Mes opéras préférés

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX (GÖTTERDÄMMERUNG)

Troisième pièce de la trilogie avec prologue de WAGNER L’anneau du Niebelung, le Crépuscule des Dieux, terminé en 1874, est créé lors du premier Festival de Bayreuth en 1876.

J’avais donc laissé, à la fin de Siegfried, notre héros sur son rocher avec Brünnhilde qu’il vient de tirer du sommeil où Wotan l’avait plongée.

Prologue : Au lever du rideau, les Nornes, filles d’Erda, tressent les fils du destin. Elles rappellent le passé et commencent à voir l’avenir, quand la corde qu’elles tressent se rompt.

Le jour se lève sur le rocher de Brünnhilde et Siegfried. Siegfried s’apprête à partir pour de nouvelles aventures, et il donne l’Anneau à Brünnhilde, en gage de fidélité, avant de s’éloigner sur le Rhin.

Wagner Crépuscule voyage sur le RhinCliquez sur l’image

Acte I : Dans leur palais, Gunther, roi des Burgondes et sa sœur Gutrune discutent avec leur demi-frère Hagen. Hagen dit qu’il connaît la femme qui conviendra à Gunther. C’est Brünnhilde, mais seul Siegfried est capable de franchir le cercle de feu qui la protège. Il se propose, par l’usage de filtres, de tromper Siegfried pour qu’il leur ramène Brünnhilde.

Siegfried descendant le Rhin arrive au palais. Il est accueilli par Gunther, qui lui fait boire un filtre d’oubli. À la demande de Gunther, Siegfried propose de l’accompagner jusqu’au rocher de la Walkyrie, où il pourra trouver une femme.

Waltraute, une des walkyries, vient voir sa sœur Brünnhilde sur son rocher. Elle lui donne des nouvelles de Wotan leur père, et du Walhalla. Depuis que Wotan est rentré avec sa lance brisée par Siegfried, il s’est retiré au Walhalla, refusant les pommes de Freia, qui empêchent les dieux de vieillir. Il envoie ses corbeaux en espion de par le monde. Waltraute supplie Brünnhilde de rendre l’Anneau aux Filles du Rhin pour faire cesser sa malédiction. Brünnhilde refuse de se séparer de ce cadeau de Siegfried et Waltraute s’en va, déçue.

Wagner Crépuscule Waltraute et BrunnhildeCliquez sur l’image

Siegfried revient. Il a revêtu le Tarnhelm, le heaume magique qui permet de prendre la forme que l’on veut (cf. L’Or du Rhin) et a pris l’apparence de Gunther. Il demande Brünnhilde comme épouse. Celle-ci refuse, mais Siegfried la force et lui prend l’Anneau.

Acte II : Hagen dort sur le bord du Rhin, en attendant le retour de Siegfried et Gunther. Alberich, son père, le réveille et le pousse à récupérer l’Anneau.

Wagner Crépuscule Schläfst du HagenCliquez sur le rideau de scène

Siegfried et Brünnhilde arrivent au palais. Hagen demande à ses hommes de s’armer pour préparer les noces de Brünnhilde et de Gunther.

Wagner Crépuscule Ihr GibischsmannenCliquez sur les Gibichsmannen

Brünnhilde, voyant Siegfried qui a repris sa forme normale porter l’Anneau comprend que c’est lui qui est venu l’enlever pour le compte de Gunther. Elle veut se venger. Devant sa colère, Hagen lui propose de tuer Siegfried. Brünnhilde révèle alors que le seul moyen de le tuer est de le frapper dans le dos, car le héros ne peut pas fuir devant un adversaire.

Acte III : Les filles du Rhin attendent le héros qui leur rendra l’or. Au loin, on entend le cor de Siegfried qui se rapproche. Quand il arrive près d’elles, elles lui réclament l’Anneau, évoquant sa malédiction. Siegfried se moque d’elles et garde l’Anneau.

Siegfried retrouve ses compagnons de chasse. Profitant d’une halte, il leur raconte sa jeunesse. Arrivé au moment que le philtre lui a fait oublier, Hagen lui en donne un autre, qui lui fait retrouver la mémoire. Il poursuit donc son histoire, comment il a trouvé Brünnhilde endormie sur un rocher entouré de feu, et comment il l’a réveillée d’un baiser. À ce moment, les corbeaux de Wotan passent dans le ciel. Siegfried les regarde, et Hagen en profite pour le frapper dans le dos. Siegfried meurt, se rappelant Brünnhilde. On pose son corps dans une barque pour le conduire au palais.

Dans le palais, Gutrune est inquiète. Hagen arrive, et lui annonce la mort de Siegfried, tué par un sanglier. Gutrune devine la vérité. Hagen avoue que c’est lui qui a frappé Siegfried. Il réclame l’Anneau. Gunther veut intervenir, mais Hagen le tue à son tour. Au moment où il s’approche du corps de Siegfried pour voler l’anneau, les mains du héros se dressent, et il recule. Brünnhilde paraît, triomphante. Elle annonce que sa vengeance est presque accomplie. Brünnhilde fait construire un bûcher où on dépose le cadavre de Siegfried. Elle chante les louanges de son héros, passe l’Anneau à son doigt, puis met le feu au bûcher. Elle demande aux corbeaux de Wotan d’annoncer à leur maître que la fin des dieux est proche, et saute dans le feu avec son cheval. À ce moment, le Rhin déborde et s’approche du bûcher. Les filles du Rhin récupèrent enfin leur bien. Hagen cherche à les en empêcher, mais elles l’entraînent dans les flots.

Wagner le Crépuscule des dieux Mort de Siegfried et marche funèbreCliquez sur l’image

Voilà, il ne me restera plus qu’à vous raconter le début de l’histoire, avec l’Or du Rhin, et la tétralogie (autre nom de la trilogie avec prologue) sera terminée. Et puis peut-être un jour, parlerais-je des liens entre cette œuvre et le Seigneur des anneaux de TOLKIEN.

Divers, Histoire de l'opéra, Religion

ILS ONT ÉCRIT DES REQUIEMS

Musique funèbre, messe des morts, le Requiem est une forme musicale prisée des compositeurs (ils en ont écrit plus de mille). Parmi eux, les compositeurs d’opéras ne se sont pas privés pour écrire des requiems, comme celui archiconnu de MOZART.

Basés, notamment, sur le très ancien thème grégorien (XIIIe siècle) Dies Irae, Dies illa, les requiems ont vocation à faire peur de l’enfer à ceux qui restent.

Grégorien Dies IraeCliquez sur l’image

Je vous propose ici quelques requiems écrits par des compositeurs d’opéras.

À la mort de BELLINI en 1835, son rival et ami DONIZETTI écrit un requiem à sa mémoire.

Donizetti Requiem dies iraeCliquez sur l’image

En 1837 BERLIOZ écrit sa Grande messe des morts pour l’exécution de laquelle il rêvait de moyens pléthoriques, 200 instrumentistes et 500 ou 600 choristes.

Berlioz requiem tuba mirumCliquez sur l’image

Le requiem de Verdi (1874) est également très théâtral.

Verdi Requiem tuba mirumCliquez sur les trompettistes du jugement dernier

Parmi les requiems devenus classiques, j’ai un gros faible pour le requiem allemand de BRAHMS, avec son ostinato de timbales, et j’en profite pour citer ici ce musicien qui, n’ayant pas composé d’opéra, trouve rarement sa place sur ce blog.

Brahms RequiemCliquez sur l’image

Le requiem de DVORAK date de 1890.

Dvorak requiem

Gabriel FAURÉ, l’auteur de Pénélope, a écrit en 1888 un requiem à la mémoire de sa mère qui, tout en douceur, est à l’opposé de ceux de Berlioz et Verdi. Encore une de mes œuvres préférées, peut-être  parce que c’est la première que j’ai eu l’occasion de chanter.

Fauré Requiem IntroïtCliquez sur l’image

Le War Requiem (1962) de BRITTEN n’est pas une messe des morts. Il s’agit d’une œuvre à double chœur et double orchestre où alternent les parties liturgiques « classiques » et une mise en musique d’un poème d’OWEN, faisant dialoguer entre eux deux soldats morts pendant la guerre de 14 – 18 et dénonçant l’absurdité des guerres.

Britten War Requiem SanctusCliquez sur l’image

Deux ans plus tard, c’est le français Olivier MESSIAEN qui compose un requiem à la mémoire des morts des deux guerres mondiales, son Et expecto resurrectionem mortuorum (et j’attends la résurrection des morts).

messiaen et exspecto resurrectionem mortuorum

J’aurais voulu aussi vous parler de GOUNODSAINT-SAËNS ou DVORAK, mais ce billet aurait pris trop d’ampleur. Je me réserve de parler de leurs requiems dans les billets que j’écrirai à leur sujet.

Écrivains, littérature

Jean RACINE (1639 – 1699)

Comme celles de ses aînés CORNEILLE et MOLIÈRE, les pièces du tragédien Jean RACINE ont inspiré bien des compositeurs d’opéras, et non des moindres.

Jean Racine naît le 22 décembre 1639, à la Ferté-Milon.

Ainsi, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand (1665) lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à LEFROID de MÉREAUX en 1783.​

Il meurt le 21 avril 1699 à Paris.

Andromaque (1667) a inspiré à GRÉTRY un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à ROSSINI son Ermione en 1819.

Grétry Andromaque ouvertureCliquez sur l’image

La Clémence de Titus de MOZART, dont le livret est une adaptation de celui écrit par METASTASE, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).

Mozart encore s’est inspiré de la pièce Mithridate (1673) pour son Mithridate, Roi du Pont.

L’Iphigénie en Aulide de GLUCK est inspiré de l’Iphigénie (1674) de Racine.

Gluck iphigénie en AulideCliquez sur l’image

Pour Phèdre (1677), Racine s’est inspiré d’Euripide avec son Hippolyte. Phèdre a inspiré RAMEAU pour son opéra Hippolyte et Aricie (1733). Deux siècles plus tard, BRITTEN écrira la cantate Phaedra.

Rameau Hippolyte et Aricie quelle plainte en ces lieuxCliquez sur Phèdre

Racine abandonne ensuite l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV.

En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :

Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de MOREAU. HAENDEL en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par GOSSEC un siècle plus tard, puis par BOÏELDIEU en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et MENDELSSOHN a également composé une musique de scène pour Athalie.

Haendel AthaliaCliquez sur l’image

Et tant qu’on est dans Racine, je m’en voudrais de ne pas citer FAURÉ et son Cantique de Jean RACINE, si agréable à chanter (et à écouter).

Fauré Cantique de Jean RacineCliquez sur Fauré

Pascal COLASSE (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La FONTAINE et de ROUSSEAU) a mis en musique les Cantiques spirituels.

collasse racine cantiques spirtituelsCliquez sur l’image

(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992).

Mes opéras préférés, Mythologie

IPHIGÉNIE EN TAURIDE, de GLUCK (1779)

Tragédie-opéra de GLUCK créée en 1779 à l’académie royale de musique, c’est la dernière tragédie lyrique de Gluck. Il y a recyclé beaucoup d’airs de sa période italienne. Gluck avait déjà mis en scène Iphigénie dans son Iphigénie en Aulide, d’après Racine, en 1774.

Iphigénie a été envoyée en Tauride par Diane, afin de la protéger d’un sacrifice voulu par son père Agamemnon, pour gagner la guerre de Troie. Quand l’œuvre commence, elle est donc en Tauride (pays imaginaire que l’on peut situer vers l’actuelle Crimée)  depuis quinze ans, sans nouvelles de sa famille.

Acte I : Après une ouverture symphonique évoquant la tempête, Iphigénie se souvient de son cauchemar de la nuit, lui rappelant la malédiction dont sa famille est victime depuis Tantale. Elle a vu sa mère Clytemnestre tuer Agamemnon son père et elle-même tuant son frère Oreste.

Gluck iphigénie en Tauride o toi qui prolongeas mes joursCliquez sur l’image

Le roi des Scythes, Thoas, apparaît. Un oracle lui ayant prédit qu’il mourrait tué par un étranger, il fait mettre à mort tout étranger qui débarque sur son île. Le peuple chante un chant barbare, réclamant du sang pour expier les crimes passés. Deux étrangers sont rejetés par la tempête sur le rivage. Le peuple est content, ils feront de bonnes victimes. On les interroge, mais ils taisent leur nom. Thoas les condamne à mort.

Acte II : Les deux étrangers enchaînés dans leur cellule attendent la mort. Il s’agit d’Oreste et Pylade. Oreste regrette d’avoir entraîné son ami Pylade à la mort (Air : Dieux qui me poursuivez). Pylade essaie de le calmer.

Gluck Iphigénie en Tauride unis dès la plus tendre enfanceCliquez sur Pylade

On les sépare. Oreste se calme avant de s’endormir.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Dans son sommeil, il voit les Euménides, qui l’accusent d’avoir tué sa mère. Iphigénie entre, mais Oreste, dans son trouble, ne la reconnaît pas et croit voir apparaître Clytemnestre. Elle lui demande d’où il vient. Il répond qu’il vient de Mycènes. Elle demande alors des nouvelles d’Agamemnon, et Oreste lui raconte toute la tragédie des Atrides. Iphigénie se rend compte que son cauchemar est devenu réalité.

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse IphigénieCliquez sur Iphigénie

Acte III : Iphigénie veut prévenir sa sœur Électre. Elle a pitié des condamnés, dont un lui rappelle son frère Oreste, qui aurait le même âge (Air : D’une image hélas trop chérie). Mise en présence des deux hommes, elle discute avec Oreste et Pylade, et se résout à sauver l’un des deux. Elle choisit Oreste et lui donne un message pour sa sœur Électre. Les deux amis se disputent l’honneur de mourir pour l’autre. Oreste décide de rester pour sauver Pylade, et c’est Pylade qui part. Oreste lui recommande de porter ses derniers soupirs à sa sœur.

Acte IV : Iphigénie doit sacrifier Oreste, mais elle est partagée entre son devoir et l’horreur du sacrifice.

Gluck iphigénie en Tauride je t'implore et je trembleCliquez sur l’image

Au moment de mourir, Oreste qui croit sa sœur morte en Aulide, déclare : « Ainsi périt Iphigénie en Aulide », lui révélant ainsi qu’elle est sa sœur. Elle tombe dans ses bras.

Thoas, qui a appris la fuite de Pylade, vient s’assurer du sacrifice d’Oreste. Iphigénie lui révèle que le captif est son frère, et qu’elle ne peut le frapper. Les prêtresses de Diane défendent Oreste, mais Thoas, furieux, veut tuer et le frère et la sœur. Pylade arrive avec une troupe grecque et tue Thoas. Diane paraît. Elle pardonne à Oreste d’avoir tué sa mère, et lui enjoint de retourner à Mycènes pour monter sur le trône d’Agamemnon. Elle renvoie également Iphigénie en Grèce. Tout le monde se réjouit de cette fin heureuse (Chœur : Les dieux, longtemps en courroux).

Compositeurs, Histoire de l'opéra

Christoph Willibald GLUCK (1714 – 1787)

Christoph Willibald GLUCK est né à Erasbach en Bohème le 2 juillet 1714.

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Fils d’un garde-chasse, Gluck étudie la musique comme enfant de chœur dans un collège de jésuites, où il apprend le chant, le clavecin, l’orgue et le violon. Il se rend à Prague en 1732, où il complète ses études et gagne sa vie comme violoniste.

En 1736, il part à Vienne, où il se fait remarquer par le prince MELZI, qui l’emmène à Milan. Il fait ses débuts au théâtre en 1741 avec Artaserse, qui est un grand succès suivi d’autres commandes. Il écrit alors une vingtaine d’opéras serias (dans le style italien) pour Londres, Copenhague, Prague, Vienne, Rome, etc., œuvres qui n’ont pas été conservées.

Gluck est appelé à Londres en 1745. Il passe par Paris, où il entend des opéras de RAMEAU, et arrive à Londres alors qu’y triomphe HAENDEL.

Il quitte Londres pour Vienne où il donne Semiramide (1748) et où il se marie en 1750. En 1754, il obtient un poste de Kappelmeister à Vienne. Son style évolue alors vers l’opéra-comique français, ses livrets lui étant envoyés de Paris par FAVART. C’est ainsi qu’en 1760, il écrit l’Ivrogne corrigé d’après LA FONTAINE. En 1761, il fait la connaissance du librettiste Calzabigi. De leur collaboration naîtra Orfeo ed Euridice (1762) qui est une révolution pour l’époque, la primauté étant donnée à l’action et l’expression des sentiments plutôt qu’à la virtuosité des chanteurs. Orfeo est suivi par Alceste en 1767.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur l’image

Mais Gluck veut triompher à Paris. (Comme Haendel, musicien allemand ayant composé en Angleterre des opéras écrits en italien, Gluck musicien bohème est parti en France écrire des opéras en français, après avoir composé des opéras en italien à Vienne). L’ambassadeur de France à Vienne lui propose un livret sur Iphigénie en Aulide, d’après Racine, et recommande Gluck à Antoine DAUVERGNE, le directeur de l’Académie royale de musique. En fin politique, Gluck demande également sa protection à sa compatriote Marie-Antoinette, qui l’appelle à Paris en 1773. Iphigénie en Aulide est créé en 1774, la même année que sa réécriture d’Orphée en français. En 1776 paraît la version française d’Alceste, opéra que Gluck avait créé pour Vienne en 1767.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur l’image

Après des débuts laborieux, le succès va croissant. En 1777 paraît Armide, que Gluck a écrit sur le même livret que LULLY un siècle auparavant. C’est un immense succès. En 1779, c’est le triomphe d’Iphigénie en Tauride, qui avait été mis en compétition entre Gluck et son rival PICCINI. Ce triomphe fut terni par l’échec de son opéra suivant, Écho et Narcisse (1779). Il se retire à Vienne, et n’écrira plus pour le théâtre. Victime de plusieurs attaques cérébrales, il meurt à Vienne le 15 novembre 1787.

On peut noter que ses différentes déclarations sur la musique dramatique, opposant la conception française et la conception italienne de l’art dramatique contribueront à la naissance de la querelle des bouffons.

Dans les 30 ans qui séparent RAMEAU de Gluck, la philosophie des Lumières est passée par là, et on passe du baroque de Rameau au préromantisme de Gluck, dont l’influence s’exercera sur les compositeurs à venir tels que BERLIOZ ou WAGNER. On considère ainsi qu’il est le premier compositeur à s’être servi des deux langages, musique et texte, pour raconter simultanément deux histoires différentes (cf. l’air : « Le calme rentre dans mon cœur » de Iphigénie en Tauride), presque un siècle avant Wagner, qui révérait Gluck. Il faut noter aussi le resserrement de l’action, et l’importance redonnée aux chœurs, qui sont là pour souligner et commenter l’action, comme dans le théâtre antique.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Bande dessinée, histoire, littérature

UN OPÉRA DE PAPIER (Edgar P. JACOBS)

À l’occasion de la sortie du nouvel album des aventures de Blake et Mortimer, le dernier Pharaon, par François SCHUITEN, il m’est revenu qu’avant d’être dessinateur, E.P.JACOBS (1904 – 1987), le créateur de la série, était baryton.

Il a raconté ses souvenirs dans sa biographie, Un Opéra de papier (Gallimard, 1981), où on apprend qu’après avoir découvert Faust à la Monnaie de Bruxelles, il se fait à tout le répertoire français, italien et allemand pour arriver aux « modernes », Pelléas de DEBUSSY, Marouf de RABAUD et l’Heure espagnole de RAVEL.

Se découvrant une jolie voix de baryton, il entre en 1921 comme figurant puis comme choriste à la Monnaie, où il débute dans Guillaume Tell de ROSSINI, avant de jouer les gardes dans Carmen, Aïda ou Salomé. Après ces rôles de figuration, il commence dans le chant en tant que choriste dans la revue de… MISTINGUETT !

À la saison suivante il chante, enfin, dans les chœurs de la Monnaie où il a l’occasion de jouer de petits rôles, tel celui de Sylvio dans Paillasse.

leoncavallo paillasse duo Sylvio NeddaCliquez sur Sylvio et Nedda

En 1929, il obtient son grand prix de chant et entre immédiatement à l’opéra de Lille où il débute dans le rôle de Brétigny, de Manon. Il a chanté le Méphistophélès de La Damnation de Faust de BERLIOZ,

jacobs méphisto

ou encore le rôle de Frédéric dans Lakmé de DELIBES.

Delibes lakmé quand une femme est si jolieCliquez sur l’image

Las, la crise de 1929 – 1930 fait que la France ferme ses frontières aux étrangers et Jacobs est obligé de repartir en Belgique.

Dès lors, il exerce de plus en plus ses talents d’illustrateurs jusqu’à ce qu’en 1942, on lui demande d’achever les Aventures de Flash Gordon, dont les planches venues des États-Unis n’arrivaient plus en Belgique. En 1943, il entre au studio Hergé et en 1948, il fait partie de la création du journal Tintin, où il commence les aventures de Blake & Mortimer.

HERGÉ s’amusera à le faire apparaître dans ses albums de Tintin & Milou.

On le voit ainsi sur la couverture des Cigares du pharaon, sous le pseudonyme transparent d’E.P.Jacobini ou dans le bas de la page 38 du Sceptre d’Ottokar, où il est représenté discutant avec Hergé.

hergé jacobs

On le trouve aussi dans l’Affaire Tournesol sur l’affiche du Faust de Gounod, où il partage la vedette avec La Castafiore L’Affaire Tournesol.

Pour revenir à Blake & Mortimer, notons que l’album S.O.S. Météores débute place de l’Opéra à Paris.

jacobs SOS météores opéraCliquez sur le palais Garnier

Dans le dernier Pharaon, quand Mortimer pénètre enfin dans le palais de Justice de Bruxelles, il entend Aïda de VERDI, dans ce qui est probablement un hommage de Schuiten au passé lyrique de Jacobs.

jacobs pharaon aïdaCliquez sur Mortimer

(Sources : Edgar P.Jacobs, Un opéra de papier, Gallimard, 1981

Blake et Mortimer, Œuvres complètes, éditions Blake et Mortimer

Hergé, les Aventures de Tintin et Milou, éditions Casterman).

Mes opéras préférés, Valse

LE CHEVALIER À LA ROSE (DER ROSENKAVALIER), de STRAUSS (1911)

Le chevalier à la rose (Der Rosenkavalier) est le deuxième opéra fruit de la collaboration de Richard STRAUSS et Hugo von HOFMANNSTHAL. Écrit en 1910, il est représenté au théâtre de la Cour à Dresde en 1911.

Avec cette « comédie en musique » voulue par les auteurs comme un hommage aux Noces de Figaro de MOZART, Strauss se défait de son wagnérisme initial. Tout en raffinement, un charme crépusculaire baigne la partition.

Acte I : Dans la chambre de la maréchale, au matin. Celle-ci est avec son jeune amant, le comte Octavian. Ils prennent leur petit-déjeuner ensemble quand un bruit leur fait craindre le retour du maréchal. Octavian cherchant à se cacher prend les vêtements de la femme de chambre. Un cousin de la maréchale, le baron Ochs, entre. Le baron, séduit par Octavian, l’empêche de partir et lui fait des avances. À la maréchale qui s’en étonne, il s’explique par une profession de foi de jouisseur impénitent avant de revenir à son propos initial : il est venu parler de son mariage avec Sophie, la fille du marchand Faninal récemment anobli. Il vient demander à la Maréchale qui serait susceptible de porter la rose d’argent à sa fiancée Sophie, suivant une coutume de l’époque. La Maréchale qui a remarqué l’attrait qu’exerce Octavian dans ses habits de femme sur le baron Ochs, propose Octavian.

La cour de la Maréchale entre alors pour préparer son lever. Le baron Ochs et le notaire discutent du contrat de mariage à établir. La Maréchale fait sortir tout le monde. Deux intrigants proposent leurs services à Ochs pour obtenir de la jeune servante un rendez-vous.

Restée seule, la Maréchale qui se sent vieillir et sentant que son charme va bientôt passer se laisse aller à la mélancolie. Octavian revient habillé en homme, et elle lui prédit que tôt ou tard, il la quittera pour une femme plus jeune et plus jolie.

strauss rosenkavalieract I die Zeit ist ein sonderbar DingCliquez sur la maréchale et Octavian

Il proteste de sa fidélité. Pourtant, comme elle lui refuse un moment avec elle, il la quitte. Elle cherche à le faire revenir, mais trop tard, il est parti sans même qu’elle ait pu lui dire au revoir. Elle demande à son laquais de porter l’écrin de la rose d’argent à Octavian.

Acte II : Chez monsieur de Faninal, le jour des fiançailles, tout le monde se réjouit, Sophie chante son émotion. Octavian paraît, porteur de la rose d’argent. Il s’avance vers Sophie et la lui remet. Les deux jeunes gens se sentent immédiatement attirés l’un par l’autre.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Sophie et Octavian

Le baron Ochs arrive à son tour. Sa grossièreté (il lui rappelle son origine bourgeoise et la chance qu’elle a de se marier avec un représentant de la vraie noblesse), heurte Sophie. Elle le compare à un maquignon qui viendrait l’acheter. Quand Faninal demande au baron Ochs de venir signer le contrat de mariage, le baron confie Sophie à Octavian pour lui tenir compagnie.

Sophie demande à Octavian de la secourir et Octavian lui propose son aide, ce qui les rapproche encore. Les deux intrigants ont tout vu et veulent prévenir Ochs. Ochs refuse de prendre au sérieux les révélations d’Octavian, qui lui annonce que Sophie ne l’aime pas et qu’il doit renoncer à elle. Mais le ton montant, il le provoque en duel et, tirant son épée, le blesse au bras. Le baron se met à crier et tout le monde crie au scandale. Faninal renvoie Octavian, et menace d’envoyer au couvent sa fille qui refuse de se marier avec Ochs. Le baron se fait soigner par les serviteurs de Faninal en préparant sa revanche contre Octavian et Sophie.

Le baron reçoit un petit mot de billet. C’est la servante remarquée chez la maréchale qui lui propose un rendez-vous galant, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Il feint toutefois d’ignorer les appels à récompense de l’entremetteuse.

Acte III : Dans l’auberge où il a donné rendez-vous à Ochs, Octavian prépare, avec les deux intrigants déçus par le comportement du baron, une mise en scène destinée à discréditer celui-ci, afin d’empêcher son mariage avec Sophie.

Ochs arrive à ce qu’il croit être un souper galant mais, troublé par la ressemblance entre la servante et Octavian, se sent mal à l’aise. Octavian livre ses réflexions sur le temps qui passe, dans une parodie des réflexions de la maréchale au premier acte. Quand le piège ourdi contre lui se déclenche, le baron Ochs appelle l’aubergiste, mais c’est l’intrigante qui apparaît, prétendant être la femme abandonnée du baron. Octavian envoie discrètement chercher Faninal, pendant que le baron appelle la police, qui arrive. Ochs tente de s’expliquer, disant qu’il était en train de souper avec sa fiancée. Le commissaire croit alors qu’Octavian, déguisé en femme, est la fille de Faninal, ce que celui-ci dément. Il envoie chercher Sophie qui attend dehors quand des enfants font irruption et entourent le baron en l’appelant « papa ». Le scandale est complet.

Octavian met le commissaire dans la confidence, avant de se retirer pour remettre ses vêtements d’homme. La Maréchale, avertie, arrive et comprend tout. Elle fait comprendre à Ochs qu’il serait bon qu’il parte, ce qu’il fait sans bien comprendre ce qui lui arrive, au grand désespoir de ses domestiques qui cherchent à se faire payer. Sophie, voyant l’attitude d’Octavian vis-à-vis de la Maréchale, croit son amour perdu.

Quand le calme est revenu, la Maréchale comprend que le moment qu’elle redoutait est arrivé. Octavian déclare son amour à Sophie, et la Maréchale rapproche les deux jeunes gens avant que de se retirer avec noblesse. Les deux jeunes gens n’osent croire à leur bonheur !

strauss rosenkavalier trio final

Opéra viennois, la partition repose bien évidemment sur la valse. Il existe même une version orchestrale qui est souvent donnée en concert.

Strauss Rosenkavalier SuiteCliquez sur l’orchestre

Et puis, une fois n’est pas coutume, je vous présente ici une deuxième version de la présentation de la rose à Sophie, quand l’amour naît entre elle et Octavian.

strauss rosenkavalier duo 2e acte Dessay von OtterCliquez (encore) sur Sophie et Octavian

Historique, littérature, Mythologie

QUELQUES OPÉRAS BIBLIQUES

Depuis l’origine du genre, les livrets d’opéra étaient tirés de la mythologie (grecque ou latine), mais très vite, des scènes tirées de la Bible ont servi d’argument aux livrets.

Commençons par la Genèse, et le très beau (et méconnu) Déluge (Il Diluvio universale) (1682) de Falvetti.

falvetti il diluvio universalePartagez l’enthousiasme des solistes de la Capella Mediterranea en cliquant sur l’image

À la même époque en France, Marc-Antoine Charpentier mettait en musique l’amitié de David & Jonathas (1688).

charpentier david et jonathasCliquez sur David & Jonathas

Les deux « tragédies bibliques » de Jean RACINE ont été mises en musique par Haendel, qui en a tiré deux oratorios Esther et Athalia.

C’est au XIXe siècle que l’on commencera à faire de « vrais » opéras à partir des textes sacrés de la Bible. Parmi eux, on peut citer ceux se passant en Égypte, comme Joseph (1807) de MÉHUL ou Moïse et Pharaon (1818, puis 1827) de ROSSINI.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur l’image

Saint-Saëns écrit l’opéra-péplum Samson et Dalila (1859 – 1877) et Massenet Hérodiade (1881) d’après Flaubert.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Dalila et Samson

massenet hérodiade il est douxCliquez sur l’image

Au XXe siècle, on peut noter Salomé (1905) de R.Strauss ainsi que son ballet La Légende de Joseph, écrit en 1914 pour les Ballets russes, et encore Moïse et Aaron de Schönberg.

Moins directement biblique, on peut aussi noter l’importance de la Bible dans Wozzeck de Berg (le soldat Wozzeck cherche à comprendre le sens de la vie en lisant la bible, et sa femme Marie cherche à comprendre sa propre histoire à travers celle de la pécheresse Marie-Madeleine.)

Dans l’opéra-jazz Porgy & Bess (1935) de Gershwin, un dealer a une lecture impertinente de la Bible.

gershwin porgy and bess it ain t necessarily soCliquez sur l’image

Une autre forme musicale, proche de l’opéra (il s’agit aussi d’histoire racontée en musique), l’oratorio, a également abondamment puisé ses sujets dans la Bible.

Haendel avec Israël en Égypte, Solomon ou encore le Messie, et Haydn avec la Création.

Enfin, retrouvez d’autres opéras bibliques en allant sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

https://www.levoyagelyrique.com/l-opera-et-la-bible

histoire, littérature, Mes opéras préférés, Philosophie

LE COURONNEMENT DE POPPÉE, de MONTEVERDI (1643)

Aujourd’hui, retour aux sources de l’opéra avec Le Couronnement de Poppée (L’incoronazione di Poppea), de MONTEVERDI.

Drame musical de Monteverdi créé début 1643 à Venise, l’année de la mort de Monteverdi. L’argument en est tiré des œuvres de TACITE.

Prologue : La Fortune et la Vertu se disputent la suprématie sur les humains. L’Amour les départage, c’est lui qui règne sur le cœur des hommes. Il en donne pour exemple l’histoire de Néron et Poppée.

monteverdi couronnement de Poppée prologueCliquez sur l’image

Acte I : En arrivant chez son amante Poppée (Air : « Apri un balcon, Poppea »,) Othon découvre des gardes de Néron devant sa porte. Il comprend que Néron et Poppée ont passé la nuit ensemble. Les gardes de Néron, se réveillant, se plaignent de l’inconséquence de Néron qui néglige les affaires de l’État pour ses amours avec Poppée. Arrivent Poppée et Néron. Néron, qui ne peut dévoiler son amour pour Poppée tant qu’il n’a pas répudié sa femme Octavie voudrait partir, mais a du mal à résister aux séductions de Poppée.

Poppée restée seule chante son espoir, mais sa nourrice Arnalta lui dit qu’Octavie a découvert que Néron la trompe, et la prévient contre l’amour et les fantaisies de l’empereur.

monteverdi couronnement de Poppée speranza tu mi vaiCliquez sur Octavie

Octavie est furieuse contre Néron et se plaint du sort des femmes rendues malheureuses par les hommes (Air : « Disprezzata Regina ».) Sa nourrice lui conseille de prendre un amant pour se venger, mais elle refuse noblement. Sénèque, le philosophe, lui montre ce que son infortune lui fait gagner en vertu. Valetto, le serviteur d’Octavie, s’indigne de ce discours spécieux et le menace. Resté seul, Sénèque médite. Le pouvoir n’apporte pas le bonheur aux rois.

La déesse Athéna apparaît à Sénèque, et lui prédit sa mort prochaine. Néron annonce à Sénèque sa volonté de répudier Octavie pour épouser Poppée. Sénèque argumente contre ce projet, provoquant la fureur de Néron. Puis Néron annonce à la lascive Poppée sa volonté de se marier avec elle. Poppée lui fait remarquer que Sénèque risque de s’opposer à ce projet. La fureur de Néron reprend, et il condamne Sénèque à mort.

Othon vient faire des reproches à Poppée, qui lui répond que c’est de sa faute s’il n’a pas su se faire aimer, et qu’elle appartient désormais à Néron. Poppée partie, Othon envisage de la tuer. Drusilla, amoureuse d’Othon, le rejoint, mais constate que Poppée occupe toujours ses pensées. Othon la détrompe et lui offre son cœur.

Acte II : Sénèque médite quand un envoyé d’Athéna lui annonce sa mort prochaine. Un envoyé de Néron entre et l’informe de sa condamnation. Sénèque annonce donc à ses amis qu’il va mourir, ce qui pour lui est la délivrance de l’âme (Air : « Amici, è giunta l’ora ».) Ses amis épicuriens lui opposent la joie d’être vivant (Chœur : « Non morir, Seneca ».)

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Néron se réjouit avec son ami Lucain d’être débarrassé de Sénèque. Othon qui avait pensé tuer Poppée a abandonné cette idée, mais Octavie lui demande de se déguiser en femme pour approcher Poppée et la tuer. S’il ne s’exécute pas, elle l’accusera auprès de Néron d’avoir tenté de la violer. Othon va alors voir Drusilla, tout heureuse de l’avoir reconquis. Elle accepte de prêter ses vêtements à Othon.

Poppée, avec sa nourrice, se prépare pour la nuit. Elle appelle l’Amour à favoriser ses plans. La nourrice lui chante une berceuse.

monteverdi couronnement de Poppée oblivion soaveCliquez sur l’image

Amour vient veiller sur le sommeil de Poppée et quand Othon arrive pour la tuer, Amour retient son bras et la protège. Othon s’enfuit, mais Poppée et Arnalta reconnaissent Drusilla. Amour veut que Poppée devienne impératrice.

Acte III : Drusilla se réjouit : grâce au meurtre de sa rivale, Othon sera à elle, mais on vient l’arrêter. Néron interroge Drusilla, qui garde le silence sur son geste pour ne pas trahir Othon. Othon arrive et s’accuse de la tentative de meurtre sur Pompée, sur l’ordre d’Octavie. Drusilla maintient que c’est elle la coupable. Ému, Néron lève la sentence de mort et condamne Othon à l’exil. Drusilla demande à partager son exil. Néron en profite pour exiler Octavie aussi. Poppée et Néron chantent leur joie d’être libres de se marier. Arnalta se réjouit de voir sa maîtresse monter sur le trône, car elle la suivra dans cette élévation. Octavie fait ses adieux à Rome et à ses amis (Air : « Ah, adio Roma ».) Néron couronne Poppée en tant qu’épouse et impératrice, devant le sénat rassemblé (Chœur + duo : « Pur ti miro ».)

monteverdi couronnement de Poppée pur ti miroCliquez sur Néron et Poppée

 

Écrivains, Cinéma, Compositrices, Fables de la Fontaine, littérature, Poésie

CE BON MONSIEUR DE LA FONTAINE (1621 – 1695)

Jean de la FONTAINE (1621 – 1695) est contemporain de RACINE, MOLIÈRE, CORNEILLE, BOILEAU, mais aussi de QUINAULT, le librettiste phare de LULLY.

Il est né le 6 juillet 1621 à Château-Thierry. Le petit Jean suit ses études au collège de Château-Thierry, à la suite desquelles il est tenté par une vocation religieuse. Cette vocation ne durera toutefois pas.

En 1647, La Fontaine se marie avec Marie Héricart, avec qui ils auront un fils, Charles. Ils partent à Paris et La Fontaine fait la connaissance de Fouquet, pour qui il écrit Adonis (1658) et Le Songe de Vaulx (1659-1661). Hélas, la disgrâce de Fouquet l’oblige à quitter Paris.

En 1664, il entre au service de la duchesse d’Orléans, ce qui vaut promesse d’anoblissement. Il publie les Nouvelles en vers tirées du Boccace et de l’Arioste. Ce recueil de contes sera suivi de plusieurs autres, dont le contenu, licencieux, lui vaudra quelques problèmes.

En 1674, il rédige le livret de Daphné pour Lully, mais celui-ci le refuse ce qui provoquera chez La Fontaine un vif ressentiment. Une autre tragédie musicale, Astrée et Céladon, sera mise en musique par Collasse, un élève de Lully, en 1691, mais ne connaîtra pas le succès. (Pour les cinéphiles, Éric Rohmer en tirera son dernier film en 2006).

C’est entre 1678 et 1679 qu’il fait paraître ses premiers livres de  Fables, qui le rendront célèbres jusqu’à nos jours. Une nouvelle série de fables sera publiée quelque temps avant sa mort.

En 1684, la Fontaine entre à l’Académie française.

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris

Il est connu essentiellement pour ses fables, dont certaines sont des adaptations du fabuliste ÉSOPE, mais il est également auteur de contes licencieux qui lui ont valu quelques problèmes. Sur la fin de sa vie, il s’essaiera aussi à l’opéra, mais ce n’est pas pour ces essais qu’il est resté à la postérité.

Retrouvez en fin de ce billet quelques fables musicalisées par mes soins.

Le XVIIIe siècle verra beaucoup d’opéras-comiques signés par les maîtres du genre qu’étaient DAUVERGNE, PHILIDOR ou DALAYRAC.

RAMEAU écrit Les Paladins (1760) d’après le conte Le petit chien qui secoue de l’argent et des pierreries.

rameau les paladinsCliquez sur l’image

GLUCK écrit l’Ivrogne corrigé (1760) d’après la fable l’Ivrogne et sa femme, ainsi que L’Arbre enchanté, ou le Tuteur dupé (1775).

gluck l'ivrogne corrigéCliquez sur l’image

Le prolifique GRÉTRY écrit le Magnifique (1773) d’après un de ses contes et le Comte d’Albert (1786).

grétry le magnifiqueCliquez sur le superbe cheval

La Fontaine meurt le 13 avril 1695, à Paris, à l’âge de 73 ans, mais son œuvre lui survit.

Au XIXe siècle, GOUNOD met en musique des fables et écrit La Colombe, d’après la fable le Faucon.

gounod la colombeCliquez sur l’image

Il écrit aussi l’opéra Philémon et Baucis sur la fable du même nom, elle-même inspirée des Métamorphoses d’OVIDE.

Gounod Philémon et Baucis

OFFENBACH met en musique six fables, avant d’écrire Le Financier et le Savetier (1856).

Caplet le Corbeau et le renardCliquez sur l’image

La Fontaine continuera à être largement mis en musique au XXe siècle, avec notamment le ballet Les Animaux modèles de POULENC ou les œuvres d’Isabelle ABOULKER qui écrit un opéra de poche Jean de la Fontaine parmi nous, ainsi qu’une fabl’opéra La Fontaine et le Corbeau.

aboulker la fontaine et le corbeauCliquez sur l’image

Outre les opéras, ses fables ont été mises en musique par de très nombreux compositeurs.

Parmi eux/elles, citons

Pauline VIARDOT-GARCIA avec le Chêne et le Roseau et le Savetier et le Financier.

Charles LECOQ (six fables)

Camille SAINT-SAËNS (La Cigale et la Fourmi)

André MESSAGER (Les deux pigeons)

André CAPLET (Le Corbeau et le renard, la Cigale et la Fourmi, le Loup et l’Agneau)

Caplet la Fontaine le Loup et l'AgneauCliquez sur l’image

Graciane Finzi (le Lièvre et la Tortue)

VILLA-LOBOS, ALBENIZ, TUTTI & QUANTI

Il y aurait de quoi écrire un billet de ce blog rien que sur ces mises en musique.

Je vais laisser le mot de la fin à Pierre PERRET et sa version très personnelle du Corbeau et du Renard, Le Corbaque et le Frometon.

pierre perret le corbeau et le renardCliquez sur l’image

Avec sa morale :

… Et entonnant « Rigoletto » il laissa choir son calendo.

On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur Jean de La Fontaine
Très peu de chanteurs d’opéra
Chantent aujourd’hui la bouche pleine.

(Principales sources : Hérodote.net le média de l’Histoire. https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2476&ID_dossier=500

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard, 1992

Amin MAALOUF, un Fauteuil sur la Seine, éditions Grasset, 2016)

Le Lion et le Rat

Le Loup et l’Agneau.

Le Corbeau et le Renard.

Le Chêne et le Corps beau (d’après La Fontaine).

Le Chêne et le Roseau.

Le Lièvre et la Tordue (d’après La Fontaine).