Compositeurs, Compositrices, Histoire de l'opéra, littérature

IL EST LÀ, IL EST LÀ, IL EST LÀ, MON DEUXIÈME LIVRE !

Eh oui, mon opus 2 vient de sortir aux éditions Le Lys bleu.

Ce deuxième volume est consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes et contient cinquante-huit biographies d’écrivains dont les œuvres ont suscité des opéras ou des pièces musicales.

Les écrivains choisis vont des tragiques Grecs (Eschyle, Sophocle et Euripide) à Boris Vian, en passant par Shakespeare, Cervantès et Molière ou encore Goethe, Pouchkine et Scribe. Comme pour le premier livre, j’ai inséré un QR Code qui vous permettra, en l’activant, d’arriver sur la page idoine de mon site, et donc d’écouter toutes les jolies musiques que je cite dans le livre.

Vous pouvez le commander directement sur le site de l’éditeur :

Si vous optez pour cette solution, n’hésitez pas à saisir le code promo LLB5 pour bénéficier d’une réduction de 5%.

Vous pouvez également le commander chez votre libraire ou dans votre grande surface culturelle préférée.

(P.S. il me reste quelques exemplaires de mon opus 1, Compositeurs et compositrices, que vous pouvez me commander via le formulaire de contact de mon site.)

(P.P.S. : vous pouvez aussi me commander l’opus 2, je vous ferai bénéficier du prix auteur, et vous pourrez avoir une chouette dédicace personnalisée).

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

FEUILLET D’ALBUM, de MALLARMÉ (1890)

Après « Le miroir brisé« , de Jacques Prévert, je vous propose ce mois-ci un poème de Mallarmé, « Feuillet d’album ».

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Ce sonnet a été écrit pour la fille d’un ami poëte de Mallarmé.

Tout à coup et comme par jeu

Mademoiselle qui voulûtes

Ouïr se révéler un peu

Le bois de mes diverses flûtes

Cliquez sur le flûtiste

Il me semble que cet essai

Tenté devant un paysage

A du bon quand je le cessai

Pour vous regarder au visage

Cliquez sur l’image

Oui ce vain souffle que j’exclus

Cliquez sur l’image

Jusqu’à la dernière limite

Selon mes quelques doigts perclus

Manque de moyens s’il imite

Votre très naturel et clair

Rire d’enfant qui charme l’air.

Cliquez sur les enfants

Citations musicales :

Mes diverses flûtes : Debussy, Syrinx.

Ce vain souffle : Verdi, La Traviata « Adio del passato ».

Au visage : Poulenc, Sept chansons « Belle et ressemblante ».

Rire d’enfant : Aboulker, Douce et Barbe-bleue.

Jazz, littérature, Mes opéras préférés

L’ÉCUME DES JOURS, d’Edison DENISOV (1986)

L’Écume des jours, drame lyrique en 3 actes et 14 tableaux d’Edison Denisov, a été créé le 15 mars 1986 à l’Opéra-Comique, à Paris. C’est une adaptation par Denisov lui-même du roman éponyme de Boris Vian, que son ami Raymond Queneau qualifiait de « plus poignant roman d’amour contemporain ».

Edison Denisov a travaillé pendant 12 ans à cet opéra. On trouve dans sa partition des allusions à Chlo-e, de Duke Ellington, ou à Tristan de Wagner.

Cliquez sur l’archive de L’INA

39 ans après la création à l’Opéra-Comique, on pourra entendre et voir l’Écume des jours à l’Opéra de Lille du 5 au 15 novembre 2025.

Le pitch : Colin et Chloé, deux jeunes gens insouciants, s’aiment. Chloé tombe malade. Colin est obligé de travailler pour pouvoir acheter les fleurs qui peuvent guérir Chloé. Chloé meurt.

Acte I : Premier tableau, chez Colin. Colin chante en s’habillant. Il a invité son ami Chick à dîner. Colin montre son pianocktail, un piano de son invention qui sert à faire les cocktails, à Chick. La conversion porte sur Jean-Sol Partre, un philosophe dont Chick est fou, et sur la musique de jazz.

Deuxième tableau, à la patinoire Molitor. Sur fond d’un chœur qui chante « Ne vous mariez pas, les filles », Colin et Chick retrouvent Alise, puis Nicolas, oncle d’Alise et cuisinier de Colin, et Isis, qui les invite à l’anniversaire de son chien.

Troisième tableau, chez Isis. Chick et Alise se querellent quand arrive Chloé, qui plaît beaucoup à Colin. Il lui demande si elle a été arrangée par Duke Ellington.

Cliquez sur le Duke

Quatrième tableau, le rendez-vous. Colin monologue quand Chloé le rejoint : scène de séduction et promenade.

Cinquième tableau, la noce. Colin et Chloé, puis chœur. « Chérie, viens près de moi ».

Acte II : Sixième tableau, le voyage. Colin et Chloé, avec Nicolas, discutent en voiture du travail et de son inutilité.

Septième tableau, chez Colin. Colin et Chloé se réveillent. Chloé est malade, et Colin remarque que la lumière faiblit.

Huitième tableau, la pharmacie. Le pharmacien exécute l’ordonnance de Colin. Colin et Chloé discutent de la maladie de Chloé : elle a un nénuphar qui pousse dans le poumon.

Neuvième tableau : chez Colin. La lumière a beaucoup diminué. Chloé est étendue, entourée de fleurs destinées à « faire peur au nénuphar ». La musique fait entendre une citation de Tristan.

Acte III : Dixième tableau, l’usine d’armes. Colin l’insouciant est désormais obligé de travailler, pour payer les fleurs de Chloé. Le directeur de l’usine d’armes explique le travail à Colin. Il doit s’allonger sur les graines d’armes pour leur fournir la chaleur nécessaire à leur croissance.

Onzième tableau, chez Colin. Alise vient voir Colin et se confie à lui. L’obsession de Chick pour Jean-Sol Partre le détourne d’elle.

Douzième tableau, la mort de Chick. Les policiers viennent saisir les biens de Chick, qui s’est ruiné pour acheter des manuscrits de Partre. Ils veulent saisir ses écrits quand Chick se révolte et menace de les tuer. Les policiers l’abattent.

Treizième tableau, la mort de Chloé. Dialogue entre Colin et Jésus. Colin lui reproche d’avoir fait mourir Chloé. Chœur : Agnus Dei, puis Requiem.

Quatorzième tableau, épilogue. Le chat et la souris : la souris se sacrifie en proposant au chat de la manger, afin de sauver Colin. Chœur des orphelines.

Cliquez sur l’archive russe (en russe) de 1990

(Source principale : les représentations de la création à l’Opéra-Comique en 1986, et le programme associé.)

littérature, Oulipo, Poésie

« LE MIROIR BRISÉ », de Jacques PRÉVERT (1945)

Après « Le Pont Mirabeau« , de Guillaume Apollinaire, je vous propose ce mois-ci un poème de Jacques Prévert, « le Miroir brisé », extrait de Paroles.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Le petit homme qui chantait sans cesse

le petit homme qui dansait dans ma tête

le petit homme de la jeunesse

a cassé son lacet de soulier

et toutes les baraques de la fête

tout d’un coup se sont écroulées

Cliquez sur l’image

et dans le silence de cette fête

dans le désert de cette tête

j’ai entendu ta voix heureuse

ta voix déchirée et fragile

enfantine et désolée

venant de loin et qui m’appelait

Cliquez sur l’image

et j’ai mis ma main sur mon cœur

où remuait

ensanglantés

les sept éclats de glace de ton rire étoilé.

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Citations musicales :

Toutes les barques de la fête tout d’un coup se sont écroulées : Leoncavallo Paillasse « Vesti la Giubba »

Ta voix déchirée et fragile enfantine et désolée… qui m’appelait : Ravel L’Enfant et les Sortilèges, final (Ma-man)

Mon cœur… ensanglantés : Poulenc Banalités « Sanglots ».

Animation 1, Écrivains, Contes et légendes, littérature

HANS CHRISTIAN ANDERSEN (1805-1875)

Hans Christian Andersen est né à Odense, au Danemark, le 2 avril 1805, dans une famille modeste. Son père meurt quand il a 11 ans. Très jeune, Hans Christian s’intéresse au théâtre. Il est également doté d’une belle voix, et prend des cours de chant. En 1822, grâce au directeur du Théâtre royal, Jonas Collin, qui l’avait pris en amitié, Andersen obtient une bourse d’études et entre au collège, à l’âge de 17 ans !

En 1827, ses premiers poèmes sont publiés dans un journal. En 1828, c’est un récit de voyage qui est publié, le Voyage à pied à Amager. Après une parution en journal, le Voyage paraît en livre et rencontre un beau succès.

En 1833, Andersen voyage en Allemagne où il rencontre le compositeur Louis Spohr, avant de se rendre à Paris où il fait la connaissance de Cherubini et de Heine. Il poursuit son périple par la Suisse et l’Italie.

Quand il vit au Danemark, il est très proche de la famille de Collin, dont il tombera amoureux de la fille, Louise. Cet amour demeurera sans suite.

En 1835, Hans Christian publie un recueil de Contes de fées.

En 1847, lors d’un voyage en Angleterre, il est accueilli par Charles Dickens.

À partir de 1860, Andersen est reçu par la famille royale du Danemark, où il lit des contes aux enfants royaux.

En 1867, il est nommé citoyen d’honneur de la ville d’Odense. C’est le début de sa reconnaissance par le Danemark. Il renonce peu à peu à ses voyages partout en Europe.

Hans Christian Andersen meurt d’un cancer du foie à Copenhague le 4 août 1875, à l’âge de 70 ans.

Ce n’est pas par ses romans, encore moins par ses pièces de théâtre qui n’ont jamais rencontré le succès, que le nom d’Andersen nous est resté. Son legs à l’humanité, ce sont ses contes, qu’il a écrits de 1832 à 1848. Une bonne partie d’entre eux ont été mis en musique.

La princesse au petit pois (1835), premier des trois contes de Gérard Pesson. Opéra pour enfants de Ernst Toch (1927).

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La petite sirène (1837), ballet de Henriques (1906), film de Disney (2007) et Ponyo sur la falaise de Miyazaki (2008). Le sujet de la petite Sirène est proche de celui d’Ondine (1816) d’E.T.A. Hoffmann, qui inspirera à Dvorak sa Rusalka.

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Les habits neufs de l’empereur (1837) Gyorgi Ranki (1953)

Le vaillant soldat de plomb (1838) ballet de Balanchine sur la musique de Jeux d’enfants de Bizet (1975).

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Le jardin du paradis (1839) a inspiré à Debussy Ce qu’a vu le vent d’ouest.

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Le vilain petit canard (1842) mis en musique par Prokofiev (1914)

Cliquez sur le vilain petit canard

Le Rossignol et l’empereur de Chine (1843) adapté par Stravinsky (1909).

Cliquez sur le Rossignol

La reine des neiges (1844) opéra de Sergeï Banevitch (1979) et film de Disney (2013).

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La bergère et le ramoneur (1845) a fait l’objet du dessin animé de ce nom par Paul Grimaud et Jacques Prévert (1953), repris sous le nom de le Roi et l’Oiseau avec une musique de Joseph Kosma.

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La petite fille aux allumettes (1845) a suscité deux opéras de August Enna (1897) et de Helmut Lachenmann (1996).

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littérature

URSULE MIROUËT, de BALZAC (1841)

Ursule Mirouët est un roman de Balzac qui fait partie, dans la Comédie humaine, des Scènes de la vie de Province. Si je vous en parle sur ce site consacré à la musique et à la littérature, c’est d’abord parce que c’est un très bon roman et aussi parce que Balzac se sert de la musique pour décrire les états d’âme de l’héroïne, Ursule Mirouët.

Le pitch : Dans une petite ville de province (Nemours), le vieux docteur Minoret se retire avec sa pupille Ursule Mirouët. Sa fortune, qu’il veut laisser à Ursule après sa mort, attise la convoitise de sa famille, qui réussit à voler et détourner l’héritage. Ursule aime Savinien de Portenduère, un héritier de la noblesse ancienne, mais la mère de Savinien ne veut pas d’une mésalliance dans sa famille. Pauvre Ursule !

On trouve les deux personnages d’Ursule Mirouët et de Savinien de Portenduère dans Béatrix, du même Balzac.

Très vite, on apprend que, « dans sa jeunesse, le docteur (Minoret) épousa par amour… la fille du fameux claveciniste Valentin Mirouët, une célèbre musicienne, faible et délicate… (page 784). Cette musicienne s’appelait Ursule Mirouët, comme notre héroïne. La jeune Ursule se trouve être la petite-fille du beau-père du docteur Minoret« .

Cette filiation est expliquée page 812 : « Le beau-père du docteur, le fameux claveciniste et facteur d’instruments Valentin Mirouët, un de nos plus célèbres organistes, était mort en 1785… À son lit de mort, il n’eut pas la consolation, de voir cet enfant gâté. Chanteur et compositeur, Joseph Mirouët, après avoir débuté aux Italiens sous un nom supposé, s’était enfui avec une jeune fille en Allemagne… Joseph Mirouët, doté par la nature d’une voix séduisante… et par-dessus tout compositeur plein de goût et de verve, mena pendant quinze ans cette vie bohémienne que le Berlinois Hoffmann a si bien décrite… Il s’établit à Hambourg où il épousa la fille d’un bon bourgeois, folle de musique, qui s’éprit de l’artiste« .

Cliquez sur le Berlinois Hoffmann

Ursule était une jeune fille très pieuse, qui s’était donné pour mission de conduire son tuteur à l’église. Le docteur avait pour ami le juge de paix et le curé de Nemours, avec qui ils avaient l’habitude de jouer au tric-trac. Un jour, Ursule se joignit à eux et gagna. Pour la remercier, Minoret se décide enfin à lui payer des cours de piano (page 819) : « le lendemain, Minoret, qui jusqu’alors avait refusé de faire apprendre la musique à sa pupille, se rendit à Paris, y acheta un piano, prit des arrangements à Fontainebleau avec une maîtresse et se soumit à l’ennui que devaient lui causer les perpétuelles études de sa pupille… La petite fille devint excellente musicienne… Les incrédules n’aiment pas la musique, céleste langage développé par le catholicisme, qui a pris les noms des sept notes dans un de ses hymnes : chaque note est la première syllabe des sept premiers vers de l’hymne à Saint-Jean.« 

Dans Ursule Mirouët, Balzac consacre de nombreuses pages à ce qu’on appelait à l’époque le « magnétisme animal » et aux théories du célèbre magnétiseur Mesmer. (page 821) : « Vers la fin du XVIIIe siècle, la Science fut aussi profondément divisée par l’apparition de Mesmer, que l’art le fut par celle de Gluck… Mesmer eut donc des adeptes et des antagonistes aussi ardents que les piccinnistes contre les gluckistes.« 

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Page 831, alors que le docteur va voir une « somnambule » pour savoir ce que pense sa pupille, celle-ci lui annonce, à propos d’Ursule pensant à Savinien : « Voici ce qu’elle pense : « Si je chantais bien, si j’avais une belle voix, quand il sera chez sa mère, ma voix irait bien jusqu’à ses oreilles. » C’est donc bien par le chant qu’Ursule espère conquérir le cœur de Savinien.

Page 841 : « Pendant que sa filleule jouait à son parrain des variations sur la Dernière Pensée de Weber« 

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Page 847-848 : La famille du docteur Minoret, voyant l’emprise qu’a la jeune Ursule sur le docteur, se décide à aller chez lui et tenter de le charmer. C’est l’occasion pour Balzac de montrer la bêtise crasse de la famille : « On nous dit que votre filleule a un si beau talent sur le forte , que nous serions bien enchantées de l’entendre. Mme Crémière et moi sommes disposées à prendre son maître pour nos petites; car s’il avait sept ou huit élèves, il pourrait mettre le prix de ses leçons à la portée de nos fortunes…

Volontiers, dit le vieillard, et cela se trouvera d’autant mieux que je veux aussi donner un maître de chant à Ursule.« 

Page 870 : « L’abbé Chaperon entendit en entrant le son du piano. La pauvre Ursule achevait la symphonie en la de Beethoven… Plus la musique est belle, moins les ignorants la goûtent… Ah ! voilà ce qui coûte si cher, dit Mme Crémière à Mme Massin.

Cliquez sur la Symphonie en la

Dieu me garde de donner de l’argent pour que ma petite fille me fasse des charivaris pareils dans la maison, répondit Mme Massin.

Elle dit que c’est du Béthovan, qui passe cependant pour un grand musicien, dit le receveur, il a de la réputation.

Ma foi, ce ne sera pas à Nemours, reprit Mme Crémière, et il est bien nommé Bête à vent…

Il faut que M. le juge de paix aime bien jouer pour entendre ces sonacles, dit Mme Crémière.« 

Lors de la première rencontre entre Savinien et Ursule, le charme de la musique agit déjà puisque Savinien déclare (page 878) : « J’espère, monsieur le docteur, que vous me recevrez chez vous; j’aime la musique, et je me souviens d’avoir entendu le piano de Mlle Ursule.« 

Pages 890-891, Balzac nous livre un étonnant aveu de l’impuissance des mots à transmettre certaines émotions que seule la musique peut permettre de communiquer : « Il arrive souvent qu’un morceau pauvre en lui-même, mais exécuté par une jeune fille sous l’empire d’un sentiment profond, fasse plus d’impression qu’une grande ouverture pompeusement dite par un orchestre habile. Il existe en toute musique, outre la pensée du compositeur, l’âme de l’exécutant, qui, par un privilège acquis seulement à cet art, peut donner du sens et de la poésie à des phrases sans grande valeur. Chopin prouve aujourd’hui pour l’ingrat piano la vérité de ce fait déjà démontré par Paganini pour le violon.

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Ce beau génie est moins un musicien qu’une âme qui se rend sensible et qui se communiquerait par toute sorte de musique, même par de simples accords. Par sa sublime et périlleuse organisation, Ursule appartenait à cette école de génies si rares; mais le vieux Schmucke, le maître qui venait chaque samedi et qui pendant le séjour d’Ursule à Paris la vit tous les jours, avait porté le talent de son élève à toute sa perfection. Le Songe de Rousseau, morceau choisi par Ursule, une des compositions de la jeunesse d’Hérold, ne manque pas d’ailleurs d’une certaine profondeur qui peut se développer à l’exécution; elle y jeta les sentiments qui l’agitaient et justifia bien le titre de Caprice que porte ce fragment… Savinien pénétra donc dans ce délicieux royaume, entraîné par ce cœur qui, pour s’interpréter lui-même, empruntait la puissance du seul art qui parle à la pensée par la pensée elle-même, sans le secours de la parole, des couleurs ou de la forme.« 

Cliquez sur l’image

Par l’effet de calomnies, Ursule croit que Savinien va se marier avec une autre, et se réfugie dans la musique. Et c’est par la musique que l’ignoble Goupil, qui voudrait se marier avec Ursule, essaye de la conquérir (page 944) : « … Ursule joua du piano fort tard, elle se coucha presque rassurée et accablée de sommeil. À minuit environ, elle fut réveillée par un concert composé d’une clarinette, d’un hautbois, d’une flûte, d’un cornet à pistons, d’un trombone, d’un basson, d’un flageolet et d’un triangle…« 

Page 945 : « La sérénade était, à ce qu’il paraît, charmante ! Il y avait un cornet à pistons ! – Qu’est-ce qu’un piston ? – Un nouvel instrument de musique ! … Trois jours après, au milieu de la nuit, trois violons, une flûte, une guitare et un hautbois donnèrent une seconde sérénade… il lut cette terrible prophétie : Tu n’épouseras pas Ursule. Si tu veux qu’elle vive, hâte-toi de la céder à celui qui l’aime plus que tu ne l’aimes ; car il s’est fait musicien et artiste pour lui plaire, et préfère la voir morte à la savoir ta femme.« 

Je ne vais pas vous raconter la fin, pour ne pas divulgacher l’histoire, mais je peux quand même dire que Balzac nous réserve une fin étonnante, avec l’apparition d’un fantôme !

(Source principale : La Comédie humaine, Ursule Mirouët, bibliothèque de la Pléiade, volume III, éditions Gallimard 1976.)

3 bis -Liste alphabétique des écrivains, Mallarmé, Shakespeare

LISTE ALPHABÉTIQUE DES ÉCRIVAINS CHRONIQUÉS SUR CE SITE

Grande nouvelle, j’ai signé cette semaine avec Le Lys bleu ( https://www.lysbleueditions.com/ ) mon contrat d’édition pour mon opus 2, qui sera consacré aux Écrivains, dramaturges et librettistes ! À cette occasion, voici la liste alphabétique des écrivains à qui j’ai consacré un article sur mon site.

Après Mes opéras préférés et Compositeurs et compositrices, méta-billets vous permettant d’accéder directement aux billets de ces catégories par simple clic sur les liens proposés, voici un troisième méta-billet alphabétique qui vous permettra de retrouver les billets classés dans la catégorie Écrivains. Pour retrouver facilement ces méta-billets, j’ai créé les catégories « 1 – mes opéras préférés« , « 2 – compositeurs » et « 3 – écrivains » qui apparaissent au début de la liste des catégories.

hofmann

image Homère

niet

image Ronsard

Shakespeare par Adrian

image Tolstoï

Oulipo, Poésie

« LE PONT MIRABEAU » , d’APOLLINAIRE (1913)

Après « Les fontaines ne chantent plus« , de Raymond Queneau, je vous propose ce mois-ci un poème de Guillaume Apollinaire, « le Pont Mirabeau », extrait d’Alcools (1913).

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Cliquez sur l’image

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Cliquez sur l’image

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Cliquez sur la Speranza

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Cliquez sur l’image

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Citations musicales :

après la peine : Poulenc sept chansons, « Marie ».

Des éternels regards : Messiaen Vingt regards sur l’Enfant-Jésus.

l’Espérance : Rossini Trois chœurs religieux « la Speranza« .

Ni les amours reviennent : Chausson Poème de l’amour et de la mer « La mort de l’amour ».

Agenda Ironique, littérature, Oulipo, Poésie

« LA RIEN QUE LA TOUTE LA », de François Le LIONNAIS

Ce(s) mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui nous suggère l’Agenda Ironique de l’été 2025.

Le thème principal en est… Rien !

Voici donc ce qu’il nous demande, Carnets Paresseux :

Récapitulons : rien, le sujet ; les mots imposés haricot, asymptote, ragondin et billevesée ; des mots à éviter : activité, programme, obligation, aristotélicien, gouvernement. Et la forme que vous voulez.

Et puis du mystère, du calendrier, du suspense, des jours et des dates de juillet et d’août ; enfin, évidemment, de l’ironie. Autant que possible, aucun jeu de mots : de la tenue, du style, et pourquoi pas, une morale.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué chez lui.

Après avoir tout dit sur rien, je vous propose ici mon traditionnel « poème mis en musique à ma façon », avec ce mois-ci La rien que la toute la, de François le Lionnais, soit le premier sonnet écrit sans nom, sans verbe et sans adjectif, sans haricot, sans ragondin, sans asymptote, et surtout sans la moindre billevesée.

Vous vous vous, parce que mais nul dont ce aucune
Quand de ce (pour avec) et ce pourquoi jamais  ;

Cliquez sur l’image

Seulement le et les et déjà si quand nous
Au et contre ces qui d’où vous aussi vous des.

 
Quelque enfin, pas ne tant depuis tout après une
Car si du en auprès (comme un qui je pour vous).

Cliquez sur l’opéra urbain

Et même… Il en leur la plus que ce je ne te
Maintenant et cela ou tel toujours sans très.

 
Là de des puisque vous, moins que pour dont, autour
Desquels celui ne parmi et jusqu’alors – non
Dans le de et par – la qu’il comme la et seuls

Cliquez sur l’image


Désormais tu son donc  ! et tu bien les ici
Mais grâce à lorsque sur dont un les des en eux
Tu Tu Tu à travers les nul dont ce aucune.

Cliquez sur les danseuses en tutu

Citations musicales :

Jamais : Poe / Slatkin, le Corbeau.

Comme un qui je pour vous : Attia, Molière, l’opéra urbain « les Précieuses ridicules ».

Seuls : Purcell « Oh Solitude ».

Tu Tu : Tchaïkovski le Lac des Cygnes.

Poésie

QUELQUES NOUVEAUX HAÏKAÏS (8ème SÉRIE)

C’est l’été et je suis en vacances loin de tout. Quoi de mieux alors qu’une petite série de haïkus (ou haïkaïs) improvisés pour profiter de cette période ?

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Didon et Enée

Un opéra de Purcell

La mort de Didon

Cliquez sur la mrot de Didon

Premier opéra

L’orfeo, Monteverdi

Déjà tout est dit !

Cliquez sur l’image

Fable écologique

Like Flesh de Sivan Eldar

Une métamorphose.

Cliquez sur l’image

Madame Butterfly

Sur la mer calmée monte une fumée

Pauvre Cio-Cio-San.

Cliquez sur cette pauvre cio-Cio-San

Et vous pouvez toujours m’envoyer vos haïkus en commentaire. S’ils m’inspirent, je les intégrerai dans une prochaine livraison.