Divers, Nature, Shakespeare

LES QUATRE SAISONS (1) : L’HIVER.

Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui

Stéphane Mallarmé, Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Aujourd’hui c’est l’hiver qui commence, au jour le plus court de l’année et à partir duquel les jours vont rallonger jusqu’à l’été. À cette occasion, j’ai imaginé une série de 4 billets qui illustreront les 4 saisons. Voici le premier.

Évidemment, quand on dit 4 saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI. (Si on disait 4 saisons et nourriture, on penserait aussitôt « pizza », mais ça, je le laisse à d’autres blogueurs. 😉)

Vivaldi l'hiver 1Cliquez sur l’image

Avant Vivaldi, PURCELL avait déjà évoqué un génie du froid dans son King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song OrlinskiCliquez sur le génie du Froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur, qui se remémore différentes étapes de sa vie avant d’avoir des hallucinations (Drei Nebensonnen) puis de croiser sur sa route un étrange vieillard qui vient le chercher, mais pour aller où (Der Leiermann) ?

… Wunderlicher Alter, mit dir soll ich gehn?
Merveilleux vieillard, avec toi dois-je aller?

Schubert Winterreise der LeiermannCliquez sur l’image

Au début de La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust chante le changement de saison (Le vieil hiver a fait place au printemps).

Berlioz Damnation le vieil hiverCliquez sur l’image

Dans l’opéra Snegourotchka (la Fille de neige) (1881) de RIMSKI-KORSAKOV, l’héroïne se trouve être la fille de l’Hiver et du Printemps, menacée de mort par le soleil. Son sort est proche de celui de Rusalka puisqu’elle part vivre chez les humains, et finit par déclarer son amour à l’un d’entre eux, et là, paf ! un rayon de soleil apparaît et la fille de neige s’évanouit.

Autre présence de l’hiver dans l’opéra Jenufa (1903) de JANACEK. Dans cet opéra dont le sujet aurait pu être vériste s’il avait été italien, l’héroïne Jenufa a conçu un enfant en dehors des liens du mariage. L’existence de cet enfant caché ruine les projets de mariage entre Jenufa et son fiancé officiel, ce pour quoi la future belle-mère enlève l’enfant et le jette dans la rivière gelée. Au printemps suivant, on retrouve au moment du mariage le cadavre du bébé gelé lors de la fonte des neiges, révélant le scandale au grand jour.

DEBUSSY a mis en musique l’hiver dans son Yver vous n’estes qu’un villain extrait des 3 Chansons de Charles d’Orléans. Il a également écrit dans ses préludes « impressionnistes » le n° 6, Des pas sur la neige.

Debussy Yver vous n'êtes qu'un vilainCliquez sur Debussy

Autre compositeur français du XXe siècle à avoir gâté les chœurs avec ses très belles pièces, POULENC a écrit La blanche neige, dans ses 7 chansons pour chœur a cappella.

Dernier avatar de l’hiver, l’adaptation à l’opéra par BOESMANS en 2000 du conte d’hiver de SHAKESPEARE.

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérer que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

P.P.S. : Retrouvez d’autres musiques sur le thème de l’hiver en cliquant sur le lien.

Cinéma, Divers, Poésie, Shakespeare, Woody Allen

LES DOUZE COUPS DE MINUIT

Une fois, par un minuit lugubre, comme je m’appesantissais faible et fatigué
Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié…
Edgar Allan POE (Trad. MALLARMÉ)

Minuit : une journée qui finit, une journée qui commence. C’est l’heure favorable pour le dénouement des actions, ou au contraire pour le début de nouvelles. Aussi n’est-ce pas un hasard si de nombreuses scènes d’opéra se déroulent à minuit.

Dans Le Freischütz (1821) de WEBER, la fameuse scène de la fonte des balles maudites à la Gorge aux Loups se déroule à minuit.

Dans Gustave III (1833) d’AUBER, la devineresse Arvedson donne rendez-vous à l’héroïne Amélie à minuit au pied d’un gibet pour y cueillir une plante maléfique dont les racines la délivreront d’un amour coupable.

Auber Gustave III minuitCliquez sur la pochette du disque

On retrouve l’intrigue de Gustave III dans Le Bal masqué (1859) de VERDI, puisque c’est le même livret de SCRIBE qui a été adapté pour Verdi. La censure qui sévissait en Italie rendant impossible de montrer un régicide sur scène, l’action a été transposée aux Amériques. La devineresse s’appelle alors Ulrica, et Amélie Amélia.

Dans Le Songe d’une nuit d’été (1850) d’Ambroise THOMAS, qui met en scène Falstaff et  la reine Elizabeth I en amoureuse secrète de SHAKESPEARE (sic), on trouve une scène dans la forêt royale de Richmond, avec  un chasseur maudit qui apparaît à minuit. (Air: dans l’ombre de la nuit).

En 1868, dans Hamlet, Thomas fait intervenir le spectre du père du héros à minuit, pour lui demander de venger son assassinat.

Thomas Hamlet le spectreCliquez sur l’image

Verdi était un habitué des douze coups de minuit puisque dans Rigoletto (1851), c’est dans une auberge que se noue le sort de Gilda, la fille cachée de Rigoletto. Celui-ci a commandité l’assassinat du duc à minuit, mais les assassins décident de lui laisser la vie sauve si un voyageur se présente à la porte avant l’heure fatale. Gilda, amoureuse du duc, se sacrifie et entre dans l’auberge où elle meurt sous les coups des reîtres payés par son père.

Verdi Rigoletto scène finaleCliquez sur la scène finale de Rigoletto

Verdi récidive dans Don Carlos (1867), où le héros a rendez-vous à minuit avec Elisabeth de Valois, pour lui déclarer sa flamme. Et dans son dernier opéra, Falstaff (créé en 1892), on joue une farce à Falstaff en lui donnant un rendez-vous galant à minuit dans le parc royal. Mais c’est un coup monté qui l’attend quand sonnent les douze coups de minuit, les villageois déguisés provoquent un sabbat destiné à le punir en lui faisant peur (Air et chœur: Sul fil d’un soffio etesio).

Dans La Chauve-souris (1874) de J.STRAUSS, ce ne sont pas les douze coups de minuit que l’on entend, mais les six coups qui marquent six heures du matin, et qui signifient que la folle fête est terminée.

Dans Midnight in Paris (2011) de Woody ALLEN, on peut entendre la barcarolle des Contes d’Hoffmann, ainsi qu’un french cancan de La Vie parisienne, d’OFFENBACH.

Divers, histoire, littérature

LA RÉVOLUTION FRANCAISE (1)

Puisque Les feuillets du patrimoine a eu l’amabilité de me citer récemment, je me suis dit rendons lui la pareille en rebondissant sur son billet sur la Révolution (ou plutôt sur le « rien » du journal de Louis XVI au 14 juillet 1789). Ceci me permet en outre de tester les liens inter-blogs (j’espère que ça va fonctionner 😀).

La Révolution française a inspiré directement ou indirectement maints opéras ou sujets d’opéra.

La pièce Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, est considérée comme un préfigurateur de la Révolution. Elle a inspiré notamment le chef-d’œuvre mozartien Les Noces de Figaro. Sur l’aspect prérévolutionnaire, voir l’air « Se vuol ballare… » (Le comte a des vues sur la fiancée de son valet Figaro, qui lui chante [je traduis approximatif : Si le baron veut danser, je saurais l’accompagner à la guitare…])

Mozart Le nozze Se vuol ballareCliquez sur Figaro

Beethoven

Le plus connu des opéras inspirés par la Révolution française est Fidélio (1814), de BEETHOVEN (1770 – 1827). Beethoven était épris de liberté, et les idéaux de la Révolution française avaient une résonance en lui. Aussi choisit-il Léonore ou l’amour conjugal, une pièce française inspirée d’un fait divers de la Révolution, pour sujet de son unique opéra.

Beethoven Fidélio choeur des prisonniersCliquez sur les prisonniers

À l’époque où il écrivait la première version de Fidélio, Beethoven composait sa 3e symphonie, initialement dédiée à Bonaparte, le sauveur des idées de la Révolution française. Quand il apprend en 1804 que Bonaparte se fait couronner empereur, Beethoven déchire la dédicace, et renomme sa symphonie Héroïque.

Parmi les compositeurs ayant écrit pour la Révolution figure MÉHUL (1763 – 1817), dont le Chant du départ nous est resté. Méhul a composé une trentaine d’opéras, dont Joseph (1807), qui a connu le succès dans toute l’Europe. (Si vous écoutez bien la vidéo du Chant du départ, vous pourrez m’entendre dans le chœur 😀.)

Méhul le Chant du départCliquez sur l’image

Le destin tragique du poète révolutionnaire André CHÉNIER (1760 – 1794) a servi de trame à l’opéra vériste Andrea Chénier (1896) de l’italien GIORDANO.

Enfin, last but not LISZT comme disent les musiciens, il faut noter le poignant Dialogues des Carmélites (1953), de POULENC (1899 – 1963), d’après BERNANOS, qui raconte l’histoire de religieuses qui finissent guillotinées par les révolutionnaires pour n’avoir pas voulu abjurer leur foi. Écoutons la poignante scène finale où les religieuses chantent le Salve Regina en montant à l’échafaud, leur chant s’éteignant petit à petit au fur et à mesure que tombe le couperet de la guillotine.

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

Retrouvez ici d’autres musiques composées pour la révolution française.

Post-Scriptum : j’allais oublier l’opéra-rock La Révolution française (1973) de Claude Michel SCHÖNBERG, un des plus gros succès de la comédie musicale française.

Compositeurs, Shakespeare

Ambroise THOMAS (1811 – 1896)

Enfant prodige, Ambroise THOMAS (1811 – 1896) est contemporain de Franz LISZT (1811 – 1886).

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Il est né le 5 août 1811 à Metz..

Au Conservatoire, il a comme professeur LE SUEUR, un des maîtres de BERLIOZ. Prix de Rome en 1832, il a l’occasion de rencontrer Berlioz (1802 – 1869) à la villa Médicis (Berlioz avait obtenu le prix de Rome en 1830).

De retour à Paris, le petit Ambroise se tourne vers le genre à succès de son époque : l’Opéra. Il compose notamment une des dernières adaptations de La Jérusalem délivrée de l’ARIOSTE avec Angélique et Médor (1843). Il écrira également un Songe d’une nuit d’été (1850), d’après SHAKESPEARE. (J’ai eu l’occasion de chanter dans les chœurs une reprise de cette œuvre, d’où est tirée la vidéo qui suit.)

Thomas SongeCliquez sur l’image

En 1851, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts, devant Berlioz qui n’obtient pas une seule voix. Sa célébrité au XIXe siècle n’a d’égal que l’oubli où il est tombé aujourd’hui.

Ses plus grands succès seront Mignon (1866), d’après l’œuvre de GOETHE,

Thomas Mignon connais-tu le paysCliquez sur l’image

et Hamlet (1868) d’après Shakespeare, très grand succès à son époque mais un peu oublié depuis, et que l’on a pu voir récemment à l’Opéra-Comique.

Thomas Hamlet chanson d'OphélieCliquez sur Ophélie

Nommé professeur au Conservatoire de Paris (1856), il a comme élève MASSENET.

En 1871, le directeur du Conservatoire Daniel François Esprit AUBER, un des fondateurs du GOf, meurt dans ses bras et Thomas le remplace à la Direction du Conservatoire. Ainsi, Thomas fait le lien entre Auber qui fut son prédécesseur et Massenet qui fut son élève. Mettant alors de côté sa carrière de compositeur, il écrira encore un Françoise de Rimini (1874), d’après DANTE et un ballet, La Tempête (1889), toujours d’après Shakespeare. (Le Francesca da Rimini de Tchaïkovski date de 1876).

Ambroise Thomas meurt le 12 février 1896.

Écrivains, Divers, Maria Callas, Shakespeare

Centième billet du blog

Et oui, voici déjà sept mois que j’ai ouvert ce blog, et ceci est le centième billet que je publie !

En sept mois, j’ai écrit dix-neuf billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the screw de BRITTEN, seize billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à Britten et quinze billets consacrés à des écrivains, de SHAKESPEARE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation,… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Et comme l’opéra c’est du théâtre, de la musique, du chant, des émotions, voici une petite sélection, très subjective, de quelques-uns de mes airs préférés.

LULLY – Atys (1676) – Les songes funestesatys danseurs.png

PURCELL – Didon & Enée (1689) – When I am laid.

HAENDEL – Serse (1738) – Ombra mai fu.

RAMEAU – Platée (1745) – Air de la Folie.

MOZART – Les Noces de Figaro (1786) – Voi que sapete.

DONIZETTI – L’élixir d’amour (1832) – Una furtiva lacrima.

BERLIOZ – La Damnation de Faust (1846) – D’amour l’ardente flamme.

VERDI – La Traviata (1853) – Addio del passato.

WAGNER- Tristan und Isolde (1859) – Mort d’Isolde.

MOUSSORGSKI – Boris Godounov (1872) – Mort de Boris.

SAINT-SAËNS – Samson et Dalila (1877) – Mon cœur s’ouvre à ta voix.

PUCCINI – Tosca (1899) – Vissi d’artemaria callas.png

DVORAK – Rusalka (1900) – Hymne à la lune.

Et voilà, je vais m’arrêter ici, même si c’est frustrant de laisser de côté encore tant et tant de merveilles. Je devrai refaire un florilège pour le 200e billet.

Vive l’opéra, vive la musique.

Écrivains, littérature

Pierre CORNEILLE (1606 – 1684)

Pierre CORNEILLE was a famous french dramatist.  

Pierre CORNEILLE (1606  – 1684) est, avec RACINE et MOLIERE, un des grands écrivains français du XVIIe siècle.

Corneille naît à Rouen le 6/6/6 [6 juin 1606). Après des études suivies au collège Bourbon (aujourd’hui, lycée corneille), il suit des études de droit et devient avocat.

En 1628, son père, lui-même avocat, lui achète une charge d’avocat à la Table de marbre du palais de justice de Rouen. Piètre orateur, il renonce vite à plaider pour se tourner vers l’écriture de pièces théâtrales avec Mélite en 1629.

Suivront quelques comédies dont L’illusion comique en 1635. En 1637, il écrit Le Cid, probablement sa pièce la plus connue. Le Cid, a été adapté en 1885 à l’opéra par Massenet

Massenet Le Cid O noble lameCliquez sur l’image

alors que dès 1681, Marc Antoine Charpentier avait écrit des Airs sur les Stances du Cid.

Charpentier Air sur les Stances du CIDCliquez sur l’image

Après Le Cid viendront Horace (1640), Cinna (1641) et Polyeucte (1642). Horace fera l’objet d’un opéra de Salieri, les Horaces, en 1786,

Salieri Ouverture des HoracesCliquez sur l’image

et Polyeucte a donné lieu à au moins deux opéras, Poliuto (1838) de Donizetti et Polyeucte (1878) de Gounod.

Donizetti PoliutoCliquez sur Poliuto

Gounod PolyeucteCliquez sur Polyeucte

En 1641, il se marie avec Marie de Lampérière, avec qui il aura huit enfants.

En 1647, il entre à l’Académie française.

Pierre corneille meurt à Paris le 1er octobre 1684.

L’influence de Corneille sur le monde du théâtre et donc de l’opéra est grande, notamment sur le librettiste italien MÉTASTASE, qui avec sa vingtaine de livrets a donné lieu à plus de mille opéras.

De manière assez directe, sa pièce Pertharite  a inspiré le Rodelinda (1725) de HAENDEL et Théodore, vierge et martyre donnera l’oratorio Théodora (1749) du même Haendel. Haendel toujours avec Jules César (1724), d’après La Mort de Pompée.

Haendel Jules César Son nata a lagrimarCliquez sur l’image

La Clémence de Titus (1791) de MOZART, écrit d’après un des livrets de Métastase, est inspiré de Bérénice de Jean RACINE et de Cinna de Corneille.

De Mozart, on passe à SALIERI qui a écrit Les Horaces (1786), d’après le Horace (1640) de notre écrivain.

 

Écrivains, littérature, Oulipo, Valse

JE ME SOUVIENS (Georges PEREC – 3)

Après La Disparition et La Vie, mode d’emploi, voici le troisième billet consacré à la présence de la musique dans l’œuvre de Georges PEREC.

Je me souviens est le titre d’un recueil de brefs souvenirs écrits par Perec entre 1973 et 1977, et paru en 1978. Ce recueil forme une sorte d’autobiographie en 480 fragments, selon une méthode chère à Perec, celle des listes (et non des LISZT comme disent les musiciens). Parmi ces fragments, une onzaine d’entre eux a trait à la musique classique dont on sait que Perec était un fin connaisseur.

Les voici, avec leur « traduction ».

24 – Je me souviens du Concerto pour hautbois de CIMAROSA. (Domenico Cimarosa [1749 – 1801] était un compositeur italien. Il est connu notamment pour son opéra Le Mariage secret). 

Cimarosa concerto pour hautboisCliquez sur l’orchestre

43 – Je me souviens de l’Adagio d’ALBINONI. (Tomaso Albinoni [1671 – 1751] était un compositeur vénitien, connu pour un célèbre adagio… qu’il n’a pas composé.)

Albinoni AdagioCliquez sur l’orchestre

66 – Je me souviens de l’opérette La Belle Arabelle, avec les Frères Jacques.

120 – Je me souviens des deux films de Roberto BENZI. (Roberto Benzi, né en 1937, était un enfant prodige qui a donné son premier concert à l’âge de 6 ans, et est devenu chef d’orchestre à 11 ans. Deux films lui ont été consacrés : Prélude à la gloire en 1950 [il avait donc 13 ans] et l’Appel du destin en 1953.)

123 – Je me souviens que la violoniste Ginette NEVEU est morte dans le même avion que Marcel CERDAN. (Ginette Neveu [1919 – 1949] était une violoniste soliste de niveau international, élève de Georges ENESCO.)

154- Je me souviens que PADEREWSKI a été élu Président de la République polonaise. (Ignace Paderewski [1860 – 1941] était un pianiste soliste virtuose. Il a écrit un opéra, Manru, créé en 1901. Outre sa carrière de pianiste, il a connu une dimension politique, contribuant au soulèvement populaire des Polonais contre l’Allemagne. Il a été Président du Conseil national polonais en exil [et non pas Président de la République]). 

159 – Je me souviens que RAVEL était très fier de son Boléro.

Ravel Boléro

166 – Je me souviens que Dinu LIPATTI apprit très tard, vers vingt ans, à jouer du piano. (Dinu Lipatti [1917 – 1950) était un pianiste soliste roumain.)

274 – Je me souviens d’un très beau récital donné dans la cathédrale de Chartres (en 1953 ?) par la pianiste Monique de La BRUCHOLLERIE. (M. de La Bruchollerie [1915 – 1972] était une pianiste concertiste française.)

307 – Je me souviens de:

     – Pourquoi les filles du Nord sont-elles précoces ?

     – Parce que le concerto en sol mineur.

430 – Je me souviens combien j’aimais Johann STRAUSS et de mon bonheur quand j’ai vu Valses de Vienne au Châtelet.

Retrouvez le 4e volet de la série des billets consacrés à Perec avec Cantatrix Sopranica L.

 

 

 

 

 

 

Animation 1, Bande dessinée

POKÉMON GO (et opéra)

Je vous l’avais promis dès la création de ce blog il y a un peu plus de six mois (cf. la page « à propos ») : il y aura un billet sur le jeu Pokémon GO et l’opéra.

La sortie de la version complémentaire sur console de salon ce 16 novembre va être l’occasion pour moi de tenir cette promesse, et de faire s’interpénétrer la bulle des amateurs d’opéra et la bulle des amateurs de Pokémons.

Dès la première version du jeu, datant d’il y a plus de vingt ans, figuraient les Pokémons Mélofée (n° 35) et Rondoudou (n° 39). Ces Pokémons avaient le pouvoir, par leur chant semblable à celui d’Orphée, d’endormir leurs adversaires.

                                                           mélofée rondoudou

Nous avons découvert il y a peu avec l’arrivée de la 4e génération le Crikzik (n° 401) un Pokémon insecte en forme de lyre et son évolution le Mélokrik, dont le Pokédex nous apprend que quand les antennes du Crikzik s’entrechoquent, elles laissent s’échapper un son de xylophone, alors que le Mélokrik exprime ses émotions par des mélodies.

                                                       criczik  Mélokrik

C’est dans la cinquième génération que l’on trouvera les Pokémons les plus intéressants, avec le Lakmécygne (n° 581), dont le nom est formé d’après Lakmé de Léo DELIBES, et le Lac des Cygnes, le fameux ballet de TCHAÏKOVSKI.

lakmécygne.png

On trouvera également le Vivaldaim (n° 585), un daim qui peut prendre quatre formes suivant les saisons (hommage aux quatre saisons de VIVALDI). La référence à l’univers de l’opéra est encore poussée par le fait que le Vivaldaim a une forme évoluée, le Haydaim (en hommage à Joseph HAYDN.)

                                                    vivaldaim  haydaim.png

Et surtout, n’oubliez pas qu’il est déconseillé de jouer à Pokémon Go quand vous êtes à l’opéra, vous risqueriez de perturber le spectacle, et de gêner vos voisins.

Avec les nouveaux pokémons de la région d’Alola (saison 6) est arrivé Oratoria (n° 730) dont la fiche signalétique bous dit : Surnommé « la diva », il offre un spectacle enchanteur lorsqu’il dirige un chœur composé de ses congénères à la lumière de la lune.

Oratoria

Écrivains, Cinéma, littérature, Philosophie

Friedrich NIETZSCHE et la musique

Sans la musique, la vie serait une erreur (F.NIETZSCHE).

Rassurez-vous, je ne vais pas ici vous faire un cours sur les idées philosophiques de NIETZSCHE, j’en serais bien incapable et ce n’est pas le sujet de ce blog. Simplement, ayant entendu parler de Nietzsche lors d’une conférence sur WAGNER, il m’est venu à l’idée de vous parler des rapports qu’entretenait Fred le moustachu avec la musique.

Friedrich Nietzche naît le 15 octobre 1844 à Röcken.

Dans sa jeunesse, Frédéric Nietzsche, bon pianiste, s’est essayé à la composition musicale, et il a distribué ses lieders à ses amis, notamment Cosima, la fille de LISZT, épouse du chef d’orchestre von Bülow avant que d’être celle de Wagner.

nietzsche et la musiqueCliquez sur Fred

Dans La naissance de la tragédie, il est encore sous l’influence de SCHOPENHAUER et Wagner, et il réfléchit à la dualité Apollon vs Dionysos, ce qui le rapproche de Robert SCHUMANN dont toute la vie (et toute l’œuvre) a été une tentative de résolution de ces deux faces de sa personnalité. Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.

Une des compositions de Nietzsche, Manfred méditation d’après l’œuvre de Lord BYRON, peut d’ailleurs être rapprochée par le thème de l’une des compositions de Schumann, qui a écrit une musique de scène pour cette pièce. Et pour ce qui est de la double personnalité avec laquelle Schumann devait se battre, elle est illustrée par Eusébius le rêveur introverti et Florestan le passionné combatif, doubles de Schumann que l’on retrouve dans les Davidsbündlertänze ou le Carnaval.

Schumann CarnavalCliquez sur le pianiste

Très inspiré par l’œuvre de Wagner, Nietzsche s’est intéressé aux thèmes du surhomme et de la liberté, thèmes qui sont au cœur notamment de la tétralogie. Il finira par se détacher du « poison wagnérien » (sic) quand il découvre en 1881 le Carmen de BIZET.

Friedrich Nietzche meurt le 25 août 1900 à Weimar, à l’âge de 55 ans.

Une de ses dernières œuvres, Also spracht Zarathustra, a inspiré à Richard STRAUSS le poème symphonique du même nom. Œuvre un peu oubliée du public, Stanley KUBRICK a contribué à la populariser en s’en servant pour la BOF de son génial 2001 Odyssée de l’espace.

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’image

Mythologie, Nature, Poésie

LES MUSES AIMENT LES ARTS

Nous lézards aimons les Muses

Elles Muses aiment les arts

Avec les arts on s’amuse

On muse avec les lézards…

Je ne peux m’empêcher de citer le début de ce poème de QUENEAU en introduction à ce billet consacré aux muses zet aux arts.

Les muses, au nombre de 9, étaient les filles de Zeus et de Mnémosyne (la déesse de la mémoire).

​CALLIOPE ​Poésie épique
​CLIO ​Histoire
​ÉRATO ​Poésie lyrique
​EUTERPE Musique
​MELPOMÈNE ​Tragédie
​POLYMNIE ​Rhétorique
​TERPSICHORE ​Danse
​THALIE ​Comédie
​URANIE ​Astronomie

À l’époque baroque, les dieux, les nymphes et les Muses apparaissaient sans problème dans les livrets d’opéra. Il est donc naturel d’y rencontrer des Muses. Par exemple dans Alceste de LULLY, à la fin de l’œuvre, Apollon descend de l’Olympe avec les Muses.

Dans Platée, de RAMEAU, qui raconte un complot de Jupiter pour ridiculiser la nymphe Platée (et la jalousie de sa femme Junon), la Muse de la Comédie Thalie se joint à ce complot.

Rameau Platée ThalieCliquez sur la Thalie de Rameau

Dans les Boréades, du même Rameau, c’est Polymnie (la rhétorique) qui intervient pour essayer d’adoucir Borée, le dieu du vent.

Rameau les BoréadesCliquez sur l’image

On peut également noter que Campra a écrit un opéra-ballet intitulé Les Muses (1703) ou encore citer l’opéra-ballet les Fêtes de Thalie (1714), de MOURET, où l’on voit Melpomène (la Tragédie) se disputer avec Thalie (La Comédie) pour savoir qui doit avoir la prééminence sur l’opéra. À cette époque pré-hollywoodienne, quand un spectacle avait du succès, on faisait une suite, et c’est ainsi que dans la Revanche du fils du retour des Fêtes de Thalie (je ne suis pas certain du titre exact de cette suite), c’est au tour de Terpsichore (la Danse) et de Polymnie d’entrer dans la danse (si j’ose dire) pour revendiquer leur part dans le succès de l’opéra.

On retrouve ce même thème au XXe siècle où PROKOFIEV fait s’affronter Comédie et Tragédie pour savoir qui doit avoir la préséance sur l’autre dans L’amour des 3 oranges (1919). Les Muses y sont représentées par le chœur.

Prokofiev l'Amour des 3 oranges tragiques vs lyriquesCliquez sur l’image

Enfin dans les Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH c’est la muse de la Poésie qui veut s’assurer de l’exclusivité des faveurs du poète Hoffmann.