Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les articles dédiés spécifiquement à une « Compositrice », et destiné à vous faciliter la recherche par thème.


























- Florentine MULSANT (née en xxxx)
- Sophie LACAZE (née en 1963)



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Dans la famille Dumas, je demande le grand-père :
Le grand-père Dumas était Thomas-Alexandre DUMAS (1762-1806). Né à Saint-Domingue, ce militaire est le premier général mulâtre de l’armée française. En 1792, il fait partie de la Légion noire, composée de gens de couleur, où il côtoie le Chevalier de Saint-Georges. Sous Napoléon, Thomas-Alexandre participe à la campagne d’Égypte, mais plus tard son opposition à Napoléon lui vaudra d’être démis de ses fonctions. On peut lire cette opposition en filigrane dans le roman le Comte de Monte-Cristo écrit par son fils entre 1844 et 1846.
Dans la famille Dumas, je demande le père :
Alexandre Dumas (père) est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts et mort le 5 décembre 1870 au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, aujourd’hui intégrée à Dieppe. Ses œuvres les plus connues sont le Comte de Monte-Cristo et les trois Mousquetaires (ainsi que ses suites Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne).
En 1834, sa pièce Charles VII chez les grands vassaux est adaptée à l’opéra par Donizetti sous le nom Gemma di Vergy.
En 1837, il se lance dans un genre à la mode avec l’opéra Piquillo dont le livret est écrit en collaboration avec Gérard de Nerval et une musique d’Hippolyte Mompou.
En 1843, c’est son ami Berlioz qui met en musique la Belle Isabeau (conte pendant l’orage).
En 1846, c’est un autre de ses amis, Liszt, qui met en musique cette Jeanne d’Arc au bûcher.
Le Comte de Monte-cristo a fait l’objet d’un opéra sous le nom de Haydé, un opéra portugais écrit par la compositrice Felicita Casella en 1849.
En 1860, Dumas récidive dans le genre opéra avec le Roman d’Elvire, dont la musique est signée Ambroise Thomas.
Après sa mort, son œuvre continue à être portée sur les scènes lyriques avec en 1888 la Dame de Monsoreau, opéra de Salvayre, en 1890, Ascanio, un opéra de Saint-Saëns, en 1896, le Chevalier d’Harmental un opéra-comique de Messager et en 1899, le Sarrazin, un opéra de César Cui, toujours d’après Charles VII chez ses grands vassaux.
Autre « tube » musical tiré d’un écrit de Dumas père, le Casse noisette, conte adapté d’E.T.A. Hoffmann, qui sera mis en musique par Tchaïkovski.
Dans la famille Dumas, je demande le fils :
Alexandre Dumas dit Alexandre Dumas fils est un écrivain français né le 27 juillet 1824 à Paris et mort le 27 novembre 1895 à Marly-le-Roi. Fils naturel d’Alexandre Dumas père, il ne sera reconnu par son géniteur qu’à l’âge de sept ans.
Son roman la Dame aux Camélias, après avoir été adapté au théâtre où Verdi de passage à Paris a pu le voir, sera ensuite adapté à l’opéra par Verdi, sous le nom de la Traviata.
Bien dans son époque, Dumas fils faisait partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Baudelaire, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.
Il était également ami avec George Sand, chez qui il s’est rendu plusieurs fois, dans son château de Nohant, dans le Berry.
Lorsqu’en 1836 Louise Bertin écrira son opéra la Esmeralda sur un livret de Victor Hugo, ses adversaires, dont Alexandre DUMAS faisait partie, reconnaissant la qualité de la musique iront jusqu’à attribuer les meilleurs morceaux de la partition à Berlioz, mais feront tomber l’œuvre pour des raisons politiques, le mari de Louise Bertin n’étant pas du même bord qu’eux.
Cléopâtre, dont on connaît la vie par Plutarque, donne l’image d’une des plus anciennes femmes fatales de l’histoire. Grande amoureuse, à la vie un peu sulfureuse, il n’est pas étonnant que les musiciens se soient attachés à mettre de la musique à ses pieds.
Cléopâtre, reine d’Égypte, est née à Alexandrie en 69 av. J.-C. Quand César (Jules) débarque dans cette ville en -48, elle s’offre à lui. Pendant une croisière fastueuse sur le Nil, ils font un enfant, Césarion. Puis César rentre à Rome, et appelle Cléopâtre à ses côtés en -45.
Une partie de cette partie de la vie de Cléopâtre nous est narrée par Haendel dans son Jules César en Égypte.
Cliquez sur le nez de Cléopâtre
Après l’assassinat de Jules César en -44, son successeur Antoine fait venir Cléopâtre, et tombe à son tour sous son charme. Il la suit en Égypte où il passe l’hiver -41 -40. Antoine reparti à Rome, Cléo s’arrange pour faire mourir ses frères et sœurs et ainsi garder seule le pouvoir.
Antoine reviendra en Égypte vivre avec Cléopâtre, répudiera sa femme Octavie, mais ne se mariera pas avec Cléopâtre. Ils auront pourtant trois enfants ensemble.
Antony and Cleopatra (Antoine et Cléopâtre) est une pièce de Shakespeare qui relate, à sa façon, cette période de la vie de notre héroïne. Elle servira de trame à pas mal d’œuvres lyriques.
Quand Octave (rival d’Antoine) se présente devant Alexandrie, Cléo fait courir le bruit de sa mort. Désespéré, Antoine se donnera la mort. Elle essaiera ensuite de séduire Octave, mais n’y réussissant pas, elle se donnera la mort, à l’âge de 39 ans.
Avec la cantate Cléopâtre, plus connue sous le nom de la Mort de Cléopâtre, qu’Hector Berlioz n’obtiendra pas le grand prix de Rome en 1828. Il devra attendre l’année suivante pour obtenir, enfin, ce grand prix.
Cliquez sur Véronique « Cléopâtre » Gens
Théophile Gautier écrira la nouvelle Une nuit de Cléopâtre, qui sera adaptée à l’opéra par Victor Massé en 1885.
En 1909, Mel Bonis écrit dans ses Femmes de légende la pièce Cléopâtre.
Massenet aussi s’est frotté à Cléopâtre avec un « drame passionnel » qui porte ce nom (1914) sur un livret de Louis Payen.
Et en 1920, c’est Florent Schmitt qui écrit une musique de scène pour la pièce de Shakespeare.
Et plus près de nous, Kamel Ouali a écrit une comédie musicale sur le personnage de Cléopâtre.
(Source principale, pour la partie historique : Dictionnaire des personnages, Laffont-Bompiani, collection bouquins Laffont, 1960).
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© Priska Ketterer
Kaija Saariaho, qui vient de disparaître, est née le 14 octobre 1952 à Helsinki.
Elle commence à apprendre la musique à l’âge de six ans, à l’école.
Après des études à l’académie des Beaux-Arts d’Helsinki, elle s’oriente vers la musique.
Kayja Saariaho se marie à 18 ans avec un architecte. À 24 ans, elle entre à l’académie Sibelius d’Helsinki où elle aura comme camarade d’études le compositeur et chef d’orchestre Esa-Pekka Salonen.
En 1980, elle se rend à Darmstadt où elle découvre la musique spectrale française avant de venir travailler à l’IRCAM à Paris. Elle s’installe donc à Paris où elle vit depuis 1982.
En 1986, elle crée Lichtbogen, une commande du ministère de la Culture. En 1987, c’est Io, et Nymphéas, cette dernière œuvre inspirée par Monet.
Cliquez sur l’aurore boréale (Lichtbogen)
En 1988, elle écrit avec son conjoint Du cristal…
En 1994, Kaija Saariaho compose un concerto de violon, Graal Theatre, d’après l’œuvre de Jacques Roubaud.
En 1996 elle compose, pour la chanteuse Dawn Upshaw, Château de l’âme.
C’est encore avec Dawn Upshaw qu’elle créera, en 2000, son premier opéra l’Amour de loin, sur un livret d’Amin Maalouf. Il sera créé au Festival de Salzbourg sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.
En 2006, elle crée l’oratorio La Passion de Simone, d’après la vie de Simone Weil sous l’occupation. Cette même année, elle écrit son second opéra Adriana Mater, une commande de l’Opéra de Paris, toujours sur un livret de Maalouf.
Cliquez sur la Passion de Simone
En 2010, c’est Émilie et en 2016 Only the sound remains.
Cliquez sur Only the Sound remains
Enfin, son dernier opéra Innocence est créé en 2021 au festival d’Aix-en-Provence.
Cliquez sur la bande-annonce d’Innocence
En 2022, Kaija Saariaho entre à l’Académie des Beaux-Arts.
Elle meurt d’un cancer à Paris le 2 juin 2023, à l’âge de 70 ans.
(Sources principales : France Musique et Wikipedia, plus deux ou trois choses que je connais de Kaija Saariaho.)
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J’ai eu récemment l’occasion de rencontrer la compositrice Claire RENARD lors d’une conférence débat consacrée aux femmes et à la création (littéraire et musicale). J’ai beaucoup aimé son approche, et après avoir pu discuter avec elle, j’ai décidé de lui consacrer ce billet. Après avoir fait quelques recherches, je lui envoyé un projet de billet, qu’elle a eu l’amabilité de relire et de modifier pour mieux faire apparaître la continuité de sa démarche.
Claire RENARD naît en 1944 à Neuilly-sur-Seine.
Elle apprend d’abord le piano avant de rencontrer Pierre SCHAEFFER, le « père » de la musique concrète ou électroacoustique, qui bouleversera sa conception de la musique. Elle entre ainsi au GRM, le Groupe de Recherches Musicales / INA.
Très intéressée par la pédagogie de la musique, Claire Renard écrit en 1982, Le Geste musical, une synthèse de ses expériences dans ce domaine, livre qui sera suivi de le Temps de l’espace en 1991.
En tant que compositrice, ses recherches portent sur les notions conjointes de temporalité et de spatialité, ainsi que sur le statut d’auditeur-spectateur. Cet intérêt pour le rapport geste / son, la spatialité et la lumière (certaines pièces sont écrites pour être écoutées dans le noir, ou sans que l’on voie les instrumentistes), la pousse à travailler avec des metteurs en scène et des vidéastes/plasticiens comme Gustavo FRIGERIO ou Esa VESMANEN ou encore Adalberto MECARELLI.
En 1984, elle fonde l’association PIMC (Pédagogie Informatique Musique et Création) pour mettre en œuvre la particularité de ses projets de situations d’écoute et sa réflexion sur la société dans laquelle elle vit.
Parmi ses créations, son intinéraire est jalonné de pièces-repères :
En 1986, La Vallée close, une pièce – créée par les Percussions de Strasbourg et le Chœur Résonance Contemporaine – où chœurs et instrumentistes sont groupés en 3 pôles différents, afin de créer un effet tournant pour l’auditeur.
En 1988, un concert spectacle à destination des enfants et du tout public, Pour Octave, où la mise en espace sollicite une écoute particulière.
En 1994, Brèves d’été, pièces pensées par rapport à l’endroit où Claire Renard se retire pour composer, en Grèce. À travers un dispositif centré sur voir/ne pas voir, ces pièces sollicitent la relation de l’individu qui est relié à beaucoup plus grand que lui et à un profond mystère. (Vous pouvez entendre Brèves d’été en allant sur son site, dont l’adresse figure à la fin de ce billet.)

En 1995, sur des textes de Franck-André JAMME, elle compose Col Canto, un drame lyrique qui aborde l’identité et l’itinéraire d’une femme à travers trois âges de son existence. Ce travail sur la mémoire constitutive de l’identité se poursuit avec l’installation la Musique des mémoires (2000) issue de collectes sonores et vocales dans trois villes, Helsinki, Lisbonne et Athènes, et composée sous forme de séquences diffusées dans un dispositif dédié.
En 1997, sur un texte d’E.JABES, elle écrit On ne cesse pas de mourir de ce dit, une pièce chorale sur le racisme.
En 2003, Claire Renard écrit la Muse en son jardin, destinée à l’espace d’un jardin, et conçue autour d’une réflexion sur la finitude et l’infinitude, basée sur un texte de R.M. RILKE.
Cliquez sur la Muse en son jardin
En 2006, elle compose Chambre du temps, une installation créée en collaboration avec E. Vesmanen, designer et vidéaste qui imagine des dispositifs d’écoute spécifiques à chacune des sept séquences musicales réparties dans l’espace.
En 2013, Claire Renard écrit l’opéra Orimita, un drame lyrique sur l’intolérance entre les cultures, sur un texte de Janine MATILLON.
En 2017, elle crée … « là où tombe la lumière », une pièce pour Cristal Baschet, contrebasse et percussions.
En 2020, Claire Renard prend la présidence de l’association Plurielles 34, une association promouvant la musique contemporaine écrite par des femmes.
En 2022, elle écrit Qui Que Quoi, pour chœur d’enfants et instruments ainsi que Là où tombe la lumière, une pièce pour erhu (un instrument chinois), violoncelle et piano, dans la continuité de sa recherche sur la mixité des sources sonores.
En 2022, elle crée aussi De sa vie restera une onde, pièce pour lectrice et électroacoustique à partir d’un texte de Ryoko SEKIGUCHI sur la relation entre voix en direct et voix enregistrée.
(Source principale :le numéro 30 de la revue Lisières, consacré à Claire Renard [novembre 2019]. Les passages ici surlignés sont extraits de cette revue).
Et pour en savoir (beaucoup) plus sur Claire Renard et écouter certaines de ses musiques, dont Brèves d’été, vous pouvez visiter son site à l’adresse suivante : http://www.clairerenard-pimc.fr/index.php/fr/

Germaine TAILLEFERRE est née le 19 avril 1892 à Saint-Maur-des-Fossés, près de Paris. (Son nom de famille était Taillefesse, mais elle a préféré en changer).
Elle commence l’étude du piano avec sa mère à l’âge de deux ans et écrit ses premières pièces musicales à cinq ans. Mais dans le milieu bourgeois de sa famille, il n’est pas convenable pour une femme de s’adonner à la musique, et son père refuse qu’elle entre au Conservatoire.
C’est pourtant ce qu’elle fait en 1904, avec la complicité de sa mère. Elle obtient sa médaille de solfège en 1906 (à 14 ans, donc.) En 1912, elle y rencontre Darius Milhaud, Georges Auric et Arthur Honegger.
Elle fréquente les milieux artistiques parisiens et rencontre Apollinaire et Marie Laurencin. En 1917, elle fait la connaissance de Picasso et Modiglianai et c’est chez eux que début 1918 est donné le premier concert des « nouveaux jeunes », comprenant aussi Francis Poulenc (qu’elle appelait « Poupoule ») et Louis Durey. Au programme était donné Jeux de plein air de Germaine Tailleferre, une œuvre pour deux pianos qu’elle jouait avec Erik Satie.
En 1920, un critique musical renomme le petit groupe « Groupe des six » par analogie au célèbre « Groupe des cinq » russe. En 1921, elle participe à la création des Mariés de la Tour Eiffel, une œuvre collective pour laquelle elle écrit « Quadrille » et « la Valse des dépêches ».
Cliquez sur la toile de CHAGALL
En 1921 encore, elle écrit pour son ami Jacques Thibaud sa première Sonate pour piano et violon, sonate qui sera créée l’année suivante par le duo Cortot Thibaud. En 1923, elle écrit le ballet le Marchand d’oiseaux.
Germaine reçoit des conseils de composition de la part de Ravel et a séjourné plusieurs fois à Hendaye chez son aîné. En 1924, elle écrit l’adagio pour violon et piano.
En 1926, elle se marie à un dessinateur américain, et part vivre avec lui à Manhattan. Elle y rencontre Charlie Chaplin, mais son mari, jaloux du sccès de son épouse, refuse qu’elle écrive de la musique pour Chaplin (c’eût été pour le Cirque !). Elle dédie néanmoins son Concertino pour harpe et orchestre à son mari.
En 1927, le couple revient à Paris mais en 1929, le couple se sépare (son ex-mari se suicidera en 1931.) En 1929, elle écrit Six chansons françaises.
En 1931, elle travaille à un opéra-comique, Zoulaina, dont il ne reste que l’ouverture. 1931 est aussi l’année de naissance de son seul enfant, issu de sa liaison avec un juriste qu’elle épousera l’année suivante. Las, une fois encore, son mari n’apprécie guère de la voir composer de la musique. Elle commence à également à écrire de la musique de film.
En 1937, elle travaille avec Paul Valéry pour la Cantate du Narcisse.
Pendant l’occupation, Germaine quitte la France pour les États-Unis. Elle revient en France en 1946.
En 1949, Germaine Tailleferre écrit un ballet, Paris-Magie, et un opéra-comique Il était un petit navire qui ne connaîtra pas de succès.
En 1951 elle écrit la comédie musicale Parfums et en 1953 le ballet Parisiana ainsi que sa Sonate pour harpe.
En 1955, elle écrit pour la radio sa Petite histoire lyrique de l’art français : du style galant au style méchant, une commande de Jean Tardieu pour la RTF. Germaine et son mari se séparent et le divorce est prononcé l’année suivante. Germaine se retrouve « libre ».
En 1957, elle compose l’opéra la petite Sirène sur un texte de Philippe Soupault et un peu plus tard Le Maître sur un texte de Ionesco. Cette même année, Louis Malle fait appel à elle pour la musique de son film Ascenseur pour l’échafaud, mais Miles Davis, à qui Louis Malle avait montré ce qu’il avait tourné improvise en une nuit ce qui sera l’une des musiques de film les plus marquantes.
En 1963, Germaine Tailleferre écrit l’Adieu du Cavalier, un hommage à Poulenc sur un texte d’Apollinaire.
Sur la fin de sa vie, sous l’impulsion de Désiré Dondeyne, le chef de l’orchestre d’harmonie des gardiens de la Paix, elle écrit plusieurs œuvres pour ces orchestres d’harmonie.
Sa dernière œuvre est une commande du ministre de la Culture, le Concerto de la fidélité (1981).
Germaine Tailleferre meurt le 7 novembre 1983 à Paris, à l’âge de 91 ans.

Mélanie BONIS est née à Paris le 21 janvier 1858. Issue des classes moyennes, elle apprend seule la musique sur le piano qui était chez elle. À 18 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle a comme professeur César FRANCK et Charles KOECHLIN (et est condisciple de DEBUSSY et Gabriel PIERNÉ). Las, elle tombe amoureuse d’un chanteur, mais sa famille voit cette liaison d’un mauvais œil.
En 1881, alors qu’elle signe son opus 1, un Imprompu, Mel doit quitter et son chanteur, et le Conservatoire, et deux ans plus tard, alors qu’elle a 25 ans, sa famille la marie à un homme deux fois veuf et qui a déjà 5 enfants. Commence alors un tunnel musical de 10 ans, occupée qu’elle est à remplir ses tâches de bonne épouse et de mère de famille. En effet, outre ses cinq beaux-enfants, elle a eu avec son mari trois autres enfants.
Heureusement (!), quelques années plus tard, elle retrouve son chanteur chéri, qui lui fait la cour et la pousse à reprendre la musique. Elle entame une liaison avec lui, et a alors un quatrième enfant, Madeleine, qui n’est pas de son mari. Mel Bonis, imprégnée d’une forte culture religieuse, vit mal cette situation. Elle se fera passer pour la marraine de cette petite Madeleine.
Consciente que son prénom, Mélanie, pouvait poser un problème pour la diffusion et l’exécution de sa musique, elle préférera signer son œuvre Mel Bonis, pour ne pas attirer l’attention sur le fait qu’elle était femme, et ce dès son opus 1.
Sous l’impulsion de son amant, Mel renoue alors avec la composition. Son œuvre comporte beaucoup de pièces de piano,
mais on y trouve aussi de la musique de chambre,
Cliquez sur le très fauréen Quatuor avec piano
des mélodies,
des pièces symphoniques,
ainsi que des pièces pour la jeunesse.
Mel deviendra en 1910 la seule femme à être secrétaire de la Société des Compositeurs !
Son activité musicale se déroulera des années 1890 aux années 1910 environ, avant que l’évolution de la musique ne déroute cette grande post-romantique, qui s’isole alors et retourne à ses préoccupations mystiques.
En 1934, elle écrit le Cantique de Jean Racine, à la mémoire d’un de ses fils mort en 1932.
Mel Bonis meurt à Sarcelles le 18 mars 1937, à l’âge de 79 ans.
Et si vous avez aimé cette courte biographie de Mel Bonis, retrouvez donc le podcast de la sémillante Aliette de Laleu :
Cliquez sur la sémillante Aliette de Laleu
Source principale : le site internet à elle consacré : https://www.mel-bonis.com/FR/Accueil/
(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Debussy à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).
Depuis l’invention du piano, il n’est pas rare que les pianistes cherchent à reproduire au clavier les sensations ou impressions laissées par l’eau.
Par exemple CHOPIN, lors de son séjour à la chartreuse de Valdemosa avec George SAND, nous a laissé ce Prélude à la goutte d’eau (le toit de la chartreuse était percé et l’eau tombait dans les pièces) avec son ostinato (mouvement obstiné) figurant la chute des gouttes de pluie.
Quittons Chopin l’introverti pour retrouver LISZT l’extraverti qui, pour célébrer l’eau, évoque dans ses Années de pèlerinage les « Jeux d’eau de la villa d’Este ».
Retournons sous la pluie avec la troisième Estampe de DEBUSSY, « Jardins sous la pluie ».
L’atmosphère évoquée par RAVEL en 1901 se rapproche de celle de Liszt, avec Jeux d’eau.
Les compositeurs n’ont pas le monopole du piano à queue. Parmi les compositrices à qui la pluie a plu, on peut citer Marie JAËLL et ses Jours pluvieux (1894).
Ou encore Mel BONIS avec Il pleut (1913).
Et pour faire plaisir à Hélène, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise mystère.
Cliquez sur le bonus surprise mystère pour faire plaisir à Hélène
En cette fin d’année, je vous propose un petit retour sur les spectacles lyriques que j’ai pu voir en 2022.
L’année a commencé très fort avec la création mondiale de Like Flesh de Sivan ELDAR le 21 janvier à l’opéra de Lille.
Cliquez sur les saluts des artistes
Elle s’est poursuivie en février avec La Khovantchina de MOUSSORGSKI le 9 février à Bastille. L’occasion de nous rappeler avec cet opéra que de tout temps, les Russes ont adoré massacrer les Ukrainiens.
J’ai poursuivi avec un classique, Manon de MASSENET à Bastille le 14 février.
Il y a eu ensuite la création française du pénible A quiet Place, de Bernstein le 10 mars à Garnier.

Retour à Bastille avec Wozzeck de BERG le 24 mars.
Il y a eu ensuite le pur enchantement qu’est Le Songe d’une nuit dété de BRITTEN le 6 mai à Lille.
A suivi une version intéressante d’Elektra de STRAUSS à Bastille le 26 mai.
Nouvel enchantement lillois avec Sémélé de HAENDEL les 6 et 16 octobre.
Encore un opéra contemporain, Freitag aus Licht de STOCKHAUSEN le 8 novembre à Lille.

Je n’ai heureusement pas raté l’Armide de GLUCK le 15 novembre à l’opéra comique.
Et enfin, l’année s’est terminée comme elle avait commencé, par une création mondiale, avec On purge bébé de BOESMANS à la Monnaie (De Munt) à Bruxelles, le 15 décembre. (Vous pouvez encore y aller jusqu’au 29 décembre !)

Et cliquez ici pour connaître mon année lyrique 2023.

César FRANCK est né le 10 décembre 1822 à Liège. Son père rêve d’en faire un enfant prodige, à l’instar d’un Mozart ou d’un Liszt, et le fait entrer à 8 ans au Conservatoire de Liège. César y remporte les grands prix de piano et d’harmonie à l’âge de 12 ans.
En 1835, sa famille vient à Paris, mais il doit attendre d’être naturalisé pour entrer au Conservatoire de cette ville. Ce sera chose faite fin 1837, et en 1838, il emporte un grand prix extraordinaire de piano. Sous la férule de son père, il donne des concerts au cours desquels il rencontre d’autres virtuoses comme Liszt ou Alkan.
Il écrit son opus 1 en 1841 : trois Trios concertants que son père fera publier en 1843.
En 1843, il écrit un opéra, Stradella et l’année suivante Ruth, un oratorio. Son amitié avec Gounod, dont on connaît l’aspect mystique, le poussera à œuvrer dans ce genre de l’oratorio. (Rappel, un oratorio est une espèce d’opéra dont le sujet, tiré de la bible, empêche la représentation sur la scène d’un théâtre.) De ces musiques d’inspiration religieuses, il lui restera le surnom amical de Pater Seraphicus.
En 1846, Franck s’éprend de Félicité, une de ses élèves, ce que son père ne voit pas d’un bon œil. César quitte alors la maison paternelle et deux ans plus tard, en 1848, il épouse Félicité (ils auront quatre enfants, dont deux mourront en bas âge). Entre-temps, en 1846, il avait composé le poème symphonique Ce qu’on entend sur la montagne, d’après Victor Hugo. Il reviendra à Hugo avec les Djinns, en 1884. (Il peut être intéressant de noter que ce poème a été écrit un an avant celui de Franz Liszt, qui est pourtant considéré comme étant le créateur du genre.)
Après la création de ce poème symphonique, il écrit les brillantes Variations symphoniques pour piano et orchestre (1885).
En 1856, César Franck devient titulaire des grandes orgues de Sainte-Clotilde à Paris. Une part importante de sa production musicale sera réservée à cet instrument.
En 1870, il fait partie des fondateurs de la Société nationale de musique avec Saint-Saëns et Fauré.
Entre 1871 et 1872, il écrit Rédemption, une œuvre hybride entre l’opéra, l’oratorio et le poème symphonique.
En 1872, César Franck dirige la classe d’orgue au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves, outre Henri Duparc, Ernest Chausson et Vincent d’Indy, on peut aussi citer les compositrices Augusta Holmès et Mel Bonis.
En 1879, Franck achève son oratorio les Béatitudes, sur lequel il a travaillé près de dix ans, et en 1880, il compose son Quintette.
En 1881, il écrit un nouvel oratorio, Rebecca, et un poème symphonique, le Chasseur maudit.
En 1886, c’est Psyché et la Symphonie en ré mineur.
La même année, César Franck écrit sa Sonate pour piano et violon, qui servira de modèle à Proust pour la Sonate de Vinteuil de la Recherche du temps perdu. Cette sonate est dédiée au compositeur et violoniste Eugène Isaye et lui est offerte en cadeau de mariage.
Cliquez sur le violoniste et la pianiste
Sur la fin de sa vie, il travaille encore à deux opéras, Hulda et Ghiselle, restés inachevés à sa mort.
César Franck meurt à Paris le 8 novembre 1890, à l’âge de 67 ans.