Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie, Nature

LIKE FLESH, de Sivan ELDAR (2022)

Grande émotion en ce mois de janvier 2022 à l’Opéra de Lille avec la création mondiale de l’opéra Like Flesh, de la compositrice israélienne Sivan ELDAR, sur un livret de la Britannique Cordelia LYNN. L’équipe artistique était complétée par la metteuse en scène italienne Silvia COSTA et le chef d’orchestre français Maxime PASCAL.

Like Flesh présentation opéra de LilleCliquez sur Caroline SONRIER, directrice de l’Opéra de Lille

Commandé par les opéras de Lille, Montpellier et Nancy en 2018, Like Flesh est donc l’aboutissement de plus de 3 ans de travail, pour lequel la compositrice a dû mettre en musique les mots de la librettiste, alors que la metteuse en scène a dû pour une fois, non pas déconstruire une histoire déjà connue de tous (ou presque) pour en proposer une autre lecture, mais au contraire nous proposer une scénographie nous permettant de comprendre une histoire que nous ne connaissons a priori pas déjà. Pour cela, elle s’est appuyée sur les avancées permises par la technologie, notamment avec un dispositif s’appuyant sur une intelligence artificielle pour animer les vidéos qui accompagnent le déroulement de l’action.

Eldar Like Flesh inteview Silvia CostaCliquez sur l’image pour entendre Silvia COSTA

La musique est composée pour un orchestre de chambre amplifié (sonorisé) et un second « orchestre » de 64 haut-parleurs disséminés dans la salle pour permettre au public d’être immergé dans le son des arbres.

Eldar Like Flesh Teaser de l'IRCAMCliquez sur la bande-annonce de l’IRCAM 

Eldar Like Flesh Maxime PascalCliquez sur l’image pour entendre Maxime PASCAL

Les personnages principaux de Like Flesh sont la Forêt, le Forestier (qui coupe les arbres), sa femme et une étudiante venue dans la forêt pour apprendre.

Le pitch : La Femme est malheureuse en mariage et aspire à un monde au-delà des frontières de la chair. L’arrivée dans la forêt de l’étudiante va lui faire découvrir un autre amour, et la poussera à se métamorphoser en arbre. Mais le monde est dur même pour les arbres, et après sa métamorphose, elle sera encore convoitée par le forestier pour l’argent qu’il pourra tirer de son bois et par l’amante qui continue à l’aimer.

Le thème de la métamorphose en arbre est librement inspiré des Métamorphoses d’OVIDE, et notamment de la légende de Daphné qui, poursuivie par Apollon, se transforme en laurier pour lui échapper.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur la bande-annonce de l’Opéra de Lille

La construction narrative se fait suivant une alternance de scènes où la forêt (représentée par le chœur) s’exprime et d’autres où les humains parlent.

I : Ce que savait la forêt. La forêt nous raconte son passé depuis les temps immémoriaux.

II : Les oiseaux ne viennent plus ici. Pendant que le forestier expose sa vision de la forêt : du capital, la femme se désole de voir tout bétonné et la vie – plantes, insectes et oiseaux – qui s’en va.

III : Ce qu’ont fait les arbres. Les arbres annoncent la désertification de la Terre.

IV : La couleur rouge. L’étudiante arrive pour essayer de comprendre la vie, les arbres, la communion entre tous les arbres.

V : Leçons qu’apprend la gentillesse. La femme demande à son mari ce que ressentent les arbres quand il les coupe.

VI : Ce qu’a fait l’humain. L’humain est venu dans la forêt avec une hache, et nous avons crié de joie : « Regardez, le manche est des nôtres ! ».

VII : Le troisième rêve. La femme et l’étudiante découvrent leur amour naissant. La femme se métamorphose en arbre.

VIII : Ce qu’a fait l’humain après. Dans un crépitement de mots, la forêt égrène une litanie de tous les objets que créent les humains.

IX : Donc. Ta femme s’est changée en arbre. L’étudiante a appris au forestier que sa femme s’est changé en arbre. L’homme voit déjà le bénéfice qu’il pourra en tirer.

X : Regrets. Le forestier et sa femme discutent. Il se demande comment il aurait dû faire pour que leur amour perdure.

XI . Ce qu’a vu la forêt. La forêt sait la violence dont sont capables les hommes. Elle a la mémoire des juifs pendus à ses branches.

XII : Un arbre se souvient. L’étudiante et l’arbre discutent. Le forestier dit que l’étudiante dort dans les branches de son arbre. Mais les machines humaines arrivent , qui vont tout dévaster.

XIII : Entrelacement. Dans ce duo forêt, femme/arbre, la femme répond à la forêt que l’étudiante l’a blessée en voulant graver son amour sur l’écorce.

XIV : Comportement du bois. Le forestier et l’étudiante échangent leur perception de la femme devenue arbre.

Cliquez sur l’image

XV : L’hiver, à nouveau. Le forestier et l’étudiante concluent. L’étudiante a cherché à devenir arbre, comme son aimée, mais n’a pas réussi, alors elle en a fendu le tronc pour venir s’y loger/lover alors que le forestier, lui, ne cherche qu’à entretenir ce bois qu’il pourra un jour couper pour le vendre.

La forêt a le dernier mot : Écoutez. La vie, pleine d’espoir se forme dans les failles. Nos racines poussent en chantant, trouvent d’étranges fossiles : un arbre, un squelette, une hache.

(Sources principales : le dossier de presse de l’Opéra de Lille, la présentation par l’équipe artistique le 12 janvier, et bien sûr la création le 21 janvier 2022.)

Bande dessinée, Cinéma, Compositrices, Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE LILLE

… comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Séville, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui Lille.

L’opéra de Lille a été construit juste avant la Révolution française. Si vous voulez en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter le site de Nemorino, qui la raconte très bien.

En 1790, Le Chevalier de SAINT-GEORGES part à Lille, et c’est pour cette ville qu’il compose son dernier opéra Guillaume tout cœur.

Le compositeur Pierre BAUMANN (1796 – 1872) fut altiste et professeur de composition au conservatoire de Lille.

Nettement plus connu est son élève le compositeur Édouard LALO (1823 – 1892). Entré au conservatoire de Lille à l’âge de dix ans, il part ensuite à Paris pour parfaire sa formation musicale. Ses œuvres les plus connues restent probablement la Symphonie espagnole, son Concerto pour violoncelle, son opéra le Roi d’Ys et la musique du ballet Namouna.

Lalo Le roi d'Ys Vainement ma bien aiméeCliquez sur l’image

Gustave NADAUD, chansonnier roubaisien (1820 – 1893), membre du Caveau et auteur de Pandore et les deux gendarmes.

Nadaud Pandore et les deux gendarmesCliquez sur les deux gendarmes

Parmi les compositeurs nés dans la métropole lilloise, il y a en a un qui me plaît particulièrement. Albert ROUSSEL (1869 – 1937) est né à Tourcoing. Marin de formation, il décide de quitter la marine pour se consacrer à la musique. Au début influencé par DEBUSSY ou d’INDY, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles. Dans le domaine de l’opéra, il a écrit Padmâvatî, influencé par l’Inde et pour le ballet : le Festin de l’araignée.

Roussel Padmâvatî préludeCliquez sur l’image

Le baryton belge Edgard P. JACOBS, plus connu pour son rôle dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge, entre à l’opéra de Lille en 1929. Las, la crise de 1929 – 1930 font que les Français restreignent drastiquement les emplois occupés par des étrangers, et il doit retourner en Belgique.

jacobs méphisto

Roubaix a vu naître le poète symboliste Albert SAMAIN (1858 – 1900). Très célèbre à son époque, ses poèmes ont inspiré de nombreuses mises en musique, dont l’opéra Polyphème du breton Jean CRAS

Cras Polyphème Elle dort...Cliquez sur l’image

ou encore FAURÉ ou Nadia BOULANGER.

Boulanger (NAdia) Ilda (Samain)Cliquez sur Nadia

Un autre roubaisien mondialement connu est Georges DELERUE (1925 – 1992). Certes, ce ne sont pas ses quatre opéras qui lui ont valu cette notoriété, ce sont ses musiques de films, pour lesquelles il reçut trois Césars et un Oscar. Il a travaillé avec des cinéastes comme RESNAIS, TRUFFAUT, LAUTNER ou de BROCA.

Delerue La Nuit américaineCliquez sur l’image

Enfin, Lille continue sa tradition de ville musicale puisque le 21 janvier 2022 a vu la création de Like Flesh, un opéra de Sivan ELDAR.

Eldar Like Flesh Teaser Opéra de LilleCliquez sur l’image

Et si vous voulez plus de musique d’un de ses compositeurs, cliquez sur le bonus surprise.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez plus de musique d’un de ces compositeurs

Compositrices

Francesca CACCINI (1587 – 1641)

Contemporaine de MONTEVERDI, première femme à avoir écrit un opéra, Francesca CACCINI est née le 18 septembre 1587 à Florence.

Liste de lecture pour Francsca CacciniCliquez ici pour avoir un accès direct à la liste de lecture

Le père de Francesca, chanteur et compositeur, faisait partie de la Camerata fiorentina, un cénacle d’intellectuels visant à retrouver l’art tel qu’il se pratiquait dans la Grèce antique. Il travaillait à la cour des MÉDICIS.

À ce titre, il compose en 1600 à l’occasion du mariage de Marie de Médicis et d’Henry IV une pièce musicale chantée, Euridice, sur le même livret que son collègue de la Camerata, Jacopo PERI. C’est à la suite de ces représentations que Claudio Monteverdi « inventera » la forme opéra, avec son Orfeo de 1607.

Pour en savoir un peu plus sur cette époque, vous pouvez cliquer sur le lien « Histoire de l’opéra, les années 1600« .

On connaît de Giulio un très bel Ave Maria, même si les recherches musicologiques récentes ont tendance à l’attribuer à un autre compositeur.

Caccini ave MariaCliquez sur l’image

La petite Francesca apprend de son père la musique : le chant, le clavecin, la composition.

De 1604 à 1605, le père, sa femme et ses deux filles sont invités à Paris par Henry IV et Marie de Médicis, où ils raviront les courtisans, notamment par la qualité du chant de Francesca.

En 1607, elle se marie et entre au service des Médicis au grand-duché de Toscane en tant que musicienne, et a été à une époque la musicienne la mieux payée.

En 1618, elle publie son premier livre de musique : Il primo libro delle musiche a una, e due voci (Le premier livre de musique à une et deux voix.)

Caccini Francesca Maria, dolce MariaCliquez sur l’image

Caccini Ch'amor sia nudoCliquez sur l’image

Caccini Chi desiaCliquez sur l’image

Caccini O che nuovo stuporCliquez sur l’image

Caccini francesca ChaconneCliquez sur la chaconne

Caccini Lasciatemo qui soloCliquez sur l’image

Francesca est restée dans l’histoire de la musique en tant que première femme compositrice d’opéras. En effet, en 1625 elle écrit la liberazione di Ruggiero dall’ isola d’Alcina (la Libération de Roger de l’île d’Alcina), d’après l’Orlando furioso de l’ARIOSTE.

Caccini Francesca La liberazione di Ruggiero dall' isola d'Alcina Ahi, MelissaCliquez sur l’image

Elle écrit aussi un Rinaldo inamorato dont la partition est malheureusement perdue.

On ne connaît pas exactement la date de sa mort, probablement survenue après 1641.

Dans mes recherches pour écrire cet article, je suis tombé sur la page suivante (en anglais) très intéressante: https://www.youtube.com/watch?v=DmHhvpbxoNM.

Et si vous voulez encore de la musique de Francesca Caccini, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez encore un peu de musique de Francesca Caccini.

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Francesca Caccini à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : https://adrian-mercure-fr.carrd.co/# )

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

LES TRAGIQUES GRECS – 1 – ESCHYLE (- 525, – 456)

Il y a quelque 2500 ans, un trio d’auteurs grecs, SOPHOCLE, EURIPIDE et ESCHYLE, fixait les grands mythes grecs et jetait les bases de la tragédie, creuset de notre culture. La force de ces archétypes est telle qu’ils inspirent toujours les auteurs, comme nous allons le voir.

Eschyle est l’aîné de nos trois tragédiens, peut-être est-ce pour cela qu’il fait plus intervenir les dieux que les humains dans ses tragédies. Il a écrit plus de cent pièces, mais seules cinq d’entre elles nous sont parvenues.

Contemporain des guerres contre les Perses, Eschyle participe aux batailles de Marathon et de Salamine.

Une légende veut qu’il soit mort en recevant une tortue sur la tête, tortue lancée par un rapace sur son crâne chauve, qu’il avait pris pour un caillou !

Les Perses. Cette pièce, écrite en – 472, évoque la victoire des Grecs contre les Perses à la bataille de Salamine. C’est la plus ancienne pièce de théâtre conservée.

Les sept contre Thèbes. Cette pièce écrite en – 467 décrit le siège et l’attaque de la ville de Thèbes contre sept chefs d’Argos, dans le combat fratricide entre Étéocle et Polynice, les fils d’œdipe et frères d’Antigone. L’action se déroule donc avant les multiples versions de la tragédie Antigone.

Les Suppliantes, qui date d’environ – 460, raconte l’histoire des 50 Danaïdes (les filles de Danaos, lui-même descendant de Zeus et Io) qui devaient épouser les 50 fils d’Égyptos. Ne voulant pas de ce mariage, elles se réfugient avec leur père à Argos, le berceau de leur race, où elles demandent l’asile. Le roi d’Argos accepte de les protéger. Je reviendrai dans un billet spécifique sur l’histoire des Danaïdes, et de leur aînée, Hypermnestre.

En 1941, Honegger écrit une musique de scène pour cette pièce.

L’Orestie , qui date de – 458 est une trilogie composée de Agamemnon, les Choéphores et les Euménides. Serge Taneïev écrit un opéra, Oresteia, créé à Moscou en 1895.

Taneyev Oresteia (Orestie) OuvertureCliquez sur l’image

L’Orestie sera également adaptée par Darius Milhaud sur un livret de Paul Claudel.

Milhaud l'Orestie AgamemnonCliquez sur Agamemnon

Milhaud l'Orestie les ChoéphoresCliquez sur les Choéphores

Milhaud l'Orestie les EuménidesCliquez sur les Euménides

En 1966, c’est le compositeur grec Xenakis qui met en musique l’Orestie.

Xenakis OresteïaCliquez sur l’Oresteïa

Et en 2011, la compositrice polonaise écrit le drame lyrique Oresteia.

Il reste une autre pièce, Prométhée enchaîné dont la date est incertaine. Je reviens également dans un billet spécifique sur Prométhée, ce héros de la mythologie grecque, qui ayant volé le feu pour le donner aux hommes, se trouve cloué sur un rocher. Immortel, il est condamné à avoir le foie mangé chaque jour par un aigle, jusqu’à ce qu’il cède et révèle à Zeus un secret, mais Prométhée tient bon.

Honegger a écrit en 1946 une musique de scène pour ce Prométhée enchaîné d’Eschyle.

Et si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques, cliquez sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez vous détendre un peu après tous ces drames antiques.

Compositrices, Mythologie, Théâtre

OEDIPE

Sujet complexe que celui d’Œdipe. On connaît ce héros essentiel de la mythologie grecque grâce aux deux pièces Œdipe roi et Œdipe à Colone de SOPHOCLE.

Œdipe était le fils de Laïos et Jocaste, abandonné à sa naissance parce qu’un oracle avait prédit à Laïos que son fils le tuerait. Recueilli par le roi Polybe, et ayant appris qu’il devait tuer son père, il quitte la cour de son père adoptif et se dirige vers Thèbes. En chemin, il croise Laïos et le tue. Arrivé à Thèbes, et après avoir résolu l’énigme du sphynx (voire de la sphynge), il épouse sa mère, la reine Jocaste, qui lui donnera quatre enfants, Antigone, Ismène, Étéocle et Polynice. Lorsqu’il apprend son forfait du devin Tirésias, il se crève les yeux et quitte Thèbes.

En 1786, SACCHINI a composé un opéra, Œdipe à Colone.

Sacchini Oedipe à Colone

À la même époque, le prolifique GRÉTRY avait entamé un Œdipe à Colonne qu’il n’achèvera pas.

En 1845, Félix MENDELSSOHN, le frère de la compositrice Fanny, écrit une musique de scène pour Œdipe à Colone.

Mendelssohn Oedipe à ColoneCliquez sur le chœur

En 1861, c’est MOUSSORGSKI qui écrit Œdipe à Athènes, une musique de scène pour une pièce de OZEROV.

Moussorgski OedipeCliquez sur l’image

En 1927, STRAVINSKY écrit son Œdipus Rex, sur un livret de COCTEAU.

Stravinsky Oedipus RexCliquez sur l’image

Le compositeur LEONCAVALLO n’aura pas la chance de voir la création de son opéra Œdipe-roi (Edipo Re) en 1930, un an après sa mort.

Leoncavallo Oedipe roi (Edipo Re)Cliquez sur l’image

alors qu’en 1931, le trop méconnu ENESCO achève son opéra Œdipe, qui reprend toute la vie du personnage.

Enesco Oedipe Voyez, Thébains, voyez !Cliquez sur l’image

Antigone, une des filles d’Œdipe, connaîtra le même succès que son père. Voir ici https://toutloperaoupresque655890715.com/2020/12/29/antigone/le billet qui lui est consacré.

(P.S. De nos jours, Œdipe est généralement connu par le « complexe d’Œdipe » théorisé par le médecin viennois Sigmund FREUD. En effet, en 1897, alors qu’il avait commencé à élaborer sa théorie de la psychanalyse, il s’est rendu compte qu’il y avait en lui un désir pour sa mère doublé d’une jalousie envers son père. Privé de repères externes, il en a déduit, à l’encontre de toute rationalité scientifique, que ces envies étaient communes à tous les jeunes garçons !)

Compositrices, Historique

LA MARSEILLAISE

La Marseillaise est l’hymne national français depuis 1795. Elle a été écrite par Rouger de Lille en 1792 sous le titre Chant de marche de l’Armée du Rhin.

En tant qu’hymne révolutionnaire, elle a été citée par bien des compositeurs.

Dès 1793, Claude Balbastre, organiste à Notre-Dame de Paris écrit cette Marche des Marseillois.

Cliquez sur le grand orgue

Ainsi, dès 1799, SALIERI la citera dans sa cantate Der Tyroler Landsturm.

2021-07-13_22h20_04Cliquez sur Salieri

La version la plus connue de nos jours est celle orchestrée par BERLIOZ en 1830.

Robert SCHUMANN (le mari de Clara) a écrit le lied « les deux Grenadiers » sur un poème de HEINE datant de 1822, décrivant les mésaventures de deux grenadiers de l’armée napoléonienne en déroute. (Robert citera également la Marseillaise dans son Carnaval de Vienne.)

Schumann les deux grenadiersCliquez sur l’image

En 1861, VERDI compose l’hymne des Nations pour faire connaître la jeune Italie, qui sera créé à l’Exposition universelle de Londres en 1862. Cette cantate reprend la plupart des hymnes nationaux, dont évidemment la Marseillaise pour la France.

Verdi Hymne des nationsCliquez sur Toscanini

En 1880, c’est TCHAÏKOVSKI qui se sert de la Marseillaise dans son ouverture 1812 célébrant la victoire des Russes contres les armées napoléoniennes.

Tchaïkovski Ouverture 1812Cliquez sur l’image

En 1913, DEBUSSY conclut ses Feux d’artifices par une citation de quelques notes de la Marseillaise.

Debussy Feux d'artifice finalCliquez sur le pianiste

Plus tars, STRAVINSKY a écrit cette transcription pour violon :

Stravinsky la MarseillaiseCliquez sur l’image

Et en 1967, ce sont les BEATLES qui la citent en ouverture du célèbre « All you need is love ».

The Beatles All you need is loveCliquez sur le Yellow Submarine

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Compositrices

Clara SCHUMANN (1819 – 1896)

Clara SCHUMANN fait partie de ces femmes artistes dont le talent a été éclipsé par celui d’un homme, en l’occurrence l’homme de sa vie, le compositeur Robert SCHUMANN.

Née le 13 septembre 1819 à Leipzig, elle est la fille d’un professeur de piano, Friedrich WIECK, qui la fait travailler très tôt pour en faire une virtuose, et comme les pères de MOZART ou BEETHOVEN, la lance encore enfant dans une série de tournées et de concerts.

Elle n’a que neuf ans quand elle rencontre Robert SCHUMANN, un élève de son père de 9 ans son aîné. Très vite une amitié se noue entre eux et ce jeune homme épris de littérature lui apprend à connaître les poètes contemporains, les JEAN-PAUL (RICHTER), HEINE, E.T.A. HOFFMANN. De cette époque datent les premières compositions de Clara, les quatre polonaises opus 1.

Clara Schumann 4 polonaises opus 1Cliquez sur l’image

Avec le temps, l’amitié va se transformer en amour, mais cet amour n’est pas du goût du père, tyran domestique, qui a d’autres ambitions pour sa fille et reproche à Robert de ne pouvoir lui assurer un train de vie correct en cas de mariage.

Le talent de pianiste de Clara a été reconnu par ses contemporains, comme LISZT ou PAGANINI.

Après des années où le père interdit aux jeunes gens de se voir, voire de s’écrire, quand Clara devient majeure, elle veut imposer son mariage contre la volonté de son père, qui intente alors un procès aux jeunes gens pour faire interdire ce mariage, accusant Robert de fainéantise et d’alcoolisme. Heureusement, les nombreux amis du jeune couple, dont Félix MENDELSSOHN, viennent témoigner en leur faveur.

Malgré l’amour et l’admiration que Clara a pour son Robert de mari, la situation est compliquée pour la musicienne qu’elle est. Robert monopolise souvent le piano familial pour ses compositions, et Clara doit jouer les maîtresses de maison, et très vite les mères au foyer, puisque huit enfants naîtront de leur union. « Heureusement » pour Clara, ce ne sont pas les revenus de Robert qui permettent au foyer de vivre, et Clara doit régulièrement donner des concerts, lui permettant d’exercer sa vraie vie, la musique, le piano, les concerts et elle fait ainsi des tournées dans toute l’Europe.

Le couple était proche du violoniste Joseph JOACHIM, qui apprend à Clara l’art d’interpréter la musique de Beethoven. C’est pour lui qu’elle écrit les trois Romances pour violon et piano.

Clara schumann trois romances pour violon et piano opus 22

En 1853, un jeune homme vient se placer sous leur amicale protection, Johannes BRAHMS, avec qui ils font de la musique dans une collaboration féconde.

Malheureusement, après dix ans de mariage, Robert sombre dans la folie. En 1854, il se jette dans le Rhin et, repêché, demande à être placé à l’asile. Il y restera plus de deux ans avant de mourir, sans que Clara ne puisse le revoir.

Dès lors, elle vit dans le souvenir de son mari, et se rapproche de Brahms. Elle continue à écrire, essentiellement pour le piano, donne des leçons de piano et continue ses séries de concerts jusqu’à la fin de sa vie.

Elle meurt le 20 mai 1896 à Francfort.

Le catalogue de ses œuvres comprend de la musique pour piano, des lieder, de la musique chorale, et quelques pièces pour piano et orchestre.

Clara Schumann Abendfeier in VenedigCliquez sur le chœur

Clara Schumann Ich stand in dunklen TraümenCliquez sur l’image

(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, et pour Charles PERRAULT, j’ai fait appel pour le portrait de Clara Schumann à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, et à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ).

Animation 1, Écrivains, Compositrices, Contes et légendes, littérature

Charles PERRAULT (1628 – 1703)

Charles Perrault était un écrivain et homme de loi, né à Paris le 12 janvier 1628. Ce protégé de Colbert a été membre de la commission chargée de « rédiger les inscriptions » sur les monuments publics (la future « Académie des Inscriptions et Belles Lettres ») et fut élu à l’Académie française en 1671. Il prit part à la Querelle des Anciens et des Modernes, soutenant que le XVIIe siècle était de loin supérieur à l’antiquité. En musique, il défendit ainsi la musique de Lully par rapport à la musique antique.

Après avoir écrit Peau d’Âne en 1694, c’est en 1697 qu’il fait paraître son œuvre qui reste la plus connue de nos jours, le recueil de contes les Contes de ma mère l’Oye.

Il meurt le 16 mai 1703, à Paris.

Peau d’Âne a été adapté dans un opéra-comique par Raoul Laparra en 1899. Plus près de nous, la compositrice Graciane Finzi en a fait en 2015 un conte (musical) pour enfants.

Finzi Peau d'Ane

Dans les Contes de ma mère l’Oye, on trouve :

La Belle au bois dormant dont Tchaïkovski a fait un de ses ballets les plus célèbres.

Tchaïkovski la belle au bois dormantCliquez sur la danseuse

L’Italien Otorino Respighi a écrit un opéra en 1922 La bella addormentata nel bosco.

Respighi La Bella dormente Nel boscoCliquez sur la Belle au bois dormant

Tex Avery n’a pas été le seul à adapter Le Petit Chaperon rouge. Il y a eu un opéra-comique de Boïeldieu, écrit en 1818, et plus près de nous, Georges Aperghis en a fait un conte musical pour enfants en 2001.

Aperghis le petit Chaperon rougeCliquez sur le petit Chaperon rouge

Les œuvres inspirées par La Barbe bleue ont déjà fait l’objet d’un article sur ce blog, « Jeanne-d’Arc et Barbe-bleue« .

Le Maître chat ou le Chat botté a été adapté à l’opéra par César Cui, un membre du Groupe des cinq.

Cui le Chat bottéCliquez sur l’image

Les Fées. Je n’ai pas trouvé d’opéra directement inspiré par ce conte, mais pourtant les fées ont inspiré un grand nombre d’œuvres musicales.

Les adaptations de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre ont déjà fait l’objet d’un billet sur ce blog, « Cendrillon, Cinderella, la Cenerentola« .

Riquet à la houppe qui a fait l’objet d’une adaptation dans un opéra-comique de Georges HÜE en 1928.

Le Petit Poucet. En 1904, Louis Aubert écrit son premier opéra, la Forêt bleue, où il fait se côtoyer le Petit Poucet, la Belle au bois dormant et le petit Chaperon rouge. Cet opéra sera créé en 1911 à Boston.

En 1908, Maurice Ravel écrit Ma mère l’Oye un ensemble de cinq pièces pour le piano à quatre mains destiné à des enfants de ses amis. Les deux premières pièces de cet ensemble sont « Pavane de la Belle au bois dormant » et « le petit Poucet ». Les trois dernières sont tirées d’autres livres de contes.

Ravel Ma Mère l'Oye Petit PoucetCliquez sur toutes les mains

Retrouvez ici d’autres opéras pour enfants.

Et si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici, vous avez le droit de cliquer sur le cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus si vous avez eu le courage d’arriver jusqu’ici

(P.S. comme pour le compositeur Arnoldo POIVRIERI, j’ai fait appel pour le portait de Perrault à un jeune artiste qui peut réaliser vos portraits, ceux des gens que vous aimez, vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co )

Compositrices, Divers

LE REQUIEM DE FAURÉ (1888 – 1893)

Je vous l’annonçais dans mon billet sur Gabriel FAURÉ, son Requiem est une de mes œuvres préférées, et c’est probablement celle que j’ai le plus chantée en concert.

En opposition aux deux autres grands Requiems du XIXe siècle, ceux de BERLIOZ et de VERDI qui avaient perdu tout sens religieux, Fauré a voulu revenir a une forme plus retenue et plus intime. La structure de son Requiem est donc plus légère, et ne comporte que sept parties :

I – Introït et Kyrie

II – Offertoire (Offertorium)

III – Sanctus

IV – Pie Jesu

V – Agnus Dei et Lux Aeterna

VI – Libera me

VII – In Paradisum.

On n’y trouve donc pas ce morceau de bravoure obligé qu’est le Dies Irae (Jour de colère).

Lully Dies IraeCliquez sur le Dies Irae de Lully

La première ébauche date de 1877 avec le Libera me, une œuvre écrite pour baryton et orgue. En 1887, Fauré à l’idée d’écrire une messe des morts (un requiem, donc)

La première exécution date du début 1888 en l’église de La Madeleine, à Paris, sans l’Offertorium ni le Libera Me, et avec un effectif orchestral relativement réduit, pas de cordes sauf un violon solo. Les deux derniers morceaux sont achevés rapidement, et dès 1893, c’est avec cette structure qu’est donné le Requiem, toujours à La Madeleine. C’est la version de 1893, dite pour orchestre de chambre.

Ensuite, Fauré confia à son élève Roger DUCASSE le soin d’écrire une réduction pour piano (celle que les choristes ont le plus souvent en main quand ils le chantent), mais Ducasse ira plus loin en fournissant aussi une version pour orchestre complet. C’est cette version de 1900 – 1901 qui deviendra vite populaire et sera jouée un peu partout dans le monde.

Il faudra attendre environ un siècle pour que les musicologues retrouvent les versions originales à la BNF et établissent une version critique de la partition. J’ai eu la chance de la travailler sous la direction de Jean-Michel NECTOUX, un des musicologues qui a réalisé cette édition critique (et par ailleurs auteur d’un livre, Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, paru chez Flammarion en 1990 et tout à fait remarquable).

Et donc pour moi, le Requiem de Fauré, c’est :

La première œuvre que j’ai chantée, au cours d’un stage dirigé par Michel PIQUEMAL en 1986. Nous l’avions donné à l’époque notamment à Pamiers, ville natale de Fauré.

Je l’ai également travaillée plusieurs fois avec l’ensemble vocal Intermezzo, dirigé par Claire MARCHAND, et donnée à La Madeleine, mais aussi aux Invalides et dans différentes autres églises de Paris ou de la région parisienne.

C’est enfin, une œuvre travaillée avec Jean-Michel NECTOUX, et donnée dans sa version de chambre dans les salons de l’hôtel particulier du prince de Polignac, dans le XVIe arrondissement parisien.

Bref, que des souvenirs extraordinaires !

Mais assez parlé de moi, revenons à la musique.

I – « Introït » : Requiem aeternam…

Fauré Requiem IntroïtCliquez sur le chœur

II – « Offertorium »

Fauré requiem OffertoriumCliquez sur le disque

III – « Sanctus »

Fauré Requiem Sanctuscliquez sur l’image

IV – « Pie Jesu » (pour la soprano)

Fauré Requiem Pie JesuCliquez sur la soprano

V – « Agnus Dei » & « Lux Aeterna »

Fauré Requiem Agnus DeiCliquez sur l’image

VI – « Libera me » (pour le baryton et le chœur). Attention, écoutez bien de 1 mn 57 s à 2 mn 50 s, vous avez les seules 17 mesures « forte » de la partition.

Fauré Requiem Libera meCliquez sur le baryton et la cheffe

VII – Le séraphique « In Paradisum » (pour les sopranos, ou de jeunes garçons) avec léger accompagnement du chœur.

Fauré Requiem In ParadisumCliquez sur l’image

Voilà, normalement après ce morceau, il n’y a plus de place que pour le silence, mais comme aujourd’hui, le printemps est revenu (il revient toujours le printemps), je vous propose un petit cadeau bonus.

Point d'interrogationCliquez sur le cadeau bonus

Agenda Ironique, Compositrices, littérature, Mes opéras préférés, Théâtre

LES MAMELLES DE TIRÉSIAS, D’APOLLINAIRE (1917)

Cet article s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Ironique de mars 2021, hébergé par Joséphine LANESEM sur son blog « Nervures et entailles« . Le thème en est : « Nous sommes le courage l’une de l’autre« . Quelques règles stylistiques : une ou plusieurs amphores anaphores, et quelques chiasmes; et glisser « Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie » serait bien vu ».

Les Mamelles de Tirésias est un drame surréaliste de Guillaume APOLLINAIRE qui date de ses jeunes années (en 1903, Guillaume avait 23 ans) et achevé en 1916. La première représentation a eu lieu en 1917, et c’est pour cette œuvre qu’il a inventé le mot surréaliste, terme qui sera emprunté plus tard par André BRETON et sa bande.

Dans le domaine de la musique, on connaît (ou pas) l’adaptation musicale faite par Francis POULENC, mais on ignore assez généralement que la création de 1917 s’est faite avec une musique de scène de Germaine ALBERT-BIROT. Germaine Albert-Birot (1877 – 1931), née Germaine Reynaud d’Arc de Surville, fait partie de ces compositrices totalement méconnues, que l’on confond souvent avec son mari. Elle semble n’exister sur le net que dans les articles consacrés à Pierre Albert-Birot, et ne figure pas (encore) dans CLARA, le répertoire des compositrices.

Albert-Birot les Mamelles de Tirésias

Le pitch : Thérèse, refusant le rôle de procréatrice que lui assignent les hommes, se métamorphose en homme et prend le nom de Tirésias (du nom de Tirésias, dont Ovide nous relate les aventures dans le livre 3 de ses Métamorphoses [cf. ci-dessous]). Dès lors, c’est un homme, le mari de Thérèse/Tirésias, qui portera les enfants. On assiste donc à un entrelacement femme/homme – homme/femme, où les maris/femmes femmes/maris ne sont pas le courage l’une de l’autre (sauf à la fin 😉).

(On dit que Jupiter prétendait que les femmes connaissaient plus de jouissance que les hommes durant l’amour, et Junon prétendait le contraire. Ils ont fait appel au devin Tirésias qui, ayant été transformé en femme pendant sept ans, était seul à même de répondre à cette question. Tirésias ayant pris le parti de Jupiter, Junon furieuse le rendit aveugle, mais Jupiter amoindrit la peine en lui accordant le don de connaître l’avenir.)

Ce thème « Faites des enfants » qui revient tout au long de la pièce est une véritable anaphore, puisqu’on pourrait la résumer ainsi, du prologue : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère », au final : « Écoutez, ô Français les leçons de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère, cher public faites des enfants ».

Francis Poulenc a assisté à la création de 1917, et est resté très fidèle à la pièce dans son adaptation. L’idée de prendre les Mamelles de Tirésias comme sujet de son premier opéra lui vient dès 1938. Il achève sa partition en 1945, mais l’œuvre ne sera créée qu’en 1947, le temps pour Poulenc de trouver la chanteuse idéale (Denise DUVAL). Les Mamelles de Poulenc étaient une de ses œuvres favorites.


Prologue : Le directeur du théâtre annonce le sujet de l’opéra : le problème de la dépopulation. « Écoutez, ô Français, la leçon de la guerre, et faites des enfants, vous qui n’en faisiez guère. »

Poulenc Les Mamelles de Tirésias PrologueCliquez sur le prologue

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Pardonnez moi cher publicCliquez sur le prologue et le début du 1er acte

Acte I : L’action se passe dans un Zanzibar d’opérette. Thérèse, une féministe, refuse le rôle de procréatrice que veulent lui imposer les hommes, et réclame de pouvoir être, soldat, artiste, députée, sénatrice, ministre, et même directrice de la chose publique (en latin, la Res Publica).

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Non monsieur mon mariCliquez sur Francis Poulenc et Denise Duval

Elle se transforme en homme en faisant exploser ses mamelles. À son mari qui arrive, elle annonce qu’elle n’est plus sa femme et qu’elle a masculinisé son nom en Tirésias. Le Mari apparaît « habillé en femme et les mains ligotées. » Il se fait courtiser par le Gendarme à qui il/elle plaît bien. Dès lors, il ôte ses vêtements de femme et annonce que puisque la femme ne veut plus faire d’enfants, il les fera tout seul !

Entr’acte : Les choristes : « Voyez l’impondérable ardeur naître du changement de sexes », alors qu’un chœur de nouveau-nés se fait entendre à l’orchestre.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias EntracteCliquez sur l’entracte

Acte II : Le même jour, au même endroit. La scène est encombrée de berceaux et le Mari est fier de sa nombreuse progéniture (40049 enfants). Un Journaliste parisien vient l’interviewer pour connaître son secret, mais il se fait chasser. Le Mari veut faire d’un des fils un journaliste, mais vite celui-ci veut le faire chanter pour avoir un peu d’argent de poche.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

Le Gendarme survient et lui reproche d’affamer la population de Zanzibar avec ses 40049 enfants. Le Mari conseille alors d’acheter des cartes de rationnement chez la Cartomancienne. Celle-ci arrive et glorifie la procréation, la véritable source de richesses. Le Gendarme veut l’arrêter, mais elle l’étrangle. Le Mari reconnaît sa femme Thérèse sous les voiles de la Cartomancienne et ils retombent amoureux l’un de l’autre, tandis que le Gendarme ressuscite.

Poulenc Les Mamelles de Tirésias FinalCliquez sur le final

Retrouvez ma participation à l’A.I. d’avril ici : Cause toujours, tu m’intéresses.