Blog

Contes et légendes, Mes opéras préférés

ZÉMIRE ET AZOR, de GRÉTRY (1771)

Zémire et Azor est une comédie-ballet de Grétry, composée sur un livret de Marmontel. Elle a été créée en 1771 devant le roi (Louis XV) et la Dauphine (Marie-Antoinette). Cette pièce a connu un grand succès et a été jouée un peu partout en Europe.

Le pitch : la Belle et la Bête au pays des mille et une nuits. Un riche marchand, Sander, a trois filles : Fatmé, Lisbé et Zémire. Avant de partir en voyage sur la mer, il a promis à ses filles des bijoux et des parures. Zémire, elle, n’a demandé à son père qu’une rose. Après un naufrage, le marchand a tout perdu. Il est jeté sur la côte avec son serviteur, Ali, et se retrouve dans un palais aussi étrange qu’inquiétant. Voyant un rosier, il cueille la rose promise à Zémire quand un être affreux apparaît, en colère, lui demandant pourquoi il a volé une de ses roses. C’est Azor, qu’une fée a transformé en être hideux et repoussant. Il ne pourra reprendre forme humaine que s’il réussit à inspirer un amour sincère à une jeune fille, et croyez-moi, c’est mal parti pour lui !

Acte I : Après avoir été jetés sur la côte, Sander et Ali sont pris dans un orage. Ils se réfugient dans un palais, où un festin somptueux apparaît comme par magie. Voyant un rosier, Sander cueille une rose pour sa fille Zémire quand apparaît un monstre. C’est le prince Azor, maître de ce château. Sander explique qu’il ne pensait pas à mal et qu’il a cueilli cette rose pour sa fille. (Air: « la pauvre enfant »).

Cliquez sur l’image

Sander doit payer ce vol de sa vie, mais il obtient d’Azor de revoir ses filles, et si l’une d’elles veut prendre sa place, il aura la vie sauve.

Cliquez sur l’image

Acte II : Les trois sœurs attendent leur père et les cadeaux qui vont avec. Sander arrive, et leur annonce qu’il est ruiné.

Cliquez sur l’image

Alors que Fatmé et Lisbé se désolent, Zémire reçoit avec bonheur la rose promise par son père (Air : « Rose chérie »).

Cliquez sur l’image

Elle comprend que quelque chose le tracasse et, interrogeant habilement Ali, lui fait avouer le funeste pacte qui lie à Sander à Azor. Elle profite du sommeil de son père pour partir avec Ali chez Azor.

Acte III : Dans son palais, Azor se plaint du sort qu’une fée lui a infligé : seul un vrai amour pourra le délivrer de son apparence monstrueuse. Mais comment se faire aimer quand on est si laid ? Zémire arrive dans le palais, mais la vue d’Azor la fait frémir d’horreur. Pourtant, elle est prête à l’écouter si elle ne le regarde pas. Elle se laisse convaincre par la dignité et la douceur de son discours (Air : « du moment qu’on aime »),

Cliquez sur Azor

Zémire, émue, accepte de chanter pour lui (Air : « la Fauvette et ses petits »).

Cliquez sur l’image

Alors qu’elle s’inquiète de sa famille, Azor la fait apparaître dans un tableau magique, et Zémire peut constater que son père meurt d’inquiétude pour elle. Azor accepte de la laisser partir pour revoir son père, et lui confie un anneau magique. Elle doit revenir avant la nuit et si elle retire cet anneau, elle sera transportée dans le château d’Azor. Sinon, elle restera parmi les siens, et Azor, trahi, n’aura plus qu’à mourir.

Acte IV : Zémire rassure son père, et lui annonce son intention de retourner chez Azor, qu’elle appelle son ami. Son père, redoutant quelque diablerie, essaye de la retenir. Pendant ce temps, Azor se morfond en son château (Air : « le soleil s’est caché »).

Cliquez sur l’image

La nuit approche et Azor ne voit pas revenir Zémire. Soudain, celle-ci arrive, et Zémire finit par lui avouer son amour. Désormais, le charme est rompu, Azor redevient un prince tout à fait charmant, et offre à Zémire son amour et son trône. La fée fait revenir auprès d’elle sa famille, tout en proclamant la supériorité de la bonté sur la beauté.

(Source principale : la production de 2023 de l’Opéra-Comique, et le livret qui va avec.)

Agenda Ironique

ON PURGE VÉDIK

Ce mois-ci, c’est Photonanie qui héberge l’ Agenda Ironique.

Etkwacéti qu’elle nous demande, Photonanie ?

  • D’habitude le choix de la forme est laissé libre, mais j’aimerais changer un peu en demandant cette fois un acte (ou plus) d’une pièce de théâtre. On peut évidemment se trouver au début, au milieu ou à la fin de la pièce, au choix. Cela implique donc un minimum de didascalies pour se situer (informations sur des éléments que les répliques ne permettent pas de connaître).
  • J’aimerais aussi y voir un zeugme (le mot est bizarre mais c’est assez simple. Pour vous guider, je vous propose un exemple de Pierre Desproges : Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.) 😉
  • Et puis aussi y glisser les mots ponceau, sardonique, kathisophobie et fichtre.

Pour le reste c’est comme vous voulez pour autant que ce soit ironique 😁.

Mais tout celà est tellement mieux esspliqué chez elle que le mieux, c’est d’aller y faire un tour.

Et pour faire bonne mesure, j’ai également repris les consignes de l’A.I. du mois de Janvier, qui était organisé de main de maître par Tiniak.

Acte I scène 1 : Le rideau ponceau s’ouvre sur une fenêtre. Par la fenêtre ouverte, force est de constater que la scène est vide au moment de ce lever de rideau. Lucien et Julie Brindavoine entrent. Lucien tient un dictionnaire dans la main.

Lucien (compulsant son dictionnaire) :

Les îles Hébrides ?…

Zébrides

Zébrides…

Julie, Julie !

Zé ! Zé ! Zé ! Zé !

Incroyable !

Zèbre, zébré, zébrure, mais pas de zébrides.

On ne trouve rien dans ce dictionnaire !

Ainsi commence (presque) On purge Bébé de Feydeau, adapté en 2022 à l’opéra par Philippe Boesmans.

Cliquez sur l’image

Julie se précipite sur le dictionnaire. Voyant que son mari avait cherché les Hébrides à la lettre « Z », elle éclate d’un rire sardonique, et cherche à son tour.

Tiens, tu vas voir comme c’est dans les Z.

(elle parcourt la colonne des mots.)

E, é, ébranler, ébrécher…

Mais c’est dans les E, voyons !

Ébroïciens… Mais, ça n’y est pas ! Fichtre, je ne comprends pas, ça devrait y être !

Cliquez sur l’image

Acte I scène 2 : Cathy, l’enfant de Lucien et Julie pour qui ses parents cherchent où se trouvent les Hébrides, entre en scène. Elle reste debout car sa phobie, à Cathy, c’est la kathisophobie. Amoureuse, elle effeuille une marguerite en pensant à Védik, son amoureux.

Il m’aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout, un peu beaucoup, à la folie

Cliquez sur l’image

– Ah, il m’aime à la folie ! Il faut que je l’entende, vite, je vais lui passer un coup de bigophone !

Acte I scène 3 : Le téléphone sonne dans la salle d’armes de Védik, un escrimeur en train de s’entraîner avec entrain et sa flamberge.

– Ah Julie, c’est toi, le parangon de mon amour ! (il entame une chansonnette)

Cliquez sur la chansonnette

Acte I scène 4 : Julie et son amoureux se sont donné rendez-vous dans un bar à vin pour y déguster de la liqueur de pampre ou une petite mousse.

Les deux : Et maintenant, chantons à notre amour !

Cliquez sur l’image

+ + + RIDEAU + + +

Citations musicales :

les Zébrides : Ouverture des Hébrides (la Grotte de Fingal) de Mendelssohn.

Ébroïcien : Costeley, compositeur mort à Évreux : Mignonne allons voir si la rose, sur un poème de Ronsard.

À la folie : Ambroise Thomas Hamlet, air de la folie d’Ophélie.

Une chansonnette : Berlioz la Damnation de Faust « Ange adoré »

Chantons à notre amour : Verdi la Traviata « Libiamo ».

Écrivains, Compositrices, littérature, Théâtre

Alfred de MUSSET (1810 – 1857)

Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810. Fils d’une famille aristocratique, il suit des études classiques, qui ne l’intéressent guère, et commence à écrire très tôt. En 1829, il publie son premier recueil de poésies, les Contes d’Espagne et d’Italie.

Fin 1830, Musset a donc 20 ans quand il publie sa première pièce de théâtre, la Nuit vénitienne. L’insuccès de cette pièce fera qu’il se bornera ensuite à écrire pour la Revue des deux mondes, sans chercher à faire représenter son œuvre. La Coupe et les Lèvres (1831), paru ainsi dans un Spectacle dans un fauteuil, le premier recueil de ces pièces, servira d’argument à Puccini pour son deuxième opéra, Edgar.

Cliquez sur l’image

En 1832, il écrit André del Sarte, qui sera adapté à l’opéra 150 ans plus tard par Daniel-Lesur, sous le titre Andrea del Sarto (1968).

Cliquez sur l’image

En 1833, Musset part à Venise avec son amante, George Sand, mais le couple ne dure pas longtemps, Alfred fréquentant les grisettes pendant que George est malade. Elle se réfugie alors dans les bras de son médecin alors qu’Alfred tombe malade à son tour. Il restera de cette liaison un des chefs-d’œuvre de Musset, Lorenzaccio (1834), écrit sur un texte aimablement fourni par Sand, ainsi que le roman autobiographique les Confessions d’un enfant du siècle (1836).

Auparavant, il avait écrit les Caprices de Marianne en 1833, qui fera l’objet d’une adaptation à l’opéra par Henri Sauguet en 1954.

Cliquez sur l’image

1834 est l’année d’On ne badine pas avec l’amour. Saint-Saëns écrira une musique de scène en 1917. C’est aussi l’année de Fantasio, qui sera mis en musique en 1872 par Offenbach, alors qu’Ethel Smyth écrira son premier opéra, Fantasio, en 1898.

Cliquez sur l’image

En 1835, c’est le Chandelier. Offenbach écrira une suite avec l’opéra-comique la Chanson de Fortunio (1861), et Messager Fortunio (1907).

Cliquez sur l’image

Musset se sépare définitivement de George Sand. Musset tombe amoureux d’une femme mariée. Leur liaison dure trois semaines, mais les deux êtres resteront amis pendant 22 ans. C’est chez elle qu’il rencontre une cousine, avec qui il entame une liaison durable, elle lui proposera même de l’épouser, mais Musset rencontre Pauline Viardot et se désintéresse de sa cousine. Pauline n’est pas intéressée par les amours du poète, mais a écrit de la musique sur ses textes.

Cliquez sur l’image

Entre-temps, il écrit les Nuits de 1835 à 1837, un recueil de quatre longs poèmes très représentatifs du romantisme à la française.

En 1845, Musset est nommé chevalier de la Légion d’honneur et en 1852, il entre à l’Académie française. Mais la santé de Musset, alcoolique et syphilitique décline.

En 1850, il écrit encore Carmosine, qui fera l’objet d’une mise en musique en 1907 par Henry Février et en 1928 par Ferdinand Poise.

Musset meurt de la tuberculose à Paris le 2 mai 1857, à l’âge de 46 ans.

Outre son théâtre, certaines poésies ont été également mises en musique. C’est le cas de Nous venions voir le taureau que Léo Delibes a transformé en les Filles de Cadix, alors que Lalo a composé les mélodies À une fleur, Chanson de Barberine et la célébrissime Ballade à la lune.

Cliquez sur l’image

(Source principale : Musset Théâtre complet, Gallimard, la bibliothèque de la Pléiade, 1934)

littérature, Oulipo, Poésie

« COLLOQUE SENTIMENTAL », de VERLAINE

Après Don du poème, de Mallarmé, voici un autre poème traité à la sauce Oulipo : Colloque sentimental, de Verlaine. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport, pour moi, avec ces images.)

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux formes ont tout à l’heure passé.

Cliquez sur le parc solitaire et glacé

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,

Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé,

Deux spectres ont évoqué le passé.

Cliquez sur l’image

– Te souvient-il de notre extase ancienne ?

– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

Cliquez sur l’image

– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?

Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.

– Ah, les beaux jours de bonheur indicible

Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible.

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !

– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Cliquez sur l’image

Tels ils marchaient dans les avoines folles,

Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Cliquez sur le champion du monde de piano

Citations musicales :

Dans le vieux parc : Dvorak Rusalka. À l’acte II, Rusalka, humiliée par l’attitude du prince qu’elle aime, se réfugie dans le parc du château. Son père, l’ondin, la rejoint et pleure sur le triste sort de sa fille.

Deux spectres : Saint-Saëns Danse macabre.

notre extase : Berlioz les Troyens « Nuit d’ivresse et d’extase infinie »

le ciel noir : Berlioz les Nuits d’été « au Cimetière »

la nuit seule : Chopin Nocturne n° 8 opus 27 n° 2

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez sur le bonus surprise mystère
Divers

QUELQUES GRANDS AIRS POUR TÉNOR DE PUCCINI

Ayant assisté récemment à une très bonne version de Turandot de Puccini, avec son fameux air pour ténor « Nessun Dorma », et ayant vu il n’y a pas si longtemps une belle version de Tosca du même Puccini, avec son fameux « E lucevan le stelle », je me suis demandé quels étaient les autres grands airs que Puccini a ainsi offerts aux ténors, et aux auditeurs.

Dès son premier opéra, Manon Lescaut, on trouve l’air « Donna non vidi mai ».

Cliquez sur des Grieux

Ensuite, dans la Bohème, il nous offre l’air « Che gelida manina ».

Cliquez sur Rodolfo

Dans Tosca, donc, on trouve le fameux « E luccevan le stelle »

Cliquez sur Cavaradossi

Puis dans Madame Butterfly « Adio, fiorito asile »

Cliquez sur Pinkerton

Dans son western la Fanciulla del West, il offre au ténor l’air « Ch’ella mi creda libero e lontano »

Cliquez sur Johnson

Et dans Gianni Schicchi « Avete torto ! »

Cliquez sur Gianni

Enfin, un tube des tubes dans Turandot avec « Nessun dorma »

Cliquez sur Calaf
Compositrices, Divers, Métiers, Mythologie

ELLES FILENT, ELLES FILENT, LES FILEUSES

Ayant rencontré dans mon billet récent sur le Viol de Lucrèce, de Britten, des fileuses, je me suis demandé quelles autres fileuses on peut rencontrer dans l’univers de la musique dite classique.

Une des plus connues est sans doute Marguerite au rouet (Gretchen am Spinrad) d’inspiration Gœthienne avec une superbe mise en musique par Schubert.

Cliquez sur l’image

Dans ses Romances sans paroles, Mendelssohn a écrit « la Fileuse ».

Cliquez sur le pianiste

Wagner nous en offre deux occurrences, la première dans le Vaisseau fantôme,

Cliquez sur les fileuses

et la deuxième dans le prologue du Crépuscule des dieux, quand les Nornes tressent la toile du destin pour voir l’avenir.

Cliquez sur la partition

En 1868, Pauline Viardot composait un chœur des fileuses dans son opérette l’Ogre.

À peu près à la même époque (en 1869), Saint-Saëns faisait filer le rouet à Hercule aux pieds de sa femme Omphale dans son poème symphonique le Rouet d’Omphale.

Cliquez sur l’image

Peu après, le conte de Perrault la Belle au bois dormant a été mis en musique par Tchaïkovski. Dans ce conte, la princesse Aurore victime de la malédiction d’une méchante fée se pique le doigt le jour des 18 ans. Avant lui, Hérold avait déjà composé un ballet sur ce même conte, avec un argument de Scribe.

Cliquez sur la princesse qui vient de se piquer le doigt sur une quenouille
Cliquez sur la princesse Aurore au moment où elle va se piquer au fuseau

À peu près à la même époque, en 1886, Cécile Chaminade composait ses 6 études de concert, dont la troisième est intitulée « fileuse ».

Cliquez sur l’image

En 1898, Fauré compose une musique de scène pour Pelléas et Mélisande, de Maeterlinck. La deuxième pièce est intitulée « la Fileuse ».

Cliquez sur la fileuse

Enfin, en 1946, Britten fait intervenir un duo de fileuses dans son opéra Le Viol de Lucrèce.

Cliquez sur les fileuses

Retrouvez bientôt un autre métier avec « Elles tissent, elles tissent, les tisseuses », et pour attendre vous pouvez toujours cliquer sur le bonus surprise mystère.

Cliquez sur le bonus surprise mystère
Mes opéras préférés

LE VIOL DE LUCRÈCE, de BRITTEN (1946)

Deuxième opéra de Britten, créé en 1946 au festival de Glyndebourne. C’est Britten lui-même qui a qualifié son œuvre d’opéra de chambre, en raison de son effectif orchestral réduit. Il y délivre un message d’espoir après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Le rôle de Lucrèce a été écrit pour la grande contralto Kathleen Ferrier.

Le pitch : Le tyran Tarquinius viole la chaste Lucrèce, la femme d’un de ses généraux. Au retour de son mari, Lucrèce, honteuse, se donne la mort.

Prologue : Le chœur (au sens de chœur antique), chanté par un homme et une femme plantent le décor politique. Dans la Rome antique, la ville est dirigée par le prince Étrusque Tarquinius (Tarquin le superbe) qui s’est emparé du pouvoir. Sous son règne, Rome est tombée dans la dépravation. Pendant tout l’opéra, le chœur interviendra pour commenter la situation. (Duo : « Rome is now ruled by the Etruscan upstart« )

Cliquez sur le prologue

Acte I : En campagne, les généraux Collatinus et Junius boivent avec l’Étrusque Tarquinius. La veille, des officiers sont rentrés à Rome plus tôt pour savoir si leurs épouses étaient fidèles en leur absence, mais seule Lucrèce, la femme de Collatinus, est restée chaste, attendant son mari à la maison. (Air : « Who reaches heaven first« )

Cliquez sur l’image

La beuverie dégénère en dispute. Junius insulte Tarquinius, qui lui rappelle qu’il est prince de Rome. On porte un toast à la chasteté de Lucrèce, ce qui rend Junius fou de honte et de jalousie. Il cherche à influencer Tarquinius, insinuant que si Lucrèce est restée vertueuse, c’est qu’elle n’a pas eu l’occasion de tromper son mari. (Air : « There goes a happy man ! »)

Cliquez sur l’image

Tarquinius hésite, mais le désir le gagne, et il se rend au domicile de la sage Lucrèce.

Interlude : Tarquinius chevauche vers Rome dans la nuit.

Lucrèce discute avec sa nourrice Bianca et sa servante Lucia, qui filent la laine, avant de se préparer pour la nuit (Trio : Their little wheel revolves).

Cliquez sur les fileuses

Au moment où elles vont se coucher, on frappe à la porte. C’est Tarquinius qui demande l’hospitalité pour la nuit, ce qui étonne les femmes, le palais de Tarquinius n’étant pas loin. Lucrèce le fait entrer et lui sert du vin. Tous se séparent en se souhaitant bonne nuit (ensemble : « Now still night to sound adds separate cold echo« ).

Acte II : On entend les Romains se plaindre de l’occupation étrusque (Chœur : « he Etruscans’ prosperity was due »).

Lucrèce est endormie. Tarquinius s’approche du lit, loue sa beauté, et cherche à l’éveiller par un baiser. Lucrèce se réveille, et Tarquinius lui fait part de son violent désir pour elle. Lucrèce se défend et le repousse. Tarquinius la menace de son épée, et finit par la violer. (Air : « Lucretia ! What do you want ? »).

Le chœur pleure sur le sort de Lucrèce (Chœur : « Here, in this scene, you see »).

Bianca et Lucia se sont levées de bonne humeur et préparent un bouquet avec les fleurs du jardin (Duo : « Oh, what a lovely day ! »).

Cliquez sur l’image

Quand Lucrèce apparaît, elle semble frappée de folie. Arrangeant le bouquet, elle compare les fleurs aux femmes : « Seules les fleurs sont chastes ». Elle envoie un message à Collatinus accompagné d’une des fleurs (Air: « give him this orchid »).

Cliquez sur Lucretia

Bientôt, Collatinus et Junius arrivent. Informé par Junius du projet de Tarquinius, il est accouru aussitôt. Mais Lucrèce ne l’écoute pas. Elle ne parle que de sa honte, qu’elle ne pourra jamais oublier. Collatinus lui dit qu’elle est innocente, mais pour elle, Tarquinius a déchiré le voile de leur amour. Elle finit par se tuer sous les yeux de son mari (Air : « Lucretia ! Oh, never again »).

Cliquez sur l’image

Junius appelle les Romains à se rebeller contre Tarquinius (Air : « This dead hand lets fall« ).

Le chœur conclut l’opéra par une prière.

(Sources principales : programme du Théâtre des Arts de Rouen & DVD de l’EoN)

Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez un peu plus
Publicité

LA MUSIQUE CLASSIQUE DANS LA PUB (10e Série)

Après l’utilisation du grand air de la Wally de Catalani par les réclamiers, voici une autre série d’utilisation parfois abusive de leur part de musique classique.

Ainsi Mozart a été mis à contribution pour vendre des pâtes Barilla avec « l’allegro con brio » d’une de ses symphonies.

Mozart Symphonie Pub pour pâtes BarillaCliquez sur la pub

Son concurrent Winamax s’est servi du « Nessun dorma » extrait de Turandot de Puccini pour illustrer cette réclame.

Cliquez sur la réclame

l’Apprenti sorcier de Dukas a servi pour la réclame du papier toilette Lotus.

Dukas l'apprenti sorcier pub pour LotusCliquez sur la pub

Retrouvons Mozart et sa Flûte enchantée dans une pub pour la laitière.

Mozart la Flûte enchantée pub pour la LaitièreCliquez sur la pub

Quant à Pierre et le Loup de Prokofiev, il illustre une pub pour Coca-Cola.

Prokofiev Pierre et le loup Pub Coca ColaCliquez sur la bouteille de boisson sucrée et gazéifiée

Le « duel des chevaliers » extrait de Roméo et Juliette du même Prokofiev a servi pour la pub du parfum Égoïste de Chanel,

Prokofiev Pub Égoïste ChanelCliquez sur la façade de l’immeuble

mais cette pub a elle-même été parodiée par Mickaël Youn.

Prokofiev parodie Pub Égoïste ChanelCliquez sur la parodie

On peut entendre la « Valse des fleurs » du Casse-Noisette de Tchaïkovski dans cette réclame pour Citroën Nemo.

Tchaïkovski Casse-Noisette Valse des fleurs pub pour Citroën NemoCliquez sur les jolies fleurs

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, mais inquiétez-vous, j’ai encore plein de réclames se servant de musique classique pour mieux vendre des produits.

Et cliquez ici pour avoir des réclames qui se servent des symphonies de Beethoven.

Cinéma, Mes opéras préférés

QUADROPHENIA, by The WHO (1973)

Écrit 4 ans après leur premier opéra rock, Tommy, Quadrophenia est à l’origine un double album concept, à la pochette richement illustrée de photos en noir et blanc, racontant la vie de Jimmy, un jeune mod*, qui a du mal à trouver sa place dans la société anglaise des années 1960, sur fond de rivalités entre mods et rockers.

*Mod : MOD est l’abréviation de jeune, beau et con. Nous sommes tous passés par là (Pete Townshend).

Un film a été réalisé en 1979 sous le titre Quadrophenia.

En fait, Jimmy est schizophrène, et a du mal à faire cohabiter ses différentes personnalités. Musicalement, cela se traduit par quatre leitmotivs différents, portés par chacun des 4 membres des Who. Le titre Quadrophenia s’explique donc par l’utilisation de la quadriphonie, qui venait d’apparaître, et les quatre personnalités qui sont dans la tête de Jimmy le schizophrène.

Ainsi, le thème de Pete Townshend se retrouve dans les titres A beggar, an hypocrite, love, reign o’er me.

Le thème de Roger Daltrey se trouve dans les titres A tough guy, Helpless dancer

Le thème de John Entwistle est présent dans les titres A romantic, is it me for a moment?

Et le thème de Keith Moon sous-tend les titres A bloody lunatic, I’ll even carry your bags, Bell boy.

La première partie décrit la vie solitaire de Jimmy au milieu de sa famille, de son travail, de son psy et de son groupe de mods. (Titre the real me)

Cliquez sur l’image

Quand ses parents trouvent dans sa chambre des pilules d’amphétamines, ils le chassent de la maison. Jimmy prend alors une forte dose et monte dans le train de 5 h 15 pour Brighton (Titre 5:15).

Cliquez sur l’image

À Brighton, il rencontre dans un hôtel un ancien leader des mods, qu’il admirait, et qui est devenu simple groom (Titre Bell Boy).

Cliquez sur l’image

C’est une grande déception pour Jimmy qui, après avoir perdu ses parents et sa petite amie voit ainsi disparaître ses idéaux. Il vole un scooter et part sur la falaise sous la pluie (Titre Love reign o’er me).

Cliquez sur l’image
Compositeurs

Albert ROUSSEL (1869-1937)

Albert ROUSSEL naît à Tourcoing le 5 avril 1869. Il prend ses premières leçons de piano à 11 ans, mais son rêve, ce n’est pas la musique, c’est la mer !

Albert poursuit ses études au collège Stanislas, à Paris, avant d’intégrer l’École navale. Après quelques années passées à naviguer, il prend un congé pour approfondir ses connaissances musicales. À 25 ans, il démissionne de la marine pour devenir compositeur.

Roussel travaille avec Vincent d’Indy à la Scola Cantorum, où il enseignera pendant une dizaine d’années. Au début influencé par Debussy ou d’Indy, il trouve vite sa voix et sa voie, pour écrire des compositions aux rythmes hardis et aux orchestrations subtiles.

En 1903, Roussel écrit sa première œuvre symphonique, Résurrection, créée en 1904 d’après le roman de Tolstoï. 1904 est aussi l’année de sa première symphonie.

Roussel RésurrectionCliquez sur l’image

À 39 ans, il se marie avec Blanche Preysac. Avec sa femme, ils découvrent l’Inde et le Cambodge. Roussel revient de ce voyage avec de nouveaux rythmes qu’il traduira dans un triptyque, les Évocations.

En 1912, Roussel compose le ballet le festin de l’araignée pour le théâtre des Arts.

Cliquez sur l’image

En 1914, il s’engage pour défendre son pays. Pendant ces années de guerre, il compose un opéra-ballet, Padmâvatî, en souvenir de son voyage en Inde.

Roussel Padmâvatî préludeCliquez sur l’image

En 1920, Albert Roussel écrit un ballet en deux actes, Bacchus et Ariane pour une chorégraphie de Serge Lifar et avec des décors signés Giorgio de Chirico.

Roussel bacchus et Ariane
Cliquez sur l’image

Roussel s’est aussi inspiré de la dernière pièce de Sophocle, les Limiers, avec son conte lyrique La Naissance de la lyre, créé en 1925.

Roussel La Naissance de la lyreCliquez sur l’enregistrement historique (1930)

En 1933, il écrit l’opérette le Testament de la tante Caroline. Dans cette œuvre, la tante Caroline meurt en laissant derrière elle 40 millions, qu’elle lègue à la première de ses trois vieilles sœurs qui aura un enfant, pendant l’année qui va s’écouler, faute de quoi la fortune serait léguée à l’armée du Salut !

Roussel le Testament de la tante CarolineCliquez sur les trois vieilles tantes sans descendance

En 1934, Roussel écrit la très rythmique Sinfonietta pour orchestre à cordes, une de ses œuvres les plus connues.

Cliquez sur la très rythmique Sinfonietta

Roussel meurt à Royan le 23 août 1937, à l’âge de 68 ans.

(Source principale : le dossier de la Philhamonie de Paris)