Mes opéras préférés, Mythologie

LA BELLE HÉLÈNE, d’OFFENBACH (1864)

La belle Hélène est un opéra-bouffe écrit par OFFENBACH en 1864 sur un livret des joyeux duettistes MEILHAC et HALÉVY, et créé avec succès en décembre de cette même année. Repris un peu partout dans le monde dès l’année suivante (Vienne, Berlin, Prague, …). En l’honneur de cet opéra, le chef Auguste ESCOFFIER a créé le dessert qui porte son nom.

poire belle-hélèneCliquez sur ce délicieux dessert !

Acte I : Sparte s’apprête à célébrer les fêtes d’Adonis. On célèbre Vénus, qui a battu Junon et Minerve dans le concours de beauté du mont Ida, grâce au berger Pâris. Hélène questionne Calchas, le grand augure de Jupiter, sur « l’affaire du mont Ida ». Pour remercier Pâris, Vénus lui a offert en récompense la plus belle femme du monde, Hélène. Le neveu d’Hélène, Oreste paraît, mais Calchas l’empêche d’entrer dans le temple où Hélène s’est réfugiée.

Pâris débarque déguisé en berger et remet à Calchas une lettre de Vénus où elle demande à l’augure d’aider Pâris à séduire Hélène. Pâris lui raconte le jugement de Pâris (Air : Au mont Ida). Calchas accepte. Hélène apparaît et tombe sous le charme du faux berger.

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur Pâris

Le cortège des rois arrive pour la fête d’Adonis (Chœur : Voici les rois de la Grèce).

la belle HélèneCliquez sur les rois de la Grèce

Celle-ci s’accompagne d’un concours consacré aux « choses de l’intelligence » : une charade, un calembour et des bouts rimés. Pâris remporte facilement l’épreuve et peut ainsi recevoir le trophée. Il se fait reconnaître comme étant Pâris, fils de Priam, le roi de Troie. Hélène, enchantée, le couronne. Dans le tonnerre, Calchas, obéissant à Vénus, rend son oracle. Il faut que Ménélas aille passer quatre semaines en Crète, laissant Hélène seule.

Acte II : Les quatre semaines se sont écoulées, et Hélène résiste toujours à son amour (Air : On me nomme Hélène la blonde). Pâris, impatient, lui décrit les trois moyens d’arriver au cœur d’une femme : l’amour, la violence et la ruse.

Offenbach la belle Hélène On me nomme Hélène la blondeCliquez sur Hélène la blonde

Les rois arrivent chez la reine pour une partie de jeu de l’oie (sic !) Calchas, trichant, rafle la mise mais éveille les soupçons des rois. Il est obligé de rendre la moitié de ses gains. Hélène, torturée par son amour naissant, lui demande de voir Pâris en rêve, puisqu’elle fuit le vrai. La reine s’endort. Pâris entre dans sa chambre et Hélène croit que c’est son rêve (Duo : Oui, c’est un rêve).

Offenbach la belle Hélène Ce n'est qu'un rêveCliquez sur Hélène et Pâris

Alors que Ménélas rentre de Crête, il trouve Pâris dans le lit de son épouse, et ameute les autres rois qui devaient veiller sur son honneur. Hélène rejette la faute sur Ménélas : un mari doit avoir la bienséance, lorsqu’il s’absente, de prévenir sa femme de son retour (Air : Un mari sage). Tout le monde s’accorde pour chasser Pâris de la ville.

Acte III : Oreste et le peuple célèbrent Vénus, mécontente de l’attitude de Ménélas (Air & chœur : En repoussant Pâris). Ménélas jaloux cherche à comprendre pourquoi Hélène a parlé de rêve quand il l’a trouvée au lit avec Pâris. Hélène, clame son innocence, et agacée, finit par le menacer de lui donner de vraies raisons de se plaindre (Air : Là, vrai, je ne suis pas coupable).

Agamemnon et Calchas font remarquer à Ménélas qu’il n’est pas bon de s’opposer au vœu d’une déesse, mais il s’entête : il ne cédera pas à sa femme (Trio : Lorsque la Grèce).

Offenbach la belle Hélène Trio patriotiqueCliquez sur le trio (patriotique)

Il fait venir de Cythère le grand augure de Vénus, qui débarque alors et rend son oracle : Hélène doit accompagner l’augure à Cythère. Ménélas pousse Hélène à accepter. Mais elle ne veut pas faire ce voyage pour Ménélas, puisque c’est lui le responsable du courroux de la déesse. Le grand augure lui révèle alors qu’il est Pâris. Ils s’embarquent tous deux pour Cythère.

Ils sont déjà hors de portée quand la supercherie est dévoilée. Hélène a été enlevée par Pâris. La guerre de Troie peut commencer.

Offenbach la belle Hélène FinalCliquez sur Pâris

Cinéma, Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (1) : LE FEU

Puisque nous sommes en été, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est bien évidemment au feu qu’elle est associée, puisque l’été est la saison du soleil et de sa chaleur.

Le feu est un élément ambivalent. D’un côté, il apporte la chaleur et la lumière. Il permet de cuire les aliments et, anciennement, il écartait les bêtes sauvages du foyer. Le foyer, qui désignait le lieu du feu, est devenu par métonymie le terme qui signifie l’endroit où l’on vit, la maison. Par un second glissement de sens, il désigne aussi la famille (pensez au foyer fiscal des impôts.)

Le feu, c’est aussi l’amour. On brûle d’amour ou on déclare sa flamme à l’être aimé. Ainsi le duo final de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ : « L’amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

(Vous pouvez aussi réécouter l’air « d’amour l’ardente flamme » de la Damnation de Faust du même Berlioz.)

D’un autre côté, le feu brûle et détruit. Il est aussi associé aux flammes de l’enfer, où les damnés vont brûler pour l’éternité. C’est ce qui arrive à don Giovanni à la fin de l’opéra de MOZART, où le spectre du commandeur vient le chercher.

Mozart don giovanni scène finaleCliquez sur don Giovanni emporté dans les flammes de l’enfer

Dans la mythologie, le Titan Prométhée a volé le feu sacré des dieux afin de l’offrir aux hommes. Pour le punir, Zeus l’a condamné à être attaché sur un rocher où un aigle venait tous les jours lui manger le foie. GOETHE a repris cette légende dans un poème en 1774, poème que SCHUBERT a mis en musique en 1819.

Schubert PrometheusCliquez sur l’image

Environ un siècle plus tard, SCRIABINE écrit sur le même thème une de ses œuvres les plus connues, le poème symphonique Prométhée ou le poème du feu.

Scriabine Prométhée le poème du feuCliquez sur l’image

Toujours dans la mythologie gréco-latine, la divinité grecque du feu et du foyer était Hestia (en latin Vesta). Et les vestales, c’étaient ces jeunes filles qui chez les romains entretenaient le feu sacré. La vestale la plus connue à l’opéra est celle mise en scène par SPONTINI dans son opéra du même nom.

Spontini la Vestale O nume TutelarCliquez sur la vestale

Vulcain, le dieu romain du feu, est aussi le protecteur des forgerons. Ce n’est peut-être pas un hasard si dans le Trouvère de VERDI, qui contient la scène hallucinante où la gitane Azucena avoue avoir jeté son enfant dans le feu, croyant qu’il s’agissait de celui de son ennemi juré, on trouve un des chœurs les plus célèbres de Verdi, le chœur des forgerons.

Verdi Il Trovatore chœur des forgeronsCliquez sur l’image

Cliquez sur les enclumes

La figure géométrique associée au feu est le tétraèdre. Ce qui me conduit naturellement à la tétralogie de WAGNER, où le feu occupe une grande place. Il est personnalisé par Loge (Loki), le demi-dieu scandinave du feu, qui va aider Wotan dans sa tentative désespérée de rétablir l’ordre du monde ancien. À la fin de la Walkyrie, c’est lui qui protège la walkyrie endormie sur un rocher par un cercle de feu que seul un héros n’ayant jamais connu la peur pourra franchir. À la fin de Siegfried, le héros éponyme va enfin franchir ce cercle de feu pour réveiller la belle endormie. Et à la fin (décidément) du Crépuscule des dieux, Brünnhilde met fin à l’histoire en dressant un bûcher funéraire sur lequel elle brûlera le corps de son Siegfried adoré, lâchement assassiné par le traître Hunding.

Wagner Crépuscule des dieux fin du finalCliquez sur l’embrasement final du Walhalla

Dans les mythologies indo-persanes, le temple de la religion zoroastrienne est le temple du feu. On retrouve ce personnage sous ce nom dans l’opéra Zoroastre de RAMEAU, sous le nom de Zarastro dans la Flûte enchantée de MOZART ou dans le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra de Richard STRAUSS, d’après l’œuvre de NIETZSCHE.

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

Dans l’opéra pour enfant L’enfant et les Sortilèges, de RAVEL, le feu participe à la fronde des animaux et des objets qui se rebellent contre l’enfant.

Ravel l'enfant et les sortilèges le feuCliquez sur la révolte du feu contre l’enfant méchant

Dans son opéra l’Amour sorcier, DE FALLA compose cette très belle Danse rituelle du feu.

De Falla Danse rituelle du feuCliquez sur l’image

littérature, Mythologie, Philosophie, Poésie, Théâtre

LE MYTHE DE DON JUAN

Comme le mythe d’Orphée ou le mythe de Faust, le mythe associé au personnage de Don Juan, a inspiré les écrivains et les musiciens au cours des siècles.

Apparu en Espagne en 1630 dans la pièce de TIRSO de MOLINA El Burlador de Sevilla y Convidado di piedra (Le Trompeur de Séville et l’Invité de pierre), on le retrouve en Italie vers 1650 avec deux pièces Le convive de pierre (Il convitato di pietra) et le Festin de pierre (Il convito de pietra). De l’Italie, le personnage et son mythe arrivent en France avec MOLIÈRE et son Dom Juan ou le Festin de pierre (1665).

Le dramturge italien GOLDONI écrira lui aussi un Don Juan en 1730.

En 1761, GLUCK écrit un ballet sur le Don Juan de Molière, un an avant son Orfeo ed Euridice.

Gluck Don JuanCliquez sur l’image

Autre adaptation de la pièce de Molière avec le Don Giovanni (1788) de MOZART et DA PONTE, un des opéras les plus fameux du répertoire.

Mozart Don Giovanni La ci darem la mano

Au XIXe siècle, les romantiques donnent un autre tour à Don Juan, qui perd son côté libertin, au sens ancien du terme, c’est-à-dire de libre penseur. Ainsi pour l’Anglais Lord BYRON, Don Juan n’est plus qu’une victime de la séduction qu’il suscite chez les femmes et le côté religieux, ou plutôt le rejet de la religion disparaît.

E.T.A. HOFFMANN, en bon admirateur de Mozart, écrira en 1813 Don Juan, une fantaisie, dans laquelle une cantatrice chante un air de Don Giovanni. Cette fantaisie fait partie des pièces qui ont été mises en musique 70 ans plus tard par OFFENBACH dans ses Contes d’Hoffmann.

Offenbach Les contes d'Hoffmann Stella

En 1830, c’est le Russe POUCHKINE qui s’empare du mythe, dans son Convive de pierre. Ce Convive de Pierre sera adapté pour l’opéra par DARGOMIJSKI (1813 – 1869), créé en 1872 après avoir été fini par CUI et RIMSKY-KORSAKOV.

Dargomyjsky Le convive de pierre

Le héros continue sa carrière littéraire en France avec BALZAC (1830), MÉRIMÉE (1834) ou DUMAS.

En 1844, l’Allemand LENAU commence un don Juan, pour qui le héros est à la recherche de l’Éternel féminin, ou de la femme qui le représenterait. Ce poème sera publié après sa mort, en 1851, et c’est lui qui a inspiré à Richard STRAUSS son poème symphonique (1887).

Strauss don JuanCliquez sur l’image

Retour en Russie avec le Don Juan de TOLSTOÏ (1862), pour lequel TCHAÏKOVSKI écrira cette « sérénade de Don Juan ».

Tchaïkovski sérénade de don JuanCliquez sur l’image

(Merci à Johan de m’avoir fait découvrir cette pièce sur son blog.

https://lespetitesanalyses.com/2020/05/29/coeur-de-chien-mikhail-boulgakov/)

MAHLER lui-même y est allé de sa Sérénade de Don Juan (publiée en 1909), une œuvre de jeunesse d’après l’œuvre originale de Tirso de Molina.

Mahler Serenade aus Don Juan

Au XXe siècle, Don Juan continue à inspirer les écrivains, comme Edmond ROSTAND avec sa dernière pièce La dernière Nuit de don Juan (1921) ou MONTHERLANT en 1958.

(Sources principales [pour la partie littéraire]

Dictionnaire des Personnages, 1960, Bouquins LAFFONT,

Encyclopaedia Universalis 2017.)

Mes opéras préférés, Mythologie

PLATÉE, de RAMEAU (1745)

Platée est une comédie lyrique, créée à Versailles en 1745 à l’occasion du mariage du dauphin avec l’infante d’Espagne. Malgré un accueil réservé à la création, dû aux nouveautés et aux arrangements pris avec les conventions alors en usage, Platée est devenue une des œuvres les plus populaires de RAMEAU, notamment grâce aux nombreux effets comiques qu’il a introduits dans sa partition (chœur des grenouilles, charivari des oiseaux, air de la Folie).

Prologue : Une troupe de vendangeurs, de satyres, et de ménades tente de réveiller Thespis, inventeur de la comédie, pour qu’il chante les louanges de Bacchus. Momus, le dieu de la raillerie, et Thalie, la muse de la comédie, se joignent au chœur pour raconter la manière dont Jupiter a guéri Junon de sa jalousie. Amour vient à son tour réclamer sa place dans cette histoire. Par ces leçons réjouissantes, ils corrigeront ainsi les humains.

Acte I : Cithéron, roi de Platées, est pris dans la fureur des éléments. Il demande aux dieux de se calmer, et Mercure lui explique que la jalousie de Junon en est la cause. Cithéron propose un stratagème propre à calmer Junon : Jupiter doit feindre d’être amoureux. Afin de ne pas succomber à son propre piège, il choisit pour cible Platée, une nymphe des marais, grenouille à l’aspect ridicule. Platée, persuadée que Cithéron est amoureux d’elle, attend de lui qu’il se déclare.

Rameau Platée Acte I scènes 3 à 5Cliquez sur l’image

Elle lui fait des avances, mais en vain (irrésistible « Chœur des grenouilles ».)

Rameau Platée chœur des grenouillesCliquez sur Platée

Mercure, descendu du ciel, annonce à Platée que Jupiter l’a choisie. Elle appelle ses nymphes.

Acte II : Mercure a envoyé Junon surprendre Jupiter à Athènes, ce qui laisse la voie libre à Jupiter qui descend du ciel avec Momus. Platée s’approche, et Jupiter prend la forme d’un âne, ce qui ravit Platée. Jupiter se change en hibou, et Platée invite les oiseaux à lui rendre hommage (« Charivari des oiseaux »). Comme le hibou s’envole, Platée se met à pleurer, mais Jupiter revient sous sa forme normale, armé de son foudre divin. Il fait sa déclaration à Platée et ordonne à Momus de préparer la cérémonie (Chœur : « Qu’elle est aimable ».)

Rameau Platée acte II scène 3 (avec les oiseaux)Cliquez sur Jupiter

Arrive la Folie qui, avec la lyre qu’elle a volée à Apollon, a le pouvoir de rendre gai un chant funeste et triste un chant badin (Air : « Aux langueurs d’Apollon »), avant d’inviter le chœur à célébrer les noces de Jupiter et Platée (Chœur : « Hymen, l’amour t’appelle ».)

Rameau Platée air de la FolieCliquez sur la Folie

Acte III : Junon revient d’Athènes, furieuse de n’y avoir pas trouvé Jupiter. Mercure la calme, et lui demande d’observer la scène qui va suivre sans intervenir.

Le cortège nuptial s’avance, mais Platée regrette qu’Hymen et Amour ne soient pas présents. À Jupiter qui demande pourquoi ces petits dieux ne le suivent pas, Momus répond qu’ils vont rarement ensemble. Momus paraît, déguisé en Amour. Il apporte à Platée les présents de l’Amour : pleurs, cris, langueur et espérance. Folie demande à Amour de lancer tous ses traits.

Rameau Platée Acte III scène 4 Amour lance tes traitsCliquez sur l’image

Rameau Platée Acte III scène 5 Hymen l'amour t'appelleCliquez sur l’image

Comme la cérémonie va se terminer, Jupiter s’inquiète de ne pas voir arriver Junon. Au moment de prononcer le serment, Junon en fureur fond sur eux. Elle arrache le voile de Platée, mais en découvrant le visage de la nymphe, elle éclate de rire. Platée s’enfuit, déconfite, et Jupiter et Junon remontent au ciel, réconciliés. Folie et le chœur se moquent de Platée.

Rameau Platée finaleCliquez sur Platée

Retrouvez plus d’opéras chroniqués en cliquant sur ce lien.

littérature, Mythologie

PSYCHÉ

Psyché

L’histoire de Psyché et Cupidon nous est racontée par APULÉE dans L’Âne d’Or, un roman du 2e siècle de notre ère.

Psyché (dont le nom signifie âme en grec) est une princesse à la beauté parfaite, si belle même qu’elle éveille la jalousie d’Aphrodite. Malgré sa beauté, elle ne trouve pas d’époux, les hommes la vénérant comme une œuvre d’art, au point d’oublier de célébrer le culte d’Aphrodite. Furieuse, celle-ci ordonne à son fils Éros (Cupidon) de la rendre amoureuse du mortel le plus vil qui puisse exister. Mais au moment d’obéir à Aphrodite, Éros se blesse malencontreusement avec une de ses flèches, et tombe amoureux de Psyché.

Le père de Psyché se rend à Delphes pour demander à Apollon que sa fille puisse se marier, mais hélas, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher, où un horrible monstre viendra la chercher pour en faire sa femme.

Le père de Psyché obéit à l’oracle, mais Éros amoureux demande à son père, Zéphyr, d’enlever la jeune fille et de l’amener dans son palais. Dans l’obscurité de la nuit, son époux la rejoint, mais lui demande de ne jamais chercher à connaître son identité. Il la visite toutes les nuits, et Psyché se trouve prise entre son amour pour son amant et la répugnance qu’elle a pour le monstre qu’elle croit être son mari.

Mais les deux sœurs de Psyché, d’abord inquiètes pour leur sœur disparue, deviennent jalouses quand elles apprennent son sort. Elles la convainquent alors de tuer l’horrible monstre. Profitant du sommeil d’Éros pour le regarder, elle découvre le plus beau jeune homme qu’elle ait jamais vu, mais Éros réveillé s’enfuit.

Psyché entame alors une quête pour le retrouver, avant de finir chez Aphrodite elle-même, qui la soumet aux pires épreuves, telles que rapporter des eaux du Styx ou un morceau de la beauté de Perséphone.

Ses épreuves remplies, avec l’aide entre autres de Zeus, Psyché finit par retrouver Éros. Ils se marient et Psyché ayant bu l’ambroisie acquiert ainsi l’immortalité. De leur union naît Hédoné (Volupté).

Et c’est ainsi que la Beauté engendra Amour qui lui-même engendra la Volupté. Tout un programme !

Une si belle légende ne pouvait laisser les compositeurs indifférents. C’est ainsi que LULLY nous livra deux Psyché, la première en 1671, une comédie-ballet avec un livret sur lequel ont travaillé MOLIÈRE, Pierre CORNEILLE et QUINAULT. La deuxième, une tragédie en musique où le livret fut retravaillé par Thomas Corneille et son neveu FONTENELLE.

Lully Psyche Prélude de Trompettes

En 1675, l’anglais Matthew LOCKE (1621 – 1677) écrivit un semi-opéra sur la traduction du livret de Lully.

Locke PsycheCliquez sur l’image

Au siècle suivant, MONDONVILLE écrira L’Amour et Psyché.

Mondonville l'Amour et PsychéCliquez sur l’image

En 1857, c’est le grand Ambroise THOMAS qui écrit son opéra Psyché

Thomas PsychéCliquez sur l’image

En 1872, dans son opéra-comique Fantasio, OFFENBACH introduit l’air « Psyché, pauvre imprudente ».

Offenbach Fantasio Psyché pauvre imprudenteCliquez sur l’image

Plus près de nous, César FRANCK écrivit en 1888 un poème symphonique pour chœur et orchestre sur le thème de Psyché.

Franck PsychéCliquez sur l’image

Puis en 1897, c’est Camille SAINT-SAËNS qui écrit un oratorio pour ténor et chœur d’hommes, d’après le Psyché de Molière.

Et encore au siècle suivant, Manuel DE FALLA écrira son Psyché pour mezzo-soprano et petit ensemble instrumental.

De Falla PsychéCliquez sur l’image

Il est à noter que Jean de La FONTAINE a repris ce mythe en l’enrichissant, dans un de ses contes, les Amours de Psyché et Cupidon.

(Sources principales :

Encyclopaedia Universalis 2017

Dictionnaire des personnages , Bouquins Laffont 1999

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard 1992, sous la direction de Marcelle BENOIT.)

littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

HIPPOLYTE ET ARICIE, de RAMEAU (1733)

Tragédie lyrique de RAMEAU, inspirée du Phèdre (1676) de Racine (la première version de cette pièce s’appelait Phèdre et Aricie). Elle a été créée en 1733 à l’Académie Royale de Musique de Paris.

C’est à la création de cette œuvre qu’a commencé la Querelle des Lullystes et des Ramistes.

Prologue : Diane et Amour se disputent pour savoir laquelle régnera sur le cœur des habitants de la forêt d’Erymanthe. (Duo : « Non, je ne souffrirai pas »). Jupiter paraît et tranche pour Amour. Il demande à Diane de respecter les arrêts du Destin. Elle accepte de protéger Hippolyte et Aricie.

Acte I : Dans le temple de Diane, Aricie s’apprête à prononcer ses vœux à Diane (Air : « Temple sacré, séjour tranquille ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacré

Hippolyte, qui aime Aricie, cherche à l’en dissuader. (Les prêtresses de Diane devaient être vierges et le rester.) L’entendant, Aricie comprend que son amour sera perdu après ses vœux, et les deux jeunes gens prient Diane de veiller sur eux (Duo : « Tu règnes sur nos cœurs ».) La reine Phèdre, épouse de Thésée et amoureuse de son beau-fils Hippolyte (Hippolyte est le fils de Thésée et d’une amazone), soupçonnant Aricie d’aimer Hippolyte en retour, ordonne que l’on détruise le temple (Air : « Périsse la vaine puissance ».) Diane apparaît pour protéger les deux amoureux (Air : « Ne vous alarmez pas … ».) Un messager annonce que Thésée est descendu aux Enfers. La reine entrevoit que si son amour pour Hippolyte devient possible, elle joue à quitte ou double ou l’amour ou la mort.

Acte II : Aidé par son père Neptune, Thésée est descendu aux Enfers porter secours à son ami Pirithoüs (Air : « Puisque Pluton est inflexible ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puisque Pluton est inflexible

Thésée s’oppose à une furie, puis à Pluton et sa cour infernale. Pluton condamne le héros à partager les supplices de son ami. Thésée, prêt à partager le sort de Pirithoüs, invoque son père, qui lui avait offert trois vœux à exaucer, pour retrouver le jour. Mercure vient rappeler à Pluton le serment de Neptune. Pluton accepte donc de laisser partir Thésée, mais il ordonne aux Parques de lui révéler son destin (Trio : « Quelle soudaine horreur ton destin nous inspire ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Quelle soudaine horreur

Acte III : Phèdre attend Hippolyte et veut lui déclarer son amour (Air : « Cruelle reine des amours ».) Hippolyte avoue son amour pour Aricie, déclenchant la fureur jalouse de la reine (Duo : « [Ma fureur va tout/ Gardez-vous de rien] entreprendre ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendre

Comprenant alors les sentiments de sa belle-mère, Hippolyte réclame aux dieux un châtiment pour elle. Phèdre lui demande de la tuer pour tuer son amour coupable.

De retour des Enfers, Thésée demande des explications. Hippolyte ne peut répondre, ne voulant pas accuser Phèdre. La confidente de la reine accuse Hippolyte et Thésée réclame à Neptune un châtiment pour son fils (air : « Puissant maître des flots ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puissant maître des flots

Acte IV : Dans un bois, Hippolyte se lamente (Air : « Ah, faut-il en un jour… ».) Aricie le rejoint. Les deux jeunes gens demandent à Diane de bénir leur union (Duo : « Nous allons nous jurer … ».) Les sujets de Diane se réjouissent quand soudain, Neptune envoie un monstre marin qui emporte Hippolyte. Phèdre attirée par les cris se sent coupable (Air : « Quelle plainte en ces lieux m’appelle? ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final acte IV

Acte V : Thésée a vu Phèdre mourir, mais avant de se donner la mort, elle a lui dévoilé la vérité et il veut se jeter à la mer. Neptune l’en empêche et lui révèle qu’Hippolyte a en fait été sauvé par Diane. Il condamne Thésée à ne plus jamais revoir son fils. Dans la forêt, Aricie se lamente, avant que Diane ne lui annonce l’arrivée d’un héros, qui n’est autre qu’Hippolyte (Duo : « Est-ce vous que je vois? ») Les habitants de la forêt se réjouissent (Chœur : « Chantons sur la musette »)

Rameau Hippolyte et Aricie Chantons sur la musette

et Diane clôt l’œuvre (Air et chœur : « Que tout soit heureux sous les lois ».)

(source : article écrit en regardant le DVD du concert d’Astrée.)

Bande dessinée, Divers, Fantaisie, Mythologie

LA BOUGIE DU SAPEUR

Aujourd’hui 29 février 2020 est paru le nouveau numéro de la Bougie du Sapeur, seul périodique à paraître tous les quatre ans, à chaque 29 février. Comme je n’avais pas fini les mots croisés du numéro d’il y a quatre ans, je vais donc pouvoir avoir enfin la solution d’yceux.

Le titre de cette revue tétraïennale a été choisi en hommage au Sapeur Camember, héros d’un ancêtre de la bande dessinée créé par le dessinateur CHRISTOPHE.

Pour rendre hommage à cette louable initiative, je vous propose un billet autour du feu, les sapeurs-pompiers ayant pour rôle, notamment, d’éteindre le feu. (Oui, je sais, Camembert était un sapeur soldat, pas un sapeur-pompier, mais je n’ai pas trouvé suffisamment de matière pour écrire un billet sur l’opéra à partir des sapeurs soldats.)

En 1807, SPONTINI met en scène une vestale (i.e. une gardienne du feu sacré) dans son opéra judicieusement intitulé la Vestale.

Spontini la Vestale Hymne du soirCliquez sur la Vestale

À la fin de Guillaume Tell (1829) de ROSSINI, la femme de Guillaume met le feu à sa maison, pour donner le signe de la révolte contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell final acte IVCliquez sur l’image

Plus cruelle est l’évocation du feu dans Le Trouvère (Il Trovatore) (1853) de VERDI, puisqu’on y trouve une gitane condamnée au bûcher, et la fille de celle-ci qui pour se venger veut jeter le fils don son bourreau au feu, et dans un moment de folie, y jette son propre fils. (Air : « Condotta ell’era in ceppi ».)

Verdi il trovatore Condotta ell'era in ceppiCliquez sur l’image

Le feu a beaucoup d’importance dans la tétralogie de WAGNER. Dans l’Or du Rhin (Rheingold), Loge le dieu du feu aide Wotan à s’emparer de l’or du Rhin pour bâtir son Walhalla. À la fin de la Walkyrie (Die Walküre), Wotan endort sa fille Brünnhilde sur un rocher, protégée par un cercle de feu que seul un héros qui ne connaît pas la peur pourra franchir.

Wagner die Walküre final

À la fin de Siegfried, le héros franchit ce cercle de feu et réveille la Walkyrie endormie. Enfin, à la fin du Crépuscule des dieux (Götterdammerung), Brünnhilde dresse un bûcher pour y mettre le corps de son Siegfried défunt. En allumant ce bûcher, c’est tout le Walhalla qui s’embrase, mettant ainsi fin au règne des dieux sur terre, laissant la place aux hommes.

Jeanne d’Arc, on le sait, est morte sur le bûcher à Rouen en 1431. Son destin a été porté à l’opéra par VERDI et par TCHAÏKOVSKI. Dans l’opéra de Verdi, Giovanna d’Arco, elle échappe à cette fin, alors que dans celui de Tchaïkovski, la Pucelle d’Orléans, elle meurt brûlée.

Tchaïkovsky Jeanne d'Arc (La Pucelle d'Orléans) Adieu forêtsCliquez sur Jeanne d’Arc

Dans l’Enfant et les Sortilèges de RAVEL, le feu fait partie des objets qui se révoltent contre la méchanceté de l’enfant. (Air : « Je réchauffe les bons, je brûle les méchants ».)

Ravel l'enfant et les sortilèges le feu

 

 

Retrouvez ici un autre article sur le 29 février.

Divers, littérature, Mythologie

ARIANE (ADRIANA)

Dans la mythologie grecque, Ariane (Ariadne) était la fille de Minos et de Pasiphaé (Minos étant lui-même le fils de Zeus et d’Europe, Ariane est donc la petite-fille d’Europe, et c’est pourquoi on a donné son nom au lanceur européen). OVIDE nous en parle dans le livre VIII de ses Métamorphoses.

Ariane, séduite par Thésée qui devait combattre le Minotaure (lui-même issu de l’union entre Pasiphaé et un taureau [par une vengeance de Poséidon contre Minos]), Ariane lui donnera le moyen de se retrouver dans le labyrinthe du Minotaure en lui donnant un fil à dérouler derrière lui pour se retrouver. C’est le fameux fil d’Ariane. C’est ainsi son demi-frère qu’elle fera périr sous les coups de Thésée.

Plus tard, Thésée tombé amoureux de la sœur d’Ariane, Phèdre, abandonnera Ariane sur l’île de Naxos. Attiré par ses pleurs, Dionysos (Bacchus en latin) prendra pitié d’elle et la consolera. Il finira par en tomber amoureux.

Dans le monde de l’opéra, Ariane a été mise en musique par le père fondateur du genre, MONTEVERDI. Son opéra Ariane (1608), écrit alors que la femme de Monteverdi se mourait, a été perdu, et il n’en reste plus qu’un fameux et déchirant lamento.

Monteverdi lamento d'ArianeCliquez sur l’image

C’est l’épisode entre Ariane et Bacchus que Marin Marais mettra en musique en 1696.

Marin Marais Ariane et BacchusCliquez sur l’image

En 1727 PORPORA, alors à Venise, compose Arianna e Teseo, qui sera un de ses plus grands succès.

Porpotra Arianne e Teseo Mira in cieloCliquez sur l’image

Ariane, c’est aussi le nom de l’héroïne de la pièce du dramaturge symboliste Maeterlinck Ariane et Barbe-Bleue, qui sera mise en musique par Paul Dukas en 1906.

Dukas Ariane et Barbe-bleueCliquez sur l’image

1906, c’est aussi l’année où MASSENET écrit son Ariane, une œuvre quelque peu tombée dans l’oubli.

Massenet ArianeCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, c’est Richard STRAUSS qui décrira les tourments d’Ariane abandonnée sur l’île de Naxos dans son Ariane à Naxos (1911 – 1912).

Strauss Ariane à NaxosCliquez sur l’image

En 1920, Albert ROUSSEL écrit un ballet en deux actes, Bacchus et Ariane pour une chorégraphie de Serge LIFAR et avec des décors signés Giorgio de CHIRICO.

Roussel bacchus et ArianeCliquez sur l’image

littérature, Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

SAMSON & DALILA, de SAINT-SAËNS (1877)

À l’origine, Camille SAINT-SAËNS voulait adapter sous forme d’oratorio Samson, un livret d’opéra que VOLTAIRE avait écrit pour RAMEAU. C’est LEMAIRE, son librettiste, qui lui propose d’en faire un opéra biblique. Saint-Saëns en commence l’écriture dès 1859 et il destinait le rôle de Dalila à Pauline VIARDOT.

Il a été créé en 1877 sous l’impulsion de Franz Liszt, à Weimar et en allemand, et ne sera créé en France, au théâtre des Arts de Rouen, que quinze ans plus tard.

En traitant ce sujet Saint-Saëns, déjà intéressé par l’Orient, surfait sur la vague d’orientalisme de son époque (que l’on songe à DELACROIX en peinture, ou à FLAUBERT dont le Salammbô est exactement contemporain de la genèse de Samson et Dalila.)

Acte I  : Le peuple hébreu, sous la domination des Philistins, lance une prière à son dieu (Chœur : « Dieu d’Israël ».) Samson essaie de donner du courage à ses frères. Abimelech, le satrape de Gaza, arrive et raille le dieu d’Israël qui n’a pas su les protéger. Samson, invoquant son dieu, le tue.

Saint-Saens Samson et Dalila dieu d'IsraelCliquez sur l’image

Le grand prêtre de Dagon, le dieu des Philistins, sort du temple et demande aux Philistins de prendre les armes. Un messager annonce l’arrivée de Samson et des Hébreux et le grand prêtre fuit avec les Philistins (Air : « Maudite soit à jamais la race »).

Saint-Saens Samson et Dalila maudite soit à jamais la raceCliquez sur l’image

Comme les Hébreux se réjouissent de la victoire (Chœur des Hébreux : « Hymne de joie, hymne de délivrance »).

Saint-Saens Samson et Dalila hymne de joieCliquez sur l’image

Les femmes philistines, guidées par Dalila, arrivent. Dalila veut séduire Samson (Air : « Printemps qui commence ».) Un vieillard juif cherche à prévenir Samson de la malignité de Dalila.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur Maria Callas

Acte II  : Dalila attend Samson dans sa maison (Air : « Amour, viens aider ma faiblesse ».)

Saint-Saëns Samson et Dalila Amour, viens aider ma faiblesseCliquez sur Anita Rachvelishvili

Le grand prêtre vient lui demander de venger son peuple des juifs qui, libérés de leurs chaînes, ont pris leur ville. Il lui offre de l’or, mais Dalila ne veut que se venger de Samson (Duo : Il faut / je veux pour assouvir ma haine.) Celui-ci arrive, décidé à dire adieu à Dalila, que pourtant il aime. Dalila lui fait le coup de la séduction (Air : « Mon cœur s’ouvre à ta voix »), et Samson cède à son amour.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Olga Borodina et Placido Domingo

Dalila réussit à lui faire dire le secret de sa force, qui réside dans sa chevelure jamais coupée. Dalila triomphante appelle les Philistins qui, après avoir coupé les cheveux de Samson, le font prisonnier.

Acte III : Samson est enchaîné, et le peuple hébreu lui reproche sa trahison, qui les a conduits à l’esclavage (Chœur : « Samson, qu’as-tu fait de tes frères ? ») Dans le temple de Dagon, les Philistins se livrent à une Bacchanale.

Saint-Saens Samson et Dalila bacchanaleCliquez sur la bacchanale

On amène Samson, toujours enchaîné, et les Philistins se moquent de lui avant de le donner en sacrifice à Dagon. Avant de mourir, il adresse une prière à Dieu, lui demandant son pardon pour avoir cédé devant Dalila et ainsi condamné son peuple.

Dieu lui rend alors ses forces, et Samson, tirant sur ses chaînes, fait s’écrouler le temple sur les Philistins.

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Camille SAINT-SAËNS (1835 – 1921)

Camille SAINT-SAËNS est né à Paris le 9 octobre 1835. Son père meurt quand il a deux mois, et il est élevé par sa mère, peintre, qui veut faire de son fils un artiste. Il apprend le piano avec une grand-tante, et se révèle vite être un enfant prodige. À onze ans, il donne son premier concert, où il joue le 3concerto de Beethoven. Il entre au Conservatoire de Paris en 1848, où il a GOUNOD comme professeur de composition. Il se distingue de ses petits camarades compositeurs français en n’obtenant pas le Grand Prix de Rome, et il sort du Conservatoire avec un prix d’orgue.

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En 1853, à la sortie du Conservatoire, Saint-Saëns devient titulaire de l’orgue de Saint-Merri, où il se fait remarquer par BERLIOZ et LISZT. Avec un tel parrainage, il n’est pas étonnant qu’il se soit distingué plus tard avec ses poèmes symphoniques (Liszt est considéré comme « l’inventeur » du poème symphonique.) En 1857, il prend les commandes des grandes orgues de La Madeleine à Paris, où il restera 20 ans. C’est à cette occasion qu’il écrit son Ave Verum.

Saint-Saëns Ave VerumCliquez sur le chœur

En 1861, Saint-Saëns est professeur de piano dans une école de musique à Paris, où il a comme élève Gabriel FAURÉ et André MESSAGER. Pour le piano, il écrit cinq concertos, dont un en seulement dix-sept jours pour permettre à son ami Anton RUBINSTEIN d’avoir quelque chose de neuf à jouer lors d’un séjour à Paris. En 1870, il s’installe en Angleterre et a l’occasion de jouer devant la reine Victoria. Il compose également de la musique de chambre (Sonate pour piano et violoncelle, Rondo capricioso pour violon [1870]).

Saint-Saëns sonate piano violoncelle no 1Cliquez sur la pianiste et le violoncelliste (et la tourneuse de pages)

En 1871, de retour en France, Saint-Saëns fédère autour de lui un groupe de jeunes musiciens français, et fonde la Société nationale de musique, pour défendre une musique conforme au génie français (on sortait alors de la guerre perdue contre la Prusse), société à laquelle adhèrent notamment César FRANCK ou son élève Gabriel Fauré.

En 1872, il compose un premier opéra, La Princesse Jaune, qui est un échec. Ses poèmes symphoniques qui datent de la même décennie connaissent plus de succès (Le Rouet d’Omphale en 1871, Phaéton en 1873 d’après les Métamorphoses d’OVIDE, La Danse Macabre en 1874…)

Saint-Saëns PhaetonCliquez sur l’image

En 1875, Saint-Saëns se marie, mais son mariage est un échec. Après la mort de ses deux enfants en 1878, il se sépare de sa femme et assume désormais son homosexualité. 1875 est aussi l’année de sa première tournée à Saint-Pétersbourg, où il dirige La Danse Macabre.

Saint-Saëns la danse macabreCliquez sur l’orchestre

En 1877, il reçoit une forte somme de la part d’un mécène, qui meurt cette même année. Il écrit son chef-d’œuvre (pour l’opéra) Samson & Dalila (créé par Liszt en 1877 à Weimar).

Saint-Saëns Samson et Dalila Printemps qui commenceCliquez sur Dalila

En 1878, il crée son Requiem à la mémoire de son mécène. Il fait jouer les poèmes symphoniques de son ami Liszt en France.

Dans les années 1880, Saint-Saëns entre à l’Académie des beaux-arts et reçoit la Légion d’honneur. En 1883, il compose l’opéra Henry VIII, et en 1886, sa monumentale Symphonie avec orgue, (dédiée à la mémoire de Liszt) et le délicieux Carnaval des animaux.

Saint-Saëns symphonie avec orgueCliquez sur l’organiste

Saint-Saëns le carnaval des animauxCliquez sur les animaux

À partir de 1888, après la mort de sa mère, il se met à voyager, notamment en Algérie et en Égypte, où il subit l’influence des musiques orientales (son cinquième concerto de piano est appelé « l’égyptien »).

En 1898, on crée son opéra Déjanire aux Arènes de Béziers.

Saint-Saëns Déjanire version BandaCliquez sur la banda

En 1906, lui qui a déjà joué partout en Europe part en tournée aux États-Unis. En 1908, il est également le premier compositeur de musique de film (L’assassinat du duc de Guise).

Saint-Saëns meurt à Alger le 16 décembre 1921, à l’âge de 86 ans.

Saint-Saëns autographe(autographe de Saint-Saëns, collection de l’auteur de ce blog)

Et pour retrouver d’autres compositeurs ou compositrices à qui j’ai consacré un article c’est ici: Compositeurs.