Après Le Loup et l’Agneau, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans les fables de La Fontaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)
Aujourd’hui, encore un classique parmi les classiques, le Chêne et le Roseau, fable qui a été mise en musique par Pauline VIARDOT.
Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ; Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent qui d’aventure Fait rider la face de l’eau, Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d’arrêter les rayons du soleil, Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n’auriez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l’orage ;
La Nature envers vous me semble bien injuste. – Votre compassion, lui répondit l’Arbuste, Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu’à vous redoutables. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots, Du bout de l’horizon accourt avec furie Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs. L’Arbre tient bon ; le Roseau plie. Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu’il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.
Roseau : mythe de Pan et Syrinx dans les Métamorphoses d’OVIDE. DEBUSSY a écrit une pièce pour flûte qui porte ce nom de Syrinx.
la tempête : BEETHOVEN sonate n° 17 « la Tempête ».
l’orage : Beethoven « l’orage » extrait de la 6e symphonie « Pastorale »
des Royaumes du vent : Dans lesBoréades, RAMEAU nous raconte l’histoire d’Alphise qui doit se marier avec un des deux boréades, les fils du dieu des vents Borée.
l’Empire des Morts : GLUCKAlceste Pour sauver son mari Admète, la reine Alceste décide de prendre sa place dans l’empire des morts.
Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.
Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.
La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.
Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.
Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.
Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.
La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.
I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.
II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.
III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.
IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.
V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.
VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».
VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.
VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.
IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.
X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.
XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.
XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.
XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.
XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.
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XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.
La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.
(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)
Après Séville, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Lille.
L’opéra de Lille a été construit juste avant la Révolution française. Si vous voulez en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter le site de Nemorino, qui la raconte très bien.
En 1790, Le Chevalier de SAINT-GEORGES part à Lille, et c’est pour cette ville qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.
Le compositeur Pierre BAUMANN (1796 – 1872) fut altiste et professeur de composition au conservatoire de Lille.
Nettement plus connu est son élève le compositeur Édouard LALO (1823 – 1892). Entré au conservatoire de Lille à l’âge de dix ans, il part ensuite à Paris pour parfaire sa formation musicale. Ses œuvres les plus connues restent probablement la Symphonie espagnole, son Concerto pour violoncelle, son opéra le Roi d’Ys et la musique du ballet Namouna.
Parmi les compositeurs nés dans la métropole lilloise, il y a en a un qui me plaît particulièrement. Albert ROUSSEL (1869 – 1937) est né à Tourcoing. Marin de formation, il décide de quitter la marine pour se consacrer à la musique. Au début influencé par DEBUSSY ou d’INDY, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles. Dans le domaine de l’opéra, il a écrit Padmâvatî, influencé par l’Inde et pour le ballet : le Festin de l’araignée.
Le baryton belge Edgard P. JACOBS, plus connu pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge, entre à l’opéra de Lille en 1929. Las, la crise de 1929 – 1930 font que les Français restreignent drastiquement les emplois occupés par des étrangers, et il doit retourner en Belgique.
Roubaix a vu naître le poète symboliste Albert SAMAIN (1858 – 1900). Très célèbre à son époque, ses poèmes ont inspiré de nombreuses mises en musique, dont l’opéra Polyphème du breton Jean CRAS
Un autre roubaisien mondialement connu est Georges DELERUE (1925 – 1992). Certes, ce ne sont pas ses quatre opéras qui lui ont valu cette notoriété, ce sont ses musiques de films, pour lesquelles il reçut trois Césars et un Oscar. Il a travaillé avec des cinéastes comme RESNAIS, TRUFFAUT, LAUTNER ou de BROCA.
Le père de Francesca, chanteur et compositeur, faisait partie de la Camerata fiorentina, un cénacle d’intellectuels visant à retrouver l’art tel qu’il se pratiquait dans la Grèce antique. Il travaillait à la cour des MÉDICIS.
À ce titre, il compose en 1600 à l’occasion du mariage de Marie de Médicis et d’Henry IV une pièce musicale chantée, Euridice, sur le même livret que son collègue de la Camerata, Jacopo PERI. C’est à la suite de ces représentations que Claudio Monteverdi « inventera » la forme opéra, avec son Orfeo de 1607.
La petite Francesca apprend de son père la musique : le chant, le clavecin, la composition.
De 1604 à 1605, le père, sa femme et ses deux filles sont invités à Paris par Henry IV et Marie de Médicis, où ils raviront les courtisans, notamment par la qualité du chant de Francesca.
En 1607, elle se marie et entre au service des Médicis au grand-duché de Toscane en tant que musicienne, et a été à une époque la musicienne la mieux payée.
En 1618, elle publie son premier livre de musique : Il primo libro delle musiche a una, e due voci (Le premier livre de musique à une et deux voix.)
Francesca est restée dans l’histoire de la musique en tantque première femme compositrice d’opéras.En effet, en 1625 elle écrit la liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Rogerde l’îled’Alcina), d’après l’Orlando furioso de l’ARIOSTE.
(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )
Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.
Eschyle est l’aîné de nos trois tragédiens, peut-être est-ce pour cela qu’il fait plus intervenir les dieux que les humains dans ses tragédies. Il a écrit plus de cent pièces, mais seules cinq d’entre elles nous sont parvenues.
Contemporain des guerres contre les Perses, Eschyle participe aux batailles de Marathon et de Salamine.
Une légende veut qu’il soit mort en recevant une tortue sur la tête, tortue lancée par un rapace sur son crâne chauve, qu’il avait pris pour un caillou !
Les Perses. Cette pièce, écrite en – 472, évoque la victoire des Grecs contre les Perses à la bataille de Salamine. C’est la plus ancienne pièce de théâtre conservée.
Les sept contre Thèbes. Cette pièce écrite en – 467 décrit le siège et l’attaque de la ville de Thèbes contre sept chefs d’Argos, dans le combat fratricide entre Étéocle et Polynice, les fils d’œdipe et frères d’Antigone. L’action se déroule donc avant les multiples versions de la tragédie Antigone.
Les Suppliantes, qui date d’environ – 460, raconte l’histoire des 50 Danaïdes (les filles de Danaos, lui-même descendant de Zeus et Io) qui devaient épouser les 50 fils d’Égyptos. Ne voulant pas de ce mariage, elles se réfugient avec leur père à Argos, le berceau de leur race, où elles demandent l’asile. Le roi d’Argos accepte de les protéger. Je reviendrai dans un billet spécifique sur l’histoire des Danaïdes, et de leur aînée, Hypermnestre.
En 1941, Honegger écrit une musique de scène pour cette pièce.
L’Orestie , qui date de – 458 est une trilogie composée de Agamemnon, les Choéphores et les Euménides. Serge Taneïev écrit un opéra, Oresteia, créé à Moscou en 1895.
Et en 2011, la compositrice polonaise écrit le drame lyrique Oresteia.
Il reste une autre pièce, Prométhée enchaîné dont la date est incertaine. Je reviens également dans un billet spécifique sur Prométhée, ce héros de la mythologie grecque, qui ayant volé le feu pour le donner aux hommes, se trouve cloué sur un rocher. Immortel, il est condamné à avoir le foie mangé chaque jour par un aigle, jusqu’à ce qu’il cède et révèle à Zeus un secret, mais Prométhée tient bon.
Honegger a écrit en 1946 une musique de scène pour ce Prométhée enchaîné d’Eschyle.
Et si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques, cliquez sur le bonus surprise.
Sujet complexe que celui d’Œdipe. On connaît ce héros essentiel de la mythologie grecque grâce aux deux pièces Œdipe roi et Œdipe à Colone de SOPHOCLE.
Œdipe était le fils de Laïos et Jocaste, abandonné à sa naissance parce qu’un oracle avait prédit à Laïos que son fils le tuerait. Recueilli par le roi Polybe, et ayant appris qu’il devait tuer son père, il quitte la cour de son père adoptif et se dirige vers Thèbes. En chemin, il croise Laïos et le tue. Arrivé à Thèbes, et après avoir résolu l’énigme du sphynx (voire de la sphynge), il épouse sa mère, la reine Jocaste, qui lui donnera quatre enfants, Antigone, Ismène, Étéocle et Polynice. Lorsqu’il apprend son forfait du devin Tirésias, il se crève les yeux et quitte Thèbes.
En 1786, SACCHINI a composé un opéra, Œdipe à Colone.
À la même époque, le prolifique GRÉTRY avait entamé un Œdipe à Colonne qu’il n’achèvera pas.
En 1845, Félix MENDELSSOHN, le frère de la compositrice Fanny, écrit une musique de scène pour Œdipe à Colone.
(P.S. De nos jours, Œdipe est généralement connu par le « complexe d’Œdipe » théorisé par le médecin viennois Sigmund FREUD. En effet, en 1897, alors qu’il avait commencé à élaborer sa théorie de la psychanalyse, il s’est rendu compte qu’il y avait en lui un désir pour sa mère doublé d’une jalousie envers son père. Privé de repères externes, il en a déduit, à l’encontre de toute rationalité scientifique, que ces envies étaient communes à tous les jeunes garçons !)
La Marseillaise est l’hymne national français depuis 1795. Elle a été écrite par Rouger de Lille en 1792 sous le titre Chant de marche de l’Armée du Rhin.
En tant qu’hymne révolutionnaire, elle a été citée par bien des compositeurs.
Dès 1793, Claude Balbastre, organiste à Notre-Dame de Paris écrit cette Marche des Marseillois.
Cliquez sur le grand orgue
Ainsi, dès 1799, SALIERI la citera dans sa cantate Der Tyroler Landsturm.
La version la plus connue de nos jours est celle orchestrée par BERLIOZ en 1830.
Robert SCHUMANN (le mari de Clara) a écrit le lied « les deux Grenadiers » sur un poème de HEINE datant de 1822, décrivant les mésaventures de deux grenadiers de l’armée napoléonienne en déroute. (Robert citera également la Marseillaise dans son Carnaval de Vienne.)
En 1861, VERDI compose l’hymne des Nations pour faire connaître la jeune Italie, qui sera créé à l’Exposition universelle de Londres en 1862. Cette cantate reprend la plupart des hymnes nationaux, dont évidemment la Marseillaise pour la France.
Clara SCHUMANN fait partie de ces femmes artistes dont le talent a été éclipsé par celui d’un homme, en l’occurrence l’homme de sa vie, le compositeur Robert SCHUMANN.
Née le 13 septembre 1819 à Leipzig, elle est la fille d’un professeur de piano, Friedrich WIECK, qui la fait travailler très tôt pour en faire une virtuose, et comme les pères de MOZART ou BEETHOVEN, la lance encore enfant dans une série de tournées et de concerts.
Elle n’a que neuf ans quand elle rencontre Robert SCHUMANN, un élève de son père de 9 ans son aîné. Très vite une amitié se noue entre eux et ce jeune homme épris de littérature lui apprend à connaître les poètes contemporains, les JEAN-PAUL (RICHTER), HEINE, E.T.A. HOFFMANN. De cette époque datent les premières compositions de Clara, les quatre polonaises opus 1.
Avec le temps, l’amitié va se transformer en amour, mais cet amour n’est pas du goût du père, tyran domestique, qui a d’autres ambitions pour sa fille et reproche à Robert de ne pouvoir lui assurer un train de vie correct en cas de mariage.
Le talent de pianiste de Clara a été reconnu par ses contemporains, comme LISZT ou PAGANINI.
Après des années où le père interdit aux jeunes gens de se voir, voire de s’écrire, quand Clara devient majeure, elle veut imposer son mariage contre la volonté de son père, qui intente alors un procès aux jeunes gens pour faire interdire ce mariage, accusant Robert de fainéantise et d’alcoolisme. Heureusement, les nombreux amis du jeune couple, dont Félix MENDELSSOHN, viennent témoigner en leur faveur.
Malgré l’amour et l’admiration que Clara a pour son Robert de mari, la situation est compliquée pour la musicienne qu’elle est. Robert monopolise souvent le piano familial pour ses compositions, et Clara doit jouer les maîtresses de maison, et très vite les mères au foyer, puisque huit enfants naîtront de leur union. « Heureusement » pour Clara, ce ne sont pas les revenus de Robert qui permettent au foyer de vivre, et Clara doit régulièrement donner des concerts, lui permettant d’exercer sa vraie vie, la musique, le piano, les concerts et elle fait ainsi des tournées dans toute l’Europe.
Le couple était proche du violoniste Joseph JOACHIM, qui apprend à Clara l’art d’interpréter la musique de Beethoven. C’est pour lui qu’elle écrit les trois Romances pour violon et piano.
En 1853, un jeune homme vient se placer sous leur amicale protection, Johannes BRAHMS, avec qui ils font de la musique dans une collaboration féconde.
Malheureusement, après dix ans de mariage, Robert sombre dans la folie. En 1854, il se jette dans le Rhin et, repêché, demande à être placé à l’asile. Il y restera plus de deux ans avant de mourir, sans que Clara ne puisse le revoir.
Dès lors, elle vit dans le souvenir de son mari, et se rapproche de Brahms. Elle continue à écrire, essentiellement pour le piano, donne des leçons de piano et continue ses séries de concerts jusqu’à la fin de sa vie.
Elle meurt le 20 mai 1896 à Francfort.
Le catalogue de ses œuvres comprend de la musique pour piano, des lieder, de la musique chorale, et quelques pièces pour piano et orchestre.
(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, et pour Charles PERRAULT, j’ai fait appel pour le portrait de Clara Schumann à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, et à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).
Charles Perrault était un écrivain et homme de loi, né à Paris le 12 janvier 1628. Ce protégé de Colbert a été membre de la commission chargée de « rédiger les inscriptions » sur les monuments publics (la future « Académie des Inscriptions et Belles Lettres ») et fut élu à l’Académie française en 1671. Il prit part à la Querelle des Anciens et des Modernes, soutenant que le XVIIe siècle était de loin supérieur à l’antiquité. En musique, il défendit ainsi la musique de Lully par rapport à la musique antique.
Après avoir écrit Peau d’Âne en 1694, c’est en 1697 qu’il fait paraître son œuvre qui reste la plus connue de nos jours, le recueil de contes les Contes de ma mère l’Oye.
Il meurt le 16 mai 1703, à Paris.
Peau d’Âne a été adapté dans un opéra-comique par Raoul Laparra en 1899. Plus près de nous, la compositrice Graciane Finzi en a fait en 2015 un conte (musical) pour enfants.
Dans les Contes de ma mère l’Oye, on trouve :
La Belle au bois dormant dont Tchaïkovski a fait un de ses ballets les plus célèbres.
Tex Avery n’a pas été le seul à adapter Le Petit Chaperon rouge. Il y a eu un opéra-comique de Boïeldieu, écrit en 1818, et plus près de nous, Georges Aperghis en a fait un conte musical pour enfants en 2001.
Les Fées. Je n’ai pas trouvé d’opéra directement inspiré par ce conte, mais pourtant les fées ont inspiré un grand nombre d’œuvres musicales.
Les adaptations de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ont déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog, « Cendrillon, Cinderella, la Cenerentola« .
Riquet à la houppe qui a fait l’objet d’une adaptation dans un opéra-comique de Georges HÜE en 1928.
Le Petit Poucet. En 1904, Louis Aubert écrit son premier opéra, la Forêt bleue, où il fait se côtoyer le Petit Poucet, la Belle au bois dormant et le petit Chaperon rouge. Cet opéra sera créé en 1911 à Boston.
En 1908, Maurice Ravel écrit Ma mère l’Oye un ensemble de cinq pièces pour le piano à quatre mains destiné à des enfants de ses amis. Les deux premières pièces de cet ensemble sont « Pavane de la Belle au bois dormant » et « le petit Poucet ». Les trois dernières sont tirées d’autres livres de contes.
(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, j’ai fait appel pour le portait de Perrault à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co )
Je vous l’annonçais dans mon billet sur Gabriel FAURÉ, son Requiem est une de mes œuvres préférées, et c’est probablement celle que j’ai le plus chantée en concert.
En opposition aux deux autres grands Requiems du XIXe siècle, ceux de BERLIOZ et de VERDI qui avaient perdu tout sens religieux, Fauré a voulu revenir a une forme plus retenue et plus intime. La structure de son Requiem est donc plus légère, et ne comporte que sept parties :
I – Introït et Kyrie
II – Offertoire (Offertorium)
III – Sanctus
IV – Pie Jesu
V – Agnus Dei et Lux Aeterna
VI – Libera me
VII – In Paradisum.
On n’y trouve donc pas ce morceau de bravoure obligé qu’est le Dies Irae (Jour de colère).
La première ébauche date de 1877 avec le Libera me, une œuvre écrite pour baryton et orgue. En 1887, Fauré à l’idée d’écrire une messe des morts (un requiem, donc)
La première exécution date du début 1888 en l’église de La Madeleine, à Paris, sans l’Offertorium ni le Libera Me, et avec un effectif orchestral relativement réduit, pas de cordes sauf un violon solo. Les deux derniers morceaux sont achevés rapidement, et dès 1893, c’est avec cette structure qu’est donné le Requiem, toujours à La Madeleine. C’est la version de 1893, dite pour orchestre de chambre.
Ensuite, Fauré confia à son élève Roger DUCASSE le soin d’écrire une réduction pour piano (celle que les choristes ont le plus souvent en main quand ils le chantent), mais Ducasse ira plus loin en fournissant aussi une version pour orchestre complet. C’est cette version de 1900 – 1901 qui deviendra vite populaire et sera jouée un peu partout dans le monde.
Il faudra attendre environ un siècle pour que les musicologues retrouvent les versions originales à la BNF et établissent une version critique de la partition. J’ai eu la chance de la travailler sous la direction de Jean-Michel NECTOUX, un des musicologues qui a réalisé cette édition critique (et par ailleurs auteur d’un livre, Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, paru chez Flammarion en 1990 et tout à fait remarquable).
Et donc pour moi, le Requiem de Fauré, c’est :
La première œuvre que j’ai chantée, au cours d’un stage dirigé par Michel PIQUEMAL en 1986. Nous l’avions donné à l’époque notamment à Pamiers, ville natale de Fauré.
Je l’ai également travaillée plusieurs fois avec l’ensemble vocal Intermezzo, dirigé par Claire MARCHAND, et donnée à La Madeleine, mais aussi aux Invalides et dans différentes autres églises de Paris ou de la région parisienne.
C’est enfin, une œuvre travaillée avec Jean-Michel NECTOUX, et donnée dans sa version de chambre dans les salons de l’hôtel particulier du prince de Polignac, dans le XVIe arrondissement parisien.
VI – « Libera me » (pour le baryton et le chœur). Attention, écoutez bien de 1 mn 57 s à 2 mn 50 s, vous avez les seules 17 mesures « forte » de la partition.
Voilà, normalement après ce morceau, il n’y a plus de place que pour le silence, mais comme aujourd’hui, le printemps est revenu (il revient toujours le printemps), je vous propose un petit cadeau bonus.