Écrivains, littérature

Pierre CORNEILLE (1606 – 1684)

Pierre CORNEILLE was a famous french dramatist.  

Pierre CORNEILLE (1606  – 1684) est, avec RACINE et MOLIERE, un des grands écrivains français du XVIIe siècle.

Corneille naît à Rouen le 6/6/6 [6 juin 1606). Après des études suivies au collège Bourbon (aujourd’hui, lycée corneille), il suit des études de droit et devient avocat.

En 1628, son père, lui-même avocat, lui achète une charge d’avocat à la Table de marbre du palais de justice de Rouen. Piètre orateur, il renonce vite à plaider pour se tourner vers l’écriture de pièces théâtrales avec Mélite en 1629.

Suivront quelques comédies dont L’illusion comique en 1635. En 1637, il écrit Le Cid, probablement sa pièce la plus connue. Le Cid, a été adapté en 1885 à l’opéra par Massenet

Massenet Le Cid O noble lameCliquez sur l’image

alors que dès 1681, Marc Antoine Charpentier avait écrit des Airs sur les Stances du Cid.

Charpentier Air sur les Stances du CIDCliquez sur l’image

Après Le Cid viendront Horace (1640), Cinna (1641) et Polyeucte (1642). Horace fera l’objet d’un opéra de Salieri, les Horaces, en 1786,

Salieri Ouverture des HoracesCliquez sur l’image

et Polyeucte a donné lieu à au moins deux opéras, Poliuto (1838) de Donizetti et Polyeucte (1878) de Gounod.

Donizetti PoliutoCliquez sur Poliuto

Gounod PolyeucteCliquez sur Polyeucte

En 1641, il se marie avec Marie de Lampérière, avec qui il aura huit enfants.

En 1647, il entre à l’Académie française.

Pierre corneille meurt à Paris le 1er octobre 1684.

L’influence de Corneille sur le monde du théâtre et donc de l’opéra est grande, notamment sur le librettiste italien MÉTASTASE, qui avec sa vingtaine de livrets a donné lieu à plus de mille opéras.

De manière assez directe, sa pièce Pertharite  a inspiré le Rodelinda (1725) de HAENDEL et Théodore, vierge et martyre donnera l’oratorio Théodora (1749) du même Haendel. Haendel toujours avec Jules César (1724), d’après La Mort de Pompée.

Haendel Jules César Son nata a lagrimarCliquez sur l’image

La Clémence de Titus (1791) de MOZART, écrit d’après un des livrets de Métastase, est inspiré de Bérénice de Jean RACINE et de Cinna de Corneille.

De Mozart, on passe à SALIERI qui a écrit Les Horaces (1786), d’après le Horace (1640) de notre écrivain.

 

Écrivains, littérature, Oulipo, Valse

JE ME SOUVIENS (Georges PEREC – 3)

Après La Disparition et La Vie, mode d’emploi, voici le troisième billet consacré à la présence de la musique dans l’œuvre de Georges PEREC.

Je me souviens est le titre d’un recueil de brefs souvenirs écrits par Perec entre 1973 et 1977, et paru en 1978. Ce recueil forme une sorte d’autobiographie en 480 fragments, selon une méthode chère à Perec, celle des listes (et non des LISZT comme disent les musiciens). Parmi ces fragments, une onzaine d’entre eux a trait à la musique classique dont on sait que Perec était un fin connaisseur.

Les voici, avec leur « traduction ».

24 – Je me souviens du Concerto pour hautbois de CIMAROSA. (Domenico Cimarosa [1749 – 1801] était un compositeur italien. Il est connu notamment pour son opéra Le Mariage secret). 

Cimarosa concerto pour hautboisCliquez sur l’orchestre

43 – Je me souviens de l’Adagio d’ALBINONI. (Tomaso Albinoni [1671 – 1751] était un compositeur vénitien, connu pour un célèbre adagio… qu’il n’a pas composé.)

Albinoni AdagioCliquez sur l’orchestre

66 – Je me souviens de l’opérette La Belle Arabelle, avec les Frères Jacques.

120 – Je me souviens des deux films de Roberto BENZI. (Roberto Benzi, né en 1937, était un enfant prodige qui a donné son premier concert à l’âge de 6 ans, et est devenu chef d’orchestre à 11 ans. Deux films lui ont été consacrés : Prélude à la gloire en 1950 [il avait donc 13 ans] et l’Appel du destin en 1953.)

123 – Je me souviens que la violoniste Ginette NEVEU est morte dans le même avion que Marcel CERDAN. (Ginette Neveu [1919 – 1949] était une violoniste soliste de niveau international, élève de Georges ENESCO.)

154- Je me souviens que PADEREWSKI a été élu Président de la République polonaise. (Ignace Paderewski [1860 – 1941] était un pianiste soliste virtuose. Il a écrit un opéra, Manru, créé en 1901. Outre sa carrière de pianiste, il a connu une dimension politique, contribuant au soulèvement populaire des Polonais contre l’Allemagne. Il a été Président du Conseil national polonais en exil [et non pas Président de la République]). 

159 – Je me souviens que RAVEL était très fier de son Boléro.

Ravel Boléro

166 – Je me souviens que Dinu LIPATTI apprit très tard, vers vingt ans, à jouer du piano. (Dinu Lipatti [1917 – 1950) était un pianiste soliste roumain.)

274 – Je me souviens d’un très beau récital donné dans la cathédrale de Chartres (en 1953 ?) par la pianiste Monique de La BRUCHOLLERIE. (M. de La Bruchollerie [1915 – 1972] était une pianiste concertiste française.)

307 – Je me souviens de:

     – Pourquoi les filles du Nord sont-elles précoces ?

     – Parce que le concerto en sol mineur.

430 – Je me souviens combien j’aimais Johann STRAUSS et de mon bonheur quand j’ai vu Valses de Vienne au Châtelet.

Retrouvez le 4e volet de la série des billets consacrés à Perec avec Cantatrix Sopranica L.

 

 

 

 

 

 

Animation 1, Bande dessinée

POKÉMON GO (et opéra)

Je vous l’avais promis dès la création de ce blog il y a un peu plus de six mois (cf. la page « à propos ») : il y aura un billet sur le jeu Pokémon GO et l’opéra.

La sortie de la version complémentaire sur console de salon ce 16 novembre va être l’occasion pour moi de tenir cette promesse, et de faire s’interpénétrer la bulle des amateurs d’opéra et la bulle des amateurs de Pokémons.

Dès la première version du jeu, datant d’il y a plus de vingt ans, figuraient les Pokémons Mélofée (n° 35) et Rondoudou (n° 39). Ces Pokémons avaient le pouvoir, par leur chant semblable à celui d’Orphée, d’endormir leurs adversaires.

                                                           mélofée rondoudou

Nous avons découvert il y a peu avec l’arrivée de la 4e génération le Crikzik (n° 401) un Pokémon insecte en forme de lyre et son évolution le Mélokrik, dont le Pokédex nous apprend que quand les antennes du Crikzik s’entrechoquent, elles laissent s’échapper un son de xylophone, alors que le Mélokrik exprime ses émotions par des mélodies.

                                                       criczik  Mélokrik

C’est dans la cinquième génération que l’on trouvera les Pokémons les plus intéressants, avec le Lakmécygne (n° 581), dont le nom est formé d’après Lakmé de Léo DELIBES, et le Lac des Cygnes, le fameux ballet de TCHAÏKOVSKI.

lakmécygne.png

On trouvera également le Vivaldaim (n° 585), un daim qui peut prendre quatre formes suivant les saisons (hommage aux quatre saisons de VIVALDI). La référence à l’univers de l’opéra est encore poussée par le fait que le Vivaldaim a une forme évoluée, le Haydaim (en hommage à Joseph HAYDN.)

                                                    vivaldaim  haydaim.png

Et surtout, n’oubliez pas qu’il est déconseillé de jouer à Pokémon Go quand vous êtes à l’opéra, vous risqueriez de perturber le spectacle, et de gêner vos voisins.

Avec les nouveaux pokémons de la région d’Alola (saison 6) est arrivé Oratoria (n° 730) dont la fiche signalétique bous dit : Surnommé « la diva », il offre un spectacle enchanteur lorsqu’il dirige un chœur composé de ses congénères à la lumière de la lune.

Oratoria

Écrivains, Cinéma, littérature, Philosophie

Friedrich NIETZSCHE et la musique

Sans la musique, la vie serait une erreur (F.NIETZSCHE).

Rassurez-vous, je ne vais pas ici vous faire un cours sur les idées philosophiques de NIETZSCHE, j’en serais bien incapable et ce n’est pas le sujet de ce blog. Simplement, ayant entendu parler de Nietzsche lors d’une conférence sur WAGNER, il m’est venu à l’idée de vous parler des rapports qu’entretenait Fred le moustachu avec la musique.

Friedrich Nietzche naît le 15 octobre 1844 à Röcken.

Dans sa jeunesse, Frédéric Nietzsche, bon pianiste, s’est essayé à la composition musicale, et il a distribué ses lieders à ses amis, notamment Cosima, la fille de LISZT, épouse du chef d’orchestre von Bülow avant que d’être celle de Wagner.

nietzsche et la musiqueCliquez sur Fred

Dans La naissance de la tragédie, il est encore sous l’influence de SCHOPENHAUER et Wagner, et il réfléchit à la dualité Apollon vs Dionysos, ce qui le rapproche de Robert SCHUMANN dont toute la vie (et toute l’œuvre) a été une tentative de résolution de ces deux faces de sa personnalité. Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.

Une des compositions de Nietzsche, Manfred méditation d’après l’œuvre de Lord BYRON, peut d’ailleurs être rapprochée par le thème de l’une des compositions de Schumann, qui a écrit une musique de scène pour cette pièce. Et pour ce qui est de la double personnalité avec laquelle Schumann devait se battre, elle est illustrée par Eusébius le rêveur introverti et Florestan le passionné combatif, doubles de Schumann que l’on retrouve dans les Davidsbündlertänze ou le Carnaval.

Schumann CarnavalCliquez sur le pianiste

Très inspiré par l’œuvre de Wagner, Nietzsche s’est intéressé aux thèmes du surhomme et de la liberté, thèmes qui sont au cœur notamment de la tétralogie. Il finira par se détacher du « poison wagnérien » (sic) quand il découvre en 1881 le Carmen de BIZET.

Friedrich Nietzche meurt le 25 août 1900 à Weimar, à l’âge de 55 ans.

Une de ses dernières œuvres, Also spracht Zarathustra, a inspiré à Richard STRAUSS le poème symphonique du même nom. Œuvre un peu oubliée du public, Stanley KUBRICK a contribué à la populariser en s’en servant pour la BOF de son génial 2001 Odyssée de l’espace.

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’image

Mythologie, Nature, Poésie

LES MUSES AIMENT LES ARTS

Nous lézards aimons les Muses

Elles Muses aiment les arts

Avec les arts on s’amuse

On muse avec les lézards…

Je ne peux m’empêcher de citer le début de ce poème de QUENEAU en introduction à ce billet consacré aux muses zet aux arts.

Les muses, au nombre de 9, étaient les filles de Zeus et de Mnémosyne (la déesse de la mémoire).

​CALLIOPE ​Poésie épique
​CLIO ​Histoire
​ÉRATO ​Poésie lyrique
​EUTERPE Musique
​MELPOMÈNE ​Tragédie
​POLYMNIE ​Rhétorique
​TERPSICHORE ​Danse
​THALIE ​Comédie
​URANIE ​Astronomie

À l’époque baroque, les dieux, les nymphes et les Muses apparaissaient sans problème dans les livrets d’opéra. Il est donc naturel d’y rencontrer des Muses. Par exemple dans Alceste de LULLY, à la fin de l’œuvre, Apollon descend de l’Olympe avec les Muses.

Dans Platée, de RAMEAU, qui raconte un complot de Jupiter pour ridiculiser la nymphe Platée (et la jalousie de sa femme Junon), la Muse de la Comédie Thalie se joint à ce complot.

Rameau Platée ThalieCliquez sur la Thalie de Rameau

Dans les Boréades, du même Rameau, c’est Polymnie (la rhétorique) qui intervient pour essayer d’adoucir Borée, le dieu du vent.

Rameau les BoréadesCliquez sur l’image

On peut également noter que Campra a écrit un opéra-ballet intitulé Les Muses (1703) ou encore citer l’opéra-ballet les Fêtes de Thalie (1714), de MOURET, où l’on voit Melpomène (la Tragédie) se disputer avec Thalie (La Comédie) pour savoir qui doit avoir la prééminence sur l’opéra. À cette époque pré-hollywoodienne, quand un spectacle avait du succès, on faisait une suite, et c’est ainsi que dans la Revanche du fils du retour des Fêtes de Thalie (je ne suis pas certain du titre exact de cette suite), c’est au tour de Terpsichore (la Danse) et de Polymnie d’entrer dans la danse (si j’ose dire) pour revendiquer leur part dans le succès de l’opéra.

On retrouve ce même thème au XXe siècle où PROKOFIEV fait s’affronter Comédie et Tragédie pour savoir qui doit avoir la préséance sur l’autre dans L’amour des 3 oranges (1919). Les Muses y sont représentées par le chœur.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges tragiques vs lyriquesCliquez sur l’image

Enfin dans les Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH c’est la muse de la Poésie qui veut s’assurer de l’exclusivité des faveurs du poète Hoffmann.

littérature, Mythologie, Nature, Poésie

le vin, LE VENT, la vie… (1 LE VENT)

… est un recueil de poésies du poète antéislamique Abu NUWAS (757 – 815), dans lequel il célèbre tous les plaisirs qui enivrent sa vie, que ce soit le vin, ou l’amour sous toutes ses formes.

Vine, Wind, Life is a book of poems written by Abu Nuwas.

Dans ce billet, je vous parlerai de la présence du vent dans l’opéra. Il y aura bien sûr un « LE VIN, le vent, la vie ». En l’attendant, je vous conseille le très bon article sur les chansons à boire de l’opéra de l’excellent site Le voyage lyrique.

C’est dans les opéras baroques que l’on trouve le plus l’influence du vent, puisqu’à cette époque les sujets étaient pour l’essentiel puisés dans la mythologie, et Éole, le dieu du vent pouvait donc participer à l’action.

Ainsi dès 1673 dans Alceste de LULLY, on voit Éole calmer les flots pour permettre à Admète et Alcide de poursuivre Lycomède qui a enlevé Alceste.

Dans King Arthur de PURCELL, au début de l’acte V, l’enchanteur Merlin invoque Éole. Le dieu du vent calme la mer déchaînée. Des flots surgit une île, l’Angleterre, the fairest isle.

Purcell King Arthur Fairest IsleCliquez sur l’île féérique

Dans le dernier de ses opéras, et peut-être le dernier opéra baroque puisqu’en 1763, le classicisme avait débuté, RAMEAU choisit Les Boréades dans lequel la reine Alphise doit choisir pour époux parmi les Boréades, c’est-à-dire les descendants de Borée, le dieu du Vent. Mais c’est un étranger, Abaris, qu’elle aime. Si elle cède à son amour, elle provoquera la colère de Borée. Après diverses péripéties, que je raconterai un jour dans un billet consacré aux Boréades, Borée en colère frappe la Terre de ses vents, provoquant la terreur chez les humains (Nuit redoutable, jour affreux). Au début de l’acte V, Borée ordonne aux vents de continuer à frapper la Terre, mais ceux-ci sont devenus faibles à cause d’un humain. En fait, on apprend qu’Abaris est un fils d’Apollon et d’une nymphe, elle-même descendante de Borée. Ainsi Alphise peut se marier avec Abaris et tout est bien qui finit bien.

Rameau les BoréadesCliquez sur l’image

Passons à l’époque classique avec l’opéra seria Idoménée (1780) de MOZART. L’histoire se passe en Crête après la chute de Troie. Au début du 3e acte, Ilia, fille de Priam, prend la nature à témoin de sa douleur (en français : Zéphir léger et charmant).

Mozart Idoménée Zefiretti lusinghieriCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, ROSSINI dans son Barbier de Séville compare les ravages de la calomnie à un petit vent qui enfle et enfle. Air de la calomnie : « La calunnia è un venticello ».

Rossini le barbier de Sévilla La CalunniaCliquez sur la calomnie

Et en dehors du chant de l’opéra, je ne peux résister à vous présenter une des pièces impressionnistes de DEBUSSY : Ce qu’a vu le vent d’ouest.

Debussy Ce qu'a vu le vent d'OuestCliquez sur le pianiste

Et pour terminer, une très belle chanson de BREL, qui est déjà un classique de la chanson francophone.

Écrivains, littérature

LA LISTE DE SCHILLER (1759 – 1805)

Le poète et dramaturge Friedrich SCHILLER n’est pas que l’auteur de l’Ode à la joie (1785), mise en musique par deux fois par BEETHOVEN (Fantaisie chorale et final de la 9e symphonie).

Beethoven Fantaisie chorale pour piano chœur et orchestreCliquez sur l’image

Victime dans sa jeunesse du despotisme de son protecteur, il prend la fuite en 1782 et n’aura dès lors cesse de chanter l’amitié et la liberté des peuples. Il inspirera le mouvement romantique allemand et son théâtre sera largement adapté pour l’opéra.

En effet, des compositeurs tels que ROSSINI, DONIZETTI, VERDI ou TCHAÏKOVSKI se sont inspirés de ses drames pour composer leurs opéras, et pas des moindres.

En voici donc une liste, pas forcément exhaustive…

Dès 1781, Schiller écrit Les Brigands, qui donnera I Masnadieri (1847) chez Verdi. En 1783, il écrit Cabale et Amour qui servira de trame au Luisa Miller (1849) du même Verdi. Puis en 1787, il écrit son Don Carlos qui sera adapté, toujours par Verdi, en 1867.

En 1788, il rencontre le grand GOETHE, avec qui il se lie d’amitié, et qui le poussera à continuer à écrire.

En 1800, il écrit Marie Stuart, qui sera adapté à l’opéra par Donizetti en 1834.

Donizetti Maria Stuarda O nube che liev Nella pace del mestro riposoCliquez sur l’image

En 1801, le personnage de Jeanne d’Arc lui inspire La Pucelle d’Orléans, drame qui sera adapté par Verdi [Giovanna d’Arco (1845)] et Tchaïkovski [La Pucelle d’Orléans (1881)].

Verdi Giovanna d'Arco finalCliquez sur l’image

Enfin, en 1804, il écrit Guillaume Tell, qui servira de base au chef-d’œuvre de Rossini (1829).

Rossini Guillaume Tell OuvertureCliquez sur l’image

Avec ces deux derniers personnages, Schiller nous montre bien le destin de deux héros qui se battent pour obtenir la liberté de leur peuple.

littérature, Oulipo, Poésie

Cent mille milliards de poèmes (QUENEAU)

Cent mille milliards de poèmes (1961) est le titre d’un des recueils de poèmes les plus connus de Raymond QUENEAU, un des fondateurs de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle).

Il est basé sur l’écriture de 10 sonnets dont tous les premiers vers ont la même rime, tous les seconds vers ont la même rime, …, tous les quatorzièmes vers ont la même rime.

Ainsi, en faisant un tirage aléatoire du premier vers, puis du second, …, puis du quatorzième, on obtient la constitution de 10 puissance 14 poèmes différents, soit Cent mille milliards de poèmes.

Je vous ai donc concocté à partir du matériau poétique laissé par Queneau un des cent mille milliards de poèmes possibles, en cherchant dans chaque vers un rapport, parfois éloigné, avec l’univers de l’opéra.

Lorsqu’un jour exalté l’aède prosaïse

Pour consommer un thé puis des petits gâteaux

La critique lucide aperçoit ce qu’il vise

Il chantait tout de même oui mais il chantait faux

Quand on prend des photos de cette tour De Pise

Le vulgaire s’entête à vouloir des vers beaux

Aller à la grande ville est bien une entreprise

Les Grecs et les Romains en vain cherchent leurs mots

L’esprit souffle et resouffle au-dessus de la botte

Le touriste à Florence ignoble charibotte

Lorsque Socrate mort passait pour un lutin

Les rapports transalpins sont-ils biunivoques?

Exaltent l’espagnol les oreilles baroques

Si la cloche se tait et son terlintintin.

L’aède en question pourrait être HOMERE dont les chants ont inspirés bien des opéras, en commençant par Le retour d’Ulysse dans sa patrie, de MONTEVERDI.

Par les petits gâteaux, je pense évidemment à l’opéra, une de mes pâtisseries préférées.

Pour la critique, je ne détaille pas, mais avec le vers suivant, on peut penser à Cantatrix Sopranica L. de Georges PEREC, ce grand ami de Queneau. Cantatrix Sopranica L. est une étude scientifique de l’influence du lancer de tomate sur les sopranos.

Le quatrain suivant et le début du premier tercet sont centrés sur l’Italie, patrie de l’opéra.

La Mort de Socrate est le titre d’une œuvre de SATIE d’après PLATON.

Ah ! Ces rapports transalpins biunivoques n’illustrent-ils pas le fait que pendant plus de deux siècles, toute la production d’opéra en Europe était faite soit en français, soit en italien ?

Les oreilles baroques espagnoles peuvent évoquer la zarzuela, cette forme ancienne de théâtre chanté en espagnol.

Quant à la cloche et son terlintintin, il s’agit de la musique, tout simplement.

3 - Liste des écrivains, Mallarmé, Shakespeare

ÉCRIVAINS

Après Mes opéras préférés et Compositeurs, méta-billets vous permettant d’accéder directement aux billets de ces catégories par simple clic sur les liens proposés, voici un troisième méta-billet qui vous permettra de retrouver les billets classés dans la catégorie Écrivains. Pour retrouver facilement ces méta-billets, j’ai créé les catégories « 1 – mes opéras préférés« , « 2 – compositeurs » et « 3 – écrivains » qui apparaissent au début de la liste des catégories.

image Homère

eschyle-par-adrian

sophocle

Euripide

dante-alighieri-par-adrian

L'Arioste

image Ronsard

Le Tasse

Cervantes par Adrian

Shakespeare par Adrian

corneille et corneille

La Fontaine

Molière par Adrian

Perrault Adrian Mercure 2021

image Quinault
Jean RACINE

image Fontenelle

Voltaire

image Métastase

image Goldoni

image-favart

JJ.ROUSSEAU

Beaumarchais par Adrian

image Da Ponte

Johann-Wolfgang-von-Goethe

Schiller

HOFFMANN

walter scott

lord-byron-par-adrian

Lamartine image

image Scribe
image-heinrich-heine

Pouchkine

VH le pouet

image Alexandre Dumas

image-merimee

Georges SAND

edgar-allan-poe-par-adrian

image Piave

image-musset

Baudelaire

dostoicc88evski-par-adrian

flaubert

Ostrovski

image Tolstoï

mallarmé

image Verlaine

nietzche

image Pierre Loti

image Boïto

image Maeterlinck

thomas-mann-portrait

Rostand image

image Hofmannsthal

Guillaume Apollinaire

Cocteau

queneau

Jankékévitch portrait

jacobs un opéra de papier

Hergé

image Ionesco

Boris VIAN

perec 1

Écrivains, littérature, Oulipo

LA VIE MODE D’EMPLOI (Georges PEREC – 2)

Georges PEREC : Life, a user’s manual.

Après La Disparition, je vais vous parler de La Vie mode d’emploi, un des romans les plus connus de Georges PEREC écrit en 1978. Ce roman oulipien est bâti sur plusieurs contraintes. Il se passe dans un immeuble découpé en 100 pièces (10 étages comportant 10 pièces chacun), et chaque chapitre décrit ce qui se passe dans une des pièces. On passe d’un chapitre au suivant, donc d’une pièce à la suivante, selon le déplacement d’un cavalier qui se déplacerait sur un échiquier 10×10 (un damier, quoi !) sans passer deux fois sur la même case. À chaque case, donc dans chaque pièce, un bi-carré latin d’ordre 10 permet d’associer deux termes pris dans deux listes de dix, termes que l’on retrouve donc régulièrement en suivant le parcours du roman.

 la vie mode d'emploi.png

Parmi les fantaisies que l’on peut croiser dans ce roman, j’aime particulièrement l’explication apportée par Perec pour justifier qu’il n’y a que 99 chapitres, et non 100. En effet, le chapitre manquant se trouve dans un coin de l’immeuble, et comme dans le chapitre précédent, il y a une petite fille qui mange un petit LU, elle a commencé, comme le font tous les enfants, par en manger un coin, d’où la disparition du chapitre !

Un certain nombre d’opéras sont cités par Perec dans La Vie mode d’emploi, notamment le Rake’s Progress de STRAVINSKY,

Stravinsky The rake's progressCliquez sur l’image

l’Enfant et les sortilèges de RAVEL (la version que je vous propose ici vaut vraiment le clic!, voir notamment l’arithmétique à 3min20 et le duo des chats à 6min20),

Ravel Enfant et Sortilège tiquetiquetiqueCliquez sur l’arithmétique

l’Enlèvement au sérail de MOZART ou le Coq d’or de RIMSKI-KORSAKOV, ainsi que d’autres moins connus, voire inventés, tels que Assuérus de MONPOU (Hippolyte, pas Federico), ou Orlando d’ARCONATI (compositeur fictif emprunté à Jules VERNE).

Retrouvez sur ce blog Je me souviens (Georges — Perec 3) et ne manquez pas le billet sur Cantatrix Sopranica L. 

Il y aura aussi les Vœux de Perec à ses amis, dont une série a été consacrée à la musique. C’est comme d’habitude érudit et à mourir de rire.