Après Remémorations d’amis belges de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)
Aujourd’hui, donc, je vous propose M’introduire dans ton histoire, un poème de 1886 évoquant ses relations (fantasmées ?) avec Méry LAURENT.
M’introduire dans ton histoire C’est en héros effarouché S’il a du talon nu touché Quelque gazon de territoire
du talon nu : Vous je ne sais pas, mais moi quand j’entends « Héros » et « Talon », je pense à Achille (et pas à Achille Talon qui est aussi un héros, mais de bande dessinée, excellent par ailleurs). OFFENBACH l’a mis en scène dans La belle Hélène et ses couplets des rois.
À des glaciers attentatoire : JANACEK troisième acte de Jenufa,. Alors que l’héroïne va se marier avec Laca, on découvre sous les glaces fondant au printemps le cadavre d’un nouveau-né noyé ! Il s’agit de l’enfant illégitime qu’avait eu Jenufa, et dont la marâtre, pour sauver l’honneur de la famille, avait fait disparaître pendant la fièvre de Jenufa. Cette lecture me semble aller avec le sens caché du poème de Mallarmuche, avec ses désirs cachés pour Méry.
Du seul vespéral de mes chars : SAINT-SAËNS, Phaéton. Les deux derniers tercets peuvent se lire comme la course du char solaire jusqu’à son couchant. Saint-Saëns a mis en musique cette histoire de Phaéton volant sur le char solaire de Phoebus, son père, mais incapable d’en diriger les chevaux. Se rapprochant trop près du soleil et mettant la Terre en danger, Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la planète.
Et pour ceux et celles qui voudraient relire ce poème sans subir mes divagations musicales, retrouvez-le tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change.
Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.
En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.
Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.
En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.
En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.
Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).
La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.
Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)
En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.
Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.
Si vous avez été sages, vous pouvez cliquer sur l’image pour obtenir un bonus surprise.
Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.
Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.
Choisir une partie du corps. Membre organe tissu cellule liquide substance. Coin pli bout trou articulation ou protubérance. Quelconque élément que vous arrivez à personnifier. Oreille œil poumon synapses pieds nuque coude genou coccyx omoplate nez mitochondrie langue cœur sang ADN cuisse grain de beauté pouce paume auriculaire ou la main entière poignet cheville épaule cheveux nombril cicatrice ride. Défaut ou qualité. Je ne vais pas tout énumérer. Cet élément, unique, double ou multiple, que vous isolez comme vous souhaitez, à grande ou petite échelle, depuis l’intérieur ou l’extérieur, cet élément prend la parole et il se trouve qu’il a plein, vraiment plein de choses à dire à son propriétaire. Gratitude ou reproches, secrets ou nostalgie, exigences bien précises ou rêveries diffuses. C’est vous qui savez. Consignez son monologue, qui comprend moult parenthèses – ou tirets si vous préférez. Son discours se déroule par imbrications comme lui-même s’imbrique dans le corps. Langage qui ne se limite pas à dire oui ou non au plaisir et à la douleur. Dans le corps reposent la sagesse des gestes, des expressions et des réflexes, un esprit de finesse et d’à-propos, une vérité que l’esprit cherche à camoufler. Fiction, autofiction, autobiographie. Le corps peut être le vôtre, celui d’un autre. On ne demandera pas. Intimité oblige. Érotisme possible.
Fichtre diantre, Joséphine, une fois de plus me voici me grattant de l’index l’occiput, au risque de rouvrir la fontanelle et en me demandant comment je vais bien pouvoir remplir ce cahier des charges ! m’exclamai-je alors en lisant ce cahier des charges !
Ce à quoi Joséphine me répondit :
Un opéra sur la fontanelle et l’occiput ? Ce serait étonnant.
Et moi de rétorquer : FONTENELLE a écrit des livrets d’opéra, dont un « Psyché » écrit à quatre mains avec Thomas CORNEILLE, le frère de l’autre.
Carnets Paresseux prenant la balle au bond me suggéra : une version chantée de la Tirade du nez ?
Et moi de répondre à nouveau : Tu ne crois pas si bien dire, Jérôme. Cyrano, comme (presque) toutes les œuvres de ROSTAND, a fait l’objet d’une adaptation lyrique (un de mes nombreux billets en préparation…) en 1936 par ALFANO.
Après ces échanges, je n’étais pas plus avancé, et continuais de me gratter l’occiput avec l’index, au risque toujours de me rouvrir la fontanelle.
Prenant mon courage à deux mains, je me lançais toutefois dans une tentative d’essai d’Agenda Ironique. La main, l’index, bon sang, mais c’est bien sûr ! Je tenais là mon sujet majeur ! Mon organe, ce ne sera pas mon organe vocal (et pourtant), ce seront mes mains et mes doigts.
Commençons par le pouce. Le petit Poucet est le titre d’un conte de PERRAULT, qui a été mis en musique par RAVEL dans son œuvre pour piano à quatre mains Ma mère l’Oye.
L’index ensuite. Dans toute l’histoire de l’opéra, des œuvres ont été victimes de censure. C’est le cas notamment des opéras italiens qui abordaient des sujets trop politiques pour l’occupant autrichien. Mais c’est au XXe siècle que ces mises à l’index ont été les plus drastiques, que ce soit sous le régime nazi ou sous le régime stalinien. Ce fut le cas notamment de Lady Macbeth de Mzensk, de CHOSTAKOVITCH, interdit par Staline pour cause de « chaos musical ».
Pour le majeur, mon souci majeur est de trouver une illustration musicale majeure. Un grand merci à Photonanie pour m’avoir conseillé une œuvre en sol majeur !
Le cas de l’annulaire est beaucoup plus facile à traiter. En effet, l’opéra nous racontant très souvent des histoires d’amour, il est assez logique de voir le héros passer la bague au doigt qui porte l’anneau, l’annulaire de l’héroïne (ou l’héroïne passer la bague à l’annulaire du héros.)
Quant à l’auriculaire, ce petit doigt a l’avantage de pouvoir se glisser dans conduit auditif de l’oreille pour la déboucher, permettant ainsi aux auditeurs de mieux entendre la musique.
Et Fontenelle dans tout ça ? me demanderez-vous ! Eh bien, revenez donc le 11 février, et vous verrez.
Cela fait déjà quelque temps que j’ai fini Seule en sa demeure, le dernier roman en date de Cécile COULON (éditions de l’Iconoclaste, 2021), un thriller très efficace écrit avec un art sublime de l’écriture. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le recommande fortement.
D’entrée de jeu, ce roman est placé sous le signe de la musique avec la citation mise en exergue :
Forêts paisibles / jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs / S’ils sont sensibles, / Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.
Il s’agit d’un extrait des Indes galantes de RAMEAU et FUZELIER.
Je ne vous raconterai pas l’histoire (pas d’espoilage ici), mais sachez seulement que la forêt joue un grand rôle dans ce roman, et que ce qui s’y passe n’est pas forcément paisible.
L’héroïne de ce roman gothique, Aimée, se marie avec Candre, le riche propriétaire d’un vaste terrain couvert d’une forêt. Elle part vivre chez son mari, dans une grande maison, presque un château, isolée au milieu de cette forêt. Les autres protagonistes sont Henria, la domestique de Candre, une femme au caractère très fort, et Angelin son fils muet (je ne vous dirai pas pourquoi il est muet, lisez le livre pour le savoir.)
Page 55, à l’occasion de la cérémonie de leur mariage, on apprend que Candre n’aime pas la musique, hormis celle de l’orgue, des psaumes et des chants sacrés. Bien entendu, le mariage se fait au son de l’orgue.
Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)
Aujourd’hui, encore un classique parmi les classiques, le Chêne et le Roseau, fable qui a été mise en musique par Pauline VIARDOT.
Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ; Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent qui d’aventure Fait rider la face de l’eau, Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d’arrêter les rayons du soleil, Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n’auriez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l’orage ;
La Nature envers vous me semble bien injuste. – Votre compassion, lui répondit l’Arbuste, Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu’à vous redoutables. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots, Du bout de l’horizon accourt avec furie Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs. L’Arbre tient bon ; le Roseau plie. Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu’il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.
Roseau : mythe de Pan et Syrinx dans les Métamorphoses d’OVIDE. DEBUSSY a écrit une pièce pour flûte qui porte ce nom de Syrinx.
la tempête : BEETHOVEN sonate n° 17 « la Tempête ».
l’orage : Beethoven « l’orage » extrait de la 6e symphonie « Pastorale »
des Royaumes du vent : Dans lesBoréades, RAMEAU nous raconte l’histoire d’Alphise qui doit se marier avec un des deux boréades, les fils du dieu des vents Borée.
l’Empire des Morts : GLUCKAlceste Pour sauver son mari Admète, la reine Alceste décide de prendre sa place dans l’empire des morts.
Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.
Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.
La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.
Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.
Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.
Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.
La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.
I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.
II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.
III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.
IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.
V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.
VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».
VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.
VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.
IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.
X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.
XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.
XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.
XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.
XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.
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XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.
La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.
(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)
Alphonse de LAMARTINE est un poète romantique, écrivain et homme politique français, né à Mâcon le 21 octobre 1790.
Il commence très jeune à écrire de la poésie et, à 21 ans, fait son « voyage en Italie » au cours duquel il rencontre une jeune fille qui lui inspirera plus tard son roman Graziella.
À 21 ans, son père la fait nommer maire de sa commune et en 1814, il fait partie des gardes du corps de Louis XVIII et doit se réfugier en Suisse pendant les Cent jours. Rentré chez lui, il mène une vie de gentilhomme campagnard.
En 1816, pour des raisons de santé, il va prendre les eaux à Aix-les-Bains. Là, il fait la connaissance de Julie CHARLES, une femme mariée atteinte de phtisie galopante. Julie meurt en 1817, et son souvenir inspire à Lamartine son premier recueil de poésie, les Méditations poétiques (1820) qui rencontrent un grand succès. C’est en songeant à elle qu’il écrit un de ses poèmes les plus fameux, le Lac. (« Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence », ou encore « Ô temps, suspends ton vol ».)
Il se marie à une artiste peintre anglaise, Mary-Ann et est nommé attaché à l’ambassade de France à Naples. Il publie les nouvelles Méditations poétiques (1823), la Mort de Socrate (1823), et le dernier chant du pèlerinage d’Harold (1825).
En 1830, il se rallie à la Monarchie de Juillet. En 1832, il effectue un voyage en Orient, mais la mort de sa fille Julia (née en 1822) l’affecte profondément.
En 1833, il est élu député de Bergues, dans le Nord. Humaniste profond, il appartiendra à la Société française pour l’abolition de l’esclavage, et militera pour l’abolition de la peine de mort. Lors des élections de 1837, il devient député de Mâcon, siège où il sera réélu en 1842. Entre-temps, en 1836, il publie son roman Jocelyn.
En 1848, il fait partie du premier gouvernement de la 2nde république où, en tant que ministre des Affaires étrangères, il signe le décret abolissant l’esclavage. À la fin de cette année, il est candidat à l’élection présidentielle, mais c’est Louis-Napoléon BONAPARTE qui emporte ce scrutin.
Il cesse alors sa carrière politique pour ne plus se consacrer qu’à la littérature. Il écrit son roman Graziella en 1849, ainsi que des recueils de poésie, des livres d’histoire ou de politique.
Lamartine meurt à Paris le 28 février 1869.
Représentant des romantiques, ses poésies ont été abondamment mises en musique.
17 – Im Dorfe (au Village) : « Les chiens aboient, les chaînes cliquettent; les gens dorment… » Pendant que les « braves gens » dorment en paix, le voyageur poursuit son chemin loin de ces rêveurs.
18 – Der stürmische Morgen (la matinée de tempête) : « Comme la tempête a déchiré le gris du ciel… » Après la tempête, l’errant reconnaît dans le ciel déchiré son propre cœur, tourmenté par la tempête de l’amour enfui.
19 – Tauschung (Illusion) : « Une lumière danse gaiement devant moi, je la suis dans sa course… » La lumière d’une maison dans la nuit danse devant le voyageur errant; mais ce n’est qu’une illusion pour qui ne peut connaître le repos.
20 – Der Wegweiser (le poteau indicateur) : « Pourquoi éviter les chemins qu’empruntent les autres voyageurs… » L’homme cherche à éviter les chemins qu’empruntent les autres humains. Il doit suivre un chemin dont nul n’est revenu.
21 – Das Wirtshaus (l’auberge) : « Vers un cimetière mon chemin m’a conduit… » L’homme voudrait s’arrêter dans un cimetière pour s’y reposer, enfin. Mais tel n’est pas encore son destin, et il doit poursuivre son chemin.
22 – Mut ! (Courage !) : « Si la neige me cingle le visage, je la secoue… » Quand le cœur de l’homme gémit, il n’en a cure, les plaintes sont pour les fous !
23 – Die Nebensonnen (les soleils fantômes) : « J’ai vu trois soleils dressés dans le ciel, je les ai longuement contemplés… » Nous arrivons à la fin de ce voyage halluciné. L’homme a vu trois soleils dans le ciel, deux sont tombés, puisse le troisième en faire autant et laisser l’errant dans l’obscurité.
24 – Der Leiermann (le joueur de vielle) : « Là-bas, derrière le village, se tient un joueur de vielle… » Derrière le village, un vieillard joue de la vielle sans fin, ignoré de tous. Étrange vieillard, dois-je te suivre à jamais ?
Le texte des poèmes avec la traduction en français se trouve à la fin de cet article.
J’avais laissé l’homme jetant un dernier regard en arrière, avant que de partir pour toujours.
9 – Irrlicht (Feu follet) : « Dans les profondes gorges rocheuses un feu follet m’a attiré ». C’en est fini, l’homme n’est plus que le jouet d’un feu follet, prêt à se laisser guider par lui.
10 – Rast (Repos) : « Je sens combien je suis fatigué, seulement maintenant je trouve le repos ». Tant que l’homme marchait, il ne sentait pas la fatigue. Maintenant qu’il s’est arrêté, il sent ses membres endoloris. Pareil pour son cœur, dont la douleur se réveille quand il est au calme.
11 – Frühlingstraum (Rêve de printemps) : Je rêvais de fleurs de toutes les couleurs, tel qu’elles éclosent en mai. Dans ce moment de rêve, l’homme connaît un rare moment de bonheur.
13 – die Post (La Poste) : Dans la rue, j’entends le cor du postillon. Pourquoi bats-tu si fort, mon cœur ? » Entendant le cor du postillon qui vient de la ville de la bien-aimée, il se demande comment elle va, quelles nouvelles il pourrait recevoir.
14 – Der greise Kopf (la Tête de vieillard) : « Le frimas a saupoudré d’un reflet blanc ma chevelure ». Les cheveux blanchis sous le givre redeviennent noirs quand celui-ci a fondu. Quelle horreur d’être jeune et donc encore si loin du tombeau !
15 – die Krähe (la Corneille) : « Avec moi, une corneille avait quitté la ville… » Le voyageur est accompagné par une corneille qui tourne autour de lui. Il lui demande si c’est pour pouvoir bientôt s’emparer de son corps.
16 – Letzte Hoffnung (Dernier espoir) : « Çà et là, sur les arbres, on peut voir maintes feuilles multicolores ». Plongé dans ses pensées, l’homme observe une feuille sur un arbre. Si la feuille tombe, son espoir s’effondrera avec elle.