(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos,
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Il m’amuse d’élire avec le seul génie Une ruine, par mille écumes bénie Sous l’hyacinthe, au loin, de ses jours triomphaux.
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Coure le froid avec ses silences de faulx, Je n’y hululerai pas de vide nénie
Cliquez sur la déploraison funèbre
Si ce très blanc ébat au ras du sol dénie À tout site l’honneur du paysage faux.
Ma faim qui d’aucuns fruits ici ne se régale Trouve dans leur docte manque une saveur égale : Qu’un éclate de chair humain et parfumant !
Le pied sur quelque guivre où notre amour tisonne, Je pense plus longtemps peut-être éperdument À l’autre, au sein brûlé d’une antique amazone.
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Citations musicales :
Paphos : Rameau Pygmalion « Ouverture ». Paphos était un des deux enfants que Pygmalion avait eu avec sa sculpture, dont il était tombé amoureux.
L’hyacinte : Duparc, L’Invitation au voyage, mise en musique du poème de Baudelaire.
Vide nénie : Monteverdi Le couronnement de Poppée, « Non morir, Seneca » (la nénie est un chant funèbre de l’Antiquité)
Un éclate de chair humain : AboulkerDouce et Barbe-bleue. Qui d’autre que l’ogre Barbe-Bleue pour apprécier cette chair humaine et parfumée ?
Amazone : Rameau Hippolyte et Aricie, Duo Phèdre et Hippolyte « Ma fureur va tout entreprendre ». (Hippolyte était le fils de Théseé et d’une amazone).
Et si vous voulez lire ce poème sans être encombré par mes élucubrations musicales :
Francesco Maria Piave est né le 18 mai 1810 à Murano, où son père possédait une verrerie.
Il part à Pesaro (la ville de Rossini) puis à Rome, et après des études au séminaire fréquente les milieux littéraires. En 1838, il revient à Venise où il travaille chez un éditeur.
Comme Verdi, Piave s’engage pour le Risorgimento, ce mouvement qui aboutira à l’unité italienne.
Piave n’a pas écrit que pour Verdi. Pour Mercadante, il écrit La schiava saracena, ovvero Il campo di Gerosolima (1848).
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Pour Pacini, il écrit les livrets de Il Duca d’Alba (1842), Lorenzino de Medici (1845), d’après Alexandre Dumas père, Allan Cameron (1848), La Donna delle isole (1853) et Don Diego di Mendoza (1867) toujours d’après Alexandre Dumas père.
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Pour Ricci, il écrit les livrets de Estella di Murcia (1846) et Griselda (1847).
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Piave a également écrit un livret pour le compositeur irlandais Balfe, Pittore e Duca (1856).
En 1870, il est pressenti pour écrire le livret d’Aïda, mais une attaque cérébrale, qui le laissera très affaibli, l’en empêche.
Francesco Piave meurt à Milan le 5 mars 1876, à l’âge de 65 ans. Après sa mort, Verdi soutiendra sa veuve financièrement.
Après une relecture en musique des aventures d’Astérix le Gaulois, il m’a paru intéressant de me pencher sur le cas des albums de Lucky Luke.
Le personnage de Lucky Luke a été créé par le Belge Morris (Maurice de Bévère), en 1946 dans le journal de Spirou. Lors d’un voyage aux États-Unis, Morris rencontre le scénariste René Goscinny, et très vite une collaboration fructueuse commence entre les deux hommes.
En lisant les aventures de Lucky Luke, on peut parfois tomber sur des références musicales.
Ainsi, dans l’album 7 : L’Élixir du docteur Doxey. Dans cet album, Lucky Luke chante à son cheval Jolly Jumper sa chanson préférée : « La mort du Cow Boy (Ne m’enterrez pas dans la prairie) ».
Cliquez sur la Mort du Cow Boy
Et bien entendu, entre le charlatan de L’Élixir d’amour de Donizetti et le charlatan de Lucky Luke, on ne peut s’empêcher de trouver quelques similitudes.
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C’est dans l’album 8, Lucky Luke contre Phil Defer, que débute la citation de la Marche funèbre quand un duel à mort se prépare ! On retrouvera cette citation de nombreuses fois dans les autres albums.
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Dans les Collines noires (#21), un des scientifiques que Lucky Luke doit escorter dans le Wyoming sème des petits cailloux, comme dans le conte de Charles Perrault, le Petit Poucet.
Dans l’album 22, Les Daltons dans le blizzard, on trouve une citation de Old Man River, un air de la comédie musicale Showboat, de Kern et Hammerstein.
Cliquez sur le vieil homme de la rivière
#23 Les Dalton courent toujours, Averell casse des cailloux en chantant « Siffler en travaillant » ! (on réentendra souvent cette chanson dans la suite des aventures de Lucky Luke.
Comment lire l’album 24, La Caravane, sans penser à Swing low, sweet chariot, et donc à la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak ?
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L’album 29, En remontant le Mississippi, peut nous faire penser à Porgy and Bess, de Gershwin.
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Dans Dalton City, Averell n’arrête pas de fredonner « Tagada tagada », ce qui a le don d’agacer fortement Joe Dalton. C’est évidemment une référence à la chanson de Joe Dassin « les Dalton », elle-même inspirée par les aventures de Lucky Luke.
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Dans Western Circus, la cavalerie arrive en retard, comme les carabiniers dans l’opérette d’Offenbachles Brigands.
Cliquez sur les carabiniers
Dans Jesse James, le cousin de Jesse émaille ses propos de citations de Shakespeare (« Voilà qui est parfait » Roméo et Juliette, Acte II scène IV, ou « Eh : c’est bien » Hamlet, Acte IV Scène III, ou encore « Bon ! » Othello, Acte II scène I). « Oui, Oui » Richard III, Acte I, scène IV. « Être ou ne pas être (capturés), là est la question« .
Cliquez sur Hamlet
Des détectives de l’agence Pinkerton sont chargés d’arrêter les frères James, Pinkerton est le nom du héros de Madame Butterflyde Puccini.
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Dans l’album Chasseur de primes, on trouve un « parisian Cancan » chanté et dansé par les p’tites femmes du saloon évoquant La vie parisienne d’Offenbach.
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L’album le Grand-duc me fait irrésistiblement penser à l’opérette de Lehar le Tsarévitch.
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Dans le Cavalier blanc, on trouve encore Roméo et Juliette et Hamlet de Shakespeare.
Ce mois-ci, l’Agenda Ironique a été imprudemment confié à tout l’opéra (ou presque) (c’est moi). Le thème en est « Les Chansons de l’échanson« , et il y est question de chansons.
En contrainte supplémentaire, il faut utiliser des mots tels qu’échanson, vistemboir, saxifrage et sigillographie, ainsi que l’expression « le diable est dans les beffrois ».
En découvrant ces contraintes biscornues, je me suis aussitôt mis à mon grattage occiputal, tentant ainsi de faire germer une ou plusieurs idées. Comme en ce moment la mort de l’acteur Alain Delon a remis ce monsieur a l’honneur, il m’est revenu qu’Alain n’était pas seulement acteur, mais qu’il avait également formé un duo avec le chanteur Serge Lama. Une partie du programme Lama-Delon était composée de chansons à boire, dite encore chansons de l’échanson. Je vous propose ici une version de leur succès Lama-Delon Viens nous servir à boire. (P.S. je dois cet excellent jeu de mots à Gotlib, qui en avait fait la base d’une des ses fables express).
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Saviez-vous que le saxophone avait été inventé par Adolphe Sax ? Ses premiers essais étaient fabriqués en verre, car il cherchait la sonorité de l’harmonica de verre (glass harmonica).
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Hélas, les prototypes de ces sax si fragiles cassaient les uns après les autres, et notre bon Adolphe dut se résoudre à employer un matériau plus solide, le cuivre. La première apparition d’un saxophone (en cuivre) dans un orchestre d’opéra a été dans Hamlet, d’Ambroise Thomas. On l’entend en particulier dans l’acte II, après une chanson à boire (décidément) « Ô vin, dissipe la tristesse », quand Hamlet accuse son père et sa belle-mère d’avoir tué sa mère.
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Pour le vistemboir, il s’agit bien évidemment de l’objet inconnu de la nouvelle Le Machin, (1955) de Jacques Perret. Dans ce recueil de nouvelles, Perret nous invite à voir « une petite suite pour mirliton, violoncelle et timbale ».
Le Diable dans le beffroi est un conte d’Edgar Allan Poe paru dans les Nouvelles histoires extraordinaires. Il raconte l’irruption d’un étranger dans la vie bien réglée des habitants d’une petite ville. Cet étranger, qui joue du violon, introduit un jour un treizième coup de midi, qui terrifiera la ville. Debussy a commencé un opéra sur ce sujet, alors que Gérard Pesson en a fait un des ces Trois contes.
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Le personnage de la Castafiore apparaît pour la première fois dans l’album Le Sceptre d’Ottokar d’Hergé. Dans ce même album apparaît un curieux personnage, le professeur Halambique (décidément…), spécialiste en sigillographie. C’est avec lui que Tintin partira en Syldavie, à la recherche du fameux sceptre, et qu’il fera connaissance du rossignol milanais.
Cliquez sur le rossignol milanais
Et si vous voulez plus de chansons à boire, cliquez donc ici.
Après Marine, de Paul Verlaine, le poème « mis en musique » de ce mois est Mignonne, allons voir si la rose (1545) extrait de l’Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard.
(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Mignonne, allons voir si la rose
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Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée
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Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ses beautez laissé cheoir ! Ô vrayment marastre Nature, Puis qu’une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir !
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Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
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Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté.
Eugène Ionesco est né le 26 novembre 1909 en Roumanie. Son père est licencié en droit et sa mère est la fille d’un ingénieur français travaillant aux chemins de fer roumains.
En 1911, la famille s’installe à Paris. En 1916, quand l’Allemagne entre en guerre contre la Roumanie, Eugène Ionesco père rentre à Bucarest, laissant sa femme et ses deux enfants à Paris. À Bucarest, le père entame une procédure de divorce au titre que sa femme aurait quitté le domicile conjugal ! Eugène Ionesco junior supporte mal cette situation, Thérèse et ses enfants vivant pauvrement chez la mère de celle-ci.
En 1922, le jeune Eugène rejoint son père à Bucarest. Il ne supporte ni l’autorité de son père ni le caractère de sa marâtre. En 1926, il part habiter chez sa mère. Au lycée, il découvre la poésie de Tzara, ainsi que les surréalistes français, Breton, Soupault, Aragon et Crevel.
En 1929, bac en poche, Eugène s’inscrit à la faculté de lettres, contre l’avis de son père qui veut en faire un ingénieur. Il commence à écrire et publier des poèmes. De 1929 à 1935, il a une importante activité de poète et de critique dans divers journaux roumains.
En 1936, Eugène épouse Rodica Burileanu, une amie qu’il avait rencontrée à l’université.
En 1938, Ionesco obtient une bourse d’études en France. En août 1940, il retourne en Roumanie où il occupe un poste d’enseignant. En 1942, le couple Ionesco revient en France et s’installe à Marseille. Fin 1944, ils ont une fille, Marie-France. En 1945, ils s’installent à Paris et Ionesco retrouve son ami Mircea Eliade qu’il avait connu quelques années auparavant à Bucarest.
En 1948, Eugène Ionesco traduit en français une pièce écrite en 1942 et en roumain. C’est la Cantatrice chauve ! La Cantatrice chauve est créée le 11 mai 1950, sans grand succès critique, mais attire l’attention des surréalistes. 1950 est également l’année de la Leçon, de Jacques ou la soumission et des Salutations. Sa première pièce sera aussi son plus grand succès, avec des traductions dans tous les pays. La Cantatrice chauve fera l’objet d’un opéra de Luciano Chailly, créé à Vienne le 5 novembre 1986 et un de Gérard Calvi, créé en 1990 à Paris.
Cliquez sur la cacophonie finale
Début 1951, création de la Leçon. Ionesco écrit les Chaises, le Maître et l’Avenir est dans les œufs. Il entre au Collège de Pataphysique où il aura le grade de transcendant satrape, comme Raymond Queneau ou Boris Vian. L’Avenir est dans les œufs évoque le même thème nataliste que l’on trouvait dans Les Mamelles de Tiresias d’Apollinaire.
La Leçon fera en 1963 l’objet d’un ballet sur une musique de George Delerue.
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En 1952, il écrit Victimes du devoir, et la Cantatrice chauve commence son extraordinaire carrière au théâtre de la Huchette. Depuis cette époque, la pièce n’a jamais quitté l’affiche et est toujours jouée tous les soirs à 18h30. Ionesco écrit aussi une pièce radiophonique pour le club d’essai de la radio animé par Jean Tardieu, Le Salon de l’automobile.
En 1954, les éditions Gallimard publient le Théâtre I. Création de Amédée ou comment s’en débarrasser, une pièce écrite l’année précédente. Ionesco reçoit à Honfleur le « prix séculaire d’horticuture allaisienne ». En 1955, Ionesco écrit l’Impromptu de l’Alma alors que l’on crée la pièce Jacques ou la soumission.
En 1957, on crée une pièce dont le texte est perdu : l’Impromptu pour la duchesse de Windsor. La musique est signée Pierre Boulez. En 1958, Ionesco écrit Rhinocéros qui sera créé l’année suivante en Allemagne et en France et en Angleterre en 1960. Il écrit l’argument d’un ballet, Apprendre à marcher, sur une musique de Malec.
Rhinocéros fera l’objet d’une adaptation musicale en 1990 sous le titre Born again, avec une musique de Jason Carr.
En 1962, Ionesco écrit Le Roi se meurt ainsi que Le Piéton de l’air. Le Roi se meurt sera porté à l’opéra par Sutermeister en 1985, sous le titre Le Roi Bérenger alors que Le Piéton de l’air sera créé en France avec une musique de Delerue.
En 1964, Ionesco écrit à la demande d’une université américaine les Exercices de conversation et de diction françaises pour étudiants américains. Ces exercices feront l’objet d’un opéra-bouffe de Gérard Calvi en 1975. En 1983, Isabelle Aboulker en fera également une adaptation lyrique.
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1964 est aussi l’année de la version opéra de la Photo du colonel, musique et livret de Humphrey Searle, pièce créée le 30 décembre à Düsseldorf.
En 1965, la télévision danoise crée le ballet le Jeune Homme à marier de Per Nørgård.
En 1970, Eugène Ionesco est élu à l’Académie française. Il publie des contes pour enfants. En 1972, il écrit Macbett et en 1975 L’Homme aux valises et Ce formidable bordel.
En 1971, le Danois Thomas Koppel écrit un ballet sur Le Triomphe de la mort.
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Sur la fin de sa vie, Ionesco écrit moins, mais est honoré partout dans le monde. Il se consacre à la peinture.
En 1988, il écrit le livret de Maximilien Kolbe, un opéra sur une musique de Dominique Probst. Cet opéra est créé le 20 août à Rimini.
En 1993, Isabelle Aboulker écrit La Lacune d’après une de ses pièces.
Eugène Ionesco meurt le 28 mars 1994 à Paris, à l’âge de 84 ans.
(Source principale : Eugène Ionesco, theâtre complet, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1990.)
Le « poème mis en musique » de ce mois est un poème de Paul Verlaine, Marine.
(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Le « poème mis en musique » de ce mois est un poème de Louise Labé, dite « la Belle Cordière », née avant 1524 et morte en 1566.
(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Ô beaux yeux bruns, ô regards destournez,
Ô chaus soupirs, ô larmes espandues,
Cliquez sur la larme furtive de Roberto
Ô noires nuits vainement atendues,
Ô jours luisans vainement retournez :
Cliquez sur le jour luisant cédant la place à la noire nuit
Jean Racine naît le 22 décembre 1639, à La Ferté-Milon. Il est issu d’une famille de « contrôleurs du petit grenier à sel » de La Ferté-Millon sur plusieurs générations.
Sa mère meurt alors qu’il était âgé d’un an, et son père deux ans plus tard. Jean Racine est alors élevé, avec sa sœur, par son grand-père.
On l’envoie à Beauvais apprendre le latin. Il sort du collège en 1655 et on l’envoie à Port-Royal, où il reste trois ans avant de partir à Paris pour faire sa philosophie.
En 1661, Racine se rend à Uzès auprès d’un de ses oncles jouissant d’un bénéfice ecclésiastique. Il se destine alors à la prêtrise pour recevoir ce bénéfice de la part de son oncle, mais ne va pas jusqu’au bout de la démarche et revient à Paris en 1663.
En 1664, il fréquente Molière. La première pièce de Racine, la Thébaïde, est jouée par la troupe de Molière après l’interdiction du Tartuffe par Loulou XIV. Le sujet de la Thébaïde est tiré de l’Antigone de Sophocle.
En 1665, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à Lefroid de Méreaux en 1783. Cet Alexandre le Grand sera la cause de la brouille entre Molière et Racine, pour une question de partage des droits d’auteur.
Dès lors et pendant quelques années, Racine enchaînera les tragédies, qui sont toutes entrées dans le répertoire classique. Andromaque (1667) a inspiré à Grétry un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à Rossini son Ermione en 1819. Saint-Saëns a écrit une musique de scène pour Andromaque en 1903.
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En 1668, Racine écrit sa seule comédie, les Plaideurs. En 1669, c’est Britannicus, pièce pour laquelle André Jolivet a écrit une musique de scène en 1946.
En 1670, c’est Bérénice. La Clémence de Titus de Mozart, dont le livret est une adaptation de celui écrit par Métastase, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).
En 1672, Racine écrit Bajazet, et en 1673 Mithridate, dont Mozart encore s’est inspiré pour son Mithridate, Roi du Pont.
Fin 1672, Racine est nommé à l’Académie française.
En 1674, il écrit Iphigénie dont Gluck s’inspirera pour son Iphigénie en Aulide.
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Encore un chef-d’œuvre en 1677 avec Phèdre, pièce pour laquelle Racine s’est inspiré d’Euripide avec son Hippolyte. Phèdre a inspiré Rameau pour son opéra Hippolyte et Aricie (1733). En 1786, c’est Jean-Baptiste Moyne qui écrit la tragédie lyrique Phèdre et deux siècles plus tard, Britten écrira la cantate Phaedra.
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En 1677, Racine abandonne l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV. Il se réconcilie avec ces Messieurs de Port-Royal, et abandonne sa maîtresse pour épouser Catherine de Romanet, issue comme lui de la bourgeoisie. Ils auront sept enfants. Parmi ses charges d’historiographe, il y avait l’écriture des hauts faits du roi sous les médailles représentant ses hauts faits. Ainsi en 1683, il entre avec son ami Boileau à l’Académie royale des inscriptions et médailles (aujourd’hui Académie des inscriptions et belles lettres.)
En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :
Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de Moreau. Haendel en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par Gossec un siècle plus tard, puis par Boïeldieu en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et Mendelssohn a également composé une musique de scène pour Athalie, et Boris Yoffe un opéra en 2006.
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En 1694, il écrit, toujours à la demande de Madame de Maintenon, quatre Cantiques spirituels, dont trois furent mis en musique par Jean-Baptiste Moreau, Michel-Richard de Lalande, Pascal Colasse et Jean-Noël Marchand. Plus tard, c’est Fauré qui écrit son Cantique de Jean RACINE (1865), si agréable à chanter (et à écouter).
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Ce cantique a également été mis en musique par Mel Bonis.
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Pascal Colasse (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La Fontaine et de Rousseau) a mis en musique les Cantiques spirituels.
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Jean Racine meurt le 21 avril 1699 à Paris, à l’âge de 59 ans.
(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992.)
Le poème de ce mois sera un sonnet de jeunesse de Jean Racine, sonnet auquel l’auteur était attaché, nonobstant le fait qu’il ait été jugé peu convenable par les penseurs de Port-Royal.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Il est temps que la nuit termine sa carrière :
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Un astre tout nouveau vient de naître en ces lieux ;