Écrivains, Cinéma, littérature, Poésie, Théâtre

Jean COCTEAU (1888 – 1963) – PREMIÈRE PARTIE

Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi !

Issu d’un milieu aisé, (son grand-père a connu ROSSINI dont il a reçu un piano en legs,) le jeune COCTEAU a eu l’occasion d’entendre le violoniste Pablo de SARASATE jouer en quatuor avec ce grand-père.

Il n’a pas vingt ans qu’il tient déjà salon, où viennent DEBUSSY et Reynaldo HAHN, mais aussi de jeunes poètes ou des peintres comme BONNARD.

Poète précoce, Jean COCTEAU fréquente très jeune PROUST ou les ballets russes de DIAGHILEV. Il se tiendra toujours aux avant-postes de la modernité, passant de Dada au cubisme, mais rejeté par les surréalistes.

Dès 1910, Reynaldo Hahn (1874 – 1947), l’auteur de Ciboulette, met en musique un « mensonge en un acte » de Cocteau : La patience de Pénélope.

Après la présentation à Paris au début du siècle d’œuvres de RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)  (Schéhérazade, Le coq d’or), Diaghilev et ses ballets russes attaquent les années ’10 avec trois ballets de STRAVINSKY (1882 – 1971) : L’oiseau de feu (1910), Pétrouchka (1911) et surtout la déflagration provoquée par Le Sacre du printemps (1913).

Stravinsky le sacre du printempsCliquez sur l’image

Soucieux de se tourner vers ce milieu parisien où il triomphe, Diaghilev commande en 1912 une pièce à Cocteau. Ce sera Le dieu bleu, sur une musique de Hahn. En 1914, Cocteau travaille avec Stravinsky sur un projet de ballet : David.

En 1915, il met en chantier un Songe d’une nuit d’été, dont la musique sera confiée à Erik SATIE (1866 – 1925). Cette même année, le créateur de la musique concrète Edgar VARÈSE (1883 – 1965), qui avait dirigé la création du Songe, le présente à PICASSO. Cocteau confie la musique de David à Satie. En 1916, Cocteau demande à Picasso de réaliser le rideau de scène pour ce ballet, qui change de nom et devient Parade. En 1917, la création du ballet Parade réunit donc Cocteau, Satie, Picasso et Diaghilev ! (Excusez du peu.)

Satie ParadeCliquez sur l’image

En 1920, Cocteau détourne Le bœuf sur le toit de Darius MILHAUD (1892 – 1974), souvenirs musicaux de son passé au Brésil, en déposant un texte sur cette musique. Les décors sont de Raoul DUFY et la chorégraphie de MASSINE.

Milhaud Le Bœuf sur le toit

Il compose aussi le livret de Paul et Virginie, un opéra-comique prévu pour Satie.

En 1921, il écrit Les Mariés de la Tour Eiffel, musique du Groupe des six (enfin, cinq d’entre eux).

Groupe des six les Mariés de la Tour EiffelCliquez sur l’image

Cette même année, il écrit le Gendarme incompris, avec une musique de Francis POULENC.

En 1922, Arthur HONEGGER (1892 – 1955) lui écrit une musique de scène pour sa pièce Antigone. Les décors sont de Picasso et les costumes de CHANEL.

En 1924, il écrit Roméo et Juliette, avec une musique de Roger DÉSORMIÈRES. Dernière œuvre de Cocteau pour les Ballets russes, le Train bleu avec une musique de Milhaud.

Milhaud le Train bleuCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog la suite des aventures musicales de Jean Cocteau.

(Source principale : Pierre BERGÉ, Album COCTEAU de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.)

Animation 1, Fables de la Fontaine, Fantaisie, littérature, Oulipo, Poésie

« LE LOUP ET L’AGNEAU », de La Fontaine

Après Le Lion et le Rat, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, un classique des classiques, le Loup et l’Agneau.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.

Audran La MascotteCliquez sur l’image

Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.

Prokofiev Pierre et le loup part 2Cliquez sur l’image

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;

Bellini La somnambule Ah! Perché non posso odiartiCliquez sur Rodolfo

Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

Gounod Roméo et Juliette Dieu qui fis l'homme à ton imageCliquez sur l’image

– Je n’en ai point.
– C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.

Monteverdi Orfeo Nymphes et bergersCliquez sur Orfeo et son chœur de nymphes et de bergers

On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts

Rameau les Indes galantes forêts paisiblesCliquez sur des forêts pas si paisibles que ça !

Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Citations :

Un agneau : AUDRAN La Mascotte Duo « J’aime bien mes dindons / j’aime bien mes moutons » (désolé je n’ai pas trouvé d’agneau, alors j’ai pris un mouton.)

Un loup : PROFOFIEV Pierre et le Loup (retrouvez ici la version DISNEY de Pierre et le Loup)

En colère : À la fin du premier acte de La somnambule de BELLINI, Elvino trompé par les apparences se met en colère contre le comportement d’Amina.

Ton frère : GOUNOD Roméo et Juliette Frère Laurent « Dieu de bonté ».

Vos bergers : Au début de l’Orfeo de MONTEVERDI, le Chœur des nymphes et des bergers célèbre les noces d’Orfeo et Euridice (Orphée et Eurydice.)

Au fond des forêts : Dans Les Indes galantes de RAMEAU, la quatrième entrée se terminent dans une réconciliation autour du calumet de la paix (Danse et air « Forêts paisibles ».)

Cinéma, littérature, Maria Callas, Mes opéras préférés, Publicité

MADAME BUTTERFLY, de PUCCINI (MADAMA BUTTERFLY)

Composé d’après une nouvelle américaine tirée d’ « une histoire vraie », Madame Butterfly (Madama Butterfly) a été composé entre 1902 et 1903, avant d’être créé en 1904 à La Scala de Milan. Ce fut un échec, et PUCCINI et ses librettistes ont dû remanier l’opéra, avant de le remonter à Brescia, cette fois avec succès.

Il faut noter que Pierre LOTI avait écrit un roman Madame Chrysanthème, racontant en partie son voyage au Japon et son mariage « temporaire ». Un premier opéra en a été tiré dès 1893 avec une musique de MESSAGER.

Acte I : À Nagasaki, Goro fait visiter à Pinkerton, jeune lieutenant de la marine américaine, une maison en haut de la falaise, face à la mer. Il lui présente les domestiques et on attend la mariée. Le consul américain, Sharpless, arrive. Pinkerton lui explique qu’il a signé un contrat de 99 ans, dont il peut se sortir unilatéralement à la fin de chaque mois. Et qu’il en est de même avec le contrat de mariage qu’il s’apprête à signer ! (Air: « Dovunque al mondo, lo yankee vagabondo« .)

Puccini Butterfly Dovunque al mondoCliquez sur l’image

Sharpless le prévient de ne pas blesser le « papillon » qu’il prend pour femme. Pinkerton boit au jour de son vrai mariage, avec une Américaine. Cio-Cio-San arrive, toute joyeuse. (Air: « Ecco! Son giunte al sommo del pendio ».)

Puccini Butterfly Ecco. Son giunte al sommo del pendioCliquez sur l’image

On la surnomme Madame Butterfly à cause de sa beauté fragile comme celle du papillon. Répondant aux questions que les deux hommes lui posent, elle explique qu’elle a connu la richesse, mais que sa mère aujourd’hui vit dans la misère, et que son père est mort. Le commissaire impérial et la famille arrivent. Les cousines cancanent, et pronostiquent un divorce. Goro leur demande de se taire. Butterfly déballe son maigre paquetage, contenant tous ses biens, des mouchoirs, un éventail… ainsi qu’un étui long et étroit qu’elle porte directement dans la maison. Goro explique que c’est un sabre offert par le mikado à son père, avec l’ordre de se faire hara-kiri. Elle annonce qu’elle a adopté la religion de son mari. Une fois le mariage prononcé commence la fête. Arrive son oncle, le bonze qui, furieux de ce mariage, la renie. Les invités partis, Butterfly se met en vêtements de nuit, et l’acte se termine par un duo d’amour entre elle et Pinkerton. (Duo : « Viene la sera ».)

Puccini Butterfly Viene la seraCliquez sur l’image

Acte II : Suzuki prie ses dieux que Butterfly arrête de pleurer. On apprend que l’hiver venu, Pinkerton est parti en mission, laissant derrière lui Butterfly, promettant de revenir au printemps. Pendant trois ans, elle a attendu son mari, en élevant l’enfant qu’elle a eu de lui. Le consul Sharpless lui apporte une lettre de Pinkerton. Elle lui dit que, fidèle, elle a refusé les propositions d’un riche mariage, qui améliorerait sa situation. Au Japon, l’abandon vaut divorce. Elle répond que, dans son pays, l’Amérique, les choses ne se passent pas comme cela. Tout le monde est atterré en l’entendant s’accrocher ainsi à ses espoirs. Tous les jours, elle regarde la mer, espérant voir la fumée du navire qui lui ramènera son mari (Air : « Un bel di, vedremo ».)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur l’image

Sharpless essaie de la prévenir que la réalité pourrait être moins belle. Que se passerait-il si Pinkerton ne voulait pas la revoir à son retour? Elle dit qu’alors elle se tuerait plutôt que de redevenir geisha. Elle rentre dans sa maison en portant son enfant que Pinkerton ne connaît même pas. (Air : « Che tua madre dovrà ».)

On voit le bateau qui revient. Cio-Cio-San fleurit sa maison et se fait belle pour accueillir son mari.

Acte III : Épuisée, Butterfly qui a attendu son mari toute la nuit s’endort au petit matin. Pinkerton paraît, accompagné de Sharpless. Suzuki vient le prévenir que sa femme l’attend, mais honteux, il n’a pas le courage de venir la retrouver. (Air : « addio, fiorito asil ».)

Puccini Butterfly Addio fiorito asilCliquez sur l’image

Suzuki découvre que Pinkerton est venu avec sa femme américaine, Kate. Ils la chargent de prévenir Butterfly qu’il veut repartir aux États-Unis avec son fils japonais.

Butterfly arrive. En voyant Kate, elle comprend la vérité. Elle accepte de quitter son enfant, pour lui éviter une vie de déshonneur au Japon, mais demande que Pinkerton vienne chercher lui-même son fils. Au lever du jour, elle prend le sabre de son père. Suzuki fait entrer l’enfant. Après un adieu à son fils, elle prend le sabre, lit l’inscription sur la lame « Qui ne peut vivre dans l’honneur doit mourir avec honneur » et se tue. (Air : « Con onor muore ».)

Puccini Butterfly Con onor muoreCliquez sur l’image

Au moment où elle meurt, Pinkerton, saisi par le remords, arrive et crie son nom, mais il est trop tard.

Enfin, signalons que Frédéric MITTERRAND a porté cet opéra à l’écran.

Et le célébrissime « Un bel di vedremo » a évidemment servi de support à un certain nombre de publicités :

Puccini Madame Butterfly pub

Bande dessinée, Cinéma, Grandes maisons d'Opéra, Le MET s'invite chez vous, Oulipo

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS, SEMAINE DU 27 AVRIL AU 3 MAI

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 27 avril au 3 mai 2020.

On y trouve la trilogie des STUART, de DONIZETTI, mais aussi VERDI et surtout le Prince Igor de BORODINE !

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 27 avril Donizetti Anna Bolena

Donizetti Anna Bolena METTuesday, April 28 Donizetti Maria Stuarda

Donizetti Maria Stuarda MET

Mercredi 29 avril Donizetti Roberto Devereux

Donizetti Roberto Devereux MET

Jeudi 30 avril Nico Muhly Marnie
Cette œuvre est une adaptation à l’opéra du roman qui avait déjà été adapté au cinéma par HITCHCOCK sous le titre français Pas de Printemps pour Marnie. Elle a été créée à Londres en 2017, et il s’agit ici de la reprise de 2018.

Muhly Marnie I see Forio

Vendredi 1er mai Le choix des regardeurs : Verdi Aïda

Verdi Aïda Price Cossoto MET

Samedi 2 mai Verdi Luisa Miller

Verdi Luisa Miller MET

Dimanche 3 mai Borodine Le Prince Igor

Borodine Prince Igor MET

Enfin, je m’en voudrais de quitter le MET sans rappeler qu’une partie des études recensées par PEREC dans la bibliographie de son étude sur l’influence tomatotopique sur le hurlement des sopranos a été faite dans cette maison d’Opéra :

Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

Cinéma, Mes opéras préférés, Woody Allen

RIGOLETTO, de VERDI (1851)

Rigoletto est un des nombreux opéras inspiré par Victor HUGO. Il a été créé en 1851 à La Fenice de Venise. Rigoletto est le premier opéra de l’impressionnante trilogie de VERDI, puisqu’en 1852 Verdi écrit Le Trouvère, et en 1853 La Traviata. Trois chefs-d’œuvre en trois ans !

Rigoletto, donc, a été écrit sur un livret de Piave, d’après la pièce le Roi s’amuse de VH. Victime de la censure autrichienne, son action a été transposée à la cour du duc de Mantoue.

À propos de l’air « La donna e mobile », Verdi, qui avait peur du piratage de son œuvre (déjà!), n’a remis sa partition au soliste et aux instrumentistes que la veille de la création. L’histoire lui a donné raison puisque dès le lendemain, tout le monde chantait cet air dans les rues, qui est devenu depuis un des plus connus de Verdi.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut dire qu’on est dans le schéma classique (S+T/B), puisque Gilda (Soprano) et le duc (Ténor) s’aiment et que Rigoletto (Baryton) cherche à empêcher cet amour.

Acte I : Lors d’un bal chez le duc de Mantoue, le duc confie à son ami Borsa qu’il a des vues sur une belle femme qu’il voit à la messe depuis trois mois, et à qui un mystérieux inconnu rend visite tous les soirs (Air : « Questa o quella per me pari sono »).

Verdi Rigoletto Questa o quella per me pari sonoNe cliquez pas sur l’image

À Borsa qui lui fait remarquer les beautés présentes au bal, le duc répond avec cynisme qu’il est prêt à les aimer toutes, et qu’il n’est pas fait pour la constance. Voyant la comtesse Ceprano, il sort avec elle, devant son mari furieux. Rigoletto, le bouffon bossu du duc ridiculise alors le comte Ceprano. Arrive Marrulo, porteur d’une nouvelle : Rigoletto aurait une maîtresse ! Rigoletto rentre avec la comtesse et le duc, et il lui suggère différentes manières de se débarrasser du comte Ceprano. Le comte crie vengeance, et donne rendez-vous le lendemain à ses amis pour exercer cette vengeance. Arrive alors le comte de Monterone, dont la fille a été déshonorée par le duc de Mantoue. Au lieu de lui répondre, le duc envoie Rigoletto se moquer du comte, qui maudit le duc et son bouffon. Les gardes du duc arrêtent le comte et Rigoletto reste seul, horrifié par la malédiction.

Dans le fond d’une impasse, Rigoletto rentre chez lui, encore très affecté par la malédiction qu’il a reçue. Un spadassin, Sparafucile, vient lui offrir ses services, mais Rigoletto lui répond qu’il n’en a pas besoin pour le moment, mais lui demande où on peut le trouver, à l’occasion. Rigoletto entre chez lui où l’attend sa fille Gilda (Duo : Figlia, mio padre »).

Verdi rigoletto Figlia, mio PadreCliquez sur Gilda

Il lui recommande bien de ne pas sortir, mais Gilda répond qu’elle ne sort que pour aller à la messe.

Entendant du bruit dans la ruelle, Rigoletto va voir à la porte. Le duc en profite pour entrer dans la cour et se cacher. En écoutant parler Gilda et Rigoletto, il comprend que Gilda est la fille de Rigoletto. Rigoletto sorti, il se déclare à Gilda, se faisant passer pour un jeune homme pauvre et amoureux, Gualtier Maldé. Gilda, qui l’avait déjà remarqué à l’église en est déjà amoureuse (Air : « Caro nome »)

Verdi Rigoletto Caro nome

Une troupe arrive, guidée par Ceprano. Ils viennent pour se venger de Rigoletto en enlevant celle qu’ils croient être sa maîtresse, mais Rigoletto étant revenu, ils lui font croire que c’est la comtesse Ceprano qu’ils viennent enlever. Rigoletto se mêle à eux, on lui bande les yeux pendant qu’il tient l’échelle qui servira à l’enlèvement. Ils enlèvent Gilda, et l’emportent, mais celle-ci laisse tomber son écharpe. Quand, resté seul, Rigoletto enlève son bandeau et trouve l’écharpe, il comprend le début de sa malédiction.

Acte II : Dans son palais, le duc est désespéré, on a enlevé l’objet de son amour. Borsa et la petite troupe arrivent, et racontent qu’ils ont enlevé la maîtresse de Rigoletto, et qu’ils l’ont emmenée au palais. Le duc comprend qu’il s’agit de Gilda et sort pour la retrouver. Survient Rigoletto, cherchant partout sa fille. Entendant un page dire qu’il ne faut pas déranger le duc, il comprend qu’il est occupé avec sa fille. Il tombe en pleurs et s’humilie devant les courtisans (Air: « Cortigiani, vil razza danata »).

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Gilda rentre et se précipite dans les bras de son père. Elle lui confesse son amour pour le duc (Ensemble « : Mio Padre ! Tutte le feste »).

Verdi Rigoletto Mio Padre Tutte le festeCliquez sur Rigoletto

Rigoletto est effondré. Passe le comte de Monterone que l’on conduit en prison. Monterone déclare que puisque sa malédiction n’a pas eu d’effet sur le duc, que celui-ci vive heureux, mais Rigoletto déclare qu’il sera, lui, le bras de la vengeance du comte (Air : « Si, vendetta, tremenda vendetta »).

Verdi rigoletti Si vendetta tremenda vendetta

Acte III : Rigoletto conduit Gilda près d’une taverne qui sert de repère à Sparafucile. Il montre à sa fille le duc qui vient d’arriver et chante son mépris des femmes (Air : « La Dona e mobile ».)

Verdi rigoletto La donna è mobile

Puis vient la sœur de Sparafucile, à qui le duc déclare son amour. Gilda réalise que le duc ne l’aimait pas, contrairement à ses belles paroles. Rigoletto l’envoie chercher un sac d’or à la maison, et lui recommande d’aller l’attendre à Vérone. Quand Gilda sort, Rigoletto commande l’exécution du duc auprès du tueur, dix pièces d’or à la commande, le solde à la remise du cadavre. La jeune femme et son frère conduisent le duc dans une chambre, mais elle trouve le duc trop beau garçon et essaie de convaincre son frère de ne pas le tuer. Ils se mettent d’accord : si quelqu’un se présente avant minuit à l’auberge, ils tueront ce passant à la place du duc. Gilda, qui était revenue et a tout entendu, décide de se sacrifier pour sauver le duc, qu’elle aime malgré tout. Elle frappe à la porte et entre, et c’est elle qui tombe sous les coups du reître. Rigoletto veut alors jeter au fleuve le corps dissimulé dans un sac, mais il entend au loin la voix du duc. Effrayé, il ouvre le sac, et y trouve Gilda mourante qui lui révèle son sacrifice (Duo : « V’ho ingannato, colpevole fui« .)

Verdi Rigoletto V'ho ingannato, colpevole fui

Rigoletto comprend alors la deuxième partie de sa terrible malédiction.

On peut entendre l’air « Caro nome » dans la BOF du film de Woody ALLEN Match Point.

Match pointCliquez sur l’affiche

Et puisque je suis dans les bonus, je ne peux résister à cette version alternative de l’air « Caro nome »

salvador juanita banana

Cinéma, littérature, Mes opéras préférés, Philosophie

LA MORT À VENISE, de BRITTEN (DEATH IN VENICE) (1973)

Dernier des opéras écrits par Benjamin BRITTEN, d’après la nouvelle éponyme de Thomas MANN, créé en 1973 au festival d’Aldeburgh, le titre original est Death inVenice. Il s’agit du testament opératique de Britten, qui écrivait là aussi un des derniers rôles pour son compagnon Peter PEARS.

Acte I : À Munich, en 1911, l’écrivain Aschenbach est en panne d’inspiration. Mais pour lui, ne plus écrire, c’est la mort. Devant un cimetière, un étranger passe, qui lui donne des envies de Sud et de soleil.

Sur le bateau qui le mène à Venise, l’attitude frivole et choquante des jeunes et d’un vieux beau le dégoûte.

Arrivé à Venise, un gondolier étrange, qui n’est pas sans évoquer Charon, le mène directement à son hôtel. Arrivé à l’hôtel, le gondolier disparaît sans réclamer son dû. Le directeur lui présente sa chambre. Resté seul Aschenbach se demande s’il a bien fait de venir à Venise. À l’heure du dîner, les clients de l’hôtel arrivent, racontant leur journée. Parmi eux, Aschenbach est frappé par la beauté d’un jeune adolescent.

Sur sa terrasse, qui donne sur la plage, l’écrivain étouffe à cause du temps qu’il fait. Il songe à quitter Venise, mais le spectacle des enfants jouant sur la plage, et surtout du jeune homme déjà remarqué, l’en dissuade. Il apprend le nom du jeune Éros polonais, Tadzio.

Britten Death in Venice Tadzio

Assailli par les vendeurs à la sauvette et les mendiants, victime du sirocco, Aschenbach est tenté de rentrer chez lui, mais le lendemain matin, arrivé à la gare, il apprend qu’on a envoyé ses bagages dans une autre ville par erreur. Il rentre à son hôtel.

Les enfants jouant sur la plage font plonger Aschenbach dans une rêverie.

Britten Death in Venice jeux sur la plage

Il se trouve sur une plage grecque, où l’on célèbre le culte d’Apollon. Tadzio remporte tous ces « jeux antiques ». Le spectacle redonne l’inspiration à l’écrivain, mais alors qu’il voudrait féliciter le vainqueur, il n’y arrive pas. Il se rend compte qu’il est tombé amoureux du jeune homme.

Acte II : Aschenbach réfléchit à ses sentiments envers le jeune garçon. Au salon de coiffure de l’hôtel, il apprend du capilliculteur que les clients s’en vont, à cause de la maladie qui se répand sur la ville. Voyant arriver Tadzio et sa famille, il ne veut pas qu’ils soient mis au courant de l’épidémie, de peur qu’ils ne quittent la ville eux aussi. Il les suit à la messe à Saint Marc, puis sur le chemin du retour à l’hôtel, se mêlant à la foule peut-être déjà touchée par l’épidémie.

Une troupe de comédiens ambulants vient donner un spectacle. Aschenbach cherche à savoir la vérité sur la maladie, mais le chef de la troupe respecte les consignes officielles, il faut se taire pour ne pas faire fuir les touristes.

Les gens précipitent leur départ. À Aschenbach qui demande pourquoi, un employé finit par lui dire la vérité, une épidémie de choléra se répand sur Venise. Aschenbach est maintenant convaincu de prévenir la famille de Tadzio de quitter la ville. Mais au moment de parler à sa mère, il ne peut rien dire, ce qui l’amène à se poser des questions sur l’art et/ou le sens moral.

Il s’endort et fait un songe, où s’affrontent les côtés apolliniens et dionysiens de sa personnalité. (Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.)

Britten Death in Venice Dionysos

À son réveil, il retourne au salon de coiffure se refaire une jeunesse, avant de suivre Tadzio dans la ville. Celui-ci le remarque, mais ne dit rien. Fatigué, Aschenbach s’arrête et achète des fraises, mais celles-ci sont moisies, ce qui lui inspire une réflexion philosophique sur la passion, la sagesse, la connaissance, la disparition.

Le directeur de l’hôtel constate que tous les clients quittent son établissement. Aschenbach apprend ainsi que la famille de Tadzio va regagner la Pologne. Il meurt, seul, à l’hôtel.

(Note : Les personnages qui figurent en gras dans le texte ci-dessus sont chantés par un seul chanteur, double du héros qui lui révèle ce qu’il ne veut pas (sa)voir consciemment. Le rôle de Tadzio est un rôle muet, et est joué par un danseur.)

N.B. la nouvelle originale de Mann a également inspiré VISCONTI pour son très beau film Mort à Venise, film dont la B.O. a révélé au grand public l’adagietto de la 5e symphonie de MAHLER.

Mahler 5e symphonie adagietto

Cinéma, Grandes maisons d'Opéra, Histoire de l'opéra

LE ROYAL OPERA HOUSE S’INVITE CHEZ VOUS

Pendant la période de confinement lié à l’épidémie mondiale de coronavirus, le Royal Opera House (ROH), également connu sous le nom de Covent Garden, s’invite chez nous via les réseaux sociaux sur Facebook ou sur Twitter.

Retrouvez ici la page d’accueil de ce programme du ROH :

https://www.roh.org.uk/news/the-royal-opera-house-launches-a-programme-of-free-online-content-for-the-culturally-curious-at-home

  • Pierre et le loup, de PROKOFIEV, The Royal Ballet, 2010 – 27 March 2020, 7pm GMT
  • Acis and Galatea, de HAENDEL, The Royal Opera, 2009 – 3 April 2020, 7pm BST
  • Così fan tutte, de MOZART, The Royal Opera, 2010 – 10 April 2020, 7pm BST
  • The Metamorphosis, The Royal Ballet, 2013 – 17 April 2020, 7pm BST

Depuis 1732, date de l’ouverture du premier, l’emplacement actuel du Royal Opera House a vu trois bâtiments se succéder. 

C’est à Covent Garden que HAENDEL, qui avait pourtant fondé la Royal Academy of music, a créé en 1735 Ariodante et Alcina.

En 1809, après l’incendie de la première salle, le Royal Italian Opera est confié à l’acteur Charles Kemble. C’est pour cette salle que WEBER écrira Oberon (1826).

Weber Oberon ouvertureCliquez sur l’orchestre

Un second incendie ayant détruit ce Royal Italian Opera, l’édifice actuel ouvrit ses portes en 1858. La totalité des opéras était donnée en italien jusqu’en 1888, puis en langue originale. Le théâtre a été élevé au rang d’Opéra royal en 1862.

Depuis ses débuts dans ce théâtre en 1888, la diva australienne Nellie MELBA règne sans partage sur les lieux où elle triomphe en Mimì (La Bohème de Puccini) ou en Juliette (Roméo et Juliette de Gounod).

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur l’image

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale fera taire l’Opéra, transformé en salle de danse jusqu’en 1945, jusqu’à sa réouverture en 1946.  

Les créations d’œuvres nationales y témoigneront du dynamisme renouvelé de la musique lyrique anglaise. On citera par exemple le Billy Budd de BRITTEN (1951).

Britten Billy Budd pour ROHCliquez sur l’image

En 2263, on a encore pu voir le Royal Opera House dans le film Le cinquième Élément de Luc BESSON, puisque c’est dans cette salle que l’humanoïde Plavalaguna chante le fameux air de la folie de Lucia di Lammermoor, de DONIZETTI.

donizetti Lucia air de la folie le 5e élémentCliquez sur Plavalaguna

(Source principale : Encyclopaedia Universalis 2017.)

Cinéma, Divers, Grandes maisons d'Opéra, Woody Allen

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS

Vous avez (toujours) rêvé d’assister à un opéra au MET, le Metropolitan Opéra de New-York, sans avoir pu réaliser ce rêve, pour des raisons de budget ou d’organisation. Suivant le site du MET, une série de représentations, originellement transmises dans les salles de cinéma, sera mise à disposition à partir de ce soir, et commencera avec Carmen.

https://www.metopera.org/

Le MET, institution culturelle de premier ordre, a été inauguré en 1883 avec le Faust de GOUNOD (chanté en italien !).

En 1908, c’est au MET que sera donnée la première représentation du Parsifal de WAGNER en dehors de Bayreuth. En effet, par volonté testamentaire, Wagner voulait que les seules représentations du dernier de son opéra soient celles de son théâtre de Bayreuth, mais les Américains ont décidé que cette disposition testamentaire ne s’appliquait pas aux États-Unis.

En 1935, c’est au MET que se passe le film des Marx Brothers, Une nuit à l’opéra, pour une représentation du Trouvère de VERDI d’anthologie (humoristique.)

Le bâtiment actuel, sis au Lincoln Center, date de 1966. Il a été inauguré avec Antoine et Cléopâtre, de Samuel BARBER. On le voit souvent dans les films de Woody ALLEN. Par exemple, dans Small times Crooks (Escrocs mais pas trop), le rêve de cette famille de nouveaux riches est d’assister à une représentation à l’opéra. On y voit une soirée caritative destinée à lever des fonds pour l’opéra.

Parmi les grands chefs qui ont dirigé le MET, on peut mentionner Gustav MAHLER (1908) et Arturo TOSCANINI (1908 – 1915). Les années récentes ont été celles de James LEVINE (1973 – 2016).

Le programme des opéras qui seront mis en ligne est :

16 mars : Carmen de BIZET.

Bizet Carmen METCliquez sur Carmen et Don José

17 mars : La Bohème de PUCCINI.

Puccini La Bohème METCliquez sur l’image

18 mars: Il Trovatore (le Trouvère) de VERDI.

Verdi Il trovatore METCliquez sur Léonora et De Luna

19 mars : La Traviata de Verdi.

Verdi la traviata METCliquez sur Violetta et Germont

20 mars : La Fille du régiment de DONIZETTI.

Donizetti la fille du régiment MET

21 mars : Lucia di Lammermoor de Donizetti.

Donizetti Lucia di Lammermoor METCliquez sur la scène de la folie

22 mars : Eugène Onéguine de Tchaïkovsky.

Tchaïkovsky Eugène Onéguine METCliquez sur Onéguine

Écrivains, Cinéma, littérature, Oulipo, Poésie

Raymond QUENEAU – Partie 2

Poursuivons notre lecture de la vie et de l’œuvre de Raymond QUENEAU, le dernier encyclopédiste (?), lecture abordée sous un angle musical.

En 1951 paraît le roman hégélien le Dimanche de la vie. Un projet d’adaptation en opéra, écrit en collaboration avec Boris VIAN, ne verra finalement pas le jour. C’est dans ce roman que le héros, Valentin Bru, raconte son passage à Bayreuth : « Une ville où on joue de la musique ».

Wagner Lohengrin (Bayreuth)

Cliquez sur l’image

En 1955, son ami le cinéaste René CLÉMENT fait appel à Queneau pour écrire les chansons de son film Gervaise, inspiré de l’Assommoir de ZOLA, avec une musique de Georges AURIC.

Auric Gervaise

Cliquez sur Gervaise

En 1958, il travaille à Zazie dans le métro, et son fameux Doukipudonktan inaugural, qui paraît début 1959. Dans Zazie, un des personnages s’appelle Turandot, comme l’opéra de PUCCINI et l’oncle hormosessuel de Zazie, qui a un numéro de travesti dans un cabaret de Pigalle, exécute son numéro de danse favori : la mort du cygne. Zazie dans le métro sera adapté dès 1960 au cinéma par Louis MALLE.

Puccini Turandot final

Cliquez sur le final (heureux) de Turandot

En 1960, il crée avec François le Lionnais (et d’autres) l’OuLiPo (l’Ouvroir de Littérature Potentielle), une sous-commission de Collège de Pataphysique.

En 1961 paraît une de ses œuvres oulipiennes majeures, Cent mille milliards de poèmes.

En 1961 encore, il écrit avec Johnny HALLYDAY la chanson « Je te tuerai d’amour ».

Queneau Halliday je te tuerai d'amour

Cliquez sur Johnny (même si ici c’est Zizi JEANMAIRE qui chante)
En 1965 paraît un des ses romans les plus achevés, l’étourdissant les Fleurs bleues, et en 1968, son dernier roman, le Vol d’Icare.

Parallèlement, il publie trois recueils de poésie complémentaires, Courir les rues (1967), Battre la campagne (1968) et Fendre les flots (1969) avant de terminer par son dernier recueil, Morales élémentaires (1975).

En 1967, Georges PEREC entre à l’OuLiPo et deviendra un des amis de Queneau. Ses plus grosses contributions à l’OuLiPo sont la Disparition, un lipogramme en E de 312 pages, et La Vie mode d’emploi.

Outre ses activités littéraires, Queneau a également travaillé pour le cinéma (Monsieur RIPOIS de René Clément, Landru de Claude CHABROL [où il apparaît], le Chant du styrène de Alain RESNAIS [Ô temps suspend ton bol…], Jean-Pierre MOCKY, mais aussi Orson WELLES ou Luis BUNUEL.

Peintre lui-même, il a côtoyé les plus grands de son siècle, de PICASSO à MIRO, en passant par ARP ou DUBUFFET.

Je suis bien conscient au travers de ces deux billets de n’avoir fait qu’effleurer le personnage de Queneau, j’aurais pu parler de ses travaux mathématiques, ou de son écriture pour le théâtre (à la demande d’Albert CAMUS), mais j’espère seulement vous avoir donné l’envie d’en savoir plus sur lui.

Sources : Album Queneau de la Pléiade, éditions Gallimard, 2002.

Queneau œuvres complètes, tome III, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2006.

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RAYMOND QUENEAU (1903 – 1976) Partie 1

Raymond QUENEAU était assurément polymathe. En effet, écrivain, poète, dramaturge, éditeur, parolier, scénariste, traducteur, linguiste, peintre, mathématicien, philosophe, surréaliste, pataphysicien, il a également contribué à acclimater le genre science-fiction en France.

Raymond Queneau est né au Havre en 1903.

« Je naquis au Havre un vingt et un février
en mil neuf cent et trois.
Ma mère était mercière et mon père mercier :
ils trépignaient de joie. »

En 1913, il prend des cours de piano et de solfège, et a l’occasion d’entendre le jeune HONEGGER jouer du violoncelle chez le marchand de musique voisin.

Honegger Concerto pour violoncelleCliquez sur l’image

Après son bac, il « monte » à Paris et s’inscrit à la Sorbonne en philosophie et en mathématiques (et en logique). En 1924, il entre dans le groupe des surréalistes où il se lie d’amitié avec Jacques PRÉVERT et Michel LEIRIS.

En 1929, il quitte ce groupe pour des raisons de famille (André BRETON s’étant séparé de sa femme avait interdit aux membres du groupe de la revoir, mais Queneau, marié à la sœur de la femme de Breton et ne voyant pas pourquoi il ne devait plus voir sa belle-sœur préféra quitter les surréalistes).

En 1932, il publie son premier roman, le Chiendent, qui remporte le prix des Deux-Magots, prix créé à cette occasion. Fin 1935, il se réunit souvent avec ses amis dont le peintre Élie LASCAUX et Max JACOB, avec qui ils chantent des airs d’OFFENBACH !

En 1936, il va régulièrement au concert avec Michel Leiris. L’Art de la fugue de J.S.BACH entendu à la Salle Pleyel lui donne l’idée d’une écriture où la forme serait privilégiée. Il s’agit là des prémices des Exercices de Style (une même histoire, assez mince, racontée de 99 manières différentes) et de l’OuLiPo.

Bach l'art de la fugueCliquez sur l’image

De 1936 à 1938, il tient une rubrique « Connaissez-vous Paris ? » dans « l’Intransigeant », tout en travaillant à son roman en vers Chêne et chien. En feuilletant ce volume, on peut quand même découvrir que:

  • WAGNER logea de Décembre 1861 au 1er février 1862 au 19 quai Voltaire.
  • Les premiers essais importants d’utilisation de la lumière électrique eurent lieu en 1878 place et avenue de l’Opéra.
  • Le théâtre de la Porte-Saint-Martin fut construit en 75 jours en 1781 pour abriter l’Opéra, qui venait de brûler.

En 1942, il fait paraître le roman Pierrot mon ami.

lully au clair de la luneCliquez sur l’image

En 1943 se crée le studio d’Essai de la Radiodiffusion française sous la direction de Pierre SCHAEFFER, studio dont Queneau deviendra vite un pilier. 1943 est aussi l’année où il fait la connaissance du mathématicien François LE LIONNAIS et où paraît son recueil de poèmes Les Ziaux. Il fait également la connaissance de Boris VIAN, dont il sera le premier éditeur avec Vercoquin et le plancton (1946).

Ses activité éditoriales chez Gallimard le mènent à lancer l’Encyclopédie de la Pléiade, et il collabore aux concerts de la Pléiade, où il peut entendre son poème « L’explication des métaphores » mis en musique par René LEIBOWITZ.

Queneau l'explication des métaphoresCliquez sur Raymond Queneau lisant son poème

En 1949, c’est Juliette GRÉCO qui chante un de ses poèmes « Si tu t’imagines (fillette fillette) » sur une musique de KOSMA. Cette même année, il réfléchit à une collection de « romans scientifiques ». Finalement, c’est le terme « Science-fiction » qui s’imposera.

Queneau Si tu t'imaginesRedécouvrez « Si tu t’imagines » en cliquant sur l’image

En 1950, il part à New York où triomphait Roland PETIT, qui a une idée pour lui : « Un mélange de l’opéra de quat’sous, d’Offenbach et de Pierrot mon ami. » Le résultat sera La Croqueuse de diamants, un ballet avec une musique de Jean-Michel DAMASE.

Queneau la croqueuse de diamantsCliquez sur la croqueuse de diamants

Cette même année, il entre au Collège de pataphysique.

En 1954 a lieu la, parution d’un disque des Frères Jacques avec adaptation des Exercices de style. Écoutons l’exercice « Onomatopées« .

Queneau Exercices de styleCliquez sur la plateforme de l’autobus S

Retrouvez ici la suite des palpitantes aventures de Raymond Queneau.

(Source : Album QUENEAU de la Pléiade, éditions Gallimard, 2002)