À tout seigneur tout honneur. Jupiter, le roi des dieux (Zeus dans sa version grecque), figure en bonne place dans le panthéon de l’opéra. On retient de Jupiter son goût immodéré pour les femmes, goût qui provoquait la jalousie de la malheureuse Junon, sa femme. Pour arriver à ses fins, Jupiter était obligé de prendre des formes non divines, car une mortelle n’aurait pu supporter de le voir sous cette forme (demandez à Sémélé ce qu’elle en pense). Une bonne partie de ces métamorphoses nous ont été rapportées par Ovide.
En 1651, c’est Cavalli qui nous narre les malheurs de Callisto. La nymphe Callisto est une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit que la nymphe n’est plus vierge. La malheureuse Callisto finira par être transformée en ourse par Junon, la jalouse femme de Jupiter. La Calisto est un opéra de Cavalli créé à Venise en 1651.
Cliquez sur l’image
Jupiter intervient aussi dans la zarzuela (forme espagnole de l’opéra) Jupiter y Semele (1718) de Antonio de Literes.
Cliquez sur Jupiter et Sémélé
Bien sûr, on se souvient aussi de Sémélé (1744) de Haendel.
Cliquez sur Jupiter et Sémélé
On retrouve Jupiter peu plus tard chez Rameau qui le fait intervenir dans Hippolyte et Aricie (1733) où Diane et Amour se disputent pour savoir qui des deux a la faveur des hommes. Jupiter tranche pour Amour.
Cliquez sur l’image
Rameau encore avec Castor et Pollux (1737) où Jupiter ne veut pas enfreindre la loi des enfers en faisant revenir Castor dans le monde des vivants. À la fin, Jupiter, ému par l’amour des deux jumeaux, leur réserve une place dans le ciel où ils montent pour former la constellation des Gémeaux.
Cliquez sur l’image
Rameau toujours avec Platée (1745) où Jupiter joue un tour à sa femme Junon pour la guérir de sa jalousie. Avec quelques amis, il feint ainsi de courtiser une ridicule nymphe des marées, la grenouille Platée.
Cliquez sur l’image
Dans Orphée et Eurydice (1774) de Gluck, Jupiter est ému par les chants d’Orphée, et se laisse convaincre de laisser Eurydice de ressortir des enfers.
Cliquez sur l’image
En 1786, c’est l’incontournable Grétry qui s’empare de la grande affaire de Jupiter, celle où pour séduire Alcmène, femme trop fidèle, il dut se métamorphoser sous les traits du mari de celle-ci, Amphitryon, parti à la guerre. De cette union naîtra le demi-dieu Hercule.
Cliquez sur l’image
En 1788, Mozart écrivait sa dernière symphonie, la 41e. On a pris l’habitude de l’appeler Jupiter peut-être pour souligner son aspect majestueux.
Cliquez sur l’image
Un des derniers avatars musicaux de Jupiter se trouve dans Orphée aux enfers d’Offenbach, avec cet amusant « duo de la mouche ».
La figure de Médée, magicienne tombée amoureuse de Jason par la grâce de Cupidon, et finissant par tuer ses enfants pour punir son amant infidèle, est une des plus marquantes de la mythologie. Elle n’a cessé d’alimenter les fantasmes au travers des siècles, et nombreuses sont les pièces musicales que sa légende a inspirées.
Une des premières semble être celle de l’Italien Cavalli avec Il Giasone (1649).
Le petit William Shakespeare naît en avril 1564 à Stratford-upon-Avon, sous le règne d’Elisabeth 1re.
Sa découverte dans sa jeunesse des Métamorphoses d’Ovide le marque, et on en trouvera des traces dans son œuvre. Shakespeare quitte l’école vers treize ans, son père ne pouvant plus lui payer ses études.
En 1582, William doit se marier en urgence avec Anne Hathaway, de sept ans plus âgée, enceinte de Susanna, leur premier enfant. Trois ans plus tard naîtront des jumeaux, Judith et Hamnet.
Que devient-il entre 1585, où il quitte Stratford et 1592, où on retrouve sa trace comme dramaturge et acteur à Londres ? Nul ne sait. Lors de la fermeture des théâtres pendant deux ans en 1592 à cause de la peste, Shakespeare écrit deux poèmes, Vénus et Adonis (1593) et le Viol de Lucrèce (1594). Ces œuvres sont dédiées au comte de Southampton, probable amant de William, pour qui il aurait aussi écrit ses Sonnets.
En 1595, Shakespeare aborde le théâtre avec la Tempête, qui sera adaptée à l’opéra par Thomas Adès en 2005.
En 1595 ou 1596, il écrit le Songe d’une nuit d’été, qui a inspiré Purcell avec the Fairy Queen (1692), Weber avec Obéron (1826), Mendelsssohn qui a écrit une musique de scène pour cette pièce, Ambroise Thomas avec le Songe (1850) et encore Britten avec son opéra du même nom datant de 1960.
Cliquez sur l’image
En 1597, il écrit Roméo et Juliette, Richard II et Richard III. Roméo et Juliette est certainement une des pièces les plus mises en musique avec notamment Bellini et son I Montaigu et I Capuletti (1830), Berlioz avec sa Symphonie dramatique du même nom (1839), Gounod et son grand opéra de 1867, Tchaïkovski et son Ouverture Fantaisie de 1869, Prokofiev et son ballet de 1935, et jusqu’à Bernstein avec son West Side Story (1947).
Cliquez sur l’image
En 1602 paraît les Joyeuses commères de Windsor, une comédie probablement écrite en 1597 où apparaît le personnage de sir John Falstaff. Les Joyeuses commères de Windsor a fait l’objet d’une adaptation à l’opéra par Otto Nicolaï (1849), et Falstaff est le héros du Falstaff de Salieri (1799), du Songe d’une nuit d’été d’Ambroise Thomas, qui fait intervenir le personnage de Falstaff amoureux de la reine Elisabeth 1re, et surtout du dernier opéra de Verdi, Falstaff (1893).
Cliquez sur l’image
En 1603, Shakespeare écrit une autre de ses œuvres majeures, Hamlet, qui a inspiré Ambroise Thomas (Hamlet) en 1868, mais aussi Liszt avec son poème symphonique datant de 1858, Richard Strauss qui a composé un lied sur la mort d’Ophélie, et Chostakovitch qui a écrit en 1932 une musique de scène pour cette pièce.
Cliquez sur l’image
1603 est probablement l’année de composition d’un des drames de la jalousie, Othello, qui sera mis en musique par Rossini (1816) et par Verdi (Otello, 1887).
Cliquez sur l’image
En 1613, Shakespeare arrête d’écrire, avec Henry VIII et les Deux Nobles Cousins. Il se retire alors à Stratford.
William Shakespeare meurt le 23 avril 1616 à Stratford, à l’âge de 52 ans.
(Source principale, pour la partie biographique : l’album de la Pléiade 2016, de Denis Podalydès, éditions Gallimard, 2016.)
Le nom de la cantatrice Nelly Melba est resté dans nos mémoires à cause du dessert qui a été créé en son honneur par Auguste Escoffier, la Pêche Melba. Mais savez-vous qui elle était ?
Helen Porter Mitchell est née en Australie le 19 mai 1861. Après des études musicales dans son pays, puis en Europe, elle donne son premier concert à Melbourne, ville d’où elle tirera son nom de scène Melba.
Dotée d’une voix de soprano colorature, elle fait en 1887 ses débuts internationaux au Théâtre Royal de la Monnaie (De Munt) à Bruxelles, dans le rôle de Gilda, dans Rigoletto de Verdi.
Cliquez sur Gilda Melba
Nellie Melba s’illustre particulièrement dans le répertoire italien (Verdi, Puccini) ou français (Saint-Saëns, Gounod, Thomas) avec une incursion chez Wagner.
Cliquez sur Nellie
Cliquez sur Violetta Melba
Cliquez sur Marguerite Melba
En 1888, elle fait ses débuts à Covent Garden où elle régnera sans partage et triomphera en Mimi dans la Bohème de Puccini ou Juliette dans le Roméo et Juliette de Gounod.
Cliquez sur Rodolfo Caruso
En 1894, Nellie Melba chante Elsa dans Lohengrin de Wagner à Londres. C’est à l’occasion de cette série de représentations que le chef Auguste Escoffier crée en son honneur le dessert qui porte son nom, la pêche Melba (pêche et glace à la vanille nappées d’un coulis de framboise).
Cliquez sur Elsa Melba
En 1900, Nellie Melba est invitée à l’opéra de Vienne par son directeur musical, Gustav Mahler.
Au début du XXe siècle, elle est une des premières cantatrices à enregistrer sa voix.
En 1904, elle assure la création du poème lyrique Hélène, de Camille Saint-Saëns.
Elle donne son concert d’adieu en 1926 où elle interprète, notamment, « l’air du Saule » extrait d’Otello de Verdi.
Cliquez sur Desdemone Melba
Nellie Melba meurt le 23 février 1931 à Sidney, à l’âge de 69 ans.
Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.
Après la sixième série consacrée à des haïkaïs wagnériens, voici donc une septième livraison de haïkaïs, dont certains écrits par vous (merci, merci, merci.)
John Duff :
Tiens, un haïku. Cela fait bien trop longtemps Qu’on en avait eu.
D’après Gibulène :
Le choix des musiques Avec le pouvoir des mots L’oreille apprécie.
Les habitués de ce blog connaissent mon goût pour l’œuvre de Cervantès, et son fameux héros Don Quichotte. Parmi les adaptations musicales de ce livre fondateur du roman contemporain, celle de Massenet est particulièrement intéressante.
Dernier opéra de Massenet, Don Quichotte est une commande de l’opéra de Monte-Carlo. Le rôle-titre a été écrit pour la basse russe Chaliapine.
Acte I : Un jour de feria en Espagne, les prétendants se pressent autour de Dulcinée et lui donnent la sérénade. Dulcinée apparaît au balcon et dit qu’être aimée ne suffit pas (Air : « Quand la femme a vingt ans »).
Cliquez sur Dulcinée
Don Quichotte et son écuyer Sancho Pança paraissent au milieu d’une foule de mendiants, qui les acclament. Don Quichotte demande à Sancho de leur faire l’aumône. À son tour, Don Quichotte donne la sérénade à Dulcinée (Air : « Quand apparaissent les étoiles »).
Cliquez sur Don Quichotte
Juan, un des amants de Dulcinée est jaloux et provoque Don Quichotte en duel. Dulcinée s’interpose et arrête les deux hommes. Elle est touchée par les déclarations hors d’âge de Don Quichotte, et lui demande d’aller récupérer un collier qui lui a été volé par le brigand Ténébrun.
Acte II : Don Quichotte et son écuyer s’avancent dans la brume, à la recherche des voleurs. Il compose un nouveau poème pour Dulcinée alors que Sancho tente de le dissuader de risquer sa vie pour les beaux yeux d’une femme (Air : « Comment peut-on penser du bien de ces coquines ? »)
La brume se dissipe, révélant des moulins à vent que Don Quichotte prend pour des géants. Il les charge et se retrouve accroché à une aile d’un moulin. Les ailes du géant l’empêchent de charger.
Acte III : Don Quichotte et Sancho sont à la recherche des voleurs. Ceux-ci font prisonnier le chevalier à la triste figure, alors que Sancho réussit à prendre la fuite. Les voleurs veulent tuer Don Quichotte, qui fait preuve d’équanimité (Air : « Seigneur, reçois mon âme »).
Cliquez sur l’image
Don Quichotte explique son errance sur terre (Air : « Je suis le chevalier errant »). Ému, Ténébrun décide de le libérer et lui rend le collier de Dulcinée.
Cliquez sur le chevalier errant
Acte IV : Lors d’une fête, Dulcinée s’ennuie au milieu de ses courtisans (Air : « Lorsque le temps d’amour a fui »).
Elle prend sa guitare et chante (Air : « Ne pensons qu’au plaisir d’aimer »).
Don Quichotte et Sancho arrivent. À Sancho qui se plaint, don quichotte promet qu’il le récompensera, qu’il lui offrira une île ou un château. Le chevalier rend son collier à Dulcinée, qui l’embrasse. Don Quichotte la demande en mariage. Les courtisans s’esclaffent et Dulcinée lui explique qu’elle n’est qu’une courtisane, ne cherchant pas le mariage. (Air : « Oui, je souffre votre tristesse »).
Cliquez sur l’image
Elle l’embrasse sur le front et sort. Les courtisans se moquent à nouveau de Don Quichotte, ce que leur reproche Sancho en emmenant au loin un Don Quichotte brisé (Air : « Riez, allez, riez du pauvre idéologue »).
Cliquez sur l’air de Sancho
Acte V : Une nuit, dans la montagne, Don Quichotte se meurt. Il offre à Sancho, pour récompense de son dévouement, une île de rêves (Air : « Prends cette île »).
Puis il lève les yeux vers les étoiles et croit entendre la voix de Dulcinée qui l’appelle dans l’autre monde. Il meurt.
Ce mois-ci (mai 2024), c’est Jobougon qui tient les manettes de l’A.I. Et quoi qu’elle nous demande, Jobougon ? Eh bien, voilà :
René d’Anjou, le bon roi René ! Né le 16 janvier 1409 à Angers et mort le 10 juillet 1480 à Aix-en-Provence, le roi René a écrit « le livre du Cœur d’amour épris », personnifiant Cœur, le cœur amoureux, qui va être amené à traverser bien des épreuves pour aller délivrer Dame Merci prise en otage par Rude Danger et Malebouche au Manoir de Rébellion. Cœur, armé par Désir, ayant pour destrier Franc Vouloir, suivant le style de la quête du Saint Graal, sera amené à rencontrer Dame Espérance, puis la Naine Jalousie, il boira l’eau de la Fontaine de Fortune, traversera le Val de Profond Penser, le Fleuve de Larmes, le Pré de Dure Réponse, le Passage Périlleux, le Tertre Dénué-de-Liesse, sera aidé par Honneur, Bon Renom, passera par le Cimetière d’Amour rencontrera « Courtoisie », etc, etc, etc.
Je vous propose de vous inspirer du bon roi René et de personnifier « Liberté » et de lui faire traverser moult tribulaventures en inventant des noms de lieux et personnages dans le style poétique de cette époque et de ce livre, en incluant dans le texte au moins deux jurons bien tournés dans un langage tout aussi poétique que fleuri.
Je vais donc vous composer un p’tit opéra sur ce thème.
Acte I : Le rideau de velours cramoisi se lève sur le château du roi René, dans les environs de Vierzon. Au premier plan, un parterre de roses rose et des roses blanches. Derrière, un parterre de rhubarbe.
Iolanta, la fille du roi René, est aveugle de naissance. Son père a interdit qu’on lui révèle son infirmité, mais Robert, le duc de Bourgogne, qui s’était perdu lors d’une chasse avec un ami sur son palefroi pommelé voit Iolanta et tombe amoureux d’elle. Un médecin maure prétend que pour la libérer de cette infirmité, il faut d’abord qu’on la lui révèle, ce que le roi René interdit. Finalement l’opération réussit et Iolanta et Robert tombent dans les bras l’un de l’autre.
Cliquez sur le médecin maure
Acte II : La scène se passe dans les tréfonds d’une psyché humaine. La Paresse et la Jalousie se disputent pour savoir qui est le meilleur défaut. Elles s’agonisent d’injures.
– Dame Paresse : Espèce de paltoquet, tu me fatigues avec ton éternelle jalousie !
– Dame Jalousie : Saperlipopette, j’aimerais comme toi ne jamais rien faire, mais il n’y a rien à faire, l’humain fait toujours appel à mes services.
Et la valse des jurons de continuer ad libitum…
Cliquez sur la ronde des jurons
Acte III : Dans son cabinet de travail, Schiller réfléchit à la notion de liberté, et notamment de la liberté des peuples. Comment mesurer l’écart entre une servitude volontaire et la liberté, ou comme dirait Carnets Paresseux, d’ici à là, y a quoi, tu crois ? Juste assez, ou presque. Il ne sait pas encore, Schiller, l’écho qu’auront ses réflexions sur Dame Liberté auprès des compositeurs, de Beethoven qui avait fait sienne cette devise « toujours aimer la liberté » à Rossini qui portera à l’opéra son héros Guillaume Tell, délivrant la Suisse du joug autrichien. Beethoven s’y prendra à deux fois pour mettre en musique l’Ode à la Joie. Une première fois dans sa Fantaisie chorale pour piano, chœur et orchestre, et une deuxième fois dans le final de sa 9e Symphonie.
Cliquez sur la fantaisie chorale
Cliquez sur l’image
Acte IV : Le spectacle se recentre sur les aventures musicales de Lili Berté. Outre Guillaume Tell déjà mentionné, Beethoven nous a offert dans son opéra Fidelio, ou l’amour conjugal cet extraordinaire chœur des prisonniers retrouvant la lumière.
Quant à mon copain Auber, il signera sans le vouloir le départ de la révolution belge qui aboutira au départ de l’occupant autrichien et la création du Royaume de Belgique, à l’issue d’une représentation de la Muette de Portici et de l’air « Amour sacré de la Patrie ».
Cliquez sur la révolution belge
Et Verdi, nationaliste dont le nom était devenu l’acronyme de Victor Emmanuel Roi D‘Italie, nous donnera dans Nabucco le fameux chœur des Hébreux, visant à la liberté du peuple juif prisonnier des Babyloniens.
Marie-Félicie Clémence de Grandval naît au château de la Cour du Bois, dans la Sarthe, le 21 janvier 1828. Son père était le baron de Reiset. Elle étudie la musique dès l’enfance et aurait commencé la composition à l’âge de 10 ans. Elle a comme professeurs von Flotow, l’auteur de l’opéra Martha, très célèbre à son époque, et Chopin pour le piano.
En 1851, Clémence de Reiset se marie avec le vicomte Amable de Grandval, avec qui ils auront deux filles, Thérèse et Isabelle. Après Flotow, elle étudie la composition auprès de Camille Saint-Saëns qui lui dédicacera son Oratorio de Noël en 1858.
Bonne pianiste, Clémence se consacre à de la musique de chambre.
Cliquez sur l’image
Cantatrice, elle écrit de nombreuses mélodies qu’elle interprète elle-même en concert.
Cliquez sur l’image
Dans le domaine lyrique, Clémence de Grandval doit user de pseudonymes pour le Sou de Lise (1860) signé Caroline Blangy ou les fiancés de Rosa (1863) signé Clémence Valgrand (elle signera aussi Maria-Felicita de Reiset, italianisant ainsi son nom de jeune fille). En 1864, on joue l’opéra la Comtesse Eva à Baden-Baden. Son grand œuvre est l’opéra Mazeppa créé en 1892 à Bordeaux et repris à Bordeaux et Paris l’année suivante.
Cliquez sur l’image
En 1868, elle écrit Jeanne d’Arc, une pièce pour contralto ou baryton.
Clémence écrit de la musique sacrée : une Messe (1867), un Stabat Mater (1870) et des oratorios,
Cliquez sur l’image
mais aussi de la musique symphonique : la Forêt (1874) ou un Concerto pour hautbois (1878).
En 1871, elle fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique à côté notamment de Saint-Saëns, Franck, Fauré et Duparc. Cette société s’était donné pour but de faire jouer la musique française, en réaction à la prévalence de la musique germanique.
En 1880, Clémence de Grandval est la première lauréate du prix Rossini pour son oratorio la Fille de Jaïre.
Clémence de Grandval meurt à Paris le 15 janvier 1907, à l’âge de 79 ans.
(Source principale : le portrait du portail « Présence compositrices » et la vidéo associée :
Médée est une tragédie lyrique de Marc-Antoine Charpentier, sur un livret de Thomas Corneille (le frère de l’autre). Elle a été créée le 4 décembre 1693 à l’Académie royale de musique, mais les libertés que Charpentier s’est données par rapport aux normes définies par Lully ont choqué un certain nombre de puristes, qui l’ont fait chuter.
Chaque acte met en lumière un des protagonistes, Jason pour l’acte I, Créuse pour l’acte II, Médée pour l’acte III et Créon pour l’acte IV. (Il n’y a pratiquement plus de vivants à l’acte V.)
Le pitch : Médée, petite fille d’Hélios, s’éprend de Jason, parti à la conquête de la Toison d’or. Grande magicienne, elle aide Jason dans sa quête, puis prend la fuite avec lui. Arrivés à Corinthe, Jason s’éprend de Créuse, la fille du roi Créon. Jalouse, Médée fait périr Créuse, avant de tuer les deux fils issus de son union avec Jason.
Avant l’histoire : Jason, à la recherche de la Toison d’or, est arrivé en Colchide. Médée, la princesse de Colchide, tombe amoureuse de Jason et, à l’aide de sa magie, l’aide dans sa quête. Pour cela, elle tue Pélias, qui avait usurpé le trône d’Eson (le père de Jason) et avait imposé à Jason sa quête de la Toison d’or dans l’espoir de le faire mourir. Médée et Jason sont bannis par Acaste, le fils de Pélias et doivent prendre la fuite avec leurs deux enfants. Ils arrivent à Corinthe, le royaume de Créon.
Prologue : À la gloire de Loulou XIV, comme il était d’usage à l’époque pour s’attirer les grâces du roi.
Acte I : Médée confie à Nérine, sa suivante, les soupçons qu’elle éprouve à propos de l’amour de Jason. Elle rappelle ce qu’elle a fait pour aider Jason dans sa quête et que, pour ces méfaits, elle doit fuir toujours.
Cliquez sur l’image
Jason entre et assure Médée que leurs enfants sont en sécurité à Corinthe. La princesse Créuse s’occupera d’eux. Il ajoute qu’il compte se servir de l’influence que Créuse a sur son père Créon pour qu’il leur assure sa protection. Jason demande à Médée d’offrir à Créuse une robe somptueuse, pour achever d’obtenir son aide. Médée accepte, mais répand un poison sur la robe.
Médée sortie, Jason avoue à son confident Arcas qu’il aime Créuse. (Air : « Que je serais heureux si j’étais moins aimé ».) Arcas lui conseille d’être très prudent, car Médée est une redoutable magicienne. Air de Jason : « Que me peut demander la gloire ? »
Créuse est promise à Oronte, prince d’Argos dont les armées seront nécessaires à Créon dans son combat contre Acaste, le fils de Pélias. Mais Créon promet à Jason la main de sa fille une fois la guerre gagnée. Oronte et son armée arrivent à la cour de Corinthe et font allégeance à Créon. À la fin de l’acte, les Corinthiens célèbrent l’union de Vénus et de Mars. (Chœur : « Courez au Champ de Mars, volez, jeune héros ».)
Acte II : Créon annonce à Médée que le peuple gronde contre sa présence à Corinthe et lui demande de partir. Médée répond qu’elle est prête à partir avec Jason, mais Créon lui dit que Jason doit rester, car il permettra la victoire. (Duo : « S’il m’ose abandonner/s’il m’ose abandonner ».) Médée confie ses enfants à la princesse Créuse et sort.
Créon confie à Créuse que la voix est libre pour Jason. Créuse et Jason s’avouent leur amour (duo : « goûtons l’heureux plaisir »), mais leur duo est interrompu par Oronte, qui a préparé un divertissement prouvant son amour sincère pour Créuse. (Chœur : « Qu’elle est charmante, qu’elle est belle » et air (en italien « Chi t’eme d’amore ».)
Cliquez sur l’Amour
Acte III : Oronte demande à Médée de favoriser son mariage avec Créuse. Médée lui confie alors ses doutes sur Jason et Créuse. Ils décident de s’entraider (Duo : « Qui aurait cru, que tant d’ingratitude ».)
Jason vient faire ses adieux à Médée. Elle le supplie de ne pas la laisser seule, mais Jason lui répond que pour le bien de leurs enfants et les nécessités de la guerre, il doit rester à Corinthe. Devant les serments de Jason, Médée veut encore y croire (Air : « Quel prix de mon amour, quel fruit de mes forfaits »),
Cliquez sur Médée
mais quand Néride lui dévoile la trahison de son amant, sa colère et son désir de vengeance augmentent. (Air : « C’en est fait, on m’y force ».) Elle invoque alors les divinités infernales (Air : Noires filles du Styx ».)
Cliquez sur l’image
L’acte se termine par un ensemble réunissant la Jalousie, la Vengeance et les démons (Ensemble : « Naissez, monstres, naissez. »)
Acte IV : Médée a offert une robe magnifique à Créuse. Jason et Cléone, la confidente de Créuse l’admirent. (Air : « Ah ! Que d’attraits ! ».)
Cliquez sur Jason et Créuse
Mais Oronte arrive et Créuse sort, alimentant les soupçons d’Oronte, qui se met en colère. Médée l’assure alors que Créuse ne sera jamais la femme de Jason. Toutefois, il lui reste un peu de remords (Air : « D’où me vient cette horreur ».)
Cliquez sur Médée
Créon vient prier Médée de partir. Celle-ci accepte, à condition que Créuse soit mariée à Oronte. Devant tant d’insolence, Créon ordonne à ses gardes de se saisir de Médée, mais la magicienne les désarme. Médée plaint Créon qui se croyait si puissant et est si démuni. Elle invoque des fantômes (Air et chœur : « Objets agréables, fantômes aimables ».)
Cliquez sur Médée
Créon devenu fou prend la fuite (Air : « Noires divinités, que voulez-vous de moi ».)
Cliquez sur Créon
Acte V : Nérine rapporte à Médée que Créon est en plein délire. Médée répond que tout dans sa vengeance vise à atteindre Jason. Elle est prête à sacrifier ses fils pour le faire souffrir.
Créuse supplie Médée de libérer son père de son enchantement. Médée accepte à la condition que Créuse se marie avec Oronte. Terrifiée, celle-ci accepte de quitter Jason pour sauver Créon.
Cliquez sur Créuse agonisant
Bouleversé, jason cherche à punir Médée. Mais Médée arrive sur un char tiré par des dragons ailés qu’Hélios a mis à sa disposition. Elle présente à Jason les corps sans vie de leurs enfants. Médée déclare sa vengeance accomplie et part. Le palais est détruit.
(Sources principales : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, éditions Fayard, 1992, et la production de l’Opéra de Paris en 2024, avec le programme associé).
En ce 1er mai, jour de la fête internationale du travail, j’ai choisi pour mon poème mensuel Temps perdu de Jacques Prévert, où on voit un ouvrier interpellé par le soleil s’arrêter à la porte de l’usine.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Devant la porte de l’usine le travailleur soudain s’arrête
Cliquez sur l’ouvrier arrêté
le beau temps l’a tiré par la veste et comme il se retourne et regarde le soleil tout rouge tout rond
Cliquez sur le soleil tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb il cligne de l’œil familièrement Dis donc camarade Soleil
Cliquez sur l’image
tu ne trouves pas que c’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron ?
Cliquez sur Nemorino
Citations musicales :
Devant la porte de l’usine : Dans son ballet le Pas d’acier écrit en 1925 pour les ballets russes de Diaghilev, Prokofiev nous offre ce tableau « l’Usine ».
Le soleil tout rouge tout rond : Dans le tableau « les Incas du Pérou » des Indes galantes, Rameau nous offre ce « Brillant soleil ».
Camarade soleil : Dans son Hymne au soleil (An die Sonne), Schubert interpelle familièrement son camarade soleil.
C’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron : Au début de L’Élixir d’amour de Donizetti, les ouvriers des champs se reposent pendant l’heure du midi et son soleil accablant. Nemorino, qui est secrètement amoureux de sa patronne en profite pour chanter l’air « Quanto e bella, quanto e cara ».
Et si vous aimez les bonus surprises, en voici un :
Cliquez donc sur le bonus surprise si vous aimez ça !