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Compositrices

Charlotte SOHY (1887-1955)

Charlotte Durey naît le 7 juillet 1887 à Paris dans un milieu aisé. Un de ses cousins, Louis Durey, fera partie du Groupe des Six.

Charlotte étudie à la Schola Cantorum auprès de Louis Vierne pour l’orgue et de Vincent d’Indy pour la composition. Là, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Marcel Labey, chef d’orchestre et compositeur avec qui ils auront sept enfants. Charlotte et Marcel organisent des concerts dans leur appartement.

Consciente qu’un nom féminin risquait de la desservir dans sa carrière, elle adopte le nom de son grand-père, Charles Sohy, pour signer ses compositions.

Cliquez sur la berceuse opus 1

En 1909-1910, Charlotte Sohy écrit sa Sonate pour piano, et en 1910 Trois Chants nostalgiques avec orchestre.

Cliquez sur la sonate pour piano

En 1912, elle écrit pour son mari le livret du drame lyrique Bérengère.

En 1912-1913, elle écrit la cantate les Quatre Rencontres de Bouddha et en 1914-1917 sa Symphonie, qui ne sera créée qu’un siècle plus tard, en 2019.

Cliquez sur la symphonie opus 10

De 1917 à 1921, Charlotte Sohy compose le drame lyrique l’Esclave couronnée, dont elle écrit le livret d’après Selma Lagerlöf. L’Esclave couronnée sera créé en 1949.

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Dans son catalogue relativement restreint, on peut encore noter une Danse mystique (1922) pour orchestre, le Trio pour violon, violoncelle et piano (1931), ainsi que deux quatuors à cordes en 1934 et 1949.

Cliquez sur le trio opus 24

Charlotte Sohy meurt le 18 décembre 1955 à l’âge de 68 ans.

(Source principale : la fiche biographique du site « Présence compositrices ».)

Divers

LES ÉCRIVAINS ALLEMANDS MIS EN MUSIQUE PAR DES COMPOSITEURS FRANÇAIS

Cet article est écrit pour illustrer une conférence que je donnerai en octobre prochain pour l’association Amitiés internationales de Lambersart, qui vise à rapprocher culturellement les villes jumelées avec Lambersart, soit Viersen en Allemagne et Southborough en Angleterre.

Dans ce cadre, je me suis intéressé aux écrivains allemands qui ont été mis en musique par des compositeurs français.

Des quatre écrivains dont je vais parler, Goethe est certainement le plus connu. Goethe naît à Francfort en 1749. En 1774, pour se guérir d’une passion amoureuse malheureuse, il écrit les Souffrances du jeune Werther. Werther sera mis en musique par Massenet.

Cliquez sur Werther

En 1777, Goethe écrit les livrets de deux opérettes, qui n’auront aucun succès. Surtout, en 1780, il rédige son premier livre de Faust. En France, Faust sera mis en musique par Berlioz avec la Damnation de Faust, et par Gounod.

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En 1797, Goethe écrit la ballade l’Apprenti sorcier, qui sera mpse en musique un siècle plus tard par Paul Dukas.

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En 1809, il écrit les Affinités électives, roman qui sera adapté par Ambroise Thomas sous le titre de Mignon.

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Goethe meurt en 1832.

Parmi les amis poètes de Goethe figurait Heinrich Schiller. Schiller naît en 1759. Chantre de l’amitié entre les peuples et de la libération de ceux-ci, Schiller se voit attribuer la nationalité française par la Révolution, en récompense de ses écrits en faveur de la liberté des peuples. Parmi ses pièces, on peut noter la Pucelle d’Orléans, sur Jeanne d’Arc qui boutera l’anglois hors de France, ou Guillaume Tell, ce héros qui se battra contre l’occupant autrichien. En 1829, l’Italien Rossini, installé à Paris depuis plusieurs années, écrit pour l’Opéra de Paris un Guillaume Tell inspiré de la pièce de Schiller.

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Schiller meurt en 1805.

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann naît en 1776. Il est connu aujourd’hui essentiellement par ses contes et nouvelles fantastiques, notamment le conte Casse-Noisette et le roi des souris (1816). Ce conte sera traduit par Alexandre Dumas en 1844, et c’est d’après la version de Dumas que Tchaïkovski écrira son ballet Casse-Noisette (1891).

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Une nouvelle, lHomme de sable (1817), a inspiré Delibes pour son ballet Coppélia.

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Le principal apport d’Hoffmann dans le monde de l’opéra français est le seul opéra « sérieux », de Jacques Offenbach, les contes d’Hoffmann. Offenbach, né en 1819 à Cologne, vient vite travailler à Paris ; il se fera d’ailleurs naturaliser français en 1860. Les contes d’Hoffmann met en scène le poète Hoffmann, partagé entre l’amour des femmes et sa muse, la poésie.

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Heinrich Heine est né en 1797 à Düsseldorf. En 1831, las des tracasseries administratives que sa situation de Juif lui vaut, il part en France et s’installe à Paris où il fréquente les salons, y rencontrant Berlioz, Chopin, Sand ou Dumas. Il francise son prénom et se fait appeler Henri. Comme Beethoven, il admire le Napoléon d’avant le coup d’État de brumaire. On trouve des traces de cet engouement dans le poème die Beide Grenadieren (les deux Grenadiers), qui sera mis en musique par Robert Schumann (avec citation de la Marseillaise) et par Wagner (en français !) Heine écrit une nouvelle qui inspirera Wagner, en route pour Paris, pour son fliegende Höllander (le Vaisseau fantôme).

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Compositrices, Mes opéras préférés

LA MONTAGNE NOIRE (1885)

La Montagne noire est le quatrième opéra d’Augusta Holmès, et le seul à avoir été représenté sur scène. Écrit en 1885, il est proposé par Augusta Holmès à l’Opéra-Comique qui le refuse, l’effectif orchestral et vocal dépassant les capacités de la salle Favart. C’est finalement au palais Garnier que la Montagne noire est créé le 8 février 1895. Si la critique a descendu l’œuvre, le public, lui, l’a appréciée. La Montagne noire quittera rapidement l’affiche, et il faudra attendre 2024 pour une reprise à l’Opéra de Dortmund, avant celle de l’Opéra de Bordeaux en 2026, soit 131 ans après les représentations de la création.

La montagne noire dont il est question ici est le Monte Negro, et l’action se passe au moment où chrétiens et Turcs se battent pour le pouvoir sur cette région.

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Acte I (acte héroïque) : Dans un village du Monténégro, les femmes prient pour le retour victorieux des hommes partis au combat. Helena attend ainsi Mirko, le chef de l’armée. Alors qu’Helena pense à son amour avec Mirko, Dara, la mère de celui-ci ne pense qu’à son honneur.

Les soldats vainqueurs font une entrée triomphale, et Mirko et Aslar, qui se sont aidés pendant les combats, se jurent une amitié éternelle, bénie par le père Sava.

Ces réjouissances sont interrompues par l’arrivée d’une Turque, Yamina, amenée de force par la troupe. Mirko, qui est troublé par son charme, demande à sa mère de la prendre comme esclave à son service pour la sauver du courroux du peuple.

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Pendant le banquet qui célèbre le retour victorieux des combattants, Mirko ne pense qu’à Yamina, ne s’occupant pas de sa femme Helena.

Acte II : La garnison défend le village contre un retour de l’ennemi. Mirko n’a pas la tête à son devoir, obsédé qu’il est par le souvenir de Yamina. Il voit les femmes du village au travail, menées par Dara et Helena qui critiquent le travail de Yamina. Yamina se plaint de sa nouvelle condition, affirmant que chez elle, les femmes n’ont pas à se soumettre aux hommes, et qu’elle-même a le pouvoir de les envoûter (Air : « Près des flots d’une mer bleue. ».)

Helena, voyant son mari, craint que ses sentiments pour elle n’aient disparus. Mirko la rassure et renouvelle ses vœux de mariage. Yamina, qui a assisté à la scène, entreprend d’envoûter Mirko. Elle parvient à ses fins et le convainc de quitter son village pour la suivre de l’autre côté de la montagne (noire), en Turquie. Mirko finit par accepter, sous les yeux de sa femme qui assiste ainsi à sa double trahison.

Acte III : Mirko et Yamina, épuisés, font une halte (Duo nocturne : « Repose-toi sur mon bras qui t’enlace. »). La jeune femme s’assoupit sur son amant quand Aslar les rejoint. L’ami Aslar les a suivis et tente de faire entendre raison à Mirko. Celui-ci reprend ses esprits et est prêt à rentrer chez lui quand Yamina se réveille. Elle se sert encore de ses charmes et Mirko change à nouveau d’avis, voulant la suivre, elle. Aslar et Mirko se battent en duel quand Yamina, se saisissant du poignard de Mirko, frappe Aslar qui s’écroule au sol.

Les soldats chrétiens arrivent, et Aslar sauve l’honneur de son ami en accusant Yamina, qui s’enfuit en jurant de se venger.

Acte IV : Mirko et Yamina ont trouvé refuge en Turquie où ils vivent, enivrés de vin et d’amour.

Aslar les retrouve une nouvelle fois, cherchant toujours à sauver l’honneur de son ami, mais Mirko est bien trop attachée à Yamina. Aslar finit par tuer son ami, avant de se suicider.

Alors que l’armée monténégrine a battu les Turcs, ils trouvent sur le chemin le corps des deux amis, réunis dans la mort. Le père Sava bénit cette amitié sacrée.

(Source principale : les représentations de Bordeaux en mai 2026, et le programme associé.)

Cliquez sur l’interview du chef d’orchestre
Divers

LES SOIRÉES BAROQUES DE MONFLANQUIN 2026

Cette année, le festival de musique baroque de Monflanquin célèbre son XXVe anniversaire, et à cette occasion met les petits plats dans les grands avec un programme Splendeurs baroques, un florilège d’œuvres baroques majeures. Il se terminera avec deux concerts où le chœur, qui aura travaillé les partitions pendant le stage, sera accompagné de solistes (Sophie Pattey, Jean-Laurent Coëzi,…), et de l’ensemble orchestral les Passions de Montauban sous la direction de Jacques Charpentier et Pierre Goumare.

Au programme :

Haendel : Coronation AnthemsZadok the priest et extrait du Dixit Dominus

Purcell : Extraits de King Arthur

Cliquez sur l’extrait de King Arthur

Vivaldi : Extrait du Magnificat

J.-S. Bach : extraits de la Messe en Si et du Magnificat

Cliquez sur le Magnificat

Charpentier (Marc-Antoine, pas Jacques) : Te Deum

Cliquez sur le Te Deum

Pachelbel : Canon.

Cliquez sur le célébrissime Canon

Buxtehude : Alleluia

Cliquez sur l’Alleluia

Zelenka : Miserere

Cliquez sur le Miserere

Carissimi : Jephte

Cliquez sur Jephte

Lully : Exaudiat te Dominus (extrait) et Marche pour la cérémonie des Turcs.

et plein d’autres surprises.

Cliquez sur le point d’interrogation si vous aimez les surprises

Trouvez ici toute la programmation du festival.

Si vous passez à Monflanquin les 30 ou 31 juillet, n’hésitez pas à venir nous écouter, nous vous attendons.

Mes opéras préférés, Mythologie, Philosophie

SATYAGRAHA, de Philip GLASS (1980)

Satyagraha est un opéra en trois actes de Philip Glass. Le livret, rédigé en sanscrit, est de Constance de Jong, d’après la Bhagavad-Gita. Satyagraha a été créé à Rotterdam le 5 septembre 1980. C’est le deuxième de la trilogie des grands penseurs qui ont changé le monde, après Einstein on the beach (1976) et avant Akhnaten (1984).

Satyagraha vient du mot sanscrit qui signifie « la force véritable » et s’inspire des années que Gandhi a passées en Afrique du Sud dans sa jeunesse, où il a commencé à élaborer sa théorie de la non-violence. Le premier acte est placé sous la figure tutélaire de Tolstoï, le second sur celle du poète indien Rabindranath Tagore et le troisième sur celle de Martin Luther King.

La Bhagavad Gita est extraite du Mahabharata, vaste épopée/cosmogonie hindoue plurimillénaire, qui relate la guerre entre les clans des cousins germains Pandava et Kaurava. On peut dire que le Mahabharata est pour l’Inde ce que le Livre du Graal est à l’occident chrétien ou les Mille et une nuits au monde arabo-persan.

Cliquez sur l’image pour avoir un résumé (!) du Mahabharata

Acte I : Tolstoï

Scène 1 : On the Kuru Field of Justice. La bataille de Kuru est un épisode de la Bhagavad Gita relatant la bataille entre les Kuruva et les Pandava. Le dieu Ganghi échange avec Krishna et Arjuna sur le dilemme entre combattre par honneur ou ne pas combattre pour accéder au paradis.

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Scène 2 : La ferme de Tolstoï. Dans la ferme de Tolstoï (avec qui Gandhi a échangé une correspondance pendant des années), on découvre les Satyagrahas, une communauté pacifiste. Il faut se détacher du désir dans l’action pour avoir une vie morale.

Scène 3 : Le Vœu. En 1906, les Indiens d’Afrique du Sud sont obligés de se faire enregistrer, alors qu’une loi restreignait leur liberté de déplacement dans le pays.

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Acte II : Tagore

Scène 1 : Confrontation and rescue. En 1896, Gandhi rendait compte dans les journaux des conditions de vie de ses compatriotes. Il est menacé et pris à partie par les Afrikaners.

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Scène 2. Indian opinion. Indian opinion est le nom d’un journal fondé par Gandhi où il dénonçait le racisme des Afrikaners vis-à-vis des Indiens et des Noirs.

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Scène 3 : Protest. En 1908, en signe de protestation, les Indiens brûlent leurs papiers d’identité.

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Acte III : (scène unique) Cette scène fait référence à une grande marche de Martin Luther King en 1913, et fait la part belle au chœur et à un ensemble de six solistes. Le Seigneur renaît, âge après âge, au cours du temps, pour protéger le bien et repousser le mal.

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(Sources principales, les représentations de l’Opéra de Paris en 2026, et le programme associé.)

Divers

PRÉSENTATION DE LA SAISON 2026-2027 DE L’OPÉRA DE LILLE

© Ayse Yavas

Ce 11 mai 2026, Barbara Eckle, la directrice de l’Opéra de Lille, a présenté la saison 2026-2027 de sa maison d’opéra. Comme la saison précédente, elle est bâtie sur quatre « constellations », avec un fil conducteur assez large : « appartenir ou ne pas appartenir à une société, à un groupe », et quelle est la place de ceux qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas, y appartenir.

La première constellation, automne, est articulée autour de l’opéra baroque Alcina, de Haendel. La metteuse en scène, Ewelina Marciniak, s’est posé la question : quelle serait la place d’Alcina dans la société d’aujourd’hui ? Sa réponse : une femme qui vit ses désirs. À noter la présence de Karine Deshayes dans le rôle d’Alcina et le retour du Concert d’Astrée et d’Emanuelle Haïm.

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La danse sera présente avec la performance Androgynous, portrait of a naked dancer, d’après la performeuse Anita Berber, sans doute la première femme à s’être donnée en spectacle nue, dans le Berlin des années 1920.

Le concert sur scène sera consacré à la Nuit transfigurée de Schönberg, avec un contrepoint féministe en écho : Forklaret nat, de Patricia Allessandrini. Également au programme : le quatuor à cordes de Debussy. Et pour les enfants, le Big Bang des enfants.

La deuxième constellation, hiver, s’articule sur Mars, un opéra de l’Irlandaise Jennifer Walshe créé en 2025 à Galway, en Irlande. L’action se passe dans un vaisseau spatial en route vers Mars, afin de trouver une solution pour sauver l’humanité.

La danse sera axée autour du hip-hop, avec Témoin. À voir également la finale internationale des hip-hop Games.

Deux concerts intéressants, dont un concert théâtralisé de la grande Ermonela Jaho autour d’extraits d’opéras véristes, et les Six épigraphes antiques de Debussy, et un concert pour deux pianos autour de l’exil, Échos de l’exil, avec au programme Bartok, Chopin et Liszt, et une création mondiale Where Worlds are born (A Dedication to the cosmos) du l’Ukrainien Dmytro Malyi.

La troisième constellation, printemps, nous transporte en Argentine, sur le thème de la passion.

L’opéra de cette constellation est l’opéra-tango d’Astor Piazzolla Maria de Buenos Aires, avec Stéphanie d’Oustrac. À noter également deux concerts de milonga, cette musique typiquement argentine célébrée par Jorge Luis Borges.

La danse sera the Hunger, ballet qui nous entraîne en Amérique du Sud en 1515, avec l’histoire d’un jeune européen adopté par une tribu d’indigènes qui, libéré dix ans plus tard par ses compatriotes espagnols, ne saura plus à quel monde il appartient.

Le concert en salle Au cœur de lobscurité nous fera entendre des Leçons de ténèbres de Couperin et Charpentier. On se souvient que les Leçons de ténèbres sont un genre musical sur la Passion du Christ, jouées pendant la Semaine sainte.

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Pour les jeunes et les familles, on retrouvera les Opéra Games.

La quatrième constellation, été, axée autour de la ville de Venise aura pour fil conducteur les mises en tension entre réussite, intégration et exclusion. L’opéra sera, presque évidemment, Otello de Verdi puisque malgré ses succès militaires, le général maure Otello ne parviendra jamais à intégrer la société vénitienne.

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La danse sera représentée par Cinq jours au soleil, un ballet construit sur les cinq mouvements de la Cinquième symphonie de Mahler.

Le concert nous fera voyager entre Mantoue et Venise, avec des œuvres de Rossi, Cavalli et Vivaldi.

À noter également l’opéra itinérant qui sera cette année une comédie madrigalesque de 1605, Barca di Venetia per Padova.

Et la partie jeunesse verra les « journées Finoreille », qui permettront à 350 jeunes de la région lilloise de venir chanter les œuvres travaillées durant toute l’année sur la grande scène de l’opéra.

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LA MUSIQUE CLASSIQUE DANS LA PUB (15e SÉRIE)

L’imagination des réclamiers pour se servir de la musique classique afin de nous vendre toutes sortes de produits étant sans limites, voici une nouvelle série de ces réclames. (Bon, j’ai l’air caustique en écrivant ça, mais certaines de ces pubs sont vraiment très belles !)

Beethoven Hymne à la joie déformé dans une pub pour Suzuki Swift

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Chopin Valse opus 69 n° 1 pub pour Volkswagen T-ROC

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Fauré Requiem Pub pour Alpine

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Offenbach Galop Pub pour Enterprise

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Mozart 40e symphonie Pub pour Geoxx Fast In.

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Rossini Ouverture de Guillaume Tell Pub pour Midas

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Pierre Henry Messe pour le temps présent (Psyché Rock) pub pour Renault Mégane E-tech

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Le grand choral écrit par George Delerue pour la Nuit américiane de Truffaut a servi au moins deux fois à nos amis réclamiers.

Une fois pour le Renault Master

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Et une fois pour la fondation pour la recherche cardio vasculaire

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Haendel Sarabande pub pour Grand frais

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Compositeurs

Philip GLASS (né en 1937)

Philip Glass est né le 31 janvier 1937 à Baltimore. Il est diplômé de l’Université de Chicago et poursuit ses études à la prestigieuse Juilliard School de New York.

En 1964, Philip Glass bénéficie d’une bourse qui lui permet d’aller à Paris, où il suit pendant deux ans les cours de Nadia Boulanger. Il gagne sa vie en transcrivant en notation occidentale les musiques indiennes de Ravi Shankar. À Paris, il rencontre Samuel Beckett pour qui il compose la musique de Play (Music for Play, 1965).

En 1967, après un séjour en Inde, il revient à New York où, en 1968, il fonde avec son compère Steve Reich le Philip Glass Ensemble pour lequel il écrit un certain nombre d’œuvres dites minimalistes. Le minimalisme consiste en la répétition de cellules mélodiques ou rythmiques, qui se déforment lentement avec le temps, provoquant ainsi chez l’auditeur une sorte d’envoûtement.

En 1976, Philip Glass écrit le premier volet d’une trilogie consacrée à des figures qui ont transformé le monde par la force de leurs idées, Einstein on the Beach. Le deuxième volet sera Satyagraha (1980), consacré à la figure de l’apôtre de la non-violence, Gandhi, et le troisième volet, Akhnaten (1984), à la figure du pharaon Akhénaton.

Cliquez sur Ghandi
Cliquez sur Akhenaton

Vous pouvez trouver une présentation de Akhnaten sur l’excellent blog de Sergio Belluz.

En 1978, c’est Edgar Allan Poe qu’il met en musique, avec la Chute de la maison Usher.

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En 1988, Glass écrit le quatuor Different trains en se remémorant les longs voyages en train qu’il faisait entre New York et Los Angeles.

Philp Glass écrit en tout une trentaine d’opéras, dont une « trilogie Cocteau » constituée d’Orphée (1993), la Belle et la Bête (1994), et Les Enfants terribles (1996).

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En 1992, Philip Glass écrit, à l’occasion du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique, the Voyager, qui est créé au MET.

En 2013, on crée the Perfect American, sur les dernières années de la vie de Walt Disney.

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Outre ses opéras, Philip Glass a écrit de la musique de chambre, des œuvres pour piano, des symphonies, ainsi que des musiques de film (the Truman show [1998], the Hours [2002])

(Source principale : le site de la Philharmonie de Paris).

Cinéma, Mes opéras préférés

SOLARIS, de LOUATI et PERCONTE (2026)

Solaris, musique d‘Othman Louati sur un livret de Jacques Perconte, est un vidéopéra créé à Roubaix le 29 avril 2026. Jacques Perconte est également l’auteur des vidéos projetés pendant le spectacle, vidéos qui sont partie intégrante de ce vidéopéra.

Il s’agit d’une adaptation du roman de science-fiction éponyme de Stanislas Lem (1961), et surtout de l’adaptation qu’en a faite le cinéaste Andreï Tarkovski en 1972. L’œuvre est écrite pour un petit ensemble de solistes (ensemble Miroirs étendus à la création) et une soliste qui joue les rôles de narratrice et d’héroïne, alternant les parties parlées, voire chuchotées, et les parties chantées (Victoire Bunel à la création).

Le dispositif scénique est celui d’un ciné-opéra, avec les projections vidéo de Jacques Perconte sur un écran, et les musiciens placés en dessous qui jouent et chantent en direct sur la vidéo. La narration se fait par le biais des sous-titres projetés.

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Synopsis : Ce qui suit ne se veut pas un déroulé linéaire de l’histoire. Le livret de Jacques Perconte peut être assimilé à un long poème aussi mystique que symbolique, et il serait vain de vouloir « expliquer » ce poème. Il s’agit donc ici d’un guide de la trame de l’histoire. En écoutant le spectacle, j’ai plusieurs fois cru sentir un aspect rimbaldien dans le texte de Jacques Perconte, notamment en retrouvant des thèmes du Bateau ivre ou du Sonnet des voyelles. En relisant le texte à tête reposée, j’y ai retrouvé ces analogies.

Monde : Une sonde spatiale soviétique lancée vers Mars s’est perdue dans l’espace. Plusieurs décennies plus tard, elle émet de curieux signaux du plus profond de l’espace. L’analyse de ces signaux montre qu’il s’agit d’une rencontre avec la planète Solaris.

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Solaris est une planète orbitant autour de deux soleils, entièrement recouverte d’un océan protoplasmique, avec des îles changeant de forme, et qui semble abriter une forme de vie. Très vite, les scientifiques pensent qu’ils sont en présence d’une intelligence, et cette découverte lance la solaristique, l’étude scientifique de la planète Solaris. Des expéditions sont alors montées pour explorer la planète.

Devant le manque de réponses de la planète, les scientifiques de l’expédition finissent par bombarder la planète de rayons gamma, provoquant une explosion nucléaire. La planète continue à se taire, mais les scientifiques commencent à sentir d’étranges symptômes.

Le conseil scientifique de la Terre fait alors revenir un des astronautes, Burton, mais à son retour, celui-ci fait état d’une rencontre mystique avec la planète. Les scientifiques de la mission ont eu d’étranges visions sur Solaris, allant même jusqu’à retrouver vivants leurs frères, leurs amis, leurs enfants morts. Ils pensent que la planète essayait ainsi d’entrer en contact avec eux.

Le conseil scientifique décide alors d’envoyer un psychologue, Chris Kelvin, sur la station pour s’occuper des derniers membres d’équipage restants. Très vite, Kelvin sent une présence, jusqu’à ce qu’un jour sa femme, Harey, qui s’était suicidée, lui apparaisse.

Infini

Nouveau monde : La mission suivante fut menée par l’armée, qui a découvert une planète entièrement submergée par des pluies diluviennes. Des exhalaisons gazeuses remontaient du fond de l’océan, formées d’hélium, d’hydrogène et de xénon. Le potentiel énergétique de ce mélange, appelé TriaXen, éveilla l’intérêt des terriens, qui se mirent à exploiter les ressources de Solaris.

Solaris Eldorado : Les terriens exploitent donc les ressources de la planète Solaris, mais un étrange mal, la fièvre bleue, prenait les humains au bout de quelques jours.

Solaris : Hélène Aurel, une jeune scientifique, fait le voyage vers Solaris. Hélène a toujours eu le sentiment d’un univers en elle et, dans son long voyage, elle s’imprègne des rapports de ceux qui l’ont précédé. Elle passe ainsi de son « vaisseau de chair » au vaisseau spatial et sent en elle une autre femme, jumelle, avec qui elle fusionne.

Solaris : À son arrivée sur la planète, Hélène est surprise par la présence d’oiseaux, alors que tout le monde lui dit qu’il n’y a jamais eu d’oiseaux sur Solaris. Petit à petit, la rencontre entre Hélène et Solaris se transforme en une symbiose entre les deux formes de vie, Hélène subit une transmutation, comme par quelque procédé alchimique, en fusionnant avec la planète. L’infiniment petit se confond avec l’infiniment grand, et le microcosme au macrocosme. (L’aspect alchimique figure très clairement dans le livret, notamment par la litanie des métaux, le plomb, l’étain, le fer, le cuivre, le mercure, l’argent, l’or, ou des couleurs, plasma, orange saturé, particules, rouge violacé, poussières, argent froid, outremer, indigo, noir…)

Hélène se retrouve sur une des îles de Solaris, vivant simultanément tous les âges de sa vie, en compagnie d’Harey.

Épilogue : Je suis le mystère.

(Source principale : la création le 29 avril 2026 à la condition publique de Roubaix, et le livret.)

Victoire Bunel, Othman Louati et Jacques Perconte
littérature, Poésie

« ÉTUDE EN DE MINEUR », de Jean TARDIEU

Après « Ses purs ongles très haut dédiant leur inox », de Mallarmuche, je vous propose ce mois-ci un autre poème, de Jean Tardieu, « Étude en de mineur », paru en 1951 dans le recueil Monsieur Monsieur.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Le ciel était de nuit

la nuit était de plainte

la plainte était despoir,

Les yeux étaient de lèvres

les lèvres étaient daube

la source était de neige

Cliquez sur la blanche neige

Ma vie était de flamme

ma flamme était de fleuve

le fleuve était de bronze

Cliquez sur l’image

le bronze était daiguille

l’aiguille était d’horloge

l’horloge était d’hier :

Cliquez sur l’horloge

elle est de maintenant.

Maintenant est de terre

maintenant est de pierre

maintenant est de pluie.

Cliquez sur les jeux d’eau (sous la pluie)

Ma rive est de silence

mes mains sont de feuillage

Cliquez sur l’image

ma mémoire est doubli.

Citations musicales :

de neige : Francis Poulenc Sept chansons « la blanche neige »

de bronze : Hector Berlioz Benvenuto Cellini scène de la fonte de la statue « Du métal ! du métal ! »

l’horloge : Ravel L’Enfant et les sortilèges l’horloge (Ding, ding, ding)

de pluie : Maurice Ravel Jeux d’eau

mes mains sont de feuillage : Sivan Eldar Like flesh  » Comportement du bois «