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Mes opéras préférés, vérisme

FRANCESCA DA RIMINI, de ZANDONAÏ (1914)

L’opéra Francesca da Rimini, de Riccardo Zandonaï, a été créé le 19 février 1914 à Turin. Le livret est une adaptation d’une pièce de Gabrielle d’Annunzio, qui lui-même avait emprunté le thème à Dante Alighieri. Stylistiquement, il se raccroche au vérisme.

Dans le cinquième chant de l’Enfer de la Divine comédie, comme Dante arrive au second cercle (celui de la luxure), il nous raconte l’histoire de Francesca da Rimini, la fille d’un seigneur de Ravenne mariée à Jean le Boiteux, un jeune homme valeureux mais difforme. Très vite, Francesca se mit à tromper son mari avec le frère de celui-ci, Paul le Beau. Surpris ensemble, ils furent assassinés par Jean.

Suivant la classification de Georges Bernard Shaw, nous avons là un très classique (S+T/B+B), où une soprano et un ténor s’aiment, avec leur amour contrarié par une basse et un baryton.

Le pitch : Paolo Malatesta aime la femme de son frère Giovanni. Le petit frère Malatestino aussi, mais il s’arrange pour que Giovanni tue les deux amants.

Premier acte : À Ravenne, à la cour du château des Polentani, vers mai 1284. Les servantes taquinent le bouffon Simonetto pour qu’il chante pour elles.

Le bouffon évoque la légende de Tristan et Iseult, mais il est interrompu par l’arrivée d’Ostasio, qui pense que Simonetto fait partie de la suite du chevalier Paolo. Le bouffon nie et sort.

Ser Toldo, un avocat, s’étonne que ce bouffon fasse partie de la suite de Paolo. Giovanni, le frère de Paolo, est fiancé pour des raisons politiques à Francesca, la sœur d’Ostasio. Ser Toldo pense que Francesca ne voudra pas du brutal (et boiteux) Giovanni et il conseille à Ostasio de la présenter à son frère Paolo.

Francesca et sa sœur se font leurs adieux en attendant l’arrivée du fiancé (Air : Francesca, dove andrai ? »). Les servantes invitent Francesca à venir voir le beau jeune homme qui passe, mais sous le coup de l’émotion, Francesca se met à pleurer. Elle demande à sa sœur de la reconduire à sa chambre, mais Paolo entre sur ces faits.

Francesca pense que Paolo est le mari qu’on lui destine, et en tombe immédiatement amoureuse. Elle offre une rose à Paolo qui l’accepte et tombe amoureux à son tour. (Chœur : « Per la terra di maggio »).

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Deuxième acte : À Rimini, en décembre et à l’intérieur du château des Malatesta, au moment d’une pause dans la lutte entre les guelfes et les gibelins.

Francesca attend le retour de son mari Giovanni. Paolo entre et Francesca lui reproche la supercherie de leur première rencontre. Paolo reconnaît sa honte et déclare qu’il n’a qu’à mourir, ce qu’il veut faire au combat.

Alors que la bataille reprend, Paolo donne son casque à Francesca pour la protéger. Elle s’approche du parapet quand une flèche frôle Paolo. Il rassure Francesca, il n’a pas été touché. Giovanni arrive, porteur d’une bonne nouvelle pour Paolo, quand il s’aperçoit de la présence de sa femme. Francesca lui donne du vin, et il lui demande d’en donner aussi à son beau-frère.

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Des soldats arrivent. Ils portent l’autre frère de Giovanni, Malatestino, blessé au combat. Elle le ranime avec un peu de vin. Malatestino, qui a perdu un œil, repart au combat.

Troisième acte : Dans les appartements de Francesca, au château de Malatesta, au mois de mars.

Francesca, qui attend le retour de Paolo, lit à ses suivantes l’histoire de Lancelot et Guenièvre. Elle avoue à l’une d’elles la peur que lui inspire Malatestino. Les suivantes font venir des musiciens pour dissiper sa mélancolie, et célèbrent le printemps par des chants et des danses. Francesca demande à ses servantes de dire à Paolo de ne pas venir. (Air : « No ! Smaragdi,no ! »).

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Paolo entre, Francesca le supplie de la laisser tranquille, mais il lui rappelle son serment d’amour. Il demande à Francesca de reprendre l’histoire de Lancelot et Guenièvre, mais leur passion devient plus forte que la raison et ils s’embrassent fougueusement.

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Quatrième acte : Dans une salle du château des Malatesta, six mois plus tard.

Malatestina, qui aime Francesca, raille l’infidélité de celle-ci, qu’il a découverte, avant de descendre dans les cachots couper la tête d’un prisonnier dont les cris avaient dérangé Francesca pendant la nuit.

Giovanni arrive et trouve Francesca, bouleversée par la cruauté de Malatestina. Comme Francesca quitte les lieux, Giovanni fait entrer Malatestino portant la tête du prisonnier. Giovanni veut savoir ce qu’il a fait pour mériter l’horreur de sa femme, mais le jeune homme laisse entendre que ce pourrait être Paolo qui s’est mal conduit.

Dans la chambre de Francesca, le soir. Francesca se réveille d’un cauchemar. Ses suivantes la calment et sortent. Paolo entre et les amants se retrouvent, mais Giovanni leur a tendu un piège. Francesca essaie de protéger Paolo des coups de Giovanni, mais elle est touchée et meurt, et Giovanni tue ensuite Paolo.

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(Source principale : la production du MET de 1984, et le DVD associé)

littérature

Roland BARTHES ET LA MUSIQUE

Roland Barthes, né le 12 novembre 1915 à Cherbourg et mort le 26 mars 1980 à Paris, est un penseur français, spécialiste de la sémiologie linguistique.

Lui-même chanteur et pianiste amateur, il a, comme Jankélevitch, écrit et théorisé sur la musique, notamment celle de Schumann et Debussy.

Son premier livre, le Degré zéro de l’écriture (1953), s’impose vite dans le milieu critique littéraire et influencera les intellectuels de son époque. On y trouve par exemple, page 27 : « Par son origine biologique, le style se situe hors de l’art… On peut donc imaginer des auteurs qui préfèrent la sécurité de l’art à la solitude du style. Le type même de l’écrivain sans style, c’est Gide, tout comme Saint-Saëns a refait du Bach ou Poulenc du Schubert« .

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Ou encore, page 59 (l’écriture et le silence) : « Cet art a la structure même du suicide, le silence y est un temps poétique homogène qui coince entre deux couches et fait éclater le mot non comme le lambeau d’un cryptogramme que comme une lumière, un vide, un meurtre, une liberté (à propos de Mallarmé meurtrier du langage). Ce langage mallarméen, c’est Orphée qui ne peut sauver ce qu’il aime qu’en y renonçant, et qui se retourne tout de même un peu… »

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Dans son livre le plus connu, Mythologies (1957), Barthes se livre à une « critique idéologique portant sur le langage de masse, doublé d’un premier démontage sémiologique ».

Il y analyse un certain nombre d’objets ou de rituels porteurs de l’idéologie petite-bourgeoise. Il analyse le mythe de La Dame aux camélias, de Dumas fils, qui a été adapté à l’opéra par Verdi sous le titre La Traviata.

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Dans l’article sur la poésie de Minou Drouet, il porte ce regard sur « l’enfant prodige », où il cite Mozart, Rimbaud ou le chef d’orchestre Robert Benzi (jeune chef qui a commencé à diriger à l’âge de 11 ans).

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Dans l’art vocal bourgeois, il décrypte un enregistrement par le baryton Gérard Souzay de quelques mélodies de Gabriel Fauré, y trouvant « l’illustration d’une mythologie musicale où l’on retrouve les principaux signes de l’art bourgeois, art essentiellement signalétique, qui n’a de cesse d’imposer non l’émotion, mais les signes de l’émotion ». Barthes, qui par ailleurs souligne l’excellence du baryton, remarque que dans cet enregistrement, le texte littéraire est surarticulé, pour que l’auditeur en saisisse bien le sens premier, et que cette surarticulation se fait au détriment de la musicalité des mélodies de Fauré.

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Il prend en contre exemple des professionnels qui ont su trouver « la lettre totale du texte musical », comme Panzéra pour le chant ou Lipatti pour le piano.

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Dans S/Z (1970), une analyse de Sarazine, un texte de Balzac, le Z du titre est l’initiale de Zambinella, un castrat. On sait qu’au XVIIe siècle, à l’époque où les femmes n’avaient pas le droit de se produire sur scène, les rôles féminins étaient chantés soit par des hautes-contre, soit par des castrats. Et ces chanteurs étaient extraordinairement populaires en leur temps.

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(Sources principales :

Le Degré zéro de l’écriture, éditions du Seuil, 1953, réédition dans la collection Points.

Mythologies, éditions du seuil, 1957, rééditions dans la collection Points.)

Agenda Ironique, Fantaisie

JOURNALISTIQUE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est chez Jo Bougon. Et kèsk’elle nous demande, Jo ? De faire des exercices journalistiques sur des rubriques (à brac) données.

Je vous propose de réinventer le genre journalistique, d’écrire un recueil d’informations brèves mais en fabriquant des nouvelles complètement farfelues, les plus loufoques possibles, de façon à ce que le théorème d’Archimédia se formule dorénavant :
« Toute actualité plongée dans l’effervescence de l’Agenda Ironique de Mai en ressort siphonnée de rires ».

Les quatre chroniques imposées :

– Avis d’essais
– Mai t’es haut
– Police tic
– Spores
– Rubrique à trac

Et puis tout ce qui vous passera par la tête, en insérant, pourquoi pas, des publicités toutes aussi burlesques que leurs voisines d’édition.

Donc, en résumé, un journal loufoque, des chroniques à la noix, et tout un tas de bazars déjantés histoire de rajouter une couche de folie douce à la folie ambiante de la réalité.

Mais brèfle, c’est mieux esspliqué ici : https://jobougon.wordpress.com/2025/05/01/agenda-ironique-de-mai-2025/#like-7582

Journal (intime) : un journal intime est un ensemble d’écrits relatant les pensées ou les actions de son auteur. Exemple : le Journal d’un disparu, de Janacek. Au travers de ce presque opéra, écrit pour piano, ténor et chœur de femmes (trois), le compositeur fait état de son amour caché pour une jeune femme de 38 ans sa cadette.

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Suivant l’humeur du tenancier du journal, on peut trouver un certain nombre de rubriques, comme par exemple l’avis d’essais. Ainsi, le génial Brahms écrira à l’occasion du décès de sa mère son Requiem allemand (Ein Deutches Requiem).

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Mais Théo ! Le non moins génial Berlioz a rendu hommage à son ami Théo(phile) Gautier en mettant en musique six de ses poèmes dans les Nuits d’été.

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Police tic. Tosca, de Puccini, se passe à Rome en 1800, à l’époque de l’occupation par les troupes napoléoniennes, le très méchant Scarpia met sa police politique à son service pour faire pression sur Flora Tosca, qu’il convoite. Toute sa duplicité éclate dans un Te Deum blasphématoire.

Spores. Dans la Grèce antique, les Jeux olympiques étaient destinés à célébrer Zeus dans une compétition qui voyait s’affronter les différentes villes. Ces Jeux olympiques ont fait l’objet d’un opéra de Métastase, livret qui a été mis en musique notamment par Vivaldi, en 1734.

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Presque deux cents ans plus tard, c’est Erik Satie qui nous propose ces Sports et Divertissements.

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La Rubrique à tracs est une rubrique où l’auteur expose sa crainte d’apparaître sur scène, ou d’être lu par d’autres. Un des spécialistes de cette rubrique était le génial Marcel Gottlieb, qui latinisait parfois son nom en Marcel Amadeus Maux Arts.

Suivant les croyances, plus ou moins rationnelles, du tenancier du journal, on peut même trouver dans son journal intime une rubrique Astre au logis. Cette rubrique prétend prédire ce qui va arriver aux lecteurs en fonction de leur signe astrologique, genre : Lion, vous allez rugir de plaisir !

Cliquez sur le lion
Divers

VERDI ET LA FRANCE

Giuseppe VERDI est né le 10 octobre 1813, dans la province de Parme. Est-ce parce qu’à l’époque, cette province était sous occupation napoléonienne que les liens de Verdi et de la France sont si nombreux ? Voyons cela.

Parmi les sources littéraires où ses librettistes ont puisé leurs livrets, il y a en premier lieu Victor Hugo. Ainsi, Ernani a été écrit très peu de temps après la création d’Hernani à Pairs, en 1830.

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En 1841, Verdi écrit Nabucco, qui fait de lui le porte-parole de l’indépendantisme italien. L’argument en est adapté d’une pièce des Français Anicet-Bourgeois et Cornu.

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Et Rigoletto (1851) est une adaptation du Roi s’amuse de notre VH national.

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En 1852, Verdi est de passage à Paris, où il a l’occasion d’assister à une représentation de la Dame aux Camélias, d’Alexandre Dumas fils. Cette pièce lui inspirera La Traviata (1853).

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En 1855, Verdi reçoit une commande de l’Opéra de Paris. Ce sera les Vêpres siciliennes, sur un livret de l’incontournable Scribe. Il récidivera en 1867 avec Don Carlos, sur un livret de Méry et du Locle.

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En 1859, il adapte une autre œuvre de Scribe, Gustave III ou le bal masqué (1833) d’Auber, sous le titre Un ballo in maschera.

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Quand, en 1862, Gustave Flaubert a fini Salammbô, c’est à Verdi qu’il pense pour une adaptation de son roman à l’opéra, mais ce projet ne se fera finalement pas.

Enfin, quand l’Égypte lui commande un opéra pour l’ouverture du canal de Suez et l’inauguration de l’opéra du Caire, c’est l’égyptologue Mariette qui lui fournit le sujet de Aïda.

Enfin, dernier clin d’œil à la France, quelques mesures de la Marseillaise sont citées dans son Hymne des nations, écrit pour l’exposition universelle de Londres de 1862.

Divers, Mythologie, Sciences

ASTRONOMIE ET MUSIQUE

L’idée de cet article m’est venue en visitant récemment l’observatoire de l’Université catholique de Lille, observatoire qui vient d’être rénové et ouvert au public.

Dans la mythologie, il n’était pas rare que les héros finissent leur carrière au ciel, sous forme d’étoile ou de constellation. Et la mythologie ayant servi de sujet à de nombreux opéras, beaucoup de ces œuvres finissent en apothéose.

En 1737, Jean-Philippe Rameau met en musique le destin des frères jumeaux Castor et Pollux. À la fin de l’histoire, Jupiter, ému par le dévouement fraternel des frères jumeaux, leur réserve une place dans le ciel, où ils constituent la constellation des Gémeaux.

Cliquez sur les Gémeaux

Orion était un chasseur géant et redoutable. Artémis s’intéressait à lui, mais Apollon, le frère d’Artémis, craignant pour sa sœur, s’arrangea pour le faire mourir d’une flèche de la chasseresse. Quand elle comprit qu’elle venait de tuer Orion, elle le plaça dans le ciel, en compagnie de ses chiens, Sirius et Procyon. Le ciel d’hiver se caractérise dans l’hémisphère Nord par la constellation d’Orion, et par une étoile très brillante, Sirius.

Le mythe d’Orion a inspiré bien des compositeurs, de Louis de La Coste en 1728

de La Coste Orion

Cliquez sur l’image

à Kaija Saariaho en 2002.

Saariaho OrionCliquez sur les percussionnistes

Cassiopée était une reine d’Égypte punie par les dieux à tourner autour de la Grande Ourse. Cassiopée est une constellation assez facile à repérer, à cause de sa forme de « W ». Sa fille Andromède s’est mariée à Persée. Après sa mort, Athéna l’a fait monter au ciel, sous la forme d’une constellation. Andromède est le nom d’un des poèmes symphoniques d’Augusta Holmès.

Cliquez sur Andromède

À la fin de sa vie de héros, Hercule monte au ciel et veille sur nous pour l’éternité, dans la constellation qui porte son nom. Quand elle apprend sa mort, sa femme Déjanire se rendant compte qu’elle est coupable de la mort de son mari sombre dans la folie. Haendel a écrit Hercules.

Cliquez sur Déjanire sombrant dans la folie

Ganymède est un des quatre satellites de Jupiter. Ganymède était un jeune berger, le plus beau de tous les jeunes gens. Quand Zeus (Jupiter) le voit, il se transforme en aigle pour l’enlever et le conduire au mont Olympe. Là, amant de Zeus, il devient échanson des dieux. Goethe a raconté son destin dans un de ses poèmes, mis en musique par Schubert.

Cliquez sur Ganymède

Bien entendu, l’observation astronomique ne se limite pas aux étoiles. On peut aussi regarder les planètes. Je vous propose donc ici une nouvelle planète mise en musique par Holst.

Cliquez sur Jupiter
Compositeurs

Léo DELIBES (1836-1891)

Léo Delibes naît le 21 février 1836 à Saint-Germain-du-Val, dans la Sarthe.

Au Conservatoire de Paris, il a comme professeur Adolphe Adam, et il en sort en 1850 avec un prix de solfège.

Il compose des opérettes, Deux vieilles gardes (1856), Maître Griffard (1857), l’Omelette à la Follembûche (1859), sur un livret de Labiche, le Serpent à plumes (1864) et a l’occasion de se faire repérer comme compositeur de ballets.

En 1863, il est chef des chœurs à l’Opéra de Paris et travaille avec le compositeur de ballet Minkus pour la Source (1866). On lui confie alors l’écriture d’un autre ballet, Coppélia, ou la fille aux yeux d’émail (1870), est inspiré par la nouvelle l’Homme de sable d’E.T.A. Hoffmann. Cette nouvelle a également inspiré Offenbach pour le personnage de Coppélia dans ses Contes d’Hoffmann.

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En 1872, Léo se marie avec Léontine Denain.

En 1876, Léo Delibes écrit un autre ballet : Sylvia, ou la nymphe de Diane.

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En 1880, il est nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves figure Émile Jacques-Dalcroze, auteur d’une méthode musicale novatrice.

En 1883, Léo Delibes écrit son opéra Lakmé, librement inspiré d’un roman de Pierre Loti. Lakmé comporte quelques scènes restées célèbres, comme le redoutable « Air des clochettes », ou le duo des fleurs « Où vas-tu, Malika ? ».

Cliquez sur l’image
Cliquez sur l’air redoutable

Léo Delibes meurt le 16 janvier 1891 à Paris, à l’âge de 64 ans.

La musique de Léo Delibes a été particulièrement pillée par les réclamiers pour vendre toutes sortes de produits dispensables.

littérature, Oulipo, Poésie

« LE QUAI LEMBOUR », de Queneau

Après La Terre est bleue, de Paul Éluard, le poème « mis en musique » de ce mois est « Le Quai lembour », de Raymond Queneau. Ce poème est paru dans le recueil Courir les rues (éditions Gallimard, 1967).

(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Au bout du quai d’Austerlitz

on crie : il faut se taire, Liszt

Cliquez sur la gondole

au bout du quai de Béthune

y a peut-être une bête, une !

au bout du quai dit d’Anjou

Cliquez sur le roi René (d’Anjou)

un sale type vous met en joue

au bout du quai de l’horloge

Cliquez sur l’horloge

frissonne qui dehors loge

au bout du quai Arouet-Voltaire

Cliquez sur l’image

des pigeons qui volent errent

au bout du quai de Passy

Cliquez sur l’image

on donne le la et pas si

au bout du quai du Pont-du-Jour

aube, où duc est ?

aube, où duc est ?

Citations musicales :

Liszt : la Gondole oubliée.

d’Anjou : Tchaïkovski, Iolanta air du roi rené « Seigneur, si j’ai péché ».

l’horloge : Ravel, L’Enfant et les Sortilèges«  l’horloge ».

Arouet-Voltaire : Bernstein, Candide « il faut cultiver notre jardin ».

Passy : Les Inconnus, Auteuil Neuilly Passy.

Anniversaire, Divers

SEPTIÈME ANNIVERSAIRE DU BLOG

Voilà déjà sept ans que je me suis lancé dans cette aventure d’un blog consacré à la musique et à la littérature. En sept ans, j’ai publié 980 articles. Au début, j’en publiais beaucoup pour enrichir ma base de connaissances, et maintenant je suis arrivé à un rythme d’un article tous les 3 jours (sauf événement spécial).

Vous vous êtes mis à plus de 150 000 visiteurs cumulés, venus de 163 pays, pour voir plus de 245 000 vues sur ce blog.

J’ai consacré 155 articles à mes opéras préférés, de l’Orfeo de Monteverdi aux Ailes du Désir de Louati, ou d’Adrienne Lecouvreur de Cilea à Zoroastre de Rameau. Le plus regardé est celui consacré à Jules César en Égypte, de Haendel, juste devant les Contes d’Hoffmann d’Offenbach.

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J’ai également consacré 105 articles à des compositeurs ou des compositrices, de Monteverdi à Camille Pépin. Le compositeur qui vous a le plus intéressés est Franz Schubert. Parmi ces articles, 25 concernent des compositrices, pour la plupart injustement méconnues.

Schubert FierrabrasCliquez sur Fierrabras (de Schubert)

Ces chiffres de 155 opéras et 105 compositeurs (ou compositrices) chroniqués sont à rapprocher de mon objectif initial, quand j’ai commencé mon livre sur l’opéra (livre qui s’est transformé au cours du temps en ce blog), de retenir 99 opéras et 49 compositeurs (j’avais en tête, pour la structure de ce livre, La vie mode d’emploi de Perec).

Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 70 écrivains passés à ma moulinette, d’Homère à Échenoz, le billet le plus consulté étant celui consacré à Victor Hugo.

Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma (pas encore assez par rapport à mon objectif initial), à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé…

Une catégorie très prisée est celle sur les publicités se servant de musique classique pour vendre pâtes, lessive ou autres grosses ouatures. Cette catégorie très populaire vient en tête des vues puisque l’article le plus consulté est « De l’emploi de la musique classique dans la pub » suivi de près par « la Musique de Vivaldi dans la publicité« , avec environ 5000 vues pour chacun de ces 2 articles.

Un sujet de satisfaction pour moi est la catégorie « poème mis en musique à ma façon », où je prends un poème parmi mes préférés, que j’illustre musicalement par analogie entre les images que suscite en moi le poème et les musiques qui peuvent illustrer ces images. Grâce à cette catégorie, les poèmes de Mallarmé que j’ai ainsi traités ont été lus plus de 6000 fois sur mon blog, la palme revenant à « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change (le tombeau d’Edgar Poe) » avec près de 1400 lectures.

La liste de ces poèmes est disponible ici.

Côté classique, la vidéo la plus regardée est l’Ave Maria de Schubert interprété par Maria Callas.

Schubert Ave Maria CallasCliquez sur la Callas

En septembre 2022, j’ai fait une petite sélection de 57 compositeurs et compositrices d’opéra dans un livre, Compositeurs et compositrices, très beau et pas cher. Il m’en reste une cinquantaine, donc vous pouvez encore le commander. Cela me fera de la place pour le second volume qui sera consacré aux Écrivains et librettistes.

couverture-du-livre-image

À la sortie de ce livre, je suis passé dans le poste, et vous pouvez trouver cidsous le podcast de l’émission.

image podcastCliquez sur le podcast

Et pour finir ce billet, je vous propose de retrouver une de mes vidéos préférées, l’Ode à la lune extraite de Rusalka de Dvorak.

Cliquez sur Rusalka

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Point d'interrogationCliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous voulez souhaiter un bon anniversaire au blog

Divers

LES TROIS CERCLES DE LA QUALITÉ APPLIQUÉS À L’OPÉRA

Dans ma folle jeunesse, il m’est arrivé d’animer une démarche qualité dans l’entreprise où je travaillais. Me posant maintenant régulièrement la question de la compréhension par le public de ce que les metteurs en scène proposent au public, question que j’ai formalisée notamment lors de mon entretien avec Caroline Sonrier, l’actuelle directrice de l’Opéra de Lille, j’ai voulu reprendre un de mes outils didactiques pour visualiser les différents points de vue.

Dans le schéma ci-dessous, le premier cercle représente l’histoire que l’auteur a entrepris de nous raconter. Cette histoire figure dans le livret et dans la musique. Elle est figurée par le cercle bleu.

Le deuxième cercle correspond à ce que le metteur en scène a envie de nous raconter, à partir des éléments mis à disposition par l’auteur, et de ses propres fantasmes ou obsessions, qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec le texte d’origine. Ceci est figuré par le cercle rouge.

La confrontation entre ces deux visions peut être représentée ainsi :

La partie qui reste bleue correspond aux intentions de l’auteur que le metteur en scène n’a pu ou voulu montrer au public. La partie rouge correspond à ce que le metteur en scène veut montrer au public, mais qui ne figure pas dans la proposition originale de l’auteur. La partie en violet correspond à ce que l’auteur voulait nous montrer et que le metteur en scène a réussi à nous montrer.

Pour illustrer cette partie rouge, je donnerai l’exemple de La Esmeralda de Louise Bertin sur un livret écrit par VH himself, dans la navrante production montée à l’Opéra de Tours. La metteuse en scène qui défend l’idée que tous les hommes sont des violeurs et toutes les femmes des violées a trafiqué complètement le livret, pour faire apparaître le viol d’Esmeralda sur scène. À l’issue du spectacle, je suis quand même allé vérifier dans le livret que ni Hugo ni Bertin n’avait placé un viol dans leur opéra, cette mise en scène était donc un contresens total.

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Mais dans tout spectacle, il y a une troisième partie prenante, qu’il convient de ne pas oublier. C’est le public, qui le plus souvent paye pour assister au spectacle. Les attentes du public sont représentées par le cercle jaune.

On peut représenter l’interaction auteur / public ainsi :

Bien souvent le public vient au spectacle avec une idée assez précise de ce qu’il veut voir (zone jaune), idée qui ne correspond pas forcément avec ce que l’auteur avait en tête au moment de la composition (zone bleue). Il peut y avoir des malentendus, ou encore des traditions de représentations qui se sont installées au fil du temps. Dans le schéma ci-dessus, la zone verte correspond à la partie de l’œuvre originale que le public vient voir. Ce sera peut-être le cas prochainement à l’Opéra de Lille, avec la production du Faust de Gounod, qui correspondra à la version originale de l’opéra-comique, c’est-à-dire avec des textes parlés entre les parties chantées, et non les récitatifs qui ont été introduits pour la reprise à l’Opéra de Paris. Le public ne trouvera donc pas certains des grands airs qu’on a l’habitude d’entendre, mais pourra découvrir d’autres airs, dont la création mondiale d’un air récemment retrouvé.

Là où les affaires se gâtent, c’est sur les rapports entre le public et le metteur en scène.

La partie rouge correspond à ce que le metteur en scène veut montrer, la partie jaune à ce que le public veut voir, et la partie orange à ce que le metteur en scène montre et que le public vient voir.

Et donc, pour qu’un spectacle soit réussi, il faut chercher à maximiser la zone du centre, qui est celle où la volonté de l’auteur est respectée par le metteur en scène, et que le public veut voir.

Et alors là, on frôle la perfection, comme ça a été le cas récemment avec Le songe d’une nuit d’été (A midsummer nights’s dream) de Britten mis en scène par Laurent Pelly à l’opéra de Lille.

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Agenda Ironique, Sciences

LA MUSIQUE DES SPHÈRES

Ce mois-ci, c’est Jérôme qui s’occupe de nous avec une histoire de Sphères.

Et qu’est-ce qu’il nous demande, Jérôme, ce mois-ci ? Eh bien voilà :

On parlera de Sphères (avec une esse à chaque bout).

Et puis quoi plus ? On glissera les mots merlan, haruspice, trottin (avec trois té) et grésil (parce que ça rime avec avril) et aussi quelques mots inventés (je compte sur vous), et puis un certain nombre d’autres mots, verbes et adjectifs, voire conjonctions de coordinations, ceux-là issus du dictionnaire, assez pour faire les phrases qui composeront les paragraphes ou les strophes ou les complets ou les refrains ; cela, parce que pour la forme, jveux bien un petit poème (deux vers ?), un opéra (trois actes), un conte (deux mots), un feuilleton (mais alors quatre épisodes minimum – ou moins ; ou moins). Et aussi toutes les autres formes que je ne nomme pas ici ; brefle, que règne ici une certaine liberté.

Et puis du mystère, de la brume, du calendrier, des jours et des dates de mars à mai ; enfin, évidemment, de l’ironie. Autant que possible, aucun jeu de mot : de la tenue, du style. Faut-il le dire, j’apprécierai une morale.

Brèfle, pour en savoir plus, ça se passe ici :

Dans beaucoup de cosmologies, on trouve des liens étroits entre la musique en tant que combinaison de vibrations et création du monde.

Par exemple, dans le Silmarillion, J.R.R. Tolkien (l’auteur de Bilbo le Hobbit et du Seigneur des Anneaux), raconte la création de l’univers par la cristallisation de la musique jouée par les Ainur, des créatures célestes au service du dieu créateur.

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Pour le philosophe et mathématicien grec Pythagore, il existait des rapports entre les distances de la lune et des planètes et la Terre. Il avait par ailleurs découvert que les sons harmonieux étaient régis entre eux par le rapport de la longueur des cordes qui produisaient ces sons. Par exemple, le rapport entre une note fondamentale et la même note jouée à l’octave était de deux, la note à l’octave étant produite par la vibration d’une corde exactement deux fois plus petite que celle produisant la note fondamentale. La quinte était dans le rapport 3 2, la quarte dans le rapport 4 / 3, etc… Tout ceci est détaillé dans mon premier article consacré aux liens entre mathématiques et musique.

Dans ses recherches, Pythagore prétendait que sur ce principe, les distances entre les planètes et la Terre se trouvaient dans ces mêmes rapports, d’où l’idée de « Musique des sphères », l’Univers vibrant harmonieusement suivant ces lois mathématiques.

D’une manière surprenante (sauf si l’on se souvient que tout est dans tout et réciproquement), cette idée de la musique de l’univers est reprise dans les recherches les plus récentes sur l’origine du cosmos, où les cosmologues ont réussi à capter la musique fondamentale de l’univers. On peut en entendre des échos dans l’opéra le Cantique des quantiques de Stephen Hawking. Mais bien entendu, vous vous en doutiez, cet opéra n’était qu’un merlan d’avril de ma part.

Cliquez sur les ondes gravitationnelles provoquées par la coalescence de deux trous noirs (sic !)

Est-ce que Gustave Holz avait cette musique des sphères quand il a composé sa pièce les Planètes ? Probablement pas, les références aux planètes étaient pour lui plus d’ordre astrologique qu’astronomique. Ainsi, Holst pensait pouvoir lire l’à venir dans les astres comme l’haruspice lisait l’avenir dans les entrailles des animaux.

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Le saviez-vous, dans l’opérette les Sphères de Véronique, de Messager, Anne est le nom de la petite modiste chargée d’habiller l’héroïne Véronique. Et quand Anne partait faire les courses pour sa maîtresse, celle-ci lui chantait toujours « de ci delà, cahin-caha, va trottine va chemine, va petite Anne ».

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Dans son bouleversifiant presqu’opéra le Voyage d’hiver (Winterreise), Schubert fait couler des petites sphères gelées des paupières de son héros dans « Gefrorne Tröpfen fallen » (« Des larmes gelées coulent de mes yeux »).

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