Contes et légendes, Mes opéras préférés, Mythologie

IDOMÉNÉE (IDOMENEO), de MOZART (1780)

Idoménée, roi de Crète (Idomeneo, Re di Creta) est une commande du Prince Électeur pour le carnaval de Munich. MOZART, âgé de 24 ans, garde ici la structure de l’opera seria, c’est-à-dire une succession de récitatifs et d’airs avec reprises. Il a été créé en janvier 1781.

Le pitch : Après la guerre de Troie, Idoménée, roi de Crète qui s’est battu avec les Grecs envoie des prisonniers troyens chez lui, dont Ilia, la fille de Priam. Ilia est victime d’un choix cornélien entre l’amour qui naît entre elle et Idamante, le fils d’Idoménée, et la haine qu’elle doit ressentir pour celui-ci, qui a vaincu son peuple. Furieux de la défaite des Troyens, Neptune provoque une tempête sur le chemin du retour d’Idoménée. Pour apaiser sa fureur, Idoménée fait le vœu de sacrifier la première personne qu’il croisera de retour sur terre. Comme par hasard, il tombe sur son fils Idamante. Il décide d’écarter son fils de Crête, et l’envoie reconduire Électre, qui passait par là (et qui est également amoureuse d’Idamante) chez elle à Argos. Neptune, furieux à nouveau, relance une tempête qui les empêche de prendre la mer, et de laquelle surgit un monstre marin qui ravage la Crête. Idamante part tuer le monstre. Finalement, Neptune se calme et demande à Idoménée de laisser le trône à son fils, qui régnera avec Ilia comme épouse.

Voyons cela plus en détail :

Acte I : L’action se déroule en Crète, après la chute de Troie. Ilia, la fille de Priam, raconte qu’à son retour, la flotte grecque a été ravagée par une tempête, et qu’elle a été sauvée par Idamante, le fils d’Idoménée, le roi de Crête. Elle se lamente parce qu’elle aime Idamante, mais cet amour se heurte à la haine qu’elle devrait avoir pour ceux qui ont tué son père. Idamante paraît et, généreux et par amour pour Ilia, libère les prisonniers troyens (Chœur : « Jouissons de la paix ».) Électre, la fille d’Agamemnon qui s’est réfugiée en Crète après le meurtre commis par sa mère reproche cette libération à Idamante, pour lequel elle éprouve elle aussi une vive passion. Arbace, le confident d’Idoménée annonce la mort du roi, qui a péri dans un naufrage. Électre craint qu’Idamante, devenu roi, n’épouse Ilia (Air : « Je sens frémir en mon cœur » « Tutte nel cor vi sento »).

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre furieuse

Sur le rivage, le peuple implore les dieux devant les flots déchaînés. La tempête se calme, et Idoménée descend sur terre. Il révèle que pour calmer la fureur Neptune, il a fait le vœu de lui sacrifier la première personne qu’il rencontrera sur la terre ferme. Mais c’est son fils Idamante que le roi voit s’avancer vers lui. Épouvanté, Idoménée fuit, laissant Idamante dans le désarroi (Air : « Il padre adorato »).

Mozart Idoménée Il padre adoratoCliquez sur Idamante

Acte II : Le peuple rend hommage à Neptune, qui lui a rendu son roi. Idoménée révèle à Arbace le vœu qu’il a fait. Arbace lui conseille d’éloigner Idamante. Le roi décide alors de l’envoyer à Argos pour raccompagner Électre dans sa patrie. Ilia remercie Idamante pour sa générosité envers son peuple (Air : « Si j’ai perdu mon père » « Se il padre perdei ».) Le roi touché par cette gratitude, lui promet sa protection. Il devine les sentiments qu’Ilia a pour Idamante (Air : « Je suis sauvé des flots, mais mon cœur chavire »).

Électre est ravie de rejoindre sa patrie, mais au moment du départ, la tempête reprend de plus belle, et un monstre sort des flots tumultueux. Idoménée se déclare responsable de la fureur de Neptune, et offre de se sacrifier lui-même au dieu barbare (Air : « Fuor del mar »).

Mozart Idoménée fuor del marCliquez sur Idoménée

Acte III : Ilia prend la nature à témoin de sa douleur (air : « Zéphir léger et charmant » « Zeffiretti lusinghieri ») quand Idamante survient.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilia

Devant l’indifférence apparente d’Ilia, il veut affronter le monstre qui ravage le pays. Ilia lui révèle alors ses vrais sentiments, et ils se déclarent mutuellement leur amour (Duo : « T’amo, t’adoro »).

idoménée duoCliquez sur Ilia et Idamante

Idoménée et Électre les surprennent, pressant Idamante de partir au plus tôt (Quatuor : « Andro ramingo e solo« ).

Mozart Idoménée andro ramingo e soloCliquez sur le quatuor

Devant les ravages causés dans le pays, le grand prêtre vient réclamer d’Idoménée qu’il accomplisse son vœu. Le roi révèle alors que c’est son propre fils qu’il doit immoler. Ils se dirigent vers le temple de Neptune, lieu du sacrifice, quand on apprend qu’Idamante a vaincu le monstre et qu’il revient s’offrir au sacrifice.

Au moment où Idoménée va frapper, Ilia s’interpose et s’offre comme victime. Un oracle de Neptune ordonne alors qu’Idoménée renonce à son trône, au profit de son fils, qui régnera avec Ilia comme épouse. La joie éclate. Pendant qu’Électre, furieuse, s’enfuit, la foule éclate de joie célébrant les nouveaux époux et la paix revenue.

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie, Poésie

L’AGENDA IRONIQUE DE NOVEMBRE 2020

Pisque le jury de l’Agenda Ironique m’a co-proposé pour animer l’Agenda Ironique de novembre, voici ma proposition pour cet intéressant exercice de style.

Votre AI devra être inspiré du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.

Le lien de votre texte pourra être déposé en commentaire ci-dessous jusqu’au 26 novembre. Ensuite, lecture et votes jusqu’au 30 novembre.

Je vous en livre ici quelques extraits, mais vous pouvez piocher dedans, en retirer, en rajouter (surtout en rajouter).

Un temps pour naître et un temps pour mourir…

Un temps pour pleurer et un temps pour rire…

Un bel exemple de participation par anticipation est celui du groupe les Portes, dans leur titre « Prends les choses comme elles viennent ! ».

The Doors Take it as it comesCliquez sur Jim

Mais comme ils ont posté leur participation trop tôt (c’était en 1967), ils sont hors concours.

Comme contrainte, je vous demande de faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide » !

Laurence m’a suggéré de vous rappeler que l’anapodoton est une variété d’anacoluthe, vous pourrez en trouver la définition à l’adresse suivante: https://www.cnrtl.fr/definition/anapodoton

Vous pouvez aussi aller voir dans le dernier livre de ma femme :  » Marie-France CLAEREBOUT – S’entraîner au Certificat Voltaire », PUF éditions, septembre 2020, page 203 (publicité gratuite)

Voilà, à vous de jouer.

Le formulaire pour le vote est disponible ici :

Un temps pour jouer, et un temps pour voter.

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 2 au 8 novembre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 2 au 8 novembre 2020.

Cette semaine commence une série qui s’étendra jusqu’au 15 novembre, nous invitant à un voyage à travers l’histoire de l’opéra, du baroque à nos jours.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 2 novembre HAENDEL Rodelinda

Händel Rodelinda Io t'abbraccio (MET)

Mardi 3 novembre GLUCK Orfeo ed Euridice

Gluck Orfeo ed Euridice Che puro ciel (MET)Cliquez sur l’image

Mercredi 4 novembre MOZART Idomeneo (Idoménée)

Mozart Idomeneo Quatuor acte IIICliquez sur le quatuor

Jeudi 5 novembre ROSSINI Semiramide

Rossini Semiramide (MET)Cliquez sur Semiramide

Vendredi 6 novembre GOUNOD Roméo et Juliette

Gounod Roméo et Juliette Trailer (MET)Cliquez sur Roméo sous le balcon de Juliette

Samedi 7 novembre VERDI La Forza del Destino (La Force du destin)

Verdi La Forza del destino (MET)Cliquez sur l’image

Dimanche 8 novembre WAGNER Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres-chanteurs de Nuremberg)

Wagner Maîtres-chanteurs METCliquez sur l’image

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, see you a next ouike pour la suite de ce voyage dans l’histoire de l’opéra.

Cinéma, Woody Allen

MON NOM EST BOND, James BOND

In memoriam Sean CONNERY

Pour les millions de spectateurs qui ont vu au moins une fois un James Bond dans leur vie, la musique de ces films, c’est d’abord ça :

Norman James Bond ThemeCliquez sur l’image

En presque 60 ans, le personnage de James Bond a été incarné par différents acteurs, le premier étant Sir Sean Connery. Suivront, parmi ceux qui ont marqué le rôle, Roger Moore, Timothy Dalton et Daniel Craig. 

Vous ne vous y attendez pas forcément en regardant les films de James Bond, mais vous avez parfois l’occasion d’entendre aussi quelques extraits de musique classique.

C’est le cas par exemple de L’espion qui m’aimait (The Spy who loved me) (1977), où on peut entendre quelques mesures de la Suite pour orchestre BWV 1068 de J.S. Bach, du 21e Concerto de piano de Mozart, ainsi qu’une citation de la « Méditation » de Thaïs, de Massenet.

Mozart 21e concerto andanteCliquez sur le pianiste

Dans Moonraker (1979), la rencontre entre James Bond et le méchant (joué par Michael Lonsdale) se fait au son du prélude opus 28 n° 15 de Chopin, et un peu plus tard la partie de chasse s’ouvre au son de Also spracht Zarathoustra, de Richard Strauss.

Chopin prélude op 28 n 15Cliquez sur le champion du monde de piano toutes catégories

On peut aussi entendre la Tritsch-tratsch Polka de Johann Strauss, un extrait de Pagliacci de Leoncavallo, tandis que la rencontre du grand méchant Jaws et de sa future se fait au son du Roméo et Juliette de Tchaïkovski.

Dans Dangereusement vôtre (A View to a kill) (1983), toute la partie qui se joue au château de Chantilly se passe au son des Quatre saisons de Vivaldi. Plus tard, la rencontre amoureuse entre James Bond et la belle espionne russe se fera au son du Lac des Cygnes, de Tchaïkovski.

Tchaïkovski le Lac des cygnesCliquez sur les danseuses

Tuer n’est pas jouer (The living Daylights) (1987) s’ouvre sur un concert où est jouée la 40e symphonie de Mozart. Un peu plus tard, Kara, la belle espionne de l’Est, qui est violoncelliste, joue le 2e quatuor de Borodine.

Borodine 2e quatuorCliquez sur le quatuor d’élite

Et quand James Bond et la belle Kara s’enfuient à Vienne, on a évidemment droit à une valse de Vienne. Le soir, ils vont à l’Opéra de Vienne écouter les Noces de Figaro. Le film s’achève comme il a commencé, par un concert où Kara joue les Variations sur un thème Roccoco de Tchaïkovski.)

Dans Quantum of Solace (2008), une scène d’action se déroule à l’opéra de Bregen (en Autriche) pendant une représentation de Tosca, de Puccini (et plus précisément, pendant le « Te Deum ».)

Puccini Tosca Te DeumCliquez sur Scarpia

Dans Permis de tuer (A license to kill)(1989), vers le début, le mariage de Félix Leitner, l’ami de James Bond, se fait sur quelques mesures de la marche nuptiale de Mendelssohn. Un peu plus tard, une scène de méditation se passe au son de la lettre à Élise de Beethoven.

Beethoven für EliseCliquez sur le pianiste

Enfin, dans le dernier opus (à ce jour), Spectre (2015), on peut entendre le « Cum Dederit » extrait du Nisi Dominus de Vivaldi, l’air « Una furtiva lagrima » extrait de l’Élixir d’amour de Donizetti, et enfin le fameux « libiamo« , extrait de la Traviata de Verdi.

Vivaldi Nisi Dominus cum dederitCliquez sur l’image

Il y a un autre James Bond qui ne fait pas partie de la série connue. Il s’agit de Casino Royale (1967), le premier roman de Ian Fleming. Traité sous une forme humoristique, voire délirante, il réunit une distribution assez ahurissante : Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Orson Wells, Woody Allen, Deborah Kerr, Charles Boyer, Jean-Paul Belmondo et John Huston ! La musique en est de Burt Baccarach. On y apprend que James bond est lui même pianiste, et qu’il aime jouer Debussy (je n’ai toutefois pas réussi à identifier le morceau qu’on l’entend jouer).

Mes opéras préférés

JENUFA (Její pastorkyňa), de JANACEK (1893 – 1903)

JANACEK met dix ans à écrire la partition de Jenufa, de 1893 à 1903, avec une interruption de quatre ans entre l’acte un et les suivants, qui s’entend dans le changement de style entre les deux parties. Créé avec succès à l’opéra de Brno en 1904, il faut attendre la création à Prague en 1916 pour que cet opéra soit reconnu comme un chef d’œuvre au-delà des frontières de la Moravie. On notera l’orchestration post-wagnérienne somptueuse, et si cet opéra avait été italien, il se rangerait dans le vérisme.

Le pitch : Jenufa et Steva s’aiment, mais Steva est un bon à rien. Kostelnicka, la marâtre de Jenufa ne veut pas de lui pour beau-gendre et manœuvre pour favoriser l’amour que Laca, le demi-frère de Steva, a pour Jenufa.

Acte I : Dans son village, Jenufa attend le retour de son amant Steva. Elle prie pour qu’il ne soit pas enrôlé par les sergents recruteurs, ce qui empêcherait son mariage, et la condamnerait à l’enfer, car elle attend un enfant.  Sa grand-mère lui demande de se remettre au travail. Laca, le demi-frère de Steva dont il est jaloux, se plaint d’être rejeté par tout le monde, y compris par Jenufa dont il est secrètement amoureux. Il fera tout pour que le mariage ne se fasse pas.

Le meunier apprend à Jenufa que Steva ne part pas à l’armée. Les jeunes gens reviennent de la conscription, ivres, conduits par Steva. Le mariage pourra avoir lieu et l’honneur sera sauf. Steva se vante de ses succès auprès des filles avant de commencer une danse avec les autres jeunes.

Janacek Jenufa Dusa moja, Stevo, StevuskoCliquez sur l’image

La marguillière du village, Kostelnicka, mère adoptive de Jenufa, est choquée par l’attitude de Steva et lui impose une année sans être ivre avant de pouvoir se marier avec Jenufa. Elle sort. L’assemblée commente sa décision (bel ensemble). Jenufa supplie Steva de cesser de faire souffrir sa mère. Elle lui rappelle qu’elle attend un enfant de lui, et évoque le scandale que ce serait si on l’apprenait. Steva lui répond alors qu’il n’aime qu’elle, et qu’il n’est pas question qu’il la quitte.

Laca, jaloux et furieux de voir l’amour de Jenufa pour Steva s’emporte, et la blesse à la joue avec son couteau, la défigurant.

Janacek Jenufa Jak razm vsecko (final acte I)Cliquez sur Jenufa et Laca

Acte II : Quand Jenufa a avoué sa situation a Kostelnicka, celle-ci l’a cachée chez elle, et c’est là que Jenufa a accouché en secret. Jenufa exprime son amour pour son enfant alors que Kostelnicka lui demande de prier Dieu pour qu’il fasse disparaître l’enfant de la honte. Elle fait venir Steva, lui présente son fils et lui dit qu’il peut effacer la honte de Jenufa en se mariant avec elle. Mais celui-ci révèle que son amour pour Jenufa a disparu lorsqu’il l’a vue défigurée par Laca, et qu’il vient de se fiancer avec Karolka, la fille du juge. Il ne veut pas que l’on sache qu’il est le père de l’enfant de Jenufa.

Laca vient demander si Jenufa est revenue de Vienne, où sa belle-mère a prétendu qu’elle était pendant la grossesse. Il veut se marier avec Jenufa. Kostelnicka lui révèle alors la naissance du bébé. Sentant que l’existence de l’enfant de son rival gêne le souhait de mariage de Laca, elle lui dit que l’enfant est mort peu de temps après la naissance. Laca sorti, elle réalise ce qu’elle vient de dire. Elle enlève alors l’enfant et va le jeter dans la rivière gelée.

Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur Kostelnicka

Kostelnicka revient et lui dit qu’elle a eu de la fièvre pendant deux jours et que pendant ce temps, son enfant est mort. Jenufa catastrophée demande des nouvelles de Steva. Kostelnicka lui dit de l’oublier, qu’il l’a abandonnée.

Jenufa se réveille. Inquiète de ne pas voir son enfant, elle adresse une prière à la Vierge (Air : « Zdravas Kralovno » [« Ave Maria]).

Janacek Jenufa Zdravas kralovno (Ave Maria)Cliquez sur Jenufa

Kostelnicka revient et lui dit qu’elle a eu de la fièvre pendant deux jours et que pendant ce temps, son enfant est mort. Jenufa catastrophée demande des nouvelles de Steva. Kostelnicka lui dit de l’oublier, qu’il l’a abandonnée.

Laca revient et demande Jenufa en mariage, aidé par Kostelnicka qui leur donne sa bénédiction et maudit Steva.

Janacek Jenufa final acte IICliquez sur Laca et Jenufa

Acte III : C’est le printemps. Jenufa et Laca vont se marier. Le juge et sa femme arrivent, annonçant la venue de Steva et de sa fille Karolka, invités par Laca en signe de réconciliation. Kostelnicka est rongée par le remords de ce qu’elle a fait.

Devant l’amour que se portent Karolka et Steva, qui doivent se marier deux semaines plus tard, Jenufa souhaite à Steva de ne pas souffrir par amour comme elle a souffert. Des villageoises viennent chanter une chanson de noces. Au moment de la bénédiction nuptiale par Kostelnicka (n’oublions pas que c’est la marguillière du village), on annonce qu’on a trouvé le cadavre d’un enfant dans la rivière prise par les glaces. Jenufa reconnaît les vêtements de son bébé. La foule accuse Jenufa, mais Kostelnicka avoue son crime. D’abord horrifiée, Jenufa lui pardonne ensuite, comprenant qu’elle a agi par amour pour elle. Kostelnicka reconnaît qu’elle a agi par égoïsme, alors que Jenufa pardonne à tout le monde.

Restés seuls, Jenufa demande à Laca de la laisser, mais lui maintient sa demande en mariage.

Janacek Jenufa finalCliquez sur Jenufa et Laca

(Source : je me suis servi pour élaborer ce billet de l’enregistrement en DVD du spectacle réalisé au Liceu de Barcelone, que l’on peut voir intégralement en cliquant sur le lien suivant.)

Janacek Jenufa intégrale LiceuCliquez sur le lustre du Gran Teatre del Liceu

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« VICTORIEUSEMENT FUI LE SUICIDE BEAU », de MALLARMÉ.

Je suis passé la semaine dernière au centre de Lille, sur la Grand-place, et vraiment je ne comprends pas ! J’ai l’impression qu’il y a des bulles où la COVID ne sévit pas. Où les jeunes peuvent s’entasser sur les terrasses des cafés, sans aucune distanciation et, pour la majorité d’entre eux, sans masque. Alors amis jeunes, si vous voulez mourir, faites-le, mais dans votre coin et sans mettre en danger la vie d’autrui, et pensez un peu au personnel soignant, qui lui se met en danger en permanence pour sauver des gens comme vous.

Après Le Tombeau de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Ce poème, qui figure dans l’édition de ses poésies entre le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, et Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, date de 1885. Le suicide dont il est question n’est pas celui d’une jeunesse inconséquente, mais celui du soleil qui se plonge dans la mer au moment du couchant.

Aujourd’hui, je vous propose donc Victorieusement fui le suicide beau.

Victorieusement fui le suicide beau

Puccini Turandot Tu che di gel sei cinta (Domnique Gless)Cliquez sur Liu 


Tison de gloire, sang par écume, or, tempête !
Ô rire si là-bas une pourpre s’apprête
À ne tendre royal que mon absent tombeau.

Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau
S’attarde, il est minuit, à l’ombre qui nous fête
Excepté qu’un trésor présomptueux de tête
Verse son caressé nonchaloir sans flambeau,

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

La tienne si toujours le délice ! la tienne
Oui seule qui du ciel évanoui retienne
Un peu de puéril triomphe en t’en coiffant

Moussorgski Boris Godounov couronnement (Bryn Terfel)

Avec clarté quand sur les coussins tu la poses
Comme un casque guerrier d’impératrice enfant
Dont pour te figurer il tomberait des roses.

voici des rosesCliquez sur l’image

Citations:

Le suicide beau : dans Turandot de PUCCINI, la jeune esclave Liu se suicide pour favoriser l’amour de son maître Calaf et de la princesse Turandot.

Sans flambeau : BERLIOZ Béatrice et Bénédict « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

puéril triomphe en t’en coiffant : MOUSSORGSKI Boris Godounov, et sa scène du couronnement de Boris.

il tomberait des roses : Berlioz, la Damnation de Faust, « Voici des roses ».

Découvrez « Apparition« , un poème de jeunesse de Mallarmé.

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LA POLITIQUE CHEZ VOUS – Semaine du 26 octobre au 1er novembre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 26 octobre au 1er novembre 2020.

En cette semaine qui précédera une élection cruciale pour les États-Unis, et malheureusement, par indirection, sur le reste du monde, le MET nous propose une sélection d’opéras liés à des événements politiques.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 26 octobre : VERDI Don Carlo

Verdi Don Carlo Ma lassu ci vedremo (MET 1980)Cliquez sur l’image

Mardi 27 octobre : HAENDEL Agrippina

Haendel Agrippina DiDonato (MET 2020)Cliquez sur Agrippine

Mercredi 28 octobre : Verdi Simon Boccanegra

Verdi Simon Boccanegra (MET 1995)Cliquez sur Simon Bouchenoire

Jeudi 29 octobre : ADAMS Nixon in China

Adams Nixon in China METCliquez sur l’image

Vendredi 30 octobre : MOUSSORGSKI Boris Godounov

Moussorgski Boris Godounov METCliquez sur Boris et sa fille

Samedi 31 octobre : CORIGLIANO The Ghosts of Versailles d’après la Mère coupable, le troisième volet de la trilogie de Figaro de BEAUMARCHAIS (après le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro.)

Corigliano The ghosts of Versailles (MET)Cliquez sur Samira

Dimanche 1er novembre : GLASS Satyagraha

Glass SatyagrahaCliquez sur Gandhi

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a next ouike !

Animation 1, Cinéma, Compositeurs, littérature, Politique, Woody Allen

Sergeï PROKOFIEV (1891 – 1953)

Né en Ukraine le 23 avril 1891, Sergeï (Serge) PROKOFIEV est issu d’une famille modeste. Il est initié très jeune à la musique par sa mère, et donne son premier opéra à l’âge de 9 ans !

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Génie précoce, à 12 ans, il a déjà écrit 4 opéras, une symphonie et 2 sonates.

Il entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg en 1904 où il a pour professeurs RIMSKY-KORSAKOV et LIADOV. Il obtient un grand prix de piano en 1913 en jouant son propre Concerto n°1.

En 1908, il collabore aux soirées musicales de DIAGHILEV à Moscou, où il rencontre STRAVINSKY et DEBUSSY.

En 1915, il écrit des ballets pour les ballets russes de Diaghilev, dont Chout le bouffon créé en 1921 et Ala et Lolli, un ballet qui ne sera finalement jamais monté et dont il tirera la Suite scythe.

Prokofiev suite ScytheCliquez sur le chef d’orchestre

En 1917, il écrit la Symphonie Classique, brillante parodie des symphonies classiques. Il écrit aussi un opéra, Le Joueur, une commande d’après le roman de DOSTOÏEVSKI qui n’aboutit pas.

Prokofiev Symphonie classiqueCliquez sur la cheffe d’orchestre

À la suite de la révolution de 1917, Prokofiev part en exil de 1918 à 1933.

Arrivé en Amérique, les créations américaines de son Concerto de piano et de la Suite scythe connaissent un tel succès que l’Opéra de Chicago lui commande un opéra. Ce sera L’amour des trois oranges écrit en 1919 et créé à Chicago en 1921.

Après l’Amérique, il s’installe à Paris où il révise Chout et où il achève son 3e Concerto de piano.

Prokofiev 3e concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

En 1933, il décide de revenir en URSS, et il compose de la musique labellisée soviétique. Il écrit son ballet Roméo et Juliette (1935).

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur l’image

En 1936, il écrit le célèbre conte pour enfants Pierre et le Loup.

Prokofiev Pierre et le loupCliquez sur Pierre

Il fait la connaissance du cinéaste Sergeï EISENSTEIN, pour qui il écrit les musiques d’Alexandre Nevski (1938) et Ivan le Terrible (1946). Ceci ne l’empêche pas d’être accusé de « formalisme bourgeois », et d’être mis sur les listes noires d’artistes, à côté notamment de CHOSTAKOVITCH. Son monumental opéra Guerre et Paix (1941 – 1943), d’après TOLSTOÏ, ne sera pas monté de son vivant.

Il rentre en grâce en 1951 avec son oratorio La Garde de la Paix, qui lui vaut le prix Staline.

Prokofiev décède à l’âge de 61 ans d’une hémorragie cérébrale le 5 mars 1953, le même jour que Staline, ce qui fait que le monde mettra plusieurs jours à apprendre sa mort.

Outre les œuvres déjà citées, Prokofiev est surtout connu pour sa musique pour piano : 9 sonates et cinq concertos dont le Concerto pour la main gauche, écrit comme celui de RAVEL pour le pianiste Paul WITTGENSTEIN (le frère de l’autre) qui avait perdu son bras droit à la guerre, et encore deux opéras, l’Ange de feu (1922 – 1927) et les Fiançailles au couvent (1940 – 1946).

Prokofiev concerto pour la main gaucheCliquez sur l’image

Opéra et cinéma : Woody ALLEN a illustré son film Guerre et Amour avec des musiques de Prokofiev, notamment l’amour des trois oranges .

Et pour finir ce billet, je vous propose cette Toccata par Yuja WANG :

Prokofiev toccata Wang
Cliquez sur la pianiste

Agenda Ironique, Divers, Fantaisie

UN VOYAGE EN HUIT ÉTAPES

Le billet d’aujourd’hui s’inscrit dans l’Agenda Ironique du mois d’octobre (2020) de Victorhugotte. Les contraintes à respecter sont de raconter un voyage en huit étapes menant vers la source d’une forte odeur, en introduisant les mots suivants : « la escalera », « el paraguas », « el catrin », et « el tambor ».

Je vais donc vous emmener dans un petit voyage en musique

Première étape (mars): Le Paraguay baroque. On le sait peu, mais les jésuites missionnaires en Amérique du Sud ont importé là-bas la musique baroque, et il existe tout un répertoire de musique religieuse indigène. Ainsi de cet ensemble Paraguay Barocco (petit rappel, on dit un Paraguay, des Paraguas, mais ça, peu de gens le savent ! [Note: en vrai, c’est pas vrai 😉])

Paraguay BarrocoCliquez sur la Cathédrale

Deuxième étape (avril): dans le prologue de l’Orient approximatif des Indes galantes de RAMEAU, Bellone, la déesse de la guerre fait résonner les tambours pour attirer les jeunes gens vers la gloire de la guerre, et ainsi les détourner des joies de l’amour que Hébé leur promettait.

Rameau les Indes galantes PrologueCliquez sur l’image

Troisième étape (mai): la Russie, à la cour de El Catrin II de Russie (plus connue sous son nom de Catherine II de Russie).

Amoureuse des livres et de la culture, notamment française, elle entretient une correspondance avec VOLTAIRE et fait venir à sa cour DIDEROT et GRIMM. Grâce à l’ambassadeur de France, le comte de SÉGUR, elle fait venir de Paris sa troupe d’opéra. Le comte de Ségur était lui-même un chansonnier et un goguettier.

Quatrième étape (juin) : L’Italie et plus particulièrement Milan, et son célèbre opéra, la Scala di Milano. On peut y entendre par exemple l’opéra de ROSSINI l’Échelle de soie (la Scala di seta) datant de 1812.

Rossini l'échelle de soieCliquez sur l’image

Cinquième étape (juillet) : Un passage par la France s’impose, avec La Fille du tambour-major (1879), de Jacques OFFENBACH.

Offenbach la fille du tambour-majorCliquez sur Griolet

Sixième étape (août) : Partons à présent en Espagne, et plus particulièrement à Séville, où le Don Giovanni de MOZART est toujours aux aguets de « l’odor di femmina », (« l’odeur de la femme »). Mais non, cette odeur, c’est plus un effluve qu’une forte odeur, continuons notre voyage pour trouver l’origine de cette forte odeur.

Mozart Don Giovanni Air du CatalogueCliquez sur Leporello

Septième étape (septembre) : Passons à présent au Pays des merveilles et contemplons les Borogoves tout flivoreux en train de vaguer.

Talbot Alice's Adventures in WonderlandCliquez sur l’image

Huitième étape (octobre) : Restons en Espagne, près des remparts de Séville, où Don José restera imprégné de la forte odeur de la fleur que Carmen lui avait jetée.

Bizet Carmen La Fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José

Le MET s'invite chez vous

LE MET INVITE LA COMÉDIE CHEZ VOUS – Semaine du 19 au 25 octobre

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 19 au 25 octobre 2020.

Le programme de cette semaine est consacré à la comédie, notamment de ROSSINI.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

(Attention au décalage horaire entre l’Europe et les États-Unis, un opéra que je cite comme programmé pour le lundi n’est visible en France qu’à partir du lundi soir, puis pendant la journée du mardi.)

Lundi 19 octobre Rossini Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville)

Rossini le Barbier METCliquez sur Almaviva, Figaro et Rosine

Mardi 20 octobre LEHAR The Merry Widow (La Veuve joyeuse)

Lehar la Veuve joyeuse (MET 2015)Cliquez sur Hanna et Danilo

Mercredi 21 octobre MOZART Così fan tutte

Mozart Cosi fan tutte MetCliquez sur Fiordiligi, Arabella et don Alfonso

Jeudi 22 octobre Rossini La Cenerentola (Cendrillon)

Rossini Cenerentola (MET 2017)Cliquez sur l’image

Vendredi 23 octobre VERDI Falstaff

Verdi Falstaff final (Met)Cliquez sur l’ébouriffant final

Samedi 24 octobre Rossini Le Comte Ory

Rossini Comte Ory METCliquez sur le comte Ory, Isolier, et la comtesse Adèle

Et pour terminer, dimanche 25 octobre STRAUSS Der Rosenkavalier (Le chevalier à la rose) (qui n’est pas vraiment une comédie.)

Strauss Rosenkavalier METCliquez sur Octavian et Sophie

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. See you a next ouike pour le MET invite la politique chez vous !