Contes et légendes, littérature, Mythologie, Poésie

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE (2)

On l’a vu dans le premier billet consacré aux Métamorphoses d’OVIDE, il s’agit d’un long poème écrit au premier siècle de notre ère et reprenant les contes et légendes de cette époque, et les métamorphoses que les dieux ont pu infliger, en bien ou en mal, à des humains ou des nymphes qu’ils voulaient récompenser ou punir après leur mort.

Le livre III commence par le destin de Cadmos parti chercher sa sœur Europe, enlevée par Zeus. Après différentes péripéties, il fonde la ville de Thèbes et reçoit de Zeus son épouse, Harmonie, fille d’Arès et d’Athéna. La version latine de cette légende a servi au livret du premier opéra de LULLY, Cadmus et Hermione. (1673). (Eh oui, Hermione = Harmonie, et donc dans une version grecque de Harry POTTER, Hermione GRANGER se serait appelée Harmonie Granger.)

Lully Cadmus et Hermione finalCliquez sur l’image

On retrouve ensuite Cadmos, et sa fille Sémélé, dont Jupiter tombe amoureux. Pour venger cet outrage Junon, qui a pris l’apparence de sa nourrice Béroé, conseille à Sémélé de vérfier la déïté de son amant en lui conseillant de demander à Jupiter de se présenter devant elle sous son apparence divine. Bien évidemment, quand ceci arrive, Sémélé est brûlée vive par la vue du porteur de la foudre divine. Cette légende a été abondamment mise en musique, notamment par Haendel dans son « operatorio » Sémélé.

Cliquez sur Sémélé

Le livre se poursuit avec la légende de Diane et Actéon. Le chasseur Actéon, petit-fils de Cadmus, surprend un jour Diane prenant son bain, nue. Pour le punir, Diane le métamorphose en cerf et le pauvre Actéon finit dévoré par sa propre meute ! Marc-Antoine Charpentier a écrit un opéra (une pastorale) sur le thème d’Actéon.

Charpentier Actéon air de DianeCliquez sur Diane s’apprêtant à prendre son bain loin du bruit et du monde

On retrouve ensuite Tirésias, celui des Mamelles de Tirésias de Guillaume APOLLINAIRE. Il a connu une aventure proche de celle d’Actéon. Alors qu’il avait surpris l’accouplement de deux serpents dans une forêt, ce qui lui valut d’être transformé en femme, ce qu’il resta pendant sept ans.

Suivent les amours d’Écho pour Narcisse, qui seront mises en musique, elles, par GLUCK. Narcisse était un éphèbe d’une beauté exceptionnelle, dont la nymphe Écho était amoureuse. Dédaignée par Narcisse, elle en appelle au ciel qui la venge. Un jour, alors qu’il buvait dans une source, il tombe amoureux de son reflet (il a enfin trouvé quelqu’un digne de sa beauté), mais ne réussit pas à s’en faire aimer. Dès lors, il dépérit en contemplant son image, sous les yeux d’Écho qui répète la fin de ses phrases. Après sa mort, on retrouva à sa place les fleurs blanches qui porteront désormais son nom de Narcisse.

Gluck Écho et Narcisse finalCliquez sur l’image

Dans le livre IV, outre les innombrables coucheries et jalousies entre dieux et déesses, on trouve la légende de Pyrame et Thisbé, un archétype du mythe moderne de Roméo et Juliette. Deux jeunes gens s’aiment malgré l’opposition de leurs parents. Une nuit où ils se sont donné rendez-vous sous un mûrier, Thisbé arrivée la première doit s’enfuir à la vue d’une lionne à la gueule ensanglantée. Elle laisse tomber son voile que la lionne alors salit. Pyrame arrivant, et trouvant le voile de Thisbé ensanglantée se suicide de désespoir. Quand Thisbé revient et voit le corps de son amant sans vie, elle se suicide à son tour.

Il existe de nombreuses adaptations lyriques de ce drame. Je vous propose ici celle de HASSE, Piramo e Tisbe (1768).

Hasse Piramo e TisbeCliquez sur Pyrame et Thisbé

Le livre IV nous présente aussi, outre les célèbres mythes de Tantale et de Sisyphe, les aventures de Persée.

Persée était chargé de tuer la Méduse. Son exploit accompli, grâce notamment à un casque d’invisibilité (eh oui, si Harry Potter s’était passé dans la Grèce antique, il n’aurait pas eu une cape d’invisibilité, mais un casque d’invisibilité) et sur le chemin du retour, il délivre la princesse Andromède, qui devait être livrée à un monstre marin, et l’épouse.

On retrouve à nouveau Lully qui a écrit son opéra Persée en 1682.

Lully Persée finalCliquez sur Persée et Andromède

On trouve aussi Persée dans le Benvenuto Cellini de BERLIOZ, puisque cet opéra se passe pendant que le génial sculpteur/orfèvre travaille à cette statue, une commande du pape.

Persée Cellini berlioz

Berlioz Benvenuto Cellini ouverture du Carnaval romainCliquez sur l’image

Et pour finir sur une note plus légère, voici une version alternative de la légende de Narcisse et Écho par les Frères Jacques.

Les Frères Jacques Écho et NarcisseCliquez sur les Frères Jacques

Ne manquez pas prochainement sur ce blog la suite des aventures des Métamorphoses d’Ovide.

Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE (1)

Les Métamorphoses est le titre d’un long poème, découpé en quinze livres, écrit au premier siècle de notre ère par le poète latin OVIDE. Il s’agit d’un recueil des contes et légendes de cette époque, reprenant les métamorphoses que les dieux ont pu infliger, en bien ou en mal, à des humains ou des nymphes qu’ils voulaient récompenser ou punir après leur mort.

Aux temps premiers de l’Opéra, les sujets étaient majoritairement pris dans ces légendes, et il est tout à fait normal de retrouver dans les livrets des sujets issus des Métamorphoses.

Le livre I est consacré à l’origine du monde est aux premiers âges de l’humanité. On y trouve une évocation du déluge où Jupiter, voulant punir la race humaine, décide de noyer la terre sous les flots. (Je vous rassure, il trouvera deux humains qui, par leur piété envers les dieux, seront jugés dignes d’être sauvés.)

falvetti il diluvio universaleCliquez sur l’extraordinaire « Diluvio Universale » de FALVETTI

Plus loin, Ovide nous raconte l’histoire d’Apollon et de Daphné. Apollon s’est moqué de Cupidon qui, pour le punir, lui envoie une flèche qui le fait tomber amoureux de la nymphe Daphné. Daphné résiste à ses avances avant qu’elle ne soit transformée en laurier par son père.

De nombreux opéras nous content cette légende, dont le proto-opéra Daphné (1598) de Jacopo PERI, celui malheureusement perdu de Heinrich SCHÜTZ (1627) et plus près de nous celui de Richard STRAUSS en 1938.

Strauss Daphné scène finaleCliquez vite sur Daphné avant qu’elle ne soit transformée en laurier

Vers la fin du livre I, Ovide nous raconte la légende de Pan et la naïade Syrinx qui, pour se sauver des avances de Pan, se transforme en roseau. Dès lors Pan, coupant une brassée de roseaux, inventa la Flûte de Pan.

Syrinx (1913) est le titre d’une œuvre pour flûte seule de DEBUSSY, qui avait déjà mis en musique le Prélude à l’après-midi d’un faune de MALLARMÉ. (« Ces nymphes, je les veux perpétuer… »)

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

La fin du livre I et le début du livre II nous racontent les malheurs de Phaéton, fils du soleil, qui obtient de son père de conduire le char solaire. Phaéton en perd le contrôle et son père Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la Terre. Phaéton (1683) est le titre d’un opéra de LULLY.

Lully Phaéton ouvertureCliquez sur Phaéton conduisant le char de son père

C’est aussi le titre d’un poème symphonique écrit presque deux siècles plus tard, en 1873 par SAINT-SAËNS.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur l’image

Le livre II se poursuit avec le mythe de la nymphe Callisto, une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit qu’elle n’est plus vierge. La malheureuse nymphe finira par être transformée en ourse par Junon, la jalouse femme de Jupiter.

La Calisto est un opéra de CAVALLI créé à Venise en 1651.

Cavalli CalistoCliquez sur Callisto

Je vais m’arrêter ici pour aujourd’hui, mais ne manquez pas prochainement sur ce blog la suite des métamorphoses musicales des Métamorphoses d’Ovide.

Écrivains, Cinéma, littérature, Shakespeare

CERVANTÈS (1547 – 1616) ET LE QUICHOTTE

Cervantes par Adrian

Madame, là où il y a musique, il ne saurait y avoir chose mauvaise. (Cervantès)

Miguel de CERVANTÈS, né le 19 septembre 1547 a écrit le premier livre de son Don Quichotte en 1605, c’est à dire à l’époque où se créait l’opéra. (L’Orfeo de Monteverdi date de 1607.) Ce roman, dont le titre espagnol est El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha, est souvent considéré comme étant le premier roman « moderne ». Rappelons qu’à cette même époque de bouillonnement intellectuel, Shakespeare, mort la même année que Cervantès, fixait les règles du théâtre lui aussi « moderne ».

Cervantès était attiré par l’héroïsme et la gloire. Soldat, il perd la main gauche à la bataille de Lépante (1571), puis est fait prisonnier par les « Barbaresques ». Son séjour en captivité lui donne l’occasion de montrer sa fermeté d’âme. Rendu à la vie civile, il est réduit à un rien social, loin de ses aspirations de grandeur. Dès lors, il se consacre à l’écriture. Son grand œuvre intervient vers la fin de sa vie puisqu’il a 58 ans quand paraît le premier livre et 68 ans pour le second.

Miguel de Cervantès meurt le 22 avril 1616 à Madrid, à l’âge de 68 ans.

Don Quichotte a connu des fortunes diverses à l’opéra.

Une des premières adaptations est The Comical History of Don Quixote (1695) de Purcell.

En 1743, Joseph Bodin de Boismortier a écrit un Don Quichotte chez la duchesse, sur un livret de Charles Favart, l’un des fondateurs de l’opéra-comique.

Bodin de Boismortier Don Quichotte

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En 1761, c’est Telemann qui écrit son Don Quichotte.

Telemann Don Quixote Suite

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Païsiello écrira son Don Chisciotte della Mancia :

Paisiello Don Chisciotte della MAncia Acte II Scene 7
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Un peu plus tard, c’est Jules Massenet (1842 – 1912) qui mettra en musique le roman picaresque, en 1910, avec son Don Quichotte.

Massenet Don Quichotte Quand apparaissent les étoiles

En 1922, Manuel de Falla écrit Les Tréteaux de Maître Pierre (El Retablo de Maese Pedro) d’après un épisode du Quichotte.

Maurice Ravel (1875 – 1937) a écrit un cycle de mélodies, les chansons de Don Quichotte à Dulcinée (1932 – 1933), il s’agit de sa dernière œuvre achevée.

Ravel Don Quichotte à Dulcinée
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Jacques Ibert (1890 – 1962) a écrit quatre mélodies sur Don Quichotte.

Ibert Don Quichotte
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Richard Strauss a écrit une pièce pour violoncelle et orchestre qui a pour titre Don Quixote.

Strauss Richard Don Quichotte
Cliquez sur le violoncelliste

Et Korngold a écrit la suite pour piano Don Quixotte.

Korngold Don Quixote
Cliquez sur l’image

En 2021, Franck Bédrossian écrit Don Quixote, un concerto pour un pianiste, son assistant et orchestre de chambre.

L’adaptation en comédie musicale du roman de Cervantès a été une des grandes affaires de Jacques Brel. Malheureusement, son Homme de la Mancha n’a jamais rencontré le succès qu’il escomptait.

Cliquez sur l’image

Un autre échec célèbre est l’adaptation au cinéma par Terry Gillian, Jean Rochefort qui devait tenir le rôle de l’hidalgo s’étant cassé une jambe peu de temps avant le début du tournage, c’est tout le projet de film que le cinéaste a dû abandonner.

(P.S. les éléments qui m’ont permis de caractériser Cervantès sont issus de l’Encyclopedia Universalis, éd. 1993).
Fantaisie, littérature, Mythologie, Poésie

QUELQUES HAÏKUS (1)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

En voici quelques-uns créés pour vous sur le thème de l’opéra.

Les Métamorphoses

OVIDE raconte ces histoires

De transformations.

Charpentier ActéonCliquez sur l’image

(P.S. je reviendrai abondamment ultérieurement sur les Métamorphoses d’Ovide, qui ont donné lieu à d’innombrables sujets d’opéra.)

La légende de Faust

Racontée par le grand Goeth’

Pauvre Marguerite !

Gounod Faust Anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Le Vaisseau fantôme

Un opéra de Wagner

Amour rédempteur.

Wagner Vaisseau fantôme ballade de SentaCliquez sur cette malheureuse Senta

Amants de Vérone,

Séparés par leurs familles

Roméo, Juliette

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur le ballet de Prokofiev

Götterdammerung

Fin de la tétralogie

Le Crépuscule des dieux

Wagner Götterdammerung Marche funèbreCliquez sur le disque

The Turn of the Screw

Opéra écrit par BRITTEN

Les pauvres enfants.

Britten The turn of the screw résuméCliquez sur le résumé en musique de cet opéra

Voilà pour cette première livraison. Si cela vous a plu, et si vous me le demandez gentiment, je vous en écrirais d’autres. Vous pouvez aussi me soumettre vos haïkus pour alimenter un prochain billet.

Mes opéras préférés, Shakespeare

ROMÉO & JULIETTE, de GOUNOD (1869)

GOUNOD a découvert le drame de SHAKESPEARE Roméo & Juliette lors d’une répétition de l’oratorio éponyme de BERLIOZ alors qu’il avait dix-neuf ans. En 1865, il se lance dans la composition de cet opéra sur un livret de BARBIER et CARRÉ. L’œuvre fut créée en 1869 au Théâtre du Châtelet, avant d’être reprise à Favart (Opéra-Comique) puis à l’Opéra de Paris. Pour cette reprise à l’Opéra de Paris en 1888, Gounod a dû rajouter un ballet à son opéra.

Prologue : Le chœur nous apprend que jadis Vérone a vu un conflit entre les deux familles des Montaigu et des Capulet, et l’amour qui a réuni Roméo et Juliette.

Acte I : Il y a bal ce soir au palais des Capulet, pour l’entrée dans le monde de Juliette. Tybalt, cousin de Juliette, parle d’elle à Pâris en vue de leur mariage. Le comte de Capulet accueille ses invités et leur présente sa fille. Juliette paraît et ouvre le bal (Air : « Écoutez, écoutez »)

Présents à la fête se trouvent des Montaigu, masqués. Roméo, un Montaigu, est inquiet à cause d’un rêve qu’il a fait. Son ami Mercutio lui explique qu’il est victime de la reine Mab, la reine des songes qui promet à chacun ce qu’il souhaite (Air : « Mab, la reine des mensonges »).

Gounod Roméo et Juliette la reine MabCliquez sur Mercutio et Roméo

Roméo aperçoit Juliette, et en tombe aussitôt amoureux. Ses amis l’entraînent au-dehors.

À sa nourrice Gertrude, qui lui parle de ses fiançailles, Juliette répond qu’elle veut profiter encore de sa liberté (Air : « Je veux vivre dans ce rêve ») et retourne danser.

Gounod Roméo et Juliette je veux vivre dans ce rêveCliquez sur l’image

Elle se trouve face à face avec Roméo : ils badinent (madrigal et duo : « Ange adorable ») et échangent un baiser.

Gounod Roméo & Julioette Ange adorableCliquez sur Roméo et Juliette

Tybalt arrive, Roméo remet vite son masque, mais Tybalt le reconnaît à sa voix. Il explique à Juliette, troublée, que c’est Roméo : un Montaigu et donc un ennemi. Il veut se battre avec lui, mais son oncle l’en empêche, au nom des lois de l’hospitalité, avant d’inviter tout le monde à souper.

Acte II : Dans le jardin des Capulet, Roméo est au pied du balcon de Juliette. La fenêtre de Juliette s’éclaire, Roméo chante sa beauté (Air : « Ah ! Lève-toi, soleil »).

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi, soleilCliquez sur Roméo

Juliette paraît à son balcon et déplore la rivalité qui sépare les deux familles. Elle entend du bruit dans la nuit et veut savoir qui se cache dans l’ombre. Roméo sort alors de l’ombre et se présente à Juliette. Ils se déclarent leur amour.

Des Capulet arrivent, cherchant un page des Montaigu qu’on a vu entrer dans le jardin (chœur : « personne, personne,… »). Gertrude se fait expliquer la situation et demande à Juliette de rentrer. Avant de se séparer, Juliette dit à Roméo que quelqu’un viendra le trouver (Duo : Ô nuit divine). Il n’aura qu’à dire le lieu et la date choisis pour le mariage et elle le suivra. Puis ils se séparent (Duo : « Ah ne fuis pas encore »).

Gounod Roméo et Juliette O nuit divineCliquez sur Roméo et Juliette

Acte III : Au couvent de Frère Laurent, un moine ami de Roméo. Roméo lui présente Juliette, et demande qu’il les marie. Frère Laurent accepte, espérant que cette union éteindra la haine qui sépare les deux familles (Air et duo : « Dieu, qui fis l’homme à ton image »).

Gounod Roméo et Juliette Dieu, qui fis l'hommeCliquez sur l’image

Dans le jardin des Capulet, le page qui avait aidé Roméo à monter au balcon de Juliette cherche encore Roméo, qu’il n’a pas vu partir. Pour faciliter le départ de Roméo, il provoque les Capulet pour attirer l’attention (Air : « Que fais-tu, blanche tourterelle ? »)

Gounod Roméo et Juliette Que fais-tu blanche tourterelleCliquez sur le page

Les Capulet s’en prennent à lui, mais des Montaigu qui ont vu l’algarade se portent à son secours. Roméo accourt pour arrêter le combat mais Tybalt le traite de lâche. Roméo ne répond pas à son insulte, espérant ramener la paix entre les deux familles. Mercutio veut venger l’honneur de Roméo, et se bat à sa place. Dans le combat, Tybalt le tue. Fou de rage, Roméo sort son épée et blesse Tybalt à mort. Avant de mourir, Tybalt fait jurer au comte Capulet qu’il mariera Juliette à Pâris (Chœur : « Ô jour de deuil »).

Le duc de Vérone arrive sur ces faits et demande aux deux familles de cesser leur querelle, ce que les Capulet refusent. Il condamne Roméo à l’exil.

Acte IV : La nuit, dans la chambre de Juliette : Juliette pardonne à Roméo le meurtre de Tybalt (Duo : « Nuit d’hyménée »). Mais déjà l’alouette annonce le jour, Roméo doit partir. (Duo : « Non, non, ce n’est pas le jour ».)

Gounod Roméo et Juliette Nuit d'hyménéeCliquez sur Roméo & Juliette

À son départ, Gertrude arrive, suivie du comte Capulet et de Frère Laurent. Capulet, fidèle à sa promesse, veut précipiter le mariage de Juliette et Pâris, mais Juliette, gardant son mariage secret, déclare qu’elle préfère mourir. Frère Laurent lui donne une drogue qui la fera passer pour morte pendant vingt-quatre heures, après quoi, elle se réveillera et pourra fuir avec Roméo. Elle hésite (Air : « Amour, ranime mon courage »), se décide et boit.

Dans la chapelle, la procession nuptiale arrive pour célébrer les noces de Juliette et Pâris, mais au moment où Pâris va passer l’anneau au doigt de Juliette, celle-ci s’écroule, morte.

Acte V : Roméo arrive dans le caveau des Capulet où Juliette est allongée. Il contemple Juliette, qu’il croit morte (Air : « Salut ! tombeau sombre et silencieux »). Il boit du poison pour rejoindre Juliette dans la mort.

Gounod Roméo et Juliette Salut tombeau sombreCliquez sur Roméo devant le tombeau de Juliette

Juliette se réveille, et ils se retrouvent, heureux (Duo : « Dieu de bonté, dieu de clémence »). Mais Roméo s’écroule. Il révèle que croyant Juliette morte, il a bu du poison, et meurt. Juliette sort un poignard et se donne la mort. Ils meurent tous les deux.

Bande dessinée, Compositeurs, Maria Callas

Charles GOUNOD (1818 – 1893)

Charles GOUNOD, l’auteur d’une des adaptations les plus populaires du mythe de Faust, est né le 17 juin 1818 dans une famille d’artistes. Son père était aquafortiste et sa mère pianiste.

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En 1839, Charles remporte le grand prix de Rome, et son séjour à la villa Médicis est l’occasion pour lui de découvrir la musique polyphonique italienne, notamment celle de PALESTRINA.

Profondément croyant, il entre au séminaire, mais ne va pas jusqu’à la prêtrise. En 1853, il écrit une pièce pour violon d’après un prélude de BACH. Cette pièce deviendra plus tard son célèbre Ave Maria.

Gounod Ave Maria Norman

En 1851, il compose son premier opéra, Sapho. En 1854, ce sera La Nonne Sanglante, d’après le roman gothique anglais de C.S.LEWIS.

En 1855, il écrit la très belle Messe de Sainte Cécile.

Gounod Messe de Sainte Cécile SanctusCliquez sur l’image

En 1858, il écrit Le Médecin malgré lui, d’après MOLIÈRE.

Gounod Le médecin malgré lui 2

En 1859, c’est la création de son Faust, qui deviendra, et pour longtemps, l’opéra le plus joué au monde, avec notamment le fameux Air des bijoux, popularisé par HERGÉ avec le personnage de La Castafiore.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur la Callas

En 1863, après une rencontre avec le poète Frédéric MISTRAL, il compose Mireille, d’après le poème de Mistral.

En 1867, il compose son autre énorme succès, Roméo et Juliette. Après cet opéra, sa verve lyrique se tarit, et il ne se consacre plus qu’à la composition d’œuvres sacrées.

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur Roméo

Gounod meurt le 18 octobre 1893 à Saint-Cloud.

Retrouvez un autre aspect de Gounod dans le billet suivant: Gounod mystique.

Contes et légendes, Mythologie, Shakespeare

LES FÉES…

… sont d’exquises danseuses, nous confiait DEBUSSY dans un de ses préludes.

Debussy préludes les fées sont d'exquises danseusesCliquez sur l’image

Historiquement, les sujets d’opéras étaient tirés de contes et légendes d’origine mythologique ou épique. Il ne faut donc pas s’étonner si on y rencontre des fées.

Un des plus grands pourvoyeurs de sujets d’opéra est le grand SHAKESPEARE, notamment avec son Songe d’une nuit d’été, publié en 1600, qui fait intervenir Obéron (le roi des fées) et sa femme Titania (la reine des fées, donc).

Weber Oberon ouvertureCliquez sur l’ouverture d’Oberon de WEBER

Dans son Roland furieux (Orlando furioso), l’ARIOSTE fait intervenir une (méchante) fée, l’enchanteresse Alcina et sa sœur la (bonne) fée Morgane (Fata Morgana en italien.)

Haendel Alcina Ombre pallide PetibonCliquez sur Alcina

Un autre thème épique comportant des fées est la geste arthurienne (billet à venir) avec ses fées Viviane et Mélusine. (Petit rappel : l’enchanteur Merlin tombe amoureux de la fée Viviane, et de leur union naît Mélusine.) Mélusine est l’héroïne de La Magicienne (1858) de HALÉVY, l’auteur d’un opéra très populaire en son temps, La Juive.

Les Fées (Die Feen) est le titre du premier opéra de WAGNER, un opéra de jeunesse très rarement joué, tiré d’une pièce de Carlo Gozzi.

Wagner les fées ouvertureCliquez sur l’image

Le conte de fées Cendrillon de PERRAULT a inspiré ROSSINI avec Cinderella et MASSENET avec Cendrillon, tout comme Walt DISNEY.

Massenet Cendrillon Air de la féeCliquez sur Cendrillon et sa marraine la fée

Le mot fée vient du latin fatum, fata (le destin) aussi retrouve-t-on Fata Morgana (la fée Morgane) dans L’amour des 3 oranges de PROKOFIEV. Celle-ci est terriblement humiliée au début de l’œuvre, mais rassurez-vous, sa vengeance sera terrible !

Prokofiev L'amour des 3 oranges Fata MorganaCliquez sur Fata Morgana

On trouve encore des fées dans les opéras contemporains, par exemple Melusine (1971) de REIMANN.

Reimann MelusineCliquez sur l’image

Et pour terminer, je vous propose de retrouver la face obscure des fées avec les sorcières !

littérature, Oulipo, Poésie

« LE SONNET DES VOYELLES », de RIMBAUD

Après Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi parmi mes poèmes préférés. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images que m’évoque ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer le fameux Sonnet des Voyelles de Rimbaud. (Arthur Arc-en-Ciel pour les Anglos-Saxons.)

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Offenbach duo de la mouche

Cliquez sur la mouche

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;

Berlioz Les Troyens Nuit d'ivresse

Cliquez sur Didon et Enée

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux;

Berlioz Dmnation de Faust Le vieil hiver

Cliquez sur l’image

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraite

Cliquez sur les clairons qui sonnent la retraite

Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Citations :

Mouches éclatantes : Dans Orphée aux enfers (1858) d’OFFENBACH, Zeus se transforme en mouche pour mieux séduire.

Les ivresses : À l’acte IV de ses Troyens, BERLIOZ nous gratifie du très beau duo « Nuit d’ivresse et d’extase infinie » entre Didon et Enée.

L’alchimie imprime aux grands fronts studieux : Au début de La Damnation de Faust du même Berlioz, l’alchimiste Faust revient sur sa vie passée à la recherche.

Clairon : Dans Carmen (1875) de BIZET, alors que Carmen danse pour Don José, celui-ci entend les clairons qui sonnent la retraite et veut la quitter.

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)

Né à Rome le 26 août 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaireCliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les SaltimbanquesCliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de TirésiasCliquez sur l’image

En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 38 ans.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :

Compositeurs, Histoire de l'opéra, littérature

Nicolas RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)

Nicolas RIMSKI-KORSAKOV est né en 1844, dans une famille de l’aristocratie russe.

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Passionné de musique dès son plus jeune âge, il fait des études militaires sous la pression de sa famille. Après ses études, il entre dans la marine impériale. À 17 ans, son professeur de piano, avec qui il apprend la musique presqu’en cachette, le présente à Balakirev. Celui-ci le pousse à profiter de ses missions maritimes pour découvrir d’autres musiques. Il trouve le temps d’écrire une symphonie que Balakirev crée en 1865. Rimski-Korsakov vient saluer sur scène en uniforme d’officier de marine, comme le voulait le règlement de la marine impériale.

Affecté à l’État-major, il a du temps à consacrer à la composition. Il fait la connaissance de Borodine et Moussorgski. En 1868, il fait également la connaissance de Tchaïkovski, alors professeur au conservatoire de Moscou. La musique de ce dernier, encore sous forte influence occidentale, n’entraîne pas chez lui une adhésion sans faille.

Avec Borodine, Cui, Moussorgski et Balakirev, il forme ce qu’on appelle le groupe des cinq, qui se destinait à écrire de la musique russe, détachée des canons occidentaux.

En 1871, il entre comme professeur au conservatoire de Saint-Pétersbourg, ce qui l’oblige à parfaire ses connaissances théoriques. Il s’installe dans un appartement où il a Moussorgski comme colocataire. Il écrit son premier opéra, La Jeune Fille de Pskov. Fin 1871, il se marie et a Moussorgski comme témoin à son mariage.

En 1873, il devient inspecteur des orchestres de la marine impériale. À ce poste, il est amené à étudier de près l’utilisation des différents instruments de musique, ce qui le conduit à écrire un manuel de composition. En 1878, il écrit un opéra d’après La Nuit de mai, de Gogol. En 1881, c’est Snegourotchka (La Fille de neige), d’après le dramaturge Ostrovski.

Rimski Korsakov SnégourotchkaCliquez sur l’image

En 1884, le poste d’inspecteur des musiques de la marine impériale est supprimé et Rimski-Korsakov se trouve alors en retraite de la marine. Il devient adjoint de Balakirev, directeur de la Chapelle du palais impérial, et s’intéresse à la musique orthodoxe. Il rencontre un mécène grâce auquel il fondera les concerts symphoniques russes, pour lesquels il écrit quelques-unes de ses œuvres les plus connues : Shéhérazade, d’après les Mille et une nuits, Le Capriccio espagnol, La Grande Pâque russe.

Rimski Grande paque russeCliquez sur l’image

Il orchestre La Nuit sur le Mont Chauve, de Moussorgski. À partir de 1893, il se met à écrire des opéras avec une belle régularité, dont Sadko (1896), Le Conte du tsar Saltan (1899-1900), célèbre pour son « Vol du bourdon » et La Légende de la ville invisible de Kitèje (1904), ainsi qu’un Mozart et Salieri d’après Pouchkine.

Rimski-Korsakov le Tsar SaltanCliquez sur l’image

Lors de la révolution de 1905, il défend l’esprit révolutionnaire, ce qui lui vaut d’être licencié du conservatoire. Mais le soutien d’intellectuels, de musiciens et de ses étudiants lui permet d’être réintégré à la fin de l’année. En 1906 – 1907, il écrit son dernier opéra, Le Coq d’or, créé en 1909, un an après sa mort des suites d’une angine de poitrine contractée dès 1890.

Rimski-Korsakov le Coq d'orCliquez sur l’image

Il faut souligner à propos de Rimski-Korsakov son activité de passeur musical. Il a ainsi contribué à l’édition des œuvres complètes de son aîné Glinka, le père de la musique russe. Il a recueilli et publié de nombreuses musiques populaires, et au sein du groupe des cinq, il a terminé le Prince Igor de Borodine, aidé Moussorgski dans l’écriture de l’acte polonais de Boris Godounov, (œuvre qu’il remaniera encore après la mort de Moussorgski), orchestré la Khovantchina, et il a aussi orchestré certaines œuvres de Cui. Enfin, au conservatoire, il a eu comme élève Prokofiev et Stravinsky.

Et pour finir sur une note plus légère, je vous propose d’écouter une version alternative du « Vol du bourdon » :

Rimski Vol du bourdon Canadian BrassCliquez sur le Canadian Brass