Divers, Fantaisie, littérature, Shakespeare, Théâtre

LA VIE EST UN SONGE…

… nous apprenait CALDERON en 1635.

« Life is a dream » told us Calderon in 1635.

a midsummer night dream                                                                          source

Sans surprise, songes et rêves ont inspiré les compositeurs, à commencer par la comédie Le Songe d’une nuit d’été (1595) de SHAKESPEARE, adaptée ou mise en musique par PURCELL (The fairy Queen – 1692), WEBER (Oberon – 1826), Ambroise THOMAS (1850) ou BRITTEN (1960).

A l’époque baroque, on trouve de beaux airs de songe, notamment dans Atys (1676) de LULLY, avec sa belle scène du sommeil. Les songes funestes viennent ensuite le prévenir de ne pas mépriser l’amour de Cybèle.

lully atysCliquez sur l’image

Dans Les Boréades (1763) de RAMEAU, l’héroïne Alphise a fait un songe où le dieu Borée détruisait son royaume. Elle évoque ce rêve dans l’air Songe affreux, image cruelle.

Le XIXe siècle n’est pas avare en songes et en rêves, à commencer par le Freischütz (1821) de WEBER, où Agathe au début de l’acte III chante un rêve funeste qu’elle a eu.

weber fresischutz cavatine d'agatheCliquez sur Agathe

Dix ans après, dans Norma de BELLINI, le général romain Pollione raconte son rêve: son amour à Rome avec sa nouvelle maîtresse était brisé par Norma, son ancienne maîtresse.

En 1864, dans La belle Hélène, OFFENBACH fait chanter Hélène et Pâris qui l’a rejointe dans sa chambre, alors qu’Hélène croit rêver.

offenbach belle helene ce n'est qu'un reveCliquez sur l’image

Et en 1867, dans Roméo et Juliette, GOUNOD fait chanter à Mercutio, l’ami de Roméo l’air de la reine Mab (la reine des songes est la reine des mensonges). Peu après, c’est au tour de Juliette de déclarer vouloir profiter de sa liberté avant ses fiançailles (Je veux vivre dans ce rêve).

Gounod Roméo et Juliette je veux vivre dans ce rêveCliquez sur Juliette

Écrivains, littérature, Oulipo

LA DISPARITION (Georges PEREC – 1)

La Disparition (1969) est un roman oulipien écrit par G.org.s P.R.C qui réussit le tour de force d’écrire un roman en français de plus de 300 pages sans utiliser la lettre E, qui est pourtant la lettre la plus courante en français.

Rappelons que l’OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle) est une société regroupant gens de lettres et/ou scientifiques dans le but de produire de la littérature sous contrainte. Dans le cas de la Disparition, la contrainte est donc de ne pas faire apparaître de E, mais une deuxième contrainte oulipienne veut que le texte produit cite la contrainte. Ainsi toute la disparition n’est qu’une longue enquête visant à trouver « quelque chose » qui manque, ce quelque chose pouvant être, par exemple, le cinquième volume dans une série de vingt-six.

Perec qui semblait s’y connaître en musique nous régale donc avec des :

  • Stich-Randall chantait un air d’Aïda.
  • Haig chanta d’abord « Unto us a child is born ».
  • Fricsay l’initia au plain chant, Solti au canon, Von Karajan au tutti, Krips à l’unisson. Sir Adrian Boult assista à l’audition.
  • Douglas Haig, baryton, chantait Don Giovanni (dirigé par Karl Böhm).
  • Il chantait dans Don Juan la partition du commandant.
  • Un ocarina jouant l’Or du Rhin.
  • Haig s’aussitôt livra à sa passion du chant, trouvant dans MOZART, dans BACH, dans SCHUMANN ou dans FRANCK moult satisfactions.

Décryptage :

Theresa Stich-Randall (1927 – 2007) était une soprano américaine extrêmement célèbre à l’époque de La Disparition. Elle s’est illustrée dans les grands rôles mozartiens. Je vous propose de l’écouter chanter Aïda sous la direction de Toscanini (document rare) en 1947.

Verdi Aïda ToscaniniCliquez sur Toscanini

Unto us a child is born (Pour nous un enfant est né) est tiré de l’oratorio Le Messie de Haendel.

Haendel Messie For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Ferenc Fricsay, Sir Georg Solti, Herbert von Karajan, Joseph Krips et sir Adrian Boult étaient des chefs d’orchestre.

Don Giovanni (ou Don Juan en français) est un opéra de MOZART d’après l’œuvre de Molière. Par la partition du « commandant » il faut comprendre le « commandeur ». Perec cite également « l’uomo di marbro », ou « l’uomo bianco », (l’homme de marbre, l’homme blanc) qui sont deux noms que Leporello, le valet de Don Juan, donne à la statue du commandeur venue chercher Don Giovanni pour le conduire en enfer. Et puisque j’ai mis Toscanini pour Aïda, soyons fous et mettons Furtwängler pour Don Giovanni.

Mozart Don Giovanni commandeur furtwanglerCliquez sur Don Giovanni et le commandeur

L’Or du Rhin (Rheingold) est le titre du prologue de l’Anneau du Nibelung de WAGNER, et l’ocarina est un instrument à vent très ancien, une sorte de flûte ovoïde. Les amateurs de jeux vidéos se souviennent certainement d’un des meilleurs Zelda: Ocarina of time.

Wagner Rheingold débutCliquez sur l’image

Quant à Schumann, s’il ne cite pas une œuvre en particulier, il me plaît d’imaginer qu’il s’agit de son opéra Genoveva, qu’il aurait pu écrire Gainofaifa (ou Guaino fait Fa) ! Peut-être saurez-vous écrire Genoveva sans E : à vos commentaires !

Et si vous avez aimé cet article, ne manquez pas sur ce blog :

La Vie mode d’emploi (Georges Perec — 2) et Je me souviens (Georges Perec — 3) et Cantatrix sopranica L. (Georges Perec — 4).

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare

Benjamin BRITTEN (1913 – 1976)

Parmi les grands compositeurs du XXe siècle figure l’anglais Benjamin BRITTEN (1913 – 1976), trop largement méconnu en France. Je l’ai déjà écrit, Britten est celui qui a réveillé l’opéra anglais presque trois siècles après PURCELL (1659 – 1695).

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Benjamin Britten est né le 22 novembre 1913 dans le Suffolk. Ill reçoit ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans, avant de faire des études musicales classiques où il a notamment comme professeur Franck BRIDGE.

En 1934, il écrit la Simple Symphony, op.4.

En 1939, devant le climat belliciste qui règne en Europe, il migre aux États-Unis avec son compagnon, le ténor Peter Pears (qui créera beaucoup des œuvres de Britten). Il revient en Angleterre en 1942, où il écrit A Ceremony of Carols (pour chœur).

britten a ceremony of carolsCliquez sur l’image

En 1944, il reçoit une commande pour un opéra : ce sera Peter Grimes, créé en 1945.

Britten Peter GrimesCliquez sur l’image

En 1946, Britten écrit son second opéra, le Viol de Lucrèce (The Rape of Lucretia).

En 1947, il fonde l’English Opera group (EOG), avec l’ambition de « rendre à la musicalité de la langue anglaise la liberté dont elle a été dépourvue depuis Purcell » . En 1949, il écrit un opéra pour les jeunes Let’s make an opera : the little sweep (Faisons un opéra : le petit ramoneur). En 1951, c’est la création de Billy Budd, d’après MELVILLE.

En1954, Britten crée à la Biennale de Venise le chef-d’œuvre qu’est The turn of the screw (Le tour d’écrou) d’après Henry JAMES, et en 1960, il adapte SHAKESPEARE avec A midsummer night’s dream.

En 1961, il écrit pour son ami Rostropovitch la sonate pour violoncelle et piano, et son monumental War Requiem qui nécessite deux orchestres et deux chœurs, et qui juxtapose à la liturgie classique du Requiem un poème pacifiste.

En 1971, Britten entreprend son dernier opéra Death in Venice (Mort à Venise) d’après le roman éponyme de Thomas MANN (1971 est également l’année du film de Visconti, avec sa très belle utilisation de l’adagietto de la 5e symphonie de MAHLER).

Stylistiquement, on peut dire que comme son contemporain Alban BERG (1885 – 1935), il a attaché une grande importance à l’aspect formel de ses opéras, notamment dans l’usage des interludes orchestraux et, comme chez Berg et JANACEK (1854 – 1928), et les aspects psychologiques des personnages sont particulièrement développés.

Britten meurt en 1976.

(Source principale, je me suis servi pour écrire ce billet de « Benjamin Britten, a life in the twentieth century« , by Paul KILDEA [Penguin Book 2013])

Liste des principaux opéras de Britten :

Peter Grimes (1945)

The Rape of Lucretia (le Viol de Lucrèce) (1946)

Billy Budd (1951)

The Turn of the screw (le Tour d’écrou) (1956)

Gloriana (1953)

Death in Venice (La Mort à Venise) (1971)

A midsummer nights’s dream (le Songe d’une nuit d’été) (1960)

Bande dessinée, Compositrices, Contes et légendes, histoire, littérature

JEANNE D’ARC ET BARBE BLEUE

What happened between Joan of Arc and Bluebeard ?

Quel curieux rapprochement que celui de Jeanne d’Arc et de Barbe Bleue. Il prend pourtant son sens quand on sait qu’un des modèles historiques de Barbe Bleue était Gilles de Rais, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc pendant la guerre de Cent Ans et nommé maréchal de France, mais aussi violeur et égorgeur de petits enfants.

On peut noter que les deux personnages de Gilles de Rais et de Barbe-Bleue ont fait l’objet d’un album de la série de bande dessinée Jhen, série créée par Jacques Martin (Alix, Lefranc) et dessinée par Pleyers.  barbe-bleue gilles de raisEt puisque je suis dans la bande dessinée, je ne peux résister au plaisir de citer F’murrr et sa Jehanne Darques, mariée avec Gilles de Retz (?) et compagne d’aventures d’Attila.

  f'murrr jehanneMais revenons à l’opéra:

La Barbe bleue (1697) est un des contes de PERRAULT, qui raconte l’histoire de Barbe-Bleue qui confie à sa nouvelle femme toutes les clés de son château, dont une qu’elle n’a pas le droit d’utiliser. Évidemment, dès qu’il a le dos tourné, sa femme brave l’interdit et trouve une pièce avec les cadavres de ses précédentes épouses. Au retour de Barbe-Bleue, celui-ci veut tuer sa femme.

Le premier opéra écrit sur le conte de Perrault est Raoul Barbe-Bleue (1789) de GRÉTRY.

OFFENBACH, qu’aucun sujet ne rebutait, a également écrit son opéra-bouffe Barbe-Bleue en 1866.

Au XXe siècle, où les apports de la psychologie ou de la psychanalyse nourrissent les livrets d’opéras, il y a au moins deux opéras importants écrits sur le mythe de Barbe-Bleue : Ariane et Barbe-Bleue (1906) de Dukas, d’après le symboliste MAETERLINCK (Celui de Pelléas et Mélisande et justement il y a une Mélisande parmi les femmes de Barbe-bleue) et le Château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK.

En 2002, la compositrice Isabelle Aboulker écrit un opéra pour enfants, Douce et Barbe-bleue.

Aboulker douce et Barbe-bleueCliquez sur l’image

Quant à Jeanne d’Arc, avant de rejoindre le roman historique français, elle a été célébrée par SCHILLER (encore un qui défendait les libertés) dans sa Pucelle d’Orléans (1801), pièce qui a inspiré VERDI pour Giovanna d’Arco (1845) et TCHAÏKOVSKY pour La Pucelle d’Orléans (1881).

Tschaïkovski la pucelle d'orléansCliquez sur Jeanne d’Arc

 

Mais avant eux, ROSSINI avait écrit dès 1832 la cantate Giovanna d’Arco.

Rossini Giovanna d'ArcoCliquez sur l’image

Et en 1874, c’est LISZT qui écrit son Jeanne d’Arc au bûcher, quelques décennies avant HONEGGER.

Liszt Jeanne d'Arc au bûcherCliquez sur l’image

Animation 1, littérature, Mythologie, Nature

LE STUDIO GHIBLI

Studio Ghibli was founded by Hayaho MIYAZAKI (Spirited away) and Isao TAKAHATA (Grave of the fireflies).

Le studio GHIBLI est un studio de dessins animés, ou plus précisément d’anime puisqu’il s’agit d’animation japonaise, fondé en 1985 par Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro) et Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles).

On ne le sait pas toujours, mais Miyazaki, qui mêle animisme japonais et écologie dans ses longs métrages, est également attiré par l’Europe, et ceux de ses films qui ne se passent pas au Japon se passent souvent dans une espèce de Mitteleuropa.

Le compositeur attitré de Miyazaki est Joe Hisaishi, mais des éléments de musique classique se trouvent également dans les bandes originales.

Ainsi dans Nausicaä de la Vallée du vent (1984), cette citation de la Sarabande d’Haendel.

Hisaichi Nausicaä HaendelCliquez sur Nausicaä

ponyo walkyrie

Dans Ponyo sur la falaise (2008), la petite fille poisson s’appelle Brünnehilde, comme la Walkyrie de WAGNER, avant d’être nommée Ponyo par un petit garçon qui la recueille. Son histoire est proche de celle d’Ondine, d’E.TA. Hoffmann, ou de la petite Sirène d’Andersen et donc de la Rusalka de Dvorak.

Dvorak Rusalka METCliquez sur Rusalka

Vers la fin du film, Ponyo/Brunehilde chevauche une vague géante, sur la musique de la Chevauchée des Walkyries.  Le vent se lève

Dans Le vent se lève (2013) apparaît le personnage de Castorp, directement inspiré du Castorp de La Montagne magique (1924) de Thomas Mann. Or ce roman est écrit en contrepoint de la Mort à Venise (1912) du même Mann, roman qui a été transposé à l’opéra par B.Britten (1972). Il a également été adapté au cinéma par Visconti, avec la géniale utilisation de la musique de Mahler (adagietto de la 5e symphonie).

Mahler Symphonie n° 5 adagiettoCliquez sur l’image

Quant à Takahata, son goût pour la musique occidentale transparaît non seulement dans ses musiques de films, mais également dans le sujet même de certains de ses films. Ainsi de Gauche le violoncelliste (1981), où un jeune violoncelliste s’entraîne la nuit, au milieu d’animaux qui l’aident. Le concert qu’il prépare avec son orchestre de jeunes est la Symphonie pastorale de Beethoven. yamada                                                                             source

Dans Mes Voisins les Yamada (1999), une série de saynètes de la vie familiale au Japon, des extraits musicaux ponctuent le film, et on peut y entendre notamment la marche nuptiale du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, la symphonie des jouets attribuée à Léopold Mozart ou encore les symphonies 1 et 5 de Mahler.

Et enfin, pour tout savoir sur l’univers du studio Ghibli, une seule adresse, l’excellent site Buta Connection.

Si ce billet vous a plu, celui sur Walt DISNEY pourrait vous plaire également.

Écrivains, histoire, littérature

L’OPÉRA SELON G.B. SHAW

L’écrivain Georges Bernard SHAW (1856 – 1950) a défini l’opéra comme étant: Une histoire où un ténor et une soprano veulent coucher ensemble, et où un baryton (et/ou une alto) les en empêche.

Cette définition plaisante est valable pour la grande majorité des opéras que Shaw pouvait entendre à son époque, c’est-à-dire en gros pour les opéras du XIXe siècle.

Écoutons comme exemple le duo d’amour de Tristan et Isolde.

Wagner Tristan und Isolde duo d'amour

Suivant les méthodes de L’OUvroir de LIttérature POtentielle (OULIPO), fondée par QUENEAU et Le LIONNAIS (et al.), et qui a eu PEREC parmi ses membres, je me propose donc de noter ce schéma narratif (T+S)/B (ou [(T+S)/(B+A)], si une alto aide le baryton à contrarier les amours des héros. On verra qu’un très grand nombre d’opéras répondent à ce(s) schéma(s).

Il faut signaler qu’il ne peut s’appliquer aux opéras plus anciens, notamment à ceux du XVIIe siècle où tous les rôles étant chantés par des hommes, il n’y avait pas de sopranos. Voire à ce sujet le billet précédent sur la tessiture et les voix.

A cette époque, le paradigme était plutôt celui d’une femme (voire d’une déesse) qui obtenait par magie ou par enchantement l’amour qu’un  homme ne lui donnait pas, bien souvent parce que le cœur de cet homme était déjà pris. C’est là un thème que l’on trouve dans Atys ou Armide de LULLY, ou encore Alcina de HAENDEL.

Dans ces œuvres, la méchante était chantée par une soprano, la voix aiguë étant alors considérée comme maléfique. On retrouve ces aigus maléfiques dans les airs de la reine de la nuit de La Flûte enchantée de MOZART.

La voix de baryton représentait l’âge mûr et la sagesse, et donc pas le vilain bonhomme qui contrariait les amours des héros. Le rôle du héros était généralement chanté par un haute-contre. Je vous propose ici d’écouter l’air Ombra mai fu du Serse (Xerxès) de Haendel, chanté par Philippe Jaroussky.

Haendel Serse Ombra mai fu JarrousskyCliquez sur l’image

Plus tard, les goûts évoluant, les voix hautes (sopranos, ténors) ont représenté les héros et les voix basses (altos, barytons, basses) les forces obscures.

Animation 1, Cinéma, littérature

LE FANTÔME DE L’OPÉRA

Le Fantôme de l’opéra (1910) est un roman fantastique de Gaston LEROUX, le père de Rouletabille et Chéri-bibi. Il se passe presqu’entièrement dans les locaux du Palais Garnier, dans le microcosme sociétal que constitue le peuple de l’opéra, chanteuses, danseuses, machinistes, ouvreuses, directeurs…

Sans vouloir espoillier l’histoire, sachez qu’un être mystérieux qui vit au milieu du lac caché sous l’opéra tombe amoureux d’une cantatrice qui, elle, aime un jeune noble. Ce roman donne l’occasion à Leroux de nous faire visiter l’opéra, des sous-sols au toit, de la salle aux loges et aux coulisses, tout en décrivant avec une ironie mordante tout le petit monde de l’opéra.

Une partie de l’histoire est rythmée par les représentations du Faust de GOUNOD, jusqu’à l’enlèvement de la chanteuse en pleine représentation, quand elle chante l’air Anges purs, anges radieux.

Gounod Faust Anges purs, anges radieuxCliquez sur l’image

Le roman a inspiré bien des adaptations, dont la comédie musicale d’Andrew LLOYD WEBBER.

Lloyd Weber The Phantom of OperaCliquez sur l’image

Une autre adaptation est le film culte Phantom of the Paradise, de Brian De PALMA. Ce film est une énième adaptation du mythe de Faust, transposé dans le monde du show business moderne. Un auteur, compositeur de la première version rock de Faust se fait voler son œuvre puis sa voix par un imprésario qui a lui-même vendu son âme au diable. Comme souvent chez De Palma, ce film est truffé de citations, notamment une amusante parodie de la fameuse scène sous la douche de Psychose, d’Alfred HITCHCOCK, ou un « Taxi, suivez cette voiture! » tout droit sorti de l’univers de Tex AVERY.

Les studios DISNEY ont également produit une adaptation, Phantom of the Megaplex, disponible sur Disney Channel.

Compositeurs, littérature, Shakespeare

Giuseppe VERDI (1813 – 1901)

Giuseppe VERDI is one of the greatest composers of the XIXth century.

Verdi par Adrian

Giuseppe VERDI (1813 – 1901) est contemporain de WAGNER (1813 – 1883), à qui on l’a opposé stylistiquement.

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La province de Parme où il est né le 10 octobre en 1813 était à l’époque sous occupation napoléonienne. On peut donc considérer que Verdi est français! (cocorico!)

Stylistiquement, il a traversé tout le XIXe siècle en débutant avec des opéras romantiques, puis en se tournant vers le GOf avant de finir, dans une ultime métamorphose, par la comédie.

S’il a connu une très grande célébrité, son destin personnel a été tragique. En effet, entre 1836 et 1838, il se marie, a deux enfants, puis voit mourir ses deux enfants puis sa femme.

Un de ses premiers grands succès est Nabucco (1841), Verdi devenant un symbole de la lutte contre l’occupant autrichien, et son nom devenant l’acronyme de Victor Emmanuel Roi DItalie. Le chœur des hébreux (« Va pensiero ») va vite devenir un second hymne pour les Italiens.

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur l’image

En 1844, Verdi entame une collaboration avec le librettiste Piave, qui lui écrira quelques-uns de ses meilleurs livrets (dont Ernani, Macbeth, Rigoletto, et La Traviata).

En 1846, il reçoit commande d’un Macbeth, d’après SHAKESPEARE, qui sera créé en 1847. En 1849, il met en chantier Rigoletto, d’après V.HUGO, opéra qui sera créé à Venise en 1851.

En 1852, il assiste à Paris à une représentation de La Dame au camélia, d’Alexandre DUMAS fils. Sa situation personnelle (il vivait maritalement avec une chanteuse, provoquant ainsi scandale et réprobation autour de lui), lui donne l’idée de tirer un opéra de cette pièce. Ce sera La Traviata (1853) qui après des débuts difficiles à cause de son sujet scabreux finira vite par s’imposer.

Après le triomphe de sa trilogie Rigoletto, Le Trouvère, La Traviata, il se frotte au Grand Opéra à la française avec la création en 1855 des Vêpres siciliennes pour l’opéra de Paris, sur un livret de SCRIBE.

En 1857, il écrit Simon Boccanegra, opéra qui sera remanié en 1881.

Sa renommée croissante lui vaut alors des commandes un peu partout dans le monde. La Forza del Destino (1862) pour Saint Pétersbourg, Don Carlos (1867) pour Paris, et surtout Aïda (1871), commandé pour l’ouverture du canal de suez et l’inauguration de l’opéra du Caire. celeste aida                                                                           source

Sa production d’opéra ralentit sur la fin de sa vie et il écrit, outre de la musique de chambre, son Requiem (1874) qui reste très théâtral. Il rencontre Arigo BOÏTO qui lui apporte le livret d’Otello (1887) et son ultime opéra Falstaff (1892).

verdi otello ave mariaCliquez sur l’image

Il écrit encore les très belles 4 pièces sacrées, créées en 1898.

Verdi meurt à Milan le 27 janvier 1901.

Il a été en phase avec les écrivains de son époque, puisqu’il a écrit Ernani et Rigoletto d’après V.HUGO (1802 – 1885), La Traviata d’après A.DUMAS fils (1824 – 1895) et que SCHILLER (1759 – 1805) dont il a adapté Jeanne d’Arc était presque son contemporain.

Et un petit jeu de mots pourri pour terminer (il ne faut jamais reculer devant un jeu de mots pourri): Savez-vous pourquoi GOUNOD et Verdi étaient fâchés? C’est parce que quand Gounod voulait laver Maria, Verdi ôtait l’eau.

Liste des opéra des Verdi chroniqués sur ce blog :

Macbeth (1847)

Rigoletto (1851)

Le Trouvère (Il Trovatore) (1853)

La Traviata (1853)

La Force du destin (La Forza del destino) (1862)

Aïda (1871)

Simon Boccanegra (1857, puis 1881)

Otello (1887)

Falstaff  (1892 – 1893)

Divers, histoire, littérature, Sciences, Théâtre

DOCTEURS ET MÉDECINS

Si la présence de docteurs et médecins ne manque pas dans l’univers de l’opéra, on verra qu’ils ne sont souvent pas présentés à leur avantage.

Dès l’époque de MOLIÈRE, LULLY a écrit la musique de l’Amour médecin (1665), et quand leur coopération a cessé, c’est Marc Antoine CHARPENTIER (celui du Te Deum de l’Eurovision) qui a écrit la musique du Malade imaginaire (1673).

Charpentier le Malade imaginaireCliquez sur l’image

On peut signaler ici que le personnage de Diafoirus est probablement inspiré par celui de Guy PATIN, célèbre médecin contemporain de Molière. guy patin                                                                           source

Diafoirus a fait une nouvelle apparition dans Qui ? (1931), une opérette du XXe siècle.

ROSSINI fait intervenir dans le Barbier de Séville (1816) le docteur Bartolo, un barbon qui  veut se marier avec sa pupille.

Dans L’Élixir d’amour (1834), DONIZETTI fait intervenir un charlatan, Dulcamara, qui prétend avoir inventé un élixir qui garantit l’amour de la personne aimée.

Charles Gounod a adapté le Médecin malgré lui de Molière.

Cliquez sous l’image

Dans Les Contes d’Hoffmann (1881) d’OFFENBACH, il y a un docteur Miracle qui se propose de guérir Antonia, une cantatrice vouée à la mort si elle chante. Fort amusamment, le Docteur Miracle est aussi une opérette écrite par BIZET en 1856, résultat d’un concours organisé par Offenbach pour trouver de nouveaux compositeurs.

On trouve encore des docteurs dans Iolanta (1892) de TCHAIKOVSKI, où le docteur maure guérit l’héroïne de sa cécité, et dans les deux opéras de BERG : le sergent-major de Wozzeck (1922) et l’inquiétant docteur Schön de Lulu (1935).

Tchaikovski Iolanta air du docteur il y a deux mondesCliquez sur le docteur maure

Dans Tommy (1969) des WHO, un docteur cherche à sortir le héros de son mutisme, sa cécité et sa surdité.

Enfin, signalons le Doctor Atomic (2005), John ADAMS, qui relate la vie du physicien Oppenheimer, le père de la bombe atomique.

littérature, Mes opéras préférés

LA DAMNATION DE FAUST, de BERLIOZ (1829 puis 1846)

On l’a vu dans le mythe de Faust à l’opéra, de nombreux compositeurs ont mis Faust en musique, et parmi eux Hector BERLIOZ (1803 – 1869).

La Damnation de FAUST de Berlioz a eu une genèse compliquée. Enthousiasmé par la traduction de l’œuvre du grand GOETHE par Gérard de NERVAL, Berlioz entreprend de mettre en musique Huit scènes de Faust en 1829, et il envoie sa partition à Goethe, qui ne l’apprécie pas. Berlioz retire alors sa partition.

Il la reprendra en la complétant en 1845 – 1846, pour en faire un « opéra de concert », qui n’aura aucun succès en France du vivant de Berlioz, mais sera pourtant joué dans toute l’Europe. Ce n’est qu’en 1893 que la Damnation de Faust acquerra son statut d’opéra à part entière, dans une production scénique à l’opéra de Monte-Carlo.

Bizarrement, malgré (ou à cause de) sa musique géniale de bout en bout, la Damnation de Faust est une des œuvres les plus massacrées par les metteurs en scène, ce qui peut faire penser qu’il faut vraiment la donner en version de concert, sans avoir à subir les fantasmes de tel ou tel petit génie autoproclamé de la mise en scène.

Au début de l’œuvre, Faust médite seul dans son cabinet. Il a fait le tour du savoir livresque et se demande à quoi tout cela sert. Par sa fenêtre, il voit le peuple se réjouir dans une kermesse, éveillant sa jalousie. Des soldats passent. Cette scène qui n’est pas dans l’œuvre de Goethe est rajoutée par Berlioz pour le simple plaisir d’écrire sa « marche hongroise ».

Berlioz la Damnation de Faust Marche hongroiseCliquez sur l’image

Faust veut mettre fin à ses jours, mais au moment où il s’apprête à boire le poison, des chants de Pâques se font entendre au dehors. Il arrête son geste et Méphistophélès apparaît. Il propose à Faust de découvrir les plaisirs qu’il a ignorés pendant sa vie d’études. Il l’emmène d’abord dans une taverne où on chante des chants grossiers (chanson de la puce). Faust dégoûté demande autre chose.

Méphisto endort Faust (Air : Voici des roses) et convoque ses créatures pour charmer Faust dans son sommeil. Marguerite lui apparaît en rêve. À son réveil, il veut la voir.

voici des rosesCliquez sur l’image

À la tombée de la nuit, un double chœur de soldats et d’étudiants se croisent devant la maison de Marguerite. Quand la place est vide, Faust entre dans la maison puis se cache au jardin. Marguerite arrive. Elle dit qu’elle a vu son futur amant en rêve et chante la « Chanson du roi de Thulé ».

berlioz damnation de Faust roi de ThuléCliquez sur l’image

Puis Faust et Marguerite se rencontrent enfin, ils se reconnaissent sans s’être jamais vus, mais Méphisto interrompt leur duo car les voisins, entendant du bruit chez Marguerite, sont partis prévenir sa mère.

Berlioz la Damnation de faust Ange adoréCliquez sur Marguerite et Faust se reconnaissant sans s’être jamais vus

Quelques mois plus tard, Marguerite attend Faust, qui ne vient pas.

berlioz damnation d'amour l'ardente flamme normanCliquez sur l’image

De son côté, Faust lance une invocation à la nature (Nature immense), lorsque Méphisto vient lui annoncer le danger que court Marguerite. En effet, Méphisto avait donné à Faust un somnifère pour endormir la mère de Marguerite pendant leurs nocturnes amours, mais il en a tant usé que la vieille en est morte (sic !). Les villageois arrivent pour arrêter Marguerite. Méphisto est prêt à sauver Marguerite si Faust lui livre son âme. Faust accepte. Méphisto emmène Faust dans une chevauchée fantastique, qui se termine par l’enfer pour Faust alors que l’âme de Marguerite monte au ciel.

Berlioz Damnation de Faust Course à l'abîmeCliquez sur l’image