Le Nain (Der Zwerg) est un opéra en un acte d’Alexandre von Zemlinsky, d’après un conte d’Oscar Wilde, créé à Cologne le 28 mai 1922. Zemlinsky, né en Autriche le 14 octobre 1871, était proche de Schönberg, qu’il avait connu au conservatoire de Vienne.
Zemlinsky était lui-même petit et difforme, et la jeune Alma Schindler ne voudra pas de son amour, lui préférant celui de Gustav Mahler. En tant que Juif, Zemlinsky dut fuir l’Allemagne nazie pour les États-Unis en 1938 et il mourra en 1942 à New York.
Acte I : À la cour du roi d’Espagne, on s’apprête à fêter l’anniversaire de l’infante. Don Estoban, le grand chambellan organise les préparatifs avec les caméristes de l’infante.
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Parmi les cadeaux figure celui envoyé par le Sultan : un nain en chair et en os. Ce cadeau sera certainement le plus beau et le plus amusant pour la jeune fille.
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Le nain n’a pas conscience de sa difformité et se croit même très beau, à en juger par les sourires qu’il déclenche sur son passage. Pour qu’il garde cette fraîcheur d’esprit, le chambellan fait voiler tous les miroirs du palais.
Le moment d’ouvrir les cadeaux est arrivé. Quand on présente le nain à l’infante, les dames de la cour se moquent de lui. L’infante lui demande de chanter quelque chose, et lui propose une de ses suivantes pour épouse si son chant lui plaît. Mais c’est de l’infante que le nain est tombé amoureux, au premier regard.
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La princesse demande à rester seule avec le nain pour mieux faire connaissance avec son jouet. Elle se rend compte qu’il n’a pas la notion de sa disgrâce physique, et joue le jeu de l’amoureuse, dansant avec lui et lui offrant une rose blanche. Mais ce jeu finit par l’ennuyer, et elle demande à Ghita, sa camériste, d’ouvrir les yeux du nain. Mais pour le nain, ceci n’est pas un jeu.
Quand enfin, il voit son reflet dans un miroir, il voudrait revenir en arrière et demande à l’infante de faire comme si de rien n’était. Mais quelque chose s’est brisé en lui. Quand l’infante lui explique le fossé infranchissable qui les sépare, le nain tombe mort à ses pieds. L’infante a brisé son jouet !
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(Source principale : les représentations de l’opéra de Lille en 2017, et le programme associé).
Parmi les nombreuses œuvres de Josef Haydn, il en est que les choristes aiment particulièrement chanter. Il s’agit de ses oratorios, au nombre de quatre. L’oratorio est une forme musicale proche de l’opéra, mais les sujets en sont religieux ou tirés de la bible, et leurs caractères sacrés font qu’on ne peut les chanter dans un théâtre, et ils sont exécutés dans les églises. Au XVIIIe siècle, pendant la semaine sainte, les théâtres étaient fermés, et le public n’avait d’autre choix que de se rendre à l’église pour entendre de la musique. Haendel, qui était un peu filou, a essayé de faire passer son opéra Sémélé pour un oratorio, pour pouvoir le jouer pendant la semaine sainte, mais le public a bien vu que le sujet en était tiré de la mythologie grecque !
Le premier des oratorios de Haydn date de 1775, il s’agit du Retour de Tobie (Il Ritorno di Tobia) et est une œuvre de (relative) jeunesse.
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Vient ensuite Les sept dernières paroles du Christ en croix (Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze) (1786) dont le sujet est celui de la Passion.
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Dix ans après les sept paroles…, Haydn a écrit La Création (Die Schöpfung) 1796-1798 qui met en musique la Création du monde, d’après la Genèse. J’adore ce passage au début de l’œuvre où après une ouverture représentant le chaos originel, le chœur entre pianissimo, avant d’annoncer l’arrivée de la lumière sur un « Licht » majestueux !
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Le dernier de ses oratorios est Les Saisons (Die Jahreszeiten) (1799-1801), qui est un oratorio profane célébrant le cycle des saisons.
Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de septembre 2024, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « les chansons de l’échanson ». Je vous propose donc de nous proposer un texte où apparaîtront des chansons, enfantines ou non, populaires ou non, sophistiquées ou non.
En contrainte supplémentaire, que diriez-vous d’utiliser des mots tels qu’échanson, vistemboir, saxifrage et sigillographie, ainsi que l’expression « le diable est dans les beffrois » Je vous laisse libre du choix de la forme : pièce de théâtre (avec ou sans didascalie), opéra, nouvelles, poème, dictée ou toute autre forme qu’il vous plaira d’utiliser.
Vous pouvez jouer en mettant vos participations en commentaire de ce billet jusqu’au 26 septembre, date à laquelle j’ouvrirai la votation pour le ou les gagnants, pour pouvoir transmettre le flambeau avant la fin du mois.
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Voila, je vous laisse, moi je dois pratiquer le grattage occiputal pour trouver comment je vais répondre à ces consignes aussi far que felues.
Après Marine, de Paul Verlaine, le poème « mis en musique » de ce mois est Mignonne, allons voir si la rose (1545) extrait de l’Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard.
(Rappel du principe de ces « mises en musique » : je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)
Mignonne, allons voir si la rose
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Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée
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Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace, Mignonne, elle a dessus la place Las ! las ses beautez laissé cheoir ! Ô vrayment marastre Nature, Puis qu’une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir !
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Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
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Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté.
L’Affaire Makropoulos (Věc Makropulos) est l’avant-dernier opéra de Janáček. Le livret est de Janáček, d’après une pièce fantastique de Karel Capek (l’inventeur du mot « robot »). Cet opéra a été créé à Brno le 18 décembre 1925.
Le pitch : L’énigmatique chanteuse Emilia Marty semble connaître l’origine d’un procès opposant deux familles, les Prus et les Gregor, depuis près d’un siècle. Albert Gregor tombe sous son charme, et Emilia lui demande des documents laissés par son grand-père. À l’issue d’un concert, Emilia critique les chanteuses de son époque quand Hauk, un vieux comte, lui dit qu’elle lui rappelle Eugenia Montez, une chanteuse de sa jeunesse. Le descendant de Prus comprend que sous les noms d’Emilia Marty, Eugenia Montez ou Ellian Mac Gregor se cache une seule et même personne, Elina Makropoulos, qui a bu un élixir de longue vie il y a plus de trois siècles.
Acte I : À Prague dans les années vingt, le clerc Vitek parle du procès Prus contre Gregor, procès qui dure depuis presque un siècle et dont on attend le jugement ce jour même. Mac Gregor vient trouver l’avocat Koletany pour connaître le résultat, mais celui-ci n’est pas encore arrivé.
Krista, la fille de Vitek, est allée à l’opéra écouter la cantatrice Emilia Marty. Devant les qualités de cette chanteuse, elle songe à arrêter sa propre carrière lyrique.
L’avocat arrive accompagné par Emilia Marty. Il explique à la chanteuse, qui semble très bien connaître l’affaire, qu’il y a cent ans, le baron Prus a dépossédé Loukov en faveur d’un Mac Gregor, fils illégitime d’une chanteuse d’opéra, Ellian Mac Gregor. Depuis, de génération en génération, le procès continue jusqu’à ce jour qui voit la défaite des Gregor.
Emilia incite l’avocat à chercher dans les archives du baron Prus les documents par lesquels Loukov lègue son domaine à son fils illégitime Ferdinand. Gregor veut savoir comment elle sait cela, mais elle répond en évoquant le souvenir d’Ellian.
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Elle ne veut pas parler des circonstances de la mort d’Ellina. Gregor tombe sous son charme et elle lui demande de lui donner les documents que son grand-père lui avait laissés. L’avocat revient avec le testament, mais Prus lui dit qu’il veut la preuve que Ferdinand est bien Ferdinand.
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Acte II : Le soir à l’opéra. Emilia Marty a fait un triomphe et les hommes se pressent dans sa loge. Krysta renonce à son amour pour Janek Prus, le fils du baron, afin de se consacrer pleinement à sa carrière. Emilia revient et critique les cantatrices qui l’ont précédée, pas du tout à son niveau. Un vieux comte, Hauk, arrive et lui dit qu’elle lui rappelle Eugenia Montez, une chanteuse gitane qu’il a aimée cinquante ans auparavant.
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Hauk une fois parti, elle congédie tout le monde, ne retenant que Prus. Celui-ci lui parle d’une enveloppe cachetée qu’il a chez lui. Il veut savoir pourquoi Emilia montre tant d’intérêt pour les Gregor. Il a en fait compris que derrière Ellian Mac Gregor, Eugénia Montez, Emilia Marty, et d’autres encore, se cache Elina Makropoulos, née en 1816. Il lui déclare qu’il l’aime, malgré les traitements qu’elle lui fait subir. Elle lui demande alors d’aller voir l’avocat, sous le nom de Makropoulos, car c’est la condition pour transmettre l’enveloppe cachetée. Elle demande ensuite à Janek de retour de voler une autre enveloppe qui se trouve chez son père, mais le père arrive et lui dit de ne pas le faire. Elle négocie l’enveloppe contre une nuit d’amour avec le baron.
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Acte III : Le lendemain matin E.M. réclame l’enveloppe qui lui est due. Prus se plaint, car pendant la nuit il a eu l’impression d’étreindre un corps sans âme. Le valet de Prus vient annoncer que son fils Janek s’est suicidé. Hauk revient pour mener Emilia en Espagne, mais l’avocat la retient. Il la confond grâce à une photo qu’elle a dédicacée à un de ses admirateurs à l’opéra, car c’est la même signature que celle d’un document datant de 1836. On examine les lettres, et on se rend compte qu’elles sont toutes de la même écriture. E.M. avoue être née en Crète en 1585, et s’appeler Elina Makropoulos. Elle a vécu plus de trois siècles sous différentes identités grâce à la formule Makropoulos, celle d’un élixir de vie que son père avait créé pour l’empereur Rodolphe, mais que celui-ci a demandé de tester sur sa fille. C’est cette formule qu’elle cherche dans l’enveloppe scellée, car son pouvoir commence à faiblir. Elle offre la formule à Krista, qui la brûle. Ellian Marty meurt en avouant sa lassitude d’avoir vécu si longtemps, trop longtemps…
Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la huitième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.
Kathleen Battle et Winton Marsialis dans J.-S. Bach :
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Le chanteur néerlandais Dave dans l’ouverture de Tannhaüser de Wagner.
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La chanteuse libanaise Fairouz rendant hommage à sa ville, Beyrouth, dans Li Beirut, sur le Concerto de Aranjuez, de Rodrigo.
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Sylvie Vartan interprétant une Valse de Chopin dans le Silence.
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Raymond Devos interprète Poète et paysan.
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Et si voulez une nouvelle série, cliquez donc sur la dixième.
Eugène Ionesco est né le 26 novembre 1909 en Roumanie. Son père est licencié en droit et sa mère est la fille d’un ingénieur français travaillant aux chemins de fer roumains.
En 1911, la famille s’installe à Paris. En 1916, quand l’Allemagne entre en guerre contre la Roumanie, Eugène Ionesco père rentre à Bucarest, laissant sa femme et ses deux enfants à Paris. À Bucarest, le père entame une procédure de divorce au titre que sa femme aurait quitté le domicile conjugal ! Eugène Ionesco junior supporte mal cette situation, Thérèse et ses enfants vivant pauvrement chez la mère de celle-ci.
En 1922, le jeune Eugène rejoint son père à Bucarest. Il ne supporte ni l’autorité de son père ni le caractère de sa marâtre. En 1926, il part habiter chez sa mère. Au lycée, il découvre la poésie de Tzara, ainsi que les surréalistes français, Breton, Soupault, Aragon et Crevel.
En 1929, bac en poche, Eugène s’inscrit à la faculté de lettres, contre l’avis de son père qui veut en faire un ingénieur. Il commence à écrire et publier des poèmes. De 1929 à 1935, il a une importante activité de poète et de critique dans divers journaux roumains.
En 1936, Eugène épouse Rodica Burileanu, une amie qu’il avait rencontrée à l’université.
En 1938, Ionesco obtient une bourse d’études en France. En août 1940, il retourne en Roumanie où il occupe un poste d’enseignant. En 1942, le couple Ionesco revient en France et s’installe à Marseille. Fin 1944, ils ont une fille, Marie-France. En 1945, ils s’installent à Paris et Ionesco retrouve son ami Mircea Eliade qu’il avait connu quelques années auparavant à Bucarest.
En 1948, Eugène Ionesco traduit en français une pièce écrite en 1942 et en roumain. C’est la Cantatrice chauve ! La Cantatrice chauve est créée le 11 mai 1950, sans grand succès critique, mais attire l’attention des surréalistes. 1950 est également l’année de la Leçon, de Jacques ou la soumission et des Salutations. Sa première pièce sera aussi son plus grand succès, avec des traductions dans tous les pays. La Cantatrice chauve fera l’objet d’un opéra de Luciano Chailly, créé à Vienne le 5 novembre 1986 et un de Gérard Calvi, créé en 1990 à Paris.
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Début 1951, création de la Leçon. Ionesco écrit les Chaises, le Maître et l’Avenir est dans les œufs. Il entre au Collège de Pataphysique où il aura le grade de transcendant satrape, comme Raymond Queneau ou Boris Vian. L’Avenir est dans les œufs évoque le même thème nataliste que l’on trouvait dans Les Mamelles de Tiresias d’Apollinaire.
La Leçon fera en 1963 l’objet d’un ballet sur une musique de George Delerue.
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En 1952, il écrit Victimes du devoir, et la Cantatrice chauve commence son extraordinaire carrière au théâtre de la Huchette. Depuis cette époque, la pièce n’a jamais quitté l’affiche et est toujours jouée tous les soirs à 18h30. Ionesco écrit aussi une pièce radiophonique pour le club d’essai de la radio animé par Jean Tardieu, Le Salon de l’automobile.
En 1954, les éditions Gallimard publient le Théâtre I. Création de Amédée ou comment s’en débarrasser, une pièce écrite l’année précédente. Ionesco reçoit à Honfleur le « prix séculaire d’horticuture allaisienne ». En 1955, Ionesco écrit l’Impromptu de l’Alma alors que l’on crée la pièce Jacques ou la soumission.
En 1957, on crée une pièce dont le texte est perdu : l’Impromptu pour la duchesse de Windsor. La musique est signée Pierre Boulez. En 1958, Ionesco écrit Rhinocéros qui sera créé l’année suivante en Allemagne et en France et en Angleterre en 1960. Il écrit l’argument d’un ballet, Apprendre à marcher, sur une musique de Malec.
Rhinocéros fera l’objet d’une adaptation musicale en 1990 sous le titre Born again, avec une musique de Jason Carr.
En 1962, Ionesco écrit Le Roi se meurt ainsi que Le Piéton de l’air. Le Roi se meurt sera porté à l’opéra par Sutermeister en 1985, sous le titre Le Roi Bérenger alors que Le Piéton de l’air sera créé en France avec une musique de Delerue.
En 1964, Ionesco écrit à la demande d’une université américaine les Exercices de conversation et de diction françaises pour étudiants américains. Ces exercices feront l’objet d’un opéra-bouffe de Gérard Calvi en 1975. En 1983, Isabelle Aboulker en fera également une adaptation lyrique.
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1964 est aussi l’année de la version opéra de la Photo du colonel, musique et livret de Humphrey Searle, pièce créée le 30 décembre à Düsseldorf.
En 1965, la télévision danoise crée le ballet le Jeune Homme à marier de Per Nørgård.
En 1970, Eugène Ionesco est élu à l’Académie française. Il publie des contes pour enfants. En 1972, il écrit Macbett et en 1975 L’Homme aux valises et Ce formidable bordel.
En 1971, le Danois Thomas Koppel écrit un ballet sur Le Triomphe de la mort.
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Sur la fin de sa vie, Ionesco écrit moins, mais est honoré partout dans le monde. Il se consacre à la peinture.
En 1988, il écrit le livret de Maximilien Kolbe, un opéra sur une musique de Dominique Probst. Cet opéra est créé le 20 août à Rimini.
En 1993, Isabelle Aboulker écrit La Lacune d’après une de ses pièces.
Eugène Ionesco meurt le 28 mars 1994 à Paris, à l’âge de 84 ans.
(Source principale : Eugène Ionesco, theâtre complet, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 1990.)
La Nonne sanglante est le deuxième opéra de Gounod, écrit sur un livret de Scribe, et créé à l’opéra de Paris le 18 octobre 1854. Le livret avait initialement été écrit pour Berlioz, qui y renonça, et c’est à Gounod qu’il est revenu de le mettre en musique. Le personnage central est issu du roman gothiquele Moine, de Lewis, et était très populaire au début du XIXe siècle.
Malgré un bon démarrage critique et populaire, le changement de directeur à l’opéra de Paris arrêta net sa carrière scénique, le nouveau directeur refusant de représenter une « pareille ordure ».
Acte I : L’action se passe en Bohème au XIe siècle. Alors que deux familles, les Luddorf et les Moldaw, se disputent, Pierre l’ermite obtient que les deux familles s’unissent avant le départ pour les croisades, Théobald de Luddorf devant épouser Agnès de Moldaw.
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Malheureusement, Agnès et le cadet des Luddorf, Rodolphe, s’aiment. Les deux jeunes gens veulent s’enfuir à l’occasion de l’apparition d’un fantôme qui hante le château, la Nonne sanglante.
Acte II : Au milieu de la nuit, Rodolphe attend son Agnès. Croyant la voir apparaître, il jure fidélité à la femme voilée qui s’approche de lui.
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Mais ce serment fait, le château en ruines se transforme et un banquet apparaît, ainsi que des fantômes. C’est à la Nonne sanglante que Rodolphe a juré fidélité, et celle-ci veut maintenant épouser le malheureux jeune homme.
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Acte III : Rodolphe s’est réfugié chez des paysans. Un mariage entre Anna et Fritz, deux d’entre eux se prépare. Les paysans entrent en valsant et chantant.
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La fiancée de l’au-delà réclame toujours son dû à Rodolphe. Son page Arthur vient annoncer à notre héros que son frère Théobald est mort au combat. Rodolphe devrait donc pouvoir se marier avec Agnès.
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Pour qu’elle le délivre de son serment, la Nonne sanglante lui réclame qu’il fasse mourir l’homme qui l’a lâchement assassinée. Rodolphe accepte et attend qu’elle lui désigne son assassin.
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Acte IV : Rodolphe et Agnès s’apprêtent à célébrer leurs noces. Pierre appelle les familles à oublier les discordes passées. Mais la Nonne sanglante arrive et désigne son meurtrier. C’est Luddorf, le père de Rodolphe. Rodolphe s’enfuit, abandonnant Agnès, et les querelles entre les deux familles repartent de plus belle.
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Acte V : Le comte de Luddorf repentant est prêt à mourir pour sauver son fils. Il surprend un complot ourdi par les Moldaw pour tuer Rodolphe.
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Il entend une conversation entre Rodolphe et Agnès. Rodolphe a été maudit par la Nonne sanglante, et il s’apprête à partir en exil. Le père prend alors la place de son fils dans le piège qui lui était tendu et meurt. La Nonne, délivrée, demande la grâce de dieu et délivre Rodolphe de son serment.
(Source principale : les représentations de l’opéra-comique de 2018, et le programme associé.)
Cet article est le 900e que je publie sur mon blog consacré, de manière très ouverte, à la musique et à la littérature !
À ce jour, vous avez été plus de 123 000 visiteurs cumulés, venus de 159 pays, pour regarder plus de 200 000 vues sur ce blog, en presque six ans et demi.
J’ai également consacré 91 billets à des compositeurs, dont 18 à des compositrices, de Hildegarde von Bingen à Othman Louati. Le compositeur qui vous a le plus intéressé reste Franz Schubert. 57 de ces compositeurs ou compositrices ont été sélectionnés pour mon premier livre « Compositeurs et compositrices », que je vous conseille d’acheter si ce n’est pas déjà fait.
Une autre catégorie pour laquelle j’ai créé un métabillet vous permettant de vous y retrouver facilement est celle des écrivains liés au monde de l’opéra ou de la musique. Il y a à ce jour 63 écrivains passés à ma moulinette, de Homère à Echenoz, le plus consulté étant celui consacré à Victor Hugo. Une cinquantaine d’entre eux feront l’objet de mon second opus Dramaturges, écrivains et librettistes, livre qui devrait sortir prochainement.
Voilà, il y a encore bien d’autres catégories, consacrées à l’histoire, au cinéma, à la nature, à la bande dessinée, à la poésie, à l’OuLiPo, au dessin animé… Une de mes (petites) joies est l’accueil réservé à mes fantaisies sur le nom de Mallarmé (Mallarmuche pour les intimes 🙂), qui cumulent à ce jour plus de 4 800 vues !
Fin 2020, j’ai commencé une nouvelle série sur l’emploi de musique classique par les réclamiers et, à ma grande surprise, cette série marche très fort puisque le premier billet, toutes catégories confondues, est celui qui vient en tête avec déjà plus de 4 600 vues !
Une des vidéos les plus regardées (si j’excepte les réclames) est Camille jouant les quatre Saisons de Vivaldi.
Voilà, j’espère que vous serez encore nombreux à venir partager ma curiosité pour tous ces thèmes qui gravitent autour de la musique et de la littérature !
Et pour finir ce billet, une de mes vidéos préférées, l’arbre phylogénétique de l’opéra !
C’est tout pour aujourd’hui. Si vous aimez la musique et la littérature, parlez de mon blog à vos amis, et si vous n’aimez pas, parlez-en à ceux ceux que vous n’aimez pas !
Dans l’antiquité, à l’époque de Pythagore, la musique était une branche des mathématiques. Et la musique était harmonieuse parce qu’elle était mathématique !
Pythagore semble être le premier à avoir théorisé le rapport entre la longueur d’une corde que l’on fait vibrer, et la hauteur du son qu’elle émet en vibrant, sa fréquence. Pour étudier ce phénomène, les pythagoriciens ont inventé un instrument, le monocorde, soit une boîte (de résonance) et une corde dont on pouvait faire varier la longueur tout en la pinçant.
(merci France Musique pour l’image)
Et là, banco ! si on appuie sur le milieu de la corde, on obtient un son plus aigu, mais étrangement harmonieux par rapport au son d’origine. Normal, on joue l’octave, soit une note qui vibre exactement au double de la fréquence originale. Vous pouvez faire l’expérience vous-même si vous avez une guitare, mais un simple élastique tendu entre deux points peut aussi faire l’affaire.
Si vous fixez votre point au quart de la corde, vous obtiendrez encore une note plus aiguë, l’octave de l’octave, soit une note qui vibre quatre fois plus vite que l’originale.
Jusqu’ici, j’ai résonné, avec les pythagoriciens, comme si la note vibrait avec une fréquence pure, une fréquence unique (par exemple, dans notre système musical actuel, la convention que le la des musiciens soit fixé à 440 hertz. Mais dans la nature, les choses sont plus compliquées, et un corps qui vibre le fait avec sa fréquence propre, dite fondamentale, mais aussi avec plein de fréquences supplémentaires, telles que la tierce ou la quinte.
La tierce (majeure) est la note qui vibre avec un rapport de 5/4 par rapport à la fondamentale. La quinte est une note qui vibre avec un rapport de 3/2 par rapport à la fondamentale. On la trouve très facilement en appuyant notre corde ou notre élastique au 2/3 de sa longueur.
En jouant la fondamentale, la tierce majeure et la quinte, on obtient un accord dit parfait. Comme il est naturellement présent dans tous les corps vibrants, nos oreilles sont habituées à l’entendre, même si on n’a aucune connaissance de la musique. On l’entend partout dans la nature, et donc, il nous semble naturel. Beaucoup de musiques, savantes ou populaires, sont bâties sur un tel accord.
Pythagore et ses élèves avaient également trouvé la quarte, soit la note que l’on obtient en appuyant au 3/4 de notre corde vibrante. À partir de ces notes de base, et avec l’aide du calcul des rapports (rappelons que Pythagore était un des plus grands mathématiciens de son époque), ils ont déduit la gamme, constituée de douze notes permettant d’aller d’une fondamentale à son octave. Ainsi, dans la notation musicale telle qu’on l’apprend à l’école, on arrive à cette gamme en do majeur, composée de 6 tons, ou douze 1/2 tons.
(ici : do – ré = un ton, ré -mi = un ton, mi – fa = 1/2 ton, fa – sol = un ton, sol – la = un ton, la – si = un ton et si – do = 1/2 ton).
Cliquez et chantez la gamme avec Julie Andrews
Les choses évoluèrent peu pendant plusieurs siècles, et il faudra que Descartes se penche sur le problème des résonances et de l’harmonie dans son Musicae compendium. Ce livre inspirera Rameau qui achèvera de théoriser les rapports entre la fréquence fondamentaloe d’une corde qui vibre et ses différents harmoniques dans son Traité de l’Harmonie réduite à ses principes naturels. Il y écrit « La musique est une science physico-mathématique; le son en est l’objet et les rapports trouvés entre différents sons en sont l’objet mathématique. Sa fin est de plaire et d’exciter en nous diverses passions. »
Je vous disais plus haut qu’on trouvait ces accords et ces harmonies parfaites dans beaucoup d’œuvres. Je vous propose ici le motet de J.-S. Bach Lobet den Herrn, alle Heiden, qui commence par une belle montée « fondamentale, tierce, quinte, octave » sur o-o-o-o (avant de se compliquer un peu) !
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Le triton, ou diabolus in musica, est composé de trois tons entiers. Il a longtemps été interdit, car étant la musique du diable. Bien entendu, ce tabou a disparu avec le temps et on trouve un très bel exemple de triton dans l’air « Maria » de West Side Story de Bernstein.
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Les accords « de base » ont été pendant des siècles les seuls recommandés pour l’écriture de la musique, mais au fil du temps, et l’oreille des musiciens s’accoutumant à ces accords, les plus audacieux des compositeurs se sont lancés dans leurs œuvres sur des accords auparavant interdits, car jugés trop dissonants. Il semblerait que ce soit Liszt qui ce soit le premier débarrassé du corset de la tonalité, dans sa bagatelle appelée, justement, « sans tonalité », c’est-à-dire qu’il n’y a plus dans cette œuvre de note de référence, de fondamentale, sur laquelle toutes les autres notes s’appuient. Vingt ans après Liszt, le Viennois Arnold Schönberg théorisera cette égalité entre les douze sons de la gamme, en créant le dodécaphonisme (dodéca = 12).
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(Source : même si cela fait longtemps que j’ai envie d’écrire sur ce thème Musique et mathématiques, je dois mentionner ici la série de podcasts que France Musique diffuse cet été.)