Bande dessinée, littérature, Mythologie

EN RELISANT LES AVENTURES D’ASTÉRIX LE GAULOIS

Qu’elle est dure, la vie de blogueur ! Après avoir relu tous les albums des aventures de Tintin, de HERGÉ, et ceux de Blake et Mortimer, de JACOBS, ce sont les aventures d’Astérix le Gaulois que je viens de relire, en y cherchant les citations musicales que GOSCINNY et UDERZO ont pu glisser. En fait, elles sont moins nombreuses que ce que j’attendais, mais il y a quand même quelques évocations musicales, sans même parler du barde Assurancetourix, dont le répertoire est plus proche de notre chanson musicale populaire.

Dans Astérix gladiateur, justement, Assurancetourix entonne dans l’arène de Rome « Salut, o mon dernier latin », référence directe au « Salut, o mon dernier matin » du Faust de GOUNOD.

Astérix Salut o mon dernier latinCliquez sur Assurancetourix

Dans le Tour de Gaule d’Astérix, quand nos héros passent à Massiglia, ils rencontrent César Labeldecadix.

César LabeldecadixCliquez sur César Labeldecadix

Je n’ai pas trouvé de citation musicale directe dans Astérix et Cléopâtre, mais comment ne pas penser à Jules César en Égypte, de HAENDEL ?

Astérix, César et CléopatreCliquez sur Cléopâtre et César (Jules)

Dans La Zizanie, on trouve un sénateur nommé Stradivarius, qui parle « de sa voix bien modulée habituée à faire vibrer les foules ».

Astérix et StradivariusCliquez sur le sénateur Stradivarius

Dans Astérix en Helvétie, les auteurs font un clin d’œil à la légende de Guillaume Tell.

Astérix et Guillaume TellCliquez sur le petit garçon à la pomme sur la tête

Dans Astérix en Corse, le chef corse s’appelle Ocatarinabellatchitchix, alors que d’autres s’appellent Symphonix ou Violoncellix.

Astérix et OcatarinetabellatchixtchixCliquez sur les chefs corses

Dans Astérix en Hispanie, on voit passer Don Quichotte et Sancho Pança.

Astérix et Don QuichotteCliquez sur l’image

Dans la grande Traversée, une femme s’appelle Gudrun, et on trouve des allusions à la petite sirène et à Hamlet (il y a quelque chose de pourri dans mon royaume).

Astérix et HamletCliquez sur l’image

Dans Astérix chez les Belges, le légat s’appelle Wolfgangamadeus et un légionnaire SaintLouisblus !

Astérix et WolfgangamadeuxCliquez sur l’image

Dans Astérix et la Traviata (ça ne s’invente pas), il y a un romain qui s’appelle Romeomontaigus.

astérix et la traviataCliquez sur l’alboum

On retrouve la légende de Roméo et Juliette dans le grand Fossé, alors que l’héroïne nommée Fanzine menace de se faire vestale !

Astérix et la VestaleCliquez sur Fanzine

Enfin dans l’Odyssée d’Astérix, les légionnaires de César chantent « Pour faire un brave légionnaire », transposition directe de l’air « Pour faire un bon mousquetaire », extrait des Mousquetaires au couvent.

Les Mousquetaires au couvent Pour faire un brave mousquetaireCliquez sur l’image

(P.S. toutes les illustrations extraites des albums sont sous copyright Dargaud ou les éditions Albert René.)

Et si vous voulez relire les aventures de Lucky Luke en musique, c’est ici.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE NUAGE », de MALLARMÉ

Après En envoyant un pot de fleurs de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Nuage, un autre poème de jeunesse datant de 1859.

Nuage es-tu l’écume

De l’océan céleste au flot limpide et pur ?

Es-tu la blanche plume

Que détacha la brise, en traversant l’azur,

De l’aile d’un des anges ?

Berlioz les Nuits d'été 6 - l'île inconnueCliquez sur l’image

Es-tu, quand nos louanges,

Volent avec l’encens aux pieds d’Adonaï

Bernstein Chichester Psalms Adonaï ro-iCliquez sur le garçon soprano

Le parfum que balance

Dans l’urne en feu, l’enfant devant la croix ravi?

Du ciel ou de la France

As-tu pris ton essor ?

As-tu vu bien des flots, mainte verte prairie ?

As-tu bercé ton ombre au marbre blanc où dort

Du grand sommeil Marie,

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur le tombeau sombre et silenci-eux

Où la brise aux cyprès murmure un chant de mort ?

« Oh : silence, silence !  » alors dit le nuage :

« Je suis l’envoyé du Seigneur.

Poulenc Salve ReginaCliquez sur l’image

Je porte sur mon sein un blond enfant, de l’âge

Où l’on ne sait pas que l’on meurt.

Je le pris : il dormait sur le sein de sa mère :

L’aile d’un ange est son suaire ! »

Citations :

De l’aile d’un des anges : BERLIOZ Les Nuits d’été, l’île inconnue.

Au marbre blanc où dort : GOUNOD Roméo et Juliette, Salut, tombeau sombre et silencieux

Adonaï : BERNSTEIN, Chichester Psalms, Adonaï ro-i.

L‘envoyé du Seigneur : POULENC Salve Regina.

littérature, Théâtre

Carlo GOLDONI (1707 – 1793)

image Goldoni

Carlo Goldoni est un dramaturge né à Venise le 25 février 1707. Il s’initie très tôt aux joies du théâtre en jouant aux marionnettes. C’est ainsi qu’il écrit sa première « pièce » à l’âge de 8 ans pour son théâtre de marionnettes.

Son père médecin aurait voulu qu’il suive sa voie, mais le jeune Carlo fugue pour suivre une troupe de comédiens. Il revient toutefois assez vite à Venise. Un de ses oncles le convainc alors de suivre des études de droit, ce qu’il fait à Pavie, puis à Modène. Il revient à Venise pour exercer son métier d’avocat.

Assez vite, il met de côté cette carrière pour pouvoir écrire des pièces de théâtre. Après plusieurs tragédies qui n’ont pas connu le succès, il se lance dans la comédie, sous l’influence de MOLIÈRE et de la commedia dell’arte.

Ainsi en 1735, il écrit à Venise la tragi-comédie Don Giovanni Tenorio. Toujours à Venise, il fournit le livret de deux opéras à son compatriote VIVALDI, dont Griselda en 1735.

Vivaldi Griselda Agitata da due ventiCliquez sur l’image

En 1740, il noue notamment une collaboration extrêmement fructueuse avec le compositeur GALUPPI, collaboration commencée en 1740 avec Gustave Ier, roi de Suède, Gustavo primo, re di Svezia en V.O. Ils travaillent ensemble jusqu’en 1754 avec des œuvres comme Il Mondo della Luna (1750) ou Il Filosofo di campagna, le Philosophe de campagne en V.F. (1754).

Galuppi Il filosofo di Campagna Son pien di giubiloCliquez sur l’image

Le Monde de la lune a inspiré à PICCINNI l’opéra il finto Astrologo en 1765. Mais c’est la version de Joseph HAYDN, datant de 1777 qui est de nos jours la plus connue de Il Mondo della Luna.

Haydn Il Mondo della LunaCliquez sur l’image

En 1745, il écrit Arlequin,serviteur de deux maîtres, une de ses pièces les plus connues. En 1752, il écrit un autre de ses chefs-d’œuvre, la Locandiera, qui fera l’objet d’un opéra composé par SALIERI en 1773 pour Vienne. En 1792, CHERUBINI écrira des pièces musicales pour accompagner cette œuvre au théâtre. Une autre adaptation est celle du tchèque MARTINU en 1954, sous le nom de Mirandolina.

Salieri la Locandiera (Goldoni)Cliquez sur Salieri

Martinu Mirandolina (la Locandiera)Cliquez sur l’image

En 1762, lassé des critiques incessantes dont il était victime en Italie, notamment de la part de son cadet Carlo Gozzi, il se rend à Paris pour travailler pour le Théâtre-italien. En 1765, il entre à la Cour, et il enseigne l’italien aux jeunes princesses.

En 1768, le jeune MOZART alors âgé de 12 ans écrit la Finta semplice (le faux Innocent) d’après une pièce de Goldoni.

En 1787, il fait paraître ses Mémoires pour servir à l’histoire de ma vie et celle du théâtre.

Goldoni meurt à Paris le 6 février 1793, à l’âge de 85 ans.

Il est à noter que le compositeur italien Ermanno WOLF-FERRARI (1876-1948) a écrit plusieurs opéras sur des pièces de Goldoni.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« EN ENVOYANT UN POT DE FLEURS », de MALLARMÉ

Après le Pitre châtié de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose En envoyant un pot de fleurs, un poème de jeunesse datant de 1859.

Minuit au vieux beffroi : l’ombre dort, et la lune

Debussy le Diable dans le beffroi

Se joue en l’aile noire et morne dont la nuit,

Sombre corbeau, nous voile. Au ciel l’étoile fuit.

Slatkin the RavenCliquez sur the Raven

– Mille voix du plaisir voltigent à moi : l’une

M’apporte ris, baisers, chants de délire : suit

Une fanfare où Strauss fait tournoyer la brune

Au pied leste, au sein nu, que sa jupe importune.

Strauss Concert du nouvel an Vienne 2011

Tes masques ! carnaval ! tes grelots ! joyeux bruit ! –

Schumann Carnaval de VienneCliquez sur la pianiste

Et moi, je dors d’un œil, et je vous dis, Marie,

Qu’en son vase embaumé votre fleur est ravie

voici des rosesCliquez sur l’image

D’éclore sous vos mains et tressaille au bonheur

De vivre et se faner un soir sur votre cœur !

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur l’image

– Ah ! d’une aurore au soir dût s’envoler ma vie

Comme un rêve, fleurette, oui, ton sort, je l’envie !

Fauré Après un rêveCliquez sur l’image

Citations musicales :

Minuit au vieux beffroi : Le Diable dans le beffroi est un opéra inachevé de DEBUSSY, d’après le conte d’Edgar Allan POE.

Sombre corbeau : Restons avec Poe (dont on se souvient qu’il a été traduit en français par Mallarmé). Le chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN a mis en musique le poème the Raven (le Corbeau).

Strauss : Concert du Nouvel An à Vienne 1981 : Aus der Ferne Polka Mazur, Op. 270.

Tes masques ! carnaval ! Restons à Vienne avec Robert SCHUMANN et son Carnaval de Vienne.

son vase embaumé : BERLIOZ La Damnation de Faust « Voici des roses ».

se faner un soir : Restons avec Berlioz et ses Nuits d’été dans « le Spectre de la rose ».

Comme un rêve : FAURÉ Après un rêve.

littérature, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« CHANSON D’AUTOMNE », de VERLAINE

Après Art Poétique de Paul VERLAINE, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et je mets en correspondance les images évoquées par ce poème avec des images musicales qui me viennent à l’esprit.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Chanson d’automne, un poème datant de 1866 paru dans les Poèmes saturniens.

Les sanglots longs
Des violons

De l’automne

Ravel KaddishCliquez sur l’image

Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Verdi la Traviata Addio del passato (Callas)Cliquez sur l’image

Tout suffocant
Et blême
, quand
Sonne l’heure,

Thomas Hamlet Spectre infernalCliquez sur l’image

Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Gluck Orfeo e Euridice Che faro senza EuridiceClqiuez sur l’image

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Chausson la dernière FeuilleCliquez sur l’image

Citations musicales :

Les sanglots longs des violons : Maurice RAVEL, Kaddish, pour violon et piano.

D’une langueur monotone : Giuseppe VERDI, la Traviata « Addio del Passato ».

Tout suffocant et blême : Albert THOMAS, Hamlet, scène du spectre.

Je pleure : GLUCK Orfeo ed Euridice « Che faro senza Euridice » (« J’ai perdu moin Eurydice »)

La feuille morte : Ernest CHAUSSON la dernière feuille.

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous en voulez un peu plus

Écrivains, littérature, Poésie

Pierre de RONSARD (1524-1585)

image Ronsard

Pierre de RONSARD est né en septembre 1524 dans le Vendômois. On ne connaît pas la date exacte de sa naissance. Il est considéré comme un des poètes les plus importants du XVIe siècle.

Son père, fait chevalier pour ses services pendant les guerres d’Italie (celles de François 1er) travaillait au service du Dauphin. Il essaiera d’ailleurs d’attacher son fils Pierre au service du Dauphin, puis à la mort de celui-ci à son frère Charles, duc d’Orléans. Au mariage de leur sœur Madeleine avec le roi Jacques d’Écosse, Ronsard est attaché à son service, puis après la mort de Madeleine à l’âge de 16 ans, à celui du roi Jacques, ce qui lui valut de passer 3 ans en Écosse ou à Londres.

En 1539, il revient en France et se met au service du duc d’Orléans.

À la suite d’une maladie qui le rend à moitié sourd, il arrête sa carrière diplomatique pour se consacrer aux études.

En 1547, il rencontre du BELLAY avec qui il va fonder, avec quelques autres poètes, la Pléiade qui avait pour but de surpasser les auteurs italiens (DANTE, BOCCACE, PÉTRARQUE).

En 1549, il publie quelques poèmes, mais c’est surtout avec ses Odes, à partir de 1550, qu’il commence à se fait connaître. Il est intéressant de noter que dès cette époque, Ronsard concevait sa production poétique pour être chantée.

Sa première ode à avoir été mise en musique est Ma petite Colombelle, par MURET, en 1552.

Muret ma petite colombelle (Ronsard)Cliquez sur l’image

En 1552, ce sont les Amours de Cassandre et il est nommé « prince des poètes ». Surtout, cette année-là, la parution des Amours de Pierre de Ronsard vandomoys est accompagnée d’un « supplément musical » de dix œuvres à 4 voix, signées par les meilleurs compositeurs de l’époque, comme JANEQUIN, GOUDIMEL ou CERTON. L’éditeur donne même les indications pour que des sonnets d’une même structure puissent être chantés sur la même musique que celle du poème d’origine. C’est de l’OuLiPo avant la lettre !

Ronsard Mignonne allons voir si la roseCliquez sur l’image

Goudimel Quand j'aperçois (Ronsard)Cliquez sur l’image

Le succès de ses poésies, le pousse à chercher une place de poète à la cour et il devient poète du roi Charles IX. En 1565, le roi lui offre le prieuré de Saint-Cosme. Ronsard écrit la Franciade, une fresque historique relatant l’Histoire de France.

En 1585, il publie encore les Sonnets pour Hélène, mais miné par la maladie, il finit par mourir le 25 décembre 1585 dans son prieuré de Saint-Cosme.

Dès lors, il tombera dans l’oubli pendant environ deux siècles avant qu’on ne redécouvre son œuvre.

Par exemple, le jeune WAGNER mettra en musique le fameux « Mignonne, allons voir si la rose ».

Wagner Mignonne allons voir si la rose (Ronsard)Clqiuez sur Wagner

Il sera suivi au XIXe siècle par GOUNOD, BIZET, ou GOUVY.

Le XXe siècle continuera les hommages musicaux à Ronsard, avec notamment, à l’occasion du 400e anniversaire de sa naissance, la publication d’un numéro spécial de la Revue musicale qui lui est entièrement consacré. Le 15 mai aura alors eu lieu un concert Ronsard, dont les musique étaient signées Dukas, ROUSSEL, AUBERT, CAPLET, HONEGGER, MANUEL, DELAGE et RAVEL.

Roussel Ciel, aer et vens (Ronsard)Cliquez sur l’image

Ravel Ronsard à son âme (Ronsard)Cliquez sur l’image

Plus tard, ce sera POULENC qui écrira « Cinq mélodies de Ronsard ».

Poulenc Je n'ai plus les os (Ronsard)Cliquez sur l’image

Et la mise en musique de Ronsard continue encore de nos jours…

(Sources: un texte aimablement fourni par Pascal BERGERAULT, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Tours.)

Compositrices, littérature, Théâtre

PELLÉAS ET MÉLISANDE, de MAETERLINCK (1893)

Pelléas et Mélisande (1893) est une pièce de théâtre du dramaturge et poète symboliste Maurice MAETERLINCK.

Cette histoire universelle, on a du mal à la situer ailleurs que dans un passé et un lieu difficilement identifiables, met en scène ce qui semble (é)mouvoir les humains depuis la nuit des temps : l’amour et la jalousie.

Acte I : Golaud, le maître du château, rencontre dans une forêt où il s’était perdu une jeune fille en pleurs. Cette jeune fille, qui s’appelle Mélisande, a perdu sa couronne dans une fontaine. Elle refuse que Golaud la lui retrouve et ne répond à aucune de ses questions sur son origine. Golaud emmène Mélisande et se dirige vers son château, où vit également son père, Arkel, et son demi-frère, Pelléas.

Golaud a écrit une lettre à Pelléas, il s’est marié avec Mélisande, dont il ne connaît toujours pas le passé, mais il a peur des réactions de son père. Il demande à Pelléas ce que son père pense de son mariage. Son bateau est au large du château et Pelléas doit allumer une torche si Arkel l’approuve, en quel cas Golaud rentrera au château avec Mélisande. Dans le cas contraire, il poursuivra son chemin pour ne plus jamais revenir.

Pelléas a reçu une autre lettre. Son ami Marcellus va mourir, et lui demande de venir le voir avant sa fin prochaine. Arkel lui demande de rester jusqu’au retour de Golaud.

À l’entrée du château, Pelléas accueille Mélisande.

Acte II : Pelléas et Mélisande devisent près d’une fontaine. Mélisande se penche et laisse tomber son alliance dans la fontaine.

Mélisande soigne Golaud qui a fait une chute de cheval. Elle lui déclare qu’elle ne peut plus vivre dans ce château sans lumière, qu’elle y étouffe, et qu’elle mourra si elle reste. Golaud lui prend les mains, et remarque qu’elle a perdu sa bague. Troublée, Mélisande répond qu’elle a dû la perdre le matin, en ramassant des coquillages dans une grotte qui donne sur la mer. Golaud lui dit que cette bague est très importante pour lui, et lui demande d’aller la rechercher. Mélisande a peur, mais Golaud lui demande de se faire accompagner par Pelléas.

Acte III : Pelléas et Mélisande attendent le retour de la chasse de Golaud. La nuit va tomber quand Yniold, le fils du premier mariage de Golaud, entre. Il a peur que Mélisande ne quitte le château. Golaud arrive enfin, et constate que Mélisande et Pelléas ont pleuré.

À sa fenêtre, Mélisande arrange sa chevelure pour la nuit. Elle chante. Pelléas arrive au pied de la tour. Il vient annoncer qu’il part le lendemain , et demande à Mélisande de lui tendre la main pour l’embrasser. Les cheveux de Mélisande se dénouent, se répandant sur Pelléas qui s’enroule amoureusement dedans. Survient Golaud qui les surprend dans leurs jeux.

Golaud a amené Pelléas dans les souterrains du château. Il parle de la mort qui y règne, et qui pourrait emporter Pelléas. En sortant, Golaud prévient Pelléas qu’il les a surpris dans ce qu’il appelle des jeux d’enfants, et lui demande de ne pas recommencer. Plus tard, il veut faire parler Yniold sur ce qui se passe entre Mélisande et Pelléas quand ils sont ensemble, mais Yniold répond qu’il ne se passe rien entre eux, que Mélisande ne veut pas qu’il sorte car elle a peur de se retrouver seule avec Pelléas.

Acte IV : Le père de Pelléas, qui était malade, va mieux, et exhorte Pelléas à voyager. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande dans le parc.

Le soir, Pelléas et Mélisande se retrouvent dans le parc. Pelléas avoue à Mélisande que s’il doit partir, c’est parce qu’il l’aime. Mélisande lui répond qu’elle aussi l’aime. Ils s’embrassent quand Golaud arrive. Il frappe Pelléas de son épée. Mélisande se sauve et Golaud la poursuit.

Acte V : Les servantes discutent de ce qui s’est passé pendant la nuit. On a trouvé Golaud et Mélisande devant la porte, et maintenant Mélisande se meurt.

Dans la chambre de Mélisande, Arkel et le docteur discutent. Golaud arrive, plein de remords pour son geste fou. Il demande qu’on le laisse seul avec sa femme et lui demande de le pardonner. Mais il est repris par sa jalousie et veut savoir si « il s’est passé » quelque chose entre Pelléas et Mélisande. Devant les dénégations de Mélisande, il se remet en colère. Quand il voit que Mélisande est en train de s’évanouir, il dit à Arkel et au docteur de rentrer. Mais il est trop tard, il ne saura jamais.

On présente à Mélisande son enfant né trois jours avant, et elle meurt en contemplant cette pauvre petite chose qu’elle a mise au monde.

Une telle histoire a inspiré bien des compositeurs, et non des moindres.

La mise en musique la plus célèbre est celle de DEBUSSY, pour un opéra très fidèle au texte de Maeterlinck (1902).

Debussy Pelléas et Mélisande Scène de la fontaineCliquez sur la scène de la fontaine

Auparavant, en 1898, FAURÉ avait composé une musique de scène.

Fauré Pelléas et Mélisande SicilienneCliquez sur le flûtiste

WALLACE a écrit sa propre musique de scène en 1900.

Peu après Debussy, c’est SCHÖNBERG qui a écrit en 1903 un poème symphonique sur cette histoire.

Schoenberg Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Deux ans plus tard, en 1905, SIBELIUS a lui aussi écrit une musique de scène.

Sibelius Pelléas et MélisandeCliquez sur l’image

Un peu plus tard, en 1923, la compositrice Mel BONIS intitulera une de ses pièces pour piano Mélisande.

Bonis MélisandeCliquez sur le pianiste

Enfin, beaucoup plus près de nous, le compositeur de musique de film Alexandre DESPLAT a intitulé Pelléas et Mélisande sa Suite pour flûte et orchestre.

Desplat Pelléas et MélisandeCliquez (encore) sur le flûtiste

Et si vous voulez encore un peu de musique, cliquez donc sur le bonus surprise.

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Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie, Théâtre

Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

image Maeterlinck

Maurice MAETERLINCK naît le 29 août 1862 à Gand. Poète et surtout dramaturge, il est considéré comme étant le chef de file des symbolistes.

Comme d’autres poètes de son époque, il suit des études de droit avant de se consacrer à la littérature. Dès 1885, il publie des poèmes d’inspiration parnassienne, ce mouvement poétique qui a suivi le romantisme, visant à promouvoir « l’art pour l’art » comme l’écrivait GAUTIER.

Il décide de partir à Paris où il fait la connaissance de MALLARMÉ ou VILLIERS de L’ISLE-ADAM. Il découvre les idéalistes allemands, HEGEL et SCHOPENHAUER ainsi que SCHLEGEL, préfigurateur du symbolisme.

En 1889, il publie Serres chaudes, un recueil de poèmes qui sera mis en musique par CHAUSSON et Lili BOULANGER.

Chausson Serres chaudesCliquez sur l’image

Boulanger Lile RefletsCliquez sur l’image

Toujours en 1889, il publie sa première pièce de théâtre, la Princesse Maleine. Lili Boulanger en a tiré un opéra, dont le manuscrit est perdu.

Suivront en 1890 l’Intruse, portée à l’opéra par RIEMANN, et les Aveugles, qui a inspiré trois opéras, et en 1891 les Sept princesses.

1892 est l’année de son œuvre peut-être la plus connue, Pelléas et Mélisande, qui a fait l’objet d’au moins cinq adaptations musicales signées DEBUSSY, FAURÉ, SCHÖNBERG, SIBELIUS, WALLACE et Mel BONIS.

En 1894, ce sera une série de trois petites pièces : Alladine et Palomides, pièce qui fera l’objet de trois opéras, Intérieur (deux opéras), et la Mort de Tintagiles (trois opéras). Je reviendrai dans un billet spécifique à ces mises en musique de Pelléas et Mélisande.

En 1895, il fait la connaissance de l’actrice Georgette LEBLANC (la sœur de Maurice LEBLANC, le créateur du personnage d’Arsène Lupin.) Ils s’installent en concubinage notoire à Passy, près de Paris, au grand dam de leurs familles respectives, toutes les deux très catholiques. Ensemble, ils tiendront un salon fort couru où on pouvait rencontrer Oscar WILDE, Stéphane Mallarmé, Auguste RODIN ou encore Camille SAINT-SAËNS. Maurice et Georgette vivront ensemble jusqu’en 1918.

En 1896, Maeterlinck publie un second recueil de poésies, Douze chansons, dont certaines seront mises en musique par ZEMLINSKY. Pour le théâtre, il écrit Aglavaine et Sélysette (mis en musique par HONEGGER) et le Trésor des humbles.

Honegger Aglavaine et SélysetteCliquez sur l’image

En 1901, ce sera Ariane et Barbe bleue, mis en musique par Dukas et par BARTOK (Le Château de Barbe bleue) et Sœur Béatrice (quatre opéras). Dans cette pièce, on retrouve les prénoms de Mélisande, Sélysette et Alladine pour les premières femmes de Barbe bleue.

Dukas Ariane et Barbe bleueCliquez sur les cinq premières femmes de Barbe bleue

Bartok le Château de Barbe bleueCliquez sur la pauvre Judith

En 1902, il écrit Mona Vanna qui sera porté quatre fois à l’opéra, dont un opéra inachevé de RACHMANINOV. En 1908, ce sera l’Oiseau bleu, porté à l’opéra par WOLFF.

Rachmaninov Monna VannaCliquez sur l’image

En 1911, Maeterlinck est lauréat du prix Nobel de littérature.

En 1918, il se marie avec une autre actrice, Renée DAHON.

En 1930, il rachète un bâtiment de luxe, conçu pour être un casino, et en fait sa villa qu’il appelle Orlamonde (comme dans Ariane et Barbe bleue ou une des Douze chansons.)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Maeterlinck se réfugie aux États-Unis. Il revient à Nice en 1947 et c’est dans sa villa d’Orlamonde qu’il meurt le 6 mai 1949, à l’âge de 85 ans.

Outre ses poésies et ses pièces de théâtre, Maeterlinck a aussi écrit des essais sur la biologie tels que la Vie des abeilles, la Vie des termites ou la Vie des fourmis, ainsi que des écrits mystiques.

Compositeurs, Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

IL EST LÀ, IL EST LÀ, IL EST LÀ

Qui donc, quoi donc, qu’est-ce qui est là ?

Mais mon livre sur les compositeurs et les compositrices, voyons !

Soit une cinquantaine de compositeurs et compositrices, de Claudio MONTEVERDI à Benjamin BRITTEN, en passant par Francesca CACCINI ou Pauline VIARDOT, recueillis en un joli volume. Pour chaque compositeur, j’ai inséré un QR Code qui vous permettra, en l’activant, d’arriver sur la page idoine de mon blog, et donc d’écouter toutes les jolies musiques que je cite dans le livre.

Vous pouvez le commander par le formulaire de contact de mon blog.

À très bientôt pour des nouvelles de ce livre !

littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« LE PITRE CHÂTIÉ », de MALLARMÉ

Après M’introduire dans ton histoire de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose Le Pitre châtié, un poème datant de 1866 paru seulement en 1887.

Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître

rossini la dame du lac trioCliquez sur la dame du lac

Autre que l’histrion qui du geste évoquais

Leoncavallo Paillasse (Pagliacci) Vesti la giubbaCliquez sur l’histrion

Comme plume la suie ignoble des quinquets

J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre.

De ma jambe et des bras limpide nageur traître,

À bonds multipliés, reniant le mauvais

Hamlet ! c’est comme si dans l’onde j’innovais

Mille sépulcres pour y vierge disparaître.

Thomas Hamlet être ou ne pas êtreCliquez sur Hamlet

Hilare or de cymbale à des poings irrité,

Tout à coup le soleil frappe la nudité

Qui pure s’exhala de ma fraîcheur de nacre,

Schubert An die Sonne D. 439Cliquez sur l’hymne au soleil

Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,

Ne sachant pas, ingrat ! que c’était tout mon sacre,

Ce fard noyé dans l’eau perfide des glaciers.

Thomas Hamlet Air de la folie (Callas)Cliquez sur Ophélie au moment où elle va se noyer

Citations musicales :

lacs : ROSSINIla Donna del lago (la Dame du lac)

l’histrion : LEONCAVALLO – Paillasse – « Vesti la giubba »

Hamlet : Ambroise THOMASHamlet – « Être ou ne pas être »

le soleil : SCHUBERT – « An die Sonne » (« Au Soleil« )

fard noyé : Thomas – Hamlet – « Air de la folie »

Et si vous voulez relire ce poëme sans avoir à subir mes élucubrations musicales, le voici dans toute sa splendeur mallarméenne :

Mallamré le Pitre châtié