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Divers, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, littérature, Shakespeare, Théâtre

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE VENISE…

… quelle drôle d’idée ! comme l’a chanté Julien CLERC.

Parmi les villes qui ont tenu une place importante à l’opéra, Venise figure en bonne place, et ce dès le début de l’opéra.

En effet, le père fondateur du genre, Claudio MONTEVERDI est appelé à Venise en 1613. Et dès 1637, Venise cède à la passion pour l’opéra en ouvrant son premier théâtre dédié à l’opéra. C’est aussi le premier à être payant. C’est pour Venise que Monteverdi écrit le Retour d’Ulysse dans sa patrie (1640) et le Couronnement de Poppée (1642).

Lors de son apprentissage en Italie, Haendel y écrit Agrippina pour la saison 1709-1710.

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Le Vénitien prolifique, Antonio VIVALDI, y est né en 1678. Il aborde l’opéra en 1713 avec Ottone in villa, et c’est pour Venise qu’il écrit ses quelques dizaines d’opéras.

Vivaldi Ottone in villaCliquez sur l’image

Un autre Vénitien d’importance était le dramaturge Carlo GOLDONI (1707 – 1793) qui, parmi les quelque 200 pièces qu’il a écrites, a également produit des livrets d’opéra, dont Griselda (1735) mis en musique par Vivaldi.

Au siècle suivant, Venise prendra une place importante pour Franz LISZT et son gendre Richard WAGNER, puisque c’est dans cette ville que ce dernier est mort en 1883. Liszt écrira alors à sa mémoire la pièce pour piano Gondole funèbre. C’est ensuite lors d’un voyage en train entre Venise et Bayreuth que Liszt prendra froid, ce qui causera sa mort en 1886.

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Les chefs-d’œuvre de VERDI que sont Rigoletto et la Traviata ont été créés au théâtre de la Fenice, à Venise.

Venise est aussi une ville qui a servi de décor à des opéras. Parmi ceux-ci, citons par exemple la Gioconda (1876) de PONCHIELLI, adaptée de Angelo, tyran de Padoue de VH.

Le troisième acte des Contes d’Hoffmann (1881) d’OFFENBACH, avec sa célèbre « Barcarolle » est appelé l’acte vénitien puisqu’il se passe à Venise.

barcarolleCliquez sur l’image

Au XXe siècle, on a pu voir Venise dans le rare Marchand de Venise (1935) de Reynaldo HAHN, d’après Shakespeare.

Hahn le Marchand de VeniseCliquez sur l’image

Surtout, Venise est le lieu du roman crépusculaire La Mort à Venise, de Thomas MANN, roman superbement adapté à l’opéra par Benjamin BRITTEN en 1972.

britten mort à VeniseCliquez sur l’image

Et pour finir sur une note plus légère, écoutons les Gondoliers (il Gondolieri), de l’ami ROSSINI, une pièce toujours si agréable à chanter.

Rossini il GondolieriCliquez sur l’image

Retrouvez d’autres grandes villes d’opéra en sélectionnant la catégorie « Elle voulait qu’on l’appelle… » dans le bandeau à droite ! Et pour commencer : Prague !

Compositeurs, Maria Callas, Publicité

Vincenzo BELLINI (1801 – 1835)

Vincenzo BELLINI est né à Catane, en Sicile, le 3 novembre 1801. Son père et son grand-père, organistes, lui donnent ses premières leçons de musique.


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Vincenzo suit ses études au Conservatoire de Naples et commence sa carrière en écrivant de la musique religieuse, mais aussi une dizaine de symphonies aujourd’hui bien oubliées.

C’est dans le domaine de l’opéra qu’il se distingue avec, en 1826, la création de son opéra Bianca e Fernando, une comm2nde du Théâtre San Carlo de Naples. Devant le succès rencontré, on lui commande Il Pirata (1837) pour le théâtre de la Scala de Milan.

Bellini Il Pirata scène de folie (Callas)Cliquez sur l’image

En 1830, il écrit I Capuletti e i Montecchi, soit son Roméo et Juliette.

En 1831, il écrit pour deux théâtres rivaux de Milan La Somnambule

Bellini La Somnambule Ah non giunge DessayCliquez sur l’image

et Norma qui, après un début difficile, lui valent un large succès européen.

Bellini Norma Casta Diva (Gaultier)Cliquez sur la pub

Et puis comme ce blog, ce n’est pas que de la rigolade, retrouvez ici une autre version de l’air « Casta Diva » qui permet de saisir ce qu’est un vibrato réussi !

Bellini Norma Casta Diva FlemingCliquez sur l’image

Après l’échec de Beatrice di Tenda en 1833, il répond à l’appel de ROSSINI et vient en France pour composer un ouvrage pour le Théâtre-Italien de Paris. Il s’installe alors à Puteaux, où il écrit Les Puritains, qui connaît un véritable triomphe.

Bellini les Puritains NetrebkoCliquez sur l’image

Bellini meurt à Puteaux quelques jours après la création de cette œuvre le 23 septembre 1835. Il avait trente-quatre ans.

Son génie spontané pour la mélodie a fait de lui le représentant le plus parfait du bel canto (littéralement beau chant).

À sa mort, son rival pour la scène et ami dans la vie DONIZETTI, a écrit un Requiem à sa mémoire.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

OH SI CHÈRE DE LOIN, ET PROCHE, ET BLANCHE…

Après Brise marine, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer Brise marine.

Oh si chère de loin et proche, et blanche, si

Délicieusement toi, Mary, que je songe

Debussy Pelléas mes longs cheveux descendent Mary GardenCliquez sur Mary (Garden)

À quelque baume rare, émané par mensonge,

Sur aucun bouquetier de cristal obscurci.

Wagner Parsifal le GraalCliquez sur l’image

Le sais-tu, oui, voici des ans, voici toujours

Que ton sourire éblouissant prolonge,

La même rose avec le bel été qui plonge,

Dans autrefois, et puis dans le futur aussi.

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur le spectre de la rose

Mon cœur qui dans la nuit parfois cherche à s’entendre,

Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre,

S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur,

Poulenc Dialogue des carmélites Ave MariaCliquez sur les sœurs

N’était, très grand trésor et tête si petite,

Wagner Parsifal prélude SoltiCliquez sur l’image

Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur,

Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

Citations :

Blanche: Dialogue des Carmélites de POULENC (cf. Rien que chuchoté de soeur.)

Mary : Mary GARDEN qui a créé le rôle de Mélisande, de DEBUSSY. Debussy, ami de Mallarmé, fréquentait son salon et a mis en musique le Prélude à l’ami d’un faune.

Bouquetier de cristal obscurci : le Graal de Parsifal de WAGNER. Mallarmé faisait partie des premiers admirateurs français de Wagner. Dans Parsifal, le Graal, ce vase sacré, est assombri par le péché du roi Gurnemanz.

La même rose avec le bel été : « le Spectre de la rose » des Nuits d’été de BERLIOZ

Mon cœur qui dans la nuit : La nuit des amants

Rien que chuchoté de sœur : Dialogue des Carmélites de Poulenc. Là, je joue un peu avec les deux sens du mot sœur, entre la sœur biologique et la religieuse. Mais l’héroïne principale du dialogue des Carmélites s’appelle Blanche, terme que l’on trouve déjà au premier vers de ce très beau poème.

Très grand trésor et tête si petite : Parsifal à nouveau. Parsifal l’innocent, à la tête si petite, sera celui qui délivrera le Graal du mal (Cf. le bouquetier de cristal obscurci.)

Par le baiser seul dans tes cheveux : Pelléas et Mélisande à nouveau. La chevelure de Mélisande joue un rôle symbolique fort dans l’opéra de Debussy (Cf. Mary.)

Divers, Histoire de l'opéra

200e BILLET DU BLOG, l’ARBRE PHYLOGÉNÉTIQUE DE L’OPÉRA

Eh oui, ceci est le deux centième billet de mon blog !

À cette occasion, j’ai créé pour vous cette vidéo présentant l’arbre phylogénétique (l’évolution) de l’opéra, des origines à nos jours.

En presque un an et demi, j’ai écrit trente-huit billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à Tommy des WHO, vingt-cinq billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à BRITTEN et vingt-huit billets consacrés à des écrivains, de l’ARIOSTE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Pour que la vidéo ait une taille raisonnable, j’ai dû couper drastiquement dans les extraits choisis. Les voici donc dans leur entièreté :

Création de l’opéra : Ouverture de l’Orfeo de Monteverdi

monteverdi orfeo savallCliquez sur l’image

L’opéra classique : Air « Voi che sapete » des Noces de Figaro de MOZART.

Mozart Figaro Voi che sapeteCliquez sur Chérubin

L’opéra romantique est illustré par le « Chœur des chasseurs » du Freischütz, de WEBER (oui, oui, promis, il y aura bientôt un billet consacré à cet opéra.)

Weber Freischutz jagerchorCliquez sur le chœur

L’opéra-comique est illustré par l’air « La Fleur que tu m’avais jetée » de Carmen de BIZET.

Bizet Carmen la fleur AlagnaCliquez sur Don José

Enfin, le drame lyrique est illustré par l’air « Adio del passato » de La Traviata de VERDI.

verdi traviata adio del passato netrebkoCliquez sur la Traviata

Enfin, pour avoir plus de détail sur les étapes de cette évolution, retrouvez les billets consacrés à l’histoire de l’opéra :

XVIIe siècle

XVIIIe siècle

Les années 1800 – 1850

Les années 1850 – 1880

Les années 1880 – 1915

Les années 1915 – 1945

Des années 1945 à nos jours.

 

 

 

Mes opéras préférés

ORLANDO FURIOSO, de VIVALDI (1727)

Orlando furioso est un opéra de VIVALDI créé en 1727 à Venise, d’après le poème éponyme de l’ARIOSTE. Cette épopée était à l’époque très populaire dans l’Europe entière, et a connu plusieurs adaptations à l’opéra.

Vivaldi s’est servi du livret d’un autre Orlando, celui que RISTORI avait créé en 1713. Il a repris les récitatifs existants, mais les airs sont nouveaux. Derrière les excès de vocalises se cache de la vraie belle musique, notamment dans les airs d’Orlando.

Acte I : Orlando se souvient de la déclaration d’un magicien selon laquelle il serait libéré de l’amour s’il récupérait les cendres de Merlin l’enchanteur. (Air : « Nel profondo cieco mondo »).

Vivaldi Orlando furioso nel profundo

Angelica trouve Médor mourant sur le rivage, où une tempête l’a laissé. La magicienne Alcina le ramène à la vie, mais Orlando, jaloux, veut le tuer. Alcina fait passer Médor pour le frère d’Angelica et Angelica assure (faussement) Orlando de son amour (Air : « Tu sei de gl’occhi miei »). Orlando resté seul est en proie à la jalousie (Air : « Troppo è fiero il nume arciero »).

Arrive Ruggiero, amant de Bradamante. Alcina le séduit en lui faisant boire un nectar enchanté. Ruggiero tombe amoureux d’Alcina (Air : « Sol da te »).

Vivaldi Orlando furioso Sol da te JarousskyCliquez sur l’image

Bradamante, amoureuse de Ruggiero, découvre Alcina avec Ruggiero, qui ne la reconnaît pas. Alcina lui demande qui elle est, elle dit s’appeler Olympia, trompée par son amant Bireno. Se sentant trahie, Bradamante s’enfuit le cœur brisé, laissant la place à Alcina.

Bradamante retrouve Ruggiero, et le délivre du charme d’Alcina en lui présentant l’anneau qu’il lui avait donné en gage de fidélité. Il demande pardon, mais Bradamante le repousse. Ruggiero s’en veut et Orlando essaie de le consoler (Air : « Sorge l’irato nembo »).

Vivaldi Orlando furioso Sorge l'irato nemboCliquez sur Orlando

Acte II : Astolfo, un ami de Ruggiero également ensorcelé par Alcina, mais jaloux qu’elle ne se limite pas à un seul amour, veut se venger. Alcina lui répond qu’elle ne peut se contenter d’un seul amour (Air : « Vorresti amor da me »). Bradamante et Ruggiero finissent par se réconcilier. (Air : « Che bel morirti »).

Angelica explique à Médor qu’elle va se débarrasser d’Orlando. Médor chante son bonheur d’être avec elle (Air : « Qual candido fiore »).

Vivaldi Orlando furioso Qual candido fioreCliquez sur Médor

Angelica lui répond sur le même ton (Air : « Chiara al pari di lucida stella »). Puis elle envoie Orlando dans la montagne chercher le remède que Médée a donné à Jason pour avoir la jeunesse éternelle, mais Orlando se retrouve piégé dans la grotte par la magie d’Alcina. Il réussit à s’échapper, et jure de se venger de la traîtrise d’Angelica.

Angelica et Médor se marient, devant Alcina qui se plaint d’avoir perdu Ruggiero (Air : « Cosi potessi anch’io »).

Vivaldi Orlando furioso Cosi potessi anch'ioCliquez sur Alcina

Ils gravent le témoignage de leur bonheur (duo : « Belle pianticelle »), mais quand Orlando découvre ce témoignage de leur union, il devient fou de rage.

Acte III : Ruggiero, Bradamante et Astolfo veulent se venger d’Alcina (Air : « Dove il valor combatte »). Ils attendent Alcina devant le temple où elle garde les cendres de Merlin, d’où elle tire son pouvoir magique. Alcina arrive, furieuse et voulant se venger du dieu Amour, et ouvre la porte du temple. Bradamante se présente à Alcina comme étant Aldarico, un chevalier qui cherche à se venger de Ruggiero pour avoir séduit et abandonné une de ses sœurs. Alcina tombe amoureuse de lui. Arrive Orlando, toujours en plein délire. Bradamante et Ruggiero ont pitié de lui. Ils reprochent à Angelica son manque de pitié envers Orlando. Ils laissent seul Orlando (Air : « Fonti di piano »). Orlando, voyant la statue de Merlin, croit voir Angelica. Il veut s’en emparer et pour cela, se bat contre le gardien du temple et le tue. Il enlace la statue, ce qui met fin aux enchantements d’Alcina. Celle-ci, vaincue, veut tuer Orlando qui s’est endormi. Ruggiero et Bradamante l’en empêchent. Arrivent Angélique et Médor, puis Astolfo. À son réveil, Orlando, qui a retrouvé la raison, pardonne à Angelica et Médor. Final, où tout le monde, sauf Alcina, chantent le bonheur et la paix retrouvés (Ensemble : « Con mirti e Fiori »).

Vivaldi Orlando furioso finalCliquez sur le final

Compositeurs

Antonio VIVALDI (1678 – 1741)

Antonio VIVALDI est né à Venise le 4 mars 1678.

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Son père était barbier et violoniste, et en tant que violoniste, on le voit engagé à la basilique Saint-Marc. Antonio apprend le violon auprès de son père, et il se révèle aussi précoce que doué. Nommé musicien surnuméraire à la Chapelle ducale, il est ordonné prêtre en 1703. La même année, il est choisi comme maître de violon à l’Hospice de la Piété, un des quatre hospices pour les nécessiteux subventionnés par la république de Venise. C’est là qu’il écrit son fameux Gloria, sans doute la plus connue de ses pièces sacrées.

Vivaldi GloriaCliquez sur l’image

En 1705 il fait imprimer son opus I, un recueil de sonates de chambre, et en 1709 il dédie son opus II à Frédéric IV de Danemark, alors en séjour à Venise. Son opus III, l’Estro Armonico est imprimé en 1711, et marque la transition entre le concerto grosso traditionnel (1) et le concerto pour instrument de soliste moderne. L’Estro Harmonico parvient à J.S.BACH qui, d’enthousiasme, entreprend d’en transcrire plusieurs concertos pour le clavier. En 1712, c’est la création d’un de ses plus grands chefs-d’œuvre religieux, le Stabat Mater.

Vivaldi Stabat MaterCliquez sur l’image

C’est en 1713 que Vivaldi aborde l’opéra, genre très prisé (on estime à plus de 400 le nombre d’œuvres données à Venise entre 1700 et 1743). Son premier opéra est Ottone in villa (1713), et par la suit, Vivaldi en écrit un ou plusieurs par an jusqu’en 1739. Il faut préciser qu’il recyclait beaucoup ses airs d’un opéra à l’autre, pratiquant ce qu’on appelait le pastiche, c’est-à-dire qu’il plaçait des paroles nouvelles sur des airs déjà existants (son contemporain Georg Friedrich HAENDEL (1685 – 1759) faisait la même chose à Londres).

Sur ses 47 opéras répertoriés (2), moins de vingt ont été conservés, d’autant qu’à l’époque la musique n’était pas imprimée. En plus de son activité de compositeur et de chef d’orchestre, il assure la fonction d’impresario du Teatro Sant’Angelo, c’est-à-dire qu’il s’occupait de l’administration, de la composition des programmes, du recrutement des chanteurs et des instrumentistes, etc. (Son contemporain Haendel faisait la même chose à Londres, à la Royal Academy of Music.)

En 1714, il fait éditer son opus IV, La Stravaganza, qui fixe la forme du concerto soliste en 3 mouvements (vif – lent – vif). En 1716, c’est la création d’un nouveau chef d’œuvre, l’oratorio Juditha Triumphans. 1714 est l’année de Orlando finto pazzo d’après le poème Orlando innamorata.

Vivaldi Orlando finto pazzoCliquez sur l’image

À partir de 1718, année de Armida al campo d’Egitto, d’après la Jérusalem délivrée du Tasse, Vivaldi entame des voyages : Mantoue en 1718, Rome en 1722 et en 1723. En 1724 ou 1725, il fait paraître son opus VIII, dont les quatre premiers concertos composent les célébrissimes Quatre Saisons.

Et la production d’opéras continue, quatre en 1726, quatre en 1727 (dont Orlando Furioso), deux en 1728 et ainsi de suite…

Vivaldi Orlando furioso nel profundoCliquez sur l’image

En 1735, c’est Bajazet (Il Tamerlano).

Vivaldi BajazetCliquez sur l’image

En 1741, il liquide ses affaires et part à Vienne, où il meurt le 28 juillet de cette même année, déjà oublié de tous.

[1] À l’époque baroque, le concerto faisait dialoguer deux groupes d’instrumentistes : un petit groupe et l’orchestre.

[2] En plus de ces 47 opéras, on considère qu’avec les reprises et les pastiches, sa production peut monter à 70 œuvres pour le théâtre.

Rappel : dans le jeu Pokémon, un des petits monstres de poche s’appelle le Vivaldaim, et il peut prendre quatre formes différentes, chacune d’elle dépendant de la saison où on le rencontre.

Ercole sul Termondonte (1723)

Écrivains, Bande dessinée, Compositrices, littérature, Maria Callas, Oulipo

CANTATRIX SOPRANICA L. (Georges PEREC – 4)

Cantatrix Sopranica L. est le titre d’une étude scientifique de Georges PEREC sur, je cite, la « démonstration expérimentale d’une organisation tomatotopique chez la Cantatrice ».

Dans cette parodie, à lire absolument, d’une publication scientifique, l’auteur nous livre le mode opératoire des expériences visant à mesurer l’effet du lancer de tomates (ou d’autres objets) sur les hurlements des cantatrices.

Il faut savoir que pour gagner sa vie, Perec a occupé un poste de documentaliste de 1961 à 1978 dans différents hôpitaux parisiens, puis au CNRS. La prose si spéciale des publications scientifiques ne lui était donc pas du tout étrangère.

En effet, partant de l’observation suivante : « The more you throw tomatoes on Sopranoes, the more they yell », l’auteur se propose de mesurer scientifiquement cet effet.

Pour cela, il a expérimenté sur 107 sopranos femelles fournies par le Conservatoire National de Musique, pesant entre 94 et 124 kg, la réception de tomates lancées par un « automatic tomatothrower » à la cadence de 9 projections par seconde, ce qui est censé refléter les conditions rencontrées par les sopranos et autres chanteurs sur scène.

Il faut lire toute la bibliographie associée à cette étude, biblio truffée de jeux de mots. On peut ainsi y relever, écrites dans un européen vernaculaire :

  • Chou, O.& Lai, A. Musicali efftti del tomatino jettatura durante il reprezentazione dell’opere di Verdi.
  • Donen, S. & Kelly, G. Singing in the brain.

Singing in the rainCliquez sur le film de Stanley DONEN

  • Marks, C.N.R.S. & Spencer, D.G.R.S.T. About the frightening reactions that accompanied first performances of Il Trovatore at the Metropolitan.

Verdi Trovatore Di quella piraCliquez sur l’image

  • Pompeiano, O. Vesuviana, A. Strombolino, H. & Lipari, G. Volcaniche effetti della formazione reticolare nella funiculi funicula.

Funiculi funiculaCliquez sur les deux ténors

  • Tebaldi, R. La Callas revisited.

Callas vs TebaldiCliquez sur la Callas et la Tebaldi

En 2005, la compositrice Unsuk CHIN a créé sa propre vision de Cantatrix Sopranica.

Unsuk Chin Cantatrix SopranicaCliquez sur l’image

Pour les amateurs de bande dessinée, et plus particulièrement de GOTLIB, vous trouverez dans le même recueil, un article intitulé « Une amitié scientifique et littéraire : Léon BURP et Marcel GOTLIB », article écrit à l’occasion de l’attribution du prix Nobel de botanique expérimentale à Marcel Gotlib. On y apprend notamment que Gotlib a été nommé à la tête du Metropolitan Opera de New York, où il a créé notamment les opéras Gault et Millau au Far West et surtout The Law of gravitation, monumentale saga retraçant la vie prodigieuse d’Isaac NEWTON.

Là aussi, un texte rigoureusement indispensable pour tout amateur de Gotlib.

Enfin, dans une autre étude intitulée De la Beauce à Notre Dame de Chartres, l’auteur nous révèle toutes les approches que l’on peut avoir de la cathédrale de Chartres, paléogothique, archéozélandaise, non euclidienne… subaquatique… (cf. DEBUSSY), nous annonçant ainsi La cathédrale engloutie de Debussy.

Debussy Cathédrale engloutieCliquez sur l’image

Source : Georges PEREC, Cantatrix Sopranica L. et autres écrits scientifiques, éditions du Seuil, 1991.

Et pour retrouver d’autres articles sur Georges PEREC :

La Disparition

La Vie mode d’emploi

Je me souviens.

Écrivains, littérature, Poésie

L’ARIOSTE, DITES-VOUS ?

Parmi les sujets qui ont abondamment alimenté les livrets d’opéra figure le poème Orlando furioso (Roland furieux) du poète italien de la renaissance Ludovico ARIOSTO, dit l’Arioste (1474 – 1533).

Ludivico Ariosto est né le 8 septembre 1474 en Italie. Issu d’une famille de la petite noblesse, l’Arioste a passé une partie de sa vie au service de la famille d’Este, notamment dans des tâches politiques (ambassadeur, gouverneur…) tout en travaillant à son grand œuvre poétique, le Roland furieux.

Cette épopée, reprenant d’assez loin la Chanson de Roland, une chanson de geste relatant les aventures du neveu de Charlemagne, a été publiée en 1516 et a connu un grand succès dans toute l’Europe pendant 3 siècles. Elle est de nos jours à peu près totalement tombée dans l’oubli.

Il meurt le 6 juillet 1533 à Ferrare.

Tout le monde connaissait cette histoire jusqu’au début des années 1800, et les compositeurs baroques ont largement puisé dans ces récits, peuplés de héros et de magiciennes, pour construire leurs opéras.

La première adaptation à l’opéra est celle de Francesca Caccini, qui se trouve également être la première compositrice d’opéra, avec sa Liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso.

Parmi les nombreuses œuvres composées d’après celle de l’Arioste figurent également Roland (1684) de Lully et Angélique et Médor (1685) de Marc Antoine Charpentier.

Lully Roland grand choeur acte III scène 6Cliquez sur l’image

Le siècle suivant sera riche en adaptations avec Alcine (1705) de Campra, puis Orlando Furioso de Vivaldi, et encore Orlando (1733), Alcina (1735) et Ariodante (1735) de Haendel.

Haendel Alcina ombre pallide sandrine PiauCliquez sur Alcina

Peu après, c’est Haydn qui écrit son Orlando paladino (1782).

Haydn Orlando PaladinoCliquez sur l’image

Et à la fin du siècle, Méhul écrit Ariodant (1799).

Méhul AriodantCliquez sur l’image

Au XIXe siècle encore, on a pu entendre un Angélique et Médor (1843) d’Ambroise Thomas et la symphonie Roland furieux (1876) d’Augusta Holmès.

Compositeurs

Anton DVORAK (1841 – 1904)

En France, quand on parle de DVORAK, on pense au compositeur de la Symphonie du Nouveau Monde ou au compositeur de musique de chambre, mais pas au compositeur d’opéras. Et pourtant…

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Antonin DVORAK est né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves, en Bohème.

Après des études musicales, il entre comme premier alto dans l’orchestre du Théâtre National de Prague (qui deviendra l’opéra de Prague), alors dirigé par SMETANA, le père de la musique tchèque. Cette expérience lui donne l’occasion de participer aux créations de son aîné, notamment celle de La Fiancée vendue.

Il écrit son premier opéra, Alfred, en 1870.

Dvorak AlfredCliquez sur la répétition

Il quitte l’orchestre en 1871 pour se consacrer à sa propre musique. En 1876, peu après la mort d’une de ses filles, il écrit son Stabat Mater, qu’il complète en 1877 après le décès de ses deux autres enfants.

Il rencontre BRAHMS, avec qui il se lie d’amitié, et écrit notamment ses Danses slaves (1878) sur le modèle des Danses hongroises de Brahms. C’est avec ces danses qu’il rencontre un très grand succès, en particulier en Angleterre.

Dvorak Danse slave 1Cliquez sur la danse

On lui propose la direction du Conservatoire de New York. Il y sera directeur et professeur de composition de 1892 à 1895. Il intègre les rythmes américains dans sa neuvième Symphonie dite du Nouveau Monde, ou dans le Quatuor américain.

Dvorak Nouveau mondeCliquez sur l’image

À son retour, il prend la direction du conservatoire de Prague.

Son œuvre comporte des symphonies, de la musique concertante (Concertos pour piano, pour violon, pour violoncelle), de la musique de chambre, des oratorios (Requiem, Stabat Mater) ainsi que des opéras dont un, Dimitri (vers 1881) qui reprend Boris Godounov là où MOUSSORGSKI l’a laissé, et qui relate l’histoire du faux Dimitri.

Dvorak requiemCliquez sur l’image

L’influence de la musique tchèque traditionnelle se ressent surtout dans sa musique de chambre, par exemple dans le Dumky trio (1891 – 1892), du nom de cet état d’esprit slave, la dumka.

Dvorak trio dumkyCliquez sur le trio

Dans le domaine de l’opéra, il est l’auteur d’une dizaine de compositions, réparties sur toute sa vie. Rusalka (1900) est l’avant-dernier de ses opéras, le dernier étant Armida (1904), d’après La Jérusalem délivrée du TASSE.

Dvorak Armida Za stihlou GazelouCliquez sur l’image

Dvorak meurt à Prague le 1er mai 1904.

En bonus, et parce que je n’ai pas souvent du Brahms à mettre sur ce blog, une Danse hongroise.

Brahms danse hongroise 5Cliquez sur Maxime VENGEROV et ses amis

Mes opéras préférés

COSI FAN TUTTE, de MOZART (1789)

Troisième opéra de la trilogie MOZARTDA PONTE, Cosi fan Tutte (Ainsi font-elles toutes [ou « toutes les mêmes » comme on dirait aujourd’hui]) est un opera-buffa écrit en 1789, et créé à Vienne en janvier 1790. Cette œuvre se particularise par l’abondance des ensembles (duos, trios…) et comporte peu de « grands airs ». Suivant la classification de G.B.SHAW, on peut caractériser Cosi par la formule [2(S+T)/(B+A)], puisque c’est l’amour de deux couples (soprano + ténor) qu’un couple (Baryton + Alto) cherche à contrarier.

Acte I : L’action se situe à Naples, à la fin du XVIIIe siècle. Deux jeunes soldats, Ferrando et Guglielmo discutent de la fidélité des femmes avec Don Alfonso, un homme du monde cynique. Les jeunes gens prétendent que leurs fiancées, les sœurs Dorabella et Fiordiligi, sont aussi belles que fidèles. Alfonso parie cent sequins qu’il peut amener les jeunes femmes à être infidèles en moins de vingt-quatre heures.

Dans un jardin, Dorabella et Fiordiligi contemplent les médaillons des portraits de leurs fiancés et chantent leur bonheur. Arrive Don Alfonso, qui leur annonce que leurs fiancés doivent partir à la guerre (Trio « Soave il vento »).

Mozart Cosi Soave il ventoCliquez sur l’image

Les jeunes hommes arrivent et font des adieux déchirants à leurs belles (quintette & chœur).

Dans la chambre des sœurs, la servante Despina tente de consoler ses maîtresses désespérées et leur conseille de chercher la consolation auprès d’autres hommes. Alfonso Entre et convainc Despina de l’aider à présenter aux deux sœurs deux jeunes Albanais (Ferrando et Guglielmo déguisés). Dorabella et Fiordiligi veulent les chasser (sextuor), mais Alfonso prend leur défense. Elles jurent fidélité à leurs amants (Air : « Come scoglio immoto resta »).

Mozart Cosi Come scoglio immoto restaCliquez sur l’image

Dans le jardin, les sœurs continuent à se lamenter de l’absence de leurs fiancés (Duo : « Ah, che tutta in un momento »)

Mozart Cosi fan tutte Ah, che tutta in un momentoCliquez sur Dorabella et Fiordiligi

quand les deux Albanais arrivent en titubant. Ils disent s’être empoisonnés après avoir été rejetés par les deux sœurs. Despina et Alfonso partent à la recherche d’un médecin. Les sœurs commencent à s’attendrir. Despina revient, déguisée en médecin, et les ramène à la vie. Ils réclament un baiser que les sœurs refusent encore.

Acte II : Dans la chambre de Dorabella et Fiordiligi, Despina convainc les jeunes femmes de revoir les Albanais (Air : « Una donna a quindici anni »). Dorabella choisit Guglielmo alors que Fiordiligi finit par se laisser tenter par Ferrando.

Dans le jardin, les Albanais offrent une sérénade aux deux sœurs (Duo & chœur : « Secondate, aurette amiche »).

Mozart Cosi Secondate, aurette amicheCliquez sur Guglielmo et Ferrando

Despina et Alfonso interviennent pour que Fiordiligi et Ferrando s’éloignent, pendant que Guglielmo déclare son amour à Dorabella. Il lui offre un pendentif en forme de cœur, et en échange, elle lui donne un médaillon avec le portrait de son fiancé, déjà oublié (Duo : « Il core vi dono »). Reviennent alors Ferrando et Fiordiligi, qui n’a pas (encore) cédé. La vue de son portrait dans les mains de son ami met Ferrando en colère, tandis que Guglielmo se réjouit de la fermeté de Fiordiligi (Air : « Donne mie, la fate »).

Mozart Cosi Donne mie, la fateCliquez sur Guglielmo

Dans la chambre, Dorabella raconte à Despina ce qui s’est passé au jardin. Survient Fiordiligi qui avoue commencer à aimer Ferrando. Pour résister à cet amour, elle veut partir avec sa sœur, déguisées en homme, rejoindre leurs fiancés à la guerre. Ferrando qui a tout entendu menace de se suicider, et Fiordiligi se laisse convaincre et lui déclare son amour. Restés seuls, les deux hommes décident de punir leurs compagnes, mais Alfonso, qui leur assure que « Cosi fan tutte », les presse de les demander en mariage.

Dans le salon de la demeure, la table pour le banquet est dressée (ensemble & chœur) et Despina, déguisée en notaire, s’apprête à marier les deux couples. Dès les documents signés, un chœur militaire retentit qui annonce le retour des fiancés. Les deux sœurs terrifiées cachent les Albanais dans une chambre. Ces derniers reviennent en habits militaires, fiers de leur fidélité (Duo : « Sani et salvi… ») À la vue des contrats de mariage, ils feignent l’indignation, et jurent de tuer les maris. Dorabella et Fiordiligi essaient de se justifier mais les amis retournent dans la chambre et reviennent déguisés à  nouveau en Albanais. Ils dévoilent la mascarade et Don Alfonso fait en sorte que les fiancés se réconcilient (Chœur final).

Mozart Cosi very finalCliquez sur l’extraordinaire sextuor final