Écrivains, Cinéma, littérature, Shakespeare

CERVANTÈS (1547 – 1616) ET LE QUICHOTTE

Cervantes par Adrian

Madame, là où il y a musique, il ne saurait y avoir chose mauvaise. (Cervantès)

Miguel de CERVANTÈS, né le 19 septembre 1547 a écrit le premier livre de son Don Quichotte en 1605, c’est à dire à l’époque où se créait l’opéra. (L’Orfeo de Monteverdi date de 1607.) Ce roman, dont le titre espagnol est El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha, est souvent considéré comme étant le premier roman « moderne ». Rappelons qu’à cette même époque de bouillonnement intellectuel, Shakespeare, mort la même année que Cervantès, fixait les règles du théâtre lui aussi « moderne ».

Cervantès était attiré par l’héroïsme et la gloire. Soldat, il perd la main gauche à la bataille de Lépante (1571), puis est fait prisonnier par les « Barbaresques ». Son séjour en captivité lui donne l’occasion de montrer sa fermeté d’âme. Rendu à la vie civile, il est réduit à un rien social, loin de ses aspirations de grandeur. Dès lors, il se consacre à l’écriture. Son grand œuvre intervient vers la fin de sa vie puisqu’il a 58 ans quand paraît le premier livre et 68 ans pour le second.

Miguel de Cervantès meurt le 22 avril 1616 à Madrid, à l’âge de 68 ans.

Don Quichotte a connu des fortunes diverses à l’opéra.

Une des premières adaptations est The Comical History of Don Quixote (1695) de Purcell.

En 1743, Joseph Bodin de Boismortier a écrit un Don Quichotte chez la duchesse, sur un livret de Charles Favart, l’un des fondateurs de l’opéra-comique.

Bodin de Boismortier Don Quichotte

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En 1761, c’est Telemann qui écrit son Don Quichotte.

Telemann Don Quixote Suite

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Païsiello écrira son Don Chisciotte della Mancia :

Paisiello Don Chisciotte della MAncia Acte II Scene 7
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Un peu plus tard, c’est Jules Massenet (1842 – 1912) qui mettra en musique le roman picaresque, en 1910, avec son Don Quichotte.

Massenet Don Quichotte Quand apparaissent les étoiles

En 1922, Manuel de Falla écrit Les Tréteaux de Maître Pierre (El Retablo de Maese Pedro) d’après un épisode du Quichotte.

Maurice Ravel (1875 – 1937) a écrit un cycle de mélodies, les chansons de Don Quichotte à Dulcinée (1932 – 1933), il s’agit de sa dernière œuvre achevée.

Ravel Don Quichotte à Dulcinée
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Jacques Ibert (1890 – 1962) a écrit quatre mélodies sur Don Quichotte.

Ibert Don Quichotte
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Richard Strauss a écrit une pièce pour violoncelle et orchestre qui a pour titre Don Quixote.

Strauss Richard Don Quichotte
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Et Korngold a écrit la suite pour piano Don Quixotte.

Korngold Don Quixote
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En 2021, Franck Bédrossian écrit Don Quixote, un concerto pour un pianiste, son assistant et orchestre de chambre.

L’adaptation en comédie musicale du roman de Cervantès a été une des grandes affaires de Jacques Brel. Malheureusement, son Homme de la Mancha n’a jamais rencontré le succès qu’il escomptait.

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Un autre échec célèbre est l’adaptation au cinéma par Terry Gillian, Jean Rochefort qui devait tenir le rôle de l’hidalgo s’étant cassé une jambe peu de temps avant le début du tournage, c’est tout le projet de film que le cinéaste a dû abandonner.

(P.S. les éléments qui m’ont permis de caractériser Cervantès sont issus de l’Encyclopedia Universalis, éd. 1993).
Fantaisie, littérature, Mythologie, Poésie

QUELQUES HAÏKUS (1)

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

En voici quelques-uns créés pour vous sur le thème de l’opéra.

Les Métamorphoses

OVIDE raconte ces histoires

De transformations.

Charpentier ActéonCliquez sur l’image

(P.S. je reviendrai abondamment ultérieurement sur les Métamorphoses d’Ovide, qui ont donné lieu à d’innombrables sujets d’opéra.)

La légende de Faust

Racontée par le grand Goeth’

Pauvre Marguerite !

Gounod Faust Anges purs anges radieuxCliquez sur l’image

Le Vaisseau fantôme

Un opéra de Wagner

Amour rédempteur.

Wagner Vaisseau fantôme ballade de SentaCliquez sur cette malheureuse Senta

Amants de Vérone,

Séparés par leurs familles

Roméo, Juliette

Prokofiev Roméo et JulietteCliquez sur le ballet de Prokofiev

Götterdammerung

Fin de la tétralogie

Le Crépuscule des dieux

Wagner Götterdammerung Marche funèbreCliquez sur le disque

The Turn of the Screw

Opéra écrit par BRITTEN

Les pauvres enfants.

Britten The turn of the screw résuméCliquez sur le résumé en musique de cet opéra

Voilà pour cette première livraison. Si cela vous a plu, et si vous me le demandez gentiment, je vous en écrirais d’autres. Vous pouvez aussi me soumettre vos haïkus pour alimenter un prochain billet.

Mes opéras préférés, Shakespeare

ROMÉO & JULIETTE, de GOUNOD (1869)

GOUNOD a découvert le drame de SHAKESPEARE Roméo & Juliette lors d’une répétition de l’oratorio éponyme de BERLIOZ alors qu’il avait dix-neuf ans. En 1865, il se lance dans la composition de cet opéra sur un livret de BARBIER et CARRÉ. L’œuvre fut créée en 1869 au Théâtre du Châtelet, avant d’être reprise à Favart (Opéra-Comique) puis à l’Opéra de Paris. Pour cette reprise à l’Opéra de Paris en 1888, Gounod a dû rajouter un ballet à son opéra.

Prologue : Le chœur nous apprend que jadis Vérone a vu un conflit entre les deux familles des Montaigu et des Capulet, et l’amour qui a réuni Roméo et Juliette.

Acte I : Il y a bal ce soir au palais des Capulet, pour l’entrée dans le monde de Juliette. Tybalt, cousin de Juliette, parle d’elle à Pâris en vue de leur mariage. Le comte de Capulet accueille ses invités et leur présente sa fille. Juliette paraît et ouvre le bal (Air : « Écoutez, écoutez »)

Présents à la fête se trouvent des Montaigu, masqués. Roméo, un Montaigu, est inquiet à cause d’un rêve qu’il a fait. Son ami Mercutio lui explique qu’il est victime de la reine Mab, la reine des songes qui promet à chacun ce qu’il souhaite (Air : « Mab, la reine des mensonges »).

Gounod Roméo et Juliette la reine MabCliquez sur Mercutio et Roméo

Roméo aperçoit Juliette, et en tombe aussitôt amoureux. Ses amis l’entraînent au-dehors.

À sa nourrice Gertrude, qui lui parle de ses fiançailles, Juliette répond qu’elle veut profiter encore de sa liberté (Air : « Je veux vivre dans ce rêve ») et retourne danser.

Gounod Roméo et Juliette je veux vivre dans ce rêveCliquez sur l’image

Elle se trouve face à face avec Roméo : ils badinent (madrigal et duo : « Ange adorable ») et échangent un baiser.

Gounod Roméo & Julioette Ange adorableCliquez sur Roméo et Juliette

Tybalt arrive, Roméo remet vite son masque, mais Tybalt le reconnaît à sa voix. Il explique à Juliette, troublée, que c’est Roméo : un Montaigu et donc un ennemi. Il veut se battre avec lui, mais son oncle l’en empêche, au nom des lois de l’hospitalité, avant d’inviter tout le monde à souper.

Acte II : Dans le jardin des Capulet, Roméo est au pied du balcon de Juliette. La fenêtre de Juliette s’éclaire, Roméo chante sa beauté (Air : « Ah ! Lève-toi, soleil »).

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi, soleilCliquez sur Roméo

Juliette paraît à son balcon et déplore la rivalité qui sépare les deux familles. Elle entend du bruit dans la nuit et veut savoir qui se cache dans l’ombre. Roméo sort alors de l’ombre et se présente à Juliette. Ils se déclarent leur amour.

Des Capulet arrivent, cherchant un page des Montaigu qu’on a vu entrer dans le jardin (chœur : « personne, personne,… »). Gertrude se fait expliquer la situation et demande à Juliette de rentrer. Avant de se séparer, Juliette dit à Roméo que quelqu’un viendra le trouver (Duo : Ô nuit divine). Il n’aura qu’à dire le lieu et la date choisis pour le mariage et elle le suivra. Puis ils se séparent (Duo : « Ah ne fuis pas encore »).

Gounod Roméo et Juliette O nuit divineCliquez sur Roméo et Juliette

Acte III : Au couvent de Frère Laurent, un moine ami de Roméo. Roméo lui présente Juliette, et demande qu’il les marie. Frère Laurent accepte, espérant que cette union éteindra la haine qui sépare les deux familles (Air et duo : « Dieu, qui fis l’homme à ton image »).

Gounod Roméo et Juliette Dieu, qui fis l'hommeCliquez sur l’image

Dans le jardin des Capulet, le page qui avait aidé Roméo à monter au balcon de Juliette cherche encore Roméo, qu’il n’a pas vu partir. Pour faciliter le départ de Roméo, il provoque les Capulet pour attirer l’attention (Air : « Que fais-tu, blanche tourterelle ? »)

Gounod Roméo et Juliette Que fais-tu blanche tourterelleCliquez sur le page

Les Capulet s’en prennent à lui, mais des Montaigu qui ont vu l’algarade se portent à son secours. Roméo accourt pour arrêter le combat mais Tybalt le traite de lâche. Roméo ne répond pas à son insulte, espérant ramener la paix entre les deux familles. Mercutio veut venger l’honneur de Roméo, et se bat à sa place. Dans le combat, Tybalt le tue. Fou de rage, Roméo sort son épée et blesse Tybalt à mort. Avant de mourir, Tybalt fait jurer au comte Capulet qu’il mariera Juliette à Pâris (Chœur : « Ô jour de deuil »).

Le duc de Vérone arrive sur ces faits et demande aux deux familles de cesser leur querelle, ce que les Capulet refusent. Il condamne Roméo à l’exil.

Acte IV : La nuit, dans la chambre de Juliette : Juliette pardonne à Roméo le meurtre de Tybalt (Duo : « Nuit d’hyménée »). Mais déjà l’alouette annonce le jour, Roméo doit partir. (Duo : « Non, non, ce n’est pas le jour ».)

Gounod Roméo et Juliette Nuit d'hyménéeCliquez sur Roméo & Juliette

À son départ, Gertrude arrive, suivie du comte Capulet et de Frère Laurent. Capulet, fidèle à sa promesse, veut précipiter le mariage de Juliette et Pâris, mais Juliette, gardant son mariage secret, déclare qu’elle préfère mourir. Frère Laurent lui donne une drogue qui la fera passer pour morte pendant vingt-quatre heures, après quoi, elle se réveillera et pourra fuir avec Roméo. Elle hésite (Air : « Amour, ranime mon courage »), se décide et boit.

Dans la chapelle, la procession nuptiale arrive pour célébrer les noces de Juliette et Pâris, mais au moment où Pâris va passer l’anneau au doigt de Juliette, celle-ci s’écroule, morte.

Acte V : Roméo arrive dans le caveau des Capulet où Juliette est allongée. Il contemple Juliette, qu’il croit morte (Air : « Salut ! tombeau sombre et silencieux »). Il boit du poison pour rejoindre Juliette dans la mort.

Gounod Roméo et Juliette Salut tombeau sombreCliquez sur Roméo devant le tombeau de Juliette

Juliette se réveille, et ils se retrouvent, heureux (Duo : « Dieu de bonté, dieu de clémence »). Mais Roméo s’écroule. Il révèle que croyant Juliette morte, il a bu du poison, et meurt. Juliette sort un poignard et se donne la mort. Ils meurent tous les deux.

Bande dessinée, Compositeurs, Maria Callas

Charles GOUNOD (1818 – 1893)

Charles GOUNOD, l’auteur d’une des adaptations les plus populaires du mythe de Faust, est né le 17 juin 1818 dans une famille d’artistes. Son père était aquafortiste et sa mère pianiste.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

En 1839, Charles remporte le grand prix de Rome, et son séjour à la villa Médicis est l’occasion pour lui de découvrir la musique polyphonique italienne, notamment celle de PALESTRINA.

Profondément croyant, il entre au séminaire, mais ne va pas jusqu’à la prêtrise. En 1853, il écrit une pièce pour violon d’après un prélude de BACH. Cette pièce deviendra plus tard son célèbre Ave Maria.

Gounod Ave Maria Norman

En 1851, il compose son premier opéra, Sapho. En 1854, ce sera La Nonne Sanglante, d’après le roman gothique anglais de C.S.LEWIS.

En 1855, il écrit la très belle Messe de Sainte Cécile.

Gounod Messe de Sainte Cécile SanctusCliquez sur l’image

En 1858, il écrit Le Médecin malgré lui, d’après MOLIÈRE.

Gounod Le médecin malgré lui 2

En 1859, c’est la création de son Faust, qui deviendra, et pour longtemps, l’opéra le plus joué au monde, avec notamment le fameux Air des bijoux, popularisé par HERGÉ avec le personnage de La Castafiore.

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur la Callas

En 1863, après une rencontre avec le poète Frédéric MISTRAL, il compose Mireille, d’après le poème de Mistral.

En 1867, il compose son autre énorme succès, Roméo et Juliette. Après cet opéra, sa verve lyrique se tarit, et il ne se consacre plus qu’à la composition d’œuvres sacrées.

Gounod Roméo et Juliette Ah lève toi soleilCliquez sur Roméo

Gounod meurt le 18 octobre 1893 à Saint-Cloud.

Retrouvez un autre aspect de Gounod dans le billet suivant: Gounod mystique.

Contes et légendes, Mythologie, Shakespeare

LES FÉES…

… sont d’exquises danseuses, nous confiait DEBUSSY dans un de ses préludes.

Debussy préludes les fées sont d'exquises danseusesCliquez sur l’image

Historiquement, les sujets d’opéras étaient tirés de contes et légendes d’origine mythologique ou épique. Il ne faut donc pas s’étonner si on y rencontre des fées.

Un des plus grands pourvoyeurs de sujets d’opéra est le grand SHAKESPEARE, notamment avec son Songe d’une nuit d’été, publié en 1600, qui fait intervenir Obéron (le roi des fées) et sa femme Titania (la reine des fées, donc).

Weber Oberon ouvertureCliquez sur l’ouverture d’Oberon de WEBER

Dans son Roland furieux (Orlando furioso), l’ARIOSTE fait intervenir une (méchante) fée, l’enchanteresse Alcina et sa sœur la (bonne) fée Morgane (Fata Morgana en italien.)

Haendel Alcina Ombre pallide PetibonCliquez sur Alcina

Un autre thème épique comportant des fées est la geste arthurienne (billet à venir) avec ses fées Viviane et Mélusine. (Petit rappel : l’enchanteur Merlin tombe amoureux de la fée Viviane, et de leur union naît Mélusine.) Mélusine est l’héroïne de La Magicienne (1858) de HALÉVY, l’auteur d’un opéra très populaire en son temps, La Juive.

Les Fées (Die Feen) est le titre du premier opéra de WAGNER, un opéra de jeunesse très rarement joué, tiré d’une pièce de Carlo Gozzi.

Wagner les fées ouvertureCliquez sur l’image

Le conte de fées Cendrillon de PERRAULT a inspiré ROSSINI avec Cinderella et MASSENET avec Cendrillon, tout comme Walt DISNEY.

Massenet Cendrillon Air de la féeCliquez sur Cendrillon et sa marraine la fée

Le mot fée vient du latin fatum, fata (le destin) aussi retrouve-t-on Fata Morgana (la fée Morgane) dans L’amour des 3 oranges de PROKOFIEV. Celle-ci est terriblement humiliée au début de l’œuvre, mais rassurez-vous, sa vengeance sera terrible !

Prokofiev L'amour des 3 oranges Fata MorganaCliquez sur Fata Morgana

On trouve encore des fées dans les opéras contemporains, par exemple Melusine (1971) de REIMANN.

Reimann MelusineCliquez sur l’image

Et pour terminer, je vous propose de retrouver la face obscure des fées avec les sorcières !

Animation 1, Compositeurs, Histoire de l'opéra

LE GROUPE DES CINQ

Dans le cadre de l’éveil des écoles nationales, des compositeurs russes se sont fédérés autour de BALAKIREV (1836 – 1910) pour former ce qu’on a appelé le Groupe des Cinq. Leur motivation était d’écrire de la musique russe, en se détachant des canons imposés de la musique occidentale. (TCHAÏKOVSKI, très influencé par cette musique occidentale, ne faisait pas partie de ce groupe dont il ne comprenait pas, au début, la musique.)

Ces compositeurs étaient :

Autodidacte pour la musique, Borodine a poursuivi des études scientifiques et devient docteur en médecine. À côté de ses études, il compose néanmoins et a l’occasion de rencontrer Moussorgski. C’est Balakirev qui le fait entrer dans le groupe des cinq en 1862. L’œuvre la plus connue (chez nous) de Borodine est certainement le poème symphonique Dans les Steppes de l’Asie centrale, dédié à Franz LISZT.

Borodine dans les steppes de l'Asie centraleCliquez sur l’image

Il a également écrit de la très belle musique de chambre, ainsi que l’opéra le Prince Igor, célèbre pour ses « Danses polovtsiennes ».

  • César CUI (1835 – 1918)

Ingénieur en génie civil, il rencontre Balakirev en 1856, et c’est à son contact qu’il se met à écrire de plus en plus de musique. Parmi les opéras écrits par César Cui on peut noter un Mademoiselle Fifi (1900) d’après Guy de MAUPASSANT ainsi que deux opéras pour enfants Le petit Chaperon rouge (1911) et le Chat botté (1913).

Cui MagnificatCliquez sur le magnificat

Moussorgski est célèbre pour son opéra Boris Godounov, mais aussi pour les Tableaux d’une exposition ou encore la Nuit sur le Mont Chauve, rendue populaire par Walt DISNEY dans son dessin animé Fantasia.

Moussorgski Une nuit sur le mont chauve FantasiaCliquez sur l’image

Si le club groupe des cinq s’est formé autour de l’autodidacte Balakirev, Rimski-Korsakov en était le véritable ciment, et il a aidé, orchestré, voire complété les œuvres de ses camarades.

Rimsky-korsakov ouverture sur 3 thèmes russesCliquez sur l’image

Mes opéras préférés

JULES CÉSAR EN ÉGYPTE, de HAENDEL (1723)

Opéra de Georg-Friedrich HAENDEL, composé en 1723 et créé à Londres en 1724. Le rôle de Jules César ayant été écrit à l’époque pour un castrat, il est de nos jours chanté par un haute-contre ou par une femme. Le titre italien original est Giulio Cesare in Egitto.

Acte I : À la poursuite de Pompée en déroute, César entre triomphalement en Égypte. Cornélie et Sextus, épouse et fils de Pompée viennent lui demander la paix. César accepte et pardonne généreusement à son adversaire. Achillas apporte au nom de son maître Ptolémée, roi d’Égypte, des cadeaux pour César. Parmi ces cadeaux se trouve la tête tranchée de Pompée. César, indigné par ce geste barbare, chasse Achillas (Air : « Empio, diro, tu sei togliti »).

Haendel Jules César Empio, Diro, Tu seiCliquez sur Jules César (contre-ténor) et ses folles vocalises

Cornélie chante sa douleur (Air : « Priva son d’ogni conforto ») tandis que Sextus se promet de venger le meurtre de son père.

Haendel Jules César Priva son d'ogni confortoCliquez sur Cornélie

Cléopâtre apprend de Nirenus, son confident, la mort de Pompée. Elle sent qu’elle peut tourner la situation à son avantage. Le roi Ptolémée, son frère, paraît. Ils se querellent, lui voulant qu’elle remplisse son rôle de femme, elle lui demandant de s’occuper plus des affaires de l’amour que des affaires de l’État (Air : « Non dispersar, chi sa ? »). Achillas arrive et rapporte à Ptolémée la réaction de César. Devant la fureur de Ptolémée, Achillas promet de tuer César, à condition d’obtenir la main de Cornélie comme récompense.

Devant la cinéraire amphore de Pompée, César médite sur la vanité humaine (Récitatif accompagné : « Alma del gran Pompeo »).

Haendel Jules César en Égypte Alma del gran Pompeo (Deller)Cliquez sur César méditant sur la vanité humaine

Cléopâtre se présente, se faisant passer pour Lydie, une jeune noble qui aurait été dépouillée de ses biens par Ptolémée et venant demander à César de lui rendre justice. Devant sa beauté, César lui promet de l’aider. Elle se cache lorsque Cornélie vient se recueillir devant les cendres de son époux (Air : « Nel tuo seno »).

Haendel Jules César Nel tuo senoCliquez sur Cornélie

Cornélie veut venger Pompée, mais Sextus surgit, qui revendique de venger le meurtre de son père. Cléopâtre, toujours déguisée en Lydie, se propose de les guider jusqu’au tyran. Sextus reprend espoir (Air : « Cara speme, questo core »). Cléopâtre se réjouit d’avoir dressé César et Sextus contre son frère.

César et Ptolémée font assaut de diplomatie feinte, mais dissimulent mal le mépris qu’ils ont l’un pour l’autre. (Air : « Va tacito e nascosto »).

Haendel Jules Va tacito e nascotoCliquez sur Jules César

On conduit César à ses appartements. Cornélie et Sextus arrivent, défiant Ptolémée, lequel n’est pas insensible aux charmes de cette veuve enragée. Il fait arrêter le fils et promet Cornélie à Achillas. Celui-ci offre à Cornélie la liberté si elle se donne à lui (Air : « Tu sei il cor »), mais elle refuse. La mère et le fils se disent adieu avant leur séparation (Duo : « Son nata a lagrimar | son nato a sospirar »). (Dans la vidéo suivante, on entend bien que la voix de contre-ténor est au-dessus de la voix de contralto, ce qui est assez contre-intuitif !)

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur Sextus et Cornélie

Acte II : Aidée de Nirénus, Cléopâtre veut impressionner César en donnant un spectacle où Lydie apparaît sous les traits de la Vertu (Air : « V’adoro, pupille »). César, sous le charme de cette représentation, s’apprête à rejoindre Lydie en ses appartements (Air : « Se in fiorile »).

Dans les jardins du sérail, Cornélie se lamente (Air : « Deh piangete »). Achillas lui propose à nouveau son amour, qu’elle refuse encore. Ptolémée tente à son tour de séduire, puis de forcer Cornélie, qui refuse ses avances (Air : « Si spietati, il tuo rigore »). Demeurée seule, Cornélie s’apprête à mourir. Sextus arrive avec Nirenus et l’en empêche. Nirenus a reçu l’ordre de conduire Cornélie au harem. Il veut cacher Sextus dans le sérail, où il pourra venger son père en frappant Ptolémée avant qu’il n’abuse de sa mère (Air : « L’angue offeso mi riposa »).

Cléopâtre/Lydie attend César et s’en réjouit (Air : Venere bella). César arrive, mais leur rencontre est interrompue par Curion, qui prévient César qu’un complot se trame contre lui. Cléopâtre se trahit tandis que César s’apprête à affronter les conjurés (Air : « Al lampo dell’armi) ». Restée seule, Cléopâtre réalise qu’elle s’est prise à son propre piège. Amoureuse de César, elle appelle sur lui la pitié des dieux (Air : « Se pieta di me non senti »).

Haendel Jules César Se pieta di me sentiCliquez sur Cléopâtre

Dans son harem, Ptolémée s’apprête à abuser de Cornélie. Sextus le menace, mais Achillas intervient. Il annonce que César est mort en se jetant de la fenêtre du palais dans le port. Cléopâtre a pris la tête de l’armée romaine. Il réclame son dû, la main de Cornélie, à Ptolémée qui le lui refuse.

Acte III : Achillas, trahi par Ptolémée, s’est rangé du côté de Cléopâtre. Mais la bataille tourne à l’avantage des Égyptiens de Ptolémée, qui capturent la reine. Cléopâtre croyant César mort, pleure sur son sort (Air : « Piangero, la sorte mia »).

Haendel Giulio Cesare Piangero la sorte miaCliquez sur Cléopâtre et appréciez comment Hendel passe en deux mesures (à environ 4mn12s) de la déploration la plus triste à la fureur ! 

César n’est pas mort, il a traversé le port d’Alexandrie à la nage. Il aborde le rivage, inquiet du sort de son armée et de Cléopâtre (air : « Dall’ondozo periglio salvo mi »). Il se cache quand Sextus et Nirenus approchent. Ces derniers recueillent la confession d’Achillas qui, mourant, leur donne un sceau destiné à rallier ses troupes pour investir le palais royal par un souterrain. Se faisant reconnaître, César prend le sceau et court délivrer Cléopâtre et Cornélie.

Entendant des soldats approcher, Cléopâtre s’apprête à mourir et dit adieu à ses servantes (Air : « Voi, che mie fide ancelli »). Mais les soldats sont ceux de César venus la délivrer. Cléopâtre savoure son triomphe (Air : « Da tempeste il legno infranto »).

Ptolémée s’apprête (encore) à posséder Cornélie, mais Sextus arrive, le tue, et libère Cornélie (air : « Non ha piu che tensere »).

Sextus et Cornélie apportent la couronne et le sceptre de Ptolémée. César remet le diadème royal à Cléopâtre, qui reconnaît être sa vassale. Ils se déclarent leur amour (Duo : « Caro ! (Bella !) Piu amabile belta ») et le chœur se réjouit (ensemble et chœur : « ritorni omai nel nostro core »).

Haendel Jules César Caro - Bella Piu amabile beltaCliquez (enfin) sur César et Cléopâtre

littérature, Oulipo, Poésie

« LE SONNET DES VOYELLES », de RIMBAUD

Après Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi parmi mes poèmes préférés. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images que m’évoque ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, j’ai donc choisi d’illustrer le fameux Sonnet des Voyelles de Rimbaud. (Arthur Arc-en-Ciel pour les Anglos-Saxons.)

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Offenbach duo de la mouche

Cliquez sur la mouche

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;

Berlioz Les Troyens Nuit d'ivresse

Cliquez sur Didon et Enée

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux;

Berlioz Dmnation de Faust Le vieil hiver

Cliquez sur l’image

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Bizet Carmen clairons qui sonnent la retraite

Cliquez sur les clairons qui sonnent la retraite

Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Citations :

Mouches éclatantes : Dans Orphée aux enfers (1858) d’OFFENBACH, Zeus se transforme en mouche pour mieux séduire.

Les ivresses : À l’acte IV de ses Troyens, BERLIOZ nous gratifie du très beau duo « Nuit d’ivresse et d’extase infinie » entre Didon et Enée.

L’alchimie imprime aux grands fronts studieux : Au début de La Damnation de Faust du même Berlioz, l’alchimiste Faust revient sur sa vie passée à la recherche.

Clairon : Dans Carmen (1875) de BIZET, alors que Carmen danse pour Don José, celui-ci entend les clairons qui sonnent la retraite et veut la quitter.

Écrivains, Compositrices, littérature, Poésie

Guillaume APOLLINAIRE (1880 – 1918)

Né à Rome le 26 août 1880, Guillaume Apollinaire de KOSTROWITSKY est un poète du début du XXe siècle, proche des avant-gardes de son époque. Sa mère, d’origine polonaise, s’installe à Monaco, puis en France, où le petit Guillaume fait donc ses études.

En 1900, Guillaume (qui s’appelait encore Wilhelm) s’installe à Paris où, dès 1901, il publie des poèmes. Très vite, il prend son cinquième prénom, Apollinaire, comme pseudonyme, et signe donc Guillaume Apollinaire.

En 1907, PICASSO lui fait rencontrer Marie LAURENCIN, avec qui il entretient une liaison tumultueuse. Ses autres amis peintres s’appellent, DERAIN, de VLAMYNK ou le douanier ROUSSEAU. Marie lui inspirera le poème « Marie », publié dans le recueil Alcools.

Poulenc Apollinaire MarieCliquez sur l’image

En 1911, il publie son premier recueil de poésies, le Bestiaire ou le Cortège d’Orphée qui sera mis plus tard en musique par POULENC.

Poulenc Apollinaire le bestiaireCliquez sur le Bestiaire

En 1913, il publie son recueil Alcools. Arthur HONEGGER en tirera six mélodies entre 1915 et 1917.

Honegger Apollinaire les SaltimbanquesCliquez sur les Saltimbanques

En 1914, il veut s’engager dans l’armée française, mais doit d’abord faire une demande de naturalisation pour y arriver. Il fait la connaissance de celle qu’il appellera Lou, et les poèmes qu’il lui envoie dans ses lettres seront publiés sous le titre Poèmes à Lou. En mars 1916, il est gravement blessé à la tête et doit être évacué à Paris, où il est opéré.

En 1917, il crée le terme « surréaliste » pour le programme du ballet Parade, de SATIE, COCTEAU et Picasso, monté par les Ballets russes. Cette même année, il écrit la pièce féministe (ou pas !) Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes et un prologue. Cette pièce sera mise en musique par la compositrice Germaine ALBERT-BIROT (1877 – 1931), avant que Poulenc ne produise sa propre version en 1947.

Poulenc Apollinaire les Mamelles de TirésiasCliquez sur l’image

En 1918 paraît un nouveau recueil de poésie, les Calligrammes, pour lesquels la typographie même contribue à donner du sens au poème.

Apollinaire Calligramme

Il meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, à l’âge de 38 ans.

Et je vous propose, pour mieux découvrir le poème « Sanglots » extrait des Banalités mises en musique par Poulenc, une classe de maître extrêmement intéressante :

Mes opéras préférés

LA PETITE RENARDE RUSÉE, de JANACEK (1922 – 1923)

Opéra panthéiste de JANACEK, écrit en 1922 et 1923, et créé à Brno le 24 novembre 1924, d’après un roman paru en feuilleton dans un journal de Brno en 1920. À la différence de bien des œuvres très sombres de Janacek (Jenufa, Katia Kabanova), la Petite Renarde rusée (Prihody lišky bistroušky) est un conte accessible aux enfants.

Acte I : Animaux et insectes dansent dans la forêt quand le garde-chasse arrive. Fatigué, il s’allonge et s’endort et les animaux reprennent leur agitation autour de lui. Une grenouille qui chasse un moustique le réveille. Il voit la renarde et l’attrape pour la ramener à la maison pour ses enfants.

Janacek la petite renarde rusée acte I scène ICliquez sur la renarde et la grenouille

Lapàk, le chien, confie à la renarde que les nuits de pleine lune, il chante l’amour, mais sans savoir ce que c’est. La renarde lui répond qu’elle a vu ça dans la forêt avec les autres animaux. Les enfants du garde-chasse taquinent la renarde, elle mord l’un d’eux à la jambe. Le garde-chasse l’attache. Elle s’endort et rêve de renards libres et qui s’aiment. À son réveil, elle voit arriver la basse-cour, et les poules qui caquettent autour du coq. Elle les pousse à la rébellion contre ce coq qui les exploite. Puis elle fait semblant d’être morte pour que les poules s’approchent, avant de se précipiter sur elles et de les égorger. Elle s’enfuit devant le garde-chasse et sa femme.

Acte II : De retour dans la forêt, la renarde s’en prend au blaireau, et finit par le chasser de son terrier. Pendant ce temps chez les hommes, le garde-chasse, l’instituteur et le curé jouent aux cartes. L’instituteur est sur le point de se marier. Le garde-chasse fait un parallèle entre les soucis que lui cause la renarde, et l’obsession que provoque l’idée du mariage chez l’instituteur. Le curé rentrant chez lui se rappelle sa jeunesse. Il reconnaît qu’après un amour malheureux, il est toujours attiré par les femmes.

Un renard paraît, la renarde lui raconte son séjour chez les humains. Suit une scène de séduction, le renard lui disant qu’elle est belle. Elle se demande si elle doit le croire. Le renard lui fait alors une grosse drague, dans laquelle elle tombe à pieds joints.

Janacek la petite renarde rusée Acte II scène IICliquez sur la renarde et le renard

Les animaux de la forêt les surprennent ensemble. Vu l’état dans lequel est maintenant la renarde, il ne reste plus qu’une solution, aller voir le pivert pour qu’il célèbre le mariage. L’acte se termine sur une irrésistible bacchanale animale.

Janacek la petite renarde rusée fin acte IICliquez sur l’irrésistible bacchanale animale

Acte III : Un vagabond braconne dans la forêt. Comme il s’apprête à ramasser un lièvre mort, le garde-chasse apparaît et lui demande comment vont ses amours. Le vagabond répond qu’il est sur le point de se marier avec Thérèse, l’ancienne fiancée de l’instituteur. En voyant le lièvre, le garde-chasse voit la marque de la renarde et installe un piège, mais quand la renarde arrive, avec le renard et les petits renardeaux, elle voit le piège et les prévient du danger. Le vagabond arrive avec des poules. La renarde en attrape une. Le vagabond tire et tue la renarde.

Janacek la petite renarde rusée Acte III scène ICliquez sur les renardeaux

À l’auberge, le garde-chasse et l’instituteur discutent. L’instituteur dit que sa Thérèse va se marier ce jour même. La patronne dit qu’elle a un manchon en fourrure de renard.

Le lendemain, le garde-chasse qui célèbre le mois de mai, le mois des amours, reconnaît dans la forêt une fille de la renarde, qui ressemble à sa mère. Il comprend alors que la renarde n’est pas tout à fait morte, que la vie continue et se renouvelle.

Janacek la petite renarde rusée Acte III finalCliquez sur les animaux de la forêt