Écrivains, littérature, Philosophie

Gabriel FAURÉ : Wladimir JANKÉLÉVITCH ET LA MUSIQUE (2)

On le sait, le philosophe Wladimir JANKÉLÉVITCH était également musicologue (et pianiste averti). Aussi n’hésite-t-il pas à convoquer ses compositeurs préférés quand il s’agit de donner des exemples sur, par exemple, la notion d’ineffabilité. Un de ses auteurs de prédilection était Gabriel FAURÉ, et on peut relever, au fil de la lecture de la trilogie Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien les citations suivantes :

 Lu dans Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien :

« Cette divine éternité d’un quart d’heure » qui s’appelle Ballade en fa dièse de Gabriel Fauré.

Fauré Ballade en Fa dièse opus 19

« Ce désir de choses inexistantes » par lequel Gabriel Fauré caractérise la divine phrase de l’adagio de son 2e quatuor.

Fauré 2e Quatuor adagio

« Le « message » que le Sanctus du Requiem nous transmet, Fauré ne le formule ni ne l’exprime, mais il le dit en arpèges. » (Ailleurs, il écrit : « celui qui n’a pas entendu à l’orchestre ses pianissimos surnaturels, le murmure de ses harpes, la sereine et stellaire effusion de ses chœurs et l’apaisante cantilène de ses archets, et ses feintes modulations, et tout ce je-ne-sais-quoi qui est en sourdine… celui-là ne sait même pas le commencement du premier mot d’un charme que seuls les butors peuvent écrire à l’avance. »)

Fauré requiem sanctus

« L’essence est capable de se faire invisible… comme la très secrète splendeur de la musique de Fauré parmi les roucoulements des cantatrices » (à propos de son opéra Pénélope).

Fauré Pénélope Prélude

« La musique de Fauré représente à la fois le verbe immédiat et le chiffre complexe, et toute interprétation est méprise qui lui fait exprimer ceci ou cela; car elle suggère un état d’âme en général sans rien exprimer en particulier. Et de là que tous les commentaires imagés qu’on donne d’un Nocturne sont vrais ensemble ou faux ensemble. »

Fauré nocturne no 6

La Musique est l’Ineffable s’ouvre sur la question suivante: « Qu’est-ce que la musique? se demande Gabriel Fauré à la recherche du « point intraduisible », de la très réelle chimère qui nous élève « au-dessus de ce qui est ». »

Et plus loin, il nous parle du mystère de la mélodie fauréenne.

Fauré mélodie Nocturne

« Dans la pièce appelée Tendresse, les deux pianistes de Dolly dialoguent canoniquement sans échanger des idées précises, on dirait une âme silencieuse qui monologue avec elle-même. »

Fauré Dolly tendresse

Sources : Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien tome I La manière et l’occasion, éditions du seuil, 1980

Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien tome 2 La méconnaissance, le malentendu, éditions du seuil, 1980

La Musique et l’Ineffable, éditions du Seuil, 1983.

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – SEMAINE DU 13 AU 19 AVRIL

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 13 au 19 avril 2020. Encore une fois du lourd, à commencer par Rusalka de DVORAK chanté par Renée FLEMING, puis Boris Godounov dirigé par GERGIEV !

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Lundi 13 Avril Dvořák Rusalka

Dvorak Rusalka MET

Mardi 14 Avril MOUSSORGSKI Boris Godounov

Moussorgski Boris Godounov MET

Mercredi 15 Avril PUCCINI La Rondine

Puccini La Rondine MET

Jeudi 16 Avril ROSSINI Le Comte Ory

Rossini Comte Ory MET

Vendredi 17 Avril Puccini Madame Butterfly

Puccini madame Butterfly vogliatemi bene MET

Samedi 18 Avril CILEA Adriana Lecouvreur, un chef d’œuvre du vérisme.

Ciléa Adrienne Lecouvreur MET

Dimanche 19 Avril STRAUSS Der Rosenkavalier

Strauss Rosenkavalier MET

Divers

PÂQUES À L’OPÉRA

En cette période de Pâques, j’ai cherché quelles représentations on pouvait en trouver dans le répertoire classique.

Pâques, qui a lieu chaque premier dimanche qui suit la première lune qui suit l’équinoxe du printemps, est fêté par les chrétiens comme le jour de la résurrection du Christ. Symboliquement, il s’agit de fêter le renouveau, comme le printemps signifie le renouveau de la vie.

À tout seigneur tout honneur, je vais commencer par Jean-Sébastien BACH, qui n’a pas écrit d’opéras, mais essentiellement de la musique sacrée. Parmi elles, il y a ses oratorios que sont la Passion selon Saint-Jean et la Passion selon Saint-Matthieu.

Bach Matthaus-passionCliquez sur l’image

En 1786, HAYDN reçoit commande d’une musique pour la semaine sainte. Ce sera Les sept dernières paroles du Christ. D’abord écrite pour orchestre, puis pour quatuor à cordes, Haydn en fait un oratorio en 1795 – 1796.

Haydn les 7 dernières paroles TerremotoCliquez sur l’image

En 1801, BEETHOVEN écrit son seul oratorio, Le Christ au mont des Oliviers, encore influencé par le style de HAYDN.

Beethoven Le Christ au mont des OliviersCliquez sur l’image

Au début de La Damnation de Faust de BERLIOZ, les villageois célèbrent le retour du printemps, le jour de Pâques, dans le magnifique chœur « Christ vient de ressusciter ».

Berlioz Damnation de Faust Christ vient de ressusciterCliquez sur l’image

(Le Faust de GOUNOD se termine aussi par un Christ est ressuscité.)

Un autre Pâques a été célébré en musique par RIMSKI-KORSAKOV avec sa grande Pâque russe.

Rimski Grande paque russeCliquez sur l’image

Un des sommets de la musique de WAGNER se trouve dans « l’Enchantement du Vendredi saint » de son dernier opéra, le drame sacré Parsifal.

Wagner Parsifal enchantement du vendredi saintCliquez sur l’image

En 1893, RACHMANINOV termine sa suite pour deux pianos par un mouvement intitulé « Pâques », évoquant les cloches sonnant à toute volée.

Rachmaninov PâquesCliquez sur les pianistes

Dans son opéra Dialogues des Carmélites (1955) d’après BERNANOS, POULENC fait célébrer par l’aumônier du couvent où se déroule l’action une cérémonie clandestine, le jour du Vendredi saint. Il promet de revenir pour Pâques mais, traqué par les révolutionnaires, il ne fait que passer, avant de prendre la fuite.

Poulenc Dialogue des Carmélites tableau IVCliquez sur l’aumônier qui vient de dire sa dernière messe

Cinéma, Mes opéras préférés, Woody Allen

RIGOLETTO, de VERDI (1851)

Rigoletto est un des nombreux opéras inspiré par Victor HUGO. Il a été créé en 1851 à La Fenice de Venise. Rigoletto est le premier opéra de l’impressionnante trilogie de VERDI, puisqu’en 1852 Verdi écrit Le Trouvère, et en 1853 La Traviata. Trois chefs-d’œuvre en trois ans !

Rigoletto, donc, a été écrit sur un livret de Piave, d’après la pièce le Roi s’amuse de VH. Victime de la censure autrichienne, son action a été transposée à la cour du duc de Mantoue.

À propos de l’air « La donna e mobile », Verdi, qui avait peur du piratage de son œuvre (déjà!), n’a remis sa partition au soliste et aux instrumentistes que la veille de la création. L’histoire lui a donné raison puisque dès le lendemain, tout le monde chantait cet air dans les rues, qui est devenu depuis un des plus connus de Verdi.

Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut dire qu’on est dans le schéma classique (S+T/B), puisque Gilda (Soprano) et le duc (Ténor) s’aiment et que Rigoletto (Baryton) cherche à empêcher cet amour.

Acte I : Lors d’un bal chez le duc de Mantoue, le duc confie à son ami Borsa qu’il a des vues sur une belle femme qu’il voit à la messe depuis trois mois, et à qui un mystérieux inconnu rend visite tous les soirs (Air : « Questa o quella per me pari sono »).

Verdi Rigoletto Questa o quella per me pari sonoNe cliquez pas sur l’image

À Borsa qui lui fait remarquer les beautés présentes au bal, le duc répond avec cynisme qu’il est prêt à les aimer toutes, et qu’il n’est pas fait pour la constance. Voyant la comtesse Ceprano, il sort avec elle, devant son mari furieux. Rigoletto, le bouffon bossu du duc ridiculise alors le comte Ceprano. Arrive Marrulo, porteur d’une nouvelle : Rigoletto aurait une maîtresse ! Rigoletto rentre avec la comtesse et le duc, et il lui suggère différentes manières de se débarrasser du comte Ceprano. Le comte crie vengeance, et donne rendez-vous le lendemain à ses amis pour exercer cette vengeance. Arrive alors le comte de Monterone, dont la fille a été déshonorée par le duc de Mantoue. Au lieu de lui répondre, le duc envoie Rigoletto se moquer du comte, qui maudit le duc et son bouffon. Les gardes du duc arrêtent le comte et Rigoletto reste seul, horrifié par la malédiction.

Dans le fond d’une impasse, Rigoletto rentre chez lui, encore très affecté par la malédiction qu’il a reçue. Un spadassin, Sparafucile, vient lui offrir ses services, mais Rigoletto lui répond qu’il n’en a pas besoin pour le moment, mais lui demande où on peut le trouver, à l’occasion. Rigoletto entre chez lui où l’attend sa fille Gilda (Duo : Figlia, mio padre »).

Verdi rigoletto Figlia, mio PadreCliquez sur Gilda

Il lui recommande bien de ne pas sortir, mais Gilda répond qu’elle ne sort que pour aller à la messe.

Entendant du bruit dans la ruelle, Rigoletto va voir à la porte. Le duc en profite pour entrer dans la cour et se cacher. En écoutant parler Gilda et Rigoletto, il comprend que Gilda est la fille de Rigoletto. Rigoletto sorti, il se déclare à Gilda, se faisant passer pour un jeune homme pauvre et amoureux, Gualtier Maldé. Gilda, qui l’avait déjà remarqué à l’église en est déjà amoureuse (Air : « Caro nome »)

Verdi Rigoletto Caro nome

Une troupe arrive, guidée par Ceprano. Ils viennent pour se venger de Rigoletto en enlevant celle qu’ils croient être sa maîtresse, mais Rigoletto étant revenu, ils lui font croire que c’est la comtesse Ceprano qu’ils viennent enlever. Rigoletto se mêle à eux, on lui bande les yeux pendant qu’il tient l’échelle qui servira à l’enlèvement. Ils enlèvent Gilda, et l’emportent, mais celle-ci laisse tomber son écharpe. Quand, resté seul, Rigoletto enlève son bandeau et trouve l’écharpe, il comprend le début de sa malédiction.

Acte II : Dans son palais, le duc est désespéré, on a enlevé l’objet de son amour. Borsa et la petite troupe arrivent, et racontent qu’ils ont enlevé la maîtresse de Rigoletto, et qu’ils l’ont emmenée au palais. Le duc comprend qu’il s’agit de Gilda et sort pour la retrouver. Survient Rigoletto, cherchant partout sa fille. Entendant un page dire qu’il ne faut pas déranger le duc, il comprend qu’il est occupé avec sa fille. Il tombe en pleurs et s’humilie devant les courtisans (Air: « Cortigiani, vil razza danata »).

Verdi rigoletto Cortigiani, vil razza dannataCliquez sur Rigoletto

Gilda rentre et se précipite dans les bras de son père. Elle lui confesse son amour pour le duc (Ensemble « : Mio Padre ! Tutte le feste »).

Verdi Rigoletto Mio Padre Tutte le festeCliquez sur Rigoletto

Rigoletto est effondré. Passe le comte de Monterone que l’on conduit en prison. Monterone déclare que puisque sa malédiction n’a pas eu d’effet sur le duc, que celui-ci vive heureux, mais Rigoletto déclare qu’il sera, lui, le bras de la vengeance du comte (Air : « Si, vendetta, tremenda vendetta »).

Verdi rigoletti Si vendetta tremenda vendetta

Acte III : Rigoletto conduit Gilda près d’une taverne qui sert de repère à Sparafucile. Il montre à sa fille le duc qui vient d’arriver et chante son mépris des femmes (Air : « La Dona e mobile ».)

Verdi rigoletto La donna è mobile

Puis vient la sœur de Sparafucile, à qui le duc déclare son amour. Gilda réalise que le duc ne l’aimait pas, contrairement à ses belles paroles. Rigoletto l’envoie chercher un sac d’or à la maison, et lui recommande d’aller l’attendre à Vérone. Quand Gilda sort, Rigoletto commande l’exécution du duc auprès du tueur, dix pièces d’or à la commande, le solde à la remise du cadavre. La jeune femme et son frère conduisent le duc dans une chambre, mais elle trouve le duc trop beau garçon et essaie de convaincre son frère de ne pas le tuer. Ils se mettent d’accord : si quelqu’un se présente avant minuit à l’auberge, ils tueront ce passant à la place du duc. Gilda, qui était revenue et a tout entendu, décide de se sacrifier pour sauver le duc, qu’elle aime malgré tout. Elle frappe à la porte et entre, et c’est elle qui tombe sous les coups du reître. Rigoletto veut alors jeter au fleuve le corps dissimulé dans un sac, mais il entend au loin la voix du duc. Effrayé, il ouvre le sac, et y trouve Gilda mourante qui lui révèle son sacrifice (Duo : « V’ho ingannato, colpevole fui« .)

Verdi Rigoletto V'ho ingannato, colpevole fui

Rigoletto comprend alors la deuxième partie de sa terrible malédiction.

On peut entendre l’air « Caro nome » dans la BOF du film de Woody ALLEN Match Point.

Match pointCliquez sur l’affiche

Et puisque je suis dans les bonus, je ne peux résister à cette version alternative de l’air « Caro nome »

salvador juanita banana

Compositeurs, littérature

Modeste MOUSSORGSKI (1839 – 1881)

Modeste MOUSSORGSKI est né le 21 mars 1839 dans une famille de la petite noblesse russe.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour avoir accès directement à la liste de lecture

En 1851, Modetse entre dans une école d’aspirants de la garde. En musique, il découvre les modes liturgiques anciens.

En 1856, il sort de l’école militaire avec le grade de lieutenant.

Toute sa vie, Moussorgski souffrira de crises de nerfs et d’épilepsie, et il connaîtra de sérieux problèmes d’alcoolisme.

En 1857, il rencontre les compositeurs BALAKIREV et CUI. Il se met à étudier sérieusement la musique. Il compose Souvenirs d’enfance pour piano.

En 1859, il quitte l’armée pour se consacrer à la musique. Il fait la connaissance de BORODINE. En 1861, RIMSKI-KORSAKOV entre dans le groupe de Balakirev.

En 1862, c’est la naissance officielle du Groupe des cinq : Balakirev, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et Borodine.

En 1863, il entre dans l’administration des Ponts et Chaussées, tout en composant des mélodies. C’est à cette époque qu’il travaille à une adaptation du Salammbô de FLAUBERT.

Moussorgski Salammbô

En 1867, Moussorgski écrit Une nuit sur le mont Chauve, pour orchestre. Il est renvoyé de l’administration.

Moussorgski Une nuit sur le Mont chauve

En 1869, il termine une première version de Boris Godounov d’après POUCHKINE, qui sera refusée par la censure impériale. Dans cette œuvre, Moussorgski réussit à merveille à décrire l’âme russe au travers de sa musique, notamment par la place prépondérante donnée au chœur.

Le groupe des cinq se sépare en 1870.

En 1871 – 1872, Moussorgski compose une deuxième version de Boris Godounov et commence la Khovantchina.

Moussorgski la Khovantchina ouverture

En 1874, première représentation complète de Boris. Il écrit, pour le piano, les Tableaux d’une exposition. (On en connaît aujourd’hui surtout la version orchestrée par RAVEL.)

Moussorgski Tableaux d'une exposition Richter

En 1875, il écrit le cycle de mélodies Chants et danses de la mort.

Moussorgski chants et danses de la mort - Berceuse

(Dans la berceuse ci-dessus, la mère berce son bébé malade, et la mort déguisée en nourrice l’endort pour un sommeil éternel !)

En 1876, il souffre de solitude et son alcoolisme commence à lui poser des problèmes.

En 1879, l’opéra La Khovantchina est presque terminé. Il sera achevé après sa mort par l’infatigable Rimski-Korsakov. (Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH livrera une orchestration respectant l’âpreté de la musique de Moussorgski.)

En 1881, après une crise de delirium tremens, il meurt le 28 mars à l’hôpital militaire de Saint-Pétersbourg, âgé de 42 ans.

Grandes maisons d'Opéra

LE STAATSOPER DE VIENNE S’INVITE CHEZ VOUS ( semaine du 6 au 13 avril)

L’Opéra d’État de Vienne (Wiener Staatsoper) a communiqué la liste des opéras qu’il diffusera cette semaine.

Ces opéras seront visibles à l’adresse ci-dessous, chaque programme étant disponible pendant trois jours.

https://www.staatsoperlive.com/live

6. Avril 2020: A Midsummer Night’s Dream de BRITTEN

Britten midsummers's night WSOCliquez sur l’image

7. Avril 2020: La petite renarde rusée de JANACEK

Janacek La petite renarde rusée

8. Avril 2020: Ariodante de HAENDEL

Haendel Ariodante WSOCliquez sur l’image

9. Avril 2020: Parsifal (2015) de WAGNER

10. Avril 2020: Pas de diffusion

11. Avril 2020: Die Feen (les Fées) opéra de jeunesse de Wagner

Wagner les fées WSOCliquez sur l’image

11. Avril 2020: Sylvia de DELIBES (ballet)

Delibes sylvia WSOCliquez sur l’image

12. Avril 2020: Parsifal (2017) de Wagner

Wagner Parsifal 2017 WSOCliquez sur l’hôpital Wagner (sic)

13. Avril 2020: Der Rosenkavalier de Richard STRAUSS dans la mythique version de Carlos KLEIBER.

Strauss Rosenkavalier WSOCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – SEMAINE DU 6 AU 12 AVRIL

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste de ses opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 6 au 12 avril 2020. De l’opéra péplum Aïda de VERDI à Cosi fan Tutte de MOZART, en passant par l’opéra western avec La Fanciulla del West de PUCCINI et le drame sacré Parsifal de WAGNER, que des belles choses !

Pour vous connecter, c’est ici :

https://www.metopera.org/

Le 6 avril : Verdi Aida

Verdi Aïda MET

Le 7 avril : Puccini La Fanciulla del West (La Fille du Far West)

Puccini Fanciulla del west poker MetCliquez sur la partie de poker

Le 8 avril : Verdi Falstaff

Verdi falstaff met

Le 9 avril : Wagner Parsifal
Wagner Parsifal Met

Le 10 avril : GOUNOD Roméo et Juliette
Gounod Roméo et Juliette Met

Le 11 avril : DONIZETTI Don Pasquale
Donizetti Don Pasquale Met

Et le 12 avril : Mozart Cosi fan tutte

Mozart Cosi fan tutte Met

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à la semaine prochaine, le MET !

Contes et légendes, Divers, Fantaisie, Oulipo, Poésie

QUELQUES HAÏKAÏS (2)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Après un premier billet consacré aux haïkus, voici une deuxième série de haïkaïs créés sur le thème de l’opéra.

La Travia-ta

Et la Dame aux camélias

Est la même personne.

Verdi la Traviata Pretty YendeCliquez sur la Traviata

Sur une suggestion de Max-Louis :

Couleurs d’opéra

Aïda, Tannhaüser

VERDI et WAGNER.

     Verdi Aïda marche Met      Wagner Tannhaüser OuvertureCliquez sur les images ci-dessus

Sur une suggestion de Marie-Anne :

Le piano rit

du rire carnassier de

ses quatre-vingts touches.

Schubert Liszt Yuja WangCliquez sur les touches

Sur un haïkaï de Luciole :

Le chat de Noël

Devant ces mille lumières

Rêve-t-il aussi?

Cats the musical MemoryCliquez sur le chat

Sur un haïkaï de Solène :

Au-dessus du pont

La pleine lune luit

Dans la nuit, tranquille

Le pont by SolèneCliquez sur l’image

Hansel und Gretel

Un opéra d’HUMPERDINCK

Un conte pour enfants

Humperdinck Hänsel und GretelCliquez sur Hänsel et Gretel

Vous pouvez encore m’envoyer des haïkaïs si le cœur vous en dit 😀 !

Et retrouvez une nouvelle série en cliquant, sur ce lien.

Fantaisie, Histoire de l'opéra, littérature, Mallarmé, Oulipo, Premier avril

L’OPÉRA DE SAINT-GLINGLIN S’INVITE CHEZ VOUS

Saint-Glinglin est le titre d’un roman (1948) de Raymond QUENEAU, et est la refonte de deux romans précédents : Gueule de pierre (1934) et les Temps mêlés (1941). L’opéra de cette ville, de renommée mondiale, s’est donné pour mission de monter les œuvres musicales adaptées de Queneau et de ses amis, oulipiens ou autres.

Son riche catalogue de pestacles est disponible sans limites dans le temps sur son site Error404Pagenotfound :

https://Error404Pagenotfound

Au programme vous pouvez trouver :

Le ballet La croqueuse de diamants de Queneau et DAMASE (avec une chorégraphie de Roland PETIT)

Damase la rue Montorgueil (la croqueuse de diamants)Cliquez sur l’image

Les exercices de style chantés par les Frères Jacques.

Exercices de style Botanique

Le Dimanche de la vie : Ce roman de Queneau a vu un projet d’opéra coécrit par Queneau et son ami Boris VIAN. Cette œuvre n’ayant malheureusement pas vu le jour, l’Opéra de Saint-Glinglin a décidé de mettre le film qui a été tiré du roman à disposition sur son site.

Queneau le dimanche de la vie (film)Cliquez sur l’image

L’opéra qui a été écrit pas Edison DENISOV à partir de l’Écume des jours de Boris Vian est également disponible.

Denisov l'écume des joursCliquez sur l’image

De Jaques Prévert, on trouve L’Opéra de la lune et l’Opéra des girafes.

Mayoud Prévert l'Opéra de la luneCliquez sur la lune et la girafe

On trouve également les ébauches de Pierre BOULEZ pour les Cent mille milliards de poèmes. Boulez est malheureusement décédé avant d’avoir pu terminer la mise en musique de l’intégralité de ces 100 000 000 000 000 de poèmes.

William CHRISTIE a été tout excité quand il a appris qu’on avait trouvé dans les archives du musée national d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye les manuscrits de DEBUSSY pour une adaptation en musique du poème « Le Corbeau » (« the Raven ») d’Edgar Allan POE, traduit par MALLARMÉ. Les écrits de Mallarmuche étant une sorte « d’étalon » pour tester les contraintes littéraires de l’OuLiPo, il était naturel que ce soit à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il en assurât la création mondiale.

De Georges PEREC , on trouve La Disparition, seul opéra écrit sans qu’apparaisse la note MI (en notation anglaise ou allemande, la note MI est représentée par la lettre E.) Queneau étant né au Havre, il a semblé opportun de demander aux célèbres duettistes HAVRE et CAUMARTIN le livret de cette adaptation.

De Perec également, c’est évidemment à l’Opéra de Saint-Glinglin qu’il a prononcé sa fameuse conférence sur l’influence tomatotopique du lancer de tomates sur les sopranos, et on peut naturellement y découvrir l’enregistrement de Cantatrix Sopranica L., sa célèbre étude.

Cantatrix Sopranica L

Cinéma, littérature, Mes opéras préférés, Philosophie

LA MORT À VENISE, de BRITTEN (DEATH IN VENICE) (1973)

Dernier des opéras écrits par Benjamin BRITTEN, d’après la nouvelle éponyme de Thomas MANN, créé en 1973 au festival d’Aldeburgh, le titre original est Death inVenice. Il s’agit du testament opératique de Britten, qui écrivait là aussi un des derniers rôles pour son compagnon Peter PEARS.

Acte I : À Munich, en 1911, l’écrivain Aschenbach est en panne d’inspiration. Mais pour lui, ne plus écrire, c’est la mort. Devant un cimetière, un étranger passe, qui lui donne des envies de Sud et de soleil.

Sur le bateau qui le mène à Venise, l’attitude frivole et choquante des jeunes et d’un vieux beau le dégoûte.

Arrivé à Venise, un gondolier étrange, qui n’est pas sans évoquer Charon, le mène directement à son hôtel. Arrivé à l’hôtel, le gondolier disparaît sans réclamer son dû. Le directeur lui présente sa chambre. Resté seul Aschenbach se demande s’il a bien fait de venir à Venise. À l’heure du dîner, les clients de l’hôtel arrivent, racontant leur journée. Parmi eux, Aschenbach est frappé par la beauté d’un jeune adolescent.

Sur sa terrasse, qui donne sur la plage, l’écrivain étouffe à cause du temps qu’il fait. Il songe à quitter Venise, mais le spectacle des enfants jouant sur la plage, et surtout du jeune homme déjà remarqué, l’en dissuade. Il apprend le nom du jeune Éros polonais, Tadzio.

Britten Death in Venice Tadzio

Assailli par les vendeurs à la sauvette et les mendiants, victime du sirocco, Aschenbach est tenté de rentrer chez lui, mais le lendemain matin, arrivé à la gare, il apprend qu’on a envoyé ses bagages dans une autre ville par erreur. Il rentre à son hôtel.

Les enfants jouant sur la plage font plonger Aschenbach dans une rêverie.

Britten Death in Venice jeux sur la plage

Il se trouve sur une plage grecque, où l’on célèbre le culte d’Apollon. Tadzio remporte tous ces « jeux antiques ». Le spectacle redonne l’inspiration à l’écrivain, mais alors qu’il voudrait féliciter le vainqueur, il n’y arrive pas. Il se rend compte qu’il est tombé amoureux du jeune homme.

Acte II : Aschenbach réfléchit à ses sentiments envers le jeune garçon. Au salon de coiffure de l’hôtel, il apprend du capilliculteur que les clients s’en vont, à cause de la maladie qui se répand sur la ville. Voyant arriver Tadzio et sa famille, il ne veut pas qu’ils soient mis au courant de l’épidémie, de peur qu’ils ne quittent la ville eux aussi. Il les suit à la messe à Saint Marc, puis sur le chemin du retour à l’hôtel, se mêlant à la foule peut-être déjà touchée par l’épidémie.

Une troupe de comédiens ambulants vient donner un spectacle. Aschenbach cherche à savoir la vérité sur la maladie, mais le chef de la troupe respecte les consignes officielles, il faut se taire pour ne pas faire fuir les touristes.

Les gens précipitent leur départ. À Aschenbach qui demande pourquoi, un employé finit par lui dire la vérité, une épidémie de choléra se répand sur Venise. Aschenbach est maintenant convaincu de prévenir la famille de Tadzio de quitter la ville. Mais au moment de parler à sa mère, il ne peut rien dire, ce qui l’amène à se poser des questions sur l’art et/ou le sens moral.

Il s’endort et fait un songe, où s’affrontent les côtés apolliniens et dionysiens de sa personnalité. (Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.)

Britten Death in Venice Dionysos

À son réveil, il retourne au salon de coiffure se refaire une jeunesse, avant de suivre Tadzio dans la ville. Celui-ci le remarque, mais ne dit rien. Fatigué, Aschenbach s’arrête et achète des fraises, mais celles-ci sont moisies, ce qui lui inspire une réflexion philosophique sur la passion, la sagesse, la connaissance, la disparition.

Le directeur de l’hôtel constate que tous les clients quittent son établissement. Aschenbach apprend ainsi que la famille de Tadzio va regagner la Pologne. Il meurt, seul, à l’hôtel.

(Note : Les personnages qui figurent en gras dans le texte ci-dessus sont chantés par un seul chanteur, double du héros qui lui révèle ce qu’il ne veut pas (sa)voir consciemment. Le rôle de Tadzio est un rôle muet, et est joué par un danseur.)

N.B. la nouvelle originale de Mann a également inspiré VISCONTI pour son très beau film Mort à Venise, film dont la B.O. a révélé au grand public l’adagietto de la 5e symphonie de MAHLER.

Mahler 5e symphonie adagietto