Mes opéras préférés, opéra russe

IOLANTA, de TCHAÏKOVSKI (1892)

Dernier opéra de TCHAÏKOVSKI, composé sur un livret de son frère Modeste, cet opéra en un acte est écrit et créé en 1892, en même temps que le ballet Casse-Noisette (d’après E.T.A. HOFFMANN).

Tchaïkovski Casse-Noisette danse de la fée dragéeCliquez sur la fée Dragée

Moins connu que Eugène Onéguine ou la Dame de pique, Iolanta est un authentique chef-d’œuvre de Tchaïkovski, tiré de la pièce La Fille du roi René (1853) du Danois Henrik HERTZ.

Acte I : Iolanta, la fille du roi René, est aveugle de naissance, mais ignore son infirmité car son père a interdit à son entourage de lui en parler. Elle mène une vie protégée, ne connaissant que l’univers des sons, des odeurs, du goût et du toucher. (Air : « Pourquoi n’ai-je pas souffert autrefois ? »)

Tchaïkovski Iolanta Pourquoi n'ai je pas souffert autrefoisCliquez sur Iolanta

Le roi fait venir un médecin maure pour guérir sa fille. (Air du roi René : « Seigneur, si j’ai péché »).

Tchaikovski Iolanta Seigneur si j'ai péchéCliquez sur le roi René

Celui-ci déclare qu’il peut la guérir à une condition : qu’on révèle son infirmité à Iolanta. Dans un discours sur l’inséparabilité des mondes spirituels et charnels, il déclare qu’avant d’ouvrir les yeux à la lumière, il faut que l’âme soit prête à découvrir ce sens (Air du docteur : « Il y a deux mondes », un petit bijou d’émotion !).

Tchaikovski Iolanta air du docteur il y a deux mondesCliquez sur le docteur

Mais le roi refuse et déclare que celui qui révélera son infirmité à sa fille devra mourir.

Deux chevaliers qui se sont perdus lors d’une partie de chasse arrivent. Il s’agit de Robert, duc de Bourgogne, et de Godefroid, comte de Vaudémont. Robert est promis de longue date à Iolanta, qu’il ne connaît pas, mais il est tombé amoureux d’une autre femme, Mathilde, et voudrait rompre ses fiançailles. (Air de Robert « Qui peut égaler ma Mathilde ? »)

Tchaikovski Iolanta air de Robert qui peut égaler ma MathildeCliquez sur Robert

Malgré l’interdiction qui figure à l’entrée du jardin, ils entrent et découvrent Iolanta endormie. Godefroid en tombe immédiatement amoureux (Air de Godefroid « Non ! Les charmes de la beauté agitée ne me disent rien »).

Tchaikovski Iolanta air de Godefroid non la beauté...Cliquez sur Godefroid de Vaudémont

Iolanta se réveille, mais ne reconnaît pas leurs voix. Ils disent être des chevaliers perdus. Robert part, laissant Godefroid seul. Iolanta lui offre à boire. Godefroid lui déclare sa passion, mais elle le repousse. Avant de partir, il demande à Iolanta de cueillir pour lui une rose rouge, qu’il gardera en souvenir d’elle. Mais par deux fois, elle cueille une rose blanche. Godefroid comprend alors qu’elle ne voit pas. Il s’efface, la laissant seule et désemparée. Quand il revient, il veut sécher ses pleurs. Lui demandant à quoi servent les yeux, elle répond qu’ils servent à pleurer. Elle demande ce qu’est la lumière, et il répond que c’est la première merveille de la création (Duo : « Je ne comprends pas ton silence »).

Tchaikovski Iolanta Duo Iolanta VaudémontCliquez sur Iolanta et Godefroid

Le roi arrive avec sa suite. Ils découvrent que Iolanta n’est plus seule dans le jardin. Il est mécontent qu’on ait dévoilé à sa fille son infirmité, mais le docteur dit que c’est peut-être là le salut de sa fille. Le roi dit à Iolanta qu’il est venu avec son médecin pour la guérir, si elle le veut. Pour la convaincre, il use d’un subterfuge, et rappelant que ceux qui entrent dans le jardin encourent la mort, déclare que Godefroid mourra si Iolanta ne retrouve pas la vue.

Iolanta se déclare alors prête et demande ce qu’elle doit faire. Le docteur déclare qu’il lui suffit de désirer ardemment la lumière. Elle se confie aux mains du médecin.

Robert arrive au secours de son camarade ! Godefroid lui rappelle qu’il doit tout avouer au roi, mais Robert a changé d’avis, et se dit prêt à honorer sa promesse, mais que son cœur restera fidèle à Mathilde. Le roi le libère de sa parole donnée, et accepte de donner sa fille à Godefroid si elle recouvre la vue. On annonce que l’opération a réussi et que Iolanta n’est plus aveugle. Bien sûr, quand elle ouvre les yeux, elle ne reconnaît pas ce qu’elle n’a déjà vu. Le médecin lui demande de lever les yeux au ciel. Découvrant le monde, elle demande à son père d’être son protecteur, mais il répond qu’il est trop vieux, et que ce sera Godefroid son protecteur.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur l’image

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 20 au 26 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 20 au 26 juillet 2020.

Cette semaine, que des classiques : ROSSINI, WAGNER, VERDI, GOUNOD, STRAUSS et PUCCINI.

Pour aller sur le site du MET, c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 20 juillet Rossini Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville)

Rossini le Barbier de Séville (MET)Cliquez sur l’image

 

Mardi 21 juin Wagner Tannhäuser

Wagner Tannhaüser fin acte II (MET)Cliquez sur l’image

Mercredi 22 juillet Verdi Macbeth

Verdi MAcbeth (MET)Cliquez sur Macbeth

Jeudi 23 juillet Gounod Roméo et Juliette

Gounod Roméo et Juliette Trailer (MET)Cliquez sur Roméo

Vendredi 24 juillet Verdi Falstaff

Verdi Falstaff final (Met)Cliquez sur l’image

Samedi 25 juillet Strauss Der Rosenkavalier (Le Chevalier à la rose)

strauss rosenkavalier trio finalCliquez sur l’image

Dimanche 26 juillet Puccini La Fanciulla del West

Puccini la fanciulla del west Ch'ella mi creda libero (MET)Cliquez sur l’image

Voilà, bonne semaine. See you a next week !

Divers, Nature

VOICI DES ROSES

De toutes les fleurs, la rose est peut-être la plus universelle pour l’être humain, et chaque type de rose porte un sens différent suivant sa couleur.

Je vous propose ici un bouque d’airs parfumés à la rose.

« Mignonne allons voir si la rose »…

En 1821, dans le Freischütz de WEBER, Agathe et ses demoiselles d’honneur chantent devant le bouquet de roses blanches d’Agathe.

Weber Der Freischütz Cavatine d'AgatheCliquez sur Agathe

En 1846, c’est BERLIOZ qui fait chanter à Méphistophélès « Voici des roses » dans sa Damnation de Faust.

voici des rosesCliquez sur l’image

Berlioz encore, avec « le Spectre de la rose », extrait des Nuits d’été.

Berlioz Nuits dété NormanCliquez sur l’image

En 1883, MASSENET dans Manon fait chanter le duo : « À nous les amours et les roses. »

Massenet Manon A nous les amours et les rosesCliquez sur l’image

Dans Iolanta (1892) de TCHAÏKOVSKY, c’est quand il comprend que Iolanta ne voit pas les couleurs et qu’elle ne peut lui offrir que des roses blanches au lieu de la rose rouge qu’il lui demande en souvenir d’elle que Godefroy se rend compte de la cécité de Iolanta.

Tchaïkovski Iolanta finalCliquez sur le final de Iolanta

En 1911, dans Le Chevalier à la rose de  STRAUSS, la scène de la présentation de la rose d’argent aux fiancés est une des scènes majeures de l’opéra.

Parmi les mélodies de FAURÉ figure « Les Roses d’Ispahan » (1894), sur un poème de LECONTE DE LISLE.

Fauré Les roses d'IspahanCliquez sur la pochette de disque

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 13 au 19 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 13 au 19 juillet 2020.

Cette semaine, beaucoup de classiques : trois PUCCINI, un MOZART, un ROSSINI, un VERDI et, un peu moins « classique », Wozzeck de BERG.

Pour aller sur le site du MET : c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 13 juillet Puccini Manon Lescaut

Puccini Manon Lescaut Ah vieni colle tue bracciaCliquez sur Manon et Des Grieux

Mardi 14 juillet Verdi La Traviata

Verdi La Traviata Libiamo (MET)Cliquez sur le « Libiamo »

Mercredi 15 juillet Puccini Turandot

Puccini turandot In questa reggia (MET)Cliquez sur Calaf et Turandot

Jeudi 16 juillet Berg Wozzeck

Berg Wozzeck final (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 17 juillet Rossini La Cenerentola

Rossini la Cenerentola Naqui all'affano (MET)Cliquez sur Cendrillon

Samedi 18 juillet Mozart Le Nozze di Figaro

Mozart Le Nozze di Figaro Porgi amor (MET)Cliquez sur la comtesse

Dimanche 19 juillet Puccini La Bohème

Puccini La bohème O soave fanciulla (MET)Cliquez sur Mimi et Rodolfo

Voilà, c’est tout pour cette semaine. See you a nexte week !

Divers

LES FEUX D’ARTIFICE DU 14 JUILLET

Comme j’ai déjà traité il n’y a guère de la Révolution française, je me suis dit que pour ce 14 juillet, traiter des feux d’artifice pouvait être une bonne idée.

Commençons par le plus célèbre des feux d’artifice musicaux, la Music for the royal Fireworks de HAENDEL, composée en 1749 en l’honneur du traité d’Aix la Chapelle.

Haendel Fireworks

Cliquez sur l’image

À cette époque baroque, la virtuosité était surtout un affaire de chanteurs et de chanteuses, et Haendel et VIVALDI (et les autres) ont rivalisé pour offrir des feux d’artifices aux pyrotechniciens vocaux.

Haendel Rinaldo Orlinski

Cliquez sur Jakub Josef (Orlinski)

Vivaldi la Griselda Agitata da due venti (Bartoli)

Prenez votre souffle et cliquez sur Cecilia (Bartoli)

Au XIXe siècle, on avait (à peu près) réussi à mettre les chanteurs au pas et la virtuosité s’est déplacée du côté des instrumentistes.

Avec les Études d’exécution transcendantes du génial LISZT, on assiste ainsi à de véritables feux d’artifices pianistiques !

Liszt Feux follets

Cliquez sur les feux follets

Au moment où Liszt s’imposait comme virtuose, il avait un redoutable concurrent en la personne de Paganini, le violoniste qui avait, le dit sa légende, vendue son âme au diable.

Paganini Campanella

Cliquez sur la violoniste
Et quand la virtuosité de Paganini est transposée au piano par Liszt, ça donne ça !

Liszt Paganini la Campanella

Cliquez sur Lang Lang et essayez de compter ses doigts (😉)
Feux d’artifice est le titre d’un des préludes du livre II de DEBUSSY.

Debussy Feux d'artifice

Cliquez sur le pianiste

Mes opéras préférés

ARMIDE, de LULLY (1686)

Armide est le dernier opéra de LULLY composé sur un livret de QUINAULT, en 1686. Il est considéré comme étant le grand chef d’œuvre issu de la collaboration entre les deux hommes. Son livret est tiré de la Jérusalem délivrée, (la Gerusalemme liberata) du TASSE, et il a servi un siècle plus tard pour un « concours » entre GLUCK et PICCINNI, où les deux compositeurs étaient invités à réécrire un opéra en se servant d’un livret de Quinault.

Prologue : La Gloire et la Sagesse louent le Héros (c’est à dire Louis XIV) qui incarne ces deux qualités. Elles proposent de raconter l’histoire du chevalier Renaud.

Acte I : La magicienne Armide confie à ses deux suivantes, Phénice et Sidonie, le trouble de son cœur. Si elle a vaincu l’armée des croisés, le chevalier Renaud lui résiste (Air : « Un Songe affreux « ). Lui, pour qui elle devrait n’avoir que haine, a enflammé son cœur. Hydraot, un magicien oncle d’Armide, sentant venir la fin de ses jours, presse sa nièce de se marier.

Lully Armide Armide est encore plus aimableCliquez sur l’image

Armide ne veut pas des chaînes du mariage. Si elle se marie un jour, c’est la Gloire qui choisira son mari : ce sera le vainqueur de Renaud, s’il existe. Alors que l’on célèbre la victoire d’Armide, un messager arrive, un homme, seul, a délivré tous les prisonniers que l’on emmenait. Cet homme, c’est Renaud.

Acte II : Artémidore, un des chevaliers libérés par Renaud, voudrait le suivre, mais Renaud, banni par Godefroid, veut poursuivre seul son chemin. Hydraot et Armide préparent un charme pour tromper Renaud (Duo : « Esprit de haine et de rage »).

Lully Armide Esprit de haine et de rageCliquez sur l’image

Renaud, s’avançant le long d’une rivière, est victime de ce charme. Il ne veut plus partir.

Lully Armide Plus j'observe ces lieuxCliquez sur l’image

Au contraire, il s’endort, et les démons invoqués par les magiciens, déguisés en zéphirs et en bergers, lui chantent les plaisirs de l’amour. Armide paraît pour tuer Renaud, mais quand elle le voit ainsi endormi, elle est subjuguée par l’amour.

Lully Armide enfin il est en ma puissanceCliquez sur Armide

Honteuse de ne pouvoir le tuer, elle demande à ses démons de les transporter tous deux au bout de l’univers.

Acte III : Armide s’interroge : comment a-t-elle pu devenir dépendante de Renaud ? Comme ses suivantes se réjouissent de la victoire d’Armide sur Renaud, Armide chante son trouble. Ce n’est que par un charme artificiel que Renaud l’aime. Entre un amour faux et la haine, Armide choisit la haine, qu’elle invoque. La Haine surgit de l’enfer pour arracher l’Amour qui est dans le cœur d’Armide, mais au dernier moment, celle-ci renvoie la Haine en Enfer, et préfère garder son amour. La Haine la condamne à aimer Renaud toujours.

Acte IV : Le Chevalier Danois, accompagné d’Ubalde porteur d’un sceptre et d’un bouclier magiques capables de dissiper les enchantements d’Armide, paraissent. Des démons ayant pris l’apparence de paysans et de Lucinde, l’aimée du Chevalier Danois, les attirent. Ubalde cherche à prévenir le Chevalier Danois contre ces enchantements, mais en vain. Il touche la fausse Lucinde de son sceptre, et celle-ci disparaît. Au Chevalier Danois qui le félicite de n’avoir pas succombé à la crainte et à l’amour, Ubalde répond que quand la Gloire appelle, il faut laisser l’Amour. Mais un démon apparaît sous les traits de Mélisse, l’aimée d’Ubalde qui, lui, cède à son charme. À son tour le Chevalier Danois le délivre grâce au sceptre magique.

Acte V : Dans le palais d’Armide, Armide et Renaud chantent leur amour. Cependant, Armide, agitée d’un sombre pressentiment, doit consulter les enfers. Elle convoque les Plaisirs qui tiendront compagnie à Renaud en son absence.

Lully Armide passacaille acte VCliquez sur la passacaille

Quand Renaud congédie les Plaisirs, Ubalde et le Chevalier Danois profitent de ce qu’il est seul pour lui dessiller les yeux, grâce au bouclier magique. Godefroid le rappelle dans son armée. Sur le point de partir, Armide revient. Renaud lui annonce que la Gloire qui l’attend est plus forte que l’Amour. Armide convoque les démons pour qu’ils détruisent son palais, symbole de son amour perdu.

Lully Armide le perfide Renaud me fuitCliquez sur Armide

Compositeurs

André Ernest Modeste GRÉTRY (1741 – 1813)

André Ernest Modeste est né à Liège le 8 février 1741. Son père est violoniste à l’église Saint-Denis de Liège, église où GRÉTRY devient enfant de chœur.

Il fait partie de ces compositeurs extrêmement célèbres à leur époque et qui ne sont plus aujourd’hui joués qu’occasionnellement.

image d'oreille pour liste de lectureCliquez sur l’oreille pour accéder directement à la liste de lecture

Auteur d’une messe à 18 ans, Grétry reçoit une bourse pour aller étudier à Rome, où il part en 1760. Il y compose six quatuors à cordes. Il quitte l’Italie en 1766 pour Genève, où il donne des cours de musique. Là, il a l’occasion d’écouter des œuvres françaises. Il se trouve donc au cœur de l’opposition entre l’école italienne et l’école française, peu après la querelle des Bouffons. Il fait la connaissance de VOLTAIRE qui le pousse à venir à Paris.

Il arrive à Paris en 1767, sous le règne de Louis XV. Il commence une collaboration avec MARMONTEL, qui débute avec Le Huron (1768), d’après l’Ingénu de Voltaire. Cette pièce conduit immédiatement Grétry au succès. Suivra, toujours avec Marmontel avec qui il travaille jusqu’en 1777, Zémire et Azor (1771) qui a un succès tel qu’il obtient une rente royale.

Grétry Zémire et AzorCliquez sur l’image

En 1773 Céphale et Procris est donné à l’Académie Royale de Musique.

Grétry Céphale et ProcrisCliquez sur l’image

(Qu’il me soit permis ici d’évoquer un souvenir personnel puisque c’est avec cette œuvre que j’ai eu la seule occasion de ma vie de chanter sur la scène de l’Opéra-Comique à Paris.)

1773 est également l’année de composition du Magnifique, d’après La FONTAINE.

Auteur prolifique, il compose en 1776 un Pygmalion, d’après les Métamorphoses d’OVIDE, un Andromaque d’après Racine en 1780, un Électre d’après EURIPIDE en 1782 et un Amphitryon d’après MOLIÈRE en 1786.

En 1783, il avait écrit son « opéra égyptien« , la Caravane du Caire. En 1789, c’est Raoul Barbe-bleue.

Grétry la Caravane du CaireCliquez sur la pochette du disque

Le goût prononcé de Marie-Antoinette pour les opéras comiques donne l’occasion à Grétry de se faire une place à la cour, et il devient maître de clavecin de la reine. Il écrit en 1784 ce qui est considéré comme son chef d’œuvre : Richard Cœur de Lion (dont un des airs, « Je sens mon cœur qui bat », sera repris par TCHAÏKOVSKI dans La Dame de Pique).

Grétry Richard cœur de lion je crains de lui parler la nuitCliquez sur la version originale de « Je sens mon cœur qui bat »

Il perd ses trois filles et se retire petit à petit de la vie musicale parisienne, pour se consacrer à la littérature.

En 1791, il compose encore un Guillaume Tell.

Grétry Guillaume Tell ouvertureCliquez sur l’image

En 1795, à la création de l’Institut de France, il représente la musique dans les classes des Beaux-Arts, avec MÉHUL et GOSSEC.

En 1802, Napoléon le décore de la Légion d’honneur.

Il finit par se retirer dans l’Ermitage de J.J.Rousseau qu’il a racheté après la mort de celui-ci à Montmorency, et où il meurt le 24 septembre 1813. On lui fait des funérailles nationales.

(source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions Fayard 1992)

Le MET s'invite chez vous

LE MET S’INVITE CHEZ VOUS – Semaine du 6 au 12 juillet

Le Metropolitan Opera de New York (MET) vient de communiquer la liste des opéras qu’il mettra à disposition sur son site pour la semaine du 6 au 12 juillet 2020.

Cette semaine, beaucoup de classiques : la Bohème, le Trouvère, Cosi fan tutte, Eugène Onéguine, Madame Butterfly et Tristan et Isolde, et une rareté Francesca da Rimini de ZANDONAI.

Pour aller sur le site du MET : c’est ici : https://www.metopera.org/

Lundi 6 juillet PUCCINI La Bohème

Puccini La Bohème Act II final (MET)

Mardi 7 juillet VERDI Il Trovatore (Le Trouvère)

Verdi il trovatore pavarotti (Met)Cliquez sur l’image

Mercredi 8 juillet MOZART Così fan tutte

Mozart Cosi fan tutte Phillips Leonard (MET)Cliquez sur Fiordiligi et Dorabella

Jeudi 9 juillet Zandonai Francesca da Rimini

Zandonai Francesca da Rimini (MET)Cliquez sur l’image

Vendredi 10 juillet TCHAÏKOVSKI Eugène Onéguine

Tchaïkovski Eugène Onéguine air de Lenski (MET)Cliquez sur Lenski

Samedi 11 juillet PUCCINI Madama Butterfly

Puccini Madame Butterfly duo d'amour (MET)Cliquez sur Pinkerton et Cio-Cio-San

Dimanche 12 juillet Le choix des spectateurs : WAGNER Tristan und Isolde

Wagner Tristan und Isolde début acte III (MET)Cliquez sur le début de l’acte III

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« LE TOMBEAU DE CHARLES BAUDELAIRE », de MALLARMÉ

Après Hommage, écrit à la mémoire de Richard WAGNER, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc Le tombeau de Charles BAUDELAIRE, écrit en hommage à son ainé, mort en 1867. Comme Baudelaire, MALLARMÉ faisait partie des premiers admirateurs de Wagner en France, et ils avaient en commun une grande admiration pour Edgar Allan POE. Il peut être intéressant de comparer leurs traductions respectives de son poème le Corbeau (the Raven) (« Une fois, par un minuit lugubre… »)

(Rappel, j’ai déjà traité le poème le tombeau d’Edgar POE sur ce blog.)

Le temple enseveli divulgue par la bouche

Debussy La Cathédrale engloutieCliquez sur le temple enseveli

Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis

Abominablement quelque idole Anubis

Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Verdi Aïda Possente Fthà (Anubis)Cliquez sur Anubis

Ou que le gaz récent torde la mèche louche

Essuyeuse on le sait des opprobres subis

Il allume hagard un immortel pubis

Dont le vol selon le réverbère découche

Berg Lulu FinalCliquez sur Lulu

Quel feuillage séché dans les cités sans soir

Votif pourra bénir comme elle se rasseoir

Contre le marbre vainement de Baudelaire

Gounod Roméo et Juliette Salut ! Tombeau sombre et silencieuxCliquez sur Roméo devant le tombeau de Juliette

Au voile qui la ceint absente avec frissons

Celle de son Ombre même un poison tutélaire

Toujours à respirer si nous en périssons

monteverdi couronnement de Poppée SénèqueCliquez sur Sénèque

Citations :

Le temple enseveli : par ce temple enseveli, j’entends la Cathédrale engloutie de DEBUSSY, autre ami de Mallarmé, qui a mis en musique notamment son Prélude à l’après-midi d’un faune.

l’idole ANUBIS me propulse par la pensée en Égypte, par exemple pour écouter Aïda de VERDI. Si on y célèbre le dieu Ptah, c’est en définitive le dieu de la mort Anubis qui triomphe, puisque Aïda et son amant Radamès meurent emmurés dans une caverne.

un immortel pubis : si on considère que ce second quatrain évoque la prostitution, un des thèmes récurrents apparaissant dans l’œuvre de Baudelaire, cet immortel pubis pourrait être celui de Lulu (prononcer Loulou), l’héroïne vénéneuse de l’opéra de BERG.

le marbre : les deux tercets du sonnet se rapportent au tombeau de BAUDELAIRE, et le marbre est donc celui de son monument funéraire. Je vous propose donc ici de vous recueillir, comme le faisait Roméo, sur le tombeau de Juliette qu’il croyait morte, dans le Roméo et Juliette de GOUNOD.

un poison tutélaire : Dans le Couronnement de Poppée (l’Incoronazione di Poppea) de MONTEVERDI, le philosophe Sénèque est condamné à mort par Néron. Il fait ses adieux à ses amis avant de boire le poison, pendant que ses amis le pleurent.

Cinéma, Mythologie, Nature

LES QUATRE ÉLÉMENTS (1) : LE FEU

Puisque nous sommes en été, intéressons-nous à celui des quatre éléments (le feu – l’eau – l’air – la terre) qui symbolise cette saison. C’est bien évidemment au feu qu’elle est associée, puisque l’été est la saison du soleil et de sa chaleur.

Le feu est un élément ambivalent. D’un côté, il apporte la chaleur et la lumière. Il permet de cuire les aliments et, anciennement, il écartait les bêtes sauvages du foyer. Le foyer, qui désignait le lieu du feu, est devenu par métonymie le terme qui signifie l’endroit où l’on vit, la maison. Par un second glissement de sens, il désigne aussi la famille (pensez au foyer fiscal des impôts.)

Le feu, c’est aussi l’amour. On brûle d’amour ou on déclare sa flamme à l’être aimé. Ainsi le duo final de Béatrice et Bénédict de BERLIOZ : « L’amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

Berlioz Béatrice et Bénédict l'amour est un flambeauCliquez sur l’image

(Vous pouvez aussi réécouter l’air « d’amour l’ardente flamme » de la Damnation de Faust du même Berlioz.)

D’un autre côté, le feu brûle et détruit. Il est aussi associé aux flammes de l’enfer, où les damnés vont brûler pour l’éternité. C’est ce qui arrive à don Giovanni à la fin de l’opéra de MOZART, où le spectre du commandeur vient le chercher.

Mozart don giovanni scène finaleCliquez sur don Giovanni emporté dans les flammes de l’enfer

Dans la mythologie, le Titan Prométhée a volé le feu sacré des dieux afin de l’offrir aux hommes. Pour le punir, Zeus l’a condamné à être attaché sur un rocher où un aigle venait tous les jours lui manger le foie. GOETHE a repris cette légende dans un poème en 1774, poème que SCHUBERT a mis en musique en 1819.

Schubert PrometheusCliquez sur l’image

Environ un siècle plus tard, SCRIABINE écrit sur le même thème une de ses œuvres les plus connues, le poème symphonique Prométhée ou le poème du feu.

Scriabine Prométhée le poème du feuCliquez sur l’image

Toujours dans la mythologie gréco-latine, la divinité grecque du feu et du foyer était Hestia (en latin Vesta). Et les vestales, c’étaient ces jeunes filles qui chez les romains entretenaient le feu sacré. La vestale la plus connue à l’opéra est celle mise en scène par SPONTINI dans son opéra du même nom.

Spontini la Vestale O nume TutelarCliquez sur la vestale

Vulcain, le dieu romain du feu, est aussi le protecteur des forgerons. Ce n’est peut-être pas un hasard si dans le Trouvère de VERDI, qui contient la scène hallucinante où la gitane Azucena avoue avoir jeté son enfant dans le feu, croyant qu’il s’agissait de celui de son ennemi juré, on trouve un des chœurs les plus célèbres de Verdi, le chœur des forgerons.

Verdi Il Trovatore chœur des forgeronsCliquez sur l’image

Cliquez sur les enclumes

La figure géométrique associée au feu est le tétraèdre. Ce qui me conduit naturellement à la tétralogie de WAGNER, où le feu occupe une grande place. Il est personnalisé par Loge (Loki), le demi-dieu scandinave du feu, qui va aider Wotan dans sa tentative désespérée de rétablir l’ordre du monde ancien. À la fin de la Walkyrie, c’est lui qui protège la walkyrie endormie sur un rocher par un cercle de feu que seul un héros n’ayant jamais connu la peur pourra franchir. À la fin de Siegfried, le héros éponyme va enfin franchir ce cercle de feu pour réveiller la belle endormie. Et à la fin (décidément) du Crépuscule des dieux, Brünnhilde met fin à l’histoire en dressant un bûcher funéraire sur lequel elle brûlera le corps de son Siegfried adoré, lâchement assassiné par le traître Hunding.

Wagner Crépuscule des dieux fin du finalCliquez sur l’embrasement final du Walhalla

Dans les mythologies indo-persanes, le temple de la religion zoroastrienne est le temple du feu. On retrouve ce personnage sous ce nom dans l’opéra Zoroastre de RAMEAU, sous le nom de Zarastro dans la Flûte enchantée de MOZART ou dans le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra de Richard STRAUSS, d’après l’œuvre de NIETZSCHE.

Mozart La Flûte enchantée O Isis und OsirisCliquez sur Zarastro

Dans l’opéra pour enfant L’enfant et les Sortilèges, de RAVEL, le feu participe à la fronde des animaux et des objets qui se rebellent contre l’enfant.

Ravel l'enfant et les sortilèges le feuCliquez sur la révolte du feu contre l’enfant méchant

Dans son opéra l’Amour sorcier, DE FALLA compose cette très belle Danse rituelle du feu.

De Falla Danse rituelle du feuCliquez sur l’image