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Mallarmé, Oulipo, Poésie

« REMÉMORATION D’AMIS BELGES », de MALLARMÉ

Après La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose « Remémoration d’amis belges », un poème de 1893 en hommage aux poètes belges du cercle Excelsior de Bruges, où Mallarmé avait été invité à donner une conférence en1890.

Les quatrains évoquent la ville de Bruges, sombre et vétuste, alors que les tercets évoquent l’aube, d’où des cygnes surgissant des canaux noirs de la cité prennent leur envol en toute liberté, comme la poésie permet de s’abstraire de la médiocrité de la vie au quotidien.

À des heures et sans que tel souffle l’émeuve

Toute la vétusté presque couleur encens

Comme furtive d’elle et visible je sens

Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve

Boulez Pli selon pliCliquez sur l’image

Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve

Sinon d’épandre pour baume antique le temps

Nous immémoriaux quelques-uns si contents

Sur la soudaineté de notre amitié neuve

Verdi La Forza del destino Amici in vita e in morteCliquez sur l’image

Ô très chers rencontrés en le jamais banal

Bruges multipliant l’aube au défunt canal

Grisar Le Carillonneur de BrugesCliquez sur le carillonneur de Bruges

Avec la promenade éparse de maint cygne

Saint-Saëns Carbnaval des animaux le cygneCliquez sur l’image

Quand solennellement cette cité m’apprit

Lesquels entre ses fils un autre vol désigne

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

Schubert Scwanengesang StändchenCliquez sur l’image

Citations musicales :

Pli selon pli : BOULEZ Pli selon pli, hommage à Mallarmé. Cette œuvre; commencée en 1957 a connu, comme nombre d’œuvres de Boulez plusieurs remaniements, et ce jusqu’en 1990. Elle est construite sur une mise en musique de cinq poëmes de Mallarmé, dont le fameux « Le Vierge le vivace et le bel aujourd’hui« , description d’un malheureux cygne pris dans les glaces à Paris lors d’un hiver très rigoureux.

notre amitié : VERDI La Force du destin, Duo « Amici in vita e in morte ». Dans cet opéra de Verdi, le héros Alvaro sauve son ennemi (sans le reconnaître) sur le champ de bataille. Ils se jurent une amitié à la vie et à la mort.

Bruges : Il existe un opéra de Albert GRISAR intitulé le Carillonneur de Bruges (1852).

de maint cygne : SAINT-SAËNS, le Carnaval des animaux, « le Cygne ».

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit : SCHUBERT Schwanengesang (le Chant du cygne), « Ständchen ».

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

LES TRAGIQUES GRECS – 1 – ESCHYLE (- 525, – 456)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Eschyle est l’aîné de nos trois tragédiens, peut-être est-ce pour cela qu’il fait plus intervenir les dieux que les humains dans ses tragédies. Il a écrit plus de cent pièces, mais seules cinq d’entre elles nous sont parvenues.

Contemporain des guerres contre les Perses, Eschyle participe aux batailles de Marathon et de Salamine.

Une légende veut qu’il soit mort en recevant une tortue sur la tête, tortue lancée par un rapace sur son crâne chauve, qu’il avait pris pour un caillou !

Les Perses. Cette pièce, écrite en – 472, évoque la victoire des Grecs contre les Perses à la bataille de Salamine. C’est la plus ancienne pièce de théâtre conservée.

Les sept contre Thèbes. Cette pièce écrite en – 467 décrit le siège et l’attaque de la ville de Thèbes contre sept chefs d’Argos, dans le combat fratricide entre Étéocle et Polynice, les fils d’œdipe et frères d’Antigone. L’action se déroule donc avant les multiples versions de la tragédie Antigone.

Les Suppliantes, qui date d’environ – 460, raconte l’histoire des 50 Danaïdes (les filles de Danaos, lui-même descendant de Zeus et Io) qui devaient épouser les 50 fils d’Égyptos. Ne voulant pas de ce mariage, elles se réfugient avec leur père à Argos, le berceau de leur race, où elles demandent l’asile. Le roi d’Argos accepte de les protéger. Je reviendrai dans un billet spécifique sur l’histoire des Danaïdes, et de leur aînée, Hypermnestre.

En 1941, Honegger écrit une musique de scène pour cette pièce.

L’Orestie , qui date de – 458 est une trilogie composée de Agamemnon, les Choéphores et les Euménides. Serge Taneïev écrit un opéra, Oresteia, créé à Moscou en 1895.

Taneyev Oresteia (Orestie) OuvertureCliquez sur l’image

L’Orestie sera également adaptée par Darius Milhaud sur un livret de Paul Claudel.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

En 1966, c’est le compositeur grec Xenakis qui met en musique l’Orestie.

Xenakis OresteïaCliquez sur l’Oresteïa

Et en 2011, la compositrice polonaise écrit le drame lyrique Oresteia.

Il reste une autre pièce, Prométhée enchaîné dont la date est incertaine. Je reviens également dans un billet spécifique sur Prométhée, ce héros de la mythologie grecque, qui ayant volé le feu pour le donner aux hommes, se trouve cloué sur un rocher. Immortel, il est condamné à avoir le foie mangé chaque jour par un aigle, jusqu’à ce qu’il cède et révèle à Zeus un secret, mais Prométhée tient bon.

Honegger a écrit en 1946 une musique de scène pour ce Prométhée enchaîné d’Eschyle.

Et si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques, cliquez sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques.

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 2 – le XXe siècle

Je vous ai proposé récemment sur ce blog quelques rhapsodies du XIXe siècle. Place maintenant au XXe siècle.

Le XXe siècle a commencé en 1901. Cette année-là, ENESCO écrit sa Rhapsodie roumaine n° 1.

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’orchestre

En 1907 – 1908, c’est RAVEL qui écrit sa Rapsodie espagnole (sans h).

Ravel Rapsodie espagnole (Munch)Cliquez sur cet autre enregistrement de légende

En 1921, JANACEK écrit une pièce d’inspiration russe, Tarass Boulba, rhapsodie pour orchestre.

Janacek Tarass BoulbaCliquez sur l’image

En 1924, c’est GERSHWIN qui écrit sa Rhapsodie in blue pour piano et orchestre.

Gershwin Rhapsody in blue (Yuja Wang)Cliquez sur la pianiste

En 1934 RACHMANINOV écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 34 pour piano et orchestre.

Rachmaninov Rhapsodie sur un thème de Pagananini op 43 variation 18Cliquez sur le piano et l’orchestre

Et si vous voulez une rhapsodie bonus, cliquez sur le point d’interrogation.

point-dinterrogationCliquez sur le point d’interrogation pour avoir une rhapsodie bonus

Voilà, rendez-vous à la fin du siècle, pour faire un point sur les rhapsodies qui auront été écrites dans les années 2000?

Mes opéras préférés

LES MAÎTRES-CHANTEURS de NUREMBERG, de WAGNER (1867)

Seule comédie composée par WAGNER, le livret a été composé en 1861 – 1862, et la musique de 1862 à 1867. L’œuvre, Die Meistersinger von Nürnberg en allemand, fut créée à Munich en 1868, et dédiée à Louis II de Bavière. Wagner en avait eu l’idée dès la fin de Tannhaüser, en voulant écrire un pendant comique à son drame.

Wagner a mis dans cet opéra toute sa science de la composition musicale, de la célèbre ouverture qui mêle les 5 thèmes principaux, ou de la 1ère scène où il compose un choral d’église digne de JS.BACH au final ébouriffant du 2e acte, que ROSSINI n’aurait pas désavoué, en passant par de très beaux morceaux pour chœur ou pour les solistes.

Paradoxalement, c’est dans cette comédie que Wagner se fait le plus politique, décrivant ses conceptions de l’art nouveau, capable de transcender les règles léguées par le passé, et les difficultés qu’il y a pour la bourgeoisie d’apprécier ces nouveautés.

Le pitch : Le héros principal de cette comédie est Walther, un jeune homme qui veut participer à un concours de chant (l’action se passe au moyen-âge) pour pouvoir épouser Eva, celle qu’il aime. Pour cela, il doit défendre un art nouveau et spontané en se débarrassant du carcan de la Tradition défendue par la guilde des Maîtres-Chanteurs. Il sera aidé par Hans Sachs, autre grande figure de cet opéra, qui tout en étant gardien des règles, sait qu’elles doivent évoluer.

Ouverture : Cinq leitmotivs sont exposés dans l’ouverture, qui commence par l’exposé du thème lourd et pompeux de la guilde des Maîtres-Chanteurs, suivi du thème léger et tendre de l’amour naissant. Viennent ensuite les thèmes de la bannière des Maîtres, de la passion déclarée et de l’ardeur impatiente. L’ouverture se termine par un mélange des trois thèmes Guilde des Maîtres, Bannière des Maîtres et Passion Déclarée exprimant la fusion de l’art savant mais routinier et d’un art nouveau et spontané.

Wagner les Maîtres-chanteurs ouvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : À l’église Sainte-Catherine, c’est la fin de la messe. Alors que les fidèles chantent un choral, Walther, qui a eu l’occasion de rencontrer Eva chez son père Pogner, cherche à capter le regard de celle-ci. Quand le choral est terminé, il discute avec elle, voulant savoir si elle est déjà fiancée. Magdalena, la nourrice d’Eva, lui apprend que oui, mais que le fiancé n’est pas encore connu. En effet, la main d’Eva sera le prix du concours de chant qui doit avoir lieu le lendemain.

Après la messe, les apprentis préparent le lieu du concours. David, amoureux de Magdalena et apprenti du maître cordonnier Hans Sachs, essaie d’expliquer à Walther les règles du chant. Il fait la comparaison entre son apprentissage de cordonnier et son apprentissage du chant avec toutes les règles qu’il faut connaître et appliquer.

Alors que les apprentis ont fini de dresser la scène, Pogner arrive avec le greffier Beckmesser. Pogner explique qu’il a ajouté une clause au concours, laissant libre choix à sa fille d’accepter le vainqueur du concours comme mari. Cette clause inquiète Beckmesser qui a des vues sur Eva. Walther s’adresse à Pogner, il veut devenir Maître-Chanteur. Quand tous les Maîtres-Chanteurs sont arrivés, leur réunion peut commencer. Hans Sachs propose de joindre le jugement du peuple à celui des Maîtres. Une discussion s’amorce entre les tenants de la tradition qu’ils défendent et le goût du peuple, qui n’a pas été formé aux règles académiques. Pogner annonce à l’assemblée qu’il y a un candidat pour devenir Maître. Interrogé sur sa formation de poète et de musicien, Walther raconte qu’il a appris la poésie dans un livre ancien, et la musique en écoutant les chants de la nature.

Wagner les Maîtres-chanteurs Am stillen Herd (Walter acte I)Cliquez sur Walter

La discussion entre tradition et nouveauté reprend de plus belle. Walther va chanter. Beckmesser tiendra le marquoir. C’est une ardoise sur laquelle il écrit les fautes commises par les candidats. Au-delà de sept fautes, la candidature sera rejetée. Walther commence son chant, mais on entend Beckmesser dans sa loge cribler l’ardoise de coups de craie rageurs. Quand l’ardoise est pleine, il interrompt le chant.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser Walther acte ICliquez sur l’image

Les Maîtres-Chanteurs sont d’accord : le chant de Walther n’obéit pas aux règles établies. Seul Hans Sachs a su entendre, au-delà des fautes formelles, les qualités présentes dans le chant de Walther. Il demande que Walther puisse terminer son chant. Pendant que Walther reprend, Beckmesser annonce les fautes, et les Maîtres-Chanteurs les constatent. À la fin, ils refusent l’entrée de Walther dans leur guilde.

Acte II : Devant l’atelier de Hans Sachs et la maison de Pogner, les apprentis ferment les volets de leurs maîtres. Magdalena demande à David comment s’est déroulée l’épreuve de Walther. Quand elle apprend qu’il a raté son concours, elle rentre chez elle fâchée, laissant David seul. Les apprentis forment une ronde moqueuse autour de lui. Hans Sachs sort de son atelier et fait rentrer David.

Pogner et Eva reviennent de leur promenade du soir et rentrent chez eux. Sachs repense au chant de Walther, si beau malgré ses fautes. Eva ressort et cherche à savoir comment s’est passée l’épreuve. Sachs répond que le manque de qualité du chant de Walther ne lui a pas permis de passer l’épreuve, ce qu’Eva prend pour une critique. Magdalena ressort pour lui demander de la part de son père de rentrer, et l’informe que Beckmesser a prévu de lui donner la sérénade cette nuit. Eva demande à Magdalena de prendre sa place à la fenêtre. Walther arrive à son tour. Eva lui déclare son amour mais Walther reconnaît qu’ayant échoué, il ne peut prétendre à la main d’Eva. Ils projettent de s’enfuir quand au loin, on entend la trompe du veilleur de nuit.

Après le passage du veilleur, Beckmesser arrive pour sa sérénade. Sachs qui travaillait sur le pas de sa porte se met à taper sur la semelle de la chaussure en chantant à pleine voix. Beckmesser essaie de le faire taire, mais la fenêtre d’Eva s’ouvre. Finalement, Sachs accepte de laisser Beckmesser chanter, mais il marquera les fautes en tapant sur la semelle. Furieux, Beckmesser a mal accordé son luth, et quand il entame son chant, celui-ci est rythmé par les coups de marteau de Sachs. Beckmesser, énervé, chante de plus en plus fort. Entendant du bruit, les voisins paraissent à leurs fenêtres et descendent dans la rue. David, reconnaissant Magdalena à la fenêtre, et croyant que Beckmesser lui donne la sérénade, saute dans la rue, brise le luth de son « rival » et ils commencent à se battre. Les voisins en font autant. Les apprentis, puis les compagnons arrivent aussi, et le charivari se généralise. Les femmes criant « au feu » jettent de l’eau sur les belligérants. Quand on entend la trompe du veilleur de nuit, tout le monde rentre chez soi et Sachs fait entrer Walther chez lui. Quand le veilleur de nuit arrive sur la place pour annoncer onze heures, la scène est vide.

Wagner les Maîtres-chanteurs final acte IICliquez sur l’ébouriffant final de l’acte 2

Acte III : Dans son atelier, Sachs discute avec David de la folle soirée de la veille. David pense que Sachs veut remporter le concours de chant pour épouser Eva. En fait, Sachs veut favoriser le sort des deux jeunes gens. Walther arrive, après une bonne nuit passée chez Sachs, pendant laquelle il a fait un songe. Sachs lui dit qu’il a apprécié son chant, même s’il fait peur aux gardiens de la tradition. Pour aider Walther, il lui demande de lui dicter son rêve. Tout en écrivant, il donne des conseils à Walther sur l’art de composer son poème. Quand ils ont fini, ils vont s’habiller pour la cérémonie. Beckmesser, voyant l’atelier vide, s’avance. Il trouve le chant d’amour écrit par Sachs mais, entendant du bruit, le cache dans sa poche. Sachs entre dans l’atelier et se moque de l’aventure subie la nuit précédente par Beckmesser. Beckmesser, furieux, accuse Sachs de vouloir concourir contre lui. Face aux dénégations de Sachs, il sort de sa poche le poème écrit de la main de Sachs. Celui-ci continue à nier vouloir chanter, et va jusqu’à offrir son manuscrit au greffier, qui n’en revient pas.

Beckmesser parti, Eva arrive, vêtue de ses plus beaux atours. Elle se plaint de ses chaussures qui la blessent. Sachs va les réparer. Il feint de ne pas voir David entrer, et se met à chanter la chanson de Walther, en se demandant qui chantera le troisième couplet. Walther enchaîne alors la suite de sa chanson. Sachs reconnaît que c’est là un chant de Maître. Eva, comprenant ce que Sachs a fait pour eux, tombe dans les bras de Sachs en pleurant, tandis que Walther s’approche de lui pour lui serrer la main. David et Magdalena entrent à leur tour, et tous se mettent à chanter pour le succès espéré de David (Quintette).

Wagner les Maîtres-chanteurs quintett Selig, wir die Sonne (quintette acte III)Cliquez sur le quintette

Sur la plaine, les apprentis accueillent les bourgeois des corporations, et les conduisent à leur place pour le concours. Enfin, les Maîtres-chanteurs arrivent en cortège jusqu’à l’estrade. Quand Sachs s’installe, la foule se met à chanter un chant qu’il avait composé autrefois.

Wagner les Maîtres-chanteurs entrée des maîtres acte IIICliquez sur l’image

Ému, Sachs les remercie et lance le concours. Il demande que tout poète ait le droit de concourir librement, puis Sachs désigne Beckmesser pour commencer l’épreuve. Celui-ci, n’ayant pas retenu les paroles, s’embrouille, se trompe, et finit sous les lazzis de la foule. Furieux, Beckmesser prétend que les paroles sont de Sachs.

Wagner les Maîtres-chanteurs Beckmesser acte IIICliquez sur Sixtus Beckmesser

Sachs révèle alors que le poème est de Walther, mais qu’il a été massacré par Beckmesser. Il donne alors la parole à Walther. Tout le monde écoute avec émotion et à la fin, le peuple demande que Walther remporte le prix, ce que les Maîtres-Chanteurs acceptent. Ils veulent le nommer Maître, mais Walther refuse. Sachs lui fait savoir qu’il serait orgueilleux de refuser. Eva pose la couronne de vainqueur sur le front de Hans Sachs, et, avec Walther, l’entoure. Tout le monde félicite Sachs pour sa sagesse.

(Source principale : l’indispensable « Voyage artistique à Bayreuth » d’Albert LAVIGNAC, librairie Ch. Delagrave, deuxième édition (1898), et comme vous avez de la chance, ce livre est disponible en livre de poche.)

Divers, Histoire de l'opéra

RHAPSODES ET RHAPSODIES – Partie 1 – Le XIXe siècle

Puisque je vous ai proposé dans mon article sur le Danube la Rhapsodie roumaine d’ENESCO, je me propose de revenir sur cette notion de rhapsodie en musique. Étymologiquement, la rhapsodie vient du mot rhapsode. Le rhapsode était dans l’antiquité grecque un chanteur / acteur qui allait de ville en ville pour chanter / déclamer / dire des poèmes, par exemple l’Odyssée. Il ne faisait qu’interpréter, souvent sous forme d’improvisation, des textes écrits par d’autres, car le rhapsode n’avait pas reçu des dieux le don de créer, au contraire de l’aède qui, comme HOMÈRE, possédait ce don.

En musique, la rhapsodie est une forme libre, i.e. qui ne répond pas aux schémas classiques que sont la symphonie, la sonate, le concerto… Elle date du XIXe siècle, quand les compositeurs ont commencé à sortir de ces schémas, pour trouver plus de liberté dans leurs formes musicales. Elles ressortent souvent de la musique folklorique ou ethnomusicologique.

Franz LISZT, qui avait déjà « inventé » le poème symphonique, a popularisé ce genre avec ses Rhapsodies hongroises, souvent d’une très grande difficulté pianistique. Elles sont écrites sur des thèmes du folklore hongrois.

Liszt rhapsodie hongroise n 2Cliquez sur la pianiste

En 1869, Johannes BRAHMS écrit pour le mariage d’une fille de Clara et Robert SCHUMANN la Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, œuvre qui sera créée par Pauline VIARDOT.

Brahms Rhapsodie pour altoCliquez sur l’enregistrement de légende

En 1874 Anton DVORAK, si proche musicalement de Brahms, écrit ses Rhapsodies slaves.

Dvorak Rhapsodie slaveCliquez sur l’image

En 1879, Édouard LALO écrit sa Rhapsodie norvégienne sur des airs populaires norvégiens.

Lalo rhapsodie norvégienneCliquez sur l’image

La célèbre pièce España d’Emmanuel CHABRIER est une rhapsodie pour orchestre, écrite suite à un voyage en Espagne qu’il avait fait en famille.

Chabrier EspanaCliquez sur l’image

En 1884 Camille SAINT-SAËNS, qui avait déjà écrit des Rhapsodies bretonnes pour orgue, écrit la Rhapsodie d’Auvergne.

Saint-Saëns rhapsodie d'AuvergneCliquez sur l’image

Le XXe siècle connaîtra son lot de rhapsodies, ne manquez donc pas sur ce blog, l’article « Rhapsodes et rhapsodies – Partie 2 – le XXe siècle« .

Géographie

LE DANUBE (PAS SI BLEU QUE ÇA)

Le Danube est le deuxième plus long fleuve d’Europe. Il prend naissance en Allemagne et se jette dans la mer Noire, après avoir traversé plusieurs capitales européennes, Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade.

Dès 1704, le gambiste hollandais Johannes SCHENCK (1660 – 1712) écrit une suite de pièce pour viole de gambe : L’Écho du Danube.

Schenck l'Écho du DanubeCliquez sur le duo viole de gambe / clavecin

Au XXe siècle, ce sont les sources du Danube qui sont mises en musique par Paul HINDEMITH (1895 – 1963) dans son Minimax :

Hindemith Minimax un matin à la source du DanubeCliquez sur ce matin aux sources du Danube

Restons un peu en Allemagne avec BRAHMS qui a chanté le Danube, notamment dans ses LiebesliederWälzer avec le chœur « Am Donaustrande ». (Donau est le nom allemand du Danube)

Brahms Liebesliederwalzer Am DonaustrandeCliquez sur le chœur

Après avoir traversé l’Allemagne, le Danube traverse l’Autriche. Il passe à Linz, et surtout arrose la ville de Vienne, une des capitales mondiales de la musique.

Pour le très viennois et très romantique SCHUBERT, le fleuve, qu’il mettra souvent en musique, est le Danube, le seul qu’il connaisse ! Écoutons cette invocation au travers de « Wasserflut », du Voyage d’hiver.

Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

Le beau Danube bleu de Johann STRAUSS est certainement l’archétype de la valse viennoise, une sorte de signature musicale de la ville de Vienne.

Strauss le beau Danube bleuCliquez sur les valseurs

Après l’Autriche, le Danube traverse la Slovaquie, où il arrose la capitale Bratislava, avant d’entrer en Hongrie. Johann Nepomuk HUMMEL (1778 – 1837), un pianiste et compositeur contemporain de BEETHOVEN est né dans cette ville (qui s’appelait à l’époque Presbourg).

Hummel Concerto pour trompetteCliquez sur le trompettiste

De par la proximité de la Tchéquie avec le fleuve, les musiciens tchèques n’ont pas manqué de chanter le Danube. Ainsi de DVORAK avec « A já ti uplinu preč po Dunaječku » (« Et je vais vous emmener sur le Danube ») de ses duos moraves opus 32.

Dvorak duos moraves a ja Ti uplynuCliquez sur l’image

ou de JANACEK avec sa pièce Dunaj (Danube) :

Janacek le Danube (Dunaj)Cliquez sur l’image

Le pays suivant traversé par le Danube est la Hongrie, dont il arrose la capitale Budapest. La Hongrie, c’est évidemment le pays de Franz LISZT. En 1838, suite à une crue du Danube ayant fait des dégâts terrribles, Liszt organise à Vienne un concert pour venir en aide à ses compatriotes sinistrés, inventant ainsi le concert de charité. Mais il y a bien d’autres compositeurs hongrois. Ainsi un des opéras hongrois les plus populaires est Háry János, de Zoltan KODALY (1882 – 1967).

Kodaly Hary JanosCliquez sur l’opéra de Budapest

Béla BARTOK (1881 – 1945) mettra en musique le Danube dans son étude n° 1 de l’opus 18.

Bartok Étude opus 18 n 1Cliquez sur le pianiste

Le Danube traverse ensuite la Croatie, puis la Serbie et sa capitale Belgrade, la Bulgarie, la Roumanie. Écoutons la Rhapsodie roumaine de Georges ENESCO (ENESCU) (1881 – 1955).

Enesco (Enescu) rhapsodie roumaineCliquez sur l’image

Il finit ensuite en Moldavie (où il marque la frontière avec l’Ukraine) avant d’aller se jeter dans la mer Noire.

Enfin, je ne peux m’empêcher de vous faire profiter du Post-Prae-ludium per Donau (1987) de l’italien Luigi NONO.

Nono Post-Prae-Ludium per DonauCliquez sur la superbe partition contemporaine

Richard STRAUSS Die Donau (1941)

(Sources [partielles] je me suis servi, entre autres sources, de l’excellent site consacré au Danube dont voici le lien : http://www.danube-culture.org/danube-musiques-et-musiciens-suite/ . J’ai mis ici le lien sur l’onglet compositeurs, mais vous pouvez évidemment passer sur les autres onglets, tous plus passionnants les uns que les autres.)

Et si vous voulez en savoir plus sur la mer Noire, cliquez sur le bonus surprise :

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez en savoir plus sur la mer Noire

Compositeurs

Bedrich SMETANA (1824 – 1884)

Bedrich SMETANA est un compositeur tchèque né en Bohème le 2 mars 1824.

Dans le bouillonnement des nationalismes du milieu du XIXe siècle, il est considéré comme le « père » de la musique tchèque.

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Musicien précoce, il apprend le piano et le violon et compose sa première œuvre à l’âge de huit ans. Il part ensuite étudier la musique à Prague. Il a l’occasion de rencontrer Robert et Clara SCHUMANN et Franz LISZT. C’est le soutien financier de Liszt en 1848 qui lui permet d’ouvrir une école de musique et de publier ses premières œuvres.

Il se marie à une pianiste en 1849 mais perd rapidement trois de ses quatre filles.

En 1856, il part à Göteborg en Suède, où il enseigne la musique, est chef d’orchestre et pratique la musique de chambre.

Il revient à Prague en 1863, où il ouvre une autre école de musique dans le but de promouvoir la musique tchèque. Il est alors chef d’orchestre de l’Opéra de Prague en 1866, orchestre dans lequel joue DVORAK et avec qui il se lie d’amitié.

Smetana a écrit une dizaine d’opéras. Le premier, Les Brandebourgeois en Bohème (Braniboři v Čechách) (1863) est le premier opéra écrit en langue tchèque.

Smetana les Brandeb ourgeois de BohèmeCliquez sur l’image

La plus connue de ses œuvres lyriques est La fiancée vendue (Prodaná nevěsta), écrit en 1864 – 1866 et créé en 1866. Après différentes révisions, il obtient un succès mondial à partir de 1870. Son ouverture fait partie des ouvertures d’opéras que les orchestres aiment bien programmer en première partie de leurs concerts.

Smetana la fiancée vendue (Prodana nevesta) ouvertureCliquez sur l’orchestre

Syphilitique, sa maladie lui cause une surdité totale en 1874. Il doit alors mettre fin à sa carrière de chef d’orchestre et se consacre désormais uniquement à la composition.

De 1874 à 1879, il compose Ma Patrie (Ma Vlast), un ensemble de poèmes symphoniques célébrant son pays, la Bohème. Le deuxième de ces poèmes est la Moldau (Vltava), du nom du fleuve qui traverse Prague. Cette pièce est certainement l’œuvre la plus connue de Smetana.

Smetana la Moldau (Vltava)Cliquez sur l’image

Sa santé décline et il est interné en 1883. Il meurt à Prague le 12 mai 1884.

Parmi ses œuvres, outre sa dizaine d’opéras, il nous laisse de la musique de chambre : trois quatuors à cordes et un trio piano, violon violoncelle, de la musique pour piano et des poèmes symphoniques.

Quatuor à cordes n° 1 : De ma vie (1876).

Smetana Quatuor 1 De ma vie 1er mouvementCliquez sur le quatuor

Trio piano, violon violoncelle.

Smetana Trio piano violon violoncelleCliquez sur le trio

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Smetana à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Et pour rester encore un peu avec Smetana, cliquez sur le bonus surprise :

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise pour rester un peu avec Smetana

Mes opéras préférés

SIMON BOCCANEGRA, de VERDI (1857, puis 1881)

Simon Boccanegra répond à une commande du théâtre la Fenice de Venise à Verdi, composé sur un livret du fidèle Piave, avec qui Verdi avait déjà collaboré pour Macbeth, Rigoletto et la Traviata. Sa création en 1857 est un échec, que le temps ne gommera pas. En 1880, Verdi reprend sa partition en confiant à un autre de ses librettistes, Boïto, le soin de rééquilibrer l’argument, quelque peu boiteux de l’aveu même de Verdi. Cette nouvelle version est donnée à la Scala de Milan en 1881, et rencontre cette fois les faveurs du public. Il retravaillera avec Boïto pour ses deux derniers chefs-d’œuvre que sont Otello et Falstaff.

Comme pour la Force du Destin (La Forza del destino), Verdi a su transcender les « faiblesses » du livret, pour nous offrir une partition toujours lyrique et chantante.

Le pitch : À Gênes au XIVe siècle, la jeune Amelia Grimaldi aime Gabriele Adorno. Simon Boccanegra, le doge de Gênes cherche à marier Amelia avec son ami Paolo. Face à ce danger, Gabriele demande à Andrea, le tuteur d’Amelia, de favoriser leur union. Mais quand Simon vient demander la main d’Amelia pour Paolo, il appert que celle-ci est Maria, la fille de Simon, et la petite-fille de Jacopo Fiesco, qui se fait maintenant appeler Andrea et qui était l’ennemi de Simon 25 ans plus tôt (j’espère que vous suivez parce que je ne le répéterai pas). Après un enlèvement de Maria/Amelia, Simon oblige Paolo à maudire le coupable du forfait, mais comme c’était Paolo le coupable, il se maudit donc lui-même. Paolo réussit à empoisonner Simon avant que de mourir sur l’échafaud. Avant de mourir, Simon bénit le mariage d’Amelia et de Gabriele, désignant ce dernier comme successeur en tant que doge. (Oui, je sais c’est un peu long pour un pitch, mais c’est pas ma faute si cette histoire est acadabrantesque !)

PROLOGUE : Les patriciens et les plébéiens se disputent le pouvoir à Gênes. Les plébéiens, menés par Paolo et Pietro, veulent faire élire Simon Boccanegra comme doge de Gênes. Celui-ci accepte, pensant que ce titre lui donnerait du poids pour obtenir la main de Maria, la fille du patricien Jacopo Fiesco. En effet, Simon aime Maria, la fille de Jacopo, et de cet amour est née une fille. Depuis, Jacopo séquestre sa fille dans son palais. Lors d’une rencontre entre Simon et Jacopo, ce dernier réclame l’enfant de sa fille, et Simon doit avouer que la petite fille a été enlevée. Fiesco laisse alors Simon entrer dans son palais, où il découvre le cercueil de Maria.

Acte I : Vingt-cinq ans plus tard, dans le palais des Grimaldi, une famille noble tombée en disgrâce pour avoir comploté contre le doge (Simon), Amelia Grimaldi attend son amoureux, Gabriele Adorno. (Air : « Come in quest’ora bruna »)

Verdi Simon Boccanegra Come in quest'ora bruneCliquez sur Amelia

Ayant appris que Simon veut la marier avec son ami Paolo, Gabriela demande à Andrea, le tuteur d’Amelia, de bénir leur union. Celui-ci est en fait Jacopo, qui se cache sous ce faux nom.

Quand Simon vient demander à Amelia sa main pour Paolo, elle lui révèle alors qu’elle n’est pas une Grimaldi, mais qu’elle a été recueillie par cette famille. Elle lui montre un médaillon de sa mère, où Simon reconnaît son amour de jeunesse. Amelia est donc sa petite-fille ! Il ne veut plus contraindre Amelia à un mariage dont elle ne veut pas, ce qui provoque la hargne et le courroux de l’ambitieux Paolo.

Verdi Simon Boccanegra Duo Amelia Simon 1er acteCliquez sur Amelia et Simon

Gabriele et Andrea se présentent devant Simon pour lui annoncer qu’Amelia a été enlevée (encore une fois !) Gabriele, pensant que Simon est à l’origine de ce rapt, lève son épée contre le doge, mais Amelia, ayant réussi à s’échapper, revient. Alors que patriciens et plébéiens s’accusent de l’enlèvement, Simon demande à Paolo de maudire avec lui l’auteur du rapt, et fait mettre en prison Gabriele et Andrea.

Verdi Simon Boccanegra Plebe ! Patrizi !Cliquez sur Simon

Acte II : Paolo poussé par sa haine verse du poison dans le verre de Simon. Il libère Gabriele et Andrea, et leur demande de tuer le doge. Pour s’assurer de la complicité de Gabriele, il lui fait croire que Simon est l’amant d’Amelia. Fou de jalousie, Gabriele veut se venger d’Amelia et de Simon.

Verdi Simon Boccanegra Cielo pietoso, rendilaCliquez sur Gabriele

Après une rencontre entre Amelia et Gabriele, le doge arrive. Gabriele se cache et Amelia avoue à Simon que l’élu de son cœur est Gabriele, l’ennemi de son père. Fatigué, le doge boit son verre et s’assoupit. Alors que Gabriele s’apprête à le frapper dans son sommeil, Amelia arrive, et lui révèle que Simon est son père. Dehors, une émeute fomentée par les patriciens éclate. Gabriele se joint alors aux troupes du doge pour sauver le palais.

Acte III : La rébellion a échoué. Simon pardonne aux meneurs, sauf à Paolo qui sera exécuté. Sur le chemin de l’échafaud, Paolo révèle à Andrea que Simon est empoisonné et mourant. Fort de sa haine, Fiesco (Andrea) se présente devant Simon sous sa véritable identité, mais Simon le conduit vers Amelia, lui révélant qu’elle est sa petite fille. Simon et Fiesco se réconcilient alors.

Verdi Simon Boccanegra Piango perche mi parlaCliquez sur Simon et Fiesco

Avant de mourir, Simon a encore le temps de bénir l’union d’Amelia et Gabriele, et laisser la place de doge à ce dernier.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2018, et le programme de ce spectacle.)

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Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (4e série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la troisième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

On a déjà rencontré sur ce blog Klaus NOMI chantant l’air du génie du froid, extrait du King Arthur de PURCELL. Il a aussi chanté l’air « Mon cœur s’ouvre à ta voix », extrait du Samson et Dalila de Camille SAINT-SAËNS. Retrouvons-le dans la mort de Didon, extrait de Didon & Enée de PURCELL.

Purcell Didon et Enée la mort de didon Klaus NomiCliquez sur Klaus Purcell

Boris VIAN a déposé des paroles sur La marche turque de MOZART.

Mozart-Vian marche turqueCliquez sir Wolfgang Amadeus Vian

Quand j’étais (beaucoup) plus jeune (eh oui, je n’ai pas toujours été jeune, j’ai aussi été très jeune), je ne connaissais pas le Canon de PACHELBEL, mais j’écoutais Rain and Tears, la version que VANGELIS avait composée pour Aphrodite’s Child et Demis ROUSSOS.

Pachelbel Vangelis Rain and tearsCliquez sur Johann Pachelbel Roussos

Encore un tube avec Carmen de BIZET : « l’amour est un oiseau rebelle ». Écoutons-le interprété par Nolwenn LEROY.

Nolwen Bizet Carmen l'amour est un oiseau rebelleCliquez sur Nolwen Bizet

Nana MOUSKOURI a chanté le classique du XXe siècle Like a bridge over troubled water de SIMON & GARFUNKEL.

Nana Mouskouri Like a bridge over troubled waterCliquez sur Nana Simon & Garfunkel

La chanteuse libanaise FAYROUZ chante son amour pour sa ville, Beyrouth, sur l’air du Concerto de Aranjuez, de RODRIGO.

Rodrigo Fairouz Aranjuez Li BeyrouthCliquez sur Fayrouz Rodrigo

On connaît parfois le duo Montserrat CABALLE et Freddy MERCURY, mais connaissiez-vous celui formé par Luciano PAVAROTTI et le chanteur de QUEEN ? Écoutons-les dans « Nessun Dorma », extrait de Turandot de PUCCINI.

Puccini turandot Nessun dorma (Pavarotti et Mercury)Cliquez sur Luciano Mercury

Et je terminerai ce billet avec STING, dans « la Complainte de Mackie », extrait de l’Opéra de quat’sous de WEILL et BRECHT.

Weill la complainte de Mackie (Sting)Cliquez sur Sting Weill

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Agenda Ironique, Fables de la Fontaine, Oulipo

LE CHÊNE ET LE CORPS BEAU, d’après La FONTAINE

ESOPE RESTE ICI ET SE REPOSE

Ce palindrome mériterait de figurer sur la tombe du fabuliste ÉSOPE, un des inspirateurs de ce bon monsieur de La FONTAINE, l’ineffable homme à fables. La fable qui suit, très librement inspirée du corpus La Fontainien, est donc ma contribution à l’Agenda Ironique d’août 2021, dont le thème est proposé par l’affable Max-Louis.

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Agenda Ironique Août 2021 | Le dessous des mots (wordpress.com)

La raison du plus fort n’est toujours la meilleure

Nous l’allons montrer tout à l’heure

Le chêne un jour dit au corps beau

Blow Vénus & AdonisCliquez sur l’image

Que vous êtes joli, que vous me semblez beau

Sans mentir, tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.

Mozart Idoménée Zeffiretti lusinghieriCliquez sur Ilea

Mais que faisiez-vous au temps chaud ?

Vous chantiez, j’en suis fort aise

et bien dansez maintenant

Rameau les Indes galantes Forêts paisiblesCliquez sur les danseurs

À ces mots, le corps beau ne se sent plus de joie

Il pousse un large contre-ut

Donizetti La Fille du régiment pour mon âme quel destinCliquez sur « l’air aux neuf contre-ut »

En vain le chêne lutte

Le corps beau souffle si fort qu’à la fin il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine

C’en est fini de lui

Une lettre se détache de son nom, le chne n’est déjà plus

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées.

Citations : le corps beau, ce ne peut-être que celui d’Adonis, mis en musique par John BLOW dans son masque Venus & Adonis.

Dansez maintenant : RAMEAU Les Indes galantes Air : « Forêts paisibles »

un large contre-ut : DONIZETTI La Fille du régiment air : « pour mon âme »

Tout me semble zéphyr : MOZART Idoménée air « Zeffireti lusinghieri ».

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