Contes et légendes, littérature, Mallarmé, Mythologie, Poésie

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE (1)

Les Métamorphoses est le titre d’un long poème, découpé en quinze livres, écrit au premier siècle de notre ère par le poète latin OVIDE. Il s’agit d’un recueil des contes et légendes de cette époque, reprenant les métamorphoses que les dieux ont pu infliger, en bien ou en mal, à des humains ou des nymphes qu’ils voulaient récompenser ou punir après leur mort.

Aux temps premiers de l’Opéra, les sujets étaient majoritairement pris dans ces légendes, et il est tout à fait normal de retrouver dans les livrets des sujets issus des Métamorphoses.

Le livre I est consacré à l’origine du monde est aux premiers âges de l’humanité. On y trouve une évocation du déluge où Jupiter, voulant punir la race humaine, décide de noyer la terre sous les flots. (Je vous rassure, il trouvera deux humains qui, par leur piété envers les dieux, seront jugés dignes d’être sauvés.)

falvetti il diluvio universaleCliquez sur l’extraordinaire « Diluvio Universale » de FALVETTI

Plus loin, Ovide nous raconte l’histoire d’Apollon et de Daphné. Apollon s’est moqué de Cupidon qui, pour le punir, lui envoie une flèche qui le fait tomber amoureux de la nymphe Daphné. Daphné résiste à ses avances avant qu’elle ne soit transformée en laurier par son père.

De nombreux opéras nous content cette légende, dont le proto-opéra Daphné (1598) de Jacopo PERI, celui malheureusement perdu de Heinrich SCHÜTZ (1627) et plus près de nous celui de Richard STRAUSS en 1938.

Strauss Daphné scène finaleCliquez vite sur Daphné avant qu’elle ne soit transformée en laurier

Vers la fin du livre I, Ovide nous raconte la légende de Pan et la naïade Syrinx qui, pour se sauver des avances de Pan, se transforme en roseau. Dès lors Pan, coupant une brassée de roseaux, inventa la Flûte de Pan.

Syrinx (1913) est le titre d’une œuvre pour flûte seule de DEBUSSY, qui avait déjà mis en musique le Prélude à l’après-midi d’un faune de MALLARMÉ. (« Ces nymphes, je les veux perpétuer… »)

Debussy SyrinxCliquez sur le flûtiste

La fin du livre I et le début du livre II nous racontent les malheurs de Phaéton, fils du soleil, qui obtient de son père de conduire le char solaire. Phaéton en perd le contrôle et son père Phoebus est obligé de l’abattre en plein vol pour sauver la Terre. Phaéton (1683) est le titre d’un opéra de LULLY.

Lully Phaéton ouvertureCliquez sur Phaéton conduisant le char de son père

C’est aussi le titre d’un poème symphonique écrit presque deux siècles plus tard, en 1873 par SAINT-SAËNS.

Saint-Saëns PhaétonCliquez sur l’image

Le livre II se poursuit avec le mythe de la nymphe Callisto, une suivante de Diane. Jupiter en tombe amoureux en la voyant et la viole. Callisto est alors chassée par Diane quand celle-ci s’aperçoit qu’elle n’est plus vierge. La malheureuse nymphe finira par être transformée en ourse par Junon, la jalouse femme de Jupiter.

La Calisto est un opéra de CAVALLI créé à Venise en 1651.

Cavalli CalistoCliquez sur Callisto

Je vais m’arrêter ici pour aujourd’hui, mais ne manquez pas prochainement sur ce blog la suite des métamorphoses musicales des Métamorphoses d’Ovide.

Fantaisie, littérature, Mythologie, Poésie

QUELQUES HAÏKUS (1)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

En voici quelques-uns créés pour vous sur le thème de l’opéra.

Les Métamorphoses

OVIDE raconte ces histoires

De transformations.

Charpentier ActéonCliquez sur l’image

(P.S. je reviendrai abondamment ultérieurement sur les Métamorphoses d’Ovide, qui ont donné lieu à d’innombrables sujets d’opéra.)

La légende de Faust

Racontée par le grand Goeth’

Pauvre Marguerite !

Gounod Faust Anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Le Vaisseau fantôme

Un opéra de Wagner

Amour rédempteur.

Wagner Vaisseau fantôme ballade de SentaCliquez sur cette malheureuse Senta

Amants de Vérone,

Séparés par leurs familles

Roméo, Juliette

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur le ballet de Prokofiev

Götterdammerung

Fin de la tétralogie

Le Crépuscule des dieux

Wagner Götterdammerung Marche funèbreCliquez sur le disque

The Turn of the Screw

Opéra écrit par BRITTEN

Les pauvres enfants.

Britten The turn of the screw résuméCliquez sur le résumé en musique de cet opéra

Voilà pour cette première livraison. Si cela vous a plu, et si vous me le demandez gentiment, je vous en écrirais d’autres. Vous pouvez aussi me soumettre vos haïkus pour alimenter un prochain billet.

littérature, Oulipo, Poésie

« LE SONNET DES VOYELLES », de RIMBAUD

Après Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi parmi mes poèmes préférés. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images que m’évoque ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer le fameux Sonnet des Voyelles de Rimbaud. (Arthur Arc-en-Ciel pour les Anglos-Saxons.)

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Offenbach duo de la mouche

Cliquez sur la mouche

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;

Berlioz Les Troyens Nuit d'ivresse

Cliquez sur Didon et Enée

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux;

Berlioz Dmnation de Faust Le vieil hiver

Cliquez sur l’image

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraite

Cliquez sur les clairons qui sonnent la retraite

Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Citations :

Mouches éclatantes : Dans Orphée aux enfers (1858) d’OFFENBACH, Zeus se transforme en mouche pour mieux séduire.

Les ivresses : À l’acte IV de ses Troyens, BERLIOZ nous gratifie du très beau duo « Nuit d’ivresse et d’extase infinie » entre Didon et Enée.

L’alchimie imprime aux grands fronts studieux : Au début de La Damnation de Faust du même Berlioz, l’alchimiste Faust revient sur sa vie passée à la recherche.

Clairon : Dans Carmen (1875) de BIZET, alors que Carmen danse pour Don José, celui-ci entend les clairons qui sonnent la retraite et veut la quitter.

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)

Né à Rome le 26 août 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaireCliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les SaltimbanquesCliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de TirésiasCliquez sur l’image

En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 38 ans.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Charles BAUDELAIRE (1821 – 1867)

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) est un poète héritier du romantisme, dont il transformera la désespérance en spleen (cf. Le Spleen de Paris). Après avoir dilapidé l’héritage de son père, il est obligé d’écrire dans les journaux (les gazettes) pour vivre. Il traduit notamment Edgar Allan Poe. Son grand œuvre poétique est Les Fleurs du mal (1857) ainsi que les petits poèmes en prose. Il ouvre la voie à la poésie d’un Mallarmé (lui aussi traducteur de Poe) ou d’un Valery.

Comme son exact contemporain Flaubert pour madame BOVARY, les Fleurs du mal ont valu à Baudelaire un procès pour immoralité. Aujourd’hui, il n’est plus question pour lui d’immoralité, mais d’immortalité.

Bien dans son époque, le milieu du XIXe siècle, la « famille intellectuelle » de Baudelaire se compose de Delacroix, Gautier, Poe, ou encore Wagner et Courbet. Baudelaire faisait ainsi partie du club des haschischins (consommateurs de haschich) où l’on trouvait également Dumas, Balzac, Flaubert, de Nerval, Gautier ou Delacroix.

Le poème Le Thyrse est dédié à Franz Liszt, qui lui avait ouvert les portes des salons parisiens.

Baudelaire, qui n’appréciait en musique que Weber et Beethoven se prend de passion pour la musique de Wagner en tant que « musique de l’avenir ». Il prendra la défense de celui-ci après l’échec cuisant des représentations parisiennes de Tannhäuser en 1859.

Wagner Tannhäuser Ouverture (Furtwängler)Cliquez sur l’image

Parmi les adaptations musicales de Baudelaire, citons le poème l’Invitation au voyage (« mon enfant, ma sœur, songe à la douceur… ») sous les paroles duquel Chabrier (1841-1894), Duparc (1848-1933) ou encore Charpentier (1860-1956) ont déposé leur musique. (Je ferai peut-être un jour un billet sur ce poème, qu’en pensez-vous ?)

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’image

Gabriel Fauré (1845-1924), autre maître de la mélodie française, compose un très beau Chant d’automne.

Fauré Baudelaire Chant d'automneCliquez sur l’automne

Ernest CHAUSSON (1855 – 1899) écrira L’Albatros (« Souvent pour s’amuser les hommes d’équipage… »)

Chausson Baudelaire l'AlbatrosCliquez sur l’image

On retrouve la filiation Baudelaire ==> Mallarmé avec la filiation Debussy ==> Caplet. Debussy d’abord avec les Cinq poèmes de Baudelaire ou son prélude Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir d’après le poème Harmonie du soir et André Caplet (1879-1925) avec La Cloche fêlée.

Debussy Les sons et les parfums PolliniCliquez sur la pochette du disque

Un peu plus loin dans le XXe siècle, l’Autrichien Alban Berg (1885-1935) mettra en musique Le Vin des amants.

Berg der WeinCliquez sur l’image

Quant à Dutilleux (1916-2013), il a composé les cinq mouvements de son concerto pour violoncelle Tout un monde lointain (1970) sur des poèmes de Baudelaire.

Dutilleux Tout un monde lointainCliquez sur le violoncelliste

Et en 2016, c’est à Dutilleux que Camille Pépin a dédié ses Sonnets, écrits sur des textes de Baudelaire.

Cliquez sur l’image

Liste des poèmes de Baudelaire interprétés sur ce blog :

L’Albatros.

L’Invitation au voyage.

La musique (façon Debussy).

La Musique (façon Wagner).

Les Phares.

Sed non satiata.

Cinéma, littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« TEL QU’EN LUI-MÊME ENFIN L’ÉTERNITÉ LE CHANGE », de MALLARMÉ

Après Oh si chère de loin, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images de ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer le Tombeau d’Edgar Poe, que Mallarmé a écrit à l’occasion de l’érection d’un monument à sa mémoire.

Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change,

Monteverdi Orfeo finalCliquez sur l’image

Le poète suscite avec un glaive nu

Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu,

Que la mort triomphait en cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange,

Messiaen Saint-François d'Assise l'ange musicienCliquez sur l’ange

Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,

Proclamèrent très haut le sortilège bu

Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Verdi Macbeth Tre volte miagolaCliquez sur les sorcières

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !

Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief

Dont la tombe de Poë éblouissante s’orne

Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur

Kubrick 2001 monolitheCliquez sur le monolithe

Que ce granit du moins montre à jamais sa borne

Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

Wagner Crépuscule des dieux corbeaux de WotanCliquez sur la mort de Siegfried

Citations :

L’éternité le change : à la fin de l’Orfeo de MONTEVERDI, Apollon fait monter Orphée au ciel où il jouira de l’immortalité pour contempler l’image d’Eurydice.

Oyant jadis l’ange : j’ai choisi ici l’ange musicien, à l’acte II du Saint-François d’Assise (1983) de MESSIAEN.

Dans quelque noir mélange : au début de l’acte III de Macbeth de VERDI, les sorcières préparent un breuvage infernal (un noir mélange) leur permettant de lire l’avenir.

Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur : ce vers me fait immanquablement penser au monolithe du film 2001 a Space Odyssey de Stanley KUBRICK. La musique qui accompagne cette scène est le Requiem de LIGETI.

Aux noirs vols du blasphème : ces « noirs vols du blasphème » me font penser aux corbeaux de Wotan, annonciateurs de la mort de Siegfried à la fin du Crépuscule des dieux, d’autant que le Corbeau d’Edgar Allan Poe est un des poèmes traduits par Mallarmé en français.

Compositeurs, Compositrices, littérature, Poésie

Francis POULENC (1899 – 1963)

Francis POULENC est né en 1899 dans une riche famille d’industriels du Rhône (eh oui, il était du Rhône, Poulenc), sa mère lui apprend le piano alors qu’il est âgé de cinq ans. Très rapidement, il a l’occasion de rencontrer des artistes comme SATIE, RAVEL ou DEBUSSY.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la lsite de lecture

En 1917, sa Rhapsodie nègre attire l’attention de STRAVINSKY.

Outre les musiciens déjà cités, Poulenc fréquente également l’avant-garde littéraire : APOLLINAIRE, Max JACOB, ÉLUARD et COCTEAU.

En 1918, il met en musique Le Bestiaire ou le cortège d’Orphée sur des textes d’Apollinaire. C’est de cette époque que date la création du groupe des six (Poulenc, Georges AURIC, Arthur HONEGGER, Darius MILHAUD, Louis DUREY et Germaine TAILLEFERRE). En 1921, il collabore ainsi aux Mariés de la tour Eiffel, une œuvre commune à ce groupe.

Poulenc mariés tour EiffelCliquez sur l’image

Élève de KOECHLIN (lui-même élève de FAURÉ), il compose en 1923 une pièce pour les Ballets russes de DIAGHILEV, avec décors et costumes de Marie LAURENCIN : Les Biches.

les biches poulencCliquez sur les biches

En 1926, il rencontre le baryton Pierre BERNAC qui, devenu son compagnon, créera 90 de ses 145 mélodies.

Poulenc Banalités SanglotsCliquez sur l’image

En 1928, il écrit le Concert Champêtre, pour clavecin et orchestre, dédié à la claveciniste Maria LANDOWSKA.

Suite à un pèlerinage à Rocamadour, il se rapproche de la religion catholique, et dès lors alternera musique sacrée et musique profane. Pour cela, on lui a collé le qualificatif de « Moine et Voyou ». En 1936, il compose les Litanies à la Vierge noire, qui seront suivies des Quatre motets pour un temps de pénitence.

En 1945, il compose Les Mamelles de Tirésias, d’après le drame surréaliste d’Apollinaire. Cette comédie lyrique est créée en 1947 à l’Opéra-Comique avec Denise DUVAL.

Poulenc mamelles de tirésiasCliquez sur l’image

Il compose alors des mélodies, des chœurs profanes (huit chansons françaises), des pièces religieuses (Stabat Mater, Salve Regina).

Poulenc Adieu tristesseCliquez sur la partition

En 1953, il aborde Dialogues des Carmélites, de BERNANOS. Il achève cette œuvre en 1955. Le Dialogue des Carmélites est créé à Milan en 1957, avant que d’être donné à l’Opéra de Paris (avec Régine Crespin et Denise Duval).

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

En 1958, il compose un monologue lyrique, La voix humaine, sur un texte de Cocteau datant de 1930.

Poulenc La Voix humaineCliquez sur « Elle »

Enfin, en 1961, on crée son Gloria.

Poulenc Gloria 1er mouvementCliquez sur l’image

Il meurt en 1963, et sa sonate pour piano et clarinette sera créée par Benny Goodman et Léonard Bernstein.

Retrouvez ici un éclairage particulier sur le Poulenc mystique.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

OH SI CHÈRE DE LOIN, ET PROCHE, ET BLANCHE…

Après Brise marine, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer Brise marine.

Oh si chère de loin et proche, et blanche, si

Délicieusement toi, Mary, que je songe

Debussy Pelléas mes longs cheveux descendent Mary GardenCliquez sur Mary (Garden)

À quelque baume rare, émané par mensonge,

Sur aucun bouquetier de cristal obscurci.

Wagner Parsifal le GraalCliquez sur l’image

Le sais-tu, oui, voici des ans, voici toujours

Que ton sourire éblouissant prolonge,

La même rose avec le bel été qui plonge,

Dans autrefois, et puis dans le futur aussi.

Berlioz Nuits d'été Spectre de la rose CrespinCliquez sur le spectre de la rose

Mon cœur qui dans la nuit parfois cherche à s’entendre,

Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre,

S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur,

Poulenc Dialogue des carmélites Ave MariaCliquez sur les sœurs

N’était, très grand trésor et tête si petite,

Wagner Parsifal prélude SoltiCliquez sur l’image

Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur,

Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

Citations :

Blanche: Dialogue des Carmélites de POULENC (cf. Rien que chuchoté de soeur.)

Mary : Mary GARDEN qui a créé le rôle de Mélisande, de DEBUSSY. Debussy, ami de Mallarmé, fréquentait son salon et a mis en musique le Prélude à l’ami d’un faune.

Bouquetier de cristal obscurci : le Graal de Parsifal de WAGNER. Mallarmé faisait partie des premiers admirateurs français de Wagner. Dans Parsifal, le Graal, ce vase sacré, est assombri par le péché du roi Gurnemanz.

La même rose avec le bel été : « le Spectre de la rose » des Nuits d’été de BERLIOZ

Mon cœur qui dans la nuit : La nuit des amants

Rien que chuchoté de sœur : Dialogue des Carmélites de Poulenc. Là, je joue un peu avec les deux sens du mot sœur, entre la sœur biologique et la religieuse. Mais l’héroïne principale du dialogue des Carmélites s’appelle Blanche, terme que l’on trouve déjà au premier vers de ce très beau poème.

Très grand trésor et tête si petite : Parsifal à nouveau. Parsifal l’innocent, à la tête si petite, sera celui qui délivrera le Graal du mal (Cf. le bouquetier de cristal obscurci.)

Par le baiser seul dans tes cheveux : Pelléas et Mélisande à nouveau. La chevelure de Mélisande joue un rôle symbolique fort dans l’opéra de Debussy (Cf. Mary.)

Écrivains, littérature, Poésie

L’ARIOSTE, DITES-VOUS ?

Parmi les sujets qui ont abondamment alimenté les livrets d’opéra figure le poème Orlando furioso (Roland furieux) du poète italien de la renaissance Ludovico ARIOSTO, dit l’Arioste (1474 – 1533).

Ludivico Ariosto est né le 8 septembre 1474 en Italie. Issu d’une famille de la petite noblesse, l’Arioste a passé une partie de sa vie au service de la famille d’Este, notamment dans des tâches politiques (ambassadeur, gouverneur…) tout en travaillant à son grand œuvre poétique, le Roland furieux.

Cette épopée, reprenant d’assez loin la Chanson de Roland, une chanson de geste relatant les aventures du neveu de Charlemagne, a été publiée en 1516 et a connu un grand succès dans toute l’Europe pendant 3 siècles. Elle est de nos jours à peu près totalement tombée dans l’oubli.

Il meurt le 6 juillet 1533 à Ferrare.

Tout le monde connaissait cette histoire jusqu’au début des années 1800, et les compositeurs baroques ont largement puisé dans ces récits, peuplés de héros et de magiciennes, pour construire leurs opéras.

La première adaptation à l’opéra est celle de Francesca Caccini, qui se trouve également être la première compositrice d’opéra, avec sa Liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso.

Parmi les nombreuses œuvres composées d’après celle de l’Arioste figurent également Roland (1684) de Lully et Angélique et Médor (1685) de Marc Antoine Charpentier.

Lully Roland grand choeur acte III scène 6Cliquez sur l’image

Le siècle suivant sera riche en adaptations avec Alcine (1705) de Campra, puis Orlando Furioso de Vivaldi, et encore Orlando (1733), Alcina (1735) et Ariodante (1735) de Haendel.

Haendel Alcina ombre pallide sandrine PiauCliquez sur Alcina

Peu après, c’est Haydn qui écrit son Orlando paladino (1782).

Haydn Orlando PaladinoCliquez sur l’image

Et à la fin du siècle, Méhul écrit Ariodant (1799).

Méhul AriodantCliquez sur l’image

Au XIXe siècle encore, on a pu entendre un Angélique et Médor (1843) d’Ambroise Thomas et la symphonie Roland furieux (1876) d’Augusta Holmès.

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« BRISE MARINE », de MALLARMÉ

Après Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les substantifs de ce poème par des citations musicales en rapport avec ce substantif.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer Brise marine.

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

Berlioz damnation sans regretsCliquez sur Faust

Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur madame Butterfly

Lève l’ancre pour une exotique nature !

Duparc Baudelaire Invitation au voyageCliquez sur l’image

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages

Britten Peter Grimes scène finaleCliquez sur le chœur 

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

Wagner Vaisseau fantôme choeur des marinsCliquez sur Wagner

Citations :

Et j’ai lu tous les livres : BERLIOZ, la Damnation de Faust, « Sans regrets, j’ai quitté… ». Arrivé au soir de son existence, Faust qui a consacré sa vie à étudier dans les livres se rend compte qu’il est passé à côté des choses de la vie.

Steamer balançant ta mature : PUCCINI, Madame Butterfly, « un bel di vedremo ». Madame Butterfly (Cio-cio-san), abandonnée par son mari, passe son temps sur la côte, à attendre qu’un vapeur le lui ramène.

Une exotique nature : DUPARC L’Invitation au voyage de BAUDELAIRE.

Les naufrages : À la fin de Peter Grimes, de BRITTEN, les villageois rassemblés font état du naufrage qui a eu lieu pendant la nuit, où le marin Peter Grimes a péri.

Chant des matelots : Wagner, le Vaisseau fantôme, « Chœur des matelots ».