Mes opéras préférés, Mythologie

ŒDIPE, d’ENESCO (1931)

C’est en écoutant en 1909 le grand tragédien MOUNET-SULLY à la Comédie-Française interpréter l’Oedipe-roi de SOPHOCLE que Georges ENESCO (1881 – 1955) a l’idée d’écrire son opéra Œdipe. Depuis cette soirée, Enesco restera « comme possédé » par son sujet, qu’il portera plus de vingt ans, de 1909 à 1931.

Le livret est d’Edmond FLEG, un helléniste réputé, et retrace tous les épisodes de la vie d’Œdipe, depuis la faute de son ancêtre Laïos jusqu’à sa retraite dans un lieu caché près d’Athènes.

Œdipe a été créé à l’Opéra de Paris en 1936, et tout de suite reconnu comme une œuvre lyrique majeure du XXe siècle.

Stylistiquement, le langage musical d’Enesco ne doit rien à personne, si ce n’est quelques influences de son ami Maurice RAVEL, notamment dans l’emploi des chœurs.

Le pitch : Victime de la malédiction qui pèse sur les descendants de Laïos, Œdipe subit sa destinée, accumulant les fautes abominables (tuer son père, se marier avec sa mère, être le père de ses frères) tout en restant innocent de ces fautes, puisqu’il cherche toujours à les éviter. Il est le symbole de la fragilité de la destinée humaine face aux arrêts implacables des dieux.

Acte I : À Thèbes, les femmes du palais et les bergers, entourant le grand prêtre, se réjouissent de la naissance du fils de Laïos. Seul le devin Tirésias ne participe pas à la joie générale. En effet, il sait qu’Apollon est apparu à Laïos et lui a défendu d’avoir une postérité, sa race maudite devant s’éteindre avec lui. En concevant avec Jocaste un enfant , il fait porter sur celui-ci le poids de sa faute. Tirésias révèle le destin d’Œdipe, il sera meurtrier de son père, époux de sa mère, frère de ses filles et père de ses frères. Laïos demande à un de ses bergers de conduire le bébé dans une gorge profonde et de le faire mourir.

Enesco Oedipe Acte ICliquez sur l’image

Acte II : Vingt ans plus tard, à Corinthe, Œdipe a été adopté par le roi Polybos et la reine Mérope. Alors qu’il faisait un sacrifice au temple de Delphes, Apollon lui est apparu et lui a révélé son terrible destin. Il veut fuir Polybos et Mérope qu’il croit être ses parents, afin d’y échapper.

Dans sa fuite, il se trouve au croisement de trois chemins. Alors qu’il se demande par où aller, le roi Laïos arrive sur son char. Son cocher fouette Œdipe qui alors abat Laïos d’un coup de massue, puis il tue le guerrier qui accompagnait le roi, ainsi que son cocher.

Œdipe arrive à Thèbes. C’est la nuit et le veilleur veille. Œdipe s’avance, mais le veilleur le prévient que c’est la mort qui l’attend s’il continue son chemin et réveille la sphinge, qui terrorise la ville. Œdipe veut sauver la ville. Il interroge la sphinge qui lui pose son énigme : « qui est plus fort que le destin ? ».

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

Œdipe connaît la réponse, c’est « l’homme ». La sphinge est prise d’un rire incontrôlable et meurt. Le veilleur réveille alors tous les Thébains pour qu’ils se réjouissent et on donne à Œdipe la récompense gagnée pour avoir libéré la ville, la main de la reine Jocaste.

Enesco Oedipe Gloire au roi des Thébaisn acte IICliquez sur l’image

Acte III : Vingt ans plus tard, la ville de Thèbes est ravagée par la peste. Le peuple se désole de tous ces enterrements à répétitions. Œdipe a envoyé à Delphes Créon, le frère de Jocaste, pour consulter l’oracle. Celui-ci revient, pour sauver la ville à nouveau, il faut trouver l’assassin de Laïos, qui se trouve dans la ville. Œdipe déclare qu’il faut trouver le meurtrier, l’exil de la cité sera sa punition. Mais si le meurtrier ne se dénonce pas, Œdipe appelle sur lui la malédiction d’Apollon. On appelle Tirésias. Œdipe le soupçonne, mais le devin retourne l’accusation. Il fait témoigner le berger qui a assisté au meurtre du roi Laïos. Quand le berger décrit le crime, Œdipe reconnaît son histoire. Un héraut de Corinthe, envoyé par Polybos et Mérope, qui souhaitent revoir leur « fils ». Il explique qu’il a substitué leur enfant par un enfant trouvé que le berger n’avait pas eu le courage d’exécuter. À ces mots, Jocaste se pend et Œdipe se crève les yeux.

Acte IV : Près d’Athènes, un chœur de vieillards accompagne Thésée qui va invoquer les dieux dans un bois sacré.

Enesco Oedipe Bienveillantes ! Bienfaisantes !Cliquez sur l’image

Œdipe arrive, guidé par sa fille Antigone. Créon arrive, suppliant Œdipe de revenir à Thèbes. Celui-ci refuse, mais Créon et ses hommes s’emparent d’Antigone. À ce moment, Thésée et les vieillards apparaissent. Antigone l’implore et Thésée prend Œdipe et sa fille sous sa protection. Œdipe, après avoir prouvé son innocence face à un destin injuste, recouvre la vue et disparaît dans une grotte.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris d’octobre 2021, et le programme associé.)

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LES CARMINA BURANA DE ORFF DANS LA PUB (La musique dans la pub 6e série)

Après l’utilisation du Requiem de MOZART, des Quatre Saisons de VIVALDI ou de Carmen de BIZET dans la publicité, voici un autre grand classique pillé par les réclamiers, Carmina Burana de Carl ORFF.

Les Carmina Burana forment un recueil de 315 chansons du Moyen Âge (XIIIe siècle), découvertes à l’abbaye de Benediktbeuern (d’où le nom de Chants de Beuern, ou Carmina Burana) au début du XIXe siècle. Ces chansons sont écrites en vieil allemand, en latin tardif, voire en français. Il en existe plusieurs reconstitutions sur instruments d’époque.

Carmina Burana ClemencicCliquez sur la reconstitution médiévalisante

Aujourd’hui, les Carmina Burana sont surtout connus par la version que Carl ORFF a réalisée en 1937 – 1938, d’après une sélection de 24 de ces pièces, et composée de manière à plaire directement au plus large public. Les manuscrits originaux étant écrits en neume (la notation musicale de l’époque), Carl Orff s’est amusé à utiliser certains de ces neumes, comme la carrée, dans son œuvre.

Avant que d’attaquer le sujet de ce billet, je vous propose le clip de présentation que nous avions tourné il y a un an en prévision des Carmina Burana que nous devions donner en concert, concert qui sera finalement donné le 16 octobre prochain, au Colisée de Roubaix.

Orff Carmina Burana OSECliquez sur l’Orchestre Symphonique européen et le chœur de l’Université catholique de Lille

Et maintenant, place aux réclames (il y a du lourd) :

Pub IVECO

Orff Carmina Burana pub IvecoCliquez sur les All Blacks

Pub Reebok

Orff Carmina Burana pub ReebokCliquez sur les Springboks

Pub Carlton µDraught

Orff Carmina Burana pub bièreCliquez sur la pub

Pub Calgonit 4 en 1

Orff Carmina Burana pub Calgonit 4 en 1Cliquez sur la pub

Pub privatisation BNP 1993

Orff Carmina Burana pub BNPCliquez sur la pub

Pub pour la Caisse d’Épargne pour le relais de la flamme olympique 2024.

Cliquez sur la pub

L’air « O Fortuna » a servi aussi à de nombreux films, comme ici Excalibur de John BOORMAN.

Orff Carmina Burana ExcaliburCliquez sur l’image

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous en voulez un peu plus

Et ne manquez pas, prochainement sur ce blog, « Quand la pub massacre VERDI »)

Retrouvez aussi les réclames s’étant servi de la musique de Léo DELIBES.

Mythologie

PROMÉTHÉE

Dans la mythologie grecque, Prométhée était le fils d’un titan et de Thémis, la déesse de la justice. Il a trompé Zeus lors d’un sacrifice où il a favorisé les hommes. Le dieu en chef s’est alors vengé sur les hommes en les privant du feu, mais Prométhée le leur rendit.

La seconde vengeance de Zeus fut terrrible, il punit les hommes en leur envoyant la première femme, Pandora (Pandore), porteuse d’une boîte qui contenait tous les maux, qui se répandirent sur les hommes. Quant à Prométhée, il le punit en l’enchaînant à une colonne. Son histoire a été racontée par ESCHYLE dans son Prométhée enchaîné. Prométhée était porteur d’un secret concernant Zeus (je vous le dis parce que c’est vous, mais prométhée moi de ne pas le répéter à plus de deux personnes à la fois) : si Zeus s’unissait à Thétis, il en concevrait un fils qui le détrônerait. Prométhée refusa de livrer son secret, préférant subir chaque jour son supplice : un aigle venait lui boulotter le foie tous les jours, mais Prométhée étant immortel, son foie repoussait toujours. Au bout de quelques siècles, c’est Héraclès qui finira par le délivrer, en tuant l’aigle d’une flèche bien ajustée.

Cette légende a inspiré bien des compositeurs, surtout à partir de l’époque du romantisme où Prométhée représentait l’orgueil humain qui se révoltait contre les dieux.

GOETHE écrira un Prométhée en 1773 alors que Lord BYRON écrira le sien en 1816.

En musique, BEETHOVEN composera la musique d’un ballet, les Créatures de Prométhée, dont l’ouverture est régulièrement jouée en concert.

Beethoven les Créatures de ProméthéeCliquez sur l’orchestre

Après Beethoven, plusieurs compositeurs déposeront de la musique au pied des vers de Goethe. Parmi eux figure, en 1819, SCHUBERT.

Schubert PrometheusCliquez sur l’image

En 1849 est créé le Prométhée de Fromental Halévy.

En 1856, c’est LISZT qui s’y colle, avec son poème symphonique Prometheus, qui était à l’origine une musique de scène avec chœur écrite en 1850 pour un drame de Herder.

Liszt PrometheusCliquez sur l’image

En 1867, SAINT-SAËNS publie sa cantate Les Noces de Prométhée.

Retour à Goethe en 1886, avec la mise en musique de son poème par Hugo Wolff.

Wolff PrometheusCliquez sur l’image

En 1900, FAURÉ écrit un opéra à grand spectacle (oui, vous avez bien lu), Prométhée, qui sera créé aux arènes de Narbonne.

Fauré Prométhée le Cortège de PandoreCliquez sur l’image

En 1910 Scriabine compose un de ses chefs-d’œuvre, le poème symphonique Prométhée ou le Poème du feu.

Scriabine Prométhée ou le poème du feuCliquez sur l’image

Et en 1916 – 1918, c’est Maurice Emmanuel qui compose son Prométhée enchaîné.

Emmanuel Prométhée enchaînéCliquez sur l’image

Le mythe de Prométhée continue à inspirer les compositeurs puisqu’en 1984, c’estLuigi Nono qui nous propose son Prometheus.

Nono PrometheusCliquez sur l’image

littérature, Maria Callas, Poésie

AU MILIEU DE L’HIVER, J’AI DÉCOUVERT EN MOI…

Notre amie blogueuse Solène VOSSE vient de faire paraître son quatrième livre, le second recueil de poésie : Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été

S’il ne me revient pas de « critiquer » ses poèmes (et d’ailleurs peut-on critiquer l’essence de la poésie ?), je peux seulement me dire qu’ils me parlent, qu’ils me touchent. Et puisque Solène nous fait part des musiques qui l’ont accompagnée quand elle écrivait, laissez-moi partager avec vous ces moments de musique.

Ainsi page 35, dans le poème « Héroïnes » Solène fait référence à l’air « Casta Diva » extrait de Norma de BELLINI.

callas casta divaCliquez sur la Callas

Page 36 dans le poème « Et pourtant tu me manques » elle convoque Carmen de BIZET ou Madame Butterfly de PUCCINI.

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur l’image

Page 45 pour « Étoile » nous avons le plaisir « d’entendre » Simon & Garfunkel dans The Sound of silence.

Simon & Garfunkel The Sound of silenceCliquez sur l’image

Page 49 pour le poème « Adio del passato », du nom d’un air de la Traviata de VERDI, c’est encore la Callas qu’elle nous fait entendre. Ce n’est pas cette version que j’ai choisi de vous faire écouter ici.

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur l’image

Page 53 pour « Il y a » nous avons l’occasion d’entendre la méditation de Thaïs, de MASSENET.

Massenet Thaïs MéditationCliquez sur l’image

Page 59 pour « Aujourd’hui sous le ciel gris » nous retrouvons Carmen et sa « Habanera ».

Bizet Carmen habanera

Enfin, page 83 pour « Vents d’ange » c’est non moins que le Stabat Mater de PERGOLÈSE que Solène nous propose d’écouter.

Pergolèse Stabat mater Kirkby BowmanCliquez sur l’image

Bref, vous l’avez compris, ce livre est un incontournable pour tous les amoureux de la poésie et de la musique.

(Source principale : Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… Solène VOSSE, The BookEdition.com 2021)

Et si vous voulez accompagner la lecture de « En d’autres temps » (page 23), cliquez donc sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez accompagner la lecture de « En d’autres temps »

Divers, Sciences

FÊTE DE LA SCIENCE 2021

La Fête de la Science se déroule cette année du 1er au 11 octobre 2021 pour la France métropolitaine.

Après vous avoir parlé en 2019 de la représentation des scientifiques sur les scènes d’opéra, je vous propose maintenant, d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses, et sur l’utilisation ingénieuse des découvertes scientifiques pour l’éclairage, la machinerie ou les effets spéciaux.

Historiquement, l’éclairage des théâtres se faisait à la chandelle. C’est d’ailleurs ce qui fixait la durée d’un acte, qui était limitée à la durée de la chandelle avant qu’elle ne s’éteigne. À partir de 1720, l’usage de la chandelle a été remplacé par de l’huile, que l’on brûlait dans des appareils spéciaux appelés quinquets. Sous Louis XVIII, on est passé à l’éclairage au gaz, dans l’opéra Aladin et la lampe merveilleuse (1822). Puis, le progrès aidant, l’éclairage est devenu électrique, avec la création des orgues électriques pour pouvoir faire varier les éclairages, les couleurs, ou les rampes d’éclairages sur telle ou telle partie des décors ou sur les chanteurs.

L’application de l’électricité au théâtre ou à l’opéra a donné lieu à des inventions aussi subtiles qu’étranges.

Ainsi, les bijoux électriques de M. TROUVÉ illuminaient les fleurs et les bijoux que portaient les actrices ou les danseuses. Par exemple, aux Folies Bergères en 1884 avec le spectacle les Fleurs lumineuses. Le procédé en est l’emploi de lampes à incandescence et de petites piles portatives de son invention, dont le poids est insignifiant.

En 1893 à Monte-Carlo, lors de la création en version scénique de la Damnation de Faust de BERLIOZ, le ballet des sylphes a fait forte impression, avec le corsage des danseuses orné d’une rose électrique.

Berlioz Damnation de Faust Ballet des SylphesCliquez sur le sylphe

En 1890, dans Ascanio de SAINT-SAËNS, Phébus apparaît au milieu des muses en tenant à la main un flambeau de Génie. M Trouvé a eu ici l’idée de dissimuler une lampe à incandescence sous des pierreries de couleur et de dissimuler les accumulateurs dans le corps du flambeau.

Saint-Saëns AscanioCliquez sur l’image

Faust, de GOUNOD, s’est prêté à bien des trouvailles. Ainsi à Francfort les spectateurs médusés ont pu voir une fiole qui se balançait dans les airs, d’abord informe, puis se transformant peu à peu en figure humaine. Celle-ci n’est autre qu’une poupée en caoutchouc repliée sur elle-même que l’on déplie petit à petit à l’aide d’un fil. À Londres, c’est l’usage de l’étincelle électrique qui permettait de rendre lumineuses les épées et les cuirasses des personnages en train de se battre en duel. Les épées étaient reliées à des batteries et produisaient des étincelles chaque fois qu’elles se touchaient !

Gounod Faust le duelCliquez sur le duel

Dans le Freischütz de WEBER, on voyait des têtes de mort s’élever du sol en lançant des étincelles par les yeux et la bouche. Le procédé utilisé est celui de petits fils de fer placés dans ces têtes, et reliés à des piles électriques. Quand le contact est mis, le fil de fer devient incandescent et produit ces étincelles aussi spectaculaires que fantomatiques.

Weber der Freischutz Gorge aux loupsCliquez sur l’image

Et dans la scène de la forge de Siegfried de WAGNER, les coups de marteau sur l’enclume donnent l’imitation parfaite d’une vraie forge. La surface en bois de l’enclume était recouverte d’une plaque de fonte et parcourue d’un réseau de fils métalliques, reliés au circuit électrique du théâtre. Quand Siegfried frappe sur l’enclume, un court-circuit se forme et produit ces milliers d’étincelles caractéristiques de la forge !

Wagner Siegfried NothungCliquez sur Siegfried reforgeant Nothung, son épée

L’incandescence a été utilisée dans la Flûte enchantée de MOZART pour illuminer le diadème de la reine de la Nuit.

Mozart Zauberflöte Air de la reine de la nuitCliquez sur la reine de la Nuit

Je terminerai pour aujourd’hui (mais il y aura une suite) avec l’évocation du théâtrophone, cette invention qui permettait assister au théâtre chez soi, par la double utilisation de microphones pour la captation et du téléphone pour la transmission, à une époque ou ni radio ni télévision n’existaient encore. On sait que Marcel PROUST était un utilisateur de ce théâtrophone.

Et pour tout savoir sur la Fête de la science, et ce qui se passe dans votre région, un seul lien : Fête de la science.

(Source principale : La science au théâtre – étude sur les procédés scientifiques en usage au théâtre moderne, par A. de VAULABELLE et Ch. HÉMARDINQUER, Paris, Henry Paulin éditeur, 1905)

P.S. si je me suis servi pour cet article d’in livre datant de plus de cent ans, les metteurs en scène et les décorateur d’aujourd’hui se servent évidemment des moyens techniques à leur disposition, comme dans le récent Idoménée de CAMPRA monté à l’opéra de Lille.

Campra Idoménée scénographieCliquez sur la scénographie

Agenda Ironique

CALMES VOTES ICI-BAS – LES RÉSULTATS DE SEPTEMBRE 2021

A voté !

Les résultats de la votation de septembre 2021 pour l’Agenda Ironique sont tombés.

Votre texte préféré a été Loin du renard, loin du corbeau, proposé par Carnets Paresseux. Le deuxième texte à recueillir vos suffrages est Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur, de Tout l’opéra (ou presque).

Concernant le passage de témoin pour l’organisation de l’A.I. d’octobre 2021, le résultat est quasi unanime, avec une très large majorité en faveur de Carnets Paresseux, que l’on applaudit bien fort 👏.

Et laissez moi remercier encore tous les participants, qui ont accepté de se coller à la contrainte de l’hypallage ou de l’amphibolie, souvent avec beaucoup d’ingéniosité.

Bande dessinée, Cinéma, littérature

LE SPACE OPERA

​Voilà déjà trois ans et demi que je cherche un prétexte pour écrire un billet sur le space opera (en écrirai-je un jour sur le soap-opéra ?)

La sortie de l’adaptation par Denis VILLENEUVE de Dune, le roman culte de Franck HERBERT, me fournit aujourd’hui ce prétexte.

Le space opera est un sous-genre de la science-fiction, où l’on trouve des épopées se passant à des échelles (inter-)galactiques. Parmi les auteurs de romans, on trouve Isaac ASIMOV et son cycle Fondation, lui-même un décalque de l’Histoire de la décadence et de la chute de l’empire romain, de GIBBON, transposé en S.F.

Dans les grands classiques S.F. du space opera on peut donc citer le cycle de Dune de Franck HERBERT, ou encore un de mes préférés, Jack VANCE et son cycle de TSCHAÏ. Citons encore le cycle de la Culture de Iain M. BANKS, que j’ai découvert récemment.

Au cinéma, la nonologie des Star Wars est évidemment une référence absolue pour le space opera. La saga des Star Treck en est une autre.

En B.D., nous avons les aventures des agents spatio-temporels Valérian et Laureline ou l’univers de Lone Sloane, de Philippe DRUILLET. Pour mémoire, j’ai déjà évoqué le space opera (et Druillet) dans le billet consacré à Gustave FLAUBERT.

Druillet, fondateur historique du magazine Métal Hurlant, qui ressort en kiosque aujourd’hui même, a beau coup travaillé sur la Tétralogie, et spécialement sur l’Or du Rhin (Rheingold) de WAGNER. Il a aussi mis en image des spectacles comme les Carmina Burana de Carl ORFF ou le Requiem de VERDI aux chorégies d’Orange.

ORff Carmina Burana DruilletCliquez sur l’image

Verdi requiem DruilletCliquez sur ce montage du Requiem de Verdi à Orange

À propos de Flaubert et Druillet, je pourrais encore vous parler de Salaambô, mais je ne voudrais pas espoiler le billet que je consacrerai (un jour) à ce dessinateur.

Le dessinateur Jean-Claude MÉZIÈRES a travaillé avec Luc BESSON, sur les décors du 5e élément. On trouve dans ce film une diva galactique, Plavalaguna, qui chante « l’air de la folie » de Lucia de Lammermoor, de Gaetano DONIZETTI. Ce même air qui impressionna tant Emma Bovary au Théâtre des Arts de Rouen.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur la diva galactique Plavalaguna

Et voici une petite dédicace de l’album qui donne son titre au film de Besson :

dédicace Valérian

Pour la musique de son film, Luc Besson a fait appel à la coqueluche d’Hollywood, Alexandre DESPLAT. Ce compositeur multirécompensé (César, Oscar, Bafta, Golden Globes…) pour sa cinquantaine de musiques de film est notamment l’auteur de la musique du film Florence Foster JENKINS.

Mozart la Flûte enchantée massacrée par F; Foster JenkinsCliquez sur l’image

Enfin, en ante bonus, découvrez ici une planche originale de Valérian, extraite de ma collection personnelle :

planche Valérain

Et si vous avez été sages, vous avez gagné le droit de cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez été sages

Agenda Ironique

A.I. DE SEPTEMBRE 2021, LE TEMPS DU VOTE

Tout d’abord, merci de vos participations riches zet variées à l’Agenda Ironique de septembre 2021, pour lequel vous aviez eu l’imprudence (ou l’inconscience) de me confier les clés.

Place donc aux votes de fin de mois difficiles (rappel, il fallait placer une amphibolie ou une hypallage.)

Voici le récapitulatif des participations pour cet Agenda de septembre :

Gibulène le petit escargot nous propose une enquête d’Onésime, pimentée à la jumeleine.

Tout l’opéra (ou presque) s’est intéressé aux origines du livre et du film 2001 Odyssée de l’Espace en nous livrant quelques éclairages inédits sur la naissance de cette histoire.

John Duff nous propose une aventure d’Arnoldo POIVRIERI et de son assistante Ioulia, à la recherche de météorites pour préparer des tisanes (ça ne s’invente pas.)

https://touslesdrapeaux.xyz/agenda_ironique.html

Prokofiev Sonate n 8Cliquez sur la jeune et non moins talentueuse assistante d’Arnoldo Poivrieri

Max-Louis du blog Le dessous des mots nous livre un conte à sa façon : J’ai le bibelot du carafon qui tinte.

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Et Carnets paresseux revisite une fable de ce bon monsieur de La FONTAINE, où il est question de corbeau et de piaf, mais aussi de trois petites pommes…

Et maintenant, place aux votes :

Et encore un petit effort pour savoir qui organisera l’Agenda Ironique d’octobre 2021 (vous pouvez proposer des candidats qui ne figurent pas sur cette liste) :

Et allez, un petit bonus surprise avant de nous quitter.

Point d'interrogation

Et pour voir le résultat des votes, c’est ici.

Couleurs, Divers, Jazz, Nature

BLEU

Carré bleu sur fond bleu, d’après Malevitch

Un récent commentaire sur le blog de Lazuli Biloba sur les aspects debussystes de ses magnifiques photos de fleurs bleues m’a amené à me poser la question de la représentation du bleu en musique.

Dans la nature, le bleu est la couleur du ciel (le jour) et de l’eau, soit symboliquement, une couleur rattachée à l’air et à l’eau. Dans la religion chrétienne, on associe le bleu aux vêtements de Marie.

Rachmaninoff Ave MariaCliquez sur l’Ave Maria de Rachmaninov

Bien sûr, en musique quand on dit bleu, on pense assez vite au Beau Danube bleu de Johann STRAUSS, ou encore à la Rhapsody in blue, de Georges GERSHWIN.

Strauss An der schönen blauen DonauCliquez sur la version chantée du beau Danube bleu

Gershwin Rhapsody in bluePuis cliquez sur la rhapsody in blue

Un peu moins évidentes sont les références à Barbe bleue, et donc aux cinq opéras (au moins) mettant en scène ce personnage, dont la légende nous vient de Gilles de RAY, maréchal de France, compagnon de guerre de Jeanne d’Arc et zigouilleur de petits enfants.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur Douce et Barbe-bleue

Maurice RAVEL, dont on connaît le goût pour les sonorités nouvelles du jazz intitulera le deuxième mouvement de sa sonate pour violon et piano « Blues ».

Ravel Sonate violon piano bluesCliquez sur la violoniste et le pianiste

Pour Olivier MESSIAEN, qui était synesthète (il associait des couleurs aux accords sonores), le bleu s’apparente à la sonorité de la flûte. Il a par ailleurs écrit, dans son catalogue d’oiseaux, le Merle bleu.

Messiaen le Merle bleuCliquez sur Yvonne Loriod

Autre synesthète, Alexandre SCRIABINE et son « clavier à lumière », sorte d’orgue qui projetait des couleurs pendant qu’on exécutait son œuvre, telle que Prométhée ou le poème du feu.

À propos de Scriabine, ce compositeur qui associait musique et peinture faisait partie du mouvement « Der Blaue Reiter » (« le Cavalier bleu »), mouvement artistique fondé autour de KANDINSKY et de l’expressionnisme en 1911 et 1912. Un autre compositeur a fait partie du « Blau Reiter », c’est Arnold SCHÖNBERG, qui était aussi peintre et a écrit un article et une partition pour ce groupe, sur un texte du poète MAETERLINCK.

Schönberg Herzgewächse op 20Cliquez sur l’opus 20 de Schönberg

Bien entendu, le blues, c’est aussi une part important de la musique de jazz (dont je ne suis pas spécialiste). Parmi les grands classiques du jazz figure Kind of Blues de Miles DAVIS.

Miles Davis Kind of BlueCliquez sur un album de légende du jazz

Dans le Sonnet des voyelles de RIMBAUD, le « O » est associé à la couleur bleu. Pour le caractériser dans la suite du poème, il écrit : « O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, ».

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraiteCliquez sur les strideurs étranges du suprême clairon

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, je vous propose un bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

Après le bleu, retrouvez ici la notion de BLANC de ROUGE et de VERT en musique.

Ainsi que le ROSE.

Cinéma, littérature, Mythologie, Théâtre

ÉLECTRE, ELEKTRA, ELECTRA, ELLETRA

Électre, fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, est un des personnages importants de la mythologie grecque, et le dernière représentante de la famille des Atrides. (Ce n’est pas un hasard si Franck Herbert donné le nom d’Atréis au héros de son space opera Dune, héros dont le second prénom est Oreste, comme le frère d’Électre !)

Le pitch : Électre est la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, la sœur d’Iphigénie et d’Oreste (et aussi de Chrysothémis, moins connue). Clytemnestre ayant tué son mari avec l’aide d’Egisthe, son amant, Électre mettra son frère à l’abri, avant de le pousser à venger leur père quelques années plus tard en tuant leur mère.

Cette tragédie a été racontée par les trois grands tragiques grecs que sont ESCHYLE, SOPHOCLE et EURIPIDE. Plus près de nous, Racine puis Voltaire s’en sont emparée. En Italie Alfieri, en Irlande O’Neill, en Autriche HOFMANNSTHAL se sont également emparé du mythe, alors qu’en France au XXe siècle, Giraudoux, Anouilh, Sartre et Yourcenar l’ont également transposé.

Devant la force dramatique du personnage, il n’est donc pas surprenant de retrouver Électre à l’opéra.

Ainsi, en 1712, André Campra écrivait son Idoménée, dont le livret servira largement à Mozart soixante-dix ans plus tard pour son Idomeneo. Dans cet opéra Électre s’est réfugiée en Crète, et est amoureuse d’Idamante, le fils du roi. Or, Idoménée demande à son fils de reconduire Électre chez elle à Argos, ce qui déclenche la fureur de Neptune.

Campra Idoménée Laissez nous sortir d'esclavageCliquez sur l’image

Et donc en 1780, MOZART écrit son Idomeneo, re di Creta (Idoménée) qui s’inspire de l’Idoménée de Campra.

Mozart Idoménée Tutte nel cor vi sentoCliquez sur Électre (pas très contente)

Le compositeur (méconnu) Christian Cannabich écrira son Electra dans la foulée de Mozart.

Cannabich Electra (Bernius)Cliquez sur le génial chef de chœur

En 1782, Jean-Baptiste MOYNE écrit Électre, une tragédie lyrique de Moyne (1782).

La même année 1782 voit l’Électre de l’infatigable GRÉTRY 1782 Électre, d’après Euripide.

Parmi les œuvres issues de la collaboration de Hugo von Hofmannsthal et Richard STRAUSS figurent Elektra.

Strauss ElektraCliquez sur Elektra

Enfin, le compositeur grec, récemment disparu, Mikis THEODORAKIS a écrit son opéra Electra en 1993. (À noter qu’il avait déjà écrit la musique du film la Mort d’Agamemnon (1962) de Michael CACOYANNIS).

Theodorakis Electra Woe is me, the wrtechedCliquez sur l’image