Grandes voix, Maria Callas

IN MEMORIAM MARIA CALLAS (1923-1976)

Maria Anna Cecilia Sofia Kalogeropoulos, dite La Callas, dite la Divina est née le 2 décembre 1923 à New York, de parents grecs. Sa mère, qui voulait un garçon, semble en avoir toujours voulu à Maria d’avoir été une fille. Les relations entre Maria et sa mère seront toujours difficiles.

En 1937, madame Callas mère retourne en Grèce avec ses filles et c’est là que Maria, qui avait une belle voix, prend ses premiers cours de chant.

En 1938, elle débute sur scène à Athènes dans le rôle de Santuzza du Cavalleria Rusticana de Mascagni dans une production d’étudiants du conservatoire d’Athènes.

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En 1941 elle chante son premier rôle professionnel avec le petit rôle de Béatrice dans Boccace de Franz von Suppé. En 1942, elle tient son premier grand rôle avec Tosca de Puccini.

Cliquez sur Tosca Callas

En 1944, elle interprète Léonore, du Fidelio de Beethoven.

En 1945, elle retourne aux États-Unis où elle retrouve son père. Elle passe des auditions au Metropolitan Opera de New York, où on lui propose de chanter madame Butterfly, en anglais. Elle refuse cette proposition, se trouvant trop grosse pour le rôle et ne souhaitant pas chanter en anglais. Après des auditions à Chicago, on lui propose le rôle de la Gioconda aux arènes de Vérone.

En Italie, Maria rencontre un industriel, Gianbattista Meneghini qui lui fait la cour et avec qui elle se marie en 1949.

Après la Gioconda, le chef Tulio Serafine lui propose le rôle d’Isolde.

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En 1948, elle enchaîne avec le rôle de Brünnhilde dans la Walkyrie à la Fenice de Venise. C’est pendant cette série de représentations qu’une cantatrice qui devait chanter Elvira des Puritains de Bellini tombe malade. On donne six jours à Maria pour apprendre le rôle et la remplacer !

Après avoir chanté dans à peu près toutes les maisons d’opéra d’Italie, Maria fait ses débuts à la Scala de Milan dans les Vêpres siciliennes (ou Aïda) de Verdi. Commence alors pour elle une collaboration avec les plus grands chefs et les plus grands metteurs en scène, avec notamment la Vestale de Spontini (1954), la Sonnambula de Bellini (1955), Anna Bolena de Donizetti (1957) et surtout La Traviata de Verdi en 1955.

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Au milieu des années ’50, elle se rend compte qu’elle est trop grosse pour interpréter les rôles de jeunes premières, et décide de perdre du poids. Elle perdra ainsi 36 kg en 2 ans, ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa santé et sa technique vocale.

En 1956, Maria fait ses débuts au MET avec un de ses rôles fétiches, Norma.

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En 1957, elle rencontre le milliardaire grec Onassis et commence une « affaire » avec lui. Mais Onassis la quitte en 1968 pour se marier avec Jackie Kennedy, la veuve de l’ancien Potus (President of the United States). Les années Onassis verront un net ralentissement de sa carrière lyrique, mais après le mariage d’Onassis, elle remonte sur scène pour Tosca à Londres et Norma à Paris.

En 1964, elle enregistre encore Carmen de Bizet à Paris, rôle qu’elle n’avait jamais chanté sur scène.

Cliquez sur Carmen Callas

En 1973-1974, elle fait une dernière tournée, même si sa voix présente de plus en plus de signes de faiblesse.

Maria Callas meurt à Paris le 16 septembre 1976, à l’âge de 53 ans.

Pour beaucoup de gens, la Callas a préfiguré Bianca Castafiore, « le rossignol milanais », cette cantatrice que l’on trouve dans les aventures de Tintin, reporter de Hergé, avec son « grand air des bijoux », extrait du Faust de Gounod.

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ILS OU ELLES ONT CHANTÉ DU CLASSIQUE (8e Série)

Alors que certains chanteurs lyriques ne dédaignent pas chanter de la chanson dite de variété, le contraire est aussi vrai, et certains chanteurs ou interprètes de variété ne dédaignent pas interpréter des airs dits classiques. Après la septième série de ces airs, en voici donc une nouvelle.

La vraie cantatrice et vraie humoriste Marianne James a chanté le « duo des fleurs » de Lakmé, de Léo Delibes, avec Elizabeth Vidal.

Cliquez sur l’image

Nina Hagen chante l’Ave Maria de Schubert (en allemand).

Cliquez sur Nina Hagen

Bernard Haller joue la sonate Clair de Lune de Beethoven.

Beethoven Haller Clair de luneCliquez sur Ludwig von Haller

Ella Fitzgerald adapte Debussy dans My Reverie.

Debussy Fitzgerald My ReverieCliquez sur Ella Debussy (ou sur Claude-Achille Fitzgerald)

Et retrouvons Sting dans une vieille balade There is no Rose of such virtue.

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Divers

LE CALENDRIER DE LA NATIVITÉ 2023

Il est une tradition d’offrir, quatre semaines avant Noël, des calendriers de l’avent, dont la durée dépend du jour de la semaine où tombe Noël. Il doit commencer un dimanche, quatre semaines avant cette fête. Noël tombant un lundi en 2023, le calendrier de l’avent commence donc le dimanche 26 novembre.

Le thème de ce calendrier sera la Nativité.

Cliquez sur le 27 novembre si c’est la date du jour
Cliquez sur le 28 novembre si et seulement si on est le 28 novembre
Vous pouvez cliquer sur l’image si on est le 29 novembre
Vous pouvez cliquer sur l’image si on est le 30 novembre
Si le 1er décembre vous êtes, sur l’image vous pouvez cliquer
Vous pouvez cliquer sur l’image si vous êtes le 2 décembre
Ne cliquez pas si vous n’êtes pas le 4 décembre
Ne cliquez que si vous êtes cedrtains d’être le 5 décembre
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Et retrouvez le tout en cliquant sur la soluce du calendrier de la Nativité.

Écrivains, Mythologie

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.) 2 – L’ODYSSÉE

image Homère

« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)

La tradition attribue à Homère deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.

De par leur portée archétypale, les aventures d’Ulysse ont toujours inspiré les compositeurs, et ce dès Monteverdi avec son Retour d’Ulysse dans sa Patrie (il Rittorno d’Ulisse in patria sua).

Ulysse était le roi d’Ithaque, marié à Pénélope dont il a eu un fils, Télémaque. Héros de la guerre de Troie, et donc de l’Iliade. Il mettra dix ans à rentrer chez lui, dix ans d’aventures plus merveilleuses les unes que les autres. En effet, Poséidon s’opposera à ce retour, mais heureusement la déesse Athéna protège Ulysse.

Dans son périple, il échappe aux pièges des monstres marins Charybde et Scylla, combat le cyclope Polyphème, réussit à écouter le terrible chant des sirènes, passe un an auprès de l’enchanteresse Circé.

On trouve le personnage de Polyphème dans Acis et Galathée, de Lully (1686), dans Polyphème (1700) de Clérambault et dans Acis and Galatea d’Haendel (1718) ou encore dans Polifemo (1735) de Porpora.

Plus près de nous, Jean Cras écrira Polyphème (1914) sur un texte du poète symboliste Albert Samain.

Poséidon envoie le navire d’Ulysse aux confins du monde connu, dans l’île de la nymphe Calypso auprès de qui il reste sept ans avant d’être repris par la nostalgie de sa patrie. Destouches a écrit en 1714 un curieux Télémaque et Calypso où la nymphe est amoureuse du fils d’Ulysse!

Quand enfin, il parvient à revenir chez lui, Ulysse doit encore combattre les prétendants à sa succession, qui poussent Pénélope à se remarier. Pénélope, symbole de la fidélité, leur a promis qu’elle se marierait avec l’un d’entre eux quand elle aurait fini de faire sa tapisserie, mais ce qu’elle ne leur a pas dit, c’est que toutes les nuits, elle défait ce qu’elle a tapissé le jour.

Outre Destouches, Télémaque a inspiré Campra (Télémaque, fragmens des modernes [1704]), Scarlatti (1718), Lesueur et Boïeldieu.

Le personnage de Pénélope a inspiré Scarlatti (1696), Galuppi (1741), Piccini (1785) et enfin Fauré (1913).

Plus près de nous, Ulysse continue à inspirer les compositeurs, puisqu’on trouve un Ulisse (1968)de Dallapicola, un Ulysses (1904) de Samuel Coleridge-Taylor.

Enfin en 2018, le jeune compositeur Jules Matton écrit un opéra pour enfants, l’Odyssée, créé au théâtre impérial de Compiègne. Il s’agit d’une pièce pour 12 paysages, solistes, quatuor à cordes et orphelins d’après l’œuvre de Homère.

Compositeurs

Pierre BOULEZ (1925-2016)

S’il n’a pas écrit lui-même d’opéra, le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez, qui a pourtant déclaré « il faut dynamiter les opéras », a joué un rôle très important pour l’évolution de cet art dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Pierre Boulez est né le 26 mars 1925 à Montbrison, dans la Loire. Il apprend le piano à l’âge de 7 ans. À l’âge de 16 ans, il entre en math sup à Lyon, mais arrête vite ses études scientifiques pour préparer le concours d’entrée au Conservatoire national de musique de Paris, où il est admis en 1943. En 1944, il entre dans la classe d’harmonie d’Olivier Messiaen.

Ses premières œuvres à être jouées en public sont les Douze notations et les Trois psalmodies, en 1946. Le jeune Boulez a alors 25 ans.

Cette même année 1946, il travaille avec Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, et devient vite le directeur de la musique de scène de cette prestigieuse compagnie. Dans ces années 47-48, il compose deux cantates sur des poèmes de René Char, le Visage nuptial et le Soleil des eaux, ainsi que sa deuxième sonate pour piano, une des œuvres marquantes du piano du XXe siècle.

En 1947 encore, il découvre l’œuvre du peintre Paul Klee, ce qui alimentera sa réflexion sur la modernité en art, en dressant un parallèle peinture/musique.

En 1953, pour faire entendre la musique contemporaine dans de bonnes conditions, Boulez fonde les concerts du Petit Marigny et, faute de trouver des chefs d’orchestre capables de défendre cette musique, prend lui-même la baguette. En 1954, il exécute la création de Déserts d’Edgar Varèse au Théâtre des Champs-Élysées. Entre 1953 et 1957, il compose le Marteau sans Maître, toujours sur des poèmes de René Char.

Toujours influencé par les poètes, il compose entre 1957 et 1960 Pli selon pli, sur 3 poèmes de Mallarmé.

En 1957, il écrit la musique de L’Impromptu chez la duchesse de Windsor, de Ionesco.

En 1958, Boulez quitte la France pour l’Allemagne où il devient l’assistant de Hans Rosbaud à Baden-Baden. En 1959, il remplace ce chef au pied levé pour une série de concerts à Donaueschingen. C’est le début d’une carrière internationale et Boulez dirige le prestigieux Concertgebouw d’Amsterdam.

En 1963, il enregistre pour le cinquantième anniversaire de sa création le Sacre du Printemps de Stravinsky, signant là une version de référence. Il dirige également Wozzeck de Berg, et est invité en 1966 à Bayreuth pour y diriger Parsifal de Wagner.

Boulez traverse l’Atlantique et prend les rênes de l’orchestre de Cleveland, puis celles de l’orchestre philharmonique de New York, où il succède à Léonard Bernstein.

Pour le centenaire du Festival de Bayreuth en 1976, il est invité à diriger la Tétralogie. Il fait équipe avec le metteur en scène Patrice Chéreau. Leur production provoque un énorme scandale, mais pour la dernière année de cette production, en 1980, l’enthousiasme est tel qu’ils ont droit à 85 minutes d’applaudissement et 101 levers de rideau !

À la demande du président Georges Pompidou, Boulez crée l’équivalent musical du Centre Pompidou Beaubourg avec la fondation de l’IRCAM (Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique), ainsi que de l’ensemble Intercontemporain, qui a vocation à exécuter la musique contemporaine. C’est à l’Ircam qu’il compose Répons, une œuvre spatialisée informatiquement, c’est-à-dire dont le son est réparti dans la salle au moyen de hauts parleurs.

En 1975, Boulez dirige Moïse et Aaron de Schönberg et en 1979, il dirige la version complétée de Lulu de Berg à l’Opéra de Paris, avec son complice Chéreau à la mise en scène. En 1992, il dirige Pelléas et Mélisande de Debussy.

En 2007, il dirige De la Maison des morts de Janacek, là encore avec Chéreau comme metteur en scène.

Boulez meurt le 5 janvier 2016 à Baden-Baden, à l’âge de 90 ans.

Dans son abondante discographie, on trouve essentiellement des œuvres du XXe siècle, dont celles de la seconde école de Vienne (Schönberg, Berg, Webern), mais aussi, outre les compositeurs déjà cités dans ce billet, Ravel ou Bartok.

À titre personnel, je garde de très bons souvenirs des concerts où j’ai pu entendre Boulez diriger, notamment le Et Expecto resurectionem mortuorum de Messiaen, ou les concertos pour piano de Bartok.

Cinéma, Mes opéras préférés

LES AILES DU DÉSIR, de LOUATI (2023)

Les Ailes du désir d’Othman Louati, sur un livret de Gwendoline Soublin, est une commande de la Co[opéra]tive, une association de 6 lieux de théâtre. Il s’agit d’une adaptation du merveilleux film de Wim Wenders, en V.O. Der Himmel über Berlin (Le Ciel au-dessus de Berlin) datant de 1987, film qui a obtenu le prix de la mise en scène à Cannes. L’œuvre a été créée le 9 novembre 2023 à Dunkerque et sera donnée dans tous les théâtres de la Co[opéra]tive soit Quimper, Compiègne, Besançon, Rennes et Tourcoing.

Louati les Ailes du désir itw LouatiCliquez sur le jeune et brillant compositeur

Au début de l’œuvre, les humains sont représentés par des marionnettes (3 marionnettistes pour animer une marionnette, plus le chanteur qui chante dans l’ombre à côté d’eux. Petit à petit, les marionnettes disparaîtront et les rôles seront tenus par des humains.

Louati les Ailes du désir marionnettesCliquez sur la marionnette et ses marionnettistes

Le pitch : Dans le Berlin des années 1950, deux anges veillent sur les humains, écoutant leurs pensées. L’une des deux décide de perdre son statut d’ange pour vivre aux côtés d’une jeune trapéziste, Marion.

Premier tableau : Quand l’enfant était enfant # 1. Les deux anges Cassiel et Damielle se remémorent les temps primitifs.

Louati les Ailes du désir Damielle

Deuxième tableau : Âmes berlinoises mêlées # 1. Sur un très beau fond d’ombres chinoises, les Berlinois déambulent et on entend leurs pensées. Présentation de 3 personnages principaux : la mère sans insouciance, l’aimant jamais aimé et le mendiant en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 1

Troisième tableau : La Bibliothèque # 1, présentation de la lectrice.

Quatrième tableau : Âmes berlinoises # 2 : présentation de l’enfant et du vieux rescapé. Arrivée du cirque.

Cinquième tableau : Le cirque, Marion, la directrice du cirque et l’employé.

Louati les Ailes du désir image scène 5

Sixième tableau : À l’extérieur du cirque, à côté du Mur de Berlin. Peter, un jeune graffeur qui exerce ses talents sur le Mur, sent la présence des anges et essaye d’entrer en contact avec eux.

Septième tableau : Quand l’enfant était enfant # 2.

Huitième tableau : En ville #1. Damielle suit Marion qui déambule en ville. (Scène musicale).

Neuvième tableau : Le Mur # 2. Les passants regardent le Mur graffé par Peter. On entend leurs pensées. L’aimant jamais aimé saute du toit d’un immeuble et se tue.

Dixième tableau : La bibliothèque # 2. Damielle est venu dire au revoir à Cassiel. Sa décision est prise, elle va rejoindre le monde des humains.

Onzième tableau : En ville # 2. Damielle découvre de nouvelles sensations dans son corps d’humain.

Douzième tableau : Le Mur # 3. Peter reconnaît Damielle et révèle que lui aussi, avant, était un ange.

Treizième tableau : Au club. Peter et Damielle entrent ensemble dans un club. Marion y est présente et écoute la chanteuse, qui est la mendiante en strass.

Louati les Ailes du désir image scène 12

Quatorzième tableau : Quand l’enfant était enfant # 3. Cassiel dit ce qu’il a vu, deux corps se fondre dans la nuit électrique. Il se demande si lui aussi saura un jour ce qu’aucun ange ne sait. Rideau.

(Sources principales : La création au Bateau Feu à Dunkerque, le 9 novembre 2023, et le livret. Les images viennent de différents sites internet et peuvent faire l’objet de droits d’auteur.)

Écrivains, littérature, Mythologie

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.) 1 -L’ILIADE

image Homère

« Dico Homerum Caecum fuisse », disait le grand Gaffiot ! (traduction : On dit qu’Homère était aveugle.)

En fait on ne sait pas si l’aède Homère a réellement vécu. La tradition lui attribue pourtant deux des plus anciennes œuvres occidentales, l’Iliade et l’Odyssée. L’Iliade raconte la fin de la guerre de Troie alors que l’Odyssée raconte le périple qu’a dû suivre Ulysse pour retourner chez lui après la guerre de Troie.

De par leur portée archétypale, ces deux œuvres ont inspiré un grand nombre de compositeurs, et ce dès Monteverdi, le fondateur du genre opéra, qui a écrit en 1640 le Retour d’Ulysse dans sa Patrie d’après l’Odyssée. J’y reviendrai dans l’article sur l’Odyssée.

Parmi les nombreux personnages de l’Iliade, la plus connue est certainement Hélène (dite Hélène de Troie). Hélène était la fille de Léda, issue de ses amours avec Zeus métamorphosé en cygne pour la séduire. C’est donc aussi la sœur des jumeaux Castor et Pollux. Femme du roi Ménélas, elle fut enlevée par Pâris, ce qui déclencha la guerre de Troie. On la retrouve dans l’opérette la Belle Hélène d’Offenbach.

Offenbach la belle Hélène Au mont IdaCliquez sur l’image

Autre héros qui apparaît dans l’Iliade, Enée combat Diomède et est protégé par sa mère Aphrodite. À la fin de la guerre de Troie, il se réfugie sur le mont Ida, puis part en Italie avec la reine Didon, mais c’est une autre histoire. C’est l’Enéide, racontée par Virgile.

Enée a inspiré Berlioz dans son opéra-fleuve Les Troyens.

Berlioz les Troyens nuit d'ivresseCliquez sur l’image et frissonnez !

Le personnage d’Achille a été mis en musique par Lully et Colasse en 1688 dans Achille et Polyxène. Achille était un héros qui, offensé par Agamemnon, se retire du combat, laissant les grecs mourir. C’est à la mort de son ami Patrocle qu’il se décide à revenir au combat, où il tuera Hector.

Lully Colasse Achille et Plyxène ouvertureCliquez sur l’ouverture

On retrouve Achille une cinquantaine d’années plus tard dans Achille et Déidamie (1735) de Campra.

Campra Achille et Déidamie Timbales et trompettesCliquez sur l’image

Achille est aussi le héros de Achille à Syros de Métastase, mis en musique par Caldara, par Corselli, par Gassmann et par Sarro.

Caldara Achille in Sciro InvolarmiCliquez sur l’image

Gassmann Achille in Sciro InvolarmiCliquez sur l’image

C’est aussi un des personnages secondaires de l’Iphigénie en Aulide (1774) de Gluck.

Et si vous voulez une petite surprise, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous voulez une petite surprise

(Sources principales : Dictionnaire des personnages, collection Bouquins Laffont, 1999 et Dictionnaire de la Musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, éditions Fayard 1992.)

Maria Callas, Mes opéras préférés, Mythologie

NABUCCO, de VERDI (1841)

Nabucco est un des premiers succès de Verdi. Achevé en 1841 et créé en 1842 à la Scala de Milan, son côté patriotique a fait de Verdi le porte-parole de la révolte contre l’occupant autrichien, le fameux chœur « Va pensiero » devenant vite un hymne pour les partisans de la liberté. Parmi les chanteuses de la création figurait Giuseppina Strepponi, qui deviendra plus tard la maîtresse de Giuseppe Verdi, puis sa femme.

Le pitch : Roméo et Juliette à Babylone. Ismaël, neveu du roi des Hébreux et Fenena, fille de Nabuchodonosor, roi de Babylone, s’aiment, mais les deux peuples sont en guerre.

Acte I : Dans le temple du roi Salomon, à Jérusalem. Alors que les troupes de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, menacent la ville, les Hébreux supplient leur seigneur de leur venir en aide. Zaccaria, le grand prêtre, a pris en otage Fenena, la fille de Nabucco, et compte s’en servir pour faire la paix avec les Babyloniens.

Ismaël, le neveu du roi des Hébreux, vient annoncer que les Babyloniens arrivent et que rien ne semble pouvoir les arrêter. Zaccaria exhorte les Hébreux à aller les repousser.

Verdi Nabucco Come notte a sol fulgenteCliquez sur Zaccharia et les Hébreux

Ils sortent, laissant Ismaël et Fenena seuls. Fenena rappelle à Ismaël qu’elle l’avait fait libérer de Babylone. Les deux jeunes gens, qui s’aiment, s’apprêtent à prendre la fuite quand arrive Abigaïlle, qui prétend être une fille adultérine de Nabucco, avec une troupe de Babyloniens déguisés en Hébreux. Abigaïlle, qui est amoureuse d’Ismaël se dit prête à sauver les Hébreux s’il laisse tomber Fenena. (Trio : Io t’amava).

Verdi Nabucco Prode guerrier... Io t'amava !Cliquez sur Ismaël, Abigaïlle et Fenena

Nabucco est entré dans le temple sacré de Jérusalem et veut piller la ville. Zaccaria menace de tuer sa fille Fenena, mais Ismaël s’interpose et arrête son geste. Nabucco livre alors le temple à ses troupes et capture les Hébreux, qui maudissent Ismaël qui a trahi leur patrie en sauvant Fenena. (Quintette : « Mio furor no fui costrette »).

Verdi Nabucco Mio furor, non pi costrettoCliquez sur l’image

Acte II : Dans le palais de Babylone. Abigaïlle, qui se croyait la fille de Nabucco, découvre qu’il n’en est rien. Nabucco laisse le soin à sa fille Fenena de gouverner Babylone pendant son absence. Abigaïlle est furieuse, d’autant que Fenena fait libérer les Hébreux.

Verdi Nabucco Ben io t'invenniCliquez sur Abigaïlle

Ismaël est convoqué par les prêtres hébreux pour répondre de sa trahison mais Anna, la sœur de Zaccaria, prend sa défense et explique qu’il n’a pas sauvé la vie d’une infidèle, mais d’une Juive, car Fenena s’était convertie au judaïsme.

Verdi Nabucco Tu sul labbroCliquez sur Zaccaria

Abigaïlle arrive et demande la couronne à Fenena, mais Nabucco survient à son tour et s’en empare. Il commence par se moquer du dieu des Babyloniens, Belos, puis du dieu des Hébreux, en menaçant Zaccaria et les siens. Le dieu des Hébreux lui lance un éclair et sa couronne roule au sol. Nabucco devient fou alors que la couronne est prestement récupérée par Abigaïlle.

Acte III : Les jardins suspendus de Babylone. Abigaïlle siège sur le trône et le grand prêtre babylonien veut lui faire signer la condamnation à mort des Hébreux. Elle feint d’hésiter quand arrive Nabucco, le roi déchu. Abigaïlle se moque de lui, et lui demande d’apposer son sceau sur la condamnation des Hébreux, ce qu’il fait, signant par là la mort de sa propre fille Fenena. À Abigaïlle qui lui rappelle qu’elle aussi est sa fille, il lui déclare qu’elle n’est que la fille d’un esclave. Abigaïlle déchire le parchemin qui prouve sa basse extraction et demande aux gardes d’emmener le roi déchu, qui demande une dernière fois la grâce de sa fille Fenena. (Duo : « Di qual onta aggravarsi ».)

Verdi Nabucco Oh, di qual'onta aggravasiCliquez sur Nabucco

Sur les bords de l’Euphrate, les Hébreux pleurent leur patrie perdue (Chœur : « Va pensiero ».)

Verdi nabucco va pensieroCliquez sur le chœur des Hébreux se lamentant sur les bords de l’Euphrate

Zaccaria leur demande d’arrêter de pleurer et leur annonce que le Dieu d’Israël vaincra les idoles babyloniennes.

Acte IV : Dans le palais de Babylone. Nabucco sort d’un cauchemar et entend des cris dans la cour. Il va à la fenêtre et voit sa fille enchaînée. Il appelle alors le dieu d’Israël à l’aide, implorant son pardon. À ce moment, son fidèle Abdallo arrive avec des soldats. Il lui rend son épée royale et lui offre de reconquérir son trône.

Les Hébreux prisonniers traversent les jardins suspendus. Zaccaria exhorte Fenena à mourir en martyre. C’est alors qu’arrive Nabucco, qui ordonne de briser la statue de Belos. Celle-ci tombe miraculeusement toute seule et se brise. Nabucco libère les Hébreux et leur ordonne de construire un temple pour leur dieu.

Pendant que tous louent le grand Jéhovah, deux soldats arrivent avec Abigaïlle, qui s’est empoisonnée. Elle avoue sa faute et demande pardon avant de mourir. (Air : « Su me… morente… esanime… »). Zaccario adresse une prophétie à Nabucco : « en servant Jéhovah, tu deviendras le roi des rois ! »

Verdi Nabucco Su me morente, esanime...Cliquez sur Abigaïlle

(Source principale : les représentations des arènes de Vérone en 1981, et le DVD associé).

Agenda Ironique, Poésie

L’HOROSCOPE DE NOVEMBRE 2023

C’est chez Carnets Paresseux que ça se passe, et voilà ce qu’il nous demande Carnets Paresseux : https://wordpress.com/read/feeds/16382982/posts/4968656162

Après octobre, vient novembre, et itou l’agenda ironique chemine de chez Laurence jusqu’ici même. Kilucru ? Kiluentrevu ? Kiluprévu ? Justement, je vous propose de faire des prévisions, des voyances, des pronostics, des prédictions, d’entrevoir des possibles, des souhaitables et des évitables, de promettre fortune, argent, richesse, santé, bonheur, espérances et tout le saint-frusquin (mais aussi et symétriquement d’agiter le péril de la malencontre, de la déconfiture, de la chance qui passe sur le trottoir d’en face), bref de rédiger un horoscope, évidemment véridique, exact et irréfutable comme tout horoscope qui se respecte.

Techniquement, il pourra être basé sur la lecture des étoiles et des astres, de la marche de l’ombre des cailloux par terre, du vol des oiseaux ou du tarot ou tout ce que vous voulez, à votre guise, cet horoscope. Et puis quoi plus ? Il devra contenir les mots chevalparapluiesouquenillepingouintubéreuse et Vierzon.

Sous quelle forme, cet horoscope ? Comme vous le souhaitez : quatrain sibyllin, récit épistolaire, chanson, entrelardé au sein d’un dialogue, égosillé par une contraltote soutenue par un ostinato altier ou calligraphié d’une plume bien encrée, et même en forme d’horoscope ; si possible, avec quelques jours du calendrier (c’est le moins, pour un horoscope) et avec un brin d’ironie (idem).

parapluiesouquenille,

J’ai donc choisi la forme « haïkaï sibyllin » pour ma participation à cet Agenda Ironique.

Destin de Carmen

C’est le grand air des cartes

Carreau Pique, la mort

Bizet Carmen Carreau, pique la mortCliquez sur Carmen

+ + +

Le destin d’Œdipe :

Les mamelles de Tiresias

Sont celles du devin

Poulenc Les Mamelles de Tirésias Mon cher Papa si vous voulez savoirCliquez sur l’image

+ + +

D.F.E. Auber

Arvedson la devineresse

C’est le Bal masqué

Auber Gustave III, ou le bal masqué Acte II scène de la devineresseCliquez sur Arvedson la devineresse

+ + +

Chez Georges Enesco

Œdipe demande à la sphinge

Plus fort que l’destin ?

Enesco Oedipe Je t'attendaisCliquez sur la sphinge

+ + +

Ce chant du destin

pour une contraltote altière

Oui, c’est bien du Brahms

Brahms Schicksallied

Et pour ne pas vous faire passer pour des pingouins vétus de souquenilles, quelques explications sur ces haïkus sibyllins.

Au début du 3e acte de Carmen de Bizet, Frasquita et Mercedes se tirent les cartes pour connaître leur avenir. L’une voit l’amour sous les traits d’un bel officier qui l’emporte sur son cheval, l’autre la fortune. Carmen arrive et tire les cartes à son tour. Las, il n’y a rien à faire, elle tire toujours « Carreau, Pique, la mort ! Moi d’abord, ensuite lui, pour tous les deux, la mort ! ».

Les Mamelles de Tiresias, de Poulenc d’après le texte d’Apollinaire. Tiresias est ce devin qui révèle à Œdipe son sort horrible, il a tué son père et couché avec sa mère. Pris d’effroi, Œdipe se crève les yeux.

Dans Gustave III, ou le Bal masqué, de Daniel François Esprit Auber, toute la cour se rend à minuit chez la Arvedson la devineresse, qui a le pouvoir de prédire l’avenir en lisant dans les racines d’une tubéreuse.

Dans Œdipe (encore lui) d’Enesco, notre héros arrive devant Thèbes et veut sauver la ville. Mais il doit répondre à l’énigme de la sphinge : « qui est plus fort que le destin ? ». Œdipe connaissant la réponse, la sphinge est prise d’un rire inextinguible et meurt. Des légendes anciennes prétendent qu’on a enterré son corps à Vierzon.

Dans le Chant du destin, ou Schicksallied, de Brahms, les contraltotes altières ont un rôle important pour nous dévoiler le destin, bien abritées qu’elles sont sous leur parapluie.

littérature, Oulipo, Poésie

« LA MUSIQUE », de Charles BAUDELAIRE (3 – FAURÉ)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de Baudelaire, puis debussysé ce même poème, je vous propose une troisième version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version fauréïsée.

La musique souvent me prend comme une mer !

Fauré l'Horizon chimérique la Mer est infinieCliquez sur l’image

Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Fauré l'Horizon chimérique Je me suis embarquéCliquez sur l’image

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Fauré Nocturne (mélodie)Cliquez sur l’image

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;

Fauré l'Horizon chimérique Vaisseaux, nous vous aurons aimésCliquez sur l’image


Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Fauré BerceuseCliquez sur l’image

Citations musicales :

me prend comme une mer : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 1 « la Mer est infinie ».

Je mets à la voile : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 2 « Je me suis embarqué ».

un vaisseau qui souffre : Fauré, l’Horizon chimérique, n° 4 « Vaisseaux, nous vous aurons aimés ».

Me bercent : Fauré, Berceuse pour violon et piano.

Retrouvez ici une version beethovénisée de ce même poème.