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Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)

Né à Rome le 26 août 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaireCliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les SaltimbanquesCliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de TirésiasCliquez sur l’image

En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 38 ans.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :

Mes opéras préférés

LA PETITE RENARDE RUSÉE, de JANACEK (1922 – 1923)

Opéra panthéiste de JANACEK, écrit en 1922 et 1923, et créé à Brno le 24 novembre 1924, d’après un roman paru en feuilleton dans un journal de Brno en 1920. À la différence de bien des œuvres très sombres de Janacek (Jenufa, Katia Kabanova), la Petite Renarde rusée (Prihody lišky bistroušky) est un conte accessible aux enfants.

Acte I : Animaux et insectes dansent dans la forêt quand le garde-chasse arrive. Fatigué, il s’allonge et s’endort et les animaux reprennent leur agitation autour de lui. Une grenouille qui chasse un moustique le réveille. Il voit la renarde et l’attrape pour la ramener à la maison pour ses enfants.

Janacek la petite renarde rusée acte I scène ICliquez sur la renarde et la grenouille

Lapàk, le chien, confie à la renarde que les nuits de pleine lune, il chante l’amour, mais sans savoir ce que c’est. La renarde lui répond qu’elle a vu ça dans la forêt avec les autres animaux. Les enfants du garde-chasse taquinent la renarde, elle mord l’un d’eux à la jambe. Le garde-chasse l’attache. Elle s’endort et rêve de renards libres et qui s’aiment. À son réveil, elle voit arriver la basse-cour, et les poules qui caquettent autour du coq. Elle les pousse à la rébellion contre ce coq qui les exploite. Puis elle fait semblant d’être morte pour que les poules s’approchent, avant de se précipiter sur elles et de les égorger. Elle s’enfuit devant le garde-chasse et sa femme.

Acte II : De retour dans la forêt, la renarde s’en prend au blaireau, et finit par le chasser de son terrier. Pendant ce temps chez les hommes, le garde-chasse, l’instituteur et le curé jouent aux cartes. L’instituteur est sur le point de se marier. Le garde-chasse fait un parallèle entre les soucis que lui cause la renarde, et l’obsession que provoque l’idée du mariage chez l’instituteur. Le curé rentrant chez lui se rappelle sa jeunesse. Il reconnaît qu’après un amour malheureux, il est toujours attiré par les femmes.

Un renard paraît, la renarde lui raconte son séjour chez les humains. Suit une scène de séduction, le renard lui disant qu’elle est belle. Elle se demande si elle doit le croire. Le renard lui fait alors une grosse drague, dans laquelle elle tombe à pieds joints.

Janacek la petite renarde rusée Acte II scène IICliquez sur la renarde et le renard

Les animaux de la forêt les surprennent ensemble. Vu l’état dans lequel est maintenant la renarde, il ne reste plus qu’une solution, aller voir le pivert pour qu’il célèbre le mariage. L’acte se termine sur une irrésistible bacchanale animale.

Janacek la petite renarde rusée fin acte IICliquez sur l’irrésistible bacchanale animale

Acte III : Un vagabond braconne dans la forêt. Comme il s’apprête à ramasser un lièvre mort, le garde-chasse apparaît et lui demande comment vont ses amours. Le vagabond répond qu’il est sur le point de se marier avec Thérèse, l’ancienne fiancée de l’instituteur. En voyant le lièvre, le garde-chasse voit la marque de la renarde et installe un piège, mais quand la renarde arrive, avec le renard et les petits renardeaux, elle voit le piège et les prévient du danger. Le vagabond arrive avec des poules. La renarde en attrape une. Le vagabond tire et tue la renarde.

Janacek la petite renarde rusée Acte III scène ICliquez sur les renardeaux

À l’auberge, le garde-chasse et l’instituteur discutent. L’instituteur dit que sa Thérèse va se marier ce jour même. La patronne dit qu’elle a un manchon en fourrure de renard.

Le lendemain, le garde-chasse qui célèbre le mois de mai, le mois des amours, reconnaît dans la forêt une fille de la renarde, qui ressemble à sa mère. Il comprend alors que la renarde n’est pas tout à fait morte, que la vie continue et se renouvelle.

Janacek la petite renarde rusée Acte III finalCliquez sur les animaux de la forêt

Compositeurs, Histoire de l'opéra, littérature

Nicolas RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908)

Nicolas RIMSKI-KORSAKOV est né en 1844, dans une famille de l’aristocratie russe.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la liste de lecture

Passionné de musique dès son plus jeune âge, il fait des études militaires sous la pression de sa famille. Après ses études, il entre dans la marine impériale. À 17 ans, son professeur de piano, avec qui il apprend la musique presqu’en cachette, le présente à Balakirev. Celui-ci le pousse à profiter de ses missions maritimes pour découvrir d’autres musiques. Il trouve le temps d’écrire une symphonie que Balakirev crée en 1865. Rimski-Korsakov vient saluer sur scène en uniforme d’officier de marine, comme le voulait le règlement de la marine impériale.

Affecté à l’État-major, il a du temps à consacrer à la composition. Il fait la connaissance de Borodine et Moussorgski. En 1868, il fait également la connaissance de Tchaïkovski, alors professeur au conservatoire de Moscou. La musique de ce dernier, encore sous forte influence occidentale, n’entraîne pas chez lui une adhésion sans faille.

Avec Borodine, Cui, Moussorgski et Balakirev, il forme ce qu’on appelle le groupe des cinq, qui se destinait à écrire de la musique russe, détachée des canons occidentaux.

En 1871, il entre comme professeur au conservatoire de Saint-Pétersbourg, ce qui l’oblige à parfaire ses connaissances théoriques. Il s’installe dans un appartement où il a Moussorgski comme colocataire. Il écrit son premier opéra, La Jeune Fille de Pskov. Fin 1871, il se marie et a Moussorgski comme témoin à son mariage.

En 1873, il devient inspecteur des orchestres de la marine impériale. À ce poste, il est amené à étudier de près l’utilisation des différents instruments de musique, ce qui le conduit à écrire un manuel de composition. En 1878, il écrit un opéra d’après La Nuit de mai, de Gogol. En 1881, c’est Snegourotchka (La Fille de neige), d’après le dramaturge Ostrovski.

Rimski Korsakov SnégourotchkaCliquez sur l’image

En 1884, le poste d’inspecteur des musiques de la marine impériale est supprimé et Rimski-Korsakov se trouve alors en retraite de la marine. Il devient adjoint de Balakirev, directeur de la Chapelle du palais impérial, et s’intéresse à la musique orthodoxe. Il rencontre un mécène grâce auquel il fondera les concerts symphoniques russes, pour lesquels il écrit quelques-unes de ses œuvres les plus connues : Shéhérazade, d’après les Mille et une nuits, Le Capriccio espagnol, La Grande Pâque russe.

Rimski Grande paque russeCliquez sur l’image

Il orchestre La Nuit sur le Mont Chauve, de Moussorgski. À partir de 1893, il se met à écrire des opéras avec une belle régularité, dont Sadko (1896), Le Conte du tsar Saltan (1899-1900), célèbre pour son « Vol du bourdon » et La Légende de la ville invisible de Kitèje (1904), ainsi qu’un Mozart et Salieri d’après Pouchkine.

Rimski-Korsakov le Tsar SaltanCliquez sur l’image

Lors de la révolution de 1905, il défend l’esprit révolutionnaire, ce qui lui vaut d’être licencié du conservatoire. Mais le soutien d’intellectuels, de musiciens et de ses étudiants lui permet d’être réintégré à la fin de l’année. En 1906 – 1907, il écrit son dernier opéra, Le Coq d’or, créé en 1909, un an après sa mort des suites d’une angine de poitrine contractée dès 1890.

Rimski-Korsakov le Coq d'orCliquez sur l’image

Il faut souligner à propos de Rimski-Korsakov son activité de passeur musical. Il a ainsi contribué à l’édition des œuvres complètes de son aîné Glinka, le père de la musique russe. Il a recueilli et publié de nombreuses musiques populaires, et au sein du groupe des cinq, il a terminé le Prince Igor de Borodine, aidé Moussorgski dans l’écriture de l’acte polonais de Boris Godounov, (œuvre qu’il remaniera encore après la mort de Moussorgski), orchestré la Khovantchina, et il a aussi orchestré certaines œuvres de Cui. Enfin, au conservatoire, il a eu comme élève Prokofiev et Stravinsky.

Et pour finir sur une note plus légère, je vous propose d’écouter une version alternative du « Vol du bourdon » :

Rimski Vol du bourdon Canadian BrassCliquez sur le Canadian Brass

Divers

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (4) : L’ESPAGNE À L’OPÉRA

Après l’Espagne vue (de manière parfois pittoresque) par les compositeurs étrangers, terminons notre voyage avec les opéras qui se passent EN Espagne, mais qui n’ont pas été écrits par des Espagnols.

Un des plus fameux est certainement Don Giovanni (1787) de MOZART, dont l’action se passe à Séville.

don giovanni la ci daremCliquez sur Zerline et Don Giovanni

Non moins fameux est Le Barbier de Séville (1816), de ROSSINI, dont l’action se passe à … Séville !

Rossini Le Barbier de Séville Una poco faCliquez sur Rosine

Deux des opéras de VERDI se passent en Espagne : Le Trouvère (1853) et Don Carlos (1867).

Verdi Don Carlos KaufmannCliquez sur Don Carlos

Parmi les opéras se passant en Espagne, il y a bien évidemment le Carmen (1875) de BIZET.

Bizet Carmen OuvertureCliquez sur l’orchestre

Moins connu, mais pourtant très beau, est Le Cid (1885) de MASSENET d’après CORNEILLE.

Massenet Le Cid O SouverainCliquez sur Le Cid

Massenet avait d’ailleurs déjà mis l’Espagne en musique avec son premier opéra « complet », Don César de Bazan (1872), d’après le Ruy Blas de Victor HUGO.

RAVEL n’a pas écrit que l’Enfant et les Sortilèges, il a aussi commis l’Heure espagnole (1911) sur un livret très franchouillard de FRANC-NOHAIN.

Ravel l'heure espagnol pitoyable aventure

Quant au trop rarement joué ZEMLINSKY, il a écrit son opéra Le Nain (Der Zwerg) (1922) d’après une nouvelle du sulfureux Oscar WILDE.

Zemlinsky Le NainCliquez sur l’infante d’Espagne et son cadeau d’anniversaire (le nain)

Et maintenant, je vous propose un complément avec un zoume sur les opéras qui se passent à Séville.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) est un poète héritier du romantisme, dont il transformera la désespérance en spleen (cf. Le Spleen de Paris). Après avoir dilapidé l’héritage de son père, il est obligé d’écrire dans les journaux (les gazettes) pour vivre. Il traduit notamment Edgar Allan Poe. Son grand œuvre poétique est Les Fleurs du mal (1857) ainsi que les petits poèmes en prose. Il ouvre la voie à la poésie d’un Mallarmé (lui aussi traducteur de Poe) ou d’un Valery.

Comme son exact contemporain Flaubert pour madame BOVARY, les Fleurs du mal ont valu à Baudelaire un procès pour immoralité. Aujourd’hui, il n’est plus question pour lui d’immoralité, mais d’immortalité.

Bien dans son époque, le milieu du XIXe siècle, la « famille intellectuelle » de Baudelaire se compose de Delacroix, Gautier, Poe, ou encore Wagner et Courbet. Baudelaire faisait ainsi partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Dumas, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Le poème Le Thyrse est dédié à Franz Liszt, qui lui avait ouvert les portes des salons parisiens.

Baudelaire, qui n’appréciait en musique que Weber et Beethoven se prend de passion pour la musique de Wagner en tant que « musique de l’avenir ». Il prendra la défense de celui-ci après l’échec cuisant des représentations parisiennes de Tannhäuser en 1859.

Wagner Tannhäuser Ouverture (Furtwängler)Cliquez sur l’image

Parmi les adaptations musicales de Baudelaire, citons le poème l’Invitation au voyage (« mon enfant, ma sœur, songe à la douceur… ») sous les paroles duquel Chabrier (1841-1894), Duparc (1848-1933) ou encore Charpentier (1860-1956) ont déposé leur musique. (Je ferai peut-être un jour un billet sur ce poème, qu’en pensez-vous ?)

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’image

Gabriel Fauré (1845-1924), autre maître de la mélodie française, compose un très beau Chant d’automne.

Fauré Baudelaire Chant d'automneCliquez sur l’automne

Ernest CHAUSSON (1855 – 1899) écrira L’Albatros (« Souvent pour s’amuser les hommes d’équipage… »)

Chausson Baudelaire l'AlbatrosCliquez sur l’image

On retrouve la filiation Baudelaire ==> Mallarmé avec la filiation Debussy ==> Caplet. Debussy d’abord avec les Cinq poèmes de Baudelaire ou son prélude Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir d’après le poème Harmonie du soir et André Caplet (1879-1925) avec La Cloche fêlée.

Debussy Les sons et les parfums PolliniCliquez sur la pochette du disque

Un peu plus loin dans le XXe siècle, l’Autrichien Alban Berg (1885-1935) mettra en musique Le Vin des amants.

Berg der WeinCliquez sur l’image

Quant à Dutilleux (1916-2013), il a composé les cinq mouvements de son concerto pour violoncelle Tout un monde lointain (1970) sur des poèmes de Baudelaire.

Dutilleux Tout un monde lointainCliquez sur le violoncelliste

Et en 2016, c’est à Dutilleux que Camille Pépin a dédié ses Sonnets, écrits sur des textes de Baudelaire.

Cliquez sur l’image

Liste des poèmes de Baudelaire interprétés sur ce blog :

L’Albatros.

L’Invitation au voyage.

La musique (façon Debussy).

La Musique (façon Wagner).

Les Phares.

Sed non satiata.

Divers

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (3) : L’ESPAGNE VUE PAR LES COMPOSITEURS ÉTRANGERS

Après les billets consacrés aux musiciens espagnols, poursuivons notre voyage en Espagne avec cette fois l’Espagne mise en musique par des compositeurs étrangers. En effet, au XIXe siècle, l’Espagne a inspiré bien des compositeurs.

Ainsi Mikhaïl GLINKA (1804 – 1857), le père de la musique russe, reviendra-t-il d’un séjour en Espagne vers 1845 avec deux Ouvertures ibériques.

Glinka Ouverture espagnole n 2Cliquez sur l’ouverture espagnole n° 2

Le pianiste virtuose (mais pas que) et hongrois Franz LISZT (1811 – 1886) a composé une brillante Rhapsodie espagnole en 1867 qui n’a rien à envier à ses Rhapsodies hongroises en ce qui concerne la virtuosité pianistique.

Liszt Rhapsodie espagnoleCliquez sur le pianiste

Le Lillois Édouard LALO (1823 – 1892) écrit pour le violoniste espagnol Pablo de SARASATE une Symphonie espagnole (1874).

Lalo Symphonie espagnoleCliquez sur la violoniste

l’Auvergnat Emmanuel CHABRIER (1841 – 1894) écrit en 1883 une rhapsodie pour orchestre, le populaire España.

Chabrier EspanaCliquez sur le chef d’orchestre

Un autre Russe, RIMSKY-KORSAKOV (1844 – 1908) écrit en 1887 un Capriccio espagnol.

Rimsky-Korsakov Capriccio espagnolCliquez sur l’image

Cette passion pour l’Espagne se poursuivra au début du XXe siècle avec le Basque Maurice RAVEL (1875 – 1937) qui écrit une de ses premières œuvres orchestrales en 1907 : sa Rapsodie espagnole.

Ravel rapsodie espagnoleCliquez sur l’orchestre

L’année suivante, c’est son frère ennemi le Parisien Claude DEBUSSY (1862 – 1918) qui publiera son Iberia.

Debussy IberiaCliquez sur l’image

Et retrouvez sur ce blog les opéras qui se passent en Espagne, main non écrits par des Espagnols.

Divers

LES PLUS BEAUX DUOS D’AMOUR… (les années 1880 – 1915)

Poursuivons notre anthologie des duos d’amour, que nous avions laissée aux années 1850 – 1880.

Comme on l’a vu dans le billet consacré à l’histoire de l’opéra pour cette période, les années 1880 – 1915 sont marquées par deux grands noms, PUCCINI (1854 – 1924) et STRAUSS (1864 – 1949).

Pour autant, VERDI était encore en activité, et en 1884, il écrit un de ses plus beaux duos d’amour dans Otello.

Verdi Otello Gia nella notte densaCliquez sur Otello et Desdémone

1884 est aussi l’année ou MASSENET achève son Manon. Au début du deuxième acte figure le très beau duo « On l’appelle Manon ».

Massenet Manon On l'appelle Manon Alagna NebretkoCliquez sur Des Grieux et Manon

En 1892, TCHAÏKOVSKI écrit Iolanta. Écoutons l’amour s’éveiller entre Godefroid et Iolanta.

Tchaïkovsku Iolanta DuoCliquez sur l’image

En 1895, Puccini termine le 1er acte de La Bohême (1896) de Puccini par un duo d’amour entre Rodolfo et Mimi qui viennent de se rencontrer.

Puccini Bohème final act 1Cliquez sur Rodolfo et Mimi

Rebelote pour Puccini avec Madame Butterfly (1902 – 1903) et le duo d’amour entre Cio-cio-san et Pinkerton à la fin du 1er acte.

Puccini Butterfly duo d'amourCliquez sur Cio-Cio-San et Pinkerton

L’autre grand compositeur est donc Richard Strauss. Dans son Rosenkavalier, il nous offre un très beau duo entre Octavian et Sophie.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Octavian et Sophie

Et retrouvez donc ici quelques duos d’amour offerts pour la Saint-Valentin.

Divers

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (2) : LES OPÉRAS ESPAGNOLS

Après vous avoir présenté les principaux musiciens (classiques) espagnols, voyons maintenant leur production dans le domaine de l’opéra.

On l’a vu, le précurseur de la forme Opéra en Espagne est la Zarzuela baroque. En voici une de José de NEBRA, Iphigenia en Tracia (1747).

Zarzuela Philippe IVCliquez sur la zarzuela

Felipe PEDRELL (1841 – 1922) fera revivre la zarzuela. Il a également écrit des opéras dont Quasimodo (1875), d’après Notre-Dame de Paris de VH et Los Pirineos (Els Pirineus) (1902).

Pedrell los Pirineos (Els Pirineus)Cliquez sur la partition

Enrique GRANADOS (1867 – 1916) a écrit principalement pour le piano. Il a également composé des opéras autour des années 1900. Le plus connu d’entre eux est Goyescas (1916), écrit d’après une œuvre éponyme écrite pour le piano.

Granados GoyescasCliquez sur l’image

Isaac ALBENIZ (1860 – 1909) écrira pour la guitare, par exemple son célébrissime Asturias. Il composera également des opéras, dont un Merlin (1909).

Albeniz MerlinCliquez sur l’image

Il sera suivi par Manuel DE FALLA (1876 – 1946) qui écrira, outre des zarzuelas, le drame lyrique La Vie brève (La Vida breve) (1904 – 1905) et Les Tréteaux de Maître Pierre (1922).

De Falla La vida breveCliquez sur l’image

Au XXe siècle, la zarzuela est toujours vivante en Espagne, dans une forme proche de notre opérette moderne. Écoutons en une de Federico ROMERO.

Romero El CaserioCliquez sur la zarzuela

Et retrouvez sur ce blog l’Espagne mise en musique par des compositeurs étrangers, de GLINKA à DEBUSSY en passant par CHABRIER et LISZT.

Divers, Géographie, Histoire de l'opéra

L’ESPAGNE ET L’OPÉRA (1) : COMPOSITEURS ESPAGNOLS

Si l’Italie, la France et l’Allemagne sont reconnues comme « terres d’opéra », les liens entre l’Espagne et l’opéra (et plus généralement la musique classique) sont peut-être moins évidents du coté nord des Pyrénées.

Ce billet est donc le premier d’une série de quatre, et traite de quelques musiciens espagnols connus. Il sera suivi par un billet sur les opéras écrits par des Espagnols, puis par un sur la représentation de l’Espagne par des musiciens étrangers, en enfin par un sur les opéras qui se passent en Espagne.

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, le rameau espagnol a poussé sur la zarzuela, du théâtre chanté qui date du milieu du XVIIe siècle (la première date de 1648) qui a été très populaire pendant un siècle environ. Cependant la déferlante italienne qui s’est répandue sur l’Europe a atteint l’Espagne, et du milieu du XVIIIe jusqu’au milieu du XIXe, point de salut pour l’opéra en Espagne si ce n’est chanté en italien.

La zarzuela donc (des représentations données pour Philippe IV d’Espagne qui ont ensuite atteint les couches populaires), est proche du Singspiel allemand.

Le XVIIIe siècle est marqué par la personnalité du padre SOLER (1729 – 1783), auteur de nombreuses pièces pour le clavecin.

Soler fandangoCliquez sur l’image

Felipe PEDRELL (1841 – 1922) fera revivre la zarzuela. Il a également écrit un opéra, Quasimodo (1875), d’après Notre-Dame de Paris de VH.

Pedrell QuasimodoCliquez sur le livre

Enrique GRANADOS (1867 – 1916) a écrit principalement pour le piano. Il a également composé des opéras autour des années 1900. Le plus connu d’entre eux est Goyescas (1916), écrit d’après une œuvre éponyme écrite pour le piano.

Granados GoyescasCliquez sur Granados au piano

Isaac ALBENIZ (1860 – 1909) écrira pour la guitare, par exemple son célébrissime Asturias.

Albeniz AsturiasCliquez sur le guitariste

Il composera également des opéras, dont un Merlin (1909).

Il sera suivi par Manuel DE FALLA (1876 – 1946) qui écrira, outre des zarzuelas, Le Tricorne (el Sombrero de tres picos), l’Amour sorcier, La Vie brève (1904 – 1905) et Les Tréteaux de Maître Pierre (1922). Il écrira également une de ses pièces les plus connues, les Nuits dans un jardin d’Espagne (1915).

De Falla Nuits dans les jardins d'EspagneCliquez sur l’image

Plus proche de nous figure le très subtil Federico MOMPOU (1893 – 1986), qui a écrit pour le piano mais aussi pour la voix. Et puisque je vous ai présenté des Ave Maria il n’y a guère, je vous propose d’écouter celui de Mompou. Je vous avais déjà parlé de Mompou dans mon billet consacré à Wladimir JANKÉLÉVITCH.

Mompou Ave MariaCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas ne pas citer ici Joachin RODRIGO (1901 – 1990) et son œuvre la plus connue, le Concierto de Aranjuez.

Rodrigo Concierto de AranjuezCliquez sur le guitariste

Retrouvez la suite des aventures de l’Espagne musicale avec les opéras écrits par des Espagnols.

Mes opéras préférés, Mythologie

L’OR DU RHIN (RHEINGOLD), de WAGNER (1853 – 1854)

Prologue de L’anneau du Nibelung, le livret de l’Or du Rhin est achevé en 1853, et la musique en 1854. La première publique a lieu à Münich en 1869, par volonté du roi Louis II de Bavière et contre la volonté de WAGNER. La première officielle a lieu en 1876, pour l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth.

Pour l’Or du Rhin, Wagner rompt avec le traditionnel découpage en actes. Il est composé de quatre scènes reliées entre elles de manière continue grâce à des interludes musicaux.

Les filles du Rhin jouent, insouciantes, dans le Rhin. Elles sont censées garder l’Or du Rhin. Le Nibelung Alberich, un nain lubrique, les entend rire. Il s’approche et leur fait des avances, mais il est si laid qu’elles le repoussent.

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur les filles du Rhin

Voyant un éclat doré dans l’eau, il demande aux filles ce que c’est. Elles répondent que c’est l’Or du Rhin, que leur père leur a demandé de garder. Quelqu’un qui forgerait un anneau avec cet or pourrait dominer le monde, mais seul celui qui renierait l’amour pourrait s’en emparer. Devant les moqueries des filles du Rhin, Alberich maudit solennellement l’amour, et s’enfuit au Nibelheim avec le trésor volé. Les filles du Rhin se désespèrent.

Chez les dieux, Fricka réveille son mari Wotan, le dieu en chef, et lui annonce que le Walhalla, un palais que Wotan a fait construire par les deux géants Fafner et Fasolt, est achevé. Fricka est inquiète pour sa sœur Freia, que Wotan a promise aux géants comme prix de la construction. Wotan lui confie qu’il a envoyé Loge, le dieu du feu, chercher une autre récompense que Freia. Celle-ci entre, bientôt suivie par les géants qui viennent se faire payer leur ouvrage. Wotan leur annonce que Freia doit rester, mais Fasolt rappelle à Wotan qu’il tient sa légitimité des runes sacrées gravées sur sa lance, et qu’il se doit de tenir ses promesses.

Wagner Rheingold scène 2Cliquez sur l’image

Loge arrive. Il dit qu’il s’est trouvé quelqu’un pour préférer l’or à l’amour d’une femme : Alberich, qui a volé l’Or du Rhin. Loge conseille à Wotan de promettre cet or en lieu et place de Freia. Les géants acceptent et sortent avec Freia en attendant que Wotan leur apporte l’or. Dès qu’ils sont sortis, les dieux commencent à vieillir, car Freia, avec ses Pommes d’Or, leur procurait la jeunesse éternelle. Wotan suit Loge dans les profondeurs de la terre (le Nibelheim), pour voler l’or à Alberich.

Au Nibelheim, Alberich a contraint son frère, Mime, à lui forger un heaume magique qui permet à celui qui le porte de se métamorphoser à volonté ou de se rendre invisible. Wotan et Loge arrivent et discutent avec Mime, qui leur parle du heaume magique. Alberich arrive, conduisant les Nibelungen qu’il a réduits en esclavage et leur faisant faire un gros tas avec l’or qu’ils ont extrait de terre. Il menace ses visiteurs, leur annonçant qu’avec ses nouveaux pouvoirs, il va devenir maître du monde. Wotan se fâche, mais Loge, rusé, lui parle du heaume magique, et le défie de prendre la taille d’un animal gigantesque. Alberich se transforme en dragon. Loge lui demande alors de se transformer en un petit animal, comme un crapaud. Alberich se métamorphose en crapaud. Wotan et Loge se précipitent sur lui et le capturent en lui arrachant le heaume.

Wagner Rheingold crapaudCliquez sur le crapaud

Remonté à la surface, Wotan exige d’Albérich qu’il lui donne tout son or en échange de la liberté. Alberich ordonne aux Nibelungen de remonter l’or. Quand ils ont fini, Wotan arrache l’anneau du doigt d’Alberich. Alberich maudit alors l’anneau : celui qui portera l’anneau sera l’esclave de l’anneau ! Après le départ du Nibelung, les dieux arrivent, suivis de près par les géants et Freia. Fasolt demande que l’on fasse avec l’or un mur suffisant pour cacher entièrement Freia. Quand les dieux ont fini d’entasser l’or, Fasolt déclare qu’il reste un interstice. Le seul or qui reste, susceptible de le combler, est l’anneau que Wotan porte à son doigt. Wotan refuse. La déesse de la terre, Erda, apparaît alors, et déclare à Wotan que ce sera la fin du monde des dieux s’il ne se résout pas à livrer l’anneau. Wotan s’exécute et les géants se partagent le trésor. Ils se disputent l’anneau et Fafner tue Fasolt pour s’en emparer. Wotan comprend le pouvoir de la malédiction de l’anneau (« Furchtbar nun erfind ich des fluchtes Kraft », soit « Redoutable trouvé-je maintenant la terrible malédiction »). Les dieux peuvent maintenant entrer dans leur château. Donner provoque un orage et Froh crée un arc-en-ciel par lequel les dieux accèdent à leur nouvelle demeure. Loge, qui n’est qu’un demi-dieu, sentant venir la fin du règne des dieux ne les suit pas. Au bas, dans la vallée, on entend les filles du Rhin pleurer la perte de leur or.

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Le décor est maintenant planté pour la suite de la tétralogie (ou trilogie avec prologue pour les puristes), avec la Walkyrie.