Divers

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (4) : L’ESPAGNE À L’OPÉRA

Après l’Espagne vue (de manière parfois pittoresque) par les compositeurs étrangers, terminons notre voyage avec les opéras qui se passent EN Espagne, mais qui n’ont pas été écrits par des Espagnols.

Un des plus fameux est certainement Don Giovanni (1787) de MOZART, dont l’action se passe à Séville.

don giovanni la ci daremCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Non moins fameux est Le Barbier de Séville (1816), de ROSSINI, dont l’action se passe à … Séville !

Rossini Le Barbier de Séville Una poco faCliquez sur Rosine

Deux des opéras de VERDI se passent en Espagne : Le Trouvère (1853) et Don Carlos (1867).

Verdi Don Carlos KaufmannCliquez sur Don Carlos

Parmi les opéras se passant en Espagne, il y a bien évidemment le Carmen (1875) de BIZET.

Bizet Carmen OuvertureCliquez sur l’orchestre

Moins connu, mais pourtant très beau, est Le Cid (1885) de MASSENET d’après CORNEILLE.

Massenet Le Cid O SouverainCliquez sur Le Cid

Massenet avait d’ailleurs déjà mis l’Espagne en musique avec son premier opéra « complet », Don César de Bazan (1872), d’après le Ruy Blas de Victor HUGO.

RAVEL n’a pas écrit que l’Enfant et les Sortilèges, il a aussi commis l’Heure espagnole (1911) sur un livret très franchouillard de FRANC-NOHAIN.

Ravel l'heure espagnol pitoyable aventure

Quant au trop rarement joué ZEMLINSKY, il a écrit son opéra Le Nain (Der Zwerg) (1922) d’après une nouvelle du sulfureux Oscar WILDE.

Zemlinsky Le NainCliquez sur l’infante d’Espagne et son cadeau d’anniversaire (le nain)

Et maintenant, je vous propose un complément avec un zoume sur les opéras qui se passent à Séville.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) est un poète héritier du romantisme, dont il transformera la désespérance en spleen (cf. Le Spleen de Paris). Après avoir dilapidé l’héritage de son père, il est obligé d’écrire dans les journaux (les gazettes) pour vivre. Il traduit notamment Edgar Allan Poe. Son grand œuvre poétique est Les Fleurs du mal (1857) ainsi que les petits poèmes en prose. Il ouvre la voie à la poésie d’un Mallarmé (lui aussi traducteur de Poe) ou d’un Valery.

Comme son exact contemporain Flaubert pour madame BOVARY, les Fleurs du mal ont valu à Baudelaire un procès pour immoralité. Aujourd’hui, il n’est plus question pour lui d’immoralité, mais d’immortalité.

Bien dans son époque, le milieu du XIXe siècle, la « famille intellectuelle » de Baudelaire se compose de Delacroix, Gautier, Poe, ou encore Wagner et Courbet. Baudelaire faisait ainsi partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Dumas, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Le poème Le Thyrse est dédié à Franz Liszt, qui lui avait ouvert les portes des salons parisiens.

Baudelaire, qui n’appréciait en musique que Weber et Beethoven se prend de passion pour la musique de Wagner en tant que « musique de l’avenir ». Il prendra la défense de celui-ci après l’échec cuisant des représentations parisiennes de Tannhäuser en 1859.

Wagner Tannhäuser Ouverture (Furtwängler)

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Parmi les adaptations musicales de Baudelaire, citons le poème l’Invitation au voyage (« mon enfant, ma sœur, songe à la douceur… ») sous les paroles duquel Chabrier (1841-1894), Duparc (1848-1933) ou encore Charpentier (1860-1956) ont déposé leur musique. (Je ferai peut-être un jour un billet sur ce poème, qu’en pensez-vous ?)

Duparc Baudelaire Invitation au voyage

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Gabriel Fauré (1845-1924), autre maître de la mélodie française, compose un très beau Chant d’automne.

Fauré Baudelaire Chant d'automne

Cliquez sur l’automne

Ernest CHAUSSON (1855 – 1899) écrira L’Albatros (« Souvent pour s’amuser les hommes d’équipage… »)

Chausson Baudelaire l'Albatros

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On retrouve la filiation Baudelaire ==> Mallarmé avec la filiation Debussy ==> Caplet. Debussy d’abord avec les Cinq poèmes de Baudelaire ou son prélude Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir d’après le poème Harmonie du soir et André Caplet (1879-1925) avec La Cloche fêlée.

Debussy Les sons et les parfums Pollini

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Un peu plus loin dans le XXe siècle, l’Autrichien Alban Berg (1885-1935) mettra en musique Le Vin des amants.

Berg der Wein

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Quant à Dutilleux (1916-2013), il a composé les cinq mouvements de son concerto pour violoncelle Tout un monde lointain (1970) sur des poèmes de Baudelaire.

Dutilleux Tout un monde lointain

Cliquez sur le violoncelliste

Et en 2016, c’est à Dutilleux que Camille Pépin a dédié ses Sonnets, écrits sur des textes de Baudelaire.

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Liste des poèmes de Baudelaire interprétés sur ce blog :

L’Albatros.

L’Invitation au voyage.

La musique (façon Debussy).

La Musique (façon Wagner).

Les Phares.

Sed non satiata.

Divers

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (3) : L’ESPAGNE VUE PAR LES COMPOSITEURS ÉTRANGERS

Après les billets consacrés aux musiciens espagnols, poursuivons notre voyage en Espagne avec cette fois l’Espagne mise en musique par des compositeurs étrangers. En effet, au XIXe siècle, l’Espagne a inspiré bien des compositeurs.

Ainsi Mikhaïl GLINKA (1804 – 1857), le père de la musique russe, reviendra-t-il d’un séjour en Espagne vers 1845 avec deux Ouvertures ibériques.

Glinka Ouverture espagnole n 2Cliquez sur l’ouverture espagnole n° 2

Le pianiste virtuose (mais pas que) et hongrois Franz LISZT (1811 – 1886) a composé une brillante Rhapsodie espagnole en 1867 qui n’a rien à envier à ses Rhapsodies hongroises en ce qui concerne la virtuosité pianistique.

Liszt Rhapsodie espagnoleCliquez sur le pianiste

Le Lillois Édouard LALO (1823 – 1892) écrit pour le violoniste espagnol Pablo de SARASATE une Symphonie espagnole (1874).

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur la violoniste

l’Auvergnat Emmanuel CHABRIER (1841 – 1894) écrit en 1883 une rhapsodie pour orchestre, le populaire España.

Chabrier EspanaCliquez sur le chef d’orchestre

Un autre Russe, RIMSKY-KORSAKOV (1844 – 1908) écrit en 1887 un Capriccio espagnol.

Rimsky-Korsakov Capriccio espagnolCliquez sur l’image

Cette passion pour l’Espagne se poursuivra au début du XXe siècle avec le Basque Maurice RAVEL (1875 – 1937) qui écrit une de ses premières œuvres orchestrales en 1907 : sa Rapsodie espagnole.

Ravel rapsodie espagnoleCliquez sur l’orchestre

L’année suivante, c’est son frère ennemi le Parisien Claude DEBUSSY (1862 – 1918) qui publiera son Iberia.

Debussy IberiaCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog les opéras qui se passent en Espagne, main non écrits par des Espagnols.

Divers

LES PLUS BEAUX DUOS D’AMOUR… (les années 1880 – 1915)

Poursuivons notre anthologie des duos d’amour, que nous avions laissée aux années 1850 – 1880.

Comme on l’a vu dans le billet consacré à l’histoire de l’opéra pour cette période, les années 1880 – 1915 sont marquées par deux grands noms, PUCCINI (1854 – 1924) et STRAUSS (1864 – 1949).

Pour autant, VERDI était encore en activité, et en 1884, il écrit un de ses plus beaux duos d’amour dans Otello.

Verdi Otello Gia nella notte densaCliquez sur Otello et Desdémone

1884 est aussi l’année ou MASSENET achève son Manon. Au début du deuxième acte figure le très beau duo « On l’appelle Manon ».

Massenet Manon On l'appelle Manon Alagna NebretkoCliquez sur Des Grieux et Manon

En 1892, TCHAÏKOVSKI écrit Iolanta. Écoutons l’amour s’éveiller entre Godefroid et Iolanta.

Tchaïkovsku Iolanta DuoCliquez sur l’image

En 1895, Puccini termine le 1er acte de La Bohême (1896) de Puccini par un duo d’amour entre Rodolfo et Mimi qui viennent de se rencontrer.

Puccini Bohème final act 1Cliquez sur Rodolfo et Mimi

Rebelote pour Puccini avec Madame Butterfly (1902 – 1903) et le duo d’amour entre Cio-cio-san et Pinkerton à la fin du 1er acte.

Puccini Butterfly duo d'amourCliquez sur Cio-Cio-San et Pinkerton

L’autre grand compositeur est donc Richard Strauss. Dans son Rosenkavalier, il nous offre un très beau duo entre Octavian et Sophie.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Octavian et Sophie

Et retrouvez donc ici quelques duos d’amour offerts pour la Saint-Valentin.

Divers

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (2) : LES OPÉRAS ESPAGNOLS

Après vous avoir présenté les principaux musiciens (classiques) espagnols, voyons maintenant leur production dans le domaine de l’opéra.

On l’a vu, le précurseur de la forme Opéra en Espagne est la Zarzuela baroque. En voici une de José de NEBRA, Iphigenia en Tracia (1747).

Zarzuela Philippe IV

Cliquez sur la zarzuela

Felipe PEDRELL (1841 – 1922) fera revivre la zarzuela. Il a également écrit des opéras dont Quasimodo (1875), d’après Notre-Dame de Paris de VH et Los Pirineos (Els Pirineus) (1902).

Pedrell los Pirineos (Els Pirineus)

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Enrique GRANADOS (1867 – 1916) a écrit principalement pour le piano. Il a également composé des opéras autour des années 1900. Le plus connu d’entre eux est Goyescas (1916), écrit d’après une œuvre éponyme écrite pour le piano.

Granados Goyescas

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Isaac ALBENIZ (1860 – 1909) écrira pour la guitare, par exemple son célébrissime Asturias. Il composera également des opéras, dont un Merlin (1909).

Albeniz Merlin

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Il sera suivi par Manuel DE FALLA (1876 – 1946) qui écrira, outre des zarzuelas, le drame lyrique La Vie brève (La Vida breve) (1904 – 1905) et Les Tréteaux de Maître Pierre (1922).

De Falla La vida breve

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Au XXe siècle, la zarzuela est toujours vivante en Espagne, dans une forme proche de notre opérette moderne. Écoutons en une de Federico ROMERO.

Romero El Caserio

Cliquez sur la zarzuela

Et retrouvez sur ce blog l’Espagne mise en musique par des compositeurs étrangers, de GLINKA à DEBUSSY en passant par CHABRIER et LISZT.

Divers, Géographie, Histoire de l'opéra

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (1) : COMPOSITEURS ESPAGNOLS

Si l’Italie, la France et l’Allemagne sont reconnues comme « terres d’opéra », les liens entre l’Espagne et l’opéra (et plus généralement la musique classique) sont peut-être moins évidents du coté nord des Pyrénées.

Ce billet est donc le premier d’une série de quatre, et traite de quelques musiciens espagnols connus. Il sera suivi par un billet sur les opéras écrits par des Espagnols, puis par un sur la représentation de l’Espagne par des musiciens étrangers, en enfin par un sur les opéras qui se passent en Espagne.

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, le rameau espagnol a poussé sur la zarzuela, du théâtre chanté qui date du milieu du XVIIe siècle (la première date de 1648) qui a été très populaire pendant un siècle environ. Cependant la déferlante italienne qui s’est répandue sur l’Europe a atteint l’Espagne, et du milieu du XVIIIe jusqu’au milieu du XIXe, point de salut pour l’opéra en Espagne si ce n’est chanté en italien.

La zarzuela donc (des représentations données pour Philippe IV d’Espagne qui ont ensuite atteint les couches populaires), est proche du Singspiel allemand.

Le XVIIIe siècle est marqué par la personnalité du padre SOLER (1729 – 1783), auteur de nombreuses pièces pour le clavecin.

Soler fandangoCliquez sur l’image

Felipe PEDRELL (1841 – 1922) fera revivre la zarzuela. Il a également écrit un opéra, Quasimodo (1875), d’après Notre-Dame de Paris de VH.

Pedrell QuasimodoCliquez sur le livre

Enrique GRANADOS (1867 – 1916) a écrit principalement pour le piano. Il a également composé des opéras autour des années 1900. Le plus connu d’entre eux est Goyescas (1916), écrit d’après une œuvre éponyme écrite pour le piano.

Granados GoyescasCliquez sur Granados au piano

Isaac ALBENIZ (1860 – 1909) écrira pour la guitare, par exemple son célébrissime Asturias.

Albeniz AsturiasCliquez sur le guitariste

Il composera également des opéras, dont un Merlin (1909).

Il sera suivi par Manuel DE FALLA (1876 – 1946) qui écrira, outre des zarzuelas, Le Tricorne (el Sombrero de tres picos), l’Amour sorcier, La Vie brève (1904 – 1905) et Les Tréteaux de Maître Pierre (1922). Il écrira également une de ses pièces les plus connues, les Nuits dans un jardin d’Espagne (1915).

De Falla Nuits dans les jardins d'EspagneCliquez sur l’image

Plus proche de nous figure le très subtil Federico MOMPOU (1893 – 1986), qui a écrit pour le piano mais aussi pour la voix. Et puisque je vous ai présenté des Ave Maria il n’y a guère, je vous propose d’écouter celui de Mompou. Je vous avais déjà parlé de Mompou dans mon billet consacré à Wladimir JANKÉLÉVITCH.

Mompou Ave MariaCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas citer ici Joachin RODRIGO (1901 – 1990) et son œuvre la plus connue, le Concierto de Aranjuez.

Rodrigo Concierto de AranjuezCliquez sur le guitariste

Retrouvez la suite des aventures de l’Espagne musicale avec les opéras écrits par des Espagnols.

Mes opéras préférés, Mythologie

L’OR DU RHIN (RHEINGOLD), de WAGNER (1853 – 1854)

Prologue de L’anneau du Nibelung, le livret de l’Or du Rhin est achevé en 1853, et la musique en 1854. La première publique a lieu à Münich en 1869, par volonté du roi Louis II de Bavière et contre la volonté de WAGNER. La première officielle a lieu en 1876, pour l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth.

Pour l’Or du Rhin, Wagner rompt avec le traditionnel découpage en actes. Il est composé de quatre scènes reliées entre elles de manière continue grâce à des interludes musicaux.

Les filles du Rhin jouent, insouciantes, dans le Rhin. Elles sont censées garder l’Or du Rhin. Le Nibelung Alberich, un nain lubrique, les entend rire. Il s’approche et leur fait des avances, mais il est si laid qu’elles le repoussent.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur les filles du Rhin

Voyant un éclat doré dans l’eau, il demande aux filles ce que c’est. Elles répondent que c’est l’Or du Rhin, que leur père leur a demandé de garder. Quelqu’un qui forgerait un anneau avec cet or pourrait dominer le monde, mais seul celui qui renierait l’amour pourrait s’en emparer. Devant les moqueries des filles du Rhin, Alberich maudit solennellement l’amour, et s’enfuit au Nibelheim avec le trésor volé. Les filles du Rhin se désespèrent.

Chez les dieux, Fricka réveille son mari Wotan, le dieu en chef, et lui annonce que le Walhalla, un palais que Wotan a fait construire par les deux géants Fafner et Fasolt, est achevé. Fricka est inquiète pour sa sœur Freia, que Wotan a promise aux géants comme prix de la construction. Wotan lui confie qu’il a envoyé Loge, le dieu du feu, chercher une autre récompense que Freia. Celle-ci entre, bientôt suivie par les géants qui viennent se faire payer leur ouvrage. Wotan leur annonce que Freia doit rester, mais Fasolt rappelle à Wotan qu’il tient sa légitimité des runes sacrées gravées sur sa lance, et qu’il se doit de tenir ses promesses.

Wagner Rheingold scène 2Cliquez sur l’image

Loge arrive. Il dit qu’il s’est trouvé quelqu’un pour préférer l’or à l’amour d’une femme : Alberich, qui a volé l’Or du Rhin. Loge conseille à Wotan de promettre cet or en lieu et place de Freia. Les géants acceptent et sortent avec Freia en attendant que Wotan leur apporte l’or. Dès qu’ils sont sortis, les dieux commencent à vieillir, car Freia, avec ses Pommes d’Or, leur procurait la jeunesse éternelle. Wotan suit Loge dans les profondeurs de la terre (le Nibelheim), pour voler l’or à Alberich.

Au Nibelheim, Alberich a contraint son frère, Mime, à lui forger un heaume magique qui permet à celui qui le porte de se métamorphoser à volonté ou de se rendre invisible. Wotan et Loge arrivent et discutent avec Mime, qui leur parle du heaume magique. Alberich arrive, conduisant les Nibelungen qu’il a réduits en esclavage et leur faisant faire un gros tas avec l’or qu’ils ont extrait de terre. Il menace ses visiteurs, leur annonçant qu’avec ses nouveaux pouvoirs, il va devenir maître du monde. Wotan se fâche, mais Loge, rusé, lui parle du heaume magique, et le défie de prendre la taille d’un animal gigantesque. Alberich se transforme en dragon. Loge lui demande alors de se transformer en un petit animal, comme un crapaud. Alberich se métamorphose en crapaud. Wotan et Loge se précipitent sur lui et le capturent en lui arrachant le heaume.

Wagner Rheingold crapaudCliquez sur le crapaud

Remonté à la surface, Wotan exige d’Albérich qu’il lui donne tout son or en échange de la liberté. Alberich ordonne aux Nibelungen de remonter l’or. Quand ils ont fini, Wotan arrache l’anneau du doigt d’Alberich. Alberich maudit alors l’anneau : celui qui portera l’anneau sera l’esclave de l’anneau ! Après le départ du Nibelung, les dieux arrivent, suivis de près par les géants et Freia. Fasolt demande que l’on fasse avec l’or un mur suffisant pour cacher entièrement Freia. Quand les dieux ont fini d’entasser l’or, Fasolt déclare qu’il reste un interstice. Le seul or qui reste, susceptible de le combler, est l’anneau que Wotan porte à son doigt. Wotan refuse. La déesse de la terre, Erda, apparaît alors, et déclare à Wotan que ce sera la fin du monde des dieux s’il ne se résout pas à livrer l’anneau. Wotan s’exécute et les géants se partagent le trésor. Ils se disputent l’anneau et Fafner tue Fasolt pour s’en emparer. Wotan comprend le pouvoir de la malédiction de l’anneau (« Furchtbar nun erfind ich des fluchtes Kraft », soit « Redoutable trouvé-je maintenant la terrible malédiction »). Les dieux peuvent maintenant entrer dans leur château. Donner provoque un orage et Froh crée un arc-en-ciel par lequel les dieux accèdent à leur nouvelle demeure. Loge, qui n’est qu’un demi-dieu, sentant venir la fin du règne des dieux ne les suit pas. Au bas, dans la vallée, on entend les filles du Rhin pleurer la perte de leur or.

Wagner Rheingold finalCliquez sur l’image

Le décor est maintenant planté pour la suite de la tétralogie (ou trilogie avec prologue pour les puristes), avec la Walkyrie.

 

Cinéma, littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« TEL QU’EN LUI-MÊME ENFIN L’ÉTERNITÉ LE CHANGE », de MALLARMÉ

Après Oh si chère de loin, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images de ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer le Tombeau d’Edgar Poe, que Mallarmé a écrit à l’occasion de l’érection d’un monument à sa mémoire.

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change,

Monteverdi Orfeo finalCliquez sur l’image

Le poète suscite avec un glaive nu

Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu,

Que la mort triomphait en cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange,

Messiaen Saint-François d'Assise l'ange musicienCliquez sur l’ange

Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,

Proclamèrent très haut le sortilège bu

Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Verdi Macbeth Tre volte miagolaCliquez sur les sorcières

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !

Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief

Dont la tombe de Poë éblouissante s’orne

Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur

Kubrick 2001 monolitheCliquez sur le monolithe

Que ce granit du moins montre à jamais sa borne

Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

Wagner Crépuscule des dieux corbeaux de WotanCliquez sur la mort de Siegfried

Citations :

L’éternité le change : à la fin de l’Orfeo de MONTEVERDI, Apollon fait monter Orphée au ciel où il jouira de l’immortalité pour contempler l’image d’Eurydice.

Oyant jadis l’ange : j’ai choisi ici l’ange musicien, à l’acte II du Saint-François d’Assise (1983) de MESSIAEN.

Dans quelque noir mélange : au début de l’acte III de Macbeth de VERDI, les sorcières préparent un breuvage infernal (un noir mélange) leur permettant de lire l’avenir.

Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur : ce vers me fait immanquablement penser au monolithe du film 2001 a Space Odyssey de Stanley KUBRICK. La musique qui accompagne cette scène est le Requiem de LIGETI.

Aux noirs vols du blasphème : ces « noirs vols du blasphème » me font penser aux corbeaux de Wotan, annonciateurs de la mort de Siegfried à la fin du Crépuscule des dieux, d’autant que le Corbeau d’Edgar Allan Poe est un des poèmes traduits par Mallarmé en français.

Cinéma, Compositeurs, Shakespeare

Henry PURCELL (1659 – 1695)

Henry PURCELL est né à Londres le 10 septembre 1659. Son père appartient à la Chapelle Royale. Le jeune Henry entre comme enfant de chœur à la Chapelle Royale, où il commence son éducation musicale.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Purcell entre ensuite à l’école de l’abbaye de Westminster. Il poursuit ses études musicales avec John Blow et compose diverses musiques de scène, dont une ouverture pour le Timon d’Athènes, de Shakespeare (1678).

En 1679, il prend le poste d’organiste de l’abbaye de Westminster, tenu jusqu’ici par son maître John Blow, poste qu’il gardera jusqu’à sa mort. Il se consacre alors à l’écriture de cantates et de musique de chambre.

Il se marie en 1681. L’année suivante il devient organiste de la Chapelle Royale. Il ajoute à sa palette musicale la composition de musiques pour la famille du roi.

En 1686, soucieux de créer un théâtre musical dégagé de l’influence italienne qui régnait alors, il compose, dans l’ancien style des masques élisabéthains, Didon et Énée (1689) et King Arthur (1691), sur des livrets de John Dryden,

 Purcell King Arthur How happy the loversCliquez sur l’image

ainsi que The Fairy Queen (1692), une adaptation du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.

Il écrit de nombreux airs,

Purcell O solitude DellerCliquez sur la partition

ainsi que de la musique solennelle, Ode à Sainte Cécile (1692), Musique pour les funérailles de la reine Marie (1694).

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

(Les cinéphiles reconnaîtront un thème de la bande originale du film Orange mécanique [a Clockwork orange] de Stanley Kubrick).

Il meurt le 21 novembre 1695 en laissant inachevé The Indian Queen, et sera le dernier grand compositeur anglais avant une relève qui mettra deux siècles à venir, avec Britten.

Le masque élisabéthain : Cette forme est héritée des représentations que la noblesse donnait en l’honneur du roi ou de la reine, et qui mélangeaient théâtre et musique. Elle s’est ensuite popularisée.

Divers, Nature, Sciences

FÊTE DE LA SCIENCE 2019 La science à l’opéra

Du 5 au 13 octobre a lieu la fête de la Science partout en France métropolitaine. La fête de la Science est une manifestation qui a pour but de faire découvrir la science

  • Sensibiliser le grand public à la culture scientifique
  • Favoriser le partage des savoirs et les échanges entre les chercheurs et les citoyens
  • Faciliter l’accès à une information scientifique de qualité
  • Faire découvrir le travail des scientifiques et les métiers issus de la recherche
  • Valoriser le travail de la communauté scientifique
  • Permettre à chacun de s’approprier les enjeux des évolutions scientifiques pour une participation active au débat public
  • Susciter des vocations chez les jeunes en stimulant leur l’intérêt pour la science et la curiosité à l’égard des carrières scientifiques

Passons rapidement sur la période baroque où les livrets d’opéra étaient essentiellement tirés de la mythologie ou de la vie d’hommes illustres.

Les premiers « scientifiques » que l’on rencontrera seront les médecins, en particulier le Diaphoirus du Malade imaginaire de MOLIÈRE et Marc-Antoine CHARPENTIER.

Charpentier Molière le Malade imaginaireCliquez sur l’image

C’est avec le personnage de Faust que la figure du scientifique fait son apparition dans le monde de l’opéra. C’est le grand GOETHE qui a contribué à rendre populaire ce personnage du savant du moyen-âge qui, ayant passé sa vie à la recherche du savoir, se rend compte à la fin de sa vie qu’il n’a justement rien connu de la vie.

berlioz damnation de Faust merci doux crépuscule KaufmannCliquez sur Faust

Si vous regardez la vidéo précédente, vous aurez la surprise de voir le personnage de Stephen HAWKING sur la scène. Ne vous étonnez pas, c’est une maladresse du metteur en scène qui illustre de manière très lourde le rapport entre Faust et ce représentant médiatique de la science en action.

On trouve un inventeur au premier acte des Contes d’Hoffmann (1881) d’OFFENBACH. En effet, l’inventeur Spalanzani a fabriqué une poupée mécanique, Olympia, dont le poète Hoffmann tombe amoureux.

Offenbach Contes d'Hoffmann oiseaux dans la charmille N.DessayCliquez sur la poupée

Il faudra ensuite attendre le XXe siècle pour trouver des scientifiques à l’opéra. Par exemple, dans Wozzeck (1917 – 1922) de BERG, où le héros « vend » son corps à la science, c’est-à-dire au médecin militaire qui fait des expériences sur lui.

Berg Wozzeck le docteurCliquez sur le docteur

Les choses deviennent plus intéressantes dans la deuxième moitié du siècle. En 1976, Philip GLASS, l’un des papes de la musique répétitive, met en scène Albert EINSTEIN dans son opéra Einstein on the Beach.

Glass Einstein on the BeachCliquez sur l’image

Et comme l’opéra est un art toujours vivant, en 2005 encore, l’Américain John ADAMS fait vivre le physicien OPPENHEIMER, le « père de la bombe atomique », dans son opéra Doctor Atomic.

Adams Doctor AtomicCliquez sur John OPPENHEIMER

Et pour savoir ce qui se passe à côté de chez vous, un seul lien, celui du site officiel de la fête de la Science 2019.

fête de la Science 2019Cliquez sur l’affiche

Pour tout savoir (ou presque) sur l’utilisation de la science à l’opéra, c’est ici.