari apparaît « habillé en femme et les mains ligotées. » Il se fait courtiser par le Gendarme à qui il/elle plaît bien. Dès lors, il ôte ses vêtements de femme et annonce que puisque la femme ne veut plus faire d’enfants, il les fera tout seul !

Entr’acte : Les choristes : « Voyez l’impondérable ardeur naître du changement de sexes », alors qu’un chœur de nouveau-nés se fait entendre à l’orchestre.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias EntracteCliquez sur l’entracte

Acte II : Le même jour, au même endroit. La scène est encombrée de berceaux et le Mari est fier de sa nombreuse progéniture (40049 enfants). Un Journaliste parisien vient l’interviewer pour connaître son secret, mais il se fait chasser. Le Mari veut faire d’un des fils un journaliste, mais vite celui-ci veut le faire chanter pour avoir un peu d’argent de poche.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

Le Gendarme survient et lui reproche d’affamer la population de Zanzibar avec ses 40049 enfants. Le Mari conseille alors d’acheter des cartes de rationnement chez la Cartomancienne. Celle-ci arrive et glorifie la procréation, la véritable source de richesses. Le Gendarme veut l’arrêter, mais elle l’étrangle. Le Mari reconnaît sa femme Thérèse sous les voiles de la Cartomancienne et ils retombent amoureux l’un de l’autre, tandis que le Gendarme ressuscite.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias FinalCliquez sur le final

Retrouvez ma participation à l’A.I. d’avril ici : Cause toujours, tu m’intéresses.

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LE VÉRISME CHEZ VOUS – Semaine du 8 au 14 mars.

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 8 au 14 mars 2021.

Cette semaine, le MET nous propose une sélection de chefs-d’œuvre du vérisme, dont deux nouveautés, Fedora et Andrea Chénier.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 8 mars PUCCINI Manon Lescaut

Puccini Manon Lescaut final (MET 1980)Cliquez sur Manon et Des Grieux

Mardi 9 mars MASCAGNI Cavalleria Rusticana et LEONCAVALLO Pagliacci

Mascagni Cavalleria Rusticana Bada, SantuzzaCliquez sur Turridu et Santuzza

Mercredi 10 mars CILEA Adriana Lecouvreur

Cilea Adriana Lecouvreur (MET 2019)Cliquez sur Adrienne Lecouvreur

Jeudi 11 mars ZANDONAI Francesca da Rimini

Zandonai Francesca da Rimini (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 12 mars GIORDANO Fedora (Nouveau !)

Giordano Fedora (MET 1997)Cliquez sur Fedora

Samedi 13 mars GIORDANO Andrea Chénier (Nouveau !)

Giordano Andrea Chenier (MET 1996)Cliquez sur André Chénier

Dimanche 14 mars Puccini Tosca

Puccini Tosca Vissi d'arte METCliquez sur Tosca

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike pour le choix des spectateurs.