Autre philosophe à mourir sous la plume d’un compositeur, Socrate, dans la Mort de Socrate, de Satie.
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Parmi les jeunes gens désargentés de la Bohème, de Puccini, figure Colline le philosophe.
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Wagner a été sous l’influence de Schopenhauer et Nietzche, et on trouve trace de cette influence dans l’Anneau du Niebelung, à la fin du Crépuscule des dieux, avec la disparition de ceux-ci. Wagner a à son tour provoqué l’admiration de Nietzche.
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Une des œuvres les plus célèbres de Frédéric le moustachu est Ainsi parla Zaratoustra. Cet essai a inspiré à Richard Strauss un poème symphonique du même nom.
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Le pianiste Paul Wittgenstein, le frère du philosophe auteur du Tractatus logico-philosophicus (bon, d’accord, j’avais dit « pas de gros mot »), avait perdu un bras lors de la guerre 14-18. Il a commandé aux principaux compositeurs de son époque, Ravel, Prokofiev, Britten, Korngold, Richard Strauss et Hindemith, des œuvres pour la main gauche.
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Et puis, vous me connaissez, je ne peux pas terminer un article parlant de philosophie sans citer mon cher Wladimir Jankélévitch, qui a si bien su utiliser le mystère de la musique pour illustrer sa pensée philosophique.
Après mon article sur Verdi et la France, il m’est apparu intéressant d’étudier les rapports entre Wagner et la France.
En 1839, Wagner, alors directeur musical à Riga, avait achevé les deux premiers actes de Rienzi.
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L’espoir de faire jouer Rienzi à Paris, capitale de l’opéra, le pousse à s’embarquer pour Londres, première étape de son voyage vers la capitale française. Las, une tempête oblige le navire à s’arrêter dans une crique, et ce sont les chants de l’équipage qui lui donnent l’idée de mettre en musique un texte de Heine sur la légende du Hollandais volant. Ceci nous donnera le premier « grand » opéra de Wagner, connu en France sous le nom de Vaisseau fantôme.
Arrivé en France, il fait la connaissance de Meyerbeer, qui lui promet de l’aider et l’introduit auprès du directeur de l’Opéra de Paris. Malheureusement, celui-ci refuse Rienzi. Les finances s’asséchant, Wagner se voir obligé de faire des travaux alimentaires, notamment en composant la musique d’un vaudeville, la Descente de la courtille.
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C’est de cette époque que date aussi les deux Grenadiers, sur un texte de Heinrich Heine, ainsi que trois mélodies sur des poèmes de Pierre de Ronsard et de Victor Hugo.
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En 1840, il retrouve Meyerbeer qui le met à nouveau en contact avec le directeur de l’opéra, à qui Wagner propose le Vaisseau fantôme. Le directeur trouve le livret intéressant, et propose de l’acheter pour le faire mettre en musique par un autre que Wagner. En 1842, Wagner quitte Paris pour rentrer en Allemagne, où il fait jouer Rienzi et le Vaisseau fantôme.
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En 1859, Wagner, n’arrivant pas à faire jouer Tristan en Allemagne, se rend à Paris avec l’espoir de l’y faire représenter. Il songe aussi à Tannhaüser et à Lohengrin traduits en français. En 1861 enfin, Napoléon III donne l’ordre que l’on monte Tannhaüser à Paris. Mais pour être joué à cette époque, il fallait un ballet. Wagner ajoute donc la scène du Vénusberg, mais pour ne pas rompre la progression dramatique de son œuvre, il l’a placée dès le début, aussitôt après l’ouverture. Ceci mécontente les membres du Jockey Club, qui avaient l’habitude d’aller voir danser leurs petites amies au IIe acte, ce qui leur donnait le temps de souper avant le spectacle. Ils s’arrangèrent alors pour faire tomber l’œuvre, qui ne dépassa pas trois représentations. Charles Baudelaire se désolidarisera de l’accueil des Français dans une lettre où il écrit « Je veux être distingué de tous ces imbéciles ».
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Plus tard, après l’ouverture du Festspielhaus de Bayreuth et la création de la Tétralogie, la France saura reconnaître le génie de Wagner. En 1898, Albert Lavignac écrit le Voyage artistique à Bayreuth, un indispensable vademecum destiné à ceux qui feraient le pèlerinage vers la colline sacrée (je m’en suis servi pour écrire cet article).
Parmi ceux-ci, on peut relever les noms de Gabriel Fauré et André Messager qui ont écrit, à leur retour de Bayreuth, de très amusants Souvenirs de Bayreuth.
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Et que penser de l’invitation faite à Pierre Boulez et Patrice Chéreau de monter la Tétralogie pour le centième anniversaire du festival, rompant ainsi avec une tradition de mises en scène ronronnantes ?
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(Source principale : Albert Lavignac, le Voyage artistique à Bayreuth, librairie Ch. Delagrave, 2e édition, 1898.)
La Passagère est un opéra de Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) terminé en 1968, mais jamais joué du vivant du compositeur, victime de la censure et de l’antisémitisme qui régnait en URSS à cette époque. Il sera créé en version de concert à Moscou le 25 décembre 2006, avant une création scénique à Bregenz le 21 juillet 2010. Alors que le livret original de Weinberg est en russe, le metteur en scène de la création à Bregenz fait s’exprimer chaque personnage dans sa propre langue, allemand, polonais, français, russe, yiddish…
La Passagère a été créé en France au Capitole de Toulouse en janvier 2026.
Le pitch : En 1960, un couple d’Allemands se rend en bateau au Brésil, où le mari, Walter, doit prendre un poste de diplomate. Sur le bateau, la femme, Lisa, croit soudain reconnaître une voix. Troublée, elle se voit obligée de révéler à son mari son passé de surveillante SS au camp d’Auschwitz, pendant la guerre. Elle dévoile peu à peu son histoire, et sa relation avec Marta, une prisonnière polonaise.
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Acte I :
Tableau 1 – « Le paquebot ». En 1960, Lisa et Walter font route vers le Brésil. Le voyage est comme une seconde lune de miel pour le couple, marié depuis quinze ans. Parmi les passagers, Lisa croit reconnaître Marta, une femme qu’elle croyait morte depuis longtemps. Pressée de questions par son mari, elle finit par avouer son passé : elle était gardienne SS à Auschwitz, sous le nom de Anne-Liese Franz. Walter découvre alors qu’il vit depuis quinze ans avec une ancienne SS, et s’inquiète pour sa carrière de diplomate. Le steward leur apprend qu’il s’agit d’une anglaise et le couple est soulagé.
Tableau 2 – « L’Appel ». À Auschwitz, en 1943, trois officiers SS conversent avec légèreté de la « solution finale ». Lisa observe les prisonnières et est intriguée par Marta, une Polonaise de 19 ans qui semble avoir une grande force de caractère.
Tableau 3 – « Le Baraquement ». Les déportés, de toutes nationalités, tentent de survivre dans le camp, en faisant preuve de solidarité. (Chœur des prisonniers). On trouve sur Katja, une partisane russe, une lettre en polonais. Lisa demande à Marta de la traduire. Marta la lit, en faisant croire que c’est une lettre d’amour du fiancé, Tadeusz.
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Acte 2 :
Tableau 4 – « L’Entrepôt ». Les SS veulent qu’un prisonnier joue au capitaine du camp sa valse favorite. (Musique de valse qui n’est pas sans rappeler les valses de Chostakovitch.) Marta retrouve au camp son fiancé, un violoniste, qu’elle n’avait plus revu depuis deux ans. C’est lui qui va jouer pour le capitaine. Lisa les autorise à se voir, espérant que toute faveur qu’elle accordera au couple renforcera son emprise sur lui.
Tableau 5 – « L’Atelier ». Lisa examine les travaux de Tadeusz à la menuiserie et découvre un médaillon qu’il a gravé pour Marta, que Lisa surnomme la « Madone du camp ». Lisa lui propose des rencontres secrètes avec sa fiancée, mais Tadeusz refuse toute compromission avec la gardienne.
Tableau 6 : Le Baraquement ». Les détenus organisent en secret une fête pour le vingtième anniversaire de Marta. Tadeusz a réussi à lui faire passer un bouquet de roses. Lisa, pleine de rancune, annonce à Marta que son fiancé ne veut plus la voir. Les gardes SS arrivent et donnent le nom des prisonnières choisies pour la chambre à gaz. (Air a capella de Marta : « Würde er mich rufen, Gott der Herr ».)
Tableau 7 – « Le Paquebot ». Lisa et Walter veulent oublier le passé. Ils se rendent au salon pour danser. Le steward leur annonce qu’il s’est trompé. La passagère est bien anglaise, mais d’origine polonaise. Celle-ci demande à l’orchestre de jouer une valse précise, la valse préférée du commandant d’Auschwitz. Lisa est effrayée et en colère, elle ne comprend pas cette haine que Marta éprouve pour elle, alors qu’elle est persuadée de lui avoir offert des faveurs au camp.
Tableau 8 – « Le concert ». Tadeusz doit jouer pour le commandant sa valse favorite, mais dans un acte de défiance, il joue à la place une chaconne de Bach. On amène Tadeusz pour l’exécuter.
Tableau 8 – Au bord du fleuve ». Marta, sur la rive d’un fleuve, médite sur le passé et la mémoire. Elle évoque ses amies du camp et son fiancé et promet de tout faire pour en préserver la mémoire : « Si un jour vos voix se taisent, nous sombrerons tous. »
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Cliquez sur l’acte II
(Source principale : la création française au Capitole de Toulouse en 2026, et le programme associé.)
Après « Mon rêve familier« , de Verlaine, je vous propose ce mois-ci un autre poème de Verlaine, « À Clymène », paru en 1869 dans le recueil les Fêtes galantes.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Mystiques barcarolles, Romances sans paroles, Chère, puisque tes yeux, Couleur des cieux,
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Cliquez sur l’es romances sans paroles
Puisque ta voix, étrange Vision qui dérange Et trouble l’horizon De ma raison,
Puisque l’arôme insigne De ta pâleur de cygne Et puisque la candeur De ton odeur,
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Ah ! puisque tout ton être, Musique qui pénètre, Nimbes d’anges défunts, Tons et parfums,
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A, sur d’almes cadences En ses correspondances Induit mon cœur subtil, Ainsi soit-il !
Après les muses, les nymphes. Ces semi-divinités personnifiant les forces vives de la nature (selon le CNRTL) abondent dans les opéras, surtout à l’époque baroque.
On peut entendre des nymphes chanter dès le premier opéra, puisque dans l’Orfeo de Monteverdi (1607), il y a de nombreux chœurs de bergers et de nymphes.
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En 1673, dans le prologue d’Alceste de Lully, on entend la nymphe de la Seine (sic) déplorer le départ du héros (entendre Loulou XIV) à la guerre.
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Dans Polifemo, de Porpora, les deux nymphes Galatée et Calypso imaginent les peines et les joies qui vont enfler leurs cœurs, quand ils s’ouvriront à l’amour. Polyphème survient, brûlant d’amour pour Galatée. Il veut la couvrir de cadeaux, mais la nymphe se refuse à lui (Air : « M’accendi in sen col guardo »).
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Dans un des plus célèbres opéras de Rameau, Platée (1745), l’héroïne éponyme n’est autre qu’une nymphe des marais.
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Attention spoiler: À la fin des Boréades (1763) de Rameau, on apprend que le héros est le fils d’Apollon et d’une nymphe, et qu’il est donc d’origine divine.
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La légende de Céphale et de la nymphe Procrys a fait l’objet de nombreux opéras, dont celui de Keiser dès 1674, celui de Grétry en 1773 (que j’ai eu l’occasion de chanter Salle Favart), mais aussi celui de l’espagnol Araja qui a écrit en 1755 sur le sujet le premier opéra chanté en russe.
En 1876, Léo Delibes écrit le ballet : Sylvia, ou la nymphe de Diane.
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Dans Rusalka de Dvorak, Rusalka est une naïade c’est-à-dire une nymphe des eaux, mais on rencontre également des dryades, qui sont des nymphes des bois.
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Dans Ariane à Naxos (1911) de Richard Strauss, un trio de nymphes chantent les qualités de Bacchus.
On trouve également beaucoup de nymphes dans le N’allez pas au bois d’Ormonde de Ravel : naïades, ménades, thyades, dryades, hamadryades, à côté d’une foule d’autres créatures légendaires.
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Enfin, je ne peux résister au plaisir de citer l’Après-midi d’un faune, de mon pote Mallarmé, et son premier vers: Ces nymphes, je les veux perpétuer. Ce poëme a été mis en musique par Debussy sous le titre Prélude à l’après-midi d’un faune.
Les coqs et les poules apparaissent parfois sur la scène de l’opéra ou dans la musique dite classique.
La Poule est une pièce de clavecin de Jean-Philippe Rameau.
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On peut citer le Coq d’or de Rimski-Korsakov (saviez-vous que les coqs russes ne chantent pas en faisant « Cocorico », mais en faisant « Kikeriki Koko Koko » ?)
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Il y a aussi un coq dans la petite Renarde rusée de Janacek. Ce coq se pavane dans la basse-cour, entouré de ses poules. La renarde incite les poules à se débarrasser de ce coq qui les exploite, et quand la voie est libre, la renarde se précipite sur les poules pour les manger.
Respighi a adapté la Poule de Rameau pour son recueil des Oiseaux.
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Un autre type de Coq est Charles Lecocq, le compositeur de la Fille de madame Angot. Élève au conservatoire en même temps que Georges Bizet, ils ont écrit chacun une opérette pour un concours, le Docteur Miracle. Ce concours était organisé par Jacques Offenbach, le « roi de l’opérette », pour assurer la relève du genre.
Luigi CHERUBINI est né le 14 septembre 1760 à Florence.
Fils d’un musicien qui lui inculque les bases de la composition, il fait ses débuts à Florence en 1782 avec Armida abbandonata d’après le Tasse.
En 1785, c’est à Londres que l’on joue la finta Principessa avant Turin en 1788 avec Ifigenia in Aulide.
En 1785 déjà, on le trouvait à Paris où il rencontrait Marie-Antoinette, par l’intermédiaire du violoniste Viotti. Il y était membre de la Loge et Société Olympique, une société de concerts liée à la franc-maçonnerie, société dont le Chevalier de Saint-Georges était le chef d’orchestre.
Il écrit sa première composition pour l’Académie royale de musique (l’ancêtre de l’Opéra de Paris), Démophon, en 1788, œuvre qui ne rencontre pas un grand succès.
En 1789, Cherubini devient codirecteur du Théâtre de Monsieur (le frère du roi), théâtre pour lequel il écrit Lodoïska (1791), Élisa (1794), son chef-d’œuvre Médée (1797), L’Hôtellerie portugaise (1797) et Les Deux Journées (1800).
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En 1794, Luigi se marie avec Anne Cécile Tourette, la fille d’un contre-ténor. Ils auront trois enfants.
En 1796, il est nommé inspecteur au Conservatoire de Paris, qui venait tout juste d’être créé. En 1805, il y rencontre Auber auprès de qui il approfondit son métier pendant trois ans.
En 1797, Cherubini écrit sa Médée qui restera longtemps au répertoire.
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Sous l’empire, il disparaît un peu à cause d’une certaine hostilité de Napoléon qui ne l’appréciait pas, et ce n’est que sous la Restauration que sa carrière redémarre.
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En 1813, Étienne de Jouy écrit pour Cherubini les Abencérages.
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Au Conservatoire, Cherubini prend la classe de composition, avant d’en prendre la direction en 1822.
En 1827, avec l’appui de Cherubini, Meyerbeer entame une collaboration avec Eugène Scribe, un des plus fameux librettistes de son temps.
En 1833, Andersen voyage en Allemagne où il rencontre le compositeur Louis Spohr, avant de se rendre à Paris où il fait la connaissance de Cherubini et de Heine. 1833 est l’année où Cherubini écrit AliBaba.
Luigi Cherubini meurt à Paris le 15 mars 1842, à l’âge de 81 ans.
Outre sa trentaine d’opéras, Cherubini a également écrit de la musique de chambre des symphonies et deux Requiems.
Son père était un ingénieur italien et sa mère femme au foyer. En 1843, la famille s’installe à Aix-en-Provence où le père d’Émile avait le projet de construire un canal. Mais le père meurt alors que le jeune garçon n’a que sept ans, et sa mère, sans revenus, l’élève avec l’aide de sa propre mère. C’est à Aix-en-Provence qu’Émile commence sa scolarité. Au collège d’Aix-en-Provence, Émile fait la connaissance en 1852 de Paul Cézanne, avec qui il restera longtemps ami.
Zola échoue par deux fois au baccalauréat, puis part à Paris rejoindre sa mère en 1858. En 1860, il entre comme employé aux écritures à l’administration des douanes. En 1862, il obtient la nationalité française.
En 1862, il entre chez l’éditeur Hachette, ce qui lui donne l’occasion de pénétrer le milieu littéraire de son époque. En 1864, il publie son premier livre, Les Contes à Ninon.
Fin 1864, Zola rencontre Alexandrine Meley. En 1865, il quitte sa mère pour s’installer avec Alexandrine, mais malgré les nombreux articles qu’il publie dans la presse, ce sont encore des années de vache maigre qu’il vit avec sa compagne.
En 1867 paraît le roman Thérèse Raquin.
Émile et Alexandrine se marient en 1870, mais ils doivent fuir à Marseille pendant la guerre de 1870 avant de revenir à Paris en 1871.
En 1871, Zola rencontre Gustave Flaubert qui lui présente Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev. Il fait également la connaissance de Guy de Maupassant et Joris Karl Huysmans, avec qui ils passeront des soirées littéraires dans la maison de campagne que Zola avait achetée à Médan (près de Paris). En 1880, ils font paraître Les soirées de Médan, un recueil de contes co-signés par ces écrivains.
Entre-temps, Zola commence son œuvre certainement la plus connue, le Cycle des Rougon-Macquart. Cet ensemble de vingt romans, qui l’occupe de 1871 à 1993, embrasse la description de toutes les franges de la société dans laquelle il vit. En 1877, l’Assommoir connaît un très grand succès et permet enfin à Zola de vivre correctement.
Littérairement, Zola est le chef de fil du naturalisme, mouvement littéraire visant à se déprendre de l’idéal romantique, en décrivant des personnages et des situations scientifiquement documentées. Ce mouvement s’éteindra avec Zola, mais connaîtra une suite en Italie avec le vérisme. L’opéra naturaliste le plus connu est Louise, de Gustave Charpentier.
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En 1880, le décès de la mère de Zola l’affecte profondément et le plonge dans une dépression.
En 1888, année où il est fait chevalier de la Légion d’honneur, Zola tombe amoureux de Jeanne, une jeune femme qu’Alexandrine avait embauchée. De cet amour naîtront deux enfants cachés, Denise (1889) et Jacques (1891). La découverte de cette liaison par sa femme provoque une grave crise dans le couple Zola, mais finalement Alexandrine accepte cette situation.
Zola était peu réceptif à la musique. Zola, qui prenait beaucoup de notes avant d’écrire ses romans, s’était fait aider pour Nana par Ludovic Halévy, le librettiste avec Meilhac de La Belle Hélène d’Offenbach. Il a décrit dans Nana une opérette, La blonde Vénus, où il critique le parti pris satirique d’Offenbach et de ses librettistes.
En 1888, Zola rencontre le compositeur Alfred Bruneau, qui lui propose d’écrire un opéra à partir de son roman Le Rêve. Après le succès de cette collaboration, Zola lui écrit le livret de L’attaque du moulin (1893), un des contes parus dans Les soirées de Médan.
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La collaboration entre Zola et Bruneau se poursuit avec Lazare (1893), Messidor (1897) et l’Ouragan (1901).
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Face à la montée de l’antisémitisme des années 1890, Zola s’engage contre cette haine raciste. La condamnation de l’officier Dreyfus est pour lui l’occasion de s’engager encore plus avec son article « J’accuse », qui lui vaut un retentissant procès de la part du gouvernement et des militaires. Condamné à une lourde amende et à un an de prison, Zola part en Angleterre. Il revient à Paris quand l’officier qui avait fait un faux témoignage contre Dreyfus se suicide, mais le temps de la justice est lent, et Zola ne rentre à Paris qu’au bout de onze mois d’exil.
Émile Zola meurt par asphyxie à son domicile parisien le 29 septembre 1902, à l’âge de 62 ans.
En 1955, le cinéaste René Clément fait appel à Raymond Queneau pour écrire les chansons de son film Gervaise, inspiré de l’Assommoir de Zola, avec une musique de Georges Auric.
Ce mois-ci, c’est Jobougon qui est aux manettes de l’Agenda Ironique. Et koikilnoudmande, Jo ? Rien moins que d’interviewer Dieu.
En ce mois de janvier, pour bien commencer l’année et bien aiguiser vos plumes artistiques, je vous propose donc d’aller interviewer Dieu. Vous le faites sous toutes les formes qui vous conviendront, de la manière qui vous plaira, à la condition toutefois d’insérer au moins quatre de ces neuf morceaux de phrases à votre convenance. L’ordre d’arrivée dans les textes de ces bouts est toutafé relatif, c’est votre interview qui en décidera.
Voici ces bouts de phrases (Tous les extraits de phrases viennent des 366 réels à prise rapide de Raymond Queneau) :
1 – Aujourd’hui à midi pile 2 – Ça ressemble presque à une blague 3 – Succession de bruits 4 – Comme un avis à la population 5 – Cherche toujours 6 – Sujet brûlant 7 – Profonde pensée philosophique 8 – Ça a l’air vieux mais 9 – Pas de place pour
Ne vous privez ni d’humour, ni d’ironie, ni de sarcasme, ni même de tendresse… Avec raillerie, dérision, gaîté, fantaisie, surréalisme…
Dans les mythologies, il n’est pas rare que des humains cherchent à interviewer les dieux, ou des dieux interviewant des humains, ou des dieux interviewant des dieux. Voyons donc ces différents cas de figure.
Sémélé était une mortelle qui aimait Jupiter et était aimée par lui Elle a voulu voir à tout prix Jupiter sous sa forme de dieu (il y a une petite manipulation de Junon derrière ça). Mal lui en en a pris, car la mortelle ne pouvant supporter la vue divine s’est trouvée brûlée vive. Ce sujet brûlant nous a été raconté par Haendel dans l’opératorio Semele.
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Ça a l’air vieux mais, dans la Grèce (très) antique, Cupidon est tombé malencontreusement amoureux de la belle Psyché (il s’était blessé avec sa propre flèche, ce gros maladroit !). Le père de Psyché se rend alors à Delphes pour interviewer Apollon pour savoir quoi faire de sa fille. Las, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher. Cette histoire a inspiré bien des compositeurs, à commencer par Lully.
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L’histoire de Tirésias, eh bien, ça ressemble presque à une blague. Figurez vous que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et que Junon prétendait le contraire. Le couple divin a interviewé le devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était le seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir. Cette histoire racontée par Guillaume Apollinaire a été mise en musique par Francis Poulenc, sous le titre Les Mamelles de Tirésias.
Au début du troisième acte de Siegfried, de Wagner, le dieu en chef Wotan, inquiet de la tournure que prennent les choses depuis qu’il a violé les runes sacrées gravées sur sa lance provenant de l’Yggdrasil, interviewe Erda, la déesse de la Terre, pour essayer de voir l’avenir. Mais il n’y a plus de place pour les prévisions d’Erda, et Wotan comprend que le crépuscule des dieux est proche.
Obéron est un personnage de la littérature anglo-saxonne. Roi des elfes, il apparaît sous le nom d’Alberich dans la littérature germanique. Dans Huon de Bordeaux, roman du XIIIe siècle, Aubéron (sic) est condamné à être nain et bossu.
Dans la traduction anglaise de Huon de Bordeaux, Aubéron devient Oberon, et c’est Shakespeare qui lui assigne son rôle pour l’éternité en en faisant l’époux de Titania, la reine de fées, dans le Songe d’une nuit d’été (1590). Oberon joue alors le rôle de Cupidon, et c’est muni d’un lys, fleur symbole de la pureté, qu’il fait naître le sentiment amoureux chez les amants qu’il veut favoriser.
En 1611, Ben Jonson écrit un masque, Oberon, the fairy Prince, dont la musique est signée Ferrabosco.
À la fin du XVIIe siècle, on retrouve les personnages d’Oberon et de Titania dans le semi-opérathe Fairy Queen (1692) de Purcell.
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En 1826, c’est pour Londres que Weber écrit son dernier opéra, Oberon.
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Sous son nom germanique d’Alberich, c’est un des personnages principaux de la Tétralogie de Wagner.