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CARNAVAL

Voici venu le temps des carnavals. Le carnaval est une fête liée au Mardi gras, qui précède le carême. À cette occasion, le peuple sort dans la rue, se déguise, défile et chante. Il y en a de très connus, comme ceux de Nice, de Venise, de Rio ou de Dunkerque. Voyons ce que nous en dit le Dictionnaire de la musique en France au XVIIe et XVIIIe siècles. « Le carnaval est un genre lyrique prenant pour thème les fêtes liées au Mardi gras… Il correspond, avec l’opéra ballet au changement de goût survenu dans l’opéra, notamment à la désaffection croissante du roi pour le théâtre lyrique ».

Je vais vous proposer ici quelques carnavals musicaux (ou peut-être faut-il dire quelques carnavaux musicals).

En 1675, Lully écrit, avec l’aide de Molière et de Quinault, le ballet-mascarade le Carnaval.

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En 1699, c’est Campra qui nous offre son Carnaval de Venise, une œuvre très originale qui mélange le français et l’italien.

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En 1834, Robert Schumann écrit son premier Carnaval, opus 9.

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Il retournera au carnaval en 1839, avec son Carnaval de Vienne.

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En 1836, Louise Bertin fait s’ouvrir son opéra la Esmeralda, écrit sur un livret de Victor Hugo, sur le jour des fous (une autre forme du carnaval).

Quelques années plus tard, en 1844, Berlioz incorporera son Carnaval romain dans l’opéra Benvenuto Cellini.

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En 1853, c’est Verdi qui nous fait entendre le carnaval par les fenêtres de la chambre où Violetta se meurt, dans la Traviata.

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Enfin, en 1886, Saint-Saëns compose son fameux Carnaval des animaux.

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littérature, Oulipo, Poésie

« RÉCEPTION D’ORION », de René Char

Après Démons et merveilles, de Jacques Prévert, le poème « mis en musique » de ce mois est Réception d’Orion, de René Char. Ce poème est paru en 1975.

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Réception d’Orion

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Qui cherchez-vous brunes abeilles

Dans la lavande qui s’éveille ?

Passe votre roi serviteur.

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Il est aveugle et s’éparpille.

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Chasseur il fuit

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Les fleurs qui le poursuivent.

Il tend son arc et chaque bête brille.

Haute est sa nuit ; flêches risquez vos chances.

Cliquez sur Guillaume Tell

Un météore humain a la terre pour miel.

Citations musicales :

Réception d’Orion : Kaija Saariaho Orion.

Votre roi serviteur : Wagner Parsifal « Amfortas ! Die Wunde ! ».

Il est aveugle : Stravinsky Œdipus Rex.

Chasseur il fuit : Marc-Antoine Charpentier Actéon.

Flêches risquez vos chances : Rossini Guillaume Tell.

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Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez encore un peu plus
Cinéma, Divers, Mythologie

LES OPÉRAS PEPLUMS

À l’occasion de la production de Polifemo de Porpora à l’opéra de Lille, le metteur en scène avait transposé l’action dans le monde du cinéma hollywoodien des années 50, lors du tournage d’un peplum. Mais qu’est-ce qu’un peplum ? À l’origine, dans l’antiquité grecque, le peplum était une espèce de toge qui s’agrafait à l’épaule.

Depuis le XXe siècle, un autre sens du mot peplum est apparu pour désigner des films à grand spectacle s’inspirant de l’antiquité, et pour lesquels les acteurs portaient des peplums.

Je vous propose ici une petite sélection d’opéras peplums :

Sans grande surprise, le XVIIIe siècle regorge d’opéras de cette catégorie. Ainsi en 1723, Haendel écrit Jules César en Égypte.

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En 1734, c’est son contemporain Vivaldi qui écrit cette amusante Olimpiade.

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Parmi les héros ayant inspiré un grand nombre de peplums figure Hercule. On le trouve aussi au générique de bon nombre d’opéras, dont le Hercules (1744) de Haendel.

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Une génération plus tard, c’est Gluck qui s’affrontera à l’antiquité, avec par exemple son Iphigénie en Tauride (1779).

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Faisons encore un bond d’une génération pour retrouver Méhul et sa Légende de Joseph en Égypte (1807).

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Au siècle suivant, Verdi sacrifiera par deux fois au peplum. Une première fois avec Nabucco (1841).

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Une seconde fois trente ans plus tard avec Aïda, créé en 1872.

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Entre ces deux dates, Offenbach a frappé, pour notre plus grand bonheur avec une relecture de la figure mythologique d’Orphée dans Orphée aux enfers (1858).

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Et une seconde fois avec sa Belle Hélène en 1864.

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Saint-Saëns, lui, nous propose Samson et Dalila (1877).

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Au XXe siècle, on trouve encore des opéras peplums avec par exemple l’Œdipe d’Enesco.

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Ou Britten et son Viol de Lucrèce.

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Histoire de l'opéra

LE GOF (LE GRAND OPÉRA À LA FRANÇAISE)

Je vous ai souvent parlé du GOF, le Grand Opéra à la Française, mais qu’est-ce donc que ce genre musical ?

Dans les années 1820-1830, Paris est devenu la capitale européenne de la musique, et on y rencontre les grands virtuoses, tels que Liszt ou Paganini.

C’est ainsi qu’après Rossini qui s’était installé à Paris, deux autres Italiens, Donizetti et Bellini, viennent se faire adouber dans la capitale française et y terminer leur carrière, pourtant brillamment commencée en Italie. Berlioz représente à lui seul la musique romantique française.

Devant cette concentration parisienne de compositeurs, on assiste alors à la création d’un nouveau genre, le Grand Opéra à la française, sous l’impulsion de l’Italien Cherubini (1760–1842), de l’Allemand Meyerbeer (1791–1864) ou du Français Auber (1782–1871). Ce genre est caractérisé par un drame bâti sur une trame historique ou biblique, avec des décors somptueux et un grand ballet. Avec les chœurs et les danseurs, il pouvait y avoir plusieurs centaines de personnes sur la scène !

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En 1828, l’Opéra de Paris confie à Auber la composition d’un opéra en cinq actes. Ce sera la Muette de Portici, un triomphe qui fondera les bases du nouveau genre.

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À la même époque, Meyerbeer entame une collaboration avec Eugène Scribe, un des plus fameux librettistes de son temps. Cette collaboration débute par Robert le Diable, créé en 1831 à l’Opéra de Paris, et qui est un véritable triomphe. Avec ces deux œuvres, le GOF est bien parti, et il faudra à tout compositeur qui se respecte un grand opéra.

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Eugène Scribe semble être la cheville ouvrière du GOF, puisqu’il signera pour Meyerbeer, outre Robert le Diable, Les Huguenots et Le Prophète, et pour Auber trente-sept livrets d’opéra, presque tous des succès.

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Même Wagner et Verdi devront écrire pour l’Opéra de Paris. L’exercice n’a pas trop réussi à Wagner, puisque dans sa reprise de Tannhäuser pour l’Opéra de Paris, on lui a demandé de rajouter un ballet, qui n’avait évidemment rien à faire dans l’histoire imaginée par Wagner. Il s’est exécuté en plaçant ce ballet au début du 1er acte, mais ce qu’il ne savait pas, c’est que les tout puissants membres du Jockey Club qui avaient leurs petites amies dans le corps de ballet avaient l’habitude d’aller souper avant le spectacle, et de n’arriver qu’après le 1er acte. Le soir de la première, vexés d’avoir raté l’apparition des danseuses, ils ont organisé la chute de l’œuvre.

Cliquez sur la scène de ballet rajoutée

Pour Verdi, c’est l’incontournable Scribe qui lui écrira le livret des Vêpres siciliennes (1855). Verdi reviendra à Paris avec Don Carlos (1867), et le semi-échec de cette œuvre marquera peu ou prou la fin du GoF.

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Agenda Ironique

UNE HISTOIRE DE CRÊPES

Ce mois-ci, c’est Isabelle-Marie qui s’occupe de l’Agenda Ironique. Et que nous demande-t-elle, Isabelle-Marie ? Eh bien, c’est esspliqué ici :

Tu n’as pas vu l’heure passer, tu n’as rien entendu, bref, peu importe comment c’est arrivé, mais tu t’es laissé enfermer dans un magasin, peu importe lequel, je te laisse le choix.

Comment vas-tu t’en sortir ? Sachant que l’alarme ne se met pas en route ou du moins, tu n’arrives pas à la déclencher. Tu vas devoir chanter, danser, faire du bruit et surtout, tu dois absolument être sortie pour faire des crêpes car, mois de février oblige, c’est la Chandeleur.

Mais… tu n’es pas seul(e) dans le magasin. Ce ne serait pas moi si je ne te rajoutais pas des lutins, des fées, des gnomes, des gentils ou des méchants, je te laisse le choix.

N’oublie pas, les lutins adorent les crêpes et ils sont très farceurs.

Consignes pour t’en sortir… peut-être…

* Chanter un air d’opéra pour tenter de déclencher l’alarme (j’attends des paroles existantes ou pas),

* Glisser l’expression Appuyer sur le champignon,

* Quelques mots à ajouter : bigre, diantre, mugueter et babillard.

Et pour finir, ta recette de crêpes, existante ou pas 😁.

Bigre, je ne sais pas comment je m’y suis pris, mais toujours est-il que je me suis trouvé enfermé dans ce magasin où j’étais entré pour choisir mon futur cercueil. J’ai beau appeler, secouer la porte, chanter à tue-tête la Danse macabre de Saint-Saëns pour déclencher l’alarme, rien n’y fait, nulle alarme ne se déclenche et personne ne vient.

Cliquez sur la danse macabre

Personne ? Vraiment ? Mais qui sont ces petits êtres qui soudain m’entourent ? Diantre, je les reconnais, ce sont les sept nains de Blanche-Neige qui sont venus chercher du crêpe pour mettre à leurs bonnets, après la mort de leur charmante invitée.

Coquets comme ils sont, ils veulent vite que je leur fasse des galettes de crêpes pour se couvrir le chef. S’il est trop tard pour mugueter auprès de Blanche-Neige, ils tiennent quand même à être présentables pour se recueillir auprès de son cercueil. C’est le plus babillard d’entre eux, Bavard, qui s’adresse à moi. Dis, monsieur, dessine nous un modèle de bonnet à crêpe ! Prof, lui, se transforme vite en ordonnateur de pompes funèbres : pour la musique, je veux la Marche funèbre de Chopin.

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Gourmand, lui, veut à tout prix connaître la recette du crêpe. C’est assez simple, pour réussir ce tissu à fils torsadés, il faut de la farine et lier la farine avec des zœufs et du lait.

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Après, il faut bien mélanger et laisser reposer deux heures. À ces mots dormeur se prend pour la belle au bois dormant et s’endort aussitôt pour une petite sieste de cent ans.

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Si vous voulez des crêpes salées, encore appelées galettes, vous pouvez les faire cuire avec du jambon, en appuyant sur le champignon que vous aurez au préalable émincé. Si vous voulez des crêpes sucrées, il existe plusieurs accompagnements. Un de mes préférés est le fameux carasel au beurre malais (la difficulté étant de trouver du beurre malais frais.)

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Et si vous voulez un bonus surprise mystère, vous pouvez cliquer sur l’image cidsous.

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L’ÉCHELLE DE SOIE, de ROSSINI (1812)

L’Échelle de soie (La Scala di seta) est une farsa comica (une farce comique), soit un opéra en un acte, de Rossini, créé le 9 mai 1812 à Venise.

Le pitch : Le mariage secret de Giulia et Dorvil va à l’encontre des souhaits de Dormont, le tuteur de Giulia qui voudrait la marier au riche Blansac. Lucilla, la cousine de Giulia, est amoureuse de Blansac, qui est l’ami de Dorvil. Après différents quiproquos, Dormont se résout à marier Blansac non pas avec Giulia, mais avec Lucilla.

Acte I : Sinfonia d’ouverture.

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Giulia est importunée par les avances du valet Germano, qui est amoureux d’elle, et par sa cousine trop curieuse Lucilla (Trio : « Va’ sciocco non seccami »). Elle les chasse et ouvre la porte à son mari Dorvil, lui demandant de venir la rejoindre de nuit grâce à une échelle de soie.

Dormont, son tuteur, entre et lui dit qu’il veut la marier à Blansac, un riche ami de Dorvil. Giulia sait que sa cousine est amoureuse de Blansac et veut en jouer. Elle appelle Germano et le flatte pour lui demander de favoriser l’amour de Lucilla et Blansac (Duo : « Io so ch’hai buon core ».)

Cliquez sur Giulia et Germano

Blansac arrive et présente son ami Dorvil au tuteur. Restés seuls entre amis, Dorvil cherche à dissuader Blansac de ce mariage, lui disant que Giulia ne l’aime pas. Blansac se sent offensé, et demande à Dorvil de lui servir de témoin à son mariage. (Air de Dorvil : « Vedrò qual sommo incanto »).

Cliquez sur Dorvil

Giulia et Dorvil sont présentés, alors que le valet (à la demande de Giulia) et Dorvil (à la demande de Blansac) écoutent en cachette. Giulia reproche à Blansac d’être frivole, mais celui-ci lui jure que c’est du passé, et qu’il l’aimera pour toujours (Quatuor : « Sì che unito a cara sposa ».)

Blansac fait la cour à Lucilla qui n’en attendait pas tant. Elle répond favorablement à cette cour (Air : « Sento talor ».)

Le soir tombe et Germano s’apprête à fermer la maison pour la nuit. Giulia se languit de son mari dorvil, et attend impatiemment son rendez-vous de minuit. Elle s’apitoie un peu sur le sort de Blansac et l’indiscret Germano croit que c’est avec celui-ci qu’elle a rendez-vous. Giulia a peur des réactions de son tuteur. (Récitatif et air : « Ma se mai… Il mio ben sospiro ».)

Cliquez sur Giulia

Germano est fier d’avoir tout compris, mais il se rend aussi compte à quel point son amour pour Giulia était vain. Il s’endort, mais dans son sommeil apprend à Blansac que Giulia lui a donné rendez-vous à minuit. Puis il apprend la même nouvelle à Lucilla, provoquant sa jalousie. (Air de Germano : Amore dolcemente ».)

Cliquez sur Germano

Minuit arrive. Germano sa cache sous la table pour assister au fameux rendez-vous. Giulia sort son échelle de soie, et Dorvil apparaît. Mais la rencontre des deux amoureux est interrompue par des coups frappés à la porte. C’est Blansac, qui croit que Giulia l’attend. Elle le fait entrer et on comprend vite que c’est la maladresse de Germano qui l’a fait venir. Lucilla arrive à son tour, puis Dormont. Quand Dormont veut précipiter le mariage entre Giulia et Blansac, celle-ci est obligée de lui révéler qu’elle est déjà mariée à Dorvil. Dormont comprend qu’il est inutile de crier, et finalement on décide le mariage entre Blansac et Lucilla. (Final (quatuor) : « Dorme ognuno in queste soglie »

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(Source principale : la production de de la télévision suisse italienne (1983) et le DVD associé de 2006 (Opus Arte.)

Divers, Histoire de l'opéra

JAZZ ET OPÉRA

Apparu aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, par la rencontre entre la musique occidentale et les musiques africaines, le jazz n’a pas tardé à interagir avec le monde de la musique dite classique.

Dès 1911, Scott JOPLIN (1868-1917), aujourd’hui connu pour l’utilisation de ses ragtimes dans le film L’arnaque (The Sting), écrit Treemonisha, qui est probablement le premier opéra « Jazz », et aussi le premier opéra écrit par un noir pour les noirs. Le ragtime est une déformation de la musique de salon pour piano, qui y introduit les syncopes caractéristiques du jazz.

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En 1917, Stravinsky sera inspiré par la jazz, avec son Ragtime pour onze instruments.

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Il sera suivi de peu par Ravel, qui intégrera à L’Enfant et les sortilèges des composantes du jazz, ou encore dans le blues de sa Sonate pour piano et violon.

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En 1934, Chostakovitch compose sa Suite pour orchestre de jazz n° 1. Peut-être en reconnaîtrez-vous la valse.

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L’opéra « Jazz » le plus connu est certainement Porgy and Bess (1935) de Gershwin. L’air « Summertime » en est devenu un standard, ainsi que I got plenty o’ nutin’.

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Léonard Bernstein, qui a exploré à peu près toutes les ressources musicales de son époque, a bien évidemment intégré du jazz à ses musiques, comme ici dans l’ouverture de Trouble in Tahiti (1951).

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Elle voulait qu'on l'appelle..., Grandes villes, Histoire de l'opéra

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE NAPLES…

… comme ne l’a pas chanté Julien Clerc !

J’ai eu l’idée de cet article en assistant à un concert de Cristina Pluhar et son ensemble l’Arpeggiata, dont le titre était « Alla napoletana », concert composé d’airs savants et d’airs traditionnels, notamment de tarentelles, ces danses qui étaient censées guérir les morsures de tarentules.

Ce concert s’ouvrait par l’air anonyme « Homo fugit velut umbra ».

Cliquez sur Marco Beasley

Il comportait aussi quelques tarentelles.

Cliquez sur la tarentelle

Naples est la troisième ville italienne, après Rome et Milan. Elle occupe une place importante dans l’histoire musicale.

À la création de l’opéra, au début du XVIIe siècle, ce genre a connu rapidement un grand succès, et dès le milieu du siècle, des foyers d’opéra s’ouvrent à Venise, à Rome, à Naples ou à Milan.

Vers la fin du XVIIe siècle, Naples va devenir le foyer de l’opéra italien, avec la création de l’opera seria (opéra sérieux) dont le principal représentant est Alessandro Scarlatti (1659-1725).

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À Naples, qui est la patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des opéras des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes ont fini par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).

Nicola Porpora naît le 10 août 1686 à Naples. Fils d’un libraire, Nicola suit ses études musicales au conservatoire de Naples. Il commence sa carrière de compositeur avec l’opéra Basilio re di Oriente.

En 1706, Haendel part en Italie, patrie de l’opéra, où il triomphe à Florence, Naples, Rome et Venise. Après ses classes en Italie, il rentre en Allemagne avant de partir achever sa carrière en Angleterre où il écrira des opéras en italien.

La Servante maîtresse (la Serva padrona) est un intermezzo de Pergolèse datant de 1733. Un intermezzo, ou intermède, est une petite pièce qui était jouée à Naples pendant l’entracte d’un opéra sérieux (opera seria). C’est la reprise à Paris en 1752 qui a déclenché la querelle des Bouffons.

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Au XVIIIe siècle, des compositeurs comme Leonardo Leo ou son élève Piccinni donnent à Naples une série d’opéra seria. En 1737, Leo écrit l’Olimpiade (1737) sur un livret de Métastase.

Cosi fan tutte de Mozart se passe à Naples.

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La tradition opératique se poursuit au XIXe siècle. Ainsi, de 1815 à 1822, Rossini dirige le théâtre royal de Naples, tout en continuant à alimenter les scènes de Rome ou de Milan. C’est pour Naples qu’il écrit la Dame du Lac (La Donna del Lago) d’après le roman du même nom de Walter Scott en 1819.

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Vincenzo Bellini suit ses études au Conservatoire de Naples. Il commence sa carrière en écrivant de la musique religieuse, mais aussi une dizaine de symphonies aujourd’hui bien oubliées. C’est dans le domaine de l’opéra qu’il se distingue avec, en 1826, la création de son opéra Bianca e Fernando, une commande du Théâtre San Carlo de Naples.

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En 1834, Donizetti est nommé professeur au conservatoire de Naples, où il donne Marie Stuart (1834) d’après Schiller et Lucia di Lammermoor (1835) d’après Walter Scott. Dès les répétitions, la censure très active à cette époque à Naples demande des modifications, et la pièce est interdite dès le lendemain de la générale par le roi de Naples. En 1835, Donizetti réussit à la faire jouer à la Scala de Milan, mais son opéra est à nouveau interdit début 1836.

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Compositeurs

Carlo GOZZI (1720-1806)

Issu d’une vieille famille vénitienne, Carlo Gozzi naît à Venise le 13 décembre 1720.

Très jeune, il s’adonne à sa passion, l’écriture. À 21 ans, Carlo s’engage dans l’armée pour servir en Dalmatie. Au bout de trois ans, il revient à Venise mais la mort de son père déchaîne la cupidité de ses sœurs qui se battent pour les miettes de l’héritage familial. Sa misanthropie empire et Carlo quitte la demeure ancestrale.

Dès lors, il n’aura de cesse de se battre pour contrer son grand rival vénitien, Carlo Goldoni, et l’influence du drame à la française sur le théâtre italien. Il rejoint l’académie des Granelleschi, une société littéraire qui voulait restaurer le classicisme face aux extravagances du baroque.

En 1757, Gozzi commence une série de pamphlets dirigés notamment contre Goldoni. Trouvant que celui-ci ne servait que des contes pour enfants au public de Venise, il écrit en 1761 L’Amore delle tre melarance (L’Amour des trois oranges), où il met en scène les personnages de la commedia dell’arte. Devant le succès de cette comédie, il écrit Il Corvo (Le Corbeau).

L’amour des trois oranges sera porté à l’opéra par Prokofiev en 1919.

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Le Corbeau a fait l’objet en 1832 d’un opéra par Hartmann sous le titre Ravnen.

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En 1762, Carlo Gozzi écrit La Donna serpente (La Femme serpent), Il Re cervo (Le Roi Cerf) et Turandot, d’après un vieux conte asiatique, et en 1765 L’Augellin Belverdes (L’Oiselet Beauvert), dirigé contre la philosophie des Lumières.

La Femme serpent a servi de sujet à Wagner pour son premier opéra, Les Fées.

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Alfredo Casella s’est servi de cette même pièce pour son opéra La Donna serpente (1932).

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Le Roi Cerf a fait l’objet d’une adaptation à l’opéra par Henze en 1956 sous le titre König Hirsch.

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Quant à Turandot, cette pièce a été adaptée à l’opéra par Busoni en 1917

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mais la version la plus connue est celle de Puccini.

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Après une dernière fable Zeim, re dei geni (Zeim, le roi des génies), Gozzi se tourne vers des pièces plus populaires, dont la plupart ne connaissent pas le succès.

En 1780, il écrit ses Memorie inutili pubblicate per umiltà (Mémoires inutiles publiés par humilité).

Carlo Gozzi meurt à Venise le 4 avril 1806, à l’âge de 85 ans.

Compositrices

ALMA MAHLER (1879-1964)

Alma Schindler naît à Vienne le 31 août 1879.

Fille d’un peintre et d’une cantatrice, Alma grandit dans le milieu artistique viennois de la fin du XIXe siècle. Tout naturellement, elle suit des études artistiques, devenant amie du peintre Gustav Klimt, qui fait d’elle plusieurs portraits.

Dans un autre domaine, elle étudie la musique auprès d’Alexandre von Zemlinsky, qui tombe amoureux d’elle. Alma ne veut pas de cet amour, ce qui marquera Alexandre. On trouve probablement une trace de cet amour malheureux dans son opéra Le Nain (Der Zwerg), où le héros est nain difforme offert à une princesse pour son anniversaire (Zemlinsky était petit et laid). La princesse joue avec son cadeau en lui faisant croire qu’elle l’aime puis, quand elle en a assez de son jouet, le rejette en lui dévoilant sa difformité, ce qui lui brise le cœur.

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En 1902, Alma Mahler se marie avec le compositeur et chef d’orchestre Gustav Mahler, qui spécifie par contrat que par ce mariage, Alma doit renoncer à la composition. Elle se résout donc à devenir une bonne maîtresse de maison au service de son seigneur et maître, mais l’ennui de cette vie bien rangée la prend vite. Le couple aura deux filles, Marie et Anna. Marie meurt à l’âge de 5 ans. Alma entretient une liaison avec l’architecte Walter Gropius, ce qui perturbe Gustav, qui en parle avec son ami Siegmund Freud. C’est peut-être ce dernier qui lui suggère de laisser un peu de liberté créatrice à sa femme. Gustav l’encourage dès lors à composer et fait paraître un premier recueil de ses lieder en 1910.

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Après la mort de Gustav en 1911, Alma entretient une liaison avec le peintre Oscar Kokoshka, qui fait plusieurs portraits d’elle.

En 1915, Alma se marie avec Walter Gropius. Elle fait paraître un second recueil de lieder.

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En 1916, le couple a une petite fille, Manon. En 1924, Alma fait paraître un troisième recueil de lieder.

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En 1934, Manon meurt de la poliomyélite à l’âge de 18 ans. C’est en souvenir de Manon qu’Alban Berg écrira son Concerto à la mémoire d’un ange. Le couple divorce à la fin de la Première Guerre mondiale et Alma se remarie avec l’écrivain Franz Werfel en 1929.

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Comme beaucoup d’autres, le couple doit fuir l’Europe à la fin des années 1930, et c’est à New York qu’Alma meurt le 11 décembre 1964, à l’âge de 85 ans.

(Source principale : l’Encyclopedia Universalis.)

Retrouvez ici la vie d’Alma Mahler par La Boîte à pépites.

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