Cinéma, Compositeurs, littérature

Richard STRAUSS (1864 – 1949)

Richard STRAUSS (aucun lien de parenté avec les Johann STRAUSS) est l’un des compositeurs majeurs dans le domaine de l’opéra au XXe siècle.

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Né le 11 juin 1864 à Munich d’un père corniste à l’opéra de Bavière et d’une mère pianiste, il est élevé dans le culte des grands anciens (MOZART, HAYDN, BEETHOVEN). Il publie son opus I, une Marche de fête, à l’âge de 12 ans.

Vers 1880, c’est la rencontre décisive avec le très wagnérien Hans von BÜLOW. Malgré l’interdiction de son père de fréquenter les « modernes » (WAGNER, LISZT), il assiste en 1882 à la création de Parsifal à Bayreuth.

En 1885, il est nommé chef d’orchestre suppléant à Meiningen, avant d’être nommé troisième chef à Munich, et répétiteur à Bayreuth. Il esquisse sa première œuvre lyrique, Guntram, et compose des poèmes symphoniques (Dom Juan en 1888, Mort et Transfiguration en 1889).

En 1889, il quitte Munich pour Weimar, où il est nommé Maître de Chapelle. Atteint d’une pneumonie en 1891, il part en convalescence dans le Sud (Egypte, Italie, Grèce), ce qui lui laisse le temps d’achever son Guntram, créé à Weimar en 1894. Cette œuvre est unanimement rejetée, par les wagnériens comme par les anti-wagnériens, ce qui blesse Strauss. Cette blessure est toutefois partiellement compensée par le bonheur qu’il a de diriger Tannhaüser à Bayreuth (et par son mariage avec la cantatrice qui tenait le rôle d’Elizabeth). À l’automne, il devient chef d’orchestre à Munich.

En 1895, il compose Till Eulenspiegel, et en 1896, une de ses œuvres les plus connues Also spracht Zarathoustra, poème symphonique d’après NIETZSCHE, révélé au grand public par le génial 2001 Odyssée de l’espace de KUBRICK.

Strauss zarathoustraCliquez sur l’image

En 1897, il écrit Don Quichotte, une pièce pour violoncelle et orchestre, et en 1898, le poème symphonique La vie d’un héros. En 1898, il part à Berlin, et donne par ailleurs des concerts dans toute l’Europe. En 1901, il crée avec succès son deuxième ouvrage lyrique, Feuersnot.

En 1905, il compose Salomé, son premier chef-d’œuvre dans le domaine de l’opéra, d’après l’œuvre d’Oscar Wilde.

Strauss Salomé danse des 7 voiles LiègeCliquez sur Salomé

Il entame ensuite une collaboration artistique extrêmement fructueuse avec Hugo von HOFMANNSTHAL, d’où sont issus Elektra (1907 – 1908), Le Chevalier à la Rose (1909 – 1910), où il cherche à retrouver l’esprit des Noces de Figaro de Mozart, Ariane à Naxos (1911 – 1912), La Femme sans ombre (1918) sur un thème proche d’Ondine de E.T.A. Hoffmann, Hélène d’Egypte (1925 – 1926) et Arabella (1933). Cette production est entrecoupée par un ballet, La Légende de Joseph, créé à Paris en 1914 par les Ballets russes de Diaghilev, et la Symphonie Alpestre en 1915.

En 1919, il prend la direction artistique de l’opéra de Vienne. Il écrit en 1923 Intermezzo créé à Dresde en 1924. Début 1925, il démissionne de l’Opéra de Vienne.

Après la mort d’Hofmannsthal en 1929, il continue avec Stefan ZWEIG (La Femme silencieuse [1935]), Joseph GREGOR (Daphné [1937]) et Clemens KRAUS (Capriccio [1941], où il se livre à une réflexion sur la querelle des gluckistes et des piccinnistes). Il est à noter que Strauss s’est battu pour que la Femme silencieuse soit monté et représenté en dépit de la judéïté de son ami Zweig.

En 1936, il compose l’hymne olympique des jeux de Berlin.

Après son dernier opéra, Capriccio, il compose en 1948 son chant du cygne, les bouleversants et crépusculaires Quatre derniers lieder, avant de mourir le 8 septembre 1949, à l’age de 85 ans.

Strauss Im abendrot 2Cliquez sur l’image

Et voici un autographe de Strauss, extrait de ma collection personnelle :

autographe Strauss

Écrivains, Cinéma, Compositrices, Fables de la Fontaine, littérature, Poésie

CE BON MONSIEUR DE LA FONTAINE (1621 – 1695)

Jean de la FONTAINE (1621 – 1695) est contemporain de RACINE, MOLIÈRE, CORNEILLE, BOILEAU, mais aussi de QUINAULT, le librettiste phare de LULLY.

Il est né le 6 juillet 1621 à Château-Thierry. Le petit Jean suit ses études au collège de Château-Thierry, à la suite desquelles il est tenté par une vocation religieuse. Cette vocation ne durera toutefois pas.

En 1647, La Fontaine se marie avec Marie Héricart, avec qui ils auront un fils, Charles. Ils partent à Paris et La Fontaine fait la connaissance de Fouquet, pour qui il écrit Adonis (1658) et Le Songe de Vaulx (1659-1661). Hélas, la disgrâce de Fouquet l’oblige à quitter Paris.

En 1664, il entre au service de la duchesse d’Orléans, ce qui vaut promesse d’anoblissement. Il publie les Nouvelles en vers tirées du Boccace et de l’Arioste. Ce recueil de contes sera suivi de plusieurs autres, dont le contenu, licencieux, lui vaudra quelques problèmes.

En 1674, il rédige le livret de Daphné pour Lully, mais celui-ci le refuse ce qui provoquera chez La Fontaine un vif ressentiment. Une autre tragédie musicale, Astrée et Céladon, sera mise en musique par Collasse, un élève de Lully, en 1691, mais ne connaîtra pas le succès. (Pour les cinéphiles, Éric Rohmer en tirera son dernier film en 2006).

C’est entre 1678 et 1679 qu’il fait paraître ses premiers livres de  Fables, qui le rendront célèbres jusqu’à nos jours. Une nouvelle série de fables sera publiée quelque temps avant sa mort.

En 1684, la Fontaine entre à l’Académie française.

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris

Il est connu essentiellement pour ses fables, dont certaines sont des adaptations du fabuliste ÉSOPE, mais il est également auteur de contes licencieux qui lui ont valu quelques problèmes. Sur la fin de sa vie, il s’essaiera aussi à l’opéra, mais ce n’est pas pour ces essais qu’il est resté à la postérité.

Retrouvez en fin de ce billet quelques fables musicalisées par mes soins.

Le XVIIIe siècle verra beaucoup d’opéras-comiques signés par les maîtres du genre qu’étaient DAUVERGNE, PHILIDOR ou DALAYRAC.

RAMEAU écrit Les Paladins (1760) d’après le conte Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries.

rameau les paladinsCliquez sur l’image

GLUCK écrit l’Ivrogne corrigé (1760) d’après la fable l’Ivrogne et sa femme, ainsi que L’Arbre enchanté, ou le Tuteur dupé (1775).

gluck l'ivrogne corrigéCliquez sur l’image

Le prolifique GRÉTRY écrit le Magnifique (1773) d’après un de ses contes et le Comte d’Albert (1786).

grétry le magnifiqueCliquez sur le superbe cheval

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris, à l’âge de 73 ans, mais son œuvre lui survit.

Au XIXe siècle, GOUNOD met en musique des fables et écrit La Colombe, d’après la fable le Faucon.

gounod la colombeCliquez sur l’image

Il écrit aussi l’opéra Philémon et Baucis sur la fable du même nom, elle-même inspirée des Métamorphoses d’OVIDE.

Gounod Philémon et Baucis

OFFENBACH met en musique six fables, avant d’écrire Le Financier et le Savetier (1856).

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

La Fontaine continuera à être largement mis en musique au XXe siècle, avec notamment le ballet Les Animaux modèles de POULENC ou les œuvres d’Isabelle ABOULKER qui écrit un opéra de poche Jean de la Fontaine parmi nous, ainsi qu’une fabl’opéra La Fontaine et le Corbeau.

aboulker la fontaine et le corbeauCliquez sur l’image

Outre les opéras, ses fables ont été mises en musique par de très nombreux compositeurs.

Parmi eux/elles, citons

Pauline VIARDOT-GARCIA avec le Chêne et le Roseau et le Savetier et le Financier.

Charles LECOQ (six fables)

Camille SAINT-SAËNS (La Cigale et la Fourmi)

André MESSAGER (Les deux pigeons)

André CAPLET (Le Corbeau et le renard, la Cigale et la Fourmi, le Loup et l’Agneau)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur l’image

Graciane Finzi (le Lièvre et la Tortue)

VILLA-LOBOS, ALBENIZ, TUTTI & QUANTI

Il y aurait de quoi écrire un billet de ce blog rien que sur ces mises en musique.

Je vais laisser le mot de la fin à Pierre PERRET et sa version très personnelle du Corbeau et du Renard, Le Corbaque et le Frometon.

pierre perret le corbeau et le renardCliquez sur l’image

Avec sa morale :

… Et entonnant « Rigoletto » il laissa choir son calendo.

On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur Jean de La Fontaine
Très peu de chanteurs d’opéra
Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

(Principales sources : Hérodote.net le média de l’Histoire. https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2476&ID_dossier=500

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard, 1992

Amin MAALOUF, un Fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016)

Le Lion et le Rat

Le Loup et l’Agneau.

Le Corbeau et le Renard.

Le Chêne et le Corps beau (d’après La Fontaine).

Le Chêne et le Roseau.

Le Lièvre et la Tordue (d’après La Fontaine).

Cinéma, Compositeurs, littérature

Franz SCHUBERT (1797 – 1828)

Franz SCHUBERT (1797 – 1828) n’est pas connu pour ses opéras, il en a pourtant écrit ou mis en chantier une quinzaine entre 1811 et 1827.

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Schubert naît le 31 janvier 1797 à Vienne. Son père est instituteur et lui donne ses premiers cours de violon alors que l’un de ses frères lui apprend le piano. L’atmosphère est musicale à la maison où, avec son père et deux de ses frères, ils forment un quatuor à cordes.

En 1808 il entre comme petit chanteur à la Chapelle impériale de Vienne, où il bénéficie d’une bonne éducation musicale. Il a comme professeur SALIERI, et entre dans l’orchestre. Il commence à composer dès 1810 des pièces pour piano, des lieder déjà, des quatuors à cordes, sa première symphonie.

En 1813, après la mue, il quitte la Chapelle impériale et entre à l’école normale, pour devenir instituteur comme son père.

Il écrit son premier chef-d’œuvre à dix-sept ans, le lied Marguerite au rouet, d’après GOETHE. De 1814 à 1816, il ne cesse d’écrire, et ce sont des symphonies, des messes, les premières sonates pour piano, des opéras, et toujours des lieder.

schubert marguerite au rouetCliquez sur l’image

En 1817, il quitte la maison de son père et loge chez un de ses amis, SCHOBER. Il écrit cette année-là, alors qu’il n’a que vingt ans, six sonates pour piano et de nombreux lieder, dont La Jeune Fille et la Mort et La Truite.

Schubert Der Tod und das MädchenCliquez sur l’image

En 1818, il devient maître de musique des enfants du comte ESTERHAZY et accompagne pendant l’été la famille en Hongrie. Il y compose des œuvres à quatre mains. Cette année-là, il écrit des lieder sur des textes des poètes romantiques allemands NOVALIS et SCHLEGEL, dont les très beaux Chants de la nuit.

De 1819 à 1823, le style de Schubert évolue et il se détache des formes héritées du passé. Il a du mal à achever ses œuvres. C’est le cas de sa huitième symphonie, qui restera célèbre sous le nom de Symphonie inachevée. La réputation de Schubert commence toutefois à dépasser le cercle des amis, et il s’essaie à la composition de singspiel, donnés sans grand succès au Théâtre de Vienne. En 1821, l’éditeur DIABELLI (celui des Variations) publie sur souscription son opus 1, Le Roi des aulnes. Cette même année, les réunions de ses amis autour de la musique de Schubert s’institutionnalisent, ce sont les fameuses Schubertiades.

schubert erlkonigCliquez sur l’image

En 1822 et 1823, il compose deux opéras, Alfonso und Estrella et Fierrabras, pour Vienne qui voulait des opéras écrits en allemand, mais la vague ROSSINI balaie tout sur son passage à l’époque et Schubert ne réussit pas à les faire représenter au théâtre. La même mésaventure est arrivée à WEBER avec Euryanthe.

Schubert Fierrabras Bald wie es klar

Fin 1822, il contracte la syphilis, et dès lors sa santé va se dégradant. C’est à cette époque qu’il compose la Wanderer Fantaisie. En 1823, Schubert compose le cycle de lieder La Belle Meunière. En 1823, il écrit une musique de scène pour Rosamonde et en 1824, il se consacre essentiellement à la musique de chambre avec les quatuors Rosamonde et La Jeune Fille et la Mort, mais aussi son octuor pour cordes et vents, et la sonate Arpeggione (du nom d’un instrument aujourd’hui disparu).

En 1825, Schubert succombe à la Walter Scott-mania, de cet écrivain écossais dont le romantisme a conquis son époque. Il écrit notamment sept lieder sur La Dame du Lac. Il commence sa dernière symphonie, la Grande Symphonie en Ut n°9. Sa réputation croît et ses sonates commencent à être publiées et jouées par les pianistes de son époque.

1826 est l’année de l’achèvement de sa symphonie n° 9, de son quinzième quatuor à cordes et de la dix-huitième sonate pour piano. Il écrit également ses deux trios op. 99 et 100. (Si vous avez vu le film Barry Lindon de KUBRICK, vous vous souvenez certainement de ceci.)

scubert trio opus 100Cliquez sur l’image

En 1827, à la mort de BEETHOVEN, Schubert participe aux cérémonies de ses funérailles. Il compose son testament musical, un dernier cycle de lieder, le bouleversant Winterreise (le Voyage d’hiver) sur des poèmes de MÜLLER, que je considère comme un véritable petit opéra pour voix et piano.

schubert winterreise gute nachtCliquez sur l’image

Schubert meurt le 19 novembre 1828 de la fièvre typhoïde, à 31 ans, laissant derrière lui quelque 500 à 600 lieder, dont certains sur des poèmes de Goethe, SCHILLER ou HEINE, vingt et une sonates pour piano, quinze quatuors, une dizaine d’œuvres pour la scène, neuf symphonies, et quantité de pièces (impromptus, moments musicaux, messes, quintettes…).

Retrouvez ici quelques compositions pour les chœurs.

Cinéma, Divers, littérature, Mythologie, Shakespeare

ROMÉO & JULIETTE

La tragique histoire des amants de Vérone, racontée au théâtre par ShakespeareE en 1597, a inspiré bien des compositeurs, de Bellini à Bernstein. Le thème des deux jeunes gens issus de familles rivales, voire ennemies, est très ancien, et on le retrouve, comme celui de Cendrillon, dans à peu près toutes les civilisations et à toutes les époques. La légende de Pyrame et Thisbé, narrée par OVIDE dans les Métamorphoses, en est un exemple.

L’Italien Bellini, donc, a écrit un I Capuletti e i Montecchi en 1830. Mais c’est Gounod avec son Roméo et Juliette de 1867 qui connaîtra le plus grand succès.

gounod roméo et juliette o nuit divineCliquez sur Roméo

L’allemand Sutermeister a écrit un très beau (et rare) Romeo und Julia en 1939.

Une autre adaptation intéressante est celle de Bernstein qui transpose la rivalité dans le Brooklyn du XXe siècle, avec sa comédie musicale West Side Story (1957). Les deux « familles » rivales d’où viennent les deux jeunes qui s’aiment, Tony et Maria, sont alors les Portoricains et les Italiens. Le film qui en a été tiré est resté célèbre, avec ses 11 oscars.

bernstein WSS TonightCliquez sur Tony et Maria

Plus près de nous encore, la comédie musicale (2001) de Presgurvic a connu un beau succès.

La richesse du thème de Roméo et Juliette a également inspiré des compositeurs comme Berlioz avec sa symphonie lyrique en 1837, Tchaïkovski et son ouverture-ballet en 1869 ou Prokofiev et son ballet en 1938.

Tchaikovski roméo et julietteCliquez sur l’image

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur l’image

Plus près de nous, le Juliet et Romeo du groupe Dire Straits est un de leur plus gros succès.

dire straits juliet and romeoCliquez sur Mark KNOPFLER

Écrivains, Cinéma, littérature, Théâtre

Alexandre POUCHKINE (1799 – 1837)

J’en parlais dans le récent billet sur la Dame de pique, voici un billet sur Alexandre POUCHKINE (1799 – 1837). Ce fils de la noblesse russe, ce romantique russe, né le 26 mai 1799 à Moscou, a beaucoup écrit de contes, nouvelles et pièces de théâtre pendant sa courte vie. Il est mort à Saint-Pétersbourg le 29 janvier 1837 à 37 ans des suites d’un duel d’honneur. Sa femme Natalia fréquentant un officier français, le duel devint vite inévitable. Touché au ventre lors de ce duel, le poète devait décéder deux jours plus tard.

Nombreux sont les opéras qui sont des adaptations de ses écrits.

Le premier compositeur a avoir adapté Pouchkine est Mikhaïl GLINKA, le père de la musique russe. C’était un ami d’enfance de Pouchkine (ils étaient en pension ensemble à Saint-Pétersbourg), et il a mis en musique Rouslan et Ludmila (1837 – 1842), d’après un de ses poèmes épiques.

ruslan et ludmila ouvertureCliquez sur l’image

Son élève DARGOMYJSKI, un autre précurseur de la musique russe, a composé La Roussalka (1856) et Le Convive de pierre (1866 – 1869) d’après deux drames de Pouchkine.

Parmi les monuments mondiaux de l’opéra figure le Boris Godounov (1869 – 1872) que MOUSSORGSKI a composé, d’après Pouchkine.

Mousssorgski Boris Godounov scène du couronnementCliquez sur Boris

TCHAÏKOVSKI a composé ses deux chefs-d’œuvre que sont Eugène Onéguine (1877 – 1878) et La Dame de pique (1890) sur des textes de Pouchkine, et un autre de ses opéras, moins connu, est Mazeppa (1881), adapté d’un poème épique de Pouchkine.

duel onéguineCliquez sur Lenski et Onéguine

L’ami RIMSKI-KORSAKOV a mis en musique Mozart et Salieri (1897), une courte pièce qui fait l’hypothèse que le compositeur SALIERI aurait tué MOZART. C’est de cette pièce de Pouchkine qu’est issu, indirectement, le film Amadeus de Milos FORMAN.

forman amadeusCliquez sur l’image

Rimski-Korsakov a également mis en musique Le Tsar Saltan (1899 – 1900) et Le Coq d’or (1909), d’après des contes écrits par Pouchkine.

rimsky le tsar saltanCliquez sur l’image

Un autre membre du Groupe des cinq, César CUI, a écrit Le Festin en temps de peste (1900) et RACHMANINOV Le Chevalier avare (1904) et Aleko (1892).

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Au XXe siècle, les textes de Pouchkine ont encore inspiré STRAVINSKY avec Mavra (1922) et BRITTEN qui a composé des mélodies pour Galina Vishnevskaïa, la femme de son ami Rostropovitch : The poet’s echo (1965).

briten the poet's echoCliquez sur l’image

Animation 1, Compositrices, Contes et légendes, Divers, littérature, Mythologie

CENDRILLON (CINDERELLA – CENERENTOLA)

Parmi les contes et légendes de notre enfance figure l’histoire de Cendrillon, cette petite fille victime de sa marâtre et de ses deux vilaines sœurs qui la confinent aux tâches domestiques.

Archétype des contes, on en connaît des versions dans toutes les cultures, et ce depuis l’antiquité. Par exemple, dans l’Égypte antique, on trouve l’histoire d’une jeune esclave à qui un aigle enleva une chaussure puis la fit tomber au pied du pharaon, qui n’eut alors de cesse que de retrouver la propriétaire de cette chaussure.

Les versions que nous connaissons sont celle de Perrault (1697) ou celle des frères Grimm un siècle plus tard.

Étant donné son sujet à portée universelle, il n’est donc pas étonnant que l’Opéra s’en soit emparé, et ce dès 1759 avec un opéra-comique de Laruette.

Parmi les versions qui nous sont restées figure la Cenerentola (1817) de Rossini

Rossini Cenerentola BartoliCliquez sur l’image

L’opéra Cendrillon (1899) de Massenet est encore parfois représenté.

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Créé en 1900, le Conte du tsar Saltan de Rimsky-Korsakov reprend le thème du tsar qui cherche une épouse, et finit par choisir la plus jeune de 3 sœurs, provoquant la fureur et la vengeance des deux ainées et de leur mère.

On peut noter encore Cendrillon (1904), un opéra miniature (merci Wikipédia) de Pauline Viardot.

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En 2002, la compositrice Isabelle ABOULKER écrit Cendrillon, un opéra pour enfants.

Aboulker CendrillonCliquez sur l’image

D’autres adaptations musicales existent, dont le ballet de Prokofiev datant de 1940, ou encore des comédies musicales.

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Les studios DISNEY ne se sont pas trompés sur la portée universelle du conte en créant le dessin animé Cendrillon (Cinderella en VO) en 1950.

Cendrillon DisneyCliquez sur l’image

En 2016, une jeune anglaise âgée de dix ans écrit Cinderella, son premier opéra complet.

Deutscher Cinderella Up in the skyCliquez sur l’image

Animation 1, Cinéma, Fantaisie, Films, littérature

DILILI À PARIS, de Michel OCELOT (2018)

Dilili à Paris

À l’occasion de la sortie en DVD de Dilili à Paris, de Michel OCELOT, je voudrais revenir sur ce très beau dessin animé, qui se passe dans le Paris de la Belle-Époque.

L’héroïne, une petite fille kanake arrivée à Paris, se trouve confrontée à tous les préjugés que l’on peut avoir vis-à-vis:

  • de la couleur de sa peau,
  • de son statut de femme dans un monde gouverné par les hommes,
  • de petite fille face au monde des adultes,

Mais si les choses sont dites, c’est toujours avec légèreté et humour.

L’histoire est donc celle de Dilili et de son ami  Orel qui enquêtent sur une mystérieuse organisation qui enlève les petites filles. Ce sera pour eux l’occasion de rencontrer des figures comme RENOIR, RODIN, Camille CLAUDEL, MONET , TOULOUSE-LAUTREC ou Suzanne VALADON, Anna de NOAILLES, COLETTE ou Marcel PROUST, mais aussi pour la musique DEBUSSY, Emma CALVÉ, Erik SATIE ou Reynaldo HAHN, et encore Louis PASTEUR et Marie CURIE ou Sarah BERNHARDT.

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On y entend la cantatrice Emma CALVÉ (1858 – 1942) chanter un air du Pelléas et Mélisande de Debussy, et à l’occasion, on voit une affiche annonçant sa participation à Carmen , un rôle qu’elle chanté mille fois, de BIZET.

Pelléas cheveuxCliquez sur l’image

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Une partie de l’action se passe dans l’Opéra (le palais Garnier), notamment dans les sous-sols sur le mystérieux lac qui serait sous l’opéra, comme dans le Fantôme de l’opéra de Gaston LEROUX. Et le moyen de se déplacer sur ce lac est une très jolie barque en forme de cygne, en hommage au Lohengrin de WAGNER.

Si vous ne connaissez pas ce film, il faut absolument le voir, c’est tout public grâce aux différents niveaux de lecture, et les décors sont magnifiquement restitués.

Animation 1, Cinéma

MAGICAL MAESTRO (TEX AVERY)

Après les articles consacrés à Walt DISNEY et au studio GHIBLI, retour vers le monde de l’animation avec Tex AVERY (1908-1980).

Magical maestro est le titre d’un dessin animé du génial Tex AVERY, qui met en scène le baryton Poochini (prononcez Puccini), essayant de chanter le « Largo al factotum » extrait du Barbier de Séville de Rossini, alors qu’un magicien lui fait subir toutes sortes de transformations.

magical maestro

En fait, les musiques d’opéra sont omniprésentes dans les dessins animés de Tex Avery, notamment la marche nuptiale du Lohengrin de Wagner que l’on retrouve dans The early bird deed it, dans One ham’s family, dans Big heel whata, ou dans Lonesome Lenny.

Tex Avery One ham's familyCliquez sur l’image

On peut entendre le galop de l’ouverture du Barbier de Séville dans Dumb hounded, dans Screwball Squirrel, dans Wild & wolfy, dans King size canary, dans The car of tomorrow, dans Rock-a-bye-bear, dans Drag-a-long Droopy.

Tex Avery Drag a long DroopyCliquez sur l’image

On entend le grand air de la reine de la nuit dans Symphony in slang. Roméo et Juliette dans Little tinker, une citation de Un américain à Paris de Gershwin dans One cab’s family.

one cab's familyCliquez sur l’image

Sans parler de l’utilisation de la marche funèbre de Chopin à peu près chaque fois qu’il y a un mort (et on meurt beaucoup chez Tex AVERY).

The flea circus cite Wagner (Lohengrin) et un concerto de Liszt et l’air « Ah vous dirai-je Maman » de Mozart est également abondamment cité.

Tex Avery The flea CircusNe cliquez plus sur le piano

Bien entendu, je ne cite ici que les emprunts à la musique classique, mais de nombreux airs populaires américains ont servi également à Scott Bradley (1891-1977), l’auteur crédité de la musique dans les génériques des dessins animés de Tex Avery.

Cinéma, littérature, Mythologie, Woody Allen

PYGMALION

Pygmalion est un personnage mythologique, dont l’histoire nous est contée par OVIDE dans ses Métamorphoses. Sculpteur, il tombe amoureux d’une de ses sculptures, celle de Galatée. Fils d’Athéna, il obtient d’Aphrodite, déesse de l’amour, qu’elle donne vie à son amour de pierre. Il a deux enfants avec elle, Paphos et Matharmé.

(A propos de Paphos et Matharmé, il est intéressant de noter que le dernier sonnet de MALLARMÉ est Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos).

Pygmalion est ainsi devenu l’archétype d’une « personne amoureuse d’une autre et qui la conseille et la façonne pour la conduire au succès », suivant la définition du Larousse.

Les amours d’Acis et Galatée font elles-mêmes l’objet d’une narration par Ovide dans ses Métamorphoses.

Tant le mythe de Pygmalion que celui d’Acis et Galatée ont été portés à l’opéra.

En effet, en 1770, ROUSSEAU écrit un mélodrame de ce nom, dont il a composé la musique pour deux des vingt-deux morceaux, Horace COIGNET écrivant le reste.

Son « rival », Jean-Philippe RAMEAU avait, lui, écrit un ballet, Pygmalion, en 1748. Il sera suivi par GRÉTRY en 1776.

Rameau Pygmalion Ouverture

En 1816 DONIZETTI, alors âgé de 19 ans, écrit son premier opéra Il Pigmalione.

G.B.SHAW a écrit sa pièce Pygmalion en 1914. Cette pièce a été adaptée en comédie musicale avec une musique de F.LOEWE, au théâtre en 1956, puis surtout dans le génial film My Fair Lady (1964) de Georges CUKOR avec Audrey HEPBURN.

On retrouve le thème de Pygmalion dans Maudite Aphrodite (1995), de Woody ALLEN.

Les amours d’Acis et Galatée (le modèle de Pygmalion) ont également été relatées par Ovide dans ses Métamorphoses. Cette légende a été mise en musique par LULLY en 1686 et par HAENDEL en 1731.

haendel acis et galatée

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LES SORCIÈRES À L’OPÉRA

De tout temps, les sorcières ont occupé une bonne place à l’opéra, depuis le Didon et Enée (1689) de PURCELL jusqu’aux Diables de Loudun (1969) de PENDERECKI.

Parmi les plus marquantes figurent, outre celles de Didon et Enée déjà citées, la sorcière Alcina de l’Orlando furioso (Roland furieux) de l’ARIOSTE, et ses nombreuses adaptations dans le monde lyrique (Orlando furioso (1727) de VIVALDI, Alcina (1735) de HAENDEL,…)

Purcell Didon & Enée SorcièresCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, on trouve encore la présence de sorcières dans le Macbeth de VERDI, ou la Naïna de Ruslan et Ludmila (1842), le premier opéra russe, écrit par GLINKA, le père de la musique russe. Il y a aussi la sorcière mangeuse d’enfants de Hansel et Gretel (1891) d’HUMPERDINCK.

Humperdinck Hansel und GretelCliquez sur l’image

Dans le folklore russe, la figure de la Baba Yaga peut être assimilée à celle d’une fée ou d’une sorcière. On en trouve une dans Les Tableaux d’une exposition de MOUSSORGSKI, dans le morceau La cabane sur des pattes de poule.

moussorgski Tableaux d'une exposition Baba YagaCliquez sur l’image

En 1900, dans Rusalka (1900) de DVORAK, c’est Jezibaba la sorcière qui aide l’héroïne à entrer dans le monde des humains, puis qui la maudit quand elle refuse de tuer le prince qu’elle aime, mais qui l’a rejetée.

Dvorak Rusalka JezibabaCliquez sur Jezibaba

Et pour le XXe siècle, on trouve la Fata Morgana (la Fée Morgane) dans l’Amour des trois oranges (1919) de PROKOFIEV, ainsi que les Diables de Loudun déjà cité.

Et comme vous commencez à me connaître, j’adore l’univers du dessin animé, je ne peux donc pas résister à vous mettre l’Apprenti sorcier de Paul DUKAS, extrait du Fantasia de DISNEY, où l’on voit Mickey serrer la main du chef d’orchestre STOKOWSKI.