Mes opéras préférés, Mythologie

PLATÉE, de RAMEAU (1745)

Platée est une comédie lyrique, créée à Versailles en 1745 à l’occasion du mariage du dauphin avec l’infante d’Espagne. Malgré un accueil réservé à la création, dû aux nouveautés et aux arrangements pris avec les conventions alors en usage, Platée est devenue une des œuvres les plus populaires de RAMEAU, notamment grâce aux nombreux effets comiques qu’il a introduits dans sa partition (chœur des grenouilles, charivari des oiseaux, air de la Folie).

Prologue : Une troupe de vendangeurs, de satyres, et de ménades tente de réveiller Thespis, inventeur de la comédie, pour qu’il chante les louanges de Bacchus. Momus, le dieu de la raillerie, et Thalie, la muse de la comédie, se joignent au chœur pour raconter la manière dont Jupiter a guéri Junon de sa jalousie. Amour vient à son tour réclamer sa place dans cette histoire. Par ces leçons réjouissantes, ils corrigeront ainsi les humains.

Acte I : Cithéron, roi de Platées, est pris dans la fureur des éléments. Il demande aux dieux de se calmer, et Mercure lui explique que la jalousie de Junon en est la cause. Cithéron propose un stratagème propre à calmer Junon : Jupiter doit feindre d’être amoureux. Afin de ne pas succomber à son propre piège, il choisit pour cible Platée, une nymphe des marais, grenouille à l’aspect ridicule. Platée, persuadée que Cithéron est amoureux d’elle, attend de lui qu’il se déclare.

Rameau Platée Acte I scènes 3 à 5Cliquez sur l’image

Elle lui fait des avances, mais en vain (irrésistible « Chœur des grenouilles ».)

Rameau Platée chœur des grenouillesCliquez sur Platée

Mercure, descendu du ciel, annonce à Platée que Jupiter l’a choisie. Elle appelle ses nymphes.

Acte II : Mercure a envoyé Junon surprendre Jupiter à Athènes, ce qui laisse la voie libre à Jupiter qui descend du ciel avec Momus. Platée s’approche, et Jupiter prend la forme d’un âne, ce qui ravit Platée. Jupiter se change en hibou, et Platée invite les oiseaux à lui rendre hommage (« Charivari des oiseaux »). Comme le hibou s’envole, Platée se met à pleurer, mais Jupiter revient sous sa forme normale, armé de son foudre divin. Il fait sa déclaration à Platée et ordonne à Momus de préparer la cérémonie (Chœur : « Qu’elle est aimable ».)

Rameau Platée acte II scène 3 (avec les oiseaux)Cliquez sur Jupiter

Arrive la Folie qui, avec la lyre qu’elle a volée à Apollon, a le pouvoir de rendre gai un chant funeste et triste un chant badin (Air : « Aux langueurs d’Apollon »), avant d’inviter le chœur à célébrer les noces de Jupiter et Platée (Chœur : « Hymen, l’amour t’appelle ».)

Rameau Platée air de la FolieCliquez sur la Folie

Acte III : Junon revient d’Athènes, furieuse de n’y avoir pas trouvé Jupiter. Mercure la calme, et lui demande d’observer la scène qui va suivre sans intervenir.

Le cortège nuptial s’avance, mais Platée regrette qu’Hymen et Amour ne soient pas présents. À Jupiter qui demande pourquoi ces petits dieux ne le suivent pas, Momus répond qu’ils vont rarement ensemble. Momus paraît, déguisé en Amour. Il apporte à Platée les présents de l’Amour : pleurs, cris, langueur et espérance. Folie demande à Amour de lancer tous ses traits.

Rameau Platée Acte III scène 4 Amour lance tes traitsCliquez sur l’image

Rameau Platée Acte III scène 5 Hymen l'amour t'appelleCliquez sur l’image

Comme la cérémonie va se terminer, Jupiter s’inquiète de ne pas voir arriver Junon. Au moment de prononcer le serment, Junon en fureur fond sur eux. Elle arrache le voile de Platée, mais en découvrant le visage de la nymphe, elle éclate de rire. Platée s’enfuit, déconfite, et Jupiter et Junon remontent au ciel, réconciliés. Folie et le chœur se moquent de Platée.

Rameau Platée finaleCliquez sur Platée

Retrouvez plus d’opéras chroniqués en cliquant sur ce lien.

littérature, Mythologie

PSYCHÉ

Psyché

L’histoire de Psyché et Cupidon nous est racontée par APULÉE dans L’Âne d’Or, un roman du 2e siècle de notre ère.

Psyché (dont le nom signifie âme en grec) est une princesse à la beauté parfaite, si belle même qu’elle éveille la jalousie d’Aphrodite. Malgré sa beauté, elle ne trouve pas d’époux, les hommes la vénérant comme une œuvre d’art, au point d’oublier de célébrer le culte d’Aphrodite. Furieuse, celle-ci ordonne à son fils Éros (Cupidon) de la rendre amoureuse du mortel le plus vil qui puisse exister. Mais au moment d’obéir à Aphrodite, Éros se blesse malencontreusement avec une de ses flèches, et tombe amoureux de Psyché.

Le père de Psyché se rend à Delphes pour demander à Apollon que sa fille puisse se marier, mais hélas, l’oracle est formel, Psyché doit être abandonnée sur un rocher, où un horrible monstre viendra la chercher pour en faire sa femme.

Le père de Psyché obéit à l’oracle, mais Éros amoureux demande à son père, Zéphyr, d’enlever la jeune fille et de l’amener dans son palais. Dans l’obscurité de la nuit, son époux la rejoint, mais lui demande de ne jamais chercher à connaître son identité. Il la visite toutes les nuits, et Psyché se trouve prise entre son amour pour son amant et la répugnance qu’elle a pour le monstre qu’elle croit être son mari.

Mais les deux sœurs de Psyché, d’abord inquiètes pour leur sœur disparue, deviennent jalouses quand elles apprennent son sort. Elles la convainquent alors de tuer l’horrible monstre. Profitant du sommeil d’Éros pour le regarder, elle découvre le plus beau jeune homme qu’elle ait jamais vu, mais Éros réveillé s’enfuit.

Psyché entame alors une quête pour le retrouver, avant de finir chez Aphrodite elle-même, qui la soumet aux pires épreuves, telles que rapporter des eaux du Styx ou un morceau de la beauté de Perséphone.

Ses épreuves remplies, avec l’aide entre autres de Zeus, Psyché finit par retrouver Éros. Ils se marient et Psyché ayant bu l’ambroisie acquiert ainsi l’immortalité. De leur union naît Hédoné (Volupté).

Et c’est ainsi que la Beauté engendra Amour qui lui-même engendra la Volupté. Tout un programme !

Une si belle légende ne pouvait laisser les compositeurs indifférents. C’est ainsi que LULLY nous livra deux Psyché, la première en 1671, une comédie-ballet avec un livret sur lequel ont travaillé MOLIÈRE, Pierre CORNEILLE et QUINAULT. La deuxième, une tragédie en musique où le livret fut retravaillé par Thomas Corneille et son neveu FONTENELLE.

Lully Psyche Prélude de Trompettes

En 1675, l’anglais Matthew LOCKE (1621 – 1677) écrivit un semi-opéra sur la traduction du livret de Lully.

Locke PsycheCliquez sur l’image

Au siècle suivant, MONDONVILLE écrira L’Amour et Psyché.

Mondonville l'Amour et PsychéCliquez sur l’image

En 1857, c’est le grand Ambroise THOMAS qui écrit son opéra Psyché

Thomas PsychéCliquez sur l’image

En 1872, dans son opéra-comique Fantasio, OFFENBACH introduit l’air « Psyché, pauvre imprudente ».

Offenbach Fantasio Psyché pauvre imprudenteCliquez sur l’image

Plus près de nous, César FRANCK écrivit en 1888 un poème symphonique pour chœur et orchestre sur le thème de Psyché.

Franck PsychéCliquez sur l’image

Puis en 1897, c’est Camille SAINT-SAËNS qui écrit un oratorio pour ténor et chœur d’hommes, d’après le Psyché de Molière.

Et encore au siècle suivant, Manuel DE FALLA écrira son Psyché pour mezzo-soprano et petit ensemble instrumental.

De Falla PsychéCliquez sur l’image

Il est à noter que Jean de La FONTAINE a repris ce mythe en l’enrichissant, dans un de ses contes, les Amours de Psyché et Cupidon.

(Sources principales :

Encyclopaedia Universalis 2017

Dictionnaire des personnages , Bouquins Laffont 1999

Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, éditions Fayard 1992, sous la direction de Marcelle BENOIT.)

littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Théâtre

HIPPOLYTE ET ARICIE, de RAMEAU (1733)

Tragédie lyrique de RAMEAU, inspirée du Phèdre (1676) de Racine (la première version de cette pièce s’appelait Phèdre et Aricie). Elle a été créée en 1733 à l’Académie Royale de Musique de Paris.

C’est à la création de cette œuvre qu’a commencé la Querelle des Lullystes et des Ramistes.

Prologue : Diane et Amour se disputent pour savoir laquelle régnera sur le cœur des habitants de la forêt d’Erymanthe. (Duo : « Non, je ne souffrirai pas »). Jupiter paraît et tranche pour Amour. Il demande à Diane de respecter les arrêts du Destin. Elle accepte de protéger Hippolyte et Aricie.

Acte I : Dans le temple de Diane, Aricie s’apprête à prononcer ses vœux à Diane (Air : « Temple sacré, séjour tranquille ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Temple sacré

Hippolyte, qui aime Aricie, cherche à l’en dissuader. (Les prêtresses de Diane devaient être vierges et le rester.) L’entendant, Aricie comprend que son amour sera perdu après ses vœux, et les deux jeunes gens prient Diane de veiller sur eux (Duo : « Tu règnes sur nos cœurs ».) La reine Phèdre, épouse de Thésée et amoureuse de son beau-fils Hippolyte (Hippolyte est le fils de Thésée et d’une amazone), soupçonnant Aricie d’aimer Hippolyte en retour, ordonne que l’on détruise le temple (Air : « Périsse la vaine puissance ».) Diane apparaît pour protéger les deux amoureux (Air : « Ne vous alarmez pas … ».) Un messager annonce que Thésée est descendu aux Enfers. La reine entrevoit que si son amour pour Hippolyte devient possible, elle joue à quitte ou double ou l’amour ou la mort.

Acte II : Aidé par son père Neptune, Thésée est descendu aux Enfers porter secours à son ami Pirithoüs (Air : « Puisque Pluton est inflexible ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puisque Pluton est inflexible

Thésée s’oppose à une furie, puis à Pluton et sa cour infernale. Pluton condamne le héros à partager les supplices de son ami. Thésée, prêt à partager le sort de Pirithoüs, invoque son père, qui lui avait offert trois vœux à exaucer, pour retrouver le jour. Mercure vient rappeler à Pluton le serment de Neptune. Pluton accepte donc de laisser partir Thésée, mais il ordonne aux Parques de lui révéler son destin (Trio : « Quelle soudaine horreur ton destin nous inspire ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Quelle soudaine horreur

Acte III : Phèdre attend Hippolyte et veut lui déclarer son amour (Air : « Cruelle reine des amours ».) Hippolyte avoue son amour pour Aricie, déclenchant la fureur jalouse de la reine (Duo : « [Ma fureur va tout/ Gardez-vous de rien] entreprendre ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final Ma fureur va tout entreprendre

Comprenant alors les sentiments de sa belle-mère, Hippolyte réclame aux dieux un châtiment pour elle. Phèdre lui demande de la tuer pour tuer son amour coupable.

De retour des Enfers, Thésée demande des explications. Hippolyte ne peut répondre, ne voulant pas accuser Phèdre. La confidente de la reine accuse Hippolyte et Thésée réclame à Neptune un châtiment pour son fils (air : « Puissant maître des flots ».)

Rameau Hippolyte et Aricie Puissant maître des flots

Acte IV : Dans un bois, Hippolyte se lamente (Air : « Ah, faut-il en un jour… ».) Aricie le rejoint. Les deux jeunes gens demandent à Diane de bénir leur union (Duo : « Nous allons nous jurer … ».) Les sujets de Diane se réjouissent quand soudain, Neptune envoie un monstre marin qui emporte Hippolyte. Phèdre attirée par les cris se sent coupable (Air : « Quelle plainte en ces lieux m’appelle? ».)

Rameau Hippolyte et Aricie final acte IV

Acte V : Thésée a vu Phèdre mourir, mais avant de se donner la mort, elle a lui dévoilé la vérité et il veut se jeter à la mer. Neptune l’en empêche et lui révèle qu’Hippolyte a en fait été sauvé par Diane. Il condamne Thésée à ne plus jamais revoir son fils. Dans la forêt, Aricie se lamente, avant que Diane ne lui annonce l’arrivée d’un héros, qui n’est autre qu’Hippolyte (Duo : « Est-ce vous que je vois? ») Les habitants de la forêt se réjouissent (Chœur : « Chantons sur la musette »)

Rameau Hippolyte et Aricie Chantons sur la musette

et Diane clôt l’œuvre (Air et chœur : « Que tout soit heureux sous les lois ».)

(source : article écrit en regardant le DVD du concert d’Astrée.)

Bande dessinée, Divers, Fantaisie, Mythologie

LA BOUGIE DU SAPEUR

Aujourd’hui 29 février 2020 est paru le nouveau numéro de la Bougie du Sapeur, seul périodique à paraître tous les quatre ans, à chaque 29 février. Comme je n’avais pas fini les mots croisés du numéro d’il y a quatre ans, je vais donc pouvoir avoir enfin la solution d’yceux.

Le titre de cette revue tétraïennale a été choisi en hommage au Sapeur Camember, héros d’un ancêtre de la bande dessinée créé par le dessinateur CHRISTOPHE.

Pour rendre hommage à cette louable initiative, je vous propose un billet autour du feu, les sapeurs-pompiers ayant pour rôle, notamment, d’éteindre le feu. (Oui, je sais, Camembert était un sapeur soldat, pas un sapeur-pompier, mais je n’ai pas trouvé suffisamment de matière pour écrire un billet sur l’opéra à partir des sapeurs soldats.)

En 1807, SPONTINI met en scène une vestale (i.e. une gardienne du feu sacré) dans son opéra judicieusement intitulé la Vestale.

Spontini la Vestale Hymne du soirCliquez sur la Vestale

À la fin de Guillaume Tell (1829) de ROSSINI, la femme de Guillaume met le feu à sa maison, pour donner le signe de la révolte contre l’occupant autrichien.

Rossini Guillaume Tell final acte IVCliquez sur l’image

Plus cruelle est l’évocation du feu dans Le Trouvère (Il Trovatore) (1853) de VERDI, puisqu’on y trouve une gitane condamnée au bûcher, et la fille de celle-ci qui pour se venger veut jeter le fils don son bourreau au feu, et dans un moment de folie, y jette son propre fils. (Air : « Condotta ell’era in ceppi ».)

Verdi il trovatore Condotta ell'era in ceppiCliquez sur l’image

Le feu a beaucoup d’importance dans la tétralogie de WAGNER. Dans l’Or du Rhin (Rheingold), Loge le dieu du feu aide Wotan à s’emparer de l’or du Rhin pour bâtir son Walhalla. À la fin de la Walkyrie (Die Walküre), Wotan endort sa fille Brünnhilde sur un rocher, protégée par un cercle de feu que seul un héros qui ne connaît pas la peur pourra franchir.

Wagner die Walküre final

À la fin de Siegfried, le héros franchit ce cercle de feu et réveille la Walkyrie endormie. Enfin, à la fin du Crépuscule des dieux (Götterdammerung), Brünnhilde dresse un bûcher pour y mettre le corps de son Siegfried défunt. En allumant ce bûcher, c’est tout le Walhalla qui s’embrase, mettant ainsi fin au règne des dieux sur terre, laissant la place aux hommes.

Jeanne d’Arc, on le sait, est morte sur le bûcher à Rouen en 1431. Son destin a été porté à l’opéra par VERDI et par TCHAÏKOVSKI. Dans l’opéra de Verdi, Giovanna d’Arco, elle échappe à cette fin, alors que dans celui de Tchaïkovski, la Pucelle d’Orléans, elle meurt brûlée.

Tchaïkovsky Jeanne d'Arc (La Pucelle d'Orléans) Adieu forêtsCliquez sur Jeanne d’Arc

Dans l’Enfant et les Sortilèges de RAVEL, le feu fait partie des objets qui se révoltent contre la méchanceté de l’enfant. (Air : « Je réchauffe les bons, je brûle les méchants ».)

Ravel l'enfant et les sortilèges le feu

 

 

Retrouvez ici un autre article sur le 29 février.

Divers, littérature, Mythologie

ARIANE (ADRIANA)

Dans la mythologie grecque, Ariane (Ariadne) était la fille de Minos et de Pasiphaé (Minos étant lui-même le fils de Zeus et d’Europe, Ariane est donc la petite-fille d’Europe, et c’est pourquoi on a donné son nom au lanceur européen). OVIDE nous en parle dans le livre VIII de ses Métamorphoses.

Ariane, séduite par Thésée qui devait combattre le Minotaure (lui-même issu de l’union entre Pasiphaé et un taureau [par une vengeance de Poséidon contre Minos]), Ariane lui donnera le moyen de se retrouver dans le labyrinthe du Minotaure en lui donnant un fil à dérouler derrière lui pour se retrouver. C’est le fameux fil d’Ariane. C’est ainsi son demi-frère qu’elle fera périr sous les coups de Thésée.

Plus tard, Thésée tombé amoureux de la sœur d’Ariane, Phèdre, abandonnera Ariane sur l’île de Naxos. Attiré par ses pleurs, Dionysos (Bacchus en latin) prendra pitié d’elle et la consolera. Il finira par en tomber amoureux.

Dans le monde de l’opéra, Ariane a été mise en musique par le père fondateur du genre, MONTEVERDI. Son opéra Ariane (1608), écrit alors que la femme de Monteverdi se mourait, a été perdu, et il n’en reste plus qu’un fameux et déchirant lamento.

Monteverdi lamento d'ArianeCliquez sur l’image

C’est l’épisode entre Ariane et Bacchus que Marin Marais mettra en musique en 1696.

Marin Marais Ariane et BacchusCliquez sur l’image

En 1727 PORPORA, alors à Venise, compose Arianna e Teseo, qui sera un de ses plus grands succès.

Porpotra Arianne e Teseo Mira in cieloCliquez sur l’image

Ariane, c’est aussi le nom de l’héroïne de la pièce du dramaturge symboliste Maeterlinck Ariane et Barbe-Bleue, qui sera mise en musique par Paul Dukas en 1906.

Dukas Ariane et Barbe-bleueCliquez sur l’image

1906, c’est aussi l’année où MASSENET écrit son Ariane, une œuvre quelque peu tombée dans l’oubli.

Massenet ArianeCliquez sur l’image

Quelques années plus tard, c’est Richard STRAUSS qui décrira les tourments d’Ariane abandonnée sur l’île de Naxos dans son Ariane à Naxos (1911 – 1912).

Strauss Ariane à NaxosCliquez sur l’image

En 1920, Albert ROUSSEL écrit un ballet en deux actes, Bacchus et Ariane pour une chorégraphie de Serge LIFAR et avec des décors signés Giorgio de CHIRICO.

Roussel bacchus et ArianeCliquez sur l’image

littérature, Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

SAMSON & DALILA, de SAINT-SAËNS (1877)

À l’origine, Camille SAINT-SAËNS voulait adapter sous forme d’oratorio Samson, un livret d’opéra que VOLTAIRE avait écrit pour RAMEAU. C’est LEMAIRE, son librettiste, qui lui propose d’en faire un opéra biblique. Saint-Saëns en commence l’écriture dès 1859 et il destinait le rôle de Dalila à Pauline VIARDOT.

Il a été créé en 1877 sous l’impulsion de Franz Liszt, à Weimar et en allemand, et ne sera créé en France, au théâtre des Arts de Rouen, que quinze ans plus tard.

En traitant ce sujet Saint-Saëns, déjà intéressé par l’Orient, surfait sur la vague d’orientalisme de son époque (que l’on songe à DELACROIX en peinture, ou à FLAUBERT dont le Salammbô est exactement contemporain de la genèse de Samson et Dalila.)

Acte I  : Le peuple hébreu, sous la domination des Philistins, lance une prière à son dieu (Chœur : « Dieu d’Israël ».) Samson essaie de donner du courage à ses frères. Abimelech, le satrape de Gaza, arrive et raille le dieu d’Israël qui n’a pas su les protéger. Samson, invoquant son dieu, le tue.

Saint-Saens Samson et Dalila dieu d'IsraelCliquez sur l’image

Le grand prêtre de Dagon, le dieu des Philistins, sort du temple et demande aux Philistins de prendre les armes. Un messager annonce l’arrivée de Samson et des Hébreux et le grand prêtre fuit avec les Philistins (Air : « Maudite soit à jamais la race »).

Saint-Saens Samson et Dalila maudite soit à jamais la raceCliquez sur l’image

Comme les Hébreux se réjouissent de la victoire (Chœur des Hébreux : « Hymne de joie, hymne de délivrance »).

Saint-Saens Samson et Dalila hymne de joieCliquez sur l’image

Les femmes philistines, guidées par Dalila, arrivent. Dalila veut séduire Samson (Air : « Printemps qui commence ».) Un vieillard juif cherche à prévenir Samson de la malignité de Dalila.

Saint-Saens Samson et Dalila printemps qui commence CallasCliquez sur Maria Callas

Acte II  : Dalila attend Samson dans sa maison (Air : « Amour, viens aider ma faiblesse ».)

Saint-Saëns Samson et Dalila Amour, viens aider ma faiblesseCliquez sur Anita Rachvelishvili

Le grand prêtre vient lui demander de venger son peuple des juifs qui, libérés de leurs chaînes, ont pris leur ville. Il lui offre de l’or, mais Dalila ne veut que se venger de Samson (Duo : Il faut / je veux pour assouvir ma haine.) Celui-ci arrive, décidé à dire adieu à Dalila, que pourtant il aime. Dalila lui fait le coup de la séduction (Air : « Mon cœur s’ouvre à ta voix »), et Samson cède à son amour.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Olga Borodina et Placido Domingo

Dalila réussit à lui faire dire le secret de sa force, qui réside dans sa chevelure jamais coupée. Dalila triomphante appelle les Philistins qui, après avoir coupé les cheveux de Samson, le font prisonnier.

Acte III : Samson est enchaîné, et le peuple hébreu lui reproche sa trahison, qui les a conduits à l’esclavage (Chœur : « Samson, qu’as-tu fait de tes frères ? ») Dans le temple de Dagon, les Philistins se livrent à une Bacchanale.

Saint-Saens Samson et Dalila bacchanaleCliquez sur la bacchanale

On amène Samson, toujours enchaîné, et les Philistins se moquent de lui avant de le donner en sacrifice à Dagon. Avant de mourir, il adresse une prière à Dieu, lui demandant son pardon pour avoir cédé devant Dalila et ainsi condamné son peuple.

Dieu lui rend alors ses forces, et Samson, tirant sur ses chaînes, fait s’écrouler le temple sur les Philistins.

Cinéma, Compositeurs, Historique, Mythologie

Camille SAINT-SAËNS (1835 – 1921)

Camille SAINT-SAËNS est né à Paris le 9 octobre 1835. Son père meurt quand il a deux mois, et il est élevé par sa mère, peintre, qui veut faire de son fils un artiste. Il apprend le piano avec une grand-tante, et se révèle vite être un enfant prodige. À onze ans, il donne son premier concert, où il joue le 3concerto de Beethoven. Il entre au Conservatoire de Paris en 1848, où il a GOUNOD comme professeur de composition. Il se distingue de ses petits camarades compositeurs français en n’obtenant pas le Grand Prix de Rome, et il sort du Conservatoire avec un prix d’orgue.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la liste de lecture

En 1853, à la sortie du Conservatoire, Saint-Saëns devient titulaire de l’orgue de Saint-Merri, où il se fait remarquer par BERLIOZ et LISZT. Avec un tel parrainage, il n’est pas étonnant qu’il se soit distingué plus tard avec ses poèmes symphoniques (Liszt est considéré comme « l’inventeur » du poème symphonique.) En 1857, il prend les commandes des grandes orgues de La Madeleine à Paris, où il restera 20 ans. C’est à cette occasion qu’il écrit son Ave Verum.

Saint-Saëns Ave VerumCliquez sur le chœur

En 1861, Saint-Saëns est professeur de piano dans une école de musique à Paris, où il a comme élève Gabriel FAURÉ et André MESSAGER. Pour le piano, il écrit cinq concertos, dont un en seulement dix-sept jours pour permettre à son ami Anton RUBINSTEIN d’avoir quelque chose de neuf à jouer lors d’un séjour à Paris. En 1870, il s’installe en Angleterre et a l’occasion de jouer devant la reine Victoria. Il compose également de la musique de chambre (Sonate pour piano et violoncelle, Rondo capricioso pour violon [1870]).

Saint-Saëns sonate piano violoncelle no 1Cliquez sur la pianiste et le violoncelliste (et la tourneuse de pages)

En 1871, de retour en France, Saint-Saëns fédère autour de lui un groupe de jeunes musiciens français, et fonde la Société nationale de musique, pour défendre une musique conforme au génie français (on sortait alors de la guerre perdue contre la Prusse), société à laquelle adhèrent notamment César FRANCK ou son élève Gabriel Fauré.

En 1872, il compose un premier opéra, La Princesse Jaune, qui est un échec. Ses poèmes symphoniques qui datent de la même décennie connaissent plus de succès (Le Rouet d’Omphale en 1871, Phaéton en 1873 d’après les Métamorphoses d’OVIDE, La Danse Macabre en 1874…)

Saint-Saëns PhaetonCliquez sur l’image

En 1875, Saint-Saëns se marie, mais son mariage est un échec. Après la mort de ses deux enfants en 1878, il se sépare de sa femme et assume désormais son homosexualité. 1875 est aussi l’année de sa première tournée à Saint-Pétersbourg, où il dirige La Danse Macabre.

Saint-Saëns la danse macabreCliquez sur l’orchestre

En 1877, il reçoit une forte somme de la part d’un mécène, qui meurt cette même année. Il écrit son chef-d’œuvre (pour l’opéra) Samson & Dalila (créé par Liszt en 1877 à Weimar).

Saint-Saëns Samson et Dalila Printemps qui commenceCliquez sur Dalila

En 1878, il crée son Requiem à la mémoire de son mécène. Il fait jouer les poèmes symphoniques de son ami Liszt en France.

Dans les années 1880, Saint-Saëns entre à l’Académie des beaux-arts et reçoit la Légion d’honneur. En 1883, il compose l’opéra Henry VIII, et en 1886, sa monumentale Symphonie avec orgue, (dédiée à la mémoire de Liszt) et le délicieux Carnaval des animaux.

Saint-Saëns symphonie avec orgueCliquez sur l’organiste

Saint-Saëns le carnaval des animauxCliquez sur les animaux

À partir de 1888, après la mort de sa mère, il se met à voyager, notamment en Algérie et en Égypte, où il subit l’influence des musiques orientales (son cinquième concerto de piano est appelé « l’égyptien »).

En 1898, on crée son opéra Déjanire aux Arènes de Béziers.

Saint-Saëns Déjanire version BandaCliquez sur la banda

En 1906, lui qui a déjà joué partout en Europe part en tournée aux États-Unis. En 1908, il est également le premier compositeur de musique de film (L’assassinat du duc de Guise).

Saint-Saëns meurt à Alger le 16 décembre 1921, à l’âge de 86 ans.

Saint-Saëns autographe(autographe de Saint-Saëns, collection de l’auteur de ce blog)

Et pour retrouver d’autres compositeurs ou compositrices à qui j’ai consacré un article c’est ici: Compositeurs.

Contes et légendes, littérature, Mythologie, Poésie

LES MÉTAMORPHOSES D’OVIDE (3)

Après les livres I à IV des Métamorphoses d’Ovide, continuons notre lecture de cette anthologie des contes et légendes connus au début de notre ère.

Nombreux sont les humains qui ont voulu se comparer aux dieux, et qui en ont été punis.

Ainsi dans le livre VI, Ovide nous raconte les aventures d’Arachné, cette tisseuse si prodigieuse qu’elle prétendait être meilleure tisseuse que la déesse Athéna elle-même. À l’issue d’un concours organisé entre elles, Arachné remporta la palme. Furieuse Athéna se précipita sur elle et la chassa. Arachné réfugiée dans sa chambre se pendit. Quand elle la vit ainsi suspendue à la corde, Athéna eut enfin pitié et lui rendit la vie, mais en la transformant en araignée condamnée à tisser toute sa vie.

Rufus Wainwright ArachneCliquez sur Rufus Wainwright

Ovide nous présente ensuite Niobé, fille de Tantale (lui-même fils de Zeus) qui se vanta du nombre et de la beauté des enfants qu’elle avait engendrés, se moquant de Léto qui n’avait donné naissance qu’à Artémis et Apollon (ce qui n’est déjà pas si mal). Furieux, les dieux firent en sorte que les deux enfants de Léto tuent tous les enfants de Niobé.

Steffani Niobe JarrouskyCliquez sur l’image

En 1951, c’est BRITTEN qui mettra en musique le mythe de Niobé dans ses 6 Métamorphoses d’après Ovide.

Britten Métamorphoses NiobéCliquez sur le hautboïste

Après nous avoir parlé du mythe d’Icare, qui s’est brûlé les ailes pour s’être approché trop près du soleil, Ovide aborde ensuite le mythe de Philémon et Baucis. Philémon et Baucis forment un couple de vieillards vivant de peu. Zeus et Hermès, déguisés en hommes, frappent à toutes les portes en demandant l’asile. C’est finalement chez Philémon et Baucis qu’ils trouvent le meilleur accueil, les deux vieillards se privant pour bien honorer leurs hôtes. Zeus leur donne le privilège d’être transformés en arbres enlacés après leur mort, afin que rien ne les sépare.

Cette légende a connu bien des fortunes en musique, puisqu’elle a inspiré tant Haydn et Gluck que Gounod (Philémon et Baucis [1860]).

Gounod Philémon et Beaucis O riante natureCliquez sur l’image

Ovide nous narre ensuite le mythe d’Orphée que l’on trouve aux livres X et XI. Je ne reviendrai pas dessus ici, puisque ce mythe qui sert de déclencheur à l’opéra, avec l’Orfeo de Monteverdi a donné lieu à un des tout premiers billets de ce blog.

Et pour en savoir un peu plus sur Ovide et son œuvre, cliquez donc sur ce lien.

Divers, Mythologie

C’EST NOËL (2019) !

Après le billet consacré à Noël 2018, voici une nouvelle sélection d’airs inspirés par Noël.

En 1741, HAENDEL a écrit avec son oratorio Le Messie une de ses œuvres les plus connues. Écoutons en un air.

Haendel Messiah He was despisedCliquez sur le contre-ténor

Autre oratorio avec L’Enfance du Christ (1854) de BERLIOZ. Berlioz avait d’abord écrit (en 1850) une œuvre dans le style ancien qu’il prétendait avoir découverte et déchiffrée. Plus tard, il révélera la supercherie et la complétera pour donner cet oratorio.

Berlioz l'Enfance du ChristCliquez sur l’image

On l’a vu dans le billet consacré à Noël 2018, une des œuvres les plus importantes consacrées à cette fête est l’Oratorio de Noël (Weihnachtoratorium) de J.S.BACH. Un bon siècle plus tard, SAINT-SAËNS lui rendra hommage avec son Oratorio de Noël.

Saint-Saëns Oratorio de NoëlCliquez sur l’image

La Bohème (1896) de PUCCINI commence pendant la nuit de Noël. C’est histoire d’artistes dans la misère. Mimi, une voisine frappe à la porte pour chercher du feu pour rallumer sa pauvre bougie éteinte. Rodolfo l’écrivain lui ouvre et très vite, ils se déclarent leur amour. (Miracle de la nuit de Noël ?) Je ne voudrais pas espoiler le billet à venir sur La Bohème, mais sachez quand même que ça se terminera mal !

Puccini La Bohème Si, mi chiamano MimiCliquez sur l’image

En 1915, DEBUSSY écrit le tragique « Noël des enfants qui n’ont plus de maison ».

Debussy Noël des enfants...Cliquez sur la partition

En 1942, BRITTEN a écrit, sur le bateau qui le ramenait des USA vers l’Angleterre, une série de chants de Noël : A ceremony of Carols.

Britten a ceremony of CarolsCliquez sur l’image

Joyeux Noël à toutes zet à tous !

 

Cinéma, Mythologie, Nature, Valse

LES QUATRE SAISONS (5) – L’HIVER (2)

Après un premier billet sur la mise en musique de l’hiver, billet paru il y a un an (déjà), voici une suite des aventures musicales de l’hiver.

Évidemment, quand on dit Quatre saisons et musique, on pense aussitôt à VIVALDI.

Vivaldi l'hiver

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Mais avant Vivaldi, LULLY avait écrit en 1687 Isis, d’après les Métamorphoses d’Ovide. On y apprend que Junon, jalouse de Io courtisée par Jupiter, poursuit celle-ci jusqu’à l’embouchure du Nil. Jupiter demande alors à Junon de l’épargner, ce qu’elle accepte de faire en la transformant en déesse. Dès lors, Io s’appellera Isis et sera vénérée par les Égyptiens. Il y a dans Isis un très bel air tremblé « Hiver qui nous tourmente ».

Lully ISIS Hiver qui nous tourmente

Cliquez sur les Pages du roi

PURCELL s’en souviendra quelques années plus tard (en 1691) quand il écrira l’air du génie du froid du King Arthur, avec son fameux Cold Song.

purcell king arthur cold song Orlinski

Cliquez sur le génie du froid

Un peu à la lisière de l’opéra, il y a le fabuleux Voyage d’hiver (Winterreise) de SCHUBERT. Ce presqu’opéra est en fait un cycle de 24 lieders narrant l’errance d’un voyageur en hiver.

Schubert Winterreise Erstarrung

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En 1882, WALDTEUFEL écrit la Valse des patineurs (peut-être la seule partition de lui qui soit restée au répertoire).

Waldteufel Valse des patineurs

Cliquez sur Émile Waldteufel

En 1892, CATALANI écrit La Wally dont l’action se déroule au Tyrol. La fin de cet opéra se passe à Noël, dans une tempête de neige. Je vous propose d’écouter le fameux air « Ebben ? Ne andro lontana », dont DVORAK se souviendra probablement quand il écrira Rusalka en 1900. Les plus cinéphiles d’entre vous reconnaîtront cet air rendu fameux par Jean-Jacques BEINEIX dans son film Diva (1981).

Catalani La Wally ebben ne andro lontana

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En 1899, GLAZOUNOV écrit un ballet pour Marius PETIPA, Les Saisons. Écoutons l’hiver.

Glazounov les saisons l'hiver

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En 1938, PROKOFIEV écrit la musique du film Alexandre Nevski de Sergueï EINSENSTEIN. On y trouve la fameuse scène de la bataille sur le lac gelé.

Cliquez sur l’imageProkofiev Alexandre Nevski

P.S. : pour mes lecteurs de l’hémisphère Sud, vous pouvez considérez que ce billet s’applique à l’été. Retournez le voir le 21 juin, quand je publierai un billet sur l’été dans l’hémisphère Nord. (D’accord, les références à Noël ne seront plus d’actualité 😉🍾)