Écrivains, littérature, Poésie, Théâtre

Edmond ROSTAND (1868 – 1918)

Edmond ROSTAND naît à Marseille le 1er avril 1868. Issu d’une famille riche, il passe les premières années de sa vie à Marseille, puis à Bagnères-de-Luchon. Après de brillantes études à Marseille, puis à Paris, son père lui fait suivre des études de droit. Une fois sa licence en poche, Edmond se tourne vers l’écriture et la poésie.

En 1890, il se marie avec la poétesse Rosemonde GÉRARD, qui aura MASSENET comme témoin à son mariage. Ils auront deux fils, Maurice né en 1891 et Jean né en 1894. Jean Rostand se fera un nom dans le domaine de la biologie.

Edmond commence sa carrière littéraire par différentes pièces de poésie, dont l’Ode à la musique (1890) qui sera mise en musique par CHABRIER.

Chabrier - Rostand Ode à la musiqueCliquez sur l’image

En 1894, il réussit à faire jouer la pièce les Romanesques à la Comédie-Française. Peu connue en France, elle est très populaire dans les pays anglo-saxons, et a fait l’objet en 1960 d’une comédie musicale sous le nom The Fantasticks ! La musique en est de SCHMIDT et les paroles de Tom JONES.

Rostand The FantasticksCliquez sur l’image, il se pourrait que vous reconnaissiez un air qui a servi pour la réclame d’un café

En 1895, c’est la Princesse lointaine, dont une version lyrique de WITKOWSKI sera créée à l’Opéra de Paris en 1934.

Suivront, pour les succès, la Samaritaine (1897), Cyrano de Bergerac (1897) et l’Aiglon (1900).

La Samaritaine fera l’objet d’une adaptation par Max d’OLLONE en 1929, créée à l’Opéra-Comique en 1937.

Cyrano de Bergerac fera l’objet d’un opéra d’ALFANO en 1936. (Alfano est le compositeur qui a terminé Turandot, œuvre restée inachevée à la mort de PUCCINI.)

Alfano (Rostand) Cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano

Ils se mettront à deux, IBERT et HONEGGER pour adapter l’Aiglon, en 1937.

Honegger Ibert (Rostand) l'AiglonCliquez sur l’image

En 1901, Rostand est élu à l’Académie française.

En 1910, il fait jouer sa dernière pièce : Chanteclerc. Celle-ci, qui met en scène des animaux ne rencontre pas les succès éclatants qu’ont connus Cyrano et de l’Aiglon.

Rostand meurt de la grippe espagnole à Paris le 2 décembre 1918.

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Cinéma, Géographie, histoire, opéra russe, Politique

UKRAINE – RUSSIE, QUAND MOUSSORGSKI NOUS DONNE UNE LECON DE GÉOPOLITIQUE

La récente agression de l’Ukraine par l’armée russe nous a désemparés et sidérés. C’est pourtant un classique de l’histoire que ces annexions de pays voisins par l’ogre russe, que MOUSSORGSKI aborde par deux fois dans ses opéras, Boris Godounov et la Khovantchina.

Dans Boris Godounov, c’est à la frontière avec la Lituanie que se passe le tableau central, quand Grigori pourchassé par la police du tsar cherche à passer cette frontière pour échapper à la police. (Rappel Boris Godounov se passe vers 1600.)

Moussorgski Boris Godounov prologue scene 1Cliquez sur le peuple russe se lamentant sur son triste sort

Dans la Khovantchina, les troubles intérieurs à la Russie fomentés par la politique du tsar Pierre le Grand en 1682 ont des répercussions sur les peuples satellites, tatars ou ukrainiens. Ainsi au début du second acte, le prince Golitsine se glorifie-t-il d’avoir « abattus les Polonais pleins de morgue, et arrachés de la gueule des Ukrainiens avides les terres où l’histoire (de la Russie) est née ».

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur l’image

Pour savoir se qui s’est passé dans ces régions, je vous propose d’aller visiter le site de John Duff, l’éminent vexillologue. https://touslesdrapeaux.xyz/ukraine.html. Il nous rappelle que l’actuel drapeau bleu et jaune vient de l’Etmanat cosaque qui de 1649 à 1764 s’est battu contre ses puissants voisins, avant de n’être absorbé dans l’empire russe qu’en 1764. Mais avant cette période, il y avait un pouvoir très important à l’époque de la Pologne Lituanie, vaste région qui s’étendait sur les actuels pays baltes, la Pologne et l’Ukraine. Ce bloc coupait (déjà) l’accès aux principaux ports à la Russie, vaste bloc continental.

Dans ses Tableaux d’une exposition, un des plus beaux tableaux (mais ils sont tous beaux) est « la grande porte de Kiev ».

Moussorgski Tableaux d'une exposition la grande porte de KievCliquez sur la pianiste

La Symphonie n°2 de TCHAÏKOVSKI est aussi surnommée « Petite Russie » comme on appelait aussi l’Ukraine à cette époque. Elle porte ce surnom car Tchaïkovski y a incorporé plusieurs mélodies du folklore ukrainien.

Tchaïkovski Symphonie n°2 petite RussieCliquez sur l’orchestre

PROKOFIEV est né en Ukraine, et la célèbre marche de l’Amour des trois oranges a certainement des origines folkloriques ukrainiennes.

Prokofiev 3 oranges marcheCliquez sur l’image

En 1938, il signe la musique d’Alexandre Nevski, un film d’EISENSTEIN commandé par STALINE évoquant la force du peuple russe se défendant contre le danger nazi. L’histoire se passe à l’époque du prince Alexandre Nevski qui écrase la coalition des Teutons et des Livoniens, la Livonie correspondant peu ou prou à l’Ukraine de l’époque. Mais autant l’Histoire nous aide à comprendre ces efforts pour battre les nazis, autant la rhétorique du président démocratiquement élu de la Russie actuelle, justifiant l’intervention de son armée pour « dénazifier » l’Ukraine, est nauséabonde et révoltante.


Prokofiev Alexandre Nevski
Cliquez sur l’image

Et puis, puisque je suis en Ukraine aujourd’hui, ce sera l’occasion aussi de vous parler de Rheinhold GLIERE (1874-1956), important compositeur ukrainien pas très connu chez nous, malgré une production relativement intéressante.

Glière concerto pour harpe mvt 1Cliquez sur l’image

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Divers

ILS OU ELLES ONT JOUÉ DU CLASSIQUE (5e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas d’interpréter des airs dits classiques. Après la quatrième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

Jimmy PAGE CHOPIN Prélude n° 4

Jimmy Chopin page prélude n 4Cliquez sur Jimmy Chopin

J.-S.BACH Tocatta et fugue Sinfonity

J.S.Bach Sinfonity Toccata et fugueCliquez sur Jean-Sébastien Sinfonicity

BEETHOVEN Deep Purple 9e Symphonie

Beethoven Deep Purple 9e symphonieCliquez sur Deep Beethoven Purple

Peter Ustinov cantate de BACH : (avec l’aimable participation de Julie les mots https://wordpress.com/read/blogs/62080455/posts/19278#comment-11978 )

Bach - Ustinov cantateCliquez sur l’image

Sandra NKAKÉ interprète FAURÉ.

Fauré Après un rêve (Sandra Nkaké)Cliquez sur Gabriel Nkaké

Et trouvé sur le site de « Nemo auditur« , ce plagiat du Canon de Palchelbel.

Pachelbel Marron 5 Canon MemoriesCliquez sur le Canon Memories de Pachelbel Canon 5

Lara Fabian « Adio del passato » (oreilles sensibles s’abstenir).

Verdi Traviata Adio del Passato (Lara Fabian)Cliquez sur l’image

Et puisque je vous parlais il n’y a guère de GRIEG, il y a cette version de la « Chanson de Solveig » interprétée par Jane BIRKIN.

Grieg Peer Gynt Birkin Lost songCliquez sur Edvard Birkin

Compositeurs

EDVARD GRIEG (1843-1907)

Edvard GRIEG naît le15 juin 1843 à Bergen, en Norvège. Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons de musique quand il a 5 ans, et il entreprend sa première composition à 9 ans.

En 1858, il part à Leipzig pour étudier au conservatoire de cette ville, où il reste 3 ans. Il n’est pourtant pas entièrement satisfait par ces études, trop « académiques ». C’est là qu’il a l’occasion, entre autres, d’entendre le concerto de piano de Robert SCHUMANN, interprété par sa femme Clara, elle-même compositrice et virtuose.

En 1862, il donne son premier concert à Bergen.

En 1863, il part à Copenhague où il rencontre Niels GADE et surtout Rikard NORDRAAK, qui lui fait découvrir les chants populaires du Nord. Il comprend alors qu’il doit se détacher de ses influences académiques pour se tourner vers une musique plus proche de ses racines nordiques. Il faut se souvenir qu’on est dans ces années dans une période extrêmement intéressante d’éveil des écoles nationales, où chaque peuple ou nation cherche à se soustraire à l’influence franco-italienne (puis germanique), pour retrouver ses propres racines musicales.

En 1867, il se marie avec une de ses cousines. En 1869, c’est la mort de leur fille unique, à l’âge de 18 mois.

1867 est aussi l’année où il s’installe à Oslo et fonde l’Académie norvégienne de musique. C’est le début pour lui d’une abondante production musicale avec les Humoresques pour piano, son concerto pour piano ainsi que des mélodies norvégiennes. (À titre personnel, j’entends dans le concerto de Grieg des réminiscences de celui de Schumann, peut-être parce qu’ils sont écrits dans la même tonalité.)

Grieg Concerto pour pianoCliquez sur la pianiste

À l’hiver 1869-1870, il fait un séjour à Rome où il encontre l’incontournable LISZT, qui l’encourage dans la voie qu’il s’est tracée.

En 1872, l’État norvégien lui assure une rente, ce qui lui permet de composer librement.

En 1875, il écrit pour le dramaturge IBSEN une musique de scène pour sa pièce Peer Gynt, sans doute sa partition la plus connue.

Grieg Peer Gynt chanson de SolveigCliquez sur la soprano norvégienne

En 1878, il compose l’opéra Sigurd Josalfar, mais l’échec de cette œuvre lui fait abandonner tout espoir d’écrire un opéra national norvégien.

Grieg Sigurd JorsalfarCliquez sur l’image

Parmi ses compositions figurent de nombreuses pièces pour piano, des mélodies (norvégiennes) et de la musique de chambre, dont trois sonates pour piano et violon. Si les deux premières restent relativement classiques, la troisième datant de 1886-1887 me semble beaucoup plus inspirée (mais les deux autres sont très bien aussi).

Grieg sonate piano violon n° 3Cliquez sur le violoniste et le pianiste

J’aime bien aussi la suite Holberg, pour orchestre à cordes.

Grieg suite HolbergCliquez sur l’orchestre à cordes

Edvard Grieg meurt de la tuberculose le 4 septembre 1907, à l’âge de 64 ans.

Et si vous voulez un peu plus de musique de Grieg, cliquez donc sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un peu plus de musique de Grieg (vous ne devriez pas le regretter

Maria Callas, Oulipo, Poésie

TOUJOURS DES HAÏKUS (5e série)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise qui se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de respectivement cinq, sept et cinq pieds.

Je propose régulièrement des haïkaïs mis en musique, les idées évoquées dans le poème étant illustrées par des idées musicales qui me viennent en le lisant.

Opéra mystique

C’est : Dialogue des Carmélites

Bernanos, Poulenc.

Poulenc Dialogue des Carmélites Salve ReginaCliquez sur l’image

Opéra biblique

C’est : Samson et Dalila

de Camille Saint-Saëns.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur l’image

Sur un haïkaï d’Ada : Bach – Concerto en do mineur, BWV 981 ‹ pour une seule note ‹ Reader — WordPress.com

Sous les pas de Bach,
Les feuilles mortes se poussent ;
La voie est offerte.

Bach Concerto en ut mineur BWV 981Cliquez sur la voie jonchée de feuilles mortes

Sur un haïkaï de Régis : Divers Haïkus d’hiver ‹ Maux & Cris ‹ Reader — WordPress.com

Des pas dans la neige

Une histoire est passée là

Rien n’en restera.

Debussy Des pas sur la neigeCliquez sur le pianiste

Sur un haïkaï de Tim : Deux amants assis – Haïku trilingue ‹ Le Mot Sensible ‹ Reader — WordPress.com

La terre, l’eau, le ciel –

Deux amants sont assis là

Sur le bord du lac.

Rossini la Dame du lac Cielo ! in qual estasiCliquez sur l’image

Sur un haïkaï de Solène : AINSI FONT… | EN VERS ET CONTRE TOUT (wordpress.com)

Les oiseaux de mer
sont ivres de liberté
dans le bleu du ciel

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image

Citations musicales :

Dialogues des Carmélites, de POULENC, « Salve Regina » final.

Samson et Dalila de SAINT-SAËNS, « Printemps qui commence ».

Les feuilles mortes : J.-S. BACH Concerto en ut mineur BWV 981.

Des pas dans la neige : DEBUSSY Des pas sur la neige.

le bord du lac : ROSSINI La Dame du lac.

ivres de liberté : BRITTEN Peter Grimes 4 interludes.

Et pour retrouver la livraison précédente de haïkaïs mis en musique, c’est ici : « Encore des haïkus (4e série)« .

Et pour retrouver la série suivante, cliquez sur « Quelques haïkaïs wagnériens« .

Mes opéras préférés, opéra russe

LA KHOVANTCHINA, de MOUSSORGSKI (1872 – 1880)

La Khovantchina est la dernière œuvre sur laquelle a travaillé MOUSSORGSKI. Il l’a commencée en 1872, réunissant le matériel historique qui allait lui permettre d’en écrire le livret. À la fin de 1873, celui-ci est à peu près achevé, et certaines idées musicales sont déjà couchées sur le papier. Il la délaissera en suite pratiquement pendant toute l’année 1874, au cours de laquelle il s’est consacré à la publication de Boris Godounov après sa création à Saint-Pétersbourg, ainsi qu’aux Tableaux d’une exposition.

Il consacrera ensuite les années 1875 et 1876 à l’écriture des quatre premiers actes, et il faudra attendre 1880 pour qu’il se mette au cinquième acte. Malheureusement, son état de santé allant en se dégradant ne lui permit pas d’achever la partition, son delirium tremens lui faisant perdre une grande partie des facultés créatrices.

C’est l’infatigable RIMSKI-KORSAKOV qui orchestrera la partition ce qui en permettra la création en 1886 à Saint-Pétersbourg. Au XXe siècle, CHOSTAKOVITCH en fera une nouvelle orchestration, probablement plus fidèle au langage musical âpre de Moussorgski.

Le pitch : Dans la Russie de Pierre le Grand (vers 1682), deux factions s’opposent aux réformes que le tsar a entreprises, sur fond de querelles religieuses et politiques. Le camp des streltsy, mené par les princes Khovanski, se révolte contre le tsar. Pierre le Grand qualifie cette révolte de Khovantchina (soit la barbarie des Khovanski) et fait massacrer ses opposants.

Moussorgski la Khovantchina bande annonceCliquez sur la bande-annonce

Ouverture : L’ouverture est le seul morceau qui soit devenu « grand public » et est régulièrement donnée en concert. Le soleil se lève sur la Moskova, éclairant les bulbes dorés des églises.

Moussorgski la Khovantchina préludeCliquez sur l’image

Acte I : À l’aube, une patrouille de streltsy arrive et se remémore avec joie les massacres qu’ils ont effectués la veille. Un clerc entre à son tour (en ces temps-là, il n’était pas donné à tout le monde de savoir lire et écrire.) Le boyard Chakloviti lui demande d’écrire pour son compte une lettre de dénonciation des princes Khovansky, Ivan le père et André son fils, affirmant qu’ils cherchent à détruire la Russie. Comme le boyard sort, des hommes et des femmes du peuple arrivent et, trouvant sur la place un poteau couvert d’inscriptions, demande au clerc de lire ce qui est écrit. Il s’exécute : c’est le compte-rendu des exécutions faites par les streltsy la veille.

Le prince Ivan arrive en grande pompe et les Moscovites le saluent avec ferveur. Quand il sort arrive Emma, une Allemande que le prince André poursuit de ses assiduités pressantes. Entre à son tour Marfa, l’ancienne maîtresse d’Ivan, qui aime toujours celui-ci. Elle prend la défense d’Emma quand le prince Ivan revient. Frappé par la beauté d’Emma, il demande à ses streltsy de s’emparer d’elle, mais André s’oppose à la volonté de son père. À ce moment le prêtre Dosifei entre avec ses Vieux-Croyants (les tenants de la liturgie orthodoxe ancienne). Il sépare les deux princes, confie Emma à Marfa, et appelle à marcher sur Moscou pour défendre la vraie foi.

Acte II : Le prince Golitisine lit une lettre de la tsarine, qu’il a aimée mais dont il se méfie à présent. Marfa entre, proposant de lui lire son avenir. Elle lui prédit la disgrâce et l’exil. Quand elle sort, Golitisne se rappelle ses hauts faits au service de la Russie et demande que l’on tue Marfa.

Le prince Ivan entre et reproche à Golitsine d’avoir affaibli le pouvoir des boyards. Le ton monte entre les deux hommes quand Dosifei arrive et tente de les calmer. Comme les princes veulent le remettre à sa place, il leur révèle qu’il était lui-même prince avant que de devenir un homme au service de Dieu. Il recommande à Ivan de mieux surveiller ses hommes, qu’il juge au service du diable.

Marfa entre en demandant du secours parce qu’on a cherché à la tuer, et que seule l’arrivée des troupes du tsar lui a permis de se sauver. Elle prévient les deux hommes que les soldats du tsar arrivent pour mater la Khovantschina.

Acte III : Dans le camp des Vieux-Croyants, les hommes chantent qu’ils ont vaincu l’hérésie. Marfa arrive discrètement et chante une chanson d’amour. La mère Susanna la surprend et lui reproche cette chanson inspirée par le diable. Mais Dosifei arrive et la défend auprès de Susanna, lui disant que c’est elle l’impie.

Moussorgski la Khovantchina chanson d'amour de MarfaCliquez sur Marfa

Chakloviti s’est approché du camp, et prédit la fin des streltsy avant de partir. Ceux-ci surgissent et chantent des chansons à boire, alors que les femmes les rudoient pour leur mauvais comportement. L’un d’entre eux, Kouzka, chante la ballade de la médisance.

Le clerc arrive, épouvanté, disant que des mercenaires sont en train de cerner le camp des streltsy. En outre, les troupes du tsar arrivent et ont massacré les mercenaires. Les hommes demandent à Ivan quelle attitude tenir, mais celui-ci leur dit de rentrer chez eux et d’attendre dans le calme.

Moussorgski la Khovantchina fin de l'acte IIICliquez sur la fin de l’acte III

Acte IV : Chez le prince Ivan, les servantes chantent pour distraire le prince. Il demande à ses esclaves persanes de danser pour lui.

Moussorgski la Khovantchina Danses persanesCliquez sur l’image

Moussorgski la Khovantchina danses persanes 2Cliquez sur l’image

La danse est interrompue par un messager qui arrive pour le prévenir d’un malheur qui le menace. Chakloviti entre à son tour, porteur d’une convocation de la part de la tsarine. Flatté, Ivan met ses plus beaux habits, mais il est tué dès qu’il sort de chez lui.

À Moscou, le peuple voit une charrette conduire le prince Govitsine en exil. Marfa prévient Dosifei que les mercenaires vont encercler les streltsy pour les massacrer. Le prêtre conclut que le temps de leur disparition dans les flammes est arrivé.

Le prince André entre, à la recherche de Marfa. Il menace celle-ci, qui lui dit qu’il n’a rien compris, que son père est mort et que l’heure de sa fin est proche. Entrent les streltsy portant des billots et des haches. Alors qu’ils s’apprêtent à mourir, on apprend que le tsar les gracie.

Acte V : Dans un ermitage dans une forêt, refuge des vieux-croyants, Dosifei annonce la fin de l’ancienne religion orthodoxe.

Marfa entre accompagnée d’Ivan. Elle espère toujours sauver son amour, mais lui ne pense qu’à son Emma. Elle met enfin le feu au bûcher funèbre, et tous périssent dans le feu, sous le regard horrifié des soldats du tsar qui arrivent à ce moment.

(Sources principales : la production de l’opéra de Paris de février 2022, et le programme associé.)

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Divers

QUELQUES DUOS D’AMOUR POUR LA SAINT VALENTIN

Il ne vous a certainement pas échappé, avec la pression mise par les réclamiers de toutes sortes, que le 14 février, jour de la Saint-Valentin, est la fête des amoureux.

À l’opéra, qui dit amoureux dit duos d’amour ! Je vais donc vous proposer une nouvelle sélection de ces duos parmi les plus beaux que les compositeurs nous ont offerts.

À la fin du Couronnement de Poppée, de MONTEVERDI, Néron couronne Pompée en tant qu’épouse et impératrice. Duo « Pur ti miro ».

Monteverdi le Couronnement de Poppée Pur ti miroCliquez sur Pompée et Néron

À la fin de Zoroastre de RAMEAU, Zoroastre vainqueur des forces du mal peut enfin régner avec Amélite. Duo « Que ces nœuds sont charmants ».

Rameau Zoroastre Que ces nœuds sont charmantsCliquez sur l’image

Dans Cosi fan Tutte, MOZART fait chanter la double sérénade entre les deux jeunes hommes et les deux jeunes femmes. « Secondata, aurette amiche ».

Mozart Cosi fan Tutte Secondate, aurette amicheCliquez sur l’image

Dans La Cenerentola (Cendrillon) de ROSSINI, c’est le coup de foudre assuré quand le prince rencontre Cendrillon. Duo « Un soave non so che. »

ROSSINI La Cenerentola Un soave non soche

Cliquez sur Don Ramiro et Cendrillon

Rossini encore avec dans Guillaume Tell avec le duo « Oui, vous l’arrachez à mon âme » où Arnold avoue son amour à Mathilde.

Rossini guillaume Tell Oui, vous l'arrachez à mon âme

Cliquez sur Arnold et Mathilde

Dans Don Pasquale, DONIZETTI nous offre ce beau duo entre Ernesto et Dorina « Tornami a dir che m’ami ».

Donizetti Don Pasquele Tornami a dir che m'amiCliquez sur Ernesto et Dorina

Enfin (pour cette livraison) dans ZE opéra of ZE amour, Tristan und Isolde, WAGNER consacre presque tout le second acte à ce qui doit être le plus long duo d’amour de l’histoire de l’opéra.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour (acte II)Clicken Sie über Tristan und Isolde

J’ai encore tout plein de duos d’amour à vous proposer, mais en attendant et si vous voulez encore, des duos d’amour, cliquez donc sur les liens cidsous :

Les plus beaux duos d’amour (XVIIIe siècle).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1800 – 1850).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1850 – 1880).

Les plus beaux duos d’amour (les années 1880 – 1915).

Écrivains

Bernard de FONTENELLE (1657 – 1757)

Bernard le BOUYER (ou le BOVIER) de FONTENELLE est né à Rouen le 11 février 1657 et mort à Paris le 9 janvier 1757. À un mois près, il mourait centenaire.

Paradoxe de l’histoire : il fait ses études au lycée Corneille de Rouen (comme moi), alors que le lycée Fontenelle se trouve à à peine 500 mètres de là !

Neveu de Pierre CORNEILLE, il suit les traces de son oncle en suivant des études de droit. Après avoir plaidé (et perdue) une unique cause, il se rend à Paris pour rejoindre son oncle Thomas Corneille qui écrivait pour le Mercure Galant (l’ancêtre du Mercure de France.) Dans son Dialogue des morts, il prend parti pour les modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, ce qui lui vaut l’inimitié de Racine et Boileau.

Il écrit des poésies et des livrets d’opéra : Psyché (1678) et Bellérophon (1679) qui seront mis en musique par LULLY, mais joués sous le nom de son oncle.

Lully Fontenelle PsychéCliquez sur l’image

Bellérophon

Lully - Fontenelle BellérophonCliquez sur l’image

En 1689, il écrit le livret de Thétis et Pélée d’après la légende de la néréide Thétis mariée de force avec le roi Pélée, de qui elle eut sept fils. Seul le plus jeune d’entre eux, le bouillant Achille survivra. Il se rendra célèbre pour son rôle dans la guerre de Troie. Pascal COLASSE écrira la musique de Thétis et Pélée.

Collasse - Fontenelle Thétis et PéléeCliquez sur l’image

En 1691, Fontenelle écrit, toujours pour Colasse, le livret de Enée et Lavinie.

Collasse - Fontenelle Enée et LavinieCliquez sur l’image

1691 est aussi l’année où Fontenelle devient membre de l’Académie française, dont il sera secrétaire perpétuel pendant presque 60 ans.

En 1731, on donne à l’Académie royale de musique la pastorale héroïque Endymion avec une musique de COLLIN de BLAMONT.

Fontenelle meurt à Paris le 9 janvier 1757.

La tragédie Enée et Lavinie a fait l’objet d’un nouvel opéra par Antoine DAUVERGNE, représenté en 1758.

Agenda Ironique, Contes et légendes, littérature

UNIS COMME LES CINQ DOIGTS DE LA MAIN

Ce mois-ci, le cahier des charges est chez Joséphine, du blog « Nervures et entailles ». (voir cidsous.)

Choisir une partie du corps. Membre organe tissu cellule liquide substance. Coin pli bout trou articulation ou protubérance. Quelconque élément que vous arrivez à personnifier. Oreille œil poumon synapses pieds nuque coude genou coccyx omoplate nez mitochondrie langue cœur sang ADN cuisse grain de beauté pouce paume auriculaire ou la main entière poignet cheville épaule cheveux nombril cicatrice ride. Défaut ou qualité. Je ne vais pas tout énumérer. Cet élément, unique, double ou multiple, que vous isolez comme vous souhaitez, à grande ou petite échelle, depuis l’intérieur ou l’extérieur, cet élément prend la parole et il se trouve qu’il a plein, vraiment plein de choses à dire à son propriétaire. Gratitude ou reproches, secrets ou nostalgie, exigences bien précises ou rêveries diffuses. C’est vous qui savez. Consignez son monologue, qui comprend moult parenthèses – ou tirets si vous préférez. Son discours se déroule par imbrications comme lui-même s’imbrique dans le corps. Langage qui ne se limite pas à dire oui ou non au plaisir et à la douleur. Dans le corps reposent la sagesse des gestes, des expressions et des réflexes, un esprit de finesse et d’à-propos, une vérité que l’esprit cherche à camoufler. Fiction, autofiction, autobiographie. Le corps peut être le vôtre, celui d’un autre. On ne demandera pas. Intimité oblige. Érotisme possible.

Fichtre diantre, Joséphine, une fois de plus me voici me grattant de l’index l’occiput, au risque de rouvrir la fontanelle et en me demandant comment je vais bien pouvoir remplir ce cahier des charges ! m’exclamai-je alors en lisant ce cahier des charges !

Ce à quoi Joséphine me répondit :

😂
Un opéra sur la fontanelle et l’occiput ? Ce serait étonnant.

Et moi de rétorquer : FONTENELLE a écrit des livrets d’opéra, dont un « Psyché » écrit à quatre mains avec Thomas CORNEILLE, le frère de l’autre.

Carnets Paresseux prenant la balle au bond me suggéra : une version chantée de la Tirade du nez ?

Et moi de répondre à nouveau : Tu ne crois pas si bien dire, Jérôme. Cyrano, comme (presque) toutes les œuvres de ROSTAND, a fait l’objet d’une adaptation lyrique (un de mes nombreux billets en préparation…) en 1936 par ALFANO.

Alfano cyrano de BergeracCliquez sur Cyrano


Après ces échanges, je n’étais pas plus avancé, et continuais de me gratter l’occiput avec l’index, au risque toujours de me rouvrir la fontanelle.

Prenant mon courage à deux mains, je me lançais toutefois dans une tentative d’essai d’Agenda Ironique. La main, l’index, bon sang, mais c’est bien sûr ! Je tenais là mon sujet majeur ! Mon organe, ce ne sera pas mon organe vocal (et pourtant), ce seront mes mains et mes doigts.

Commençons par le pouce. Le petit Poucet est le titre d’un conte de PERRAULT, qui a été mis en musique par RAVEL dans son œuvre pour piano à quatre mains Ma mère l’Oye.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains 

L’index ensuite. Dans toute l’histoire de l’opéra, des œuvres ont été victimes de censure. C’est le cas notamment des opéras italiens qui abordaient des sujets trop politiques pour l’occupant autrichien. Mais c’est au XXe siècle que ces mises à l’index ont été les plus drastiques, que ce soit sous le régime nazi ou sous le régime stalinien. Ce fut le cas notamment de Lady Macbeth de Mzensk, de CHOSTAKOVITCH, interdit par Staline pour cause de « chaos musical ».

Chostakovitch lady Macbeth acte ICliquez sur Lady Macbeth de Mzensk

Pour le majeur, mon souci majeur est de trouver une illustration musicale majeure. Un grand merci à Photonanie pour m’avoir conseillé une œuvre en sol majeur !

Ravel Concerto en sol majeur 2nd mvt (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Le cas de l’annulaire est beaucoup plus facile à traiter. En effet, l’opéra nous racontant très souvent des histoires d’amour, il est assez logique de voir le héros passer la bague au doigt qui porte l’anneau, l’annulaire de l’héroïne (ou l’héroïne passer la bague à l’annulaire du héros.)

Gounod Faust Vous qui faites l'endormieCliquez sur Jacques MARTIN (si, si) et Samuel RAMEY

Quant à l’auriculaire, ce petit doigt a l’avantage de pouvoir se glisser dans conduit auditif de l’oreille pour la déboucher, permettant ainsi aux auditeurs de mieux entendre la musique.

Et Fontenelle dans tout ça ? me demanderez-vous ! Eh bien, revenez donc le 11 février, et vous verrez.

littérature

SEULE EN SA DEMEURE, de Cécile COULON (2021)

Cela fait déjà quelque temps que j’ai fini Seule en sa demeure, le dernier roman en date de Cécile COULON (éditions de l’Iconoclaste, 2021), un thriller très efficace écrit avec un art sublime de l’écriture. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le recommande fortement.

D’entrée de jeu, ce roman est placé sous le signe de la musique avec la citation mise en exergue :

Forêts paisibles / jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs / S’ils sont sensibles, / Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

Il s’agit d’un extrait des Indes galantes de RAMEAU et FUZELIER.

Rameau les Indes galantes Forêts paisiblesCliquez sur l’image

Je ne vous raconterai pas l’histoire (pas d’espoilage ici), mais sachez seulement que la forêt joue un grand rôle dans ce roman, et que ce qui s’y passe n’est pas forcément paisible.

L’héroïne de ce roman gothique, Aimée, se marie avec Candre, le riche propriétaire d’un vaste terrain couvert d’une forêt. Elle part vivre chez son mari, dans une grande maison, presque un château, isolée au milieu de cette forêt. Les autres protagonistes sont Henria, la domestique de Candre, une femme au caractère très fort, et Angelin son fils muet (je ne vous dirai pas pourquoi il est muet, lisez le livre pour le savoir.)

Page 55, à l’occasion de la cérémonie de leur mariage, on apprend que Candre n’aime pas la musique, hormis celle de l’orgue, des psaumes et des chants sacrés. Bien entendu, le mariage se fait au son de l’orgue.

Mendelssohn Marche nuptialeCliquez sur l’orgue

Un peu plus tard, toujours pendant le mariage, on chante le Cantique des cantiques.

Palestrina Canticum canticorumCliquez sur l’image

Aimée s’ennuyant seule en la demeure de Candre, celui-ci fait venir de Genève Émeline, une professeur de flûte réputée.

Mozart concerto pour flûte et harpe 2e mouvementCliquez sur la harpiste (et sur la harpiste et sur l’orchestre)

Un peu plus avant dans le roman, Cécile COULON évoque un quatuor de personnages.

Fauré Quatuor avec piano n° 1 adagioCliquez sur le quatuor

Citations musicales :

Rameau, les Indes galantes, « Forêts paisibles ».

MENDELSSOHN, Marche nuptiale.

PALESTRINA Canticum canticorum.

MOZART Concerto pour flûte et harpe.

FAURÉ Quatuor avec piano n°1, « Adagio ».

(Source principale : Cécile COULON, Seule en sa demeure, éditions de l’Iconoclaste, 2021.)