Blog

Cinéma, Compositeurs, littérature

AIMEZ-VOUS LISZT (1811 – 1886)…

… comme ne l’a pas écrit Françoise SAGAN.

Que vient faire Franz LISZT dans un blog consacré à l’opéra ? me demanderez-vous. Eh bien, il y a toute sa place.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liszt de lecture

Né le 22 octobre en Hongrie, Liszt était un enfant et un pianiste prodige. Il a écrit un opéra à l’âge de douze ans, Don Sanche. Certes, ce n’est pas la plus connue de ses œuvres, et ce n’est donc pas pour elle que j’écris ce billet.

Liszt Don Sanche OuvertureCliquez sur l’image

Si j’ai choisi de parler de Liszt, c’est parce qu’il a soutenu ou aidé tous les compositeurs de son époque, de BERLIOZ à MASSENET, en passant par WAGNER, SMETANA et SAINT-SAËNS, soit en montant leurs œuvres à Weimar où il a été chef d’orchestre dans les années 1850 (Lohengrin de Wagner, Benvenuto Cellini de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns), soit en écrivant des transcriptions d’opéras pour le piano (MOZART, BELLINI, GLINKA, VERDI, AUBER…)

Liszt transcriptionCliquez sur l’image

Tsigane et franciscain comme il se définissait lui-même, Liszt serait de nos jours un « people ». Ses talents de virtuose du clavier poussaient en effet ses admirateurs à lui baiser les doigts après les concerts et ses admiratrices dans son lit ! Et ses frasques amoureuses alimentaient les gazettes de l’époque.

En tant que pianiste virtuose, Liszt compose des pièces pianistiquement redoutables.

Liszt CampanellaCliquez sur l’image

À Paris, il fréquente les salons et y rencontre Berlioz, George SAND et Alfred de MUSSET, HUGO, BALZAC, CHOPIN et DELACROIX (entre autres…)

En 1833, il commence une liaison avec la comtesse Marie d’AGOULT et en 1835, ils s’enfuient à Genève. Ils auront trois enfants, dont Cosima qui se mariera avec le chef d’orchestre Hans von BÜLOW (puis avec Wagner). Cette liaison durera jusqu’en 1844, et inspirera Balzac pour son roman Béatrix (1839).

En 1853, il relève le défi laissé par BEETHOVEN avec la forme sonate avec sa formidable Sonate en Si bémol mineur.

Liszt Sonate en si bémol mineurCliquez sur le pianiste

À Weimar où il est chef d’orchestre, il développe la notion de poème symphonique ébauchée par Berlioz, avec des œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa.

Liszt les préludesCliquez sur l’image

Parmi les compositeurs qu’il a aidés, citons en particulier Wagner, dont il a assuré la création de Lohengrin à Weimar en 1850. Une de ses filles, Cosima, se mariera avec Wagner et assurera la direction du Festival de Bayreuth après la mort de celui-ci. Quelques mois avant la mort de Wagner, Liszt écrit, prémonition ? une Lugubre gondole. C’est d’ailleurs à Bayreuth que Liszt meurt le 31 juillet 1886 et qu’il est enterré.

liszt funèbre gondoleCliquez sur l’image

Outre ses œuvres pour piano et ses poèmes symphoniques, il est l’auteur de nombreuses musiques d’inspiration religieuse et d’oratorios).

Le cinéaste Ken RUSSELL a réalisé une biographie (?) de Liszt sous le nom de Lisztomania. C’est ce même K.RUSSELL qui a adapté pour le cinéma l’opéra-rock Tommy des WHO. On peut noter que le rôle de Liszt est tenu par Roger DALTREY, des Who.

Et si vous voulez un aperçu de Liszt le novateur, cliquez sur le lien.

littérature, Mes opéras préférés

CARMEN de BIZET (1874 – 1875)

Carmen (1874) est certainement un des opéras les plus connus et les plus joués (et les plus adaptés). Techniquement, il s’agit d’un opéra-comique, c’est-à-dire un opéra qui alterne  des passages parlés et des passages chantés.

L’œuvre provient d’une commande de l’Opéra-Comique (le théâtre) à Georges BIZET. Le livret est dû aux fameux duettistes MEILHAC et HALÉVY et est tiré d’une nouvelle de Prosper MÉRIMÉE. Elle est créée en 1875, mais connaît des débuts difficiles en raison de son sujet jugé scabreux, et Bizet, qui meurt trois mois après la première représentation, ne connaîtra pas le succès triomphal que rencontrera son œuvre.

Acte I : À Séville, les soldats regardent passer les gens pour tuer le temps. Arrive la relève de la garde, accompagnée d’une troupe d’enfants (Choeur : « Avec la garde montante »).

Bizet Carmen La garde montanteCliquez sur les nenfants

La cloche de la fabrique de cigarettes sonne, tout le monde attend la sortie des cigarières, et surtout de l’une d’elles, Carmen. Celle-ci chante une chanson sur l’amour (Habanera).

Bizet Carmen habaneraCliquez sur Carmen

Carmen lance une fleur à don José, un brigadier, avant de rentrer à la fabrique. Une jeune femme, Micaëla, vient voir don José. Elle lui apporte une lettre de sa mère, accompagnée d’un baiser. Des cris se font entendre, une bagarre a éclaté dans la manufacture, et Carmen est accusée d’avoir agressée une de ses petites camarades. Les soldats interviennent et le capitaine ordonne à don José d’arrêter Carmen. Carmen use de son charme pour que don José la laisse fuir et lui donne rendez-vous dans une taverne près de Séville (Séguedille : « Près des remparts de Séville »). Don José laisse Carmen s’enfuir.

près des remparts de SévilleCliquez sur l’image

Acte II : Dans la taverne, Carmen est occupée avec ses amies Mercedes et Frasquita (Air : « Les tringles et les sistres… ») Elle attend Don José qui doit sortir de prison après y avoir passé deux mois pour l’avoir laissé s’enfuir. Arrive Escamillo, célèbre torero des arènes de Grenade. Il tombe immédiatement amoureux de Carmen (Air : « Toréador, en garde »).

Bizet Carmen ToréadorCliquez sur Escamillo

Les contrebandiers arrivent et demandent à Carmen de partir avec eux dans la montagne. Carmen refuse, avouant qu’elle est amoureuse. Don José arrive enfin, mais entendant l’appel du soir qui sonne à la caserne, il déclare qu’il est temps pour lui de rentrer. Carmen se moque de son prétendu amour, et don José proteste de sa fidélité.

Bizet Carmen la fleur que tu m'avais jetéeCliquez sur Don José

Les soldats viennent faire fermer l’auberge car c’est l’heure, mais trouvant don José hors de ses quartiers, ils veulent l’arrêter. Don José se bat contre son officier avant de prendre la fuite avec Carmen, devenant ainsi déserteur.

Acte III : Au campement des contrebandiers, Carmen, Mercedes et Frasquita se tirent les cartes (Trio: « Mêlons, coupons »). Quand arrive le tour de Carmen, elle n’a qu’un seul destin: la mort! (Air : « Carreau, pique, la mort »).

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur les Bohémiennes

Don José fait  le guet. Micaëla arrive, porteuse d’un message de la mère de Don José (Je dis que rien ne m’épouvante). Elle se cache quand Escamillo arrive pour inviter Carmen à sa prochaine corrida. Don José le défie en duel et ils commencent à se battre quand les contrebandiers reviennent et les séparent. Micaëla sort de sa cachette et dit à Don José que sa mère l’attend au village. Carmen conseille à don José de partir, mais celui-ci refuse. Micaëla ajoute alors que sa mère est mourante. Don José accepte de partir mais prévient Carmen qu’ils se reverront.

Acte IV : Devant les arènes, la foule attend la corrida (Chœur: « A dos cuartos »). Carmen apparaît au bras d’Escamillo (« Si tu m’aimes, Carmen »), mais Frasquita et Mercedes viennent la prévenir de la présence de don José caché dans la foule. Comme Carmen s’apprête à suivre Escamillo dans l’arène, don José lui barre le passage et la supplie de rester avec lui (Air : « Carmen, il est temps encore »). Carmen refuse, et lui jette une bague qu’il lui avait donnée. Après une dernière supplication (Air : « Mais moi, Carmen, je t’aime encore »), il sort son couteau et la tue. On entend dans l’arène la foule acclamer Escamillo.

Bizet Carmen Mais moi je t'aime encore

Carmen meurt à la fin, mais elle a laissé une nombreuse postérité. Surtout, ne manquez pas la suite dans Carmen, le retour… prochainement sur ce blog.

Et pour découvrir d’autres opéras, cliquez ici « Mes opéras préférés ».

Divers, Fantaisie

GASTRONOMIE ET OPÉRA

Eh non, je ne vais pas parler ici d’opéra bouffe, mais je vais plutôt essayer de vous mettre l’eau à la bouche avec quelques spécialités culinaires issues de l’univers de l’opéra.

À tout seigneur tout honneur, commençons par ROSSINI (1792 – 1868) et son célèbre tournedos, recette que ce bon vivant de Rossini à inventée, et qui consiste à poêler une tranche de foie gras sur une tranche de filet de bœuf.

 tournedos rossini                                                                 tournedos Rossini

Et puisque nous somme en Italie, rendons hommage à la cuisine sicilienne, avec ses « pasta a la Norma », une recette de pâtes avec des tomates, des aubergines grillées et de la ricotta, nommée ainsi en hommage à l’opéra Norma de BELLINI.

Pasta a la Norma

Le compositeur MEYERBEER (1791 – 1864) a laissé son nom à une manière de présenter les œufs au plat, avec des rognons d’agneau et des truffes.

oeufs Meyerbeer                                                                   œufs Meyerbeer

En 1864, le chef Auguste ESCOFFIER a créé un dessert qu’il a appelé Poire Belle Hélène, en hommage à l’opéra bouffe d’OFFENBACH (1819 – 1880).

En 1887, la cantatrice Nellie MELBA commence une carrière internationale. Écoutons-la dans un enregistrement de 1910. En 1893, le même Escoffier crée pour elle un dessert qu’il appelle, en son honneur, pêche Melba.

 pêche Melba                                                                      pêche Melba

La pâtisserie appelée « opéra » a été créée non en l’honneur du genre opéra, mais pour un de ses sous-produits qui est la danse, et plus précisément pour les petits rats de l’opéra.

Selon l’excellent site Hérodote.net, toute l’histoire en un clic, une de nos spécialités fromagères les plus connues, La Vache qui rit ®, a pour origine un dessin du dessinateur animalier Benjamin RABIER (l’auteur de Gédéon le canard), qui représentait, pendant la première guerre mondiale, une Wachkyrie.

rabier-wachkyrieAprès la guerre, le fromager BEL, qui avait vu ce dessin sur les camions de ravitaillement, s’en est inspiré pour créer son fromage La Vache qui rit, demandant à Rabier d’en dessiner l’étiquette.

En 1948 à Bergame en Italie, le chef Angelo Balzer crée la Torta Donizetti, le gâteau Donizetti, à l’occasion du centenaire de la mort de ce compositeur.

Torta Donizetti

Cinéma, Shakespeare, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 80

Après avoir parcouru la filmographie des années 70 de Woody ALLEN, intéressons-nous aux années 80.

comédie érotique

                                                                           source

En 1982, dans Comédie érotique d’une nuit d’été, brillante variation sur la comédie presque éponyme de SHAKESPEARE, il se sert abondamment de la musique que MENDELSSOHN a composée pour cette pièce.

 zelig

                                                                            source

En 1983, dans Zelig, l’histoire d’un caméléon humain joué par Woody ALLEN, on peut le voir dans le rôle de Paillasse, l’opéra vériste de LEOCAVALLO.

broadway danny rose

source

Dans Broadway Danny Rose de 1984, un des thèmes présents est Funicula funicula. D’accord, ce n’est pas de l’opéra, mais c’est napolitain, et il est difficile de dissocier napolitanisme et opéra, d’autant que les grands ténors ne se faisaient pas prier pour entonner cet hymne au funiculaire de Naples.

1985 est l’année de La Rose pourpre du Caire (Purple Rose of Cairo), un de mes films préférés, mais il n’y a rien de spécial à dire sur sa musique.

radiodays

source

Dans Radio Days (1987), évocation des années 40 où la radio servait de lien à la vie en société, on entend une adaptation du Vol du bourdon, extrait de l’opéra Le Tsar Saltan de RIMSKY-KORSAKOV, interprété à la trompette !

september

source

Et dans le magnifique September de 1987, on entend le September Song, de Kurt WEILL.

Et pour les films des années 1990, ce sera dans le billet suivant.

Compositeurs, littérature

Léos JANACEK (1854 – 1928)

Janacek par Adrian

Léos JANACEK (prononcer ianatchèque) est un compositeur majeur du XXe siècle, trop méconnu en France. Peut-être est-ce dû à ce que sa musique se chante en tchèque, langue qui nous est moins familière que l’italien ou l’allemand.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder à la liste de lecture

Né à Brno, capitale de la Moravie, il rencontre DVORAK (1841 – 1904) à Prague en 1874, qui l’encourage à suivre sa voie musicale. Pendant longtemps, son aura ne dépassera pas sa Moravie natale, et il faudra attendre 1916 et une représentation de son opéra Jenufa à Prague pour qu’il commence à connaître le succès.

janacek JenufaCliquez sur l’image

Janacek faisait partie du cercle russe de sa ville, et il en découlera des compositions comme la pièce symphonique  Tarass Bulba, d’après GOGOL ou l’opéra De la maison des morts d’après DOSTOÏEVSKI.

Parmi ses autres opéras, il faut citer Katia Kabanova (1921), d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI, le ravissant conte pour enfants La petite renarde rusée, ou l’opéra fantastique L’Affaire Makropoulos.

janacek petite renardeCliquez sur l’image

On peut encore citer l’opéra de chambre le Journal d’un disparu, un cycle de 22 mélodies pour ténor, piano, et un chœur de trois femmes, au travers duquel on peut entendre sa passion cachée pour une jeune femme de trente-huit ans sa cadette.

En dehors de l’opéra, Janacek a écrit des pièces pour piano, la Messe glagolitique, de la musique de chambre dont de très beaux quatuors (quatuor Lettres intimes), la Sinfonietta pour instruments à vent.

Comme ses contemporains BARTOK ou KODALY, Janacek a réalisé un important travail ethno-musicologique en recueillant les airs populaires de son pays.

Liste des principaux opéras de Janacek :

Jenufa (1893 – 1903)

Katia Kabanova (1921)

La petite Renarde rusée (1924)

L’Affaire Makropoulos (1923-1925)

De la Maison des morts (1927 – 1928)

histoire, Histoire de l'opéra

Histoire de l’opéra – les années 1700

Continuons l’histoire de l’opéra commencée avec les années 1600. Bien entendu, ce découpage en tranches n’a pas réellement de sens, les styles ne s’arrêtant pas à date fixe, et les compositeurs ne mourant pas tous en fin de siècle pour laisser la place aux générations suivantes. Il s’agit là de grands repères faciles à mémoriser.

Nous avions donc laissé notre ami l’opéra aux mains des Italiens et des Français, qui s’étaient partagé l’Europe lyrique. Par exemple, l’Allemand HAENDEL (1685 – 1759), après avoir fait ses classes en Italie est parti en Angleterre pour écrire et monter des opéras en italien. L’Autrichien GLÜCK (1714 – 1787) lui, après avoir écrit et joué des opéras en italien à Vienne, fera le voyage vers la France, où il écrira des opéras en français.

Vers la fin du XVIIe siècle, Naples va devenir le foyer de l’opéra italien, avec la création de l’opera seria (opéra sérieux) dont le principal représentant est Alessandro SCARLATTI (1659 -1725). À la même époque, VIVALDI (1678 – 1762) triomphait à Venise. Mais à Naples, patrie de la commedia dell’arte, on avait pris l’habitude d’insérer aux entractes des intermèdes légers ou des ballets. Ces intermèdes finiront par prendre leur autonomie avec la création de l’opera buffa (opéra bouffe).

vivaldi orlando furioso sol da teCliquez sur l’image

En France, après la tragédie lyrique dont les codes ont été fixés par Lully, on s’est mis à introduire de plus en plus de ballets, ce qui a conduit à une nouvelle forme, l’opéra-ballet. Le premier opéra-ballet est l’Europe galante de Campra (1660 – 1744).

campra l europe galanteCliquez sur l’image

Pendant ce temps, on donnait sur les foires parisiennes des pastiches, c’est-à-dire des spectacles où l’on plaçait des paroles nouvelles sur des airs connus (Vivaldi était un spécialiste des pastiches, car pour assurer le rythme élevé de production de ses opéras, il n’hésitait pas à se resservir d’airs qui avaient eu du succès, et que le public connaissait, pour ses nouveaux opéras). Après un certain nombre de querelles entre les comédiens italiens et les comédiens français, qui avaient le privilège royal pour les spectacles parlés, et avec l’Académie royale de musique, qui avait le privilège royal pour les spectacles chantés, le théâtre de la Foire devient en 1714 le théâtre de l’Opéra-Comique, et les forains obtiennent le privilège de Louis XIV de donner des spectacles chantés ET parlés, ce qui donne naissance à la forme opéra-comique. Après diverses vicissitudes, l’Opéra-Comique est relancé en 1752, le chansonnier FAVART étant un de ses fondateurs.

Le principal successeur de Lully était RAMEAU (1683 – 1764), musicien plus intéressés par l’harmonie (il est l’auteur de Traités d’harmonie) que par la mélodie. Il s’est mis à l’opéra sur le tard, et a été caricaturé par DIDEROT dans le roman Le neveu de Rameau. Vers le milieu du siècle apparaît le style classique, dont Joseph Haydn (1732 – 1809) est un représentant ainsi que Mozart (1756 – 1791) et ses vingt opéras.

Haydn Il mondo della luna ouvertureCliquez sur l’image

Il faut noter que l’hégémonie italo-française était toujours en place, puisque Haydn a écrit ses opéras en italien, et Mozart une grande partie des siens, même s’il a également écrit des Singspiels, c’est à dire des œuvres chantées en allemand, dont la célèbre Flûte enchantée (Zauberflöte).

Et pour terminer, je vous propose une petite sélection des plus beaux duos d’amour écrits pendant ce siècle.

Le classicisme laissera la place au romantisme, mais ça, c’est pour le siècle suivant.

Divers, Fantaisie, littérature

EN FLÂNANT DANS LE QUARTIER DE L’OPÉRA

Station de métro Opéra, gare de RER Auber, rues GLUCK, AUBER, MEYERBEER, GRETRY, FAVART, SCRIBE place BOÏELDIEU. Tout un monde de musiciens, chansonniers (Favart) ou librettiste (Scribe) se trouve réuni dans un petit périmètre, allant de l’opéra Garnier à la salle Favart (alias Opéra-Comique). rue FavartFavart (1710 – 1792) était un chansonnier, c’est à dire quelqu’un qui écrivait des chansons. Il est membre fondateur de l’Opéra-Comique. À ce titre, on appelle Salle Favart le théâtre de l’Opéra-Comique.

  rue GluckGLUCK (1714 – 1787) était un musicien autrichien venu à la cour de sa compatriote Marie-Antoinette. Il a écrit en France des opéras en français.  rue GrétryGRETRY (1742 – 1813) était un compositeur français, né à Liège.

place BoïeldieuBOÏELDIEU (1775 – 1824) était un compositeur incroyablement populaire en son temps, auteur notamment de La Dame blanche. On a donné son nom à la place où se trouve l’Opéra-comique.

rues Halévy MeyerbeerHALEVY (1799 – 1862) était, avec MEYERBEER (1791 – 1864), un Allemand venu à Paris pour créer ce qu’on appellera le Grand Opéra à la française (c’est  moi qui rajoute les majuscules pour en imposer un peu plus). Le GOf était un genre d’opéra spectacle total, avec des décors somptueux, des ballets obligatoires, des chœurs volumineux, bref, fallait qu’ça pète comme on dirait aujourd’hui. rues Scribe et AuberEnfin AUBER (1782 – 1871) était un compositeur lui aussi créateur du GOf, et il a travaillé avec le bien-nommé SCRIBE, l’un des librettistes les plus féconds de son temps, qui a fourni des livrets à pratiquement tout ce que la place comportait de compositeurs.

Et pour illustrer cette promenade dans ce beau quartier de Paris, je vous propose une belle balade dans Paris : « Les gens de mon quartier », de LAS TORRES.

On peut aussi faire une partie de cette promenade avec Jacques ROUBAUD, dans son Ode à la ligne 29 des autobus parisiens (2014), où il décrit tout ce que voit un voyageur qui emprunte cette ligne qui va de Saint-Lazare à la porte de Montempoivre.

Très vite, il passe à côté de l’opéra (Garnier) où il évoque Falstaff et Don Juan. On le retrouve un peu plus loin passer à côté de Bastille, mais je reviendrai plus tard sur Jacques ROUBAUD.

histoire, littérature, Mes opéras préférés, Mythologie

DIDON ET ÉNÉE, de PURCELL (1689)

L’opéra baroque Didon et Enée (1689) est un des derniers opéras écrits en langue anglaise avant une éclipse de près de deux siècles, où l’italien régnera sur les scènes anglaises.

Écrit par Henry PURCELL (1659 – 1695) sur un argument tiré de l’Enéide de Virgile, ce bref opéra (environ une heure) est, sans jeu de mots, un semi-opéra, c’est-à-dire un mélange de théâtre et d’opéra (rappelons qu’à l’origine, l’opéra est du théâtre mis en musique, ou du théâtre chanté).

L’histoire est celle de Didon, la reine de Carthage qui aime en secret Enée, le prince de Troie. Belinda sa confidente lui propose d’épouser le prince, ce qui rapprocherait les deux royaumes. Didon accepte et le premier acte se termine dans la joie.

Purcell Didon et Enée Pursue thy conquest

Cliquez sur Belinda

Les choses se gâtent au deuxième acte, car dans leur caverne des sorcières complotent pour faire tomber Didon et Carthage. La sorcière en chef va faire passer un de ses elfes pour Mercure afin de convaincre Enée de quitter Didon et d’accomplir son destin, qui est de partir fonder une nouvelle cité en Italie. Elles vont déclencher un orage pour séparer Didon et Enée.

Purcell didon et Enée But ere we this perform

Alors que Didon vante les beautés de la nature, les sorcières font éclater leur orage. Tous vont se mettre à l’abri dans le château. Enée resté seul voit apparaître le faux Mercure qui lui ordonne de quitter Carthage et de prendre la mer pour l’Italie. Déchiré entre son amour et cet ordre divin, il décide d’aller vers son destin.

À l’acte III, les marins préparent le départ d’Enée, qui annonce à Didon qu’il la quitte.

Purcell Didon et Enée Come away, fellow sailors

Cliquez sur le marin

Devant le courroux de Didon, il décide de rester et de braver la colère de Jupiter mais Didon, outrée qu’il ait seulement songé à la quitter, le rejette encore. Enée parti, elle se donne la mort dans un des plus bouleversants airs d’opéra (When I am laid in earth).

Purcell Didon Norman

Bande dessinée, Cinéma, littérature, Mes opéras préférés

LA TRAVIATA, de VERDI (1853)

Avant que d’être un album d’Astérix  (Astérix et la Traviata – 2001), la Traviata est un opéra de VERDI, un de ses chefs d’œuvre, et même un chef-d’œuvre tout court.

Cet opéra fait partie de ceux qui ont un équilibre parfait, qui fait que quand le rideau se lève, on est conduit inéluctablement de la première mesure du premier acte jusqu’à la fin, dans une progression dramatique continue.

Verdi en a eu l’idée en 1852 à Paris, en assistant à une représentation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas. Cette pièce lui a rappelé sa propre situation, car il souffrait de ce que sa liaison amoureuse ne soit pas acceptée par sa famille et ses amis. Il a confié la rédaction du livret à son librettiste habituel, Francesco Piave.

L’histoire est celle de Violetta, une courtisane atteinte de tuberculose, qui vivra un dernier  amour, évidemment impossible, avec un jeune homme de bonne famille.

Créé au théâtre de La Fenice à Venise en 1853, le sujet scabreux fait scandale, et il faudra attendre une reprise pour que l’œuvre s’impose comme un chef-d’œuvre du genre.

Acte I : Lors d’une réception chez Violetta, son amie Flora lui présente Alfredo. Douphol, l’amant de Violetta s’en  agace alors qu’Alfredo porte un toast  (air, duo et chœur : Libiamo).

Verdi traviata Brindisi

Violetta invite ses amis à la danse mais, restée seule, elle est prise d’un malaise. Alfredo vient lui déclarer son amour. Violetta lui remet la fleur qu’elle porte et lui demande de revenir la lui rapporter le lendemain. Restée seule, elle découvre qu’elle est amoureuse (air : E strano).

dessay traviata.pngcliquez sur l’image

Acte II : Trois mois plus tard, Violetta et Alfredo vivent ensemble à la campagne. Anina, la femme de chambre de Violetta apprend à Alfredo que sa maîtresse est partie à Paris vendre ses bijoux. Alfredo part à Paris chercher de l’argent.

Violetta voit arriver Germond, le père d’Alfredo. Il vient lui demander de renoncer à son fils, pour le bien de sa fille, qui songe à se marier alors que la liaison de Violetta et Alfredo fait tâche. Violetta finit par accepter et écrit une lettre d’adieu à Alfredo.

Lors d’une fête chez Flora, les deux amies attendent le baron Douphol (chœur des gitanes : Noi siamo zingarelle), Alfredo vient se venger de son ancienne maîtresse. Il joue aux cartes avec le baron et gagne. Violetta aimerait s’expliquer, mais elle a promis à Germond de garder secrète leur rencontre. Elle dit à Alfredo qu’elle aime le baron et fou de rage, Alfredo appelle les invités et jette l’argent qu’il vient de gagner au visage de Violetta, qui s’évanouit. Le baron défie Alfredo en duel.

Acte III : Violetta est chez elle, malade et abandonnée de tous. Son médecin vient la voir et confie à Anina qu’elle n’a plus que quelques heures à vivre. Violetta relit une lettre de Germond, où il écrit qu’il a fini par dire la vérité à son fils après le duel (air : Adio del passato). Dehors, on entend le bruit du carnaval dans les rues de Paris.

Verdi Traviata adio del passato Dessay

Alfredo arrive et ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Alfredo promet à Violetta qu’il l’amènera en Provence, où elle se refera une santé. Elle offre son portrait à Alfredo en lui recommandant de refaire sa vie sans elle (air : Prendi quest’e l’immagine), mais alors qu’elle semble reprendre des forces, elle s’écroule, morte.

Verdi Traviata Prendi, quest'é l'immagineCliquez sur Alfredo et Violetta

Enfin, pour les cinéphiles, il ne faut pas rater la très belle version filmée par ZEFIRELLI en 1983.

Cinéma, Woody Allen

Woody ALLEN – les années 70

Voici déjà plus de cinquante ans que Woody ALLEN nous régale avec ses films qui sortent avec une régularité métronomique à raison d’un par an.

Lui-même musicien, il joue de la clarinette dans un groupe de jazz, il porte une attention particulière à la musique de ses films, qui est toujours plus qu’un simple habillage sonore de l’image. S’il a très souvent recours au jazz, son esprit cultivé le pousse également à se servir de musique classique, voire d’opéras.

bananas

Il attaque très fort dès Bananas (1971) qui se passe dans une république bananière, et où on torture un rebelle pour le faire parler en lui passant en boucle un disque d’opérette. On peut aussi y entendre l’Ouverture 1812 de TCHAÏKOVSKI, ainsi que, déjà, le O mio babino caro de Gianni Schicchi de PUCCINI. (Gianni Schicchi qui sera quelques années plus tard la première mise en scène d’opéra de Woody Allen.)

guerre et amour

En 1975, dans Guerre et amour (Love and Death), très librement inspiré de TOLSTOÏ et de DOSTOÏEVSKI, toute la musique est de PROKOFIEV (qui au passage a lui-même adapté le Guerre et Paix de Tolstoï sous forme d’un opéra), notamment la Suite du Lieutenant Kijé. Outre Prokofiev, on peut entendre du MOZART, dans une scène où le personnage joué par Woody Allen séduit une jeune comtesse à l’opéra, sur fond de l’ouverture de La Flûte enchantée, et du BEETHOVEN (sonate le Printemps).

annie hall

Dans Annie Hall (1977), l’héroïne est chanteuse tandis que le personnage joué par Woody s’appelle Singer (chanteur). On y entend une symphonie de Mozart.

intérieurs

Dans Intérieurs (Interiors) de 1978, premier drame psychologique tourné par Woody, la musique qu’il choisit pour illustrer ce drame désespéré est… le silence.

 manhattan

Terminons cette filmographie des années 70 avec Manhattan (1979), déclaration d’amour à sa ville de New York filmée dans un somptueux noir et blanc, qui s’ouvre sur la Rhapsodie in blue de GERSHWIN. On y entend également la petite zizique de nuit de Mozart.

Et pour les années 1980, ce sera dans le billet suivant.