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Agenda Ironique, Cinéma, littérature, Théâtre

JULIETTE OU LA CLÉ DES SONGES

Ce mois-ci (décembre 2023) l’Agenda Ironique fait escale chez La Licorne :

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Et qu’est-ce qu’elle nous demande, la Licorne ? Elle nous demande de dérouler, d’égrener, de raconter, l’attente du jour « magique » de Noël ; pour aider (ou pas), elle nous propose de nous inspirer (ou pas, c’est selon, ça dépend, faut voir), d’une photographie tirée du film Miracle sur la 34e rue ; ainsi qu’un titre de livre  (là, c’est obligatoire) : « Décembre ou les 24 jours de Juliette » d’Hélène Desputeaux.

Et quoi encore ? les 7 mots suivants : Juliette, mètre, vespéral, surenchérir, péroreur, guipure et buissonnière, ainsi que cette phrase de Georges Perros : « La mémoire est comme le dessus d’une cheminée. Pleine de bibelots qu’il sied de ne pas casser, mais qu’on ne voit plus. »

Juliette, ou la clé des songes, est une pièce de théâtre d’inspiration surréaliste de Georges Neveux datant de 1930. En 1950, Marcel Carné en tirera un film avec Gérard Philippe, mais c’est surtout l’opéra de Bohuslav Martinů, créé en 1937, que j’ai choisi de retenir.

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Le pitch : « La mémoire est comme le dessus d’une cheminée. Pleine de bibelots qu’il sied de ne pas casser, mais qu’on ne voit plus. »

Michel, un commis voyageur, arrive dans un ville de province un 1er décembre. Il y entend une jeune femme avec une très jolie guipure (Juliette) interpréter une chanson d’amour. De retour à Paris, la mémoire de ce moment l’obsède. Trois ans plus tard, passant à nouveau dans cette ville, il cherche à retrouver la jeune femme, mais la jeune femme semble ne pas avoir laissé de trace dans la mémoire du lieu. Heureusement, Michel finit par retrouver Juliette qui lui donne rendez-vous sous un Balcon dans la forêt.

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Avant de retrouver Juliette pour ce rendez-vous aussi vespéral que buissonnier, Michel croise plusieurs personnages, dont le marchand de souvenirs qui, en tant qu’habile péroreur, persuade Juliette qu’elle connaît Michel depuis longtemps et qu’ils partagent de nombreux souvenirs. Quand Michel cherche à la raisonner, Juliette prend la fuite. Ce petit jeu dure 24 jours, ce sont les 24 jours de décembre de Juliette.

Finalement, Michel embarque sur un bateau qui le mène au Bureau central des rêves. Là, on lui explique que maintenant qu’il a réalisé son rêve, il doit revenir dans le monde réel, sous peine de sombrer dans la folie. Michel décide de rester dans le monde des rêves, à quelques mètres de Juliette.

Cliquez sur Juliette qui veut vivre dans son rêve

Dans le film de Carné, le scénariste surenchérit en rajoutant que Juliette est courtisée par un mystérieux châtelain, qui n’est autre que Barbe-Bleue (eh oui, le monde est petit !)

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Que messieurs Neveux, Martinu et Carné me pardonnent si j’ai (un peu) tordu leur histoire, c’était pour le bien de l’Agenda Ironique.

Divers

MON ANNÉE LYRIQUE 2023

Après mon année lyrique 2022, je vous propose un petit retour sur les spectacles lyriques que j’ai pu voir en 2023, avec encore de belles découvertes !

L’année 2023 a commencé fin janvier à l’opéra de Lille, avec un très beau Pelléas et Mélisande de Debussy.

Pelléas et Mélisande 2023 01 30Cliquez sur l’image

Elle a continué avec Peter Grimes de Britten à l’opéra de Paris (Palais Garnier).

Saluts Peter Grimes 2023 02 14Cliquez sur l’image

Il y a eu ensuite la Belle au bois dormant, de Tchaïkovski par le ballet de Kyiv.

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Puis en mars, West Side Story de Bernstein au Colisée de Roubaix.

Saluts West Side Story 2023 03 12Cliquez sur l’image

Fin mars, l’entrée au répertoire de l’Opéra de Paris de Nixon in China, de John Adams.

Saluts Nixon in china 2023 03 29Cliquez sur l’image

Le 4 mai, une belle production de Falstaff de Verdi à Lille.

Saluts Falstaff 2023 05 04Cliquez sur l’image

Le 22 mai, Starmania de Michel Berger 2022 à Lille.

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Le 3 juin, une relecture par Louati des Vêpres de la Vierge de Monteverdi à Tourcoing.

Vêpres de Louati

Le 23 juin, le Nez de Chostakovitch à la Monnaie (De Munt) de Bruxelles.

Le Nez 2023 06 23Cliquez sur l’image 

Le 5 octobre, ouverture de la saison du centenaire de l’Opéra de Lille avec Don Giovanni de Mozart. Musicalement très beau et juste, mais une représentation gâchée par une dernière scène grand-guignolesque.

Saluts Don Giovanni 2023 10 05Cliquez sur l’image

Le 24 octobre, Lohengrin de Wagner à l’Opéra Bastille, musicalement merveilleux, mais avec un parti pris de mise en scène visant à prouver que Wagner, c’est la guerre, pas l’amour ! Je n’ai pas du tout été convaincu par ce parti pris.

Saluts Lohengrin 2023 10 24Cliquez sur l’image

Le 9 novembre, au Bateau feu de Dunkerque, très belle création mondiale des Ailes du désir, d’Othman Louati d’après le film de Wim Wenders.

Saluts les Ailes du désir 2023 11 09Cliquez sur l’image

Le 15 novembre, Turandot de Puccini à Bastille, dans une belle mise en scène signée Robert Wilson.

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Enfin, le 5 décembre, le Conte du tsar Saltan de Rimski-Korsakov à la Monnaie de Bruxelles, un opéra merveilleux dans tous les sens du terme.

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Mes opéras préférés

SALOME, de STRAUSS (1905)

Personnage cité dans les Évangiles, mais pas nommé, Salomé devient à la fin du XIXe siècle l’archétype de la femme enfant fatale, avec Mallarmé, Baudelaire, Flaubert, et les tableaux de Gustave Moreau qui lui donneront un visage. C’est enfin Oscar Wilde qui fixe sa légende en 1891, dans une pièce écrite en français. Une représentation de cette pièce à Berlin donnera à Strauss l’idée de mettre cette histoire en musique et de composer son opéra vénéneux.

Salomé a été créé à Dresde avec succès fin 1905, avant de connaître l’hostilité des publics de Berlin, Londres et New York, la pièce étant jugée sulfureuse et immorale.

Notons que Salomé avait déjà inspiré un opéra à Massenet (Hérodiade, 1881)

Le pitch : Salomé, fille d’Hérode et Hérodias, est amoureuse du prophète Jochanaan qui le premier a éveillé sa sensualité. Ne parvenant pas à se faire aimer de lui, elle réclame sa tête, transformant sa pulsion sexuelle inassouvie en pulsion de mort.

Scène I : Dans le désert, alors que le tétrarque Hérode offre un festin, les gardes parlent de la beauté de la princesse Salomé, la belle-fille d’Hérode. Leur capitaine, Narraboth, n’a d’yeux que pour Salomé. Le page d’Hérodiade, comparant la beauté de la lune à celle de Salomé, pressent quelque malheur.

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Naraboth ne l’écoute pas et n’entend pas plus les prophéties de Jochanaan, un prophète enfermé dans une citerne qui annonce l’arrivée du Messie.

Cliquez sur Naraboth

Scène II : Salomé apparaît, fuyant le regard lubrique de son beau-père. Elle compare la beauté de la lune à celle d’une vierge chaste et pâle. La voix de Jochanaan se fait entendre, jetant l’anathème sur sa mère, Hérodiade. En entendant cette voix, Salomé est saisie d’une violente pulsion de voir le prophète, malgré l’interdiction du Tétrarque. Consciente de l’effet qu’elle produit sur Narraboth, elle s’arrange pour qu’il lui ouvre la citerne où Jochanaan et le fasse sortir.

Cliquez sur Salomé et Jochanaan

Scène III : Sortant de la citerne, Jochanaan défie Hérode, et insulte Hérodias. Fascinée, Salomé exprime le désir de toucher le corps et les cheveux du prophète, de baiser sa bouche, mais le prophète la repousse. Désespéré de ne pas exister pour la princesse, Narraboth se tue. Jochanaan lui dit de chercher le seul homme qui peut la sauver et pardonner ses péchés, mais Salomé ne l’écoute pas. Il maudit Salomé avant de retourner en prison dans sa citerne.

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Scène IV : Hérode et Hérodiade arrivent, cherchant Salomé. Hérodiade reproche à Hérode sa manière de regarder Salomé. Il répond en regardant la lune, la comparant à une femme hystérique. Il découvre le cadavre de Naraboth et un soldat lui apprend qu’il s’est tué. Il invite Salomé à boire et manger avec lui. La foule des juifs et des Nazaréens commence une dispute sur la venue du sauveur, sur fond d’imprécations du prophète. Le prophète reprend ses imprécations. Hérodiade demande qu’on le fasse taire, puis qu’on le remette aux juifs, qui se lancent alors une dispute théologique. Hérode demande à Salomé de danser pour lui. Elle refuse, mais il lui promet de lui donner ce qu’elle demandera si elle s’exécute. Salomé commence une danse provocante, où elle se défait un à un de ses voiles (Célébrissime danse des sept voiles).

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À la fin, Hérode lui demande ce qu’elle veut. Comme prix de sa danse, elle réclame qu’on lui apporte la tête de Jochanaan sur un plateau d’argent. Hérodiade est enchantée, mais Hérode refuse, lui propose des bijoux, tout ce qu’il a de précieux. Salomé insiste et Hérode finit par céder. On apporte la tête du prophète à Salomé, qui l’embrasse sur la bouche, en lui faisant une déclaration d’amour. Horrifié, Hérode ordonne que l’on tue Salomé.

Cliquez sur la scène finale
littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« AU SEUL SOUCI DE VOYAGER », de MALLARMÉ (1898)

Après Tombeau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)

Probablement le dernier poème écrit par Mallarmuche, Au seul souci de voyager est un hommage au navigateur Vasco de Gama écrit pour un recueil publié à l’occasion de 400e anniversaire de l’ouverture de la route des Indes.

Au-delà de l’aspect formel de l’hommage, on y retrouve des thèmes chers à Mallarmé, qui fait le parallèle entre l’aventure du navigateur et le cheminement intérieur du poète.

Au seul souci de voyager

Outre une Inde splendide et trouble

Cliquez sur les Indes splendides

– Ce salut soit le messager

Du temps, cap que ta poupe double

Comme sur quelque vergue bas

Plongeante avec la caravelle

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Écumait toujours en ébats

Un oiseau d’annonce nouvelle

Cliquez sur l’oiseau d’annonce nouvelle

Qui criait monotonement

Sans que la barre ne varie

Cliquez sur la barre qui ne varie

Un inutile gisement

Nuit, désespoir et pierrerie

Cliquez sur les djinns dans la nuit

Par son chant reflété jusqu’au

Sourire du pâle Vasco.

Citations musicales :

Une Inde splendide : Rameau les Indes galantes « les sauvages ».

la Caravelle : Milhaud Christophe Colomb.

La barre ne varie : Wagner le Vaisseau fantôme « Mit Gewitter Und Sturm Aus Fernem Meer »

Nuit, désespoir : Fauré les Djinns.

Un oiseau d’annonce nouvelle : Saint-Saëns le Déluge « la Colombe ».

Grandes voix, Maria Callas

IN MEMORIAM MARIA CALLAS (1923-1976)

Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos, dite La Callas, dite la Divina est née le 2 décembre 1923 à New York, de parents grecs. Sa mère, qui voulait un garçon, semble en avoir toujours voulu à Maria d’avoir été une fille. Les relations entre Maria et sa mère seront toujours difficiles.

En 1937, madame Callas mère retourne en Grèce avec ses filles et c’est là que Maria, qui avait une belle voix, prend ses premiers cours de chant.

En 1938, elle débute sur scène à Athènes dans le rôle de Santuzza du Cavalleria Rusticana de Mascagni dans une production d’étudiants du conservatoire d’Athènes.

Cliquez sur Santuzza Callas

En 1941 elle chante son premier rôle professionnel avec le petit rôle de Béatrice dans Boccace de Franz von Suppé. En 1942, elle tient son premier grand rôle avec Tosca de Puccini.

Cliquez sur Tosca Callas

En 1944, elle interprète Léonore, du Fidelio de Beethoven.

En 1945, elle retourne aux États-Unis où elle retrouve son père. Elle passe des auditions au Metropolitan Opera de New York, où on lui propose de chanter madame Butterfly, en anglais. Elle refuse cette proposition, se trouvant trop grosse pour le rôle et ne souhaitant pas chanter en anglais. Après des auditions à Chicago, on lui propose le rôle de la Gioconda aux arènes de Vérone.

En Italie, Maria rencontre un industriel, Gianbattista Meneghini qui lui fait la cour et avec qui elle se marie en 1949.

Après la Gioconda, le chef Tulio Serafine lui propose le rôle d’Isolde.

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En 1948, elle enchaîne avec le rôle de Brünnhilde dans la Walkyrie à la Fenice de Venise. C’est pendant cette série de représentations qu’une cantatrice qui devait chanter Elvira des Puritains de Bellini tombe malade. On donne six jours à Maria pour apprendre le rôle et la remplacer !

Après avoir chanté dans à peu près toutes les maisons d’opéra d’Italie, Maria fait ses débuts à la Scala de Milan dans les Vêpres siciliennes (ou Aïda) de Verdi. Commence alors pour elle une collaboration avec les plus grands chefs et les plus grands metteurs en scène, avec notamment la Vestale de Spontini (1954), la Sonnambula de Bellini (1955), Anna Bolena de Donizetti (1957) et surtout La Traviata de Verdi en 1955.

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Au milieu des années ’50, elle se rend compte qu’elle est trop grosse pour interpréter les rôles de jeunes premières, et décide de perdre du poids. Elle perdra ainsi 36 kg en 2 ans, ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa santé et sa technique vocale.

En 1956, Maria fait ses débuts au MET avec un de ses rôles fétiches, Norma.

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En 1957, elle rencontre le milliardaire grec Onassis et commence une « affaire » avec lui. Mais Onassis la quitte en 1968 pour se marier avec Jackie Kennedy, la veuve de l’ancien Potus (President of the United States). Les années Onassis verront un net ralentissement de sa carrière lyrique, mais après le mariage d’Onassis, elle remonte sur scène pour Tosca à Londres et Norma à Paris.

En 1964, elle enregistre encore Carmen de Bizet à Paris, rôle qu’elle n’avait jamais chanté sur scène.

Cliquez sur Carmen Callas

En 1973-1974, elle fait une dernière tournée, même si sa voix présente de plus en plus de signes de faiblesse.

Maria Callas meurt à Paris le 16 septembre 1976, à l’âge de 53 ans.

Pour beaucoup de gens, la Callas a préfiguré Bianca Castafiore, « le rossignol milanais », cette cantatrice que l’on trouve dans les aventures de Tintin, reporter de Hergé, avec son « grand air des bijoux », extrait du Faust de Gounod.

Cliquez sur Marguerite Callas

Et si voulez un petit bonus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Si vous voulez un petit bonus cliquez donc sur Surprise Callas
Divers

ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (8e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la septième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

La vraie cantatrice et vraie humoriste Marianne James a chanté le « duo des fleurs » de Lakmé, de Léo Delibes, avec Elizabeth Vidal.

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Nina Hagen chante l’Ave Maria de Schubert (en allemand).

Cliquez sur Nina Hagen

Bernard Haller joue la sonate Clair de Lune de Beethoven.

Beethoven Haller Clair de luneCliquez sur Ludwig von Haller

Ella Fitzgerald adapte Debussy dans My Reverie.

Debussy Fitzgerald My ReverieCliquez sur Ella Debussy (ou sur Claude-Achille Fitzgerald)

Et retrouvons Sting dans une vieille balade There is no Rose of such virtue.

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Divers

LE CALENDRIER DE LA NATIVITÉ 2023

Il est une tradition d’offrir, quatre semaines avant Noël, des calendriers de l’avent, dont la durée dépend du jour de la semaine où tombe Noël. Il doit commencer un dimanche, quatre semaines avant cette fête. Noël tombant un lundi en 2023, le calendrier de l’avent commence donc le dimanche 26 novembre.

Le thème de ce calendrier sera la Nativité.

Cliquez sur le 27 novembre si c’est la date du jour
Cliquez sur le 28 novembre si et seulement si on est le 28 novembre
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Vous pouvez cliquer sur l’image si on est le 30 novembre
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Et retrouvez le tout en cliquant sur la soluce du calendrier de la Nativité.

Écrivains, Mythologie

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.) 2 – L’ODYSSÉE

image Homère

« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)

La tradition attribue à Homère deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.

De par leur portée archétypale, les aventures d’Ulysse ont toujours inspiré les compositeurs, et ce dès Monteverdi avec son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (il Rittorno d’Ulisse in patria sua).

Ulysse était le roi d’Ithaque, marié à Pénélope dont il a eu un fils, Télémaque. Héros de la guerre de Troie, et donc de l’Iliade. Il mettra dix ans à rentrer chez lui, dix ans d’aventures plus merveilleuses les unes que les autres. En effet, Poséidon s’opposera à ce retour, mais heureusement la déesse Athéna protège Ulysse.

Dans son périple, il échappe aux pièges des monstres marins Charybde et Scylla, combat le cyclope Polyphème, réussit à écouter le terrible chant des sirènes, passe un an auprès de l’enchanteresse Circé.

On trouve le personnage de Polyphème dans Acis et Galathée, de Lully (1686), dans Polyphème (1700) de Clérambault et dans Acis and Galatea d’Haendel (1718) ou encore dans Polifemo (1735) de Porpora.

Plus près de nous, Jean Cras écrira Polyphème (1914) sur un texte du poète symboliste Albert Samain.

Poséidon envoie le navire d’Ulysse aux confins du monde connu, dans l’île de la nymphe Calypso auprès de qui il reste sept ans avant d’être repris par la nostalgie de sa patrie. Destouches a écrit en 1714 un curieux Télémaque et Calypso où la nymphe est amoureuse du fils d’Ulysse!

Quand enfin, il parvient à revenir chez lui, Ulysse doit encore combattre les prétendants à sa succession, qui poussent Pénélope à se remarier. Pénélope, symbole de la fidélité, leur a promis qu’elle se marierait avec l’un d’entre eux quand elle aurait fini de faire sa tapisserie, mais ce qu’elle ne leur a pas dit, c’est que toutes les nuits, elle défait ce qu’elle a tapissé le jour.

Outre Destouches, Télémaque a inspiré Campra (Télémaque, fragmens des modernes [1704]), Scarlatti (1718), Lesueur et Boïeldieu.

Le personnage de Pénélope a inspiré Scarlatti (1696), Galuppi (1741), Piccini (1785) et enfin Fauré (1913).

Plus près de nous, Ulysse continue à inspirer les compositeurs, puisqu’on trouve un Ulisse (1968)de Dallapicola, un Ulysses (1904) de Samuel Coleridge-Taylor.

Enfin en 2018, le jeune compositeur Jules Matton écrit un opéra pour enfants, l’Odyssée, créé au théâtre impérial de Compiègne. Il s’agit d’une pièce pour 12 paysages, solistes, quatuor à cordes et orphelins d’après l’œuvre de Homère.

Compositeurs

Pierre BOULEZ (1925-2016)

S’il n’a pas écrit lui-même d’opéra, le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez, qui a pourtant déclaré « il faut dynamiter les opéras », a joué un rôle très important pour l’évolution de cet art dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Pierre Boulez est né le 26 mars 1925 à Montbrison, dans la Loire. Il apprend le piano à l’âge de 7 ans. À l’âge de 16 ans, il entre en math sup à Lyon, mais arrête vite ses études scientifiques pour préparer le concours d’entrée au Conservatoire national de musique de Paris, où il est admis en 1943. En 1944, il entre dans la classe d’harmonie d’Olivier Messiaen.

Ses premières œuvres à être jouées en public sont les Douze notations et les Trois psalmodies, en 1946. Le jeune Boulez a alors 25 ans.

Cette même année 1946, il travaille avec Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, et devient vite le directeur de la musique de scène de cette prestigieuse compagnie. Dans ces années 47-48, il compose deux cantates sur des poèmes de René Char, le Visage nuptial et le Soleil des eaux, ainsi que sa deuxième sonate pour piano, une des œuvres marquantes du piano du XXe siècle.

En 1947 encore, il découvre l’œuvre du peintre Paul Klee, ce qui alimentera sa réflexion sur la modernité en art, en dressant un parallèle peinture/musique.

En 1953, pour faire entendre la musique contemporaine dans de bonnes conditions, Boulez fonde les concerts du Petit Marigny et, faute de trouver des chefs d’orchestre capables de défendre cette musique, prend lui-même la baguette. En 1954, il exécute la création de Déserts d’Edgar Varèse au Théâtre des Champs-Élysées. Entre 1953 et 1957, il compose le Marteau sans Maître, toujours sur des poèmes de René Char.

Toujours influencé par les poètes, il compose entre 1957 et 1960 Pli selon pli, sur 3 poèmes de Mallarmé.

En 1957, il écrit la musique de L’Impromptu chez la duchesse de Windsor, de Ionesco.

En 1958, Boulez quitte la France pour l’Allemagne où il devient l’assistant de Hans Rosbaud à Baden-Baden. En 1959, il remplace ce chef au pied levé pour une série de concerts à Donaueschingen. C’est le début d’une carrière internationale et Boulez dirige le prestigieux Concertgebouw d’Amsterdam.

En 1963, il enregistre pour le cinquantième anniversaire de sa création le Sacre du Printemps de Stravinsky, signant là une version de référence. Il dirige également Wozzeck de Berg, et est invité en 1966 à Bayreuth pour y diriger Parsifal de Wagner.

Boulez traverse l’Atlantique et prend les rênes de l’orchestre de Cleveland, puis celles de l’orchestre philharmonique de New York, où il succède à Léonard Bernstein.

Pour le centenaire du Festival de Bayreuth en 1976, il est invité à diriger la Tétralogie. Il fait équipe avec le metteur en scène Patrice Chéreau. Leur production provoque un énorme scandale, mais pour la dernière année de cette production, en 1980, l’enthousiasme est tel qu’ils ont droit à 85 minutes d’applaudissement et 101 levers de rideau !

À la demande du président Georges Pompidou, Boulez crée l’équivalent musical du Centre Pompidou Beaubourg avec la fondation de l’IRCAM (Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique), ainsi que de l’ensemble Intercontemporain, qui a vocation à exécuter la musique contemporaine. C’est à l’Ircam qu’il compose Répons, une œuvre spatialisée informatiquement, c’est-à-dire dont le son est réparti dans la salle au moyen de hauts parleurs.

En 1975, Boulez dirige Moïse et Aaron de Schönberg et en 1979, il dirige la version complétée de Lulu de Berg à l’Opéra de Paris, avec son complice Chéreau à la mise en scène. En 1992, il dirige Pelléas et Mélisande de Debussy.

En 2007, il dirige De la Maison des morts de Janacek, là encore avec Chéreau comme metteur en scène.

Boulez meurt le 5 janvier 2016 à Baden-Baden, à l’âge de 90 ans.

Dans son abondante discographie, on trouve essentiellement des œuvres du XXe siècle, dont celles de la seconde école de Vienne (Schönberg, Berg, Webern), mais aussi, outre les compositeurs déjà cités dans ce billet, Ravel ou Bartok.

À titre personnel, je garde de très bons souvenirs des concerts où j’ai pu entendre Boulez diriger, notamment le Et Expecto resurectionem mortuorum de Messiaen, ou les concertos pour piano de Bartok.

Cinéma, Mes opéras préférés

LES AILES DU DÉSIR, de LOUATI (2023)

Les Ailes du désir d’Othman Louati, sur un livret de Gwendoline Soublin, est une commande de la Co[opéra]tive, une association de 6 lieux de théâtre. Il s’agit d’une adaptation du merveilleux film de Wim Wenders, en V.O. Der Himmel über Berlin (Le Ciel au-dessus de Berlin) datant de 1987, film qui a obtenu le prix de la mise en scène à Cannes. L’œuvre a été créée le 9 novembre 2023 à Dunkerque et sera donnée dans tous les théâtres de la Co[opéra]tive soit Quimper, Compiègne, Besançon, Rennes et Tourcoing.

Louati les Ailes du désir itw LouatiCliquez sur le jeune et brillant compositeur

Au début de l’œuvre, les humains sont représentés par des marionnettes (3 marionnettistes pour animer une marionnette, plus le chanteur qui chante dans l’ombre à côté d’eux. Petit à petit, les marionnettes disparaîtront et les rôles seront tenus par des humains.

Louati les Ailes du désir marionnettesCliquez sur la marionnette et ses marionnettistes

Le pitch : Dans le Berlin des années 1950, deux anges veillent sur les humains, écoutant leurs pensées. L’une des deux décide de perdre son statut d’ange pour vivre aux côtés d’une jeune trapéziste, Marion.

Premier tableau : Quand l’enfant était enfant # 1. Les deux anges Cassiel et Damielle se remémorent les temps primitifs.

Louati les Ailes du désir Damielle

Deuxième tableau : Âmes berlinoises mêlées # 1. Sur un très beau fond d’ombres chinoises, les Berlinois déambulent et on entend leurs pensées. Présentation de 3 personnages principaux : la mère sans insouciance, l’aimant jamais aimé et le mendiant en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 1

Troisième tableau : La Bibliothèque # 1, présentation de la lectrice.

Quatrième tableau : Âmes berlinoises # 2 : présentation de l’enfant et du vieux rescapé. Arrivée du cirque.

Cinquième tableau : Le cirque, Marion, la directrice du cirque et l’employé.

Louati les Ailes du désir image scène 5

Sixième tableau : À l’extérieur du cirque, à côté du Mur de Berlin. Peter, un jeune graffeur qui exerce ses talents sur le Mur, sent la présence des anges et essaye d’entrer en contact avec eux.

Septième tableau : Quand l’enfant était enfant # 2.

Huitième tableau : En ville #1. Damielle suit Marion qui déambule en ville. (Scène musicale).

Neuvième tableau : Le Mur # 2. Les passants regardent le Mur graffé par Peter. On entend leurs pensées. L’aimant jamais aimé saute du toit d’un immeuble et se tue.

Dixième tableau : La bibliothèque # 2. Damielle est venu dire au revoir à Cassiel. Sa décision est prise, elle va rejoindre le monde des humains.

Onzième tableau : En ville # 2. Damielle découvre de nouvelles sensations dans son corps d’humain.

Douzième tableau : Le Mur # 3. Peter reconnaît Damielle et révèle que lui aussi, avant, était un ange.

Treizième tableau : Au club. Peter et Damielle entrent ensemble dans un club. Marion y est présente et écoute la chanteuse, qui est la mendiante en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 12

Quatorzième tableau : Quand l’enfant était enfant # 3. Cassiel dit ce qu’il a vu, deux corps se fondre dans la nuit électrique. Il se demande si lui aussi saura un jour ce qu’aucun ange ne sait. Rideau.

(Sources principales : La création au Bateau Feu à Dunkerque, le 9 novembre 2023, et le livret. Les images viennent de différents sites internet et peuvent faire l’objet de droits d’auteur.)