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QUELS ANNIVERSAIRES FÊTER CE 29 FÉVRIER

Eh oui, on est le 29 février, puisque 2024 est une année bissextile. Alors quels anniversaires peut-on fêter, en ce jour qui ne revient qu’une fois tous les quatre ans, et encore ?

Pour commencer, on peut fêter un joyeux anniversaire à Gioacchino Rossini, naît le 29 février 1792, il y a tout juste 55 ans (rappel, les années se terminant par 00 ne sont pas bissextiles.) Est-ce pour celà que Rossini a su donner un caractère si pétillant à sa musique ?

Je vous propose ainsi d’écouter le duo des chats, dont les paroles sont dues aux célèbres duettistes Havre et Caumartin. Il est d’ailleurs piquant de remarquer que Ludovic Caumartin est lui-même né le 29 février 1833.

Cliquez sur le duo des chats

Sinon, on peut noter qu’en 1828, on a créé la Muette de Portici de D.-F.-E Auber, œuvre qui a donné deux ans plus tard à Bruxelles le signal de la révolution belge, devant aboutir à la création de ce pays.

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En 1836, c’est un 29 février qu’a été créé les Huguenots, de Meyerbeer, opéra qui a lancé les bases du Gof (Grand opéra à la française.)

Cliquez sur Valentine

Enfin, last but not Liszt, comme disent les musiciens, c’est le 29 février que le dessinateur Christophe a choisi comme date de naissance pour son héros le Sapeur Camember, un ancêtre de la bande dessinée. C’est en l’honneur de ce héros que la seule revue paraissant tous les 29 février porte le titre la Bougie du sapeur.

Mes opéras préférés

BEATRICE DI TENDA, de BELLINI (1833)

Vu récemment à l’opéra de Paris qui a exhumé cette partition non jouée depuis près de 190 ans, Beatrice di Tenda (Béatrice de Tende) est le dernier opéra écrit par Bellini pour l’Italie. La faiblesse de son livret (son librettiste, Romani, était trop occupé pour soigner son travail), peut expliquer son échec à Venise où il ne connaîtra que trois représentations. Fatigué par la censure que l’occupant autrichien faisait régner en Italie et blessé par cet échec, Bellini décidera de quitter son pays pour tenter sa chance en France.

Le pitch : À Milan où règne un tyran, Filippo (baryton), la femme de celui-ci, Béatrice (soprano) est aimée d’un révolutionnaire, Orombello (ténor). Filippo n’aime plus Beatrice et lui préfère Agnese (mezzo). Agnese aime Orombello. Se rendant compte que lui ne l’aime pas, elle va par jalousie trahir Orombello et Beatrice pour se rapprocher de Filippo.

On est donc en plein dans le schéma (S+T/B+M) de l’opéra vu par G.-B. Shaw où une soprano et un ténor s’aiment, mais leur amour est contrarié par un baryton et une mezzo.

Acte I : Filippo quitte une fête qu’il donne dans son palais. Il n’aime plus sa femme Beatrice, qui lui a pourtant apporté sa richesse en dot, quand il était encore idéaliste. Il lui reproche de s’intéresser aux beaux jeunes hommes qui constituent les forces vives de son duché. Filippo aime à présent Agnese, une jeune progressiste qu’il entend chanter dans le lointain, accompagnée par Orombello.

Agnese attend près du palais quand arrive Orombello qui cherche Beatrice pour traiter d’affaires. Agnese, qui aime Orombello, fait parler le jeune homme qui finit par lui avouer qu’il aime Béatrice. Jalouse, furieuse, Agnese va se venger.

Cliquez sur Agnese et Orombello

Dans ses jardins, Beatrice sait que Filippo va la faire arrêter pour se débarrasser d’elle. Ses femmes de compagnie essaient de lui remonter le moral. Beatrice s’excuse d’être la cause de leurs souffrances et de celles du peuple, victimes de la tyrannie de Filippo qui a oublié les idéaux de sa jeunesse. Elle chante un chant de résistance et de solidarité.

Cliquez sur Beatrice et les demoiselles

Quand Filippo entre, Beatrice se retire. Rizzardo, le frère d’Agnese souligne son manque de respect. Agnese apporte à Filippo ce qu’elle présente comme des preuves de la trahison de Beatrice. Filippo ordonne à ses gardes de lui amener sa femme. En larmes, celle-ci lui reproche les années de souffrance que lui a valu sa jalousie. Filippo veut traîner sa femme devant le tribunal pour la faire condamner.

Cliquez sur Filippo et Beatrice

Beatrice, seule dans le jardin, pense à son premier mari. Elle se sent si seule. Orombello arrive et lui dit que non, elle n’est pas seule. Un mouvement populaire se prépare contre le tyran, et il lui propose d’en prendre la tête. Il finit par avouer son amour à Beatrice qui, d’abord horrifiée, finit par s’avouer qu’elle aussi aime Orombello. Filippo, caché, a tout entendu et les fait arrêter.

Acte II : Alors que les hommes sortent d’une séance de torture d’Orombello, les femmes leur demandent ce qu’ils ont vu. Ils sont très gênés de dire qu’on lui a crevé les yeux et rompu les os. Sous la souffrance, Orombello a fini par avouer son adultère avec Beatrice.

Cliquez sur le chœur

Filippo veut croire que ses actes sont faits au nom de la justice. Anichino, le frère d’Orombello l’avertit du soulèvement populaire qui s’annonce. Filippo ordonne qu’on ferme les issues du palais.

Le procès truqué de Béatrice commence. Agnese y assiste sans pouvoir se réjouir du tout qu’ont pris les choses. On fait venir Orombello qui, devant Beatrice, crie son innocence, que ses aveux lui ont été arrachés sous la torture. Beatrice lui chante une chanson tendre, le suppliant de ne pas mourir. Devant cette scène, Filippo commence à être pris de compassion, mais les jurés, qu’il a payés pour faire condamner sa femme, ne veulent pas céder, et ordonne que l’on torture Beatrice à son tour.

Agnese, honteuse, tente de fléchir Filippo mais celui-ci, qui ne pense qu’à elle, lui répond que la couronne de Beatrice lui appartiendra bientôt.

On entend dans les coulisses les cris de Beatrice, qui n’avouera rien. Quand on demande à Filippo de signer la condamnation à mort de sa femme, il ne peut pas. Mais la révolte qui couvait éclate. Filippo signe alors la condamnation de Beatrice.

On fait venir Beatrice brisée, mourante, mais qui se réjouit que des jours meilleurs vont bientôt arriver. Émue, Agnese se précipite et avoue son forfait et demande son pardon. Beatrice ne veut pas lui pardonner. On entend au loin la voix d’Orombello mourant, mais qui a encore la force de chanter la force du pardon. Beatrice pardonne à son tour à Agnese.

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Beatrice meurt.

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris en 2024 et le programme associé.)

Compositrices, Poésie

Sophie LACAZE (née en 1963)

(photo Guy Bompais)

La compositrice Sophie LACAZE naît le 9 septembre 1963 à Lourdes.

Dans une interview (cf. le lien en fin d’article), Sophie raconte qu’un matin, elle avait alors 14 ou 15 ans, elle s’est réveillée en sachant qu’elle deviendrait compositrice.

Elle suit des études scientifiques, obtient son diplôme d’ingénieur à Toulouse tout en étudiant la musique au CNR de cette même ville. Elle entre par la suite à l’École normale de Musique de Paris, d’où elle sort avec un diplôme de composition.

Sophie Lacaze travaille ensuite avec Antoine Tisné, Allain Gaussin et Philippe Manoury avant d’aller étudier à Sienne avec Franco Donatoni et Ennio Morricone. Elle a également suivi les cours de Pierre Boulez au Collège de France. Elle aborde aussi le théâtre musical auprès de Georges Aperghis.

En 1998, lors de son premier voyage en Australie, elle découvre la culture aborigène. En 2002, elle est invitée en résidence à l’Electronic Music Unit de l’Université d’Adélaïde.

Sophie Lacaze a su développer une esthétique musicale personnelle visant à retrouver la vocation première de la musique dans son aspect incantatoire, rythmique ou dansant, tout en portant une attention particulière aux timbres.

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Son œuvre est jouée dans le monde entier et comprend (aujourd’hui) une centaine de numéros d’opus, allant d’œuvres pour solistes ou pour orchestre à des œuvres avec voix ou accompagnées de danses, en passant par 3 opéras.

Sophie Lacaze occupe une place importante dans la défense de la musique contemporaine, créant par exemple le Printemps Musical d’Annecy, en grande partie dédié à la création musicale, festival qu’elle dirigera pendant 5 ans, comme aussi le Festival Turbulences Sonores de Montpellier ou le Festival Musiques Démesurées de Clermont-Ferrand.

Sophie Lacaze attache beaucoup d’importance à la transmission. Ainsi, plusieurs de ses œuvres ont été pensées pour les enfants. Elle a aussi enseigné la composition et l’histoire de la musique à l’Université Paul Valéry de Montpellier pendant une douzaine d’années.

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En 2009, Sophie Lacaze reçoit le grand prix lycéen Compositeurs, et en 2010 le prix Claude Arrieu de la Sacem pour l’ensemble de son œuvre. En 2023, elle fait partie des 100 lauréates de « Femmes de Culture ».

En 2013, elle crée l’association Plurielles 34, qu’elle présidera jusqu’en 2020. C’est Claire Renard qui lui succédera à la tête de cette association.

Sophie Lacaze travaille en collaboration avec des comédiens et des metteurs en scène, ainsi que des danseurs et des chorégraphes. Parmi eux, Alain carré lui a écrit les livrets de Marco Polo, du Petit Prince, ou de l’Étoffe inépuisable du rêve (création en 2024 au Printemps des Arts de Monte-Carlo).

Cliquez sur la bande-annonce

Pour vous permettre d’apprécier son œuvre, en voici donc quelques extraits.

Cliquez sur en Quête
Cliquez sur le pianiste
Cliquez sur le quatuor avec accordéoniste et récitante

Ou encore l’Espace et la Flûte, sur des poèmes de Jean Tardieu illustrés par Picasso.

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Sophie Lacaze a aussi rendu hommage à Hildegarde von Bingen, comme dans la pièce O Sapientia.

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En 2024 a été créé À la surface de l’eau, sur des poèmes japonais.

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Interview intéressante où Sophie Lacaze s’exprime sur son métier de compositrice :

https://www.stretta-music.fr/journal/portraits/vocation-compositrice-entretien-avec-sophie-lacaze

Et pour en savoir beaucoup plus sur Sophie Lacaze et sa musique, une seule adresse, son site internet : https://www.sophielacaze.com/

(Cet article a été relu (et amélioré) par Sophie Lacaze avant sa parution).

Bande dessinée, littérature

LES BIJOUX DE LA CASTAFIORE (1963), de HERGÉ.

Si vous avez lu mon article Hergé et l’opéra, vous connaissez déjà la présence de la musique dans l’œuvre d’Hergé, mais aujourd’hui, je voudrais revenir sur l’album les Bijoux de la Castafiore, qui présente le plus de référence à la musique dite classique.

Alors qu’au fil des aventures, le jeune reporter s’est déplacé partout sur Terre, du pays des soviets à l’Amérique, de l’Égypte au Pays de l’Or noir, en passant par l’Amérique du Sud, ou des pays d’un Balkan imaginaire. Il est même allé sur la Lune dans On a marché sur la lune.

Les Bijoux de la Castafiore, une de ses dernières aventures, se passe sans aucun voyage, dans le château de Moulinsart, propriété du capitaine Haddock. Et même pour Haddock, il passe une bonne partie de l’album cloué dans un fauteuil victime d’une entorse qui l’empêche de marcher.

Au début de cette aventure « immobile », Tintin et Haddock se promènent dans les bois quand ils voient un camp de romanichels. Tintin les invite à s’installer dans le parc du château, où ils seront mieux.

Mais une nouvelle tombe, sous la forme d’un télégramme. C’est la Castafiore qui s’invite, avec Igor Wagner, son pianiste, et sa camériste. Le nom d’Igor Wagner ne doit rien au hasard. Il est formé du prénom d’Igor Stravinky et du nom de Richard Wagner.

Cliquez sur le rossignol (pas milanais)
Cliquez sur l’image

La Castafiore, qui n’arrive pas à prononcer correctement le nom Haddock l’affuble d’à peu près plus ou moins ressemblants, dont un très musical Bartok ! Bien entendu, Bianca Castafiore, le rossignol milanais, ne manque pas de chanter le fameux « air des bijoux », extrait du Faust de Gounod.

Cliquez sur le rossignol milanais

La presse locale se fait l’écho de la présence de la cantatrice mondialement connue par ses rôles de Verdi, Rossini, Puccini, Gounid, euh, non Gounod ! Malheureusement, très vite des objets commencent à disparaître, ce qui nous vaut le récurrent « Ciel, mes bijoux » de la Castafiore, chaque fois qu’elle croit les avoir perdus. La police arrive, en la personne des Dupont Dupond. Et comme ils arrivent toujours trop tard, Haddock leur demande s’ils ont fait leur service chez les carabiniers d’Offenbach. Ceci est une allusion à l’opérette les Brigands, d’Offenbach, où les brigadiers chantent « Nous sommes, les carabiniers, la sécurité des foyers, mais par un malheureux hasard, nous arrivons toujours en retard ».

Cliquez sur les carabiniers

Une bonne partie de l’album est rythmé par les gammes du pianiste. Parmi les individus qui rôdent autour du château figurent des paparazzis, toujours à la recherche d’un scoop. Et c’est en lisant un journal relatant un concert à Milan où la Castafiore interprétait l’opéra de Rossini la Gazza ladra (la Pie voleuse), que Tintin trouve le fin mot de l’histoire.

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Attention spoiler, si vous ne voulez pas connaître le fin mot de l’histoire, arrêtez votre lecture ici ! Le voleur ne se trouve pas chez les romanichels, ce n’est pas non plus Igor Wagner malgré son comportement louche, c’est tout simplement une pie attirée par tout ce qui brille.

Compositrices, Contes et légendes, Divers, Mythologie

LES ANIMAUX FANTASTIQUES – 2 – SPHINX, SIRÈNES ET AUTRES.

Ayant récemment visité l’exposition Les Animaux fantastiques au Louvre-Lens, quelques idées de mise en musique me sont venues à l’esprit.

Depuis la plus haute antiquité, et dans toutes les civilisations, des créatures fantastiques hantent l’imaginaire collectif. La puissance imaginaire de ces créatures est toujours vivace aujourd’hui, où on la retrouve dans toutes sortes de médias modernes, comme le cinéma, la bande dessinée, le jeu vidéo ou encore cette partie de la littérature que l’on appelle fantasy.

Les Métamorphoses d’Ovide.

Cinq animaux emblématiques peuplent l’exposition : Dragons, griffons, sphinx, licornes et phénix, mais d’autres créatures font également leur apparition.

J’ai déjà traité des dragons dans un premier billet sur les animaux fantastiques.

Le Sphinx : Le sphinx est un personnage central dans toutes les représentations mettant en scène Œdipe. Ainsi dans Œdipe, d’Enesco, la sphinge pose à Œdipe la question, « qu’est-ce qui est plus fort que le destin ? » Œdipe connaît la réponse, ce qui causera la mort de la sphinge.

Cliquez sur la sphinge

Le griffon : je n’ai pas trouvé de représentations des griffons dans le domaine musical.

Les licornes : Dans l’adaptation assez libre des aventures de Tintin par Spielberg, le Secret de la licorne, on retrouve Bianca Castafiore, le Rossignol milanais, pour qui le compositeur John Williams a écrit une partition.

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La Dame à la licorne est un ballet de Jacques Chailley chorégraphié par Heinz Rosen, dont les décors et les costumes sont signés Jean Cocteau.

Le phénix : …

Les autres animaux fantastiques : Parmi les autres créatures fantastiques, on trouve les sirènes. Les sirènes, dans la mythologie grecque, étaient des créatures marines mi-femmes, mi-oiseaux. Musiciennes, elles étaient dotées d’une voix telle que quand un marin les entendait, il était fatalement attiré vers elles et se noyait.

Cliquez sur les sirènes

Dans Alcina de Haendel, écrit d’après l’Orlando furioso, la magicienne Alcina transforme ses anciens amants en monstres affreux qui veillent sur son royaume enchanté. Heureusement, Ruggiero réussira à vaincre ses enchantements et à libérer les malheureux.

Cliquez sur Ruggiero libérant les malheureux

Dans la fameuse scène de la Gorge aux loups du Freischütz de Weber, scène où Max et Kaspar invoquent le diable à minuit dans une gorge perdue au fond de la forêt, toutes sortes d’animaux fantastiques font leur apparition.

Cliquez sur la fameuse scène de la gorge aux loups

Le Freischütz est dernier avatar du mouvement gothique et le premier opéra vraiment romantique. Comment dès lors ne pas penser aux loups-garous et autres vampires qui illustrent ce mouvement littéraire ?

Cliquez sur l’ouverture du Vampire de Marschner

Dans Les Trachiniennes, Sophocle nous raconte la mort d’Héraclès, tué par sa femme Déjanire qui, jalouse, a enduit la tunique de Nessus (un centaure vaincu par Héraclès dans ses douze travaux) du sang de l’hydre de Lerne (un autre monstre tué par Héraclès), pour le rendre fidèle. Malheureusement, c’est en revêtant cette tunique empoisonnée que le héros trouve la mort. Déjanire se tuera quand elle comprendra son erreur. Cette pièce a servi de base à Haendel pour son oratorio Hercules.

La légende de Déjanire a également été portée à l’opéra par Camille SAINT-SAËNS en 1898 aux arènes de Béziers. (Attention, rareté !)

Saint-Saëns DéjanireCliquez sur l’image

(Source principale : l’exposition Animaux fantastiques du Louvre-Lens, du 27 septembre 2023 au 22 janvier 2024.)

Et pour prolonger ce petit tour des animaux fantastiques, je vous propose de vous rendre sur les pages que l’éminent vexillologue qu’est John Duff a consacrées à ces aimables bestioles.

Cinéma, Contes et légendes, Mythologie

LES ANIMAUX FANTASTIQUES – 1 – LES DRAGONS

Ayant récemment visité l’exposition Les Animaux fantastiques au Louvre-Lens, quelques idées de mise en musique me sont venues à l’esprit.

Depuis la plus haute antiquité, et dans toutes les civilisations, des créatures fantastiques hantent l’imaginaire collectif. La puissance imaginaire de ces créatures est toujours vivace aujourd’hui, où on la retrouve dans toutes sortes de médias modernes, comme le cinéma, la bande dessinée, le jeu vidéo ou encore cette partie de la littérature que l’on appelle fantasy.

Cinq animaux emblématiques peuplent l’exposition : Dragons, griffons, sphinx, licornes et phénix, mais d’autres créatures font également leur apparition.

Les dragons : Sponténement, quand on me dit dragon et opéra, je pense à Wagner et à son Siegfried où le géant Fafner, après avoir volé l’Or du Rhin, se métamorphose en dragon pour mieux veiller sur cet or, dans une grotte perdue au milieu de la forêt.

Cliquez sur Siegfried et le dragon

On peut noter que déjà dans l’Or du Rhin, le nain Alberich, à l’origine de la malédiction de l’anneau, se métamorphose d’abord en dragon, puis en crapaud. C’est sous cette forme que Wotan et Loge le capturent pour lui voler son anneau maudit.

Cliquez sur Alberich transformé en dragon

En cherchant un peu, on trouve aussi deux dragons dans Sémélé de Haendel. En effet, Sémélé habite un palais que Jupiter a fait construire pour elle, palais qui est gardé par deux féroces dragons. Pour pouvoir accéder à Sémélé, la jalouse Junon fait appel à Somnus, le dieu du sommeil, pour endormir ces dragons.

Cliquez sur Junon et Somnus

Au début de la Flûte enchantée de Mozart, un redoutable serpent, proche d’un dragon, attaque le prince Tamino.

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Dans l’Apocalypse de Jean, la lutte des anges contre le Dragon et la Bête de l’Apocalypse devient une lutte du bien contre le mal. Messiaen a illustré ce combat dans son Quatuor pour la fin du temps.

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Certains animaux fantastiques sont spécialisés dans la protection rapprochée des souverains. Sphinx et griffons gardent les trônes dans l’antiquité proche tandis qu’en Extrême-Orient, les dragons et les phénix protègent empereurs et impératrices.

Il y avait un très joli dragon chinois dans Nixon in China, et c’est d’ailleurs dans le costume du dragon que le chef d’orchestre Gustavo Dudamel est revenu sur scène lors des représentations de l’Opéra Bastille.

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(Source principale : l’exposition Animaux fantastiques du Louvre-Lens, du 27 septembre 2023 au 22 janvier 2024.)

Et à bientôt pour une nouvelle série d’animaux fantastiques.

Contes et légendes, Mes opéras préférés

ZÉMIRE ET AZOR, de GRÉTRY (1771)

Zémire et Azor est une comédie-ballet de Grétry, composée sur un livret de Marmontel. Elle a été créée en 1771 devant le roi (Louis XV) et la Dauphine (Marie-Antoinette). Cette pièce a connu un grand succès et a été jouée un peu partout en Europe.

Le pitch : la Belle et la Bête au pays des mille et une nuits. Un riche marchand, Sander, a trois filles : Fatmé, Lisbé et Zémire. Avant de partir en voyage sur la mer, il a promis à ses filles des bijoux et des parures. Zémire, elle, n’a demandé à son père qu’une rose. Après un naufrage, le marchand a tout perdu. Il est jeté sur la côte avec son serviteur, Ali, et se retrouve dans un palais aussi étrange qu’inquiétant. Voyant un rosier, il cueille la rose promise à Zémire quand un être affreux apparaît, en colère, lui demandant pourquoi il a volé une de ses roses. C’est Azor, qu’une fée a transformé en être hideux et repoussant. Il ne pourra reprendre forme humaine que s’il réussit à inspirer un amour sincère à une jeune fille, et croyez-moi, c’est mal parti pour lui !

Acte I : Après avoir été jetés sur la côte, Sander et Ali sont pris dans un orage. Ils se réfugient dans un palais, où un festin somptueux apparaît comme par magie. Voyant un rosier, Sander cueille une rose pour sa fille Zémire quand apparaît un monstre. C’est le prince Azor, maître de ce château. Sander explique qu’il ne pensait pas à mal et qu’il a cueilli cette rose pour sa fille. (Air: « la pauvre enfant »).

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Sander doit payer ce vol de sa vie, mais il obtient d’Azor de revoir ses filles, et si l’une d’elles veut prendre sa place, il aura la vie sauve.

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Acte II : Les trois sœurs attendent leur père et les cadeaux qui vont avec. Sander arrive, et leur annonce qu’il est ruiné.

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Alors que Fatmé et Lisbé se désolent, Zémire reçoit avec bonheur la rose promise par son père (Air : « Rose chérie »).

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Elle comprend que quelque chose le tracasse et, interrogeant habilement Ali, lui fait avouer le funeste pacte qui lie à Sander à Azor. Elle profite du sommeil de son père pour partir avec Ali chez Azor.

Acte III : Dans son palais, Azor se plaint du sort qu’une fée lui a infligé : seul un vrai amour pourra le délivrer de son apparence monstrueuse. Mais comment se faire aimer quand on est si laid ? Zémire arrive dans le palais, mais la vue d’Azor la fait frémir d’horreur. Pourtant, elle est prête à l’écouter si elle ne le regarde pas. Elle se laisse convaincre par la dignité et la douceur de son discours (Air : « du moment qu’on aime »),

Cliquez sur Azor

Zémire, émue, accepte de chanter pour lui (Air : « la Fauvette et ses petits »).

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Alors qu’elle s’inquiète de sa famille, Azor la fait apparaître dans un tableau magique, et Zémire peut constater que son père meurt d’inquiétude pour elle. Azor accepte de la laisser partir pour revoir son père, et lui confie un anneau magique. Elle doit revenir avant la nuit et si elle retire cet anneau, elle sera transportée dans le château d’Azor. Sinon, elle restera parmi les siens, et Azor, trahi, n’aura plus qu’à mourir.

Acte IV : Zémire rassure son père, et lui annonce son intention de retourner chez Azor, qu’elle appelle son ami. Son père, redoutant quelque diablerie, essaye de la retenir. Pendant ce temps, Azor se morfond en son château (Air : « le soleil s’est caché »).

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La nuit approche et Azor ne voit pas revenir Zémire. Soudain, celle-ci arrive, et Zémire finit par lui avouer son amour. Désormais, le charme est rompu, Azor redevient un prince tout à fait charmant, et offre à Zémire son amour et son trône. La fée fait revenir auprès d’elle sa famille, tout en proclamant la supériorité de la bonté sur la beauté.

(Source principale : la production de 2023 de l’Opéra-Comique, et le livret qui va avec.)

Agenda Ironique

ON PURGE VÉDIK

Ce mois-ci, c’est Photonanie qui héberge l’ Agenda Ironique.

Etkwacéti qu’elle nous demande, Photonanie ?

  • D’habitude le choix de la forme est laissé libre, mais j’aimerais changer un peu en demandant cette fois un acte (ou plus) d’une pièce de théâtre. On peut évidemment se trouver au début, au milieu ou à la fin de la pièce, au choix. Cela implique donc un minimum de didascalies pour se situer (informations sur des éléments que les répliques ne permettent pas de connaître).
  • J’aimerais aussi y voir un zeugme (le mot est bizarre mais c’est assez simple. Pour vous guider, je vous propose un exemple de Pierre Desproges : Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.) 😉
  • Et puis aussi y glisser les mots ponceau, sardonique, kathisophobie et fichtre.

Pour le reste c’est comme vous voulez pour autant que ce soit ironique 😁.

Mais tout celà est tellement mieux esspliqué chez elle que le mieux, c’est d’aller y faire un tour.

Et pour faire bonne mesure, j’ai également repris les consignes de l’A.I. du mois de Janvier, qui était organisé de main de maître par Tiniak.

Acte I scène 1 : Le rideau ponceau s’ouvre sur une fenêtre. Par la fenêtre ouverte, force est de constater que la scène est vide au moment de ce lever de rideau. Lucien et Julie Brindavoine entrent. Lucien tient un dictionnaire dans la main.

Lucien (compulsant son dictionnaire) :

Les îles Hébrides ?…

Zébrides

Zébrides…

Julie, Julie !

Zé ! Zé ! Zé ! Zé !

Incroyable !

Zèbre, zébré, zébrure, mais pas de zébrides.

On ne trouve rien dans ce dictionnaire !

Ainsi commence (presque) On purge Bébé de Feydeau, adapté en 2022 à l’opéra par Philippe Boesmans.

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Julie se précipite sur le dictionnaire. Voyant que son mari avait cherché les Hébrides à la lettre « Z », elle éclate d’un rire sardonique, et cherche à son tour.

Tiens, tu vas voir comme c’est dans les Z.

(elle parcourt la colonne des mots.)

E, é, ébranler, ébrécher…

Mais c’est dans les E, voyons !

Ébroïciens… Mais, ça n’y est pas ! Fichtre, je ne comprends pas, ça devrait y être !

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Acte I scène 2 : Cathy, l’enfant de Lucien et Julie pour qui ses parents cherchent où se trouvent les Hébrides, entre en scène. Elle reste debout car sa phobie, à Cathy, c’est la kathisophobie. Amoureuse, elle effeuille une marguerite en pensant à Védik, son amoureux.

Il m’aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout, un peu beaucoup, à la folie

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– Ah, il m’aime à la folie ! Il faut que je l’entende, vite, je vais lui passer un coup de bigophone !

Acte I scène 3 : Le téléphone sonne dans la salle d’armes de Védik, un escrimeur en train de s’entraîner avec entrain et sa flamberge.

– Ah Julie, c’est toi, le parangon de mon amour ! (il entame une chansonnette)

Cliquez sur la chansonnette

Acte I scène 4 : Julie et son amoureux se sont donné rendez-vous dans un bar à vin pour y déguster de la liqueur de pampre ou une petite mousse.

Les deux : Et maintenant, chantons à notre amour !

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+ + + RIDEAU + + +

Citations musicales :

les Zébrides : Ouverture des Hébrides (la Grotte de Fingal) de Mendelssohn.

Ébroïcien : Costeley, compositeur mort à Évreux : Mignonne allons voir si la rose, sur un poème de Ronsard.

À la folie : Ambroise Thomas Hamlet, air de la folie d’Ophélie.

Une chansonnette : Berlioz la Damnation de Faust « Ange adoré »

Chantons à notre amour : Verdi la Traviata « Libiamo ».

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

Alfred de MUSSET (1810 – 1857)

Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810. Fils d’une famille aristocratique, il suit des études classiques, qui ne l’intéressent guère, et commence à écrire très tôt. En 1829, il publie son premier recueil de poésies, les Contes d’Espagne et d’Italie.

Fin 1830, Musset a donc 20 ans quand il publie sa première pièce de théâtre, la Nuit vénitienne. L’insuccès de cette pièce fera qu’il se bornera ensuite à écrire pour la Revue des deux mondes, sans chercher à faire représenter son œuvre. La Coupe et les Lèvres (1831), paru ainsi dans un Spectacle dans un fauteuil, le premier recueil de ces pièces, servira d’argument à Puccini pour son deuxième opéra, Edgar.

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En 1832, il écrit André del Sarte, qui sera adapté à l’opéra 150 ans plus tard par Daniel-Lesur, sous le titre Andrea del Sarto (1968).

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En 1833, Musset part à Venise avec son amante, George Sand, mais le couple ne dure pas longtemps, Alfred fréquentant les grisettes pendant que George est malade. Elle se réfugie alors dans les bras de son médecin alors qu’Alfred tombe malade à son tour. Il restera de cette liaison un des chefs-d’œuvre de Musset, Lorenzaccio (1834), écrit sur un texte aimablement fourni par Sand, ainsi que le roman autobiographique les Confessions d’un enfant du siècle (1836).

Auparavant, il avait écrit les Caprices de Marianne en 1833, qui fera l’objet d’une adaptation à l’opéra par Henri Sauguet en 1954.

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1834 est l’année d’On ne badine pas avec l’amour. Saint-Saëns écrira une musique de scène en 1917. C’est aussi l’année de Fantasio, qui sera mis en musique en 1872 par Offenbach, alors qu’Ethel Smyth écrira son premier opéra, Fantasio, en 1898.

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En 1835, c’est le Chandelier. Offenbach écrira une suite avec l’opéra-comique la Chanson de Fortunio (1861), et Messager Fortunio (1907).

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Musset se sépare définitivement de George Sand. Musset tombe amoureux d’une femme mariée. Leur liaison dure trois semaines, mais les deux êtres resteront amis pendant 22 ans. C’est chez elle qu’il rencontre une cousine, avec qui il entame une liaison durable, elle lui proposera même de l’épouser, mais Musset rencontre Pauline Viardot et se désintéresse de sa cousine. Pauline n’est pas intéressée par les amours du poète, mais a écrit de la musique sur ses textes.

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Entre-temps, il écrit les Nuits de 1835 à 1837, un recueil de quatre longs poèmes très représentatifs du romantisme à la française.

En 1845, Musset est nommé chevalier de la Légion d’honneur et en 1852, il entre à l’Académie française. Mais la santé de Musset, alcoolique et syphilitique décline.

En 1850, il écrit encore Carmosine, qui fera l’objet d’une mise en musique en 1907 par Henry Février et en 1928 par Ferdinand Poise.

Musset meurt de la tuberculose à Paris le 2 mai 1857, à l’âge de 46 ans.

Outre son théâtre, certaines poésies ont été également mises en musique. C’est le cas de Nous venions voir le taureau que Léo Delibes a transformé en les Filles de Cadix, alors que Lalo a composé les mélodies À une fleur, Chanson de Barberine et la célébrissime Ballade à la lune.

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(Source principale : Musset Théâtre complet, Gallimard, la bibliothèque de la Pléiade, 1934)

littérature, Oulipo, Poésie

« COLLOQUE SENTIMENTAL », de VERLAINE

Après Don du poème, de Mallarmé, voici un autre poème traité à la sauce Oulipo : Colloque sentimental, de Verlaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux formes ont tout à l’heure passé.

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Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux spectres ont évoqué le passé.

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– Te souvient-il de notre extase ancienne ?

– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

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– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?

Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.

– Ah, les beaux jours de bonheur indicible

Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible.

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !

– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

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Tels ils marchaient dans les avoines folles,

Et la nuit seule entendit leurs paroles.

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Citations musicales :

Dans le vieux parc : Dvorak Rusalka. À l’acte II, Rusalka, humiliée par l’attitude du prince qu’elle aime, se réfugie dans le parc du château. Son père, l’ondin, la rejoint et pleure sur le triste sort de sa fille.

Deux spectres : Saint-Saëns Danse macabre.

notre extase : Berlioz les Troyens « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »

le ciel noir : Berlioz les Nuits d’été « au Cimetière »

la nuit seule : Chopin Nocturne n° 8 opus 27 n° 2

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