En tant que capitale de l’Angleterre, Londres a vu naître ou passer de nombreux compositeurs.
John Blow (1649-1708) meurt à Londres. Il a été un des maîtres de Henry Purcell (1659-1695), né à Londres le 10 septembre 1659.
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Dans la première moitié du XVIIIe siècle, Londres est le siège d’une bataille d’opéras, devenant ainsi une scène où les compositeurs viennent de toute l’Europe pour s’y faire applaudir.
Parmi eux, citons Georg Friedrich Haendel (1685-1759), un compositeur allemand qui, après avoir appris son métier en Italie, part en Angleterre, où il crée la plupart de ses chefs-d’œuvre dans le genre opéra ou oratorio. Haendel meurt à Londres le 14 avril 1759.
Bien que n’étant pas Londonien, Benjamin Britten a fortement marqué la musique anglaise du XXe siècle, et plusieurs de ses opéras (Peter Grimes, Gloriana, Billy Budd) ont été créés à Londres.
On peut très bien être religieux (resp. religieuse) et compositeur (resp. compositrice).
La mère de toutes les compositrices, Hildegarde von Bingen (1098-1179), était abbesse, théologienne, poétesse, herboriste, gemmologue et compositrice.
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Quelques siècles après Hildegarde, une religieuse espagnole, Gracia Baptista (XVIe siècle), a été la première compositrice à voir sa musique imprimée.
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Isabella Leonarda (1620-1704) est également une religieuse compositrice. Son recueil de sonates publié en 1690 serait le premier recueil de sonates publié par une femme.
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Peu de temps après Isabella, on trouve le cas Antonio Vivaldi. Le prêtre roux, comme on le surnommait, était abbé, mais il semblerait qu’il n’ait célébré qu’une seule messe. La composition et l’enseignement de la musique étaient plus importants pour lui que sa charge ecclésiastique.
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Sur la fin de sa vie, Franz Liszt, qui avait eu une vie amoureuse intense, s’est fait abbé.
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Charles Gounod, lui, était très mystique et, sous l’influence de Lacordaire, il est entré au séminaire. Il n’a toutefois pas poursuivi son chemin jusqu’à la prêtrise, même si en 1848, il portait la soutane et se faisait appeler abbé Gounod.
Albert Samain est né le 3 avril 1858 à Lille, dans une famille de commerçants. Son père meurt quand il n’a encore que dix ans, et Albert doit gagner sa vie très tôt.
Vers la vingtaine, Albert Samain part à Paris et en 1883, il obtient un emploi à la Préfecture de la Seine. En dehors de ses travaux alimentaires, il est attiré par la poésie et fréquente le club des Hydropathes (dont faisait partie Alphonse Allais), récitant ses poésies au Chat noir, à Montmartre.
En 1890, sa poésie devient plus élégiaque et son recueil le Jardin de l’Infante (1893) connaît un très grand succès.
En 1899, sa mère meurt et une phtisie se déclare chez Albert Samain. Il meurt le 18 août 1900 à Magny, en Seine-et-Oise, à l’âge de 42 ans.
Ses poèmes, très populaires, ont été mis en musique par les compositeurs et compositrices qui étaient ses contemporains.
Louis Aubert Silence extrait des Crépuscules d’automne
Déodat de Séverac : Mélodies françaises du XXe siècle
Outre ses œuvres pour piano comme Flandre ou un Choral qu’elle dédie à Cortot, la Lilloise Jeanne Tieffry met en musique les poètes qu’elle apprécie, Verlaine, Gautier ou Klingsor ou son compatriote Albert Samain.
Gwendolen Coleridge-Taylor est née le 8 mars 1903 à Londres. Elle est la fille du compositeur Samuel Coleridge-Taylor et de sa femme Jessie Fleetwood Walmisley. Gwendolen a neuf ans quand son père meurt en 1912.
Elle écrit sa première composition musicale en 1915, Goodbye Butterfly, à l’âge de douze ans. Cette même année, elle reçoit une bourse pour étudier au Trinity College de Londres. Ses huit premiers opus sont des chansons.
En 1924, elle se marie avec Harold Dashwood et, suite à son divorce d’avec ce dernier, elle prend comme nom de plume Avril Coleridge-Taylor, en référence à sa première œuvre orchestrale, to April (1929).
En 1933, Avril début une carrière de cheffe d’orchestre, dirigeant notamment le BBC Symphony Orchestra ou l’Orchestre symphonique de Londres. To April sera suivi de Spring Magic (1933), From the Hills (1934), et le Concerto pour piano en Fa mineur (1938), dont les mouvements sont dédiés à son ami Elgar (mort deux ans avant la composition du concerto) ou à son père.
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Elle écrit également des œuvres pour chœur et orchestre, telles que Wyndore (1936), d’après un poème d’Aldous Huxley, et the Elfin Artist.
En 1940, elle écrit Sussex Landscape et en 1941, Avril Coleridge-Taylor fonde le Coleridge-Taylor Symphony Orchestra. Elle écrit Historical Episode, une grande œuvre symphonique sur les temps de guerre, et In Memoriam, à la mémoire des pilotes de la R.A.F. morts au combat.
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En 1952, elle est invitée pour une tournée en Afrique du Sud, encore sous le régime de l’apartheid, mais quand les autorités découvrent qu’elle a un grand-père créeole, on lui interdit de jouer.
En 1957, Avril Coleridge-Taylor écrit la Ceremonial March for Ghana pour les cérémonies accompagnant l’indépendance du Ghana.
En 1967, Avril écrit In Memoriam, Largo for Orchestra en mémoire de son père Samuel et en 1979, elle écrit un livre sur sa vie, the Heritage of Samuel Colerige-Taylor (1979).
Avril Coleridge-Taylor meurt le 21 décembre 1998 à Seaford, à l’âge de 95 ans.
Outre les œuvres orchestrales citées plus haut, Avril Coleridge-Taylor a écrit de la musique chorale,
Composé entre 1834 et 1837 sur un livret de Léon de Wailly et Auguste Barbier, Benvenuto Cellini est une tentative de Berlioz d’écrire du Grand Opéra à la française, le genre dans lequel un musicien devait triompher s’il voulait connaître la gloire. En partie à cause de la faiblesse du livret, en partie à cause des audaces musicales de Berlioz, la création en 1838 sera un échec.
En 1844, il reprend deux des airs de Benvenuto Cellini pour écrire la fameuse Ouverture du Carnaval romain.
Il faut attendre 1852 pour que Liszt, cet infatigable ami des musiciens, le monte à Weimar et que l’opéra rencontre le succès.
Le livret est tiré des mémoires du sculpteur de la renaissance Benvenuto Cellini, protégé du pape Clément V, dont la vie aventureuse ne pouvait laisser indifférent Berlioz le romantique.
Le pitch : Cellini doit fondre une statue pour le pape. Il projette de s’enfuir avec Teresa. Après des péripéties, il finit la statue et gagne sa main.
Acte I : Balducci, trésorier du pape, cherche sa fille Teresa. Il est convoqué chez le pape, et se plaint de ce que celui-ci s’occupe tant de Benvenuto Cellini, orfèvre qu’il a fait venir de Florence, alors qu’il a déjà à Rome un très bon sculpteur, Fieramosca. Par la fenêtre, on entend le chant des masques du carnaval. Teresa s’approche de la fenêtre. Elle reçoit une pluie de fleurs et un billet de Cellini, qui lui fixe un rendez-vous pour le soir même. Elle ne sait qu’en penser (Air : « Entre l’amour et le devoir »).
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Cellini arrive. Pendant leur duo sur la musique du Carnaval romain, Fieramosca arrive, portant un bouquet pour Teresa. En voyant Cellini, il se cache dans la chambre de Teresa. Cellini donne rendez-vous pour le lendemain, jour du Mardi gras : il veut profiter du carnaval pour, lui déguisé en moine et son élève Ascanio en pénitent, l’enlever et l’emmener à Florence. Fieramosca, caché, a tout entendu. Balducci revient, et s’étonne de voir sa fille encore dehors à cette heure tardive. Cellini se cache. Teresa prétexte un bruit entendu dans sa chambre, où un homme se serait introduit. Cellini s’éclipse pendant que le père va voir dans la chambre. Il en ressort avec Fieramosca, qu’il accuse d’être libertin, et appelle les servantes pour le chasser de sa maison. Elles le jettent dans le bassin.
Le lendemain, Cellini attend ses amis près d’une taverne. Les ciseleurs veulent boire (Chœur des ciseleurs « à boire »).
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Cellini leur demande de chanter autre chose qu’une « ignoble chanson à boire » (Chœur des ciseleurs : « Si la terre aux beaux jours se couronne »).
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Le cabaretier apparaît, et présente la note de tout ce qu’ils ont déjà bu sans payer. Le chœur reprend ses paroles dans un joyeux charivari. Arrive Ascanio qui apporte un sac d’argent donné par le pape pour que Cellini fonde la statue. Il veut que Cellini s’engage à fournir le travail avant de lui donner l’argent (Air : « Cette somme t’est due »). Mais quand ils ouvrent le sac, ils n’y trouvent qu’une somme mesquine. Ils décident alors de se venger du trésorier du pape en le ridiculisant pendant une représentation théâtrale où il sera représenté. Fieramosca, qui a tout entendu, retrouve son ami Pompeo. Il lui explique que pendant qu’on va donner le change à Balducci, Cellini, déguisé en moine a prévu d’enlever sa fille. Pompeo lui conseille alors de se déguiser lui-même en moine, et de tromper Teresa sous ce déguisement pour empêcher l’enlèvement.
Cette idée plaît à Fieramosca (Air : « Ah, qui pourrait me résister »). Balducci arrive avec sa fille au moment où va commencer la pantomime qui le ridiculisera. La pantomime commence, accompagnée par le chœur et des instruments populaires. C’est le Carnaval romain.
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Pierrot et Arlequin miment un concours de chant. Le faux Balducci donne la palme à Pierrot et Arlequin le bat. Furieux d’être ainsi moqué, le vrai Balducci monte sur scène pour faire cesser ce spectacle. C’est le moment où Cellini et Ascanio d’une part, Fieramosca et Pompeo d’autre part, choisissent pour s’avancer vers Teresa qui, découvrant deux moines et deux pénitents, ne comprend plus rien. Cellini, tirant son épée, tue Pompeo qui tombe au sol. Horrifiée, la foule se précipite et veut arrêter Cellini. Mais quand les lumières s’éteignent, Cellini en profite pour se sauver. Quand la lumière revient, Balducci, trouvant Fieramosca toujours en habit de moine, croit tenir l’assassin et l’arrête.
Acte II : Le lendemain matin, dans l’atelier de Cellini. Teresa et Ascanio, sans nouvelles de Cellini, s’inquiètent. Un chœur de pénitents, louant la Vierge Marie, s’avance. Cellini arrive, toujours dans sa robe de bure ensanglantée, et dit qu’il faut fuir. Teresa et Cellini chantent leur joie d’être réunis. Mais voilà Balducci et Fieramosca, vite suivis du pape (Air : « À tous péchés, pleine indulgence ») qui vient voir où en est la statue que Cellini doit fondre pour lui.
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Balducci et Fieramosca accusent Cellini du meurtre de Pompeo et de l’enlèvement de Teresa. Cellini, Teresa et Ascanio nient (« Sextuor »).
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Quand le pape apprend que la statue n’est pas fondue, il menace de la faire fondre par un autre (Fieramosca). Cellini se rebelle, et menace de détruire le moule de la statue. Le pape arrête son geste. Cellini négocie. Le pape lui laisse la journée pour achever le travail, faute de quoi, il sera pendu le soir même.
Dans l’atelier, Lascanio chante l’épisode qui vient de se passer (Air : « Tra la la la la »).
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Il sort, laissant Cellini seul (Air : « Seul pour lutter… »). Dans l’atelier, les fondeurs entonnent une chanson triste (Chœur : « Bienheureux les matelots »).
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Cellini leur rend le courage, mais, quand ils s’apprêtent à fondre la statue, Fieramosca se présente avec deux spadassins et le défie en duel pour venger la mort de Pompeo. Cellini demande alors sa rapière à Ascanio, mais Teresa arrive à son tour. Elle veut fuir avec Cellini, contre la volonté de son père. Cellini sort pour se battre avec Fieramosca.
Les fondeurs, voyant Cellini quitter l’atelier veulent cesser le travail (Chœur : « Peuple ouvrier, que l’atelier… »). Teresa les supplie de rester et d’attendre le retour de Cellini. Mais c’est Fieramosca qui arrive. À sa vue, Teresa croit qu’il a tué Cellini, et l’accuse de meurtre. Les ouvriers s’en prennent à lui. De l’or tombe de ses poches, avec lequel il voulait débaucher les ouvriers de Cellini. Mais Cellini rentre à son tour, il n’a pas trouvé Fieramosca au rendez-vous. Le trouvant chez lui, accusé d’avoir voulu reprendre son atelier, il explique lâchement qu’il voulait juste aider un confrère dans la difficulté. Le prenant au mot, Cellini lui demande de se mettre à la fonte du métal. Le travail reprend. Mais le métal vient à manquer, la statue ne pourra être terminée. Cellini demande alors que l’on fonde toutes les pièces d’orfèvrerie qui se trouvent dans son atelier.
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On charge la fournaise quand la chaudière surchauffée explose, mais tout le métal fondu coule dans le moule, et la statue est achevée. Cellini a gagné, et le pape et Balducci lui accordent la main de Teresa.
(Source principale : les représentations de l’opéra de Paris dans une mise en scène de Terry Gilliam (un Monthy Python) en 2018, et le programme associé.)
Ce mois-ci, c’est Tiniak qui s’y colle pour l’Agenda Ironique de l’été
La chaleur ne fait pas fondre que le bitume, elle dilate aussi les heures qui s’allongent, non sans une pointe d’ironie, sur les agendas calendaires. Aussi bien, notre atelier familier (L’Agenda Ironique) se complaît à jouer les prolongations et s’étire déjà jusqu’à la fin août, autour de ce thème générique : la parenthèse. À chanter, peut-être ?
C’est vous qui (pour— ) voyez… Ce que vos textes mettront entre parenthèses vous appartient, en propre et au figuré. Belle ironie de la forme : c’est précisément ce qui se trouve dans cet intervalle qui attirera notre attention !
Que vous optiez pour un style journalistique, romantique, poétique (ou… musical ?), il vous faudra intégrer, dans votre contribution [au lien idoine vers sa publication, dûment déposé en commentaire de ce post] :
autant de synonymes de « parenthèse » qu’il vous plaira ;
votre adaptation de cette citation : « J’ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d’air, je la refermerai tout de suite. » (Alphonse Allais) ;
ces quelques mots ou expressions au choix (au moins trois) : Sophie tourne de l’œil — carabistouilles — pépite — ordoncques — pâte à ballon — Avoir l’air d’un âne qui vole — Antenne 2 — Monaco — dispensaire.
Tout d’aborrd, j’ouvrre une parrenthèse avec un peu d’histoirre (si vous avez trop d’R, vous pouvez en enlever, de toute manière, je ne manque pas d’R.). Or donc, à la fin du XVIIe siècle à Naples, qui est la patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des opéras des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes étaient comme une parenthèse dans l’opéra principal et ont fini par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).
Ainsi, La Servante Maîtresse (La Serva Padrona) est un intermezzo de Pergolèse datant de 1733, qui a joué un rôle dans la querelle des bouffons. En effet, Rousseau, dont l’opéra le Devin du Village s’était fait démolir par Rameau, lui donnant l’air d’un âne qui vole, décréta que la seule vraie et bonne musique était la musique italienne, arguant que le français n’était pas une langue chantée. Que de carabistouilles de la part de notre philosophe genevois !
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Si l’opéra buffa a connu quelque fortune, les intermèdes ont à peu près disparu. On en retrouve la trace chez Mascagni dans son Cavalleria Rusticana (1890)
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ainsi que chez Richard Strauss, avec son opéra Intermezzo (1924).
Cliquez sur l’interlude de l’intermède
En 1935, Alban Berg place un interlude orchestral en forme de palindrome musical à l’exact milieu de son opéra Lulu (qui, soit dit en passant, se passe en partie dans un dispensaire).
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Une autre forme de parenthèse est l’incise, qui est une proposition insérée dans une phrase pour exprimer un détail de la pensée. Peut-être est-ce en pensant à Berg que son presque élève, Pierre Boulez, a écrit la pièce Incises, qui sera elle-même développée dans une autre pièce, Sur incises.
Jephté était un des douze juges d’Israël. Avant de combattre les Ammonites, Jephté fait le vœu (imprudent) d’offrir à Dieu la première personne qui viendrait à sa rencontre après la victoire. C’est sa fille Iphise qui se présente à lui, et Jephté se voit obligé de la sacrifier. Cette histoire nous rappelle celle du roi de Crête Idoménée qui, pour se sauver d’une tempête, fait le vœu de sacrifier à Poséidon la première personne qu’il rencontrerait en rentrant chez lui. Las, c’est son propre fils, Idamante, qui vient à sa rencontre, et Idoménée se voit obligé de le sacrifier. Comme pour Jephté, la légende d’Idoménée a été souvent portée à l’opéra, notamment par Campra et par Mozart.
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Mais revenons à Jephté. Carissimi écrit en 1648 un oratorio, l’Histoire de Jephté (Historia di Jephte).
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Moins connu est l’oratorio de Draghi, Historia di Jephte, créé à Vienne en 1687.
Après « Il pleure dans mon cœur », de Paul Verlaine, je vous propose ce mois-ci un poème de Maeterlinck, « Offrandes obscures », paru en 1887 dans le recueil Parnasse de la jeune Belgique.
(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
J’apporte mon mauvais ouvrage Analogue aux songes des morts, Et la lune éclaire l’orage
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Sur la faune de mes remords :
Sur la faune de mes remords :
Les serpents violets des rêves Qui s’enlacent dans mon sommeil, Mes désirs couronnés de glaives,
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Des lions noyés au soleil,
Des lys au fond des eaux lointaines Et des mains closes sans retour, Et les tiges rouges des haines Entre les deuils verts de l’amour
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Seigneur, ayez pitié du verbe !
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Laissez mes mornes oraisons Et la lune éparse dans l’herbe Faucher la nuit aux horizons.
Citations musicales :
La lune éclaire l’orage : Weber, le Freischütz, « scène de la gorge aux loups ».
Iphigénie est la fille d’Agamemnon, lui-même petit-fils de Tantale (celui du supplice). En tant que descendante de Tantale, elle est victime de la malédiction des Atrides, qui veut que ses descendants s’entretuent. C’est ainsi qu’elle doit être sacrifiée par son père Agamemnon pour apaiser la colère de Diane, et permettre ainsi aux Grecs de commencer la guerre de Troie.
La légende d’Iphigénie nous est parvenue par Euripide avec ses deux tragédies Iphigénie à Aulis et Iphigénie en Tauride.
En France, Racine écrit son Iphigénie en 1674, tragédie qui se déroule au moment du fameux sacrifice. C’est sur la base de cette pièce que Gluck écrit en 1774 son premier opéra pour Paris, Iphigénie en Aulide.
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En 1785, Ignace Pleyel écrit une Ifigenia in Aulide
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En 1788, cest Cherubini qui écrit son Ifigenia in Aulide.
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En Allemagne, c’est Goethe qui s’inspire du personnage d’Iphigénie dans son Iphigénie en Tauride (1779-1786), où l’on retrouve Iphigénie dix ans plus tard, au service de la déesse Diane qui l’a sauvée du sacrifice en la remplaçant par une biche et en la transportant dans un de ses temples, en Tauride.
Cette partie de l’histoire, qui avait déjà été mise en musique par Campra en 1704, sera également portée par Gluck en 1779 dans son Iphigénie en Tauride.
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En Espagne, José de Nebra écrit la zarzuela Iphigenia en Tracia (1747).
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Iphigénie en Tauride a été mis en musique en France par Piccinni en 1781
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et en Italie par Galuppi en 1768 et par Jomelli en 1771 et par Ignace Pleyel en 1785.
Comme beaucoup de grandes œuvres littéraires, la légende arthurienne a suscité son lot d’opéras au travers des siècles.
Arthur, Merlin, Viviane, Morgane, Lancelot. Ces noms font rêver, mais qui se cachaient derrière ces noms ?
Arthur était, au Ve siècle, roi de Bretagne. Une fois par an, il réunissait à sa cour les meilleurs chevaliers de son temps autour d’une table ronde, chacun étant là pour raconter ses exploits.
Le premier et le plus célèbre des opéras sur Arthur est certainement le King Arthur(1691) de Purcell.
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En France, Chausson a écrit un Roi Arthus (1886 – 1895).
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Marcel Samuel-Rousseau a écrit Le roi Arthur en 1903.
Arthur était marié à Guenièvre, qui le trompait avec Lancelot du lac. Plus tard, sur les conseils de son ami Merlin, Arthur transformera la fameuse table ronde pour en faire celle où les chevaliers, devenus protecteurs du Graal, se réunissaient une fois par an, pour célébrer le mystère pascal.
L’opéra le plus connu sur ce mystère pascal est le Parsifal (1877-1882) de Wagner, avec son préquel Lohengrin (1845-1848).
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Isaac ALBENIZ compose l’opéra Merlin en 1909.
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Hervé, rival et ami d’Offenbach, a écrit l’opérette Les Chevaliers de la Table ronde (1867).
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Arthur avait une sœur, ou une demi-sœur, selon les légendes : la fée Morgane (en italien Fata Morgana). Morgane avait été initiée à la magie par Viviane, une fée dont la beauté avait le pouvoir de déclencher l’amour même chez le plus sage des hommes. Un jour qu’elle se promenait dans la forêt de Brocéliande, elle croisa Merlin, en qui elle reconnut le plus sage des hommes. Elle manœuvra alors de manière à acquérir de celui-ci tous les secrets de sa magie.
À la fin du cycle arthurien, quand Arthur est mortellement blessé, Morgane l’emporte chez elle, sur l’île d’Avalon, une île à la frontière entre la Terre et le monde des morts.
Plus tard, Viviane, encore appelée la Dame du lac, enleva le jeune Lancelot à la mort du père de celui-ci et l’emporta au plus profond de son lac où elle l’éleva en science et en sagesse, faisant de lui un véritable chevalier. La fée Viviane a inspiré, via Walter Scott, La Dona del Lago (La Dame du lac) (1819) de Rossini et on retrouve la fée Morgane (Fata Morgana) dans l’Amour des trois oranges(1919) de Prokofiev.
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Dans le Roland furieux de l’Arioste, Morgana est la sœur de la magicienne Alcina et on la trouve naturellement dans la kyrielle d’opéras inspirés par ce roman, comme dans l’Alcina de Haendel.
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(Sources principales : Dictionnaire des personnages, éditions Robert Laffont, collection Bouquins, 1999.)