Ce mois-ci, Carnets Paresseux nous a mijoté un thème et quelques contraintes pour l’Agenda Ironique:
Janvier achevé, l’année passe à février, et l’agenda ironique fait de même ; et voilà qu’en même temps Tiniak me passe le relais. De koikil va être question, pour ce mini-mois raccourci ? D’écrire, bien sûr ; et puis de lire, après. D’écrire un texte (nouvelles, poèmes, pamphlets, chansonnette et tutti frutti…) Le thème ? Il y en aura deux, à mélanger : rien de bien terrible ! j’aimerai qu’il y soit question de légumes d’une part, et des jours de la semaine. Les jours, parce que l’agenda, quand même. Les légumes, parce qu’on n’en parle jamais assez. Et puis yôra quatre mots à placer ça et là : nuage, tapage, dindon, bouillon. Mais vous pouvez en utiliser d’autres, bien sûr.
Rien de plus, rien de moins. Ah, si. ça me plairait aussi – mais c’est facultatif – que vous vous zinspiriez des Images à colorier d’Elena Pavlona Guertick, qui sont là sur Gallica. Donc, des légumes, des jours, une image si vous voulez, quatre mots et un peu d’ironie. Et puis on peut évidemment écrire plusieurs textes, disons au moins un et pas plus de vingt-huit, pour donner un cadre raisonnable.
Le mardi ce seront des Pasta à la Norma. Le site spécialisé dans la gastronomie et l’opéra nous précise qu’il s’agit de pâtes cuisinées avec des tomates, des aubergines grillées et de la ricotta.
Le samedi, la malheureuse Manon, sur le point de trahir son amant, se souviendra des repas de légumes cuits à l’eau qu’ils mangeaient sur leur petite table.
Et enfin, le dimanche, le directeur de l’opéra de Saint-Glinglin, cette grosse légume, offre un potlatch de tapas, provoquant au passage un gros tapage !
Et si vous voulez encore du dindon, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.
Après le Nuage de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)
Aujourd’hui donc, Quand l’ombre menaça de la fatale loi, un poème de 1883 qui marque un changement de paradigme chez Mallarmuche. De la recherche d’un idéalisme religieux, il passe à la recherche d’un idéalisme poétique. Ainsi le poète passe de l’obscurité (la nuit) à la lumière (l’astre en fête).
Quand l’ombre menaça de la fatale loi
Tel vieux rêve, désir et mal funèbre de mes vertèbres,
Il a ployé son aile : SAINT-SAËNSLe Cygne. On sait que dans l’idéal mallarméen, le poète est souvent comparé à un cygne (un peu comme BAUDELAIRE et son Albatros).
des guirlandes : PUCCINITosca « e lucevan le stelle ». ces guirlandes qui brillent dans la nuit peuvent être les étoiles qui percent l’obscurité, comme au début du troisième acte de Tosca, quand au lever du jour, Cavaradossi salue les dernières étoiles.
un orgueil : WEILL Les sept péchés capitaux l’orgueil
cette nuit : BERLIOZBéatrice et Bénédict « Nuit paisible et sereine »
Après une première série d’étoiles brillant à l’opéra il y a un an, je vous en propose une seconde série.
Dans Orlando Furioso (1727) de VIVALDI, Angelica répond à Médor son bonheur d’être avec lui (Air : Andromède , fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée.Chiara al pari di lucida stella.)
Andromède était la fille de Cassiopée et femme de Persée. À sa mort, Athéna la place dans les constellations, près de Persée et Cassiopée. CORNEILLE écrira en 1750 une tragédie qui sera mise en musique par DASSOUCY. Cette musique aujourd’hui perdue avait été précédée par l’Andromeda liberata de MANELLI, dès 1637.
À la fin de Castor et Pollux de RAMEAU (1754), Jupiter ému par le comportement des jumeaux leur assure l’éternité en leur réservant une place dans le ciel.
Propulsons-nous d’un siècle dans le temps et retrouvons GOUNOD et son Roméo et Juliette (1869) avec le fameux air de Roméo « Ah, lève-toi, soleil ! ».
Je pensais il n’y a guère, en écrivant mon billet sur Pelléas et Mélisande, qu’il ne faisait pas toujours bon être bébé à l’opéra. En effet, à la fin de ce drame, la malheureuse Mélisande a tout juste le temps de voir son nouveau-né avant que de mourir. Le sort de ces bébés est en effet souvent tragique. Dès lors, me suis-je demandé, quel sort est réservé aux bébés à l’opéra ?
Fierrabras de SCHUBERT s’ouvre sur un chœur de femmes qui tissent, chantant l’allégorie de la vie, telles les Parques. Pour elles, leur ouvrage représente les langes du bébé, le voile de la mariée et le linceul du mort (ou de la morte).
Dans le Trouvère (Il Trovatore) de VERDI, Azucena raconte à son fils Manrico, blessé, qu’elle a voulu venger sa mère, brûlée par le père du comte, en enlevant le fils de celui-ci, mais dans un accès de folie, c’est son propre fils qu’elle a jeté au feu (Air: « Condotta ell’era in ceppi »).
Le sort du bébé de Jenufa de JANACEK est particulièrement cruel, puisque la belle-mère de Jenufa profite de la forte fièvre qui cloue l’héroïne au lit pour lui voler son bébé, et le noyer dans la rivière gelée.
Finalement, l’enfant de L’enfant et les sortilèges de RAVEL, que sa mère appelle bébé bien qu’il ait déjà sept ans, a un sort beaucoup plus enviable, puisqu’après sa grosse colère destructrice, il se repent et sa maman lui pardonne.
Enfin, dans On purge bébé de Philippe BOESMANS, opéra créé en 2022 au théatre royal de la Monnaie (De Munt), les adultes n’ont qu’une envie de purger l’enfant, que sa mère appelle bébé bien qu’il ait déjà sept ans.
En 1893, DEBUSSY assiste à une représentation de Pelléas et Mélisande, de MAETERLINCK. Dès 1894, il se met à la mise en musique de ce drame lyrique, qui est enfin créé à l’Opéra-Comique en 1902. Debussy avait obtenu l’autorisation de l’auteur à condition que Georgette LEBLANC, sœur de Maurice Leblanc (l’auteur des Arsène Lupin) et compagne de Maeterlinck, tienne le rôle de Mélisande. Mais à la création, le rôle est confié à Mary GARDEN, une jeune soprano écossaise, ce que Maeterlinck prend pour une trahison.
Debussy a dû rajouter ou allonger les interludes orchestraux entre scènes, les changements de décor durant plus longtemps qu’il ne l’avait prévu.
La trame générale de l’histoire est celle de Tristan et Iseult.
Cette œuvre symboliste, presque exclusivement composée en parler/chanter, tient une place à part dans l’histoire de l’opéra, par son refus du lyrisme propre à ce genre. On est dans une atmosphère mortifère, sans lumière, où tout va vers le bas (grotte, souterrain).
Le pitch : Golaud recueille Mélisande. Ils se marient. Mélisande rencontre Pelléas, ils tombent amoureux. Golaud jaloux tue Pelléas. Mélisande meurt.
Acte I : Au royaume d’Allemonde, Golaud à la poursuite d’une bête blessée s’est perdu dans la forêt. Il rencontre Mélisande en pleurs à côté d’une fontaine. Elle a fait tomber sa couronne dans l’eau. Golaud cherche à consoler la jeune fille, craintive, qui demande qu’on ne la touche pas. Elle dit qu’on lui a fait du mal. Il l’emmène avec lui dans son château.
Geneviève, la mère de Golaud et de son demi-frère Pelléas, lit une lettre de Golaud où il annonce à son grand-père presque aveugle, le roi Arkel, son retour avec sa nouvelle femme, Mélisande. Il n’a pas percé son secret après six mois de mariage. Arkel qui destinait une autre femme à Golaud accède à sa requête. Pelléas paraît et demande à Arkel l’autorisation d’aller au chevet de son ami Marcellus, mourant. Le roi refuse et lui ordonne de rester pour veiller sur son père, lui-même malade.
À son arrivée, Geneviève a emmené Mélisande dans les jardins qui surplombent la mer. Mélisande a peur de la forêt, si sombre qu’elle cache le soleil. Geneviève interpelle Pelléas qui passe, puis part s’occuper du petit Yniold, le fils d’un premier mariage de Golaud. Pelléas tend la main à Mélisande, mais celle-ci commence par refuser, avant d’accepter. Pelléas lui annonce qu’il doit partir le lendemain, Mélisande lui demande pourquoi.
Acte II : Pelléas conduit Mélisande près de la fontaine des Aveugles, où ils discutent. Mélisande regardant ses mains, semble découvrir l’anneau de son mariage. Pelléas demande si c’est près d’une fontaine que Golaud l’a trouvée. Elle enlève sa bague et joue avec dans le soleil, quand elle le fait tomber dans la fontaine. Elle la déclare perdue, déjà si loin d’eux.
Au moment précis où Mélisande faisait tomber son anneau dans la fontaine, Golaud a eu un accident de cheval, et on le retrouve alité, soigné par Mélisande. Mélisande déclare qu’elle se sent malade dans ce château. Cherchant à comprendre Mélisande, il remarque qu’elle ne porte plus sa bague. Elle prétend l’avoir perdue dans une grotte près de la mer. Golaud lui ordonne d’aller la rechercher. Il demande à Pelléas de l’accompagner.
Pelléas et Mélisande se rendent donc à la grotte. Pelléas lui tend la main. Ils ne trouvent (évidemment) pas l’anneau, mais ils y rencontrent des pauvres qui y habitent, car il y a une famine dans le pays. Mélisande demande à partir.
Acte III : Mélisande, à sa fenêtre, peigne ses longs cheveux dénoués. (Air : mes longs cheveux descendent.)
Par jeu, Pelléas s’enroule dedans, et les noue aux branches du saule. Il demande la main de Mélisande, qui la lui tend en se penchant par la fenêtre. Soudain, il se rend compte qu’il ne peut plus démêler les cheveux. Golaud surprend la scène, et leur dit qu’ils ne sont que des enfants.
Golaud conduit Pelléas dans les souterrains. Il évoque l’odeur de la mort qui émane de l’eau stagnante. Pelléas manque d’y tomber. Remontant au jour, ils voient Geneviève et Mélisande sur la terrasse. Il demande à Pelléas de ne plus jouer avec Mélisande, qui est enceinte.
Sous les fenêtres de Mélisande, Golaud demande à Yniold, fils d’un premier mariage, de lui dire ce que font Pelléas et Mélisande quand ils sont ensemble, est-ce qu’ils se disputent, est-ce qu’ils s’embrassent ? Sentant monter la jalousie de son père, Yniold prend peur et s’enfuit.
Acte IV : Le père de Pelléas est guéri et envoie son fils à l’étranger. Pelléas donne rendez-vous à Mélisande le soir près de la fontaine des Aveugles. Il semble présager que la séparation à venir sera définitive. (Je serai si loin que tu ne pourras plus me voir)
Arkel s’entretient avec Mélisande, et lui confie sa compassion de la voir vivre dans l’ambiance mortifère du château. Golaud arrive, blessé au front. Il refuse que Mélisande le soigne, et, fou de jalousie, la brutalise en la jetant à terre. Quand il sort, Arkel les plaint (Si j’étais Dieu, j’aurais pitié du cœur des hommes).
Le jeune Yniold essaie de déplacer une pierre derrière laquelle sa balle est tombée, mais il est trop faible. Il voit un berger conduire son troupeau de moutons. Ceux-ci cherchant à suivre le chemin connu de l’étable, le berger les en empêche en les envoyant sur une autre voie (à l’abattoir). Les moutons passent (on ne les entend déjà plus).
Près de la fontaine, Pelléas arrive, conscient que c’est le dernier soir. Il voudrait fuir, mais veut voir Mélisande encore une fois. Pelléas et Mélisande s’avouent leur amour.
Le soir venu, on ferme les portes de la ville, et ils sont enfermés dehors. (tout est perdu, tout est sauvé ce soir. Ce n’est plus nous qui le voulons). Ils échangent un baiser quand Golaud arrive et frappe Pelléas. Mélisande s’enfuit, mais Golaud la frappe aussi et la blesse.
Acte V : Mélisande a donné naissance à une fille. Golaud explique son geste, fait malgré lui. Quand Mélisande se réveille, très affaiblie, elle trouve Arkel à son chevet avec le médecin. Elle demande qu’on ouvre la fenêtre, pour voir le soleil couchant. Elle a le sentiment que quelque chose lui échappe. Arkel lui dit que Golaud est là, dans un coin. Elle lui dit de venir. Golaud demande à rester seule avec elle. Il lui demande de lui pardonner, mais elle ne sait pas de quoi elle doit le pardonner. Toujours jaloux, il cherche à lui faire avouer qu’elle l’a trompé. Arkel rentre avec le médecin et sent qu’elle est en train de partir (elle est déjà si loin de nous). Il présente à Mélisande la petite fille qu’elle vient de mettre au monde. Elle meurt en silence sans avouer (Je n’ai rien entendu, elle s’en va sans rien dire).
Clqiuez sur l’image
Et si vous aimez les bonus surprise mystère, vous pouvez cliquer sur l’image.
Mélanie BONIS est née à Paris le 21 janvier 1858. Issue des classes moyennes, elle apprend seule la musique sur le piano qui était chez elle. À 18 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle a comme professeur César FRANCK et Charles KOECHLIN (et est condisciple de DEBUSSY et Gabriel PIERNÉ). Las, elle tombe amoureuse d’un chanteur, mais sa famille voit cette liaison d’un mauvais œil.
En 1881, alors qu’elle signe son opus 1, un Imprompu, Mel doit quitter et son chanteur, et le Conservatoire, et deux ans plus tard, alors qu’elle a 25 ans, sa famille la marie à un homme deux fois veuf et qui a déjà 5 enfants. Commence alors un tunnel musical de 10 ans, occupée qu’elle est à remplir ses tâches de bonne épouse et de mère de famille. En effet, outre ses cinq beaux-enfants, elle a eu avec son mari trois autres enfants.
Heureusement (!), quelques années plus tard, elle retrouve son chanteur chéri, qui lui fait la cour et la pousse à reprendre la musique. Elle entame une liaison avec lui, et a alors un quatrième enfant, Madeleine, qui n’est pas de son mari. Mel Bonis, imprégnée d’une forte culture religieuse, vit mal cette situation. Elle se fera passer pour la marraine de cette petite Madeleine.
Consciente que son prénom, Mélanie, pouvait poser un problème pour la diffusion et l’exécution de sa musique, elle préférera signer son œuvre Mel Bonis, pour ne pas attirer l’attention sur le fait qu’elle était femme, et ce dès son opus 1.
Sous l’impulsion de son amant, Mel renoue alors avec la composition. Son œuvre comporte beaucoup de pièces de piano,
Mel deviendra en 1910 la seule femme à être secrétaire de la Société des Compositeurs !
Son activité musicale se déroulera des années 1890 aux années 1910 environ, avant que l’évolution de la musique ne déroute cette grande post-romantique, qui s’isole alors et retourne à ses préoccupations mystiques.
En 1934, elle écrit le Cantique de Jean Racine, à la mémoire d’un de ses fils mort en 1932.
(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Debussy à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).
Lointain héritier des Jeux du cirque romains, le cirque moderne date du milieu du XVIIIe siècle. Il suivait une tradition de numéros de jongleurs ou de montreurs d’animaux, qui se produisaient sur les foires.
(On se souvient que l’opéra-comique vient de la transformation de ces spectacles de foire, et plus particulièrement du théâtre de la Foire en 1714).
Le cirque, donc, se devait de représenter sur une scène circulaire (d’où le nom de cirque), un certain nombre de numéros d’acrobates, de jongleurs, de clowns, de magiciens…
Un certain nombre de compositeurs, surtout au XXe siècle, ont été attirés par le cirque et ont écrit des musiques sur cet univers.
L’exemple le plus notable est l’opéra vériste Paillasse (Pagliacci) (1892) de LEONCAVALLO, qui se passe dans un cirque et dont le héros est un clown qui, trompé par sa femme, se doit de rire malgré sa détresse.
En 1942, STRAVINSKY reçoit un coup de téléphone étrange. Il s’agit d’une commande du chorégraphe BALANCHINE pour un numéro d’éléphants du cirque Barnum ! Cette œuvre, Circus Polka, sera créée en 1944.
Troisième opéra de Jean-Philippe RAMEAU, Castor et Pollux est une tragédie lyrique écrite en 1737, sur un livret de Pierre-Joseph BERNARD. Cette œuvre a connu un grand succès. Rameau l’a révisé en 1754, à la fin de la querelle des bouffons.
Le pitch : Nous sommes à Sparte, en présence de deux frères, les jumeaux Castor et Pollux, fils de Jupiter et de deux sœurs, Télaïre et Phébé, filles du soleil. Pollux et Télaïre doivent se marier, mais Télaïre aime secrètement Castor, qu’aime également Phébé. Phébé craint que sa sœur ne renonce à son mariage avec Pollux au profit de Castor, et c’est ce qui arrive grâce à Pollux, dont l’amour filial l’emporte sur son amour de Thélaïre. Phébé se sert de Lyncée, un ennemi de Sparte, pour tuer Castor. Phébé propose à Télaïre de se servir du pouvoir qu’elle a sur les enfers pour aller y chercher Castor, à condition que Télaïre renonce à Castor. Pollux déclare que c’est à lui de persuader son père de faire revenir Castor à la vie. Jupiter finit par accepter à la condition que Pollux prenne sa place chez les morts. Quand Castor apprend le sacrifice de son frère, il refuse, mais Pollux lui annonçant que Télaïre refuse de vivre sans lui, il finit par accepter.
Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur accorde à tous deux l’immortalité, et une place dans le ciel.
Acte I : Pollux est sur le point de se marier avec Télaïre. Phébé, sœur et rivale de Télaïre auprès de Castor, en veut à celui-ci de lui préférer Thélaïre. Elle craint que Pollux ne renonce à son mariage avec Thélaïre au profit de Castor.
Télaïre entre, exprimant ses regrets (Air : « Éclatez, mes justes regrets »). Par son mariage avec Pollux, elle va perdre Castor. Celui-ci vient lui faire ses adieux. Amoureux de Télaïre, il s’efface devant son frère Pollux. Pollux, ému par leurs tendres aveux, demande à Castor de rester. Il lui cède et Télaïre, et sa couronne.
Castor chante son bonheur (air : « Quel bonheur règne dans mon âme »). Mais Lyncée, guidé par Phébé, attaque le palais pour enlever Télaïre. Castor tombe sous les coups des assaillants. La foule demande à Pollux de le venger. Pollux revient avec son armée, libère Télaïre et frappe Lincée.
Acte II : Le peuple pleure la mort de Castor (Chœur : « Que tout gémisse »).
Phébé paraît. Grâce au pouvoir qu’elle a sur les enfers, elle peut ramener Castor au monde des vivants, à condition que Télaïre renonce à son amour. Télaïre accepte. À ce moment paraît Pollux, avec la dépouille mortelle de Lyncée. Il demande à Télaïre si elle se sent vengée. Elle lui répond que la vengeance ne console pas son amour perdu, et que Phébé va aller chercher Castor aux Enfers. Pollux refuse. C’est à lui de plaider auprès de son père Jupiter le retour de son frère. Après une danse, un héraut chante la gloire des héros (air : « Éclatez, fières trompettes »).
Le grand-prêtre fait sortir la foule, car Jupiter va paraître. Jupiter et Pollux restent seuls. Pollux le supplie de faire revenir Castor, mais Jupiter refuse d’enfreindre les lois de l’enfer. Pollux insiste, Jupiter lui dit que pour faire revenir Castor, Pollux doit prendre sa place en enfer, et perdre ainsi son immortalité. Pollux est prêt à se sacrifier pour le bonheur de Castor et Télaïre, mais Jupiter pour le mettre à l’épreuve veut lui montrer ce qu’il perd. Hébé, déesse de la jeunesse entre, accompagnée des « plaisirs célestes ». Hébé veut enchaîner Pollux avec ses plaisirs, mais Pollux résiste et part.
Acte IV : Phébé est à l’entrée des enfers. Elle invoque les esprits magiques, pour combattre les monstres qui en défendent l’entrée. Mercure arrive, accompagné de Pollux. Ils s’unissent pour combattre démons et furies (Chœur : « Brisons tous nos fers »), et Mercure et Pollux entrent, alors que Phébé reste à l’entrée.
Pollux paraît, les faisant fuir, effrayées. Pollux déclare qu’il vient prendre la place de Castor. Castor commence par refuser le sacrifice de son frère, mais celui-ci lui dit que Télaïre l’attend, et qu’elle mourra s’il ne revient pas. Castor accepte de quitter l’enfer, mais pour un jour seulement, et jure qu’aucune aurore ne le verra au séjour des mortels.
Acte V : Castor est auprès de Télaïre. Il veut redescendre aux enfers et lui fait ses adieux. Télaïre ne comprend pas pourquoi il la quitte. Jupiter fait entendre son tonnerre. Ému par la vertu des deux frères, Jupiter leur réserve une place au ciel : la constellation des Gémeaux.
(Source principale : l’enregistrement fait à Amsterdam en 2008, sous la direction de Raphaël PICHON, paru en DVD chez Opus Arte.)
P.S. et si vous demandez ce que devient Phébé, eh bien elle n’a que le sort qu’elle mérite, elle meurt !
P.P.S. Si vous vous demandez pourquoi, parmi les jumeaux Castor et Pollux, l’un était immortel et pas l’autre, c’est qu’ils étaient les fils issus de l’union de Leda, la femme du roi de Sparte, et de Jupiter, métamorphosé en cygne pour séduire celle-ci. Léda a eu deux œufs de cette union, de l’un sont sortis Castor et Clytemnestre, les enfants mortels et de l’autre Pollux et Hélène, les enfants immortels ! Sacré Jupiter, va !
Depuis l’invention du piano, il n’est pas rare que les pianistes cherchent à reproduire au clavier les sensations ou impressions laissées par l’eau.
Par exemple CHOPIN, lors de son séjour à la chartreuse de Valdemosa avec George SAND, nous a laissé ce Prélude à la goutte d’eau (le toit de la chartreuse était percé et l’eau tombait dans les pièces) avec son ostinato (mouvement obstiné) figurant la chute des gouttes de pluie.
Quittons Chopin l’introverti pour retrouver LISZT l’extraverti qui, pour célébrer l’eau, évoque dans ses Années de pèlerinage les « Jeux d’eau de la villa d’Este ».
Les compositeurs n’ont pas le monopole du piano à queue. Parmi les compositrices à qui la pluie a plu, on peut citer Marie JAËLL et ses Jours pluvieux (1894).
C’est Tiniak qui héberge l’Agenda Ironique de ce mois-ci, janvier 2023. Voici ses consignes :
Hébergeant le premier Agenda Ironique de l’an 2023, je vous invite à rédiger un texte n’excédant pas 223 mots, mais comptant au moins 150. Pour vous en assurer, vous devriez trouver, au menu <Outils> de votre éditeur de texte, l’onglet >Nombre de mots<.
Pour thème censé inspirer vos nouvelles, poèmes, pamphlets et autres scribouilles, je vous propose donc celui-ci : “Frutti di mare”.
Avec, autant que possible, tout ou partie de cette liste de mots, un rien maraboutée (3 mots minimum) : Tutti frutti, frutti di mare, marée [montante ou descendante*], dentier de, [d’eux ou de*] crabe, crabouille, ouille la la ! [là, je dis*] amen, aménité, ite missa est !
Pour un beau pique-nique, ce fut un beau pique-nique !
On confia à Peter Grimes, le pêcheur, le soin d’aller chercher du poisson à la maréemontante (ou descendante). Malheureusement une violente Tempesta di mare se leva et fit couler son mousse dans l’écume rugissante.
Les crabes avaient été fournis par le marchand de crabes de GERSHWIN, dans son opéra Porgy and Bess (et les fraises par la marchande de fraises).
À ce moment, Tintin et le capitaine Haddock sortaient de l’album d’HERGÉle Crabe aux pinces d’or. Enivrés par les vapeurs de vin, Tintin entonna alors un air de la Dame blanche, de BOÏELDIEU.