Divers, Histoire de l'opéra

LES BALLETS RUSSES

Quel est le point commun entre ces compositeurs d’opéra : STRAVINSKY, PROKOFIEV, R.STRAUSS, RAVEL, DEBUSSYSATIE, POULENC ou DE FALLA ?

La réponse est dans le titre de ce billet, tous ces compositeurs ayant écrit de la musique pour les ballets russes de DIAGHILEV (1872 – 1929) au début du siècle dernier.

La compagnie des Ballets russes a été fondée en 1909 à Saint-Pétersbourg. À ses débuts, elle se contentait de monter des ballets sur des musiques déjà existantes, permettant ainsi de faire connaître au public occidental la musique de compositeurs tels que MOUSSORGSKI ou RIMSKI-KORSAKOV au travers de leurs tournées.

Très vite, elle passe commande de musiques originales à à peu près tout le milieu de la musique contemporaine de l’époque.

C’est ainsi qu’en 1910 a lieu la création de L’Oiseau de feu de Stravinsky.

En 1911, c’est Pétrouchka du même Stravinsky. En 1912, pas moins que L’après-midi d’un faune de Debussy et Daphnis et Chloé une commande originale passée à Ravel.

1913 est l’année du retentissant scandale du Sacre du Printemps (29 mai), au théâtre des Champs-Élysées alors tout juste inauguré, mais c’est aussi celle de la création de Jeux (le 15 mai) de Debussy (le 15 mai).

Stravinsky Le Sacre du printempsCliquez sur l’image

1914 est l’année de la création de la Légende de Joseph, de Richard Strauss.

En 1917, ce sera Parade de Satie, sur un texte de COCTEAU et avec les décors, costumes et rideau de scène de PICASSO. Pour la petite histoire, c’est dans le texte de présentation qu’APOLLINAIRE a rédigé pour Parade qu’il a introduit le mot sur-réaliste.

rideau_picasso_parade2Cliquez sur l’image

En 1919, les ballets russes monteront le Tricorne de De Falla. Là aussi, les costumes et décors sont de Picasso.

Les années suivantes verront les créations du Chant du rossignol, de Renard, de Mavra, de Pulcinella et des Noces, toutes œuvres de Stravinsky, mais également des Biches de Poulenc, les décors et les costumes étant de Marie LAURENCIN.

les biches poulenc.pngCliquez sur l’image

En 1921, c’est la création de Chout le bouffon de Prokofiev, qui avait fréquenté dans sa jeunesse les soirées musicales de Diaghilev à Moscou, y rencontrant alors Debussy et le jeune Stravinsky.

1929 est la dernière année des ballets russes, qui ne survivront pas à son fondateur. Ce sera l’année de la création du Fils prodigue de Prokofiev.

Rétrospectivement, je trouve très impressionnant le nombre de pièces majeures ainsi créées en vingt ans.

Anniversaire, Divers, Histoire de l'opéra, Valse

LES ANNIVERSAIRES DE 2019

Voici quelques anniversaires que l’on pourra célébrer en 2019 (ou quelques événements que l’on pourra commémorer) :

Il y a 350 ans, en 1669, l’abbé PERRIN obtenait le privilège royal d’établir une Académie d’Opéra pour « y représenter et chanter en Public des Opera & Représentations en Musique & vers François, pareilles & semblables à celles d’Italie ». Cette Académie d’Opéra existe encore de nos jours sous le nom d’Opéra de Paris.

Il y a 275 ans décédait André Campra (1660 – 1744), l’auteur du premier opéra-ballet avec l’Europe galante.

campra

Il y a 200 ans naissait Jacques OFFENBACH (1819 – 1880), le roi de l’opérette.

offenbach

1819 est aussi l’année de composition de l’Invitation à la valse de WEBER et de la Dame du Lac (La Donna del lago), de ROSSINI.

En 1844, il y a 175 ans, naissait Nicolas RIMSKI-KORSAKOV (1844 – 1908).

rimski-korsakov

1844 est aussi l’année de création de I due Foscari de VERDI et de l’ouverture du Carnaval romain de BERLIOZ. Restons avec Berlioz puisque celui-ci est mort il y a 150 ans, en 1869.

berlioz(Hector Berlioz, ouverture du carnaval romain)

Son contemporain, moins connu en France, DARGOMYJSKI (1813 – 1869) a écrit Esméralda (1839), d’après Victor HUGOLa Rusalka (1855), d’après POUCHKINE, et son chef-d’œuvre que la mort laisse inachevé Le Convive de Pierre, d’après le Don Juan de POUCHKINE, et qui sera terminé par CUI et Rimski-Korsakov.

dargomyjski.pngDargomyjski

1869 est aussi l’année de la première version de Boris Godounov, de MOUSSORGSKI, et de Roméo et Juliette de GOUNOD.

En 1894, il y a 125 ans, mourrait CHABRIER (1841 – 1894), l’auteur de l’Étoile.

1894 est aussi l’année où DEBUSSY a commencé Pelléas et Mélisande, et écrit son Prélude à l’après-midi d’un faune, alors que MASSENET écrit Thaïs et Cendrillon.

En 2019, nous célébrerons le centenaire de la mort de LEOCAVALLO (1857 – 1919), l’auteur de Paillasse (Pagliacci) en 1892.

Ce seront aussi les centenaires de l’Amour des 3 oranges de PROKOFIEV, du début de Katia Kabanova de JANACEK ainsi que de l’Enfant et les sortilèges de RAVEL. Le même Ravel écrit La Valse alors que l’on a créé La Femme sans ombre de Richard STRAUSS (écrit en 1917).

Enfin, il y a 75 ans, Benjamin BRITTEN réinventait l’opéra anglais avec Peter Grimes alors qu’il y a 50 ans, d’autres Anglais, les WHO, donnaient naissance à leur opéra-rock Tommy.

tommy the who.pngTommy Overture

Et pour les anniversaires de 2020, c’est ici.

Divers, Valse

VOUS CHANTIEZ ? EH BIEN, VALSEZ MAINTENANT !

.. comme ne l’a pas dit ce bon monsieur de La FONTAINE, auteur de fables et de contes, pas que pour les enfants.

Pour bien passer le changement d’année, je vous propose quelques valses telles que l’on peut les entendre à l’opéra.

La valse, cette danse populaire à 3 temps typiquement viennoise a gagné ses lettres de noblesse vers la fin du XVIIIe siècle. Dès lors, les plus grands des compositeurs n’ont pas hésité à en écrire.

Sans surprise, les romantiques ouvrent le bal (sic !) et le très viennois SCHUBERT a ainsi écrit des valses, valses nobles, valses sentimentales, valses tout court. CHOPIN et LISZT ont aussi sacrifié à la valse, alors que WEBER, l’auteur du Freischütz a écrit une Invitation à la valse (pour piano), plus tard orchestrée par BERLIOZ.

liszt valses

LISZT et ses Méphisto-valses.

Très vite, les opéras ont intégré des valses. C’est le cas du Faust (1859) de GOUNOD avec « Ainsi que la brise légère ». Lors de la kermesse du village, Méphisto présente Marguerite à Faust. Faust invite Marguerite pour une valse, mais celle-ci refuse.

Gouno Faust la ValseCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, le roi de la valse, Johann STRAUSS, nous en livre une dans La Chauve-souris (die FlederMaus) (1874).

Autre valse célèbre, celle de l’acte II d’Eugène Onéguine (1878) de TCHAÏKOVSKI (Vot tak surpriz). Lors du bal, les vieilles cancanent sur l’attitude d’Onéguine et de Tatiana. Lassé par ces commérages, Onéguine invite alors à danser Olga, la fiancée de son ami Lenski. Jaloux, celui-ci finit par provoquer Onéguine en duel.

valse d'onéguine.pngcliquez sur l’image

En 1881, au premier acte de son seul opéra « sérieux », Les Contes d’Hoffman, OFFENBACH fait tomber amoureux son héros Hoffmann d’une poupée mécanique, Olympia, des lunettes magiques lui fait faisant croire qu’il s’agit d’une vraie femme. Après un air virtuose d’Olympia, Hoffmann et la poupée se mettent à valser.

En 1905, dans l’opérette La Veuve joyeuse (die Lustige Witwe), le très viennois Franz LEHAR, nous entraîne avec ses valses.

La valse est également omniprésente dans le crépusculaire Chevalier à la rose (Rosenkavalier) (1910) de Richard STRAUSS. Écoutons, dans le final, le mariage miraculeux de trois belles voix et de l’orchestre d’un raffinement inouï.

rosenkavalier valseCliquez sur l’image

Au XXe siècle, la valse subit les transformations que toute la musique vit. Ainsi, La Valse (1919) de RAVEL n’a plus rien d’une valse de salon. Ravel cherche plutôt à rendre l’essence de la valse. Il a également écrit, pour le piano, des Valses nobles et sentimentales.

Écoutons encore CHOSTAKOVICH et sa Valse n° 2 rendue célèbre grâce à une publicité.

Terminons enfin par une réinvention de la valse par Jacques BREL et sa Valse à 1000 temps.

Divers

C’EST NOËL (2018) !

Joyeux Noël, Merry Christmas.

En ce jour de Noël, voyons quelle représentation de Noël on peut trouver à l’opéra et plus généralement dans la musique dite classique.

Mais avant cela, rendons hommage à un des plus grands compositeurs de notre musique occidentale, Jean-Sébastien BACH et son  Oratorio de Noël. J.S. Bach n’a pas écrit d’opéra, il a écrit essentiellement de la musique sacrée, cantates, oratorios, messes, et aussi un peu de musique instrumentale (concertos brandebourgeois, suites pour violoncelle seul, …). Son onzième fils a écrit un opéra, en français, Amadis des Gaules, mais j’y reviendrai dans l’article « Ils sont fous ces gaulois » (à paraître).

J.S.Bach Weinacht oratorio Jauchzet FrohlocketCliquez sur l’image

Avant Bach, il y avait eu Heinrich SCHÜTZ, le chaînon manquant entre MONTEVERDI et Bach, et son Histoire de la Nativité (1664).

Schütz histoire de la NativitéCliquez sur les angelots

HAENDEL, contemporain de Bach a écrit en 1741 dans son oratorio Messiah (Le Messie) un magnifique « For unto us a child is born » (déjà cité dans Georges PEREC, La Disparition).

Haendel Messiah For unto us a child is bornCliquez sur l’image

Noël est à l’honneur dans Werther (1887) de MASSENET, écrit d’après les Souffrances du jeune Werther du grand GOETHE. En effet, l’action se passe dans le laps de temps qui sépare deux Noëls. Au début du premier acte, un veuf fait répéter les chants pour Noël à ses six enfants. L’œuvre se termine un an après, quand Werther se suicide pendant la nuit de Noël.

Massenet Werther Jésus vient de naîtreCliquez sur l’image

En 1894, RIMSKY-KORSAKOV compose La Nuit de Noël, un opéra écrit d’après POUCHKINE.

Rimsky-Korsakov la nuit de NoëlCliquez sur l’image

Enfin pour terminer ce billet, place à l’opéra-rock, et à un des plus grands succès du genre, Tommy (1969) des WHO. Dans le morceau Christmas, (Noël), on se demande comment un garçon (Tommy) qui ne peut ni voir ni entendre ni prier et qui ne sait pas qui est Jésus, peut être sauvé ?

The Who Tommy ChristmasCliquez sur la rock-star

Et allez, parce que c’est Noël, un dernier bonbon, le concert des 3 ténors (Pavarotti, Domingo, Carreras) à Vienne en 1999 😉🍾🎼.

Retrouvez d’autres morceaux inspirés par Noël dans l’édition 2019.

Animation 1, Divers, Mythologie

LES SORCIÈRES À L’OPÉRA

De tout temps, les sorcières ont occupé une bonne place à l’opéra, depuis le Didon et Enée (1689) de PURCELL jusqu’aux Diables de Loudun (1969) de PENDERECKI.

Parmi les plus marquantes figurent, outre celles de Didon et Enée déjà citées, la sorcière Alcina de l’Orlando furioso (Roland furieux) de l’ARIOSTE, et ses nombreuses adaptations dans le monde lyrique (Orlando furioso (1727) de VIVALDI, Alcina (1735) de HAENDEL,…)

Purcell Didon & Enée Sorcières

Cliquez sur l’image

Au XIXe siècle, on trouve encore la présence de sorcières dans le Macbeth de VERDI, ou la Naïna de Ruslan et Ludmila (1842), le premier opéra russe, écrit par GLINKA, le père de la musique russe. Il y a aussi la sorcière mangeuse d’enfants de Hänsel et Gretel (1893) d’HUMPERDINCK.

Humperdinck Hansel und Gretel

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Dans le folklore russe, la figure de la Baba Yaga peut être assimilée à celle d’une fée ou d’une sorcière. On en trouve une dans Les Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, dans le morceau La cabane sur des pattes de poule.

moussorgski Tableaux d'une exposition Baba Yaga

Cliquez sur l’image

En 1900, dans Rusalka (1900) de DVORAK, c’est Jezibaba la sorcière qui aide l’héroïne à entrer dans le monde des humains, puis qui la maudit quand elle refuse de tuer le prince qu’elle aime, mais qui l’a rejetée.

Dvorak Rusalka Jezibaba

Cliquez sur Jezibaba

Et pour le XXe siècle, on trouve la Fata Morgana (la Fée Morgane) dans l’Amour des trois oranges (1919) de PROKOFIEV, ainsi que les Diables de Loudun déjà cité.

Et comme vous commencez à me connaître, j’adore l’univers du dessin animé, je ne peux donc pas résister à vous mettre l’Apprenti sorcier de Paul DUKAS, extrait du Fantasia de DISNEY, où l’on voit Mickey serrer la main du chef d’orchestre STOKOWSKI.

Divers, Nature, Shakespeare

LES QUATRE SAISONS (1) : L’HIVER.

Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui

Stéphane Mallarmé, Le Vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

Aujourd’hui c’est l’hiver qui commence, au jour le plus court de l’année et à partir duquel les jours vont rallonger jusqu’à l’été. À cette occasion, j’ai imaginé une série de 4 billets qui illustreront les 4 saisons. Voici le premier.

Évidemment, quand on dit 4 saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI. (Si on disait 4 saisons et nourriture, on penserait aussitôt « pizza », mais ça, je le laisse à d’autres blogueurs. 😉)

Vivaldi l'hiver 1Cliquez sur l’image

Avant Vivaldi, PURCELL avait déjà évoqué un génie du froid dans son King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song OrlinskiCliquez sur le génie du Froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur, qui se remémore différentes étapes de sa vie avant d’avoir des hallucinations (Drei Nebensonnen) puis de croiser sur sa route un étrange vieillard qui vient le chercher, mais pour aller où (Der Leiermann) ?

… Wunderlicher Alter, mit dir soll ich gehn?
Merveilleux vieillard, avec toi dois-je aller?

Schubert Winterreise der LeiermannCliquez sur l’image

Au début de La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ, Faust chante le changement de saison (Le vieil hiver a fait place au printemps).

Berlioz Damnation le vieil hiverCliquez sur l’image

Dans l’opéra Snegourotchka (la Fille de neige) (1881) de RIMSKI-KORSAKOV, l’héroïne se trouve être la fille de l’Hiver et du Printemps, menacée de mort par le soleil. Son sort est proche de celui de Rusalka puisqu’elle part vivre chez les humains, et finit par déclarer son amour à l’un d’entre eux, et là, paf ! un rayon de soleil apparaît et la fille de neige s’évanouit.

Autre présence de l’hiver dans l’opéra Jenufa (1903) de JANACEK. Dans cet opéra dont le sujet aurait pu être vériste s’il avait été italien, l’héroïne Jenufa a conçu un enfant en dehors des liens du mariage. L’existence de cet enfant caché ruine les projets de mariage entre Jenufa et son fiancé officiel, ce pour quoi la future belle-mère enlève l’enfant et le jette dans la rivière gelée. Au printemps suivant, on retrouve au moment du mariage le cadavre du bébé gelé lors de la fonte des neiges, révélant le scandale au grand jour.

DEBUSSY a mis en musique l’hiver dans son Yver vous n’estes qu’un villain extrait des 3 Chansons de Charles d’Orléans. Il a également écrit dans ses préludes « impressionnistes » le n° 6, Des pas sur la neige.

Debussy Yver vous n'êtes qu'un vilainCliquez sur Debussy

Autre compositeur français du XXe siècle à avoir gâté les chœurs avec ses très belles pièces, POULENC a écrit La blanche neige, dans ses 7 chansons pour chœur a cappella.

Dernier avatar de l’hiver, l’adaptation à l’opéra par BOESMANS en 2000 du conte d’hiver de SHAKESPEARE.

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérer que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)

P.P.S. : Retrouvez d’autres musiques sur le thème de l’hiver en cliquant sur le lien.

Cinéma, Divers, Poésie, Shakespeare, Woody Allen

LES DOUZE COUPS DE MINUIT

Une fois, par un minuit lugubre, comme je m’appesantissais faible et fatigué
Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié…
Edgar Allan POE (Trad. MALLARMÉ)

Minuit : une journée qui finit, une journée qui commence. C’est l’heure favorable pour le dénouement des actions, ou au contraire pour le début de nouvelles. Aussi n’est-ce pas un hasard si de nombreuses scènes d’opéra se déroulent à minuit.

Dans Le Freischütz (1821) de WEBER, la fameuse scène de la fonte des balles maudites à la Gorge aux Loups se déroule à minuit.

Dans Gustave III (1833) d’AUBER, la devineresse Arvedson donne rendez-vous à l’héroïne Amélie à minuit au pied d’un gibet pour y cueillir une plante maléfique dont les racines la délivreront d’un amour coupable.

Auber Gustave III minuitCliquez sur la pochette du disque

On retrouve l’intrigue de Gustave III dans Le Bal masqué (1859) de VERDI, puisque c’est le même livret de SCRIBE qui a été adapté pour Verdi. La censure qui sévissait en Italie rendant impossible de montrer un régicide sur scène, l’action a été transposée aux Amériques. La devineresse s’appelle alors Ulrica, et Amélie Amélia.

Dans Le Songe d’une nuit d’été (1850) d’Ambroise THOMAS, qui met en scène Falstaff et  la reine Elizabeth I en amoureuse secrète de SHAKESPEARE (sic), on trouve une scène dans la forêt royale de Richmond, avec  un chasseur maudit qui apparaît à minuit. (Air: dans l’ombre de la nuit).

En 1868, dans Hamlet, Thomas fait intervenir le spectre du père du héros à minuit, pour lui demander de venger son assassinat.

Thomas Hamlet le spectreCliquez sur l’image

Verdi était un habitué des douze coups de minuit puisque dans Rigoletto (1851), c’est dans une auberge que se noue le sort de Gilda, la fille cachée de Rigoletto. Celui-ci a commandité l’assassinat du duc à minuit, mais les assassins décident de lui laisser la vie sauve si un voyageur se présente à la porte avant l’heure fatale. Gilda, amoureuse du duc, se sacrifie et entre dans l’auberge où elle meurt sous les coups des reîtres payés par son père.

Verdi Rigoletto scène finaleCliquez sur la scène finale de Rigoletto

Verdi récidive dans Don Carlos (1867), où le héros a rendez-vous à minuit avec Elisabeth de Valois, pour lui déclarer sa flamme. Et dans son dernier opéra, Falstaff (créé en 1892), on joue une farce à Falstaff en lui donnant un rendez-vous galant à minuit dans le parc royal. Mais c’est un coup monté qui l’attend quand sonnent les douze coups de minuit, les villageois déguisés provoquent un sabbat destiné à le punir en lui faisant peur (Air et chœur: Sul fil d’un soffio etesio).

Dans La Chauve-souris (1874) de J.STRAUSS, ce ne sont pas les douze coups de minuit que l’on entend, mais les six coups qui marquent six heures du matin, et qui signifient que la folle fête est terminée.

Dans Midnight in Paris (2011) de Woody ALLEN, on peut entendre la barcarolle des Contes d’Hoffmann, ainsi qu’un french cancan de La Vie parisienne, d’OFFENBACH.

Divers, histoire, littérature

LA RÉVOLUTION FRANCAISE (1)

Puisque Les feuillets du patrimoine a eu l’amabilité de me citer récemment, je me suis dit rendons lui la pareille en rebondissant sur son billet sur la Révolution (ou plutôt sur le « rien » du journal de Louis XVI au 14 juillet 1789). Ceci me permet en outre de tester les liens inter-blogs (j’espère que ça va fonctionner 😀).

La Révolution française a inspiré directement ou indirectement maints opéras ou sujets d’opéra.

La pièce Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, est considérée comme un préfigurateur de la Révolution. Elle a inspiré notamment le chef-d’œuvre mozartien Les Noces de Figaro. Sur l’aspect prérévolutionnaire, voir l’air « Se vuol ballare… » (Le comte a des vues sur la fiancée de son valet Figaro, qui lui chante [je traduis approximatif : Si le baron veut danser, je saurais l’accompagner à la guitare…])

Mozart Le nozze Se vuol ballareCliquez sur Figaro

Beethoven

Le plus connu des opéras inspirés par la Révolution française est Fidélio (1814), de BEETHOVEN (1770 – 1827). Beethoven était épris de liberté, et les idéaux de la Révolution française avaient une résonance en lui. Aussi choisit-il Léonore ou l’amour conjugal, une pièce française inspirée d’un fait divers de la Révolution, pour sujet de son unique opéra.

Beethoven Fidélio choeur des prisonniersCliquez sur les prisonniers

À l’époque où il écrivait la première version de Fidélio, Beethoven composait sa 3e symphonie, initialement dédiée à Bonaparte, le sauveur des idées de la Révolution française. Quand il apprend en 1804 que Bonaparte se fait couronner empereur, Beethoven déchire la dédicace, et renomme sa symphonie Héroïque.

Parmi les compositeurs ayant écrit pour la Révolution figure MÉHUL (1763 – 1817), dont le Chant du départ nous est resté. Méhul a composé une trentaine d’opéras, dont Joseph (1807), qui a connu le succès dans toute l’Europe. (Si vous écoutez bien la vidéo du Chant du départ, vous pourrez m’entendre dans le chœur 😀.)

Méhul le Chant du départCliquez sur l’image

Le destin tragique du poète révolutionnaire André CHÉNIER (1760 – 1794) a servi de trame à l’opéra vériste Andrea Chénier (1896) de l’italien GIORDANO.

Enfin, last but not LISZT comme disent les musiciens, il faut noter le poignant Dialogues des Carmélites (1953), de POULENC (1899 – 1963), d’après BERNANOS, qui raconte l’histoire de religieuses qui finissent guillotinées par les révolutionnaires pour n’avoir pas voulu abjurer leur foi. Écoutons la poignante scène finale où les religieuses chantent le Salve Regina en montant à l’échafaud, leur chant s’éteignant petit à petit au fur et à mesure que tombe le couperet de la guillotine.

Poulenc Dialogue des Carmélites scène finaleCliquez sur l’image

Retrouvez ici d’autres musiques composées pour la révolution française.

Post-Scriptum : j’allais oublier l’opéra-rock La Révolution française (1973) de Claude Michel SCHÖNBERG, un des plus gros succès de la comédie musicale française.

Écrivains, Divers, Maria Callas, Shakespeare

Centième billet du blog

Et oui, voici déjà sept mois que j’ai ouvert ce blog, et ceci est le centième billet que je publie !

En sept mois, j’ai écrit dix-neuf billets consacrés à mes opéras préférés, de l’Orfeo de MONTEVERDI à The Turn of the screw de BRITTEN, seize billets consacrés aux compositeurs, de Monteverdi à Britten et quinze billets consacrés à des écrivains, de SHAKESPEARE à PEREC.

Mon objectif au travers de ce blog est de parler de tout sujet (ou presque) en rapport avec l’opéra ou la musique, même si ces rapports peuvent paraître lointains.

Ainsi, les autres billets peuvent se ranger sous différentes catégories telles que Histoire, Nature, Mythologie, BD, Cinéma, Poésie, animation,… ce qui me permet de vous parler aussi bien de MALLARMÉ que de Walt DISNEY, ou de passer des mythes d’Orphée ou de Faust à une invitation à flâner dans le quartier de l’Opéra (à Paris), en passant par le studio GHIBLI ou les Pokémons.

J’ai encore plein d’idées en réserve, mais vous pouvez aussi vous manifester si vous le souhaitez en m’indiquant vos billets préférés, ou en me demandant de traiter tel ou tel point que vous voudriez voir aborder.

Et comme l’opéra c’est du théâtre, de la musique, du chant, des émotions, voici une petite sélection, très subjective, de quelques-uns de mes airs préférés.

LULLY – Atys (1676) – Les songes funestesatys danseurs.png

PURCELL – Didon & Enée (1689) – When I am laid.

HAENDEL – Serse (1738) – Ombra mai fu.

RAMEAU – Platée (1745) – Air de la Folie.

MOZART – Les Noces de Figaro (1786) – Voi que sapete.

DONIZETTI – L’élixir d’amour (1832) – Una furtiva lacrima.

BERLIOZ – La Damnation de Faust (1846) – D’amour l’ardente flamme.

VERDI – La Traviata (1853) – Addio del passato.

WAGNER- Tristan und Isolde (1859) – Mort d’Isolde.

MOUSSORGSKI – Boris Godounov (1872) – Mort de Boris.

SAINT-SAËNS – Samson et Dalila (1877) – Mon cœur s’ouvre à ta voix.

PUCCINI – Tosca (1899) – Vissi d’artemaria callas.png

DVORAK – Rusalka (1900) – Hymne à la lune.

Et voilà, je vais m’arrêter ici, même si c’est frustrant de laisser de côté encore tant et tant de merveilles. Je devrai refaire un florilège pour le 200e billet.

Vive l’opéra, vive la musique.

Divers

LE VIN, le vent, la vie… (2 LE VIN)

🍾 Champagne ! 🍾

Après le vin, LE VENT, la vie, qui s’intéressait au VENT, intéressons-nous à la consommation de boissons alcoolisées à l’opéra. (Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et qu’il faut savoir l’apprécier et le consommer avec modération.) Voici donc un petit florilège d’airs à boire ou de scènes de tavernes.

Dans l’Enlèvement au sérail (1782) de Mozart, on met un somnifère dans le vin d’Osmin pour endormir le gardien du sérail : Viva Baccho 

Mozart encore, avec Don Giovanni (1787) où le héros invite tout le monde à une fête dans son château (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Mozart Don Giovanni Fin ch'han dal vinoCliquez sur Don Giovanni

Au premier acte du Freischütz (1821) de Weber, Caspar veut faire boire Max pour endormir sa méfiance.

Weber Freischutz Hier im ird'schenCliquez sur l’image

Dans Le Comte Ory (1828) de Rossini, le héros et ses compagnons, déguisés en pèlerines pour entrer dans un couvent, mettent la main sur la réserve de vin.

Rossini le Comte Ory buvons du vinCliquez sur les fausses pélerines

Dans l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le fameux élixir n’est autre que du bordeaux.

En 1837, dans Benvenuto Cellini, Berlioz fait entonner une chanson à boire aux ciseleurs, avant que Cellini ne leur demande un hymne à la gloire de leur corporation (À boire, à boire,… honneur aux maîtres ciseleurs).

Berlioz Benvenuto Cellini A boire a boire a boireCliquez sur l’image

On retrouve Berlioz avec La Damnation de Faust (1846) de BERLIOZ et son chœur des buveurs (qui sait quelque plaisante histoire…)

Berlioz la Damnation de Faust Chœur des buveursCliquez sur le chœur des buveurs

Et Berlioz encore avec Béatrice et Bénédict (1862), où à la taverne les choristes improvisent une chanson à boire (« Le vin de Syracuse »).

Berlioz Béatrice et Bénédict Le Vin de SyracuseCliquez sur l’image

Un des chœurs les plus connus de La Traviata (1853) de Verdi est le toast que porte Alfredo connu sous le nom de Brindisi (libiamo).

Verdi la Traviata LibiamoCliquez sur Domingo, Netrebko et Villazon !

Dans son Hamlet (1868), Ambroise Thomas fait chanter à Hamlet « Ô vin, dissipe la tristesse ».

Thomas Hamlet O vin dissipe la tristesseCliquez sur l’image

Dans Boris Godounov (1872), la fin de l’acte I se déroule dans une auberge près de la frontière lithuanienne. Le moine Varlaam pris de boisson y chante son récit de la bataille de Kazan.

varlaamCliquez sur Varlaam

Chaque invité portant un toast, le champagne coule à flots à la fin de la Chauve-souris (1874) de Johann Strauss.

Dans La Périchole d’Offenbach, l’héroïne prise de boisson chante Je suis grise.

Dans le prologue des Contes d’Hoffmann (1881) du même Offenbach, le héros est dans une taverne et ses amis lui demandent le verre à la main de parler des femmes de sa vie.

kleinzachCliquez sur Hoffmann

Dans Werther (1887) de Massenet, au début du IIe acte, les amis du bailli, éméchés, chantent un hymne à Bacchus.

La Veuve joyeuse (1905) de Franz Lehar se termine chez Maxim’s où l’on danse et l’on boit, avant que les héros Missia et Danilo ne finissent par tomber dans les bras l’un de l’autre (mais ça, on s’en doutait depuis longtemps !)

Alban Berg, l’auteur de Wozzeck et Lulu a écrit une cantate sur le vin : Der Wein, d’après Les  Fleurs du mal de Baudelaire.

En 1926, Gershwin nous offre ce « Vodka » dans Song of the Flame.

Gershwin VodkaCliquez sur l’image

Dans la scène du bordel du Rakes’progress (1951) de Stravinsky, Mother Goose fait boire Tom, le héros.

Et enfin, si cet article vous a plu, retrouvez d’autres chansons à boire à l’opéra sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

Post-scriptum, si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous avez bien droit à un bonus mystère :

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