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Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – SEMAINE DU 27 juillet au 2 août

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 27 juillet au 2 août 2020.

Cette semaine encore, beaucoup de classiques : DONIZETTI, WAGNER, VERDI, PUCCINI et surtout, Rusalka de DVORAK !

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 27 juillet Donizetti Lucia di Lammermoor

Donizetti Lucia di Lammermoor final acte II (MET)Cliquez sur Lucia

Mardi 28 juillet Puccini Tosca

Puccini Tosca trailer (MET 2009)Cliquez sur Floria Tosca

Mercredi 29 juillet Verdi Rigoletto

Verdi Rigoletto La Donna e Mobile (MET 1977)Cliquez sur le Duc

Jeudi 30 juillet Verdi Il Trovatore

Verdi Il Trovatore Il balen del suo sorriso (MET 2011)Cliquez sur le Comte

Vendredi 31 juillet Dvořák Rusalka

Dvorak Rusalka Song to the moon Opolais (MET 2017)Cliquez sur Rusalka

Samedi 1er août Verdi Ernani

Verdi Ernani (MET 1983)Cliquez sur l’image

Dimanche 2 août Wagner Die Walküre (La Walkyrie)

Wagner Die Walküre la chevauchée (MET 2019)Cliquez sur la chevauchée des Walkyries

 Voilà, bonne semaine à tous, see you a next week !

Cinéma, Elle voulait qu'on l'appelle..., Géographie, Grandes villes, Histoire de l'opéra, Woody Allen

ELLE VOULAIT QU’ON L’APPELLE NEW YORK…

… quelle drôle d’idée, comme ne l’a pas chanté Julien CLERC.

Après Paris, je vous propose un nouveau billet consacré à une grande ville. Aujourd’hui New York.

Pays jeune, les États-Unis d’Amérique n’ont pas une longue tradition d’opéras ou de musique dite classique.  Toutefois, de nombreux compositeurs européens ont été invités à diriger aux U.S.A.

Un des premiers « grands » compositeurs à traverser l’Atlantique a été TCHAÏKOVSKI, qui a été invité au Carnegie HALL de New York pour son inauguration. Il y a dirigé, le 5 mai 1891, sa Marche solennelle du couronnement.

Tchaïkovski Marche solenelle du couronnementCliquez sur l’image

Le Tchèque Antonin DVORAK l’a suivi de peu. On lui a confié la direction du Conservatoire de New York, où il sera également professeur de composition de 1892 à 1895. La découverte des musiques et rythmes américains lui inspirera sa neuvième symphonie, dite « du nouveau Monde », ou son Quatuor américain

Dvorak Quatuor américain lentoCliquez sur le quatuor

En 1907, Giacomo PUCCINI vient en Amérique où il assiste à la création américaine de Madame Butterfly au Metropolitan Opera (le MET). Il a l’occasion de voir la pièce The Girl of the Golden West de David BELASCO (également l’auteur de la pièce dont il s’était inspiré pour Butterfly), ce qui lui donne l’idée d’écrire un opéra-western. Ce sera La Fanciulla del West (la Fille du Far West) dont la création mondiale aura lieu au MET en 1910, sous la direction de TOSCANINI.

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur Dick Johnson (Jonas Kaufmann)

L’autrichien Gustav MAHLER a été chef du MET de New York en 1908, mais il est reparti à Vienne au bout d’un an.

Suite à la révolution russe de 1917, on voit partir aux Amériques les deux Sergeï, PROKOFIEV (en 1918) et RACHMANINOV. L’exil de Rachmaninov, coupé de ses racines slaves, tarira une partie de sa verve créatrice. Prokofiev, lui, fera le choix de retourner en URSS au début des années ’30. Son opéra l’Amour des trois oranges est une commande de l’opéra de Chicago.

Maurice RAVEL fera une tournée à travers tous les États-Unis. Ce sera pour lui l’occasion de faire la connaissance de Georges GERSHWIN. Cette tournée aux États-Unis occupe une bonne partie du Ravel de Jean ECHENOZ.

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, souvent d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant se faire jouer, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Alexandre ZEMLINSKY (1871 – 1942), digne héritier de Richard STRAUSS, Arnold SCHÖNBERG (1874 – 1951), Erich KORNGOLD (1897 – 1957) et le Tchèque Ernst KRENEK (1900 – 1991) ont dû migrer aux U.S.A, et leur production musicale (hormis celle de Schönberg), pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

Le Hongrois Béla BARTÓK (1881 – 1945) a lui aussi dû migrer aux States en 1940. Il vit, pauvrement, des commandes que ses confrères admiratifs lui passent, et c’est ainsi qu’il crée la sonate pour violon seul, une commande de Yehudi MENUHIN, le 3e concerto pour piano ou encore son concerto pour orchestre. Il meurt à New York en 1945.

Bartok sonate pour violon seulCliquez sur l’image

Enfin, je ne peux pas écrire un billet sur New York sans mentionner la comédie musicale West Side Story, ce Roméo et Juliette contemporain dont la musique est signée Léonard Bernstein.

Bernstein West Side Story PrologueCliquez sur l’image

Et puisque je suis au cinéma, je ne peux pas résister à l’ouverture du génial Manhattan (1979) de Woody ALLEN.

Gershwin Rhapsody in blue ManhattanCliquez sur Manhattan

Mes opéras préférés, opéra russe

IOLANTA, de TCHAÏKOVSKI (1892)

Dernier opéra de TCHAÏKOVSKI, composé sur un livret de son frère Modeste, cet opéra en un acte est écrit et créé en 1892, en même temps que le ballet Casse-Noisette (d’après E.T.A. HOFFMANN).

Tchaïkovski Casse-Noisette danse de la fée dragéeCliquez sur la fée Dragée

Moins connu que Eugène Onéguine ou la Dame de pique, Iolanta est un authentique chef-d’œuvre de Tchaïkovski, tiré de la pièce La Fille du roi René (1853) du Danois Henrik HERTZ.

Acte I : Iolanta, la fille du roi René, est aveugle de naissance, mais ignore son infirmité car son père a interdit à son entourage de lui en parler. Elle mène une vie protégée, ne connaissant que l’univers des sons, des odeurs, du goût et du toucher. (Air : « Pourquoi n’ai-je pas souffert autrefois ? »)

Tchaïkovski Iolanta Pourquoi n'ai je pas souffert autrefoisCliquez sur Iolanta

Le roi fait venir un médecin maure pour guérir sa fille. (Air du roi René : « Seigneur, si j’ai péché »).

Tchaikovski Iolanta Seigneur si j'ai péchéCliquez sur le roi René

Celui-ci déclare qu’il peut la guérir à une condition : qu’on révèle son infirmité à Iolanta. Dans un discours sur l’inséparabilité des mondes spirituels et charnels, il déclare qu’avant d’ouvrir les yeux à la lumière, il faut que l’âme soit prête à découvrir ce sens (Air du docteur : « Il y a deux mondes », un petit bijou d’émotion !).

Tchaikovski Iolanta air du docteur il y a deux mondesCliquez sur le docteur

Mais le roi refuse et déclare que celui qui révélera son infirmité à sa fille devra mourir.

Deux chevaliers qui se sont perdus lors d’une partie de chasse arrivent. Il s’agit de Robert, duc de Bourgogne, et de Godefroid, comte de Vaudémont. Robert est promis de longue date à Iolanta, qu’il ne connaît pas, mais il est tombé amoureux d’une autre femme, Mathilde, et voudrait rompre ses fiançailles. (Air de Robert « Qui peut égaler ma Mathilde ? »)

Tchaikovski Iolanta air de Robert qui peut égaler ma MathildeCliquez sur Robert

Malgré l’interdiction qui figure à l’entrée du jardin, ils entrent et découvrent Iolanta endormie. Godefroid en tombe immédiatement amoureux (Air de Godefroid « Non ! Les charmes de la beauté agitée ne me disent rien »).

Tchaikovski Iolanta air de Godefroid non la beauté...Cliquez sur Godefroid de Vaudémont

Iolanta se réveille, mais ne reconnaît pas leurs voix. Ils disent être des chevaliers perdus. Robert part, laissant Godefroid seul. Iolanta lui offre à boire. Godefroid lui déclare sa passion, mais elle le repousse. Avant de partir, il demande à Iolanta de cueillir pour lui une rose rouge, qu’il gardera en souvenir d’elle. Mais par deux fois, elle cueille une rose blanche. Godefroid comprend alors qu’elle ne voit pas. Il s’efface, la laissant seule et désemparée. Quand il revient, il veut sécher ses pleurs. Lui demandant à quoi servent les yeux, elle répond qu’ils servent à pleurer. Elle demande ce qu’est la lumière, et il répond que c’est la première merveille de la création (Duo : « Je ne comprends pas ton silence »).

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Godefroid

Le roi arrive avec sa suite. Ils découvrent que Iolanta n’est plus seule dans le jardin. Il est mécontent qu’on ait dévoilé à sa fille son infirmité, mais le docteur dit que c’est peut-être là le salut de sa fille. Le roi dit à Iolanta qu’il est venu avec son médecin pour la guérir, si elle le veut. Pour la convaincre, il use d’un subterfuge, et rappelant que ceux qui entrent dans le jardin encourent la mort, déclare que Godefroid mourra si Iolanta ne retrouve pas la vue.

Iolanta se déclare alors prête et demande ce qu’elle doit faire. Le docteur déclare qu’il lui suffit de désirer ardemment la lumière. Elle se confie aux mains du médecin.

Robert arrive au secours de son camarade ! Godefroid lui rappelle qu’il doit tout avouer au roi, mais Robert a changé d’avis, et se dit prêt à honorer sa promesse, mais que son cœur restera fidèle à Mathilde. Le roi le libère de sa parole donnée, et accepte de donner sa fille à Godefroid si elle recouvre la vue. On annonce que l’opération a réussi et que Iolanta n’est plus aveugle. Bien sûr, quand elle ouvre les yeux, elle ne reconnaît pas ce qu’elle n’a déjà vu. Le médecin lui demande de lever les yeux au ciel. Découvrant le monde, elle demande à son père d’être son protecteur, mais il répond qu’il est trop vieux, et que ce sera Godefroid son protecteur.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 20 au 26 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 20 au 26 juillet 2020.

Cette semaine, que des classiques : ROSSINI, WAGNER, VERDI, GOUNOD, STRAUSS et PUCCINI.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 20 juillet Rossini Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville)

Rossini le Barbier de Séville (MET)Cliquez sur l’image

 

Mardi 21 juin Wagner Tannhäuser

Wagner Tannhaüser fin acte II (MET)Cliquez sur l’image

Mercredi 22 juillet Verdi Macbeth

Verdi MAcbeth (MET)Cliquez sur Macbeth

Jeudi 23 juillet Gounod Roméo et Juliette

Gounod Roméo et Juliette Trailer (MET)Cliquez sur Roméo

Vendredi 24 juillet Verdi Falstaff

Verdi Falstaff final (Met)Cliquez sur l’image

Samedi 25 juillet Strauss Der Rosenkavalier (Le Chevalier à la rose)

strauss rosenkavalier trio finalCliquez sur l’image

Dimanche 26 juillet Puccini La Fanciulla del West

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur l’image

Voilà, bonne semaine. See you a next week !

Divers, Nature

VOICI DES ROSES

De toutes les fleurs, la rose est peut-être la plus universelle pour l’être humain, et chaque type de rose porte un sens différent suivant sa couleur.

Je vous propose ici un bouque d’airs parfumés à la rose.

« Mignonne allons voir si la rose »…

En 1821, dans le Freischütz de WEBER, Agathe et ses demoiselles d’honneur chantent devant le bouquet de roses blanches d’Agathe.

Weber Der Freischütz Cavatine d'AgatheCliquez sur Agathe

En 1846, c’est BERLIOZ qui fait chanter à Méphistophélès « Voici des roses » dans sa Damnation de Faust.

voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, avec « le Spectre de la rose », extrait des Nuits d’été.

Berlioz Nuits dété NormanCliquez sur l’image

En 1883, MASSENET dans Manon fait chanter le duo : « À nous les amours et les roses. »

Massenet Manon A nous les amours et les rosesCliquez sur l’image

Dans Iolanta (1892) de TCHAÏKOVSKY, c’est quand il comprend que Iolanta ne voit pas les couleurs et qu’elle ne peut lui offrir que des roses blanches au lieu de la rose rouge qu’il lui demande en souvenir d’elle que Godefroy se rend compte de la cécité de Iolanta.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur le final de Iolanta

En 1911, dans Le Chevalier à la rose de  STRAUSS, la scène de la présentation de la rose d’argent aux fiancés est une des scènes majeures de l’opéra.

Parmi les mélodies de FAURÉ figure « Les Roses d’Ispahan » (1894), sur un poème de LECONTE DE LISLE.

Fauré Les roses d'IspahanCliquez sur la pochette de disque

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 13 au 19 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 13 au 19 juillet 2020.

Cette semaine, beaucoup de classiques : trois PUCCINI, un MOZART, un ROSSINI, un VERDI et, un peu moins « classique », Wozzeck de BERG.

Pour aller sur le site du MET : c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 13 juillet Puccini Manon Lescaut

Puccini Manon Lescaut Ah vieni colle tue bracciaCliquez sur Manon et Des Grieux

Mardi 14 juillet Verdi La Traviata

Verdi La Traviata Libiamo (MET)Cliquez sur le « Libiamo »

Mercredi 15 juillet Puccini Turandot

Puccini turandot In questa reggia (MET)Cliquez sur Calaf et Turandot

Jeudi 16 juillet Berg Wozzeck

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 17 juillet Rossini La Cenerentola

Rossini la Cenerentola Naqui all'affano (MET)Cliquez sur Cendrillon

Samedi 18 juillet Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Le Nozze di Figaro Porgi amor (MET)Cliquez sur la comtesse

Dimanche 19 juillet Puccini La Bohème

Puccini La bohème O soave fanciulla (MET)Cliquez sur Mimi et Rodolfo

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a nexte week !

Divers

LES FEUX D’ARTIFICE DU 14 JUILLET

Comme j’ai déjà traité il n’y a guère de la Révolution française, je me suis dit que pour ce 14 juillet, traiter des feux d’artifice pouvait être une bonne idée.

Commençons par le plus célèbre des feux d’artifice musicaux, la Music for the royal Fireworks de HAENDEL, composée en 1749 en l’honneur du traité d’Aix la Chapelle.

Haendel Fireworks

Cliquez sur l’image

À cette époque baroque, la virtuosité était surtout un affaire de chanteurs et de chanteuses, et Haendel et VIVALDI (et les autres) ont rivalisé pour offrir des feux d’artifices aux pyrotechniciens vocaux.

Haendel Rinaldo Orlinski

Cliquez sur Jakub Josef (Orlinski)

Vivaldi la Griselda Agitata da due venti (Bartoli)

Prenez votre souffle et cliquez sur Cecilia (Bartoli)

Au XIXe siècle, on avait (à peu près) réussi à mettre les chanteurs au pas et la virtuosité s’est déplacée du côté des instrumentistes.

Avec les Études d’exécution transcendantes du génial LISZT, on assiste ainsi à de véritables feux d’artifices pianistiques !

Liszt Feux follets

Cliquez sur les feux follets

Au moment où Liszt s’imposait comme virtuose, il avait un redoutable concurrent en la personne de Paganini, le violoniste qui avait, le dit sa légende, vendue son âme au diable.

Paganini Campanella

Cliquez sur la violoniste
Et quand la virtuosité de Paganini est transposée au piano par Liszt, ça donne ça !

Liszt Paganini la Campanella

Cliquez sur Lang Lang et essayez de compter ses doigts (😉)
Feux d’artifice est le titre d’un des préludes du livre II de DEBUSSY.

Debussy Feux d'artifice

Cliquez sur le pianiste

Mes opéras préférés

ARMIDE, de LULLY (1686)

Armide est le dernier opéra de LULLY composé sur un livret de QUINAULT, en 1686. Il est considéré comme étant le grand chef d’œuvre issu de la collaboration entre les deux hommes. Son livret est tiré de la Jérusalem délivrée, (la Gerusalemme liberata) du TASSE, et il a servi un siècle plus tard pour un « concours » entre GLUCK et PICCINNI, où les deux compositeurs étaient invités à réécrire un opéra en se servant d’un livret de Quinault.

Prologue : La Gloire et la Sagesse louent le Héros (c’est à dire Louis XIV) qui incarne ces deux qualités. Elles proposent de raconter l’histoire du chevalier Renaud.

Acte I : La magicienne Armide confie à ses deux suivantes, Phénice et Sidonie, le trouble de son cœur. Si elle a vaincu l’armée des croisés, le chevalier Renaud lui résiste (Air : « Un Songe affreux « ). Lui, pour qui elle devrait n’avoir que haine, a enflammé son cœur. Hydraot, un magicien oncle d’Armide, sentant venir la fin de ses jours, presse sa nièce de se marier.

Lully Armide Armide est encore plus aimableCliquez sur l’image

Armide ne veut pas des chaînes du mariage. Si elle se marie un jour, c’est la Gloire qui choisira son mari : ce sera le vainqueur de Renaud, s’il existe. Alors que l’on célèbre la victoire d’Armide, un messager arrive, un homme, seul, a délivré tous les prisonniers que l’on emmenait. Cet homme, c’est Renaud.

Acte II : Artémidore, un des chevaliers libérés par Renaud, voudrait le suivre, mais Renaud, banni par Godefroid, veut poursuivre seul son chemin. Hydraot et Armide préparent un charme pour tromper Renaud (Duo : « Esprit de haine et de rage »).

Lully Armide Esprit de haine et de rageCliquez sur l’image

Renaud, s’avançant le long d’une rivière, est victime de ce charme. Il ne veut plus partir.

Lully Armide Plus j'observe ces lieuxCliquez sur l’image

Au contraire, il s’endort, et les démons invoqués par les magiciens, déguisés en zéphirs et en bergers, lui chantent les plaisirs de l’amour. Armide paraît pour tuer Renaud, mais quand elle le voit ainsi endormi, elle est subjuguée par l’amour.

Lully Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur Armide

Honteuse de ne pouvoir le tuer, elle demande à ses démons de les transporter tous deux au bout de l’univers.

Acte III : Armide s’interroge : comment a-t-elle pu devenir dépendante de Renaud ? Comme ses suivantes se réjouissent de la victoire d’Armide sur Renaud, Armide chante son trouble. Ce n’est que par un charme artificiel que Renaud l’aime. Entre un amour faux et la haine, Armide choisit la haine, qu’elle invoque. La Haine surgit de l’enfer pour arracher l’Amour qui est dans le cœur d’Armide, mais au dernier moment, celle-ci renvoie la Haine en Enfer, et préfère garder son amour. La Haine la condamne à aimer Renaud toujours.

Acte IV : Le Chevalier Danois, accompagné d’Ubalde porteur d’un sceptre et d’un bouclier magiques capables de dissiper les enchantements d’Armide, paraissent. Des démons ayant pris l’apparence de paysans et de Lucinde, l’aimée du Chevalier Danois, les attirent. Ubalde cherche à prévenir le Chevalier Danois contre ces enchantements, mais en vain. Il touche la fausse Lucinde de son sceptre, et celle-ci disparaît. Au Chevalier Danois qui le félicite de n’avoir pas succombé à la crainte et à l’amour, Ubalde répond que quand la Gloire appelle, il faut laisser l’Amour. Mais un démon apparaît sous les traits de Mélisse, l’aimée d’Ubalde qui, lui, cède à son charme. À son tour le Chevalier Danois le délivre grâce au sceptre magique.

Acte V : Dans le palais d’Armide, Armide et Renaud chantent leur amour. Cependant, Armide, agitée d’un sombre pressentiment, doit consulter les enfers. Elle convoque les Plaisirs qui tiendront compagnie à Renaud en son absence.

Lully Armide passacaille acte VCliquez sur la passacaille

Quand Renaud congédie les Plaisirs, Ubalde et le Chevalier Danois profitent de ce qu’il est seul pour lui dessiller les yeux, grâce au bouclier magique. Godefroid le rappelle dans son armée. Sur le point de partir, Armide revient. Renaud lui annonce que la Gloire qui l’attend est plus forte que l’Amour. Armide convoque les démons pour qu’ils détruisent son palais, symbole de son amour perdu.

Lully Armide le perfide Renaud me fuitCliquez sur Armide

Compositeurs

André Ernest Modeste GRÉTRY (1741 – 1813)

André Ernest Modeste est né à Liège le 8 février 1741. Son père est violoniste à l’église Saint-Denis de Liège, église où GRÉTRY devient enfant de chœur.

Il fait partie de ces compositeurs extrêmement célèbres à leur époque et qui ne sont plus aujourd’hui joués qu’occasionnellement.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Auteur d’une messe à 18 ans, Grétry reçoit une bourse pour aller étudier à Rome, où il part en 1760. Il y compose six quatuors à cordes. Il quitte l’Italie en 1766 pour Genève, où il donne des cours de musique. Là, il a l’occasion d’écouter des œuvres françaises. Il se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française, peu après la querelle des Bouffons. Il fait la connaissance de VOLTAIRE qui le pousse à venir à Paris.

Il arrive à Paris en 1767, sous le règne de Louis XV. Il commence une collaboration avec MARMONTEL, qui débute avec Le Huron (1768), d’après l’Ingénu de Voltaire. Cette pièce conduit immédiatement Grétry au succès. Suivra, toujours avec Marmontel avec qui il travaille jusqu’en 1777, Zémire et Azor (1771) qui a un succès tel qu’il obtient une rente royale.

Grétry Zémire et AzorCliquez sur l’image

En 1773 Céphale et Procris est donné à l’Académie Royale de Musique.

Grétry Céphale et ProcrisCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici d’évoquer un souvenir personnel puisque c’est avec cette œuvre que j’ai eu la seule occasion de ma vie de chanter sur la scène de l’Opéra-Comique à Paris.)

1773 est également l’année de composition du Magnifique, d’après La FONTAINE.

Auteur prolifique, il compose en 1776 un Pygmalion, d’après les Métamorphoses d’OVIDE, un Andromaque d’après Racine en 1780, un Électre d’après EURIPIDE en 1782 et un Amphitryon d’après MOLIÈRE en 1786.

En 1783, il avait écrit son « opéra égyptien« , la Caravane du Caire. En 1789, c’est Raoul Barbe-bleue.

Grétry la Caravane du CaireCliquez sur la pochette du disque

Le goût prononcé de Marie-Antoinette pour les opéras comiques donne l’occasion à Grétry de se faire une place à la cour, et il devient maître de clavecin de la reine. Il écrit en 1784 ce qui est considéré comme son chef d’œuvre : Richard Cœur de Lion (dont un des airs, « Je sens mon cœur qui bat », sera repris par TCHAÏKOVSKI dans La Dame de Pique).

Grétry Richard cœur de lion je crains de lui parler la nuitCliquez sur la version originale de « Je sens mon cœur qui bat »

Il perd ses trois filles et se retire petit à petit de la vie musicale parisienne, pour se consacrer à la littérature.

En 1791, il compose encore un Guillaume Tell.

Grétry Guillaume Tell ouvertureCliquez sur l’image

En 1795, à la création de l’Institut de France, il représente la musique dans les classes des Beaux-Arts, avec MÉHUL et GOSSEC.

En 1802, Napoléon le décore de la Légion d’honneur.

Il finit par se retirer dans l’Ermitage de J.J.Rousseau qu’il a racheté après la mort de celui-ci à Montmorency, et où il meurt le 24 septembre 1813. On lui fait des funérailles nationales.

(source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard 1992)

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 6 au 12 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 6 au 12 juillet 2020.

Cette semaine, beaucoup de classiques : la Bohème, le Trouvère, Cosi fan tutte, Eugène Onéguine, Madame Butterfly et Tristan et Isolde, et une rareté Francesca da Rimini de ZANDONAI.

Pour aller sur le site du MET : c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 6 juillet PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème Act II final (MET)

Mardi 7 juillet VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore pavarotti (Met)Cliquez sur l’image

Mercredi 8 juillet MOZART Così fan tutte

Mozart Cosi fan tutte Phillips Leonard (MET)Cliquez sur Fiordiligi et Dorabella

Jeudi 9 juillet Zandonai Francesca da Rimini

Zandonai Francesca da Rimini (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 10 juillet TCHAÏKOVSKI Eugène Onéguine

Tchaïkovski Eugène Onéguine air de Lenski (MET)Cliquez sur Lenski

Samedi 11 juillet PUCCINI Madama Butterfly

Puccini Madame Butterfly duo d'amour (MET)Cliquez sur Pinkerton et Cio-Cio-San

Dimanche 12 juillet Le choix des spectateurs : WAGNER Tristan und Isolde

Wagner Tristan und Isolde début acte III (MET)Cliquez sur le début de l’acte III