littérature, Oulipo, Poésie

« LE DORMEUR DU VAL », de RIMBAUD (1870)

Après avoir fini le Bateau ivre, de Rimbaud, je vous propose de rester encore un peu avec ce poète, avec un autre de ces poèmes parmi les plus connus : le Dormeur du val, écrit alors que Rimbaud n’avait que seize ans !

(Rappel du principe : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

indes galantes 2Cliquez sur le brillant soleil

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Beethoven Fidelio O welche lust (MET 2000)Cliquez sur l’image

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Janacek Jenufa Co chvila et fin acte IICliquez sur l’image

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Debussy Préludes les Sons et les Parfums tournent dans l'air du soirCliquez sur le pianiste

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Citations musicales :

où chante une rivière : Schubert, le Voyage d’hiver « Wasserflut ».

où le soleil : Rameau, les Indes galantes, « Brillant soleil ».

un enfant malade : Dans Jenufa de Janacek, la belle-mère de Jenufa profite de la forte fièvre qui cloue l’héroïne au lit pour lui voler son bébé, et le noyer dans la rivière gelée.

Les parfums : Debussy Préludes « Les sons et les Parfums tournent dans l’air du soir ».

la lumière : Beethoven Fidelio Chœur « O welche Lust ».

Divers

PIERRE ET LE LOUP, de PROKOFIEV (1936)

Pierre et le loup est un conte musical à destination des enfants écrit par Serge Prokofiev en 1936. L’histoire de ce petit garçon qui veut vaincre le grand méchant loup malgré les avertissements de son grand-père est tirée du folklore russe.

Prokofiev a associé à chaque protagoniste de l’histoire un instrument de l’orchestre, alors qu’un récitant accompagne les auditeurs en racontant l’histoire qui se déroule devant nos oreilles étonnées !

Ainsi, Pierre est associé au quatuor à cordes,

Prokofiex Pierre et le loup PierreSoyez sage et cliquez sur l’image

l’oiseau à la flûte traversière (normal, quoi…),

Prokofiev Pierre et le loup l'oiseauCliquez sur la flûte traversière

le canard au hautbois,

Prokofiev Pierre et le loup le canardCliquez sur l’image

le chat à la clarinette,

Prokofiex Pierre et le loup le ChatCliquez sur le chat

le loup au cor,

Prokofiev Pierre et le loup le loupCliquez sur le loup

le grand-père au basson,

Prokofiev Pierre et le loup le grand-pèreCliquez sur le grand-père et le basson

et les chasseurs aux cuivres et bois (et les timbales pour les coups de fusil).

Prokofiev Pierre et le loup les chasseursCliquez sur l’image

Et maintenant, place au conte, place à la musique !

Prokofiev Pierre et le loup toutCliquez sur l’image

Divers

FUME FUME FUME CETTE CIGARETTE

J’ai déjà parlé du vin (et de l’alcool) dans la musique dite classique, mais je ne pense pas avoir parlé de la présence du tabac. En voici donc quelques traces.

Et tout d’abord, la plus célèbre des cigarières, avec la Carmen de Bizet.

Bizet Carmen Chœur des cigarièresCliquez sur la cigarière

Environ un siècle et demi avant lui, J.-S. Bach avait écrit une cantate profane, dite « du tabac ».

Bach Cantate bwv 515 du tabacCliquez sur l’image

Le mélodiste dandy Reynaldo Hahn, célèbre pour son éternelle cigarette au coin des lèvres, nous a laissé cette Fumée (1904).

Hahn FuméeCliquez sur l’image

Son jeune confrère, Francis Poulenc, fume paresseusement dans une chambre d’hôtel (« Je ne veux pas travailler je veux fumer »).

Poulenc Je veux fumerCliquez sur la fumée

Et dans Tommy des Who, on ne sait trop ce que fait fumer the Acid Queen à notre jeune héros.

The Who Tommy the Acid Queen (Tina Turner)Cliquez sur the Acid Queen

Et si vous voulez un bonus surprise, yaka cliquer sur le bonus surprise.

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Compositeurs

Othman LOUATI, né en 1988

image Louati

Le jeune compositeur Othman LOUATI est né le 14 décembre 1988 à Épinal. Sa famille déménage à Tourcoing quand il a 4 ans, et c’est là qu’il suivra ses études et se dotera de bases musicales solides tourquennoises. Il complète son cursus de formation par une licence de musicologie à la Sorbonne, étudie les percussions au Conservatoire de Versailles, retourne dans le Nord au Conservatoire de Roubaix avant d’intégrer le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il parfait ses connaissances en percussions, en analyse musicale, en écriture musicale (avec Thierry Escaiche) et en harmonie (avec Fabien Waxman).

Il intègre l’ensemble « le Balcon » de Maxime Pascal en tant que percussionniste et compositeur/arrangeur, voire chef d’orchestre et fait partie du comité artistique de la compagnie « Miroirs étendus », une compagnie de création lyrique fondée sur une compréhension contemporaine de l’opéra : une forme chantée qui raconte une histoire. Cette collaboration lui permet de présenter les grandes œuvres du répertoire dans des endroits où il n’y a pas de maison d’opéra.

C’est ainsi qu’il a réalisé des réductions de Faust d’après la Damnation de Faust de Berlioz en 2017, d’Orphée et Eurydice d’après Gluck en 2019, ou des Vêpres de Monteverdi en 2021. C’est à l’issue d’un concert des Vêpres que j’ai eu la chance de rencontrer Othman Louati, puis de préparer cet article.

Dans son travail d’écriture, Louati accorde une grande importance au geste, au geste qui va avec le son, au geste qui donnera le plus de plaisir à l’interprète.

Son catalogue déjà riche comporte :

Dracula (2017), une réécriture d’une œuvre de Pierre Henry, réalisée avec Augustin Muller de L’IRCAM.

Louati DraculaCliquez sur la bande-annonce

Miroirs (2017)

Faust (2017)

Louati FaustCliquez sur l’image

Bowie-Cage (2018)

Orphée et Eurydice (2019)

Louati Orphée et EurydiceCliquez sur l’image

Vestiges (2020)

La Messe là-bas (2020), une musique de scène pour la pièce de Claudel, écrite pour la Comédie française.

3 Mélodies sur des poèmes de Ronsard (2020)

La réponse des hommes (2021)

Les Vêpres (2021)

Louati VêpresCliquez sur Othman

Nocturne (2021)

Nuits (2021), une commande de Radio France.

Louati NuitsCliquez sur Nuits

Salammbô (2021) une commande faite à l’occasion du bicentenaire de Flaubert, en collaboration avec Jacques Perconte, 9 tableaux électroniques avec trompette (à double pavillon !) et récitant.

Les Ailes du désir (2022), opéra d’après le film de Wim Wenders, sur un livret de Gwendoline Soublin, un projet mené avec Johanny Bert et Grégory Voillemet. (Création le 9 novembre 2023 à Dunkerque, j’y étais !).

Louati les Ailes du désirCliquez sur la bande-annonce

Les Illuminations (2022) d’après Britten, sur un texte de Rimbaud.

Et pour en savoir beaucoup plus sur ce jeune compositeur, allez donc sur son site : https://www.othmanlouati.com/

(Sources principales : l’entretien que nous avons eu avec Othman le 1er juillet 2023).

Mes opéras préférés

LES PALADINS, de RAMEAU (1760)

Comédie lyrique de Rameau, sur un livret de Duplat de Monticourt inspiré d’un conte de La Fontaine, le Petit Chien qui secoue de l’argent et des pierreries (lui-même adapté du Roland furieux de l’Arioste). Le mélange des genres pratiqué par Rameau (Manto est un androgyne, chanté par un haute-contre !), ainsi que la faiblesse du livret, explique que cette œuvre n’ait pas rencontré le succès lors de sa création. Ici, plus de dieux ou de héros de la mythologie, mais tout simplement des êtres humains. On sent venir Beaumarchais et son Barbier de Séville.

Le pitch : Le vieil Anselme a des vues sur sa pupille Argie, qui aime Atis. Celui-ci paraît et, avec l’aide de la fée Manto, provoque la honte d’Anselme.

rameau les paladinsCliquez sur l’ouverture

Acte I : Argie, pupille d’Anselme, s’ennuie, car son amant Atis est parti (Air : « Triste séjour, Solitude ennuyeuse »).

Rameau les Paladins Triste séjour, Solitude ennuyeuse

(Ici, Rameau se parodie lui-même, en reprenant son « Tristes apprêts » de Castor et Pollux

Rameau Castor et Pollux Tristes apprêts, pâles flambeauxCliquez sur l’image)

Elle est gardée par Orcan, pour le compte d’Anselme. Sa confidente Nérine lui dit d’espérer et essaie de séduire Orcan pour qu’il les laisse sortir du château d’Anselme. Soudain, une musique se fait entendre. Ce sont des pèlerins. Parmi eux se cache Atis, qui vient ainsi retrouver Argie. Orcan essaie de les séparer, mais tremble devant la détermination d’Atis. Orcan est enrôlé parmi les pèlerins, afin de l’éloigner du château. Mais voici qu’on entend Anselme arriver à son tour.

Acte II : Anselme se réjouit à l’idée de retrouver Argie, mais il voit arriver Orcan, en habit de pèlerin. Argie arrive, habillée en pèlerine. Elle annonce à Anselme qu’elle va le délivrer d’une présence qui l’importune, puisqu’elle s’en va, et que c’est en vain qu’il soupire après elle. Elle part rejoindre Atis, un jeune Paladin et demande à Anselme de l’aimer comme un père. Anselme fait mine de se résigner à son départ, et lui annonce qu’il va lui faire présent d’un trésor dont il a la garde, et qu’Orcan va lui remettre.

Argie sortie, Anselme sort un poignard, qu’il confie à Orcan pour qu’il la tue. Nérine, cachée, a tout vu et sort prévenir Atis. Orcan, resté seul et toujours aussi peureux, ne peut se résoudre à tuer Argie, car il craint que son spectre ne revienne hanter ses nuits. Nérine revient et feint de ne pas voir Orcan, en soupirant après lui. Comme celui-ci s’approche, Nérine le rejette alors qu’une troupe de Démons et de Furies sort du bois.

C’est Atis et ses Paladins, déguisés, qui veulent faire peur à Orcan. Argie paraît et on reproche à Orcan d’avoir voulu tuer Argie. Il demande grâce. Argie ordonne qu’on le relâche. Tous se réjouissent de la liberté retrouvée d’Argie (Air & chœur : « Vengeurs des beautés qu’on outrage »).

Atis ordonne à ses Paladins de prendre une forme plus aimable. Ils sortent pour ôter leurs déguisements, et reviennent dans leurs habits de Paladins.

Rameau les Paladins Entrée très gaye des TroubadoursCliquez sur l’image

Mais un nouveau bruit se fait entendre. C’est Anselme qui arrive avec une troupe armée. Atis, Argie et les autres vont s’enfermer dans le château.

Rameau les Paladins Je vole, amour, où tu m'appelesCliquez sur l’image

Rameau les Paladins Pour voltiger sous les bocagesCliquez sur Atis et Nérine

Acte III : Anselme s’apprête à attaquer le château, mais un enchantement le fait disparaître, faisant apparaître un palais à sa place. Une belle esclave apparaît. Anselme veut savoir à qui est ce palais. L’esclave, qui est la fée Manto, dit que c’est à elle, et qu’elle est prête à le mettre à la disposition d’Anselme si celui se déclare auprès d’elle.

Rameau les Paladins Esclave contentez mes désirs curieuxCliquez sur Anselme et Manto

Alors qu’il s’apprête à se déclarer, Manto fait venir Argie comme témoin de son serment. Argie lui fait le reproche de n’avoir su choisir entre elle et le palais, il répond qu’il n’a accepté que pour mettre le palais à ses pieds. Mais Argie ne veut que son Atis. Manto se dévoile, et appelle Atis. Anselme sort désespéré, alors que tous se réjouissent du bonheur d’Argie et d’Atis (Air & chœur : « Lance, amour, tes traits vainqueurs »).

(Source principale : le DVD du spectacle de 2004 au théâtre du Châtelet, par William Christie et les Arts florissants, éd. Opus arte.)

Divers, Géographie

L’EXTRÊME-ORIENT À L’OPÉRA

Après l’orientalisme à l’opéra, où l’Orient représenté au XVIIIe siècle était d’une manière générale « la Turquie », intéressons-nous à présent à l’Extrême-Orient, qui s’appellera d’une manière générale la Chine (en bref, tout ce qui est là-bas au loin et à l’Est.)

Une première référence sera Les Indes galantes, de Rameau, dont le titre est un décalque du premier opéra-ballet, l’Europe galante de Campra. Pour Rameau et son librettiste, les Indes vont du Pérou en Turquie, en passant par l’Amérique du Nord.

Le XIXe siècle sera un peu plus sérieux géographiquement.

Dans les Pêcheurs de perles de Bizet, l’action se situe à Ceylan (aujourd’hui le Sri Lanka).

bizet spyresCliquez sur Nadir

Passons à présent au XXe siècle avec Madame Butterfly de Puccini, qui se passe au Japon.

Puccini Butterfly Viene la seraCliquez sur Pinkerton et Butterfly

Puccini encore avec Turandot, dont l’action se passe dans une Chine très antique.

Puccini Turandot finalCliquez sur l’image

On retrouve cette Chine très antique avec le Rossignol de Stravinsky, d’après le conte d’Andersen le Rossignol et l’empereur de Chine.

Stravinsky le RossignolCliquez sur l’image

Et encore une histoire d’empereur de Chine avec la Femme sans ombre de Strauss.

Strauss La Femme sans ombre WSOCliquez sur l’image

Retrouvons une Chine (peut-être) plus classique avec le Pays du sourire de Lehar.

Lehar Le pays du sourire Je t'ai donné mon cœurCliquez sur l’image

Refermons le XXe siècle avec Nixon in China de Adams

Adams Nixon in china The People are the Heroes nowCliquez sur Air Force One à son arrivée à Pékin

et avec l’Inde de Philip Glass et son Satyagraha, qui nous met en scène Gandhi.

Glass GandhiCliquez sur l’image

Agenda Ironique, Maria Callas, Poésie

EN RENTRANT DE L’ÉCOLE

Ce mois-ci, c’est Sabrina qui nous guide pour l’agenda Ironique. Le sujet en est :

Ce mois de septembre étant placé sous le signe de la rentrée scolaire, je vous propose donc de parler d’un souvenir d’école ! Alors, l’école au sens large, ça peut être l’école de Pennac, l’école buissonnière, l’école de la vie, l’école des fans (pourquoi pas) et même, soyons fous, l’école militaire, je ne suis pas sectaire. Ce souvenir sera réel, fictif, douloureux, joyeux, inventé, absurde, drôle ou impétueux, vous choisissez la forme qui vous sied pour nous le partager.Quelques petites contraintes bien sûr car sinon cela n’est pas amusant ! Il faudra pour raconter ce souvenir, incorporer quelques mots à retourner dans tous les sens : rapporteur / pion / colle / ligne / cour (ou cours ou court ou courre ) et rythme ! Ayant un passif dans l’éducation nationale (on a tous nos petits défauts), il faudra s’amuser à détourner au minimum un des fameux sigles qui composent ce joli jargon académique qui fait la joie des professeurs.

Et pour les plus téméraires, qui souhaitent du rab de devoirs, ajoutez à votre agenda cette petite phrase extraite de ma lecture du moment : « cela donnait le sentiment d’appartenir à une multitude à la fois statique et chatouilleuse » (ça vient de « Personne n’a peur des gens qui sourient » de Véronique Ovaldé).

Mais c’est tellement mieux esspliqué chez Sabrina, allez y voir !

Or donc, il me revient qu’étant enfant, ma petite sœur avait appris dans la cour de l’école une belle chanson, où il était question d’école, de lune et des étoiles, et de chemin de fer qui se promenait. Vous l’avez peut-être reconnue, il s’agissait du poème de Prévert, en Sortant de l’école, mis en musique par Kosma. J’ai demandé au grand rapporteur de la poésie ce qu’il disait, ce poème ? La réponse est dans les lignes suivantes :

En sortant de l’école
Nous avons rencontré
Un grand chemin de fer
Qui nous a emmenés
Tout autour de la terre
Dans un wagon doré

Honegger Pacific 231Cliquez sur l’image

Tout autour de la terre
Nous avons rencontré
La mer qui se promenait
Avec tous ses coquillages
Ses îles parfumées
Et puis ses beaux naufrages
Et ses saumons fumés

Bizet Les Pêcheurs de perles Au fond du temple saintCliquez sur l’image

Puis au-dessus de la mer
Nous avons rencontré
La lune et les étoiles
Sur un bateau à voiles
Partant pour le Japon
Et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
Tournant la manivelle d’un petit sous-marin
Plongeait au fond des mers
Pour chercher des oursins

Wagner Vaisseau fantôme ouverture KarajanCliquez sur le bateau à voiles

Puccini Butterfly Un bel di vedremo CallasCliquez sur la Japonaise

Revenant sur la terre
Nous avons rencontré
Sur la voie du chemin de fer
Une maison qui fuyait
Fuyait tout autour de la terre
Fuyait tout autour de la mer
Fuyait devant l’hiver
Qui voulait l’attraper
Mais nous sur notre chemin de fer
On s’est mis à rouler
Rouler derrière l’hiver
Et on l’a écrasé
Et la maison s’est arrêtée
Et le printemps nous a salués

Moussorgski Tableaux d'une Exposition la Cabane sur des pattes de pouleCliquez sur la maison qui fuyait (sur ses pattes de poule)

C’était lui le garde-barrière
Et il nous a bien remerciés
Et toutes les fleurs de toute la terre
Soudain se sont mises à pousser
Pousser à tort et à travers
Sur la voie du chemin de fer
Qui ne voulait plus avancer
De peur de les abîmer

Alors on est revenu à pied
À pied tout autour de la terre
À pied tout autour de la mer
Tout autour du soleil
De la lune et des étoiles
À pied, à cheval, en voiture et en bateau à voiles

Messiaen Turangalila Symphonie - 5 - Joie du sang des étoilesCliquez sur la Joie du sang des étoiles

Peut-être à la lecture de cet article trouverez-vous que tout ceci appartient à une multitude à la fois statique et chatouilleuse, si c’était le cas, j’aurais bien de la chance. Et si un pion me lit et me désapprouve, par pitié, pas d’heure de colle !

Citations musicales :

Un grand chemin de fer : Honegger Pacific 231. Dans cet hymne à la modernité, Honegger épouse les rythmes de cette fameuse locomotive, alors que le SNCF (Syndicat National des Cancres en Folie) n’existait pas encore.

Ses îles parfumées : Bizet les Pêcheurs de perles.

un bateau à voiles : Wagner le Bateau fantôme.

Partant pour le Japon : Puccini Madama Butterfly « Un bel di vedremo ».

Une maison qui fuyait : Moussorgski les Tableaux d’une exposition « la cabane sur des pattes de poule ».

De la lune et des étoiles : Messiaen Turangalila Symphonie – 5 – Joie du sang des étoiles

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

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Cinéma, Mes opéras préférés

LULU, de BERG (1929-1935)

Lulu est un opéra composé par Alban Berg de 1929 jusqu’à sa mort en 1935. Berg en a écrit lui-même le livret, à partir de L’esprit de la terre (1895) et La boîte de Pandore (1902), deux pièces de Wedekind. Tout l’opéra est bâti sur un principe de symétrie formelle, l’action décrivant l’ascension de Lulu, jusqu’à la mort de son seul amour (premier acte et première scène du deuxième acte), suivi d’un interlude orchestral, et sa descente aux enfers (deuxième scène du deuxième acte et troisième acte).

En 1935, il s’interrompt dans la composition de Lulu pour écrire un Concerto pour violon, dédié à la mémoire de Manon Gropius, la fille d’Alma Mahler et de l’architecte Walter Gropius (fondateur du Bauhaus), morte à l’âge de dix-huit ans. C’est le Concerto à la mémoire d’un ange.

Resté inachevé à la mort de Berg, c’est le compositeur Friedrich Cerha qui en a orchestré la fin pour la production complète donnée au Palais Garnier en 1979 par Pierre Boulez.

Les cinéphiles reconnaîtront l’histoire du film Loulou, de Pabst, avec Louise Brooks dans le rôle de l’héroïne.

Pour préparer le public à sa musique, Berg a écrit une Suite Lulu, créée en 1934.

Berg Lulu Suite III Lied der LuluCliquez sur la Lulu-suite

Le pitch : Lulu consomme les hommes, qui meurent pour elle. Le destin change mais la mort de ses amant(e)s continue. Lulu meurt tuée par Jack l’Éventreur.

Berg Lulu (MET 2015)Cliquez sur le pitch

Prologue : Le dompteur appâte le chaland pour qu’il vienne voir sa ménagerie. Il décrit ses animaux, allégories des personnages que l’on va voir, et fait entrer le serpent (Lulu). Le dompteur en décrit le destin tragique. Lulu repartie, il invite le public à entrer sous son chapiteau.

Berg Lulu PrologueCliquez sur le prologue

Acte I : Dans l’atelier du peintre, qui peint le portrait de Lulu. Le compositeur Alwa souhaite engager Lulu pour son opéra. Alwa et son père, le docteur Schön, sortent. Le peintre presse Lulu, qui craint que son mari, vieux professeur de médecine, ne rentre. Quand celui-ci arrive et découvre Lulu et le peintre ensemble, il meurt de saisissement. Le peintre est désolé, Lulu totalement indifférente. (Aux questions du peintre, Lulu n’a qu’une réponse : je ne sais pas.)

Berg Lulu Der Mahler AriosoCliquez sur le peintre

Dans le salon du peintre où trône le portrait de Lulu. Lulu et le peintre sont mariés. Ils reçoivent une lettre annonçant les fiançailles de Schön. On sonne à la porte. C’est Schigolch, un mendiant, qui vient voir où Lulu vit, et lui demander de l’argent. Schigolch sort et Schön entre. Il demande à Lulu ce que son père faisait ici. Il est venu dire que, fiancé, il ne veut plus voir Lulu, mais Lulu veut continuer à le voir. Lulu sort alors que le peintre rentre. Schön lui dit qu’il devrait mieux surveiller sa femme. Le peintre comprend que Lulu le trompe avec Schön. Celui-ci lui raconte son histoire avec Lulu. Le peintre va dans la pièce voisine. On entend des cris derrière la porte, qu’il a fermée à clé. Alwa arrive à ce moment. On défonce la porte et on trouve le corps du peintre, qui s’est tranché la gorge. Lulu veut quitter la maison. Schön dit que c’est la fin de ses fiançailles, son destin étant lié à celui de Lulu.

Alwa a écrit un spectacle, dont Lulu est la vedette. Il est amoureux d’elle. Ils discutent avant l’entrée en scène de Lulu. Un prince vient la voir tous les soirs et voudrait l’emmener en Afrique. Alwa, resté seul, pense à son prochain opéra (qui raconterait l’histoire de Lulu !). Le prince entre. Lulu rentre de scène. Elle s’est évanouie en voyant Schön et sa fiancée dans la salle. Ce dernier arrive. Il avait commandé le spectacle à Alwa dans l’espoir qu’un admirateur éloignerait Lulu, mais n’avait pas imaginé qu’on l’emmènerait en Afrique. Lulu sentant son pouvoir sur Schön lui dicte une lettre de rupture pour sa fiancée. Il a l’impression de signer son arrêt de mort.

Berg Lulu Akt I Alwa LuluCliquez sur Alwa et Lulu

Acte II : Dans le salon de Schön, la comtesse Geschwitz a offert des fleurs à Lulu. Elle l’invite à un bal de femmes, où elle lui demande de venir habillée en homme. À leur départ, Schön se sent très seul, face à son nouveau cercle d’amis. Lulu revient, ils ont une discussion sur qui a voulu épouser l’autre en gagnant leur chambre à coucher. La comtesse Geschwitz revient et se cache derrière un paravent, alors qu’arrivent les amis de Lulu : Schigolch, l’Athlète (double du Dompteur du prologue) et le Lycéen (l’ours de la ménagerie). Ils viennent faire la fête pendant l’absence de Schön. Lulu sort de sa chambre et aguiche le Lycéen avant de ressortir. Tous pensent qu’elle attend le prince qui veut l’épouser. Lulu revient et dit qu’ils ont peur de Schön. L’Athlète montre ses muscles. Le valet de chambre annonce le Docteur Schön, tout le monde se cache. Ce n’est qu’Alwa, toujours attiré par Lulu. Schön apparaît et assiste, caché, au dialogue amoureux entre Alwa et Lulu, à la fin duquel Lulu révèle à Alwa qu’elle a empoisonné sa mère. Schön se montre et fait des reproches à Lulu. Il lui met son revolver dans la main pour qu’elle se suicide. Lulu propose le divorce, mais Schön refuse. Lulu déclare que des hommes se sont suicidés pour elle. À ce moment, le Lycéen sort de sa cachette. Comme Schön se tourne vers lui, Lulu l’abat. Schön mourant appelle Alwa au secours. Lulu cherche à fuir, retenue par Alwa. Elle le supplie de la laisser partir, mais il est trop tard, la police est là.

Berg Lulu Akt II Wenn sich die MenschenCliquez sur l’image

Interlude orchestral : À partir de ce moment, le milieu du drame, l’ascension de Lulu cesse et son destin va suivre une trajectoire descendante, symétrique de la trajectoire du début. Pour figurer ce renversement, Berg a ainsi composé un palindrome de 3 minutes !

Berg Lulu Akt II interlude orchestral (palindrome)Cliquez sur le palindrome

Dans la maison d’Alwa, Alwa, Geschwitz et l’Athlète ont préparé un plan pour faire évader Lulu. Geschwitz a contracté le choléra pour prendre la place de Lulu à l’hôpital, qui est tombée malade en prison. Schigolch arrive avec des passeports qui leur permettront de fuir à Paris, après l’évasion de Lulu. Il repart avec Geschwitz chercher Lulu à l’hôpital. Le Lycéen arrive ; il a un plan pour sauver Lulu, mais Alwa lui dit que c’est trop tard, qu’elle est morte. D’abord incrédule, il part en déclarant que sa vie ne vaut rien. Lulu rentre, habillée avec les vêtements de Geschwitz, avec qui elles ont échangé leurs rôles. Elle se débarrasse de l’acrobate, qui voulait se marier avec elle, et faire d’elle une acrobate. Elle entraîne Alwa sur le divan. La passion embrase Alwa, mais pas Lulu, qui lui rappelle qu’elle a tué son père. Elle veut surtout savoir s’il l’accompagnera dans sa fuite à Paris.

Berg Lulu Akt II Air d'AlwaCliquez sur Alwa

Acte III : Dans un salon bourgeois à Paris, on fait la fête. Un banquier vend (très cher) des actions. Tout le monde en veut. Dans une salle de jeu au fond, on joue. Le Marquis demande de l’argent à Lulu, mais celle-ci n’en a plus. Il lui propose l’alternative suivante : ou elle se prostitue pour lui, ou il la dénonce à la police. Un bordel du Caire lui propose 1200 marks pour elle. Lulu propose de le payer en actions du banquier. Le Marquis veut de l’argent, pas du papier. Geschwitz fait une scène de jalousie à Lulu, qu’elle accuse de l’avoir trahie. L’athlète revient vers Lulu, c’est désormais 20 000 marks qu’il demande pour ne pas la livrer à la police. Si elle n’a pas d’argent, elle peut payer en nature ! Dans le brouhaha de la fête, le banquier annonce que ses actions ne valent plus rien. Schigolch à son tour demande de l’argent à Lulu. Elle se met à pleurer, elle n’a pas d’argent et l’Athlète va la dénoncer. Schigolch propose un plan pour s’en débarrasser. Il a remarqué que Geschwitz ne laisse pas l’Athlète indifférent. Lulu convainc Geschwitz d’accompagner l’Athlète dans une maison de rendez-vous, en lui garantissant qu’il ne lui arrivera rien. Sitôt les deux partis. Lulu va voir le groom et échange ses vêtements avec lui avant de prendre la fuite avec Alwa. La police vient arrêter Lulu, mais trop tard, elle est partie.

Dans une chambre sous les toits. Alwa et Schigolch attendent Lulu. Celle-ci arrive avec son premier client (le double de son premier mari). Elle l’entraîne dans la chambre. Quand l’homme ressort et part, ils regardent combien Lulu a gagné. Geschwitz arrive. Elle a trouvé le tableau de Lulu chez un brocanteur. Ils le clouent au mur et comparent la beauté passée de Lulu à ce qu’elle est maintenant devenue. Une nouvelle personne arrive. Entre le Nègre (le double du peintre). Il veut toucher Lulu, qui recule. Il s’énerve et empoigne Lulu. Alwa veut intervenir et tombe, frappé à mort par le Nègre, qui sort. Schigolch cache le cadavre quand Geschwitz rentre, prête à se suicider devant l’indifférence affichée par Lulu. Celle-ci entre, accompagnée par un troisième client. C’est Jack l’Éventreur (le Tigre de la ménagerie et le double du docteur Schön). Lulu est attirée par ce client. Elle demande de l’argent, il fait mine de partir. Finalement c’est elle qui paiera pour l’avoir. Ils entrent dans la chambre. Geschwitz décide de quitter cet endroit quand on entend un cri terrible de Lulu. Geschwitz va vers la porte. Jack sort de la chambre, un couteau à la main. Il poignarde Geschwitz et part tranquillement. Geschwitz appelle Lulu une dernière fois avant de mourir.

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

VICTOR HUGO (1802-1885)

Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802.

En 1822, il épouse Adèle Foucher, avec qui il aura 5 enfants, Léopold (1823), mort à quelques mois, Léopoldine (1824), Charles (1826), François-Victor (1828) et Adèle (1830).

Chef de file du romantisme français, il crée le scandale en 1830 avec son Hernani. Cette pièce sera adaptée à l’opéra par Verdi, avec Ernani (1844). En 1832, c’est le Roi s’amuse, pièce qui sera adaptée à nouveau par Verdi avec Rigoletto (1853).

Verdi rigoletto La done e mobileCliquez sur l’image

Hugo fréquente Berlioz, Liszt, Meyerbeer ou encore Delacroix et Sand, et madame Hugo, se sentant délaissée, commence une liaison avec Sainte-Beuve en 1832.

En 1833, Hugo entame une liaison avec Juliette Drouet, liaison qui durera 50 ans. Il écrit Lucrèce Borgia, qui sera adapté par Donizetti dès cette même année 1833 avec Lucrezia Borgia.

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Victor Hugo a participé à la mise en musique de ses œuvres puisqu’il a écrit lui-même en 1836 le livret de La Esmeralda, un opéra composé par Louise Bertin. Il s’agit évidemment d’une adaptation de son roman Notre-Dame de Paris (1831).

Bertin La Esmeralda air des clochesCliquez sur Esmeralda

C’est ce même livret qui servira à Dargomyjsky, un élève de Glinka pour son Esméralda (1839).

En 1841, Hugo entre à l’Académie française.

En 1843, l’année où il publie les Burgraves, sa fille Léopoldine meurt à l’âge de 19 ans. Ce drame affectera durablement Victor.

Victor Hugo était engagé politiquement dans son siècle et en 1848, il est élu député de Paris à l’Assemblée législative. En 1851, il est membre du Comité de résistance contre le coup d’État puis doit se réfugier en Belgique.

En 1852, il fait paraître Napoléon le petit, et s’installe à Jersey.

En 1862, il fait paraître les Misérables.

En 1870, Victor Hugo peut enfin rentrer à Paris, et en 1871, il est à nouveau élu député de Paris. Il perd son fils Charles.

En 1873, nouvelle disparition avec celle de son fils François-Victor.

En 1872, c’est Massenet qui écrit son premier opéra Don César de Bazan, d’après une pièce de Dumanoir, elle-même bâtie autour d’un des personnages de Ruy Blas (1838). On peut noter que Mendelssohn a écrit une ouverture pour Ruy Blas, et ce dès 1839 pour les représentations en allemand de cette pièce.

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Un peu plus tard, Ponchielli adapte Angelo, tyran de Padoue (1835) pour son opéra La Gioconda (1876). On peut voir une adaptation complètement déjantée de la « Danse des heures » de cet opéra dans le dessin animé Fantasia de Walt Disney. Cette même année, le Russe César Cui créait son Angelo, opéra également inspiré par Angelo, tyran de Padoue.

En 1883, c’est la disparition de sa fidèle Juliette Drouet.

Hugo meurt le 22 mai 1885 à Paris, à l’âge de 83 ans. On lui fait des obsèques nationales, et plus de deux millions de personnes se pressent dans Paris pour suivre son cercueil.

En 2013, Robert Badinter et Thierry Escaich créent l’opéra Claude, d’après la pièce Claude Gueux, reprenant ainsi le combat de Victor Hugo en faveur de l’abolition de la peine de mort.

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Il faut encore noter que, en dehors du champ opératique, Hugo a écrit des romans et beaucoup de poésie (la Légende des Siècles, les Orientales…) et de très nombreux poèmes de Victor ont été mis en musique, que ce soit par Liszt, Gounod, Fauré, Saint-Saëns… ou Brassens !

Fauré les DjinnsCliquez sur l’image

Dans un des poèmes des Orientales (1829), Hugo nous décrit la chevauchée de Mazeppa. Pour VH, Mazeppa est le symbole du génie qui, lancé dans une course effrénée, « court, vole, tombe, et se relève roi ».

Ce thème a particulièrement inspiré Franz Liszt, qui s’y est pris à quatre reprises pour traduire le poème en musique, en insistant sur le symbole final. Les trois premières versions correspondent aux trois versions des Douze études, redoutablement difficiles. La quatrième version est le poème symphonique Mazeppa.

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Enfin, si on considère que la comédie musicale est l’adaptation du genre opéra à la fin du XXe siècle (i.e. le fait de raconter une histoire en la faisant chanter et danser par ses interprètes), l’œuvre d’Hugo figure toujours en très bonne place, puisque Les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris (1999) sont deux des plus grands succès du genre. On retrouve également Disney dans son dessin animé le Bossu de Notre-Dame, encore une adaptation de Notre-Dame de Paris (même si VH n’apparaît pas au générique de ce film).

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Divers

L’OPÉRA DE LILLE FÊTE SES 100 ANS

La tradition lyrique de Lille date de l’époque où cette ville, conquise par Louis XIV, devint française. Pascal Colasse reçoit des privilèges royaux pour fonder des opéras à Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Lille. En 1700, après une représentation du Médée de Charpentier, le feu, cet ennemi des opéras, détruit la salle et elle est reconstruite grâce à une dotation de Loulou XIV.

Charpentier Médée Noires filles du StyxCliquez sur l’image

En 1785 débutent les travaux d’un théâtre plus grand. Cette nouvelle salle est inaugurée en 1787. C’est à Lille que le Chevalier de Saint-Georges donnera pendant la Révolution, en 1790, un de ses derniers opéras, Guillaume tout cœur.

C’est dans ce bâtiment qu’a eu lieu la création française du Vaisseau fantôme de Wagner en 1893.

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En 1903, la salle est détruite à son tour par un incendie et, en attendant la construction d’un nouvel opéra, un théâtre provisoire est construit place Sébastopol. (C’est du provisoire qui dure, puisque le théâtre Sébastopol est toujours en activité en 2023.) La mairie lance un concours pour la construction du nouveau bâtiment, concours remporté par Louis Marie Cordonnier. Les travaux commencent en 1907, et le théâtre est presque achevé lorsqu’en 1914, les Allemands entrent dans la ville. Ils achèvent les travaux et donnent le nom de Théâtre allemand à l’opéra de Lille.

Il est inauguré le 25 décembre 1915, avec une représentation d’Iphigénie, de Goethe, et de pièces de Liszt, dont le poème symphonique Festklange (Bruit de Fête). Pendant les quatre ans d’occupation allemande seront données une centaine de représentations.

Liszt Bruits de fête (Festklange)Cliquez sur l’image

La fin de la guerre permet une restauration de l’Opéra, qui ouvre officiellement ses portes le 7 octobre 1923, il y a un siècle. C’est à Lille que le baryton belge Edgar P. Jacobs débutera en 1929. Il y chantera les rôles de Brétigny dans Manon de Massenet ou Méphistophélès dans la Damnation de Faust de Berlioz. Las, la crise de 1929 passe par là, et les étrangers sont priés de rentrer chez eux.

voici des rosesCliquez sur l’image

Après la Seconde Guerre, malgré une programmation de qualité, l’Opéra subit divers aléas jusqu’en 1998, date à laquelle il doit fermer. Il rouvrira en 2003, et cette année est donc également l’année du vingtième anniversaire de cette réouverture, avec Don Giovanni de Mozart. C’est avec ce même opéra que s’ouvrira la saison 2023-2024.

Mozart Don Giovanni Deh, vieni alla finestraCliquez sur l’image