Cinéma, Films

FITZCARRALDO, de Werner HERZOG (1982)

Fitzcarraldo est un film de Werner Herzog datant de 1982, qui raconte les aventures extraordinaires d’un homme passionné d’opéra, qui a le rêve fou d’en construire un en pleine jungle péruvienne et d’y faire venir ses héros, Caruso et Sarah Bernhard, pour monter un opéra de Verdi.

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L’action débute à l’opéra de Manaus, lors d’une soirée de gala où Caruso et Sarah Bernhard (jouée par Jean-Clause Dreyfus) chantent Ernani de Verdi. Sweeny Fitzgerald (dit Fitzcarraldo), joué par Klaus Kinsky, et son amie Molly, jouée par Claudia Cardinale, ont fait 2000 km dans la jungle pour y assister, et arrivent pour le trio final.

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Sweeny rêve de construire à Iquitos le plus grand Opéra de la forêt vierge, et d’inviter Caruso à son inauguration.

Rentré chez lui, il écoute sur son gramophone l’air « Vesti la giubba » de Paillasse de Leoncavallo chanté par son idole

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Aventurier sans le sou, il s’est ruiné dans un projet de chemin de fer transandin, il veut monter une entreprise de fabrication de glace pour les indigènes. Lors d’une fête donnée par Molly pour les plus riches hommes de la ville, il fait scandale avec son gramophone.

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Grâce à l’agent de Molly, Fitzcarraldo achète une concession d’hévéas pour refaire fortune. Seul problème, la zone en question est inaccessible par le fleuve. Ils achètent alors un vieux bateau qu’ils remettent en état, engagent un équipage et, après avoir baptisé le bateau « Molly Aïda », se mettent en route. Au lieu de descendre l’Amazone, ils remontent le fleuve, sur fond de Mort et Transfiguration de Richard Strauss.

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Alors qu’ils remontent un affluent de l’Amazone, on entend les tam-tams des farouches Jivaros qui les guettent (en fait, il s’agit de tambours du Burundi). Fitzcarraldo fait alors monter son phonographe sur le pont, et joue l’air de Desgrieux de Manon de Massenet, « en fermant les yeux », ce qui fait taire les tambours.

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Après l’abandon d’une partie de l’équipage, ils continuent la remontée du fleuve, gramophone à la proue pour amadouer les Jivaros avec le quatuor de Rigoletto de Verdi.

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Fitzcarraldo et son équipage font alliance avec les Jivaros, qui voient en l’homme blanc l’incarnation d’une de leurs légendes. Ils se servent alors de leur aide pour faire gravir au bateau une montagne, pour redescendre de l’autre côté sur un autre fleuve, en évitant ainsi les rapides infranchissables qui l’empêchaient de passer (sur un air de la Bohème de Puccini).

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Les Indiens détachent les amarres du bateau, le précipitant dans les redoutables rapides. Le bateau réussit à les traverser mais Fitzcarraldo revient à son point de départ. Il revend son bateau et avec l’argent, fait venir une troupe d’opéras européenne de passage à Manaus, pour une dernière navigation concert sur le fleuve. Il peut alors assister à une représentation des Puritains (I Puritani) de Bellini sur son Opéra flottant, transfigurant ainsi son rêve en réalité et l’Amazone en « plus grand Opéra au monde ».

Mes opéras préférés

SAINT-FRANCOIS d’ASSISE, de MESSIAEN (1983)

Fruit d’une commande de l’Opéra de Paris en 1975, Saint-François d’Assise sera créé avec succès le 28 novembre 1983. Malgré un premier accueil critique assez froid, cet opéra de MESSIAEN n’a pas tardé à triompher sur les plus grandes scènes mondiales. L’ornithologue qu’était Messiaen a introduit une multitude de chants d’oiseaux dans son œuvre, chaque personnage étant accompagné par un oiseau-fétiche.

Acte I : « La Croix ». Saint-François d’Assise explique à Frère Léon qu’il faut supporter patiemment, pour l’amour du Christ, toutes les contradictions, toutes les souffrances, et que c’est cela qui est la « Joie parfaite ».

« Les Laudes ». Après la récitation de l’office du matin par les Frères, Saint-François, resté seul, demande à Dieu de rencontrer un lépreux et d’être capable de l’aimer.

« Le baiser au lépreux ». Une léproserie. Un lépreux, horrible et repoussant, couvert de taches de sang et de pustules, proteste contre son mal avec violence. Saint-François, entre, s’assied au pied du lépreux, lui parle avec douceur. Un ange apparaît derrière une fenêtre et dit : « Lépreux, ton cœur t’accuse, mais Dieu est plus grand que ton cœur ». Troublé par la voix de l’ange et par la bonté de Saint-François, le lépreux a des remords de sa violence. Saint-François embrasse le lépreux. Miracle ! le lépreux est guéri. Danse de joie du lépreux. Plus importante que la guérison du lépreux est l’augmentation de la grâce dans l’âme de Saint-François et son exultation de s’être vaincu lui-même.

Acte II : « L’Ange voyageur ». Un chemin en forêt, au mont de la Verna. L’Ange apparaît sur le chemin. Son magnifique costume et ses ailes quinticolores sont vus seulement par les spectateurs. Les autres personnages le prennent pour un voyageur. L’Ange frappe à la porte du couvent et cela fait un bruit terrible qui symbolise l’irruption de la grâce. Frère Massée ouvre la porte. L’Ange pose à Frère Élie, vicaire de l’ordre, une question sur la prédestination. Frère Élie refuse de répondre et met l’Ange dehors. L’Ange refrappe à la porte et repose sa question sur la prédestination à Frère Bernard qui répond avec beaucoup de sagesse. L’Ange étant parti, Frère Bernard et Frère Massée se regardent et disent : « C’était peut-être un ange… ».

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« L’Ange musicien ». L’Ange apparaît à Saint-François, et pour lui donner un avant-goût de la béatitude céleste, lui joue un solo de viole. Ce solo est tellement suave que Saint-François s’évanouit.

Cliquez sur l’Ange musicien

« Le prêche aux oiseaux ». Nous sommes à Assise, aux Carceri. On voit un grand chêne vert. C’est le printemps et beaucoup d’oiseaux chantent. Saint-François, suivi de Frère Massée, fait un sermon aux oiseaux et les bénit solennellement. Les oiseaux répondent par un grand concert où l’on entend non seulement les oiseaux de l’Ombrie, et spécialement la Capinera (Fauvette à tête noire), oiseau type des Carceri, mais aussi des oiseaux d’autres pays, des Îles lointaines, et notamment de l’ile des Pins, près de la Nouvelle-Calédonie.

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Acte III : « Les stigmates ». À la Verna. La nuit. Une caverne sous un surplomb. Saint-François est seul. Une grande Croix apparaît. On entend presque constamment la voix du Christ qui est symbolisée par le chœur. Cinq rayons lumineux partent de la Croix et viennent frapper successivement les deux mains, les deux pieds et le côté droit de Saint-François, avec le même bruit terrible qui accompagnait l’Ange frappant à la porte. Ces cinq plaies, qui reproduisent les cinq plaies du Christ, sont le sceau, l’approbation divine de la sainteté de Saint-François.

« La mort et la nouvelle vie ». Saint-François, mourant, est étendu sur le sol. Tous les Frères l’entourent. Il dit adieu à tout ce qu’il a aimé, et chante la dernière strophe de son cantique des créatures, la strophe de « Notre sœur la mort corporelle ». Les Frères chantent le Psaume 141. L’Ange et le lépreux apparaissent à Saint-François pour le réconforter. Saint-François prononce ses dernières paroles : « Seigneur ! Musique et poésie m’ont conduit vers Toi par défaut de Vérité, éblouis-moi pour toujours de ton excès de Vérité… » il meurt. Les cloches sonnent. Tout disparaît. Pendant que le chœur chante la Résurrection, une tache de lumière illumine l’endroit où se trouvait auparavant le corps de Saint-François. La lumière grandit jusqu’à devenir aveuglante et insoutenable. Le rideau tombe.

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(Source principale : la présentation par Olivier Messiaen lui-même dans le programme de la création à l’Opéra de Paris, en 1983).

Divers

LES NUITS D’ÉTÉ, de BERLIOZ et al.

Vous connaissez probablement les Nuits d’été de Berlioz, un ensemble de six mélodies écrites sur des poèmes de Théophile Gautier, initialement pour mezzo ou ténor, avec accompagnement au piano. Elles étaient dédicacées à Louise Bertin. Berlioz en réalisera une orchestration quelques années plus tard. Mais connaissez-vous les versions alternatives écrites par d’autres compositeurs ou compositrices? Tendez l’oreille, ça vaut la peine.

1 – Villanelle (Quand viendra la saison nouvelle). Outre par Berlioz, ce poème a été mis en musique par Duprato, Gédalge, Reber et Lavigne.

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2 – Le Spectre de la Rose (Soulève ta paupière close).

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Ce poème a été mis en musique par Radoux et Pessard.

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3 – Sur les lagunes (Ma belle amie est morte), encore appelé la Chanson du Pêcheur.

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Ce poème a été mis en musique par Gabriel Fauré,

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Gounod,

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Paladilhe, Mathilde de Rothschild, Gédalge, Hippolyte Mompou, Pauline Viardot, Offenbach, Félicien David.

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4 – Absence (Reviens, reviens).

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Ce poème a été mis en musique par Bizet, Félicien David et Lavigne.

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5 – LamentoAu cimetière (Connaissez-vous la blanche tombe).

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Ce poème a été mis en musique par Mompou, Gounod, Viardot, Offenbach, Duparc, Philippe Hersant.

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6 – Barcarolle – L’Île inconnue. (Dites la jeune et belle, où voulez-vous aller).

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Ce poème a été mis en musique par Gounod et Offenbach.

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Métiers

ELLES TISSENT, ELLES TISSENT, LES TISSEUSES

Après « Elles filent, elles filent, les fileuses« , voici un nouveau métier mis à l’honneur avec les tisseurs (les tisserands) ou les tisseuses.

Une tisseuse célèbre est Pénélope, la femme d’Ulysse qui, ayant promis à ses prétendants de se remarier quand elle aurait fini de tisser sa toile, défaisait toutes les nuits l’ouvrage qu’elle avait tissé le jour. Son histoire nous est racontée par Homère dans l’Odyssée. Elle a été mise en musique par Monteverdi dans son Retour d’Ulysse dans sa patrie et par Fauré dans Pénélope.

Cliquez sur Pénélope (et Ulysse)

Restons dans la mythologie avec Arachné, telle que son histoire nous est racontée par Ovide. Dans le livre VI de ses Métamorphoses, Ovide nous raconte les aventures d’Arachné, cette tisseuse si prodigieuse qu’elle prétendait être meilleure tisseuse que la déesse Athéna elle-même. À l’issue d’un concours organisé entre elles, Arachné remporta la palme. Furieuse Athéna se précipita sur elle et la chassa. Arachné réfugiée dans sa chambre se pendit. Quand elle la vit ainsi suspendue à la corde, Athéna eut enfin pitié et lui rendit la vie, mais en la transformant en araignée condamnée à tisser toute sa vie.

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Retrouvons l’araignée avec le Festin de l’araignée, d’Albert Roussel.

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Dans le Conte du Tsar Saltan, de Rimsky-Korsakov, l’une des deux sœurs de l’héroïne est tisseuse et elle rêve de tisser de beaux habits pour le tsar (et pouvoir ainsi se marier avec lui.)

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Plus près de nous, les tisserands ont occupé une grande place dans la société. Ils ont été mis en musique par Daniel-Lesur, ou encore par Poulenc.

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Et si vous en voulez un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

Cliquez donc sur le bonus surprise mystère si vous en voulez encore un peu plus

Retrouvez un autre métier avec « Ils forgent, ils forgent, les forgerons« .

Mes opéras préférés

LA FILLE DU FAR-WEST, de PUCCINI (1910)

La Fille du far-west (La Fanciulla del West) est un opéra de Puccini créé en 1910 au Metropolitan Opera de New York, sous la direction du chef Arturo Toscanini. L’action se déroule au Far West à l’époque de la ruée vers l’or.

Le pitch : Jack Rance (baryton), le shérif, aime Minnie (soprano), la tenancière du saloon, mais celle-ci aime le chercheur d’or Dick Johnson (ténor), qui se trouve être également le bandit Ramerrez. Minnie sauve Ramerrez de la pendaison et quitte la ville avec son cher petit bandit.

Suivant la classification de G.B. Shaw, nous sommes donc en présence du très classique (S+T/B), où une soprano et un ténor s’aiment, avec leur amour contrarié par un baryton.

Acte I : Dans le saloon de Minnie. Des mineurs boivent en jouant aux cartes. Un mineur, Jack Wallace, chante le mal du pays, chanson qui éveille des échos douloureux chez Larkens, un chercheur d’or qui se souvient de sa mère qui l’attend là-bas (Air et ensemble :  » Che faranno i vecchi miei ».)

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Le shérif, Jack Rance, entre et demande si Minnie est là. Il en est amoureux, mais celle-ci ne l’aime pas. Une dispute éclate entre un joueur, accusé de tricher, et le shérif. Minnie arrive et calme les hommes. Jack parle de son amour à Minnie (Air : « Minnie della mia casa son partito ».) Mais Minnie attend le vrai amour (Air : « Laggiù nel Soledad, ero piccina« .)

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Cliquez sur Minnie

Un mineur, Dick Johnson, entre et Minnie reconnaît un homme qu’elle a connu, jadis. Elle en tombe amoureuse, sans savoir que Dick a mal tourné et est devenu le bandit Rammerez. Alors que le shérif dépité sort du saloon à la recherche du bandit, Minnie donne rendez-vous à Ramerrez pour le soir.

Cliquez sur Minnie et Ramerrez

Acte II : Le soir, chez Minnie. Minnie et Johnson se déclarent leur amour quand arrivent Jack Rance et des mineurs, qui préviennent Minnie que Johnson et Ramerrez sont en fait la même personne.

Cliquez sur Ramerrez et Minnie

Minnie reproche à Ramerrez de n’être venu à son salon que pour voler l’argent des mineurs et le chasse de chez elle, mais il ne tarde pas à revenir, blessé. Minnie prend alors le parti de le cacher chez elle. Jack Rance revient et, voyant les gouttes de sang, recherche l’outlaw et le trouve. Minnie propose une partie de poker dont le prix sera Ramerrez. Elle triche pour sauver Ramerrez.

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Acte III : Plus tard, Rammerez a été capturé et doit être pendu. Au moment de mourir, il demande que l’on ne prévienne pas Minnie, afin qu’elle le croie vivant et libre (Air : « Ch’ella mi creda libero e lontano ».)

Cliquez sur Ramerrez

Minnie arrive armée de son pistolet et rappelle aux mineurs ce qu’ils lui doivent. Les mineurs laissent alors partir Minnie et Ramerrez.

(Source principale : le DVD des représentations de la Scala de Milan en 1991, dirigées par Lorin Maazel.)

Agenda Ironique, Maria Callas

LE ROI ET LA CANEBIÈRE (A.I. de Juin 2024)

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique s’est installé chez Sabrina, et kwak elle nous demande Sabrina ? Voici ses consignes :

Je vous propose de mettre à l’honneur des gens ordinaires, (Normal people), leurs tracas, leurs tralalas, leurs tragédies comme il vous chante, un matin de changement ! Comédie musicale, extrait théâtral, composition florale… Vous choisissez la catégorie de votre épreuve !

Mais il faudra dans tous les cas, créer au moins une locution introuvable (à la manière de l’OULIPO) à partir d’expression et locutions déjà connues (ex : avoir la tête dans le guidon + la balle est dans ton camp = avoir la tête dans ton camp… ou la balle est dans le guidon…).

Le parcours initiatique de nos êtres ordinaires se retrouvera semé de quelques obstacles à placer : porte-fenêtre / whisky / discorde / toupet / perce-neige / bouilleur de cru (vraiment dans mon dico)…

Et pour les plus courageux.ses, en option, il pourra être ajouté en début ou bout de course, cette phrase, toujours tirée de mon dictionnaire d’idiomes : « J’en suis reconnaissant.e car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ? »

Mais c’est tellement mieux esspliqué ici : Entre les lignes.

« Ouh la la ! » me suis-je exclamé en découvrant le sujet du mois, ça va encore être le roi et la canebière, ce mois-ci. Pour un gars bien ordinaire comme moi, c’est toujours un tracas de trouver un sujet permettant de respecter les consignes de l’A.I., tout en y apportant la contrainte supplémentaire qui est d’y rajouter des tralalas folâtres et musicaux.

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Raconter la vie de gens ordinaires, et non plus celle de figures issues de la mythologie ou des têtes couronnées, c’était le credo des véristes. Le vérisme est un mouvement musical italien qui a duré environ 20 ans, et héritier du naturalisme à la Zola. Mais du naturalisme au vérisme, y a quoi, tu crois ? Juste assez, ou presque ! Une illustration de ce mouvement naturaliste sera Louise, de Gustave Charpentier.

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Pour les véristes, dont le représentant le plus célèbre est Puccini, la situation se gâte vite. Autant si la Bohème de ce dernier représente bien le petit peuple de Paris, en quoi la vie d’une cantatrice ou d’une princesse chinoise est-elle figurative de la vraie vie des vraies gens ? Dans la Bohème, on peut entendre la pauvre Mimi essayer de vendre de petits bouquets de perce-neige pour pouvoir se payer les médicaments qui la sauveraient d’une mort tragique.

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Un exemple d’être (humain) ordinaire à l’opéra est le malheureux Wozzeck. Dans l’opéra de Berg, il est soldat et sa femme le trompe avec le tambour-major alors que le sergent-major se livre à des expériences scientifiques sur lui. À la fin, Wozzeck a le toupet de tuer sa femme, avant que d’aller se noyer.

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Berg encore avec sa Lulu, sirotant un whisky maturé par un des meilleurs bouilleurs de cru (vous avez de la chance, j’ai résisté à la tentation d’utiliser une des nombreuses contrepèteries possibles avec ce mot) dans ses années fastes, appuyée à la porte-fenêtre de son riche appartement de Vierzon.

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Voilà, ce sera tout pour cette fois, mais en tout cas, je suis reconnaissant à Sabrina, car je sais maintenant où regarder pour répondre à l’inévitable question […] ça va encore durer longtemps ?

Compositeurs

Léonard BERNSTEIN (1918-1990)

Le grand chef d’orchestre et compositeur Léonard BERNSTEIN est né à Lawrence (Massachussetts) le 25 août 1918.

Né dans une famille où la musique ne tenait aucune place, il découvre le piano à l’âge de dix ans. Il progresse très vite et à seize ans, joue le Concerto de Grieg.

Bernstein suit ses études à Harvard jusqu’en 1939, puis il rencontre le chef d’orchestre Serge Koussevitsky dont il devient l’assistant à Tanglewood. En 1943, il devient chef assistant de l’Orchestre philharmonique de New York. Il a été également un des nombreux élèves de Nadia Boulanger.

En 1951, Bernstein se marie à Felicia Montealegre, avec qui il aura 3 enfants.

Pédagogue hors pair, il n’hésite pas à se produire à la télévision dans un programme destiné à révéler la musique dite classique aux plus jeunes, dans ses Young People’s concerts.

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En 1944, il écrit le ballet Fancy free pour le chorégraphe Jérôme Robbins. Cette œuvre sera reprise en comédie musicale sous le titre On the Town. Robbins a alors l’idée de monter un Roméo et Juliette à Brooklyn, mais Bernstein n’a pas de temps à y consacrer, coincé entre sa carrière de chef d’orchestre et ses activités de compositeur. De cette époque datent l’opéra Trouble in Tahiti et l’opérette Candide, d’après Voltaire. L’ouverture de Candide reste encore régulièrement donnée en concert. En 1957 enfin, West Side Story est monté à Broadway, mais c’est vraiment le film de 1961 qui lui apporte la reconnaissance internationale avec ses 10 oscars. Spielberg a tourné son propre West Side Story en 2021.

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De 1958 à 1969, Bernstein est directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New York.

Outre West Side Story, les œuvres lyriques de Bernstein sont donc On the Town (comédie musicale 1944), Wonderful Town (comédie musicale 1953) et Candide (opérette 1956) (d’après Voltaire), Trouble in Tahiti (1952) et sa suite A quiet Place (1983).

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Bernstein a aussi écrit les ballets Facsimile (1946) et Dybbuk (1975), trois symphonies Jeremiah (1944), The Age of anxiety (1949) et Kaddish (1963), une commande de Koussevitsky pour le 75e anniversaire de l’Orchestre de Boston.

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Dans le domaine religieux, Bernstein a écrit les Chichester Psalms (1965) écrits pour la cathédrale de Chichester et l’OMNI (Objet Musical Non Identifié) Mass (1971), où le jazz et le rock se mêlent au classique.

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En France on a pu voir et entendre Bernstein diriger l’Orchestre philharmonique de Radio-France dans des concerts mémorables.

Léonard Bernstein est mort le 14 octobre 1990 à New York, à l’âge de 72 ans.

Écrivains, littérature, Théâtre

Jean RACINE ET LA MUSIQUE (1639-1699)

Jean Racine naît le 22 décembre 1639, à La Ferté-Milon. Il est issu d’une famille de « contrôleurs du petit grenier à sel » de La Ferté-Millon sur plusieurs générations.

Sa mère meurt alors qu’il était âgé d’un an, et son père deux ans plus tard. Jean Racine est alors élevé, avec sa sœur, par son grand-père.

On l’envoie à Beauvais apprendre le latin. Il sort du collège en 1655 et on l’envoie à Port-Royal, où il reste trois ans avant de partir à Paris pour faire sa philosophie.

En 1661, Racine se rend à Uzès auprès d’un de ses oncles jouissant d’un bénéfice ecclésiastique. Il se destine alors à la prêtrise pour recevoir ce bénéfice de la part de son oncle, mais ne va pas jusqu’au bout de la démarche et revient à Paris en 1663.

En 1664, il fréquente Molière. La première pièce de Racine, la Thébaïde, est jouée par la troupe de Molière après l’interdiction du Tartuffe par Loulou XIV. Le sujet de la Thébaïde est tiré de l’Antigone de Sophocle.

En 1665, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à Lefroid de Méreaux en 1783.​ Cet Alexandre le Grand sera la cause de la brouille entre Molière et Racine, pour une question de partage des droits d’auteur.

Dès lors et pendant quelques années, Racine enchaînera les tragédies, qui sont toutes entrées dans le répertoire classique. Andromaque (1667) a inspiré à Grétry un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à Rossini son Ermione en 1819. Saint-Saëns a écrit une musique de scène pour Andromaque en 1903.

Grétry Andromaque ouverture
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En 1668, Racine écrit sa seule comédie, les Plaideurs. En 1669, c’est Britannicus, pièce pour laquelle André Jolivet a écrit une musique de scène en 1946.

En 1670, c’est Bérénice. La Clémence de Titus de Mozart, dont le livret est une adaptation de celui écrit par Métastase, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).

En 1672, Racine écrit Bajazet, et en 1673 Mithridate, dont Mozart encore s’est inspiré pour son Mithridate, Roi du Pont.

Fin 1672, Racine est nommé à l’Académie française.

En 1674, il écrit Iphigénie dont Gluck s’inspirera pour son Iphigénie en Aulide.

Gluck iphigénie en Aulide
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Encore un chef-d’œuvre en 1677 avec Phèdre, pièce pour laquelle Racine s’est inspiré d’Euripide avec son Hippolyte. Phèdre a inspiré Rameau pour son opéra Hippolyte et Aricie (1733). En 1786, c’est Jean-Baptiste Moyne qui écrit la tragédie lyrique Phèdre et deux siècles plus tard, Britten écrira la cantate Phaedra.

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En 1677, Racine abandonne l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV. Il se réconcilie avec ces Messieurs de Port-Royal, et abandonne sa maîtresse pour épouser Catherine de Romanet, issue comme lui de la bourgeoisie. Ils auront sept enfants. Parmi ses charges d’historiographe, il y avait l’écriture des hauts faits du roi sous les médailles représentant ses hauts faits. Ainsi en 1683, il entre avec son ami Boileau à l’Académie royale des inscriptions et médailles (aujourd’hui Académie des inscriptions et belles lettres.)

En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :

Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de Moreau. Haendel en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par Gossec un siècle plus tard, puis par Boïeldieu en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et Mendelssohn a également composé une musique de scène pour Athalie, et Boris Yoffe un opéra en 2006.

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En 1694, il écrit, toujours à la demande de Madame de Maintenon, quatre Cantiques spirituels, dont trois furent mis en musique par Jean-Baptiste Moreau, Michel-Richard de Lalande, Pascal Colasse et Jean-Noël Marchand. Plus tard, c’est Fauré qui écrit son Cantique de Jean RACINE (1865), si agréable à chanter (et à écouter).

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Ce cantique a également été mis en musique par Mel Bonis.

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Pascal Colasse (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La Fontaine et de Rousseau) a mis en musique les Cantiques spirituels.

collasse racine cantiques spirtituels
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Jean Racine meurt le 21 avril 1699 à Paris, à l’âge de 59 ans.

(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992.)

littérature, Oulipo, Poésie

IL EST TEMPS QUE LA NUIT TERMINE SA CARRIÈRE, de Jean RACINE

Le poème de ce mois sera un sonnet de jeunesse de Jean Racine, sonnet auquel l’auteur était attaché, nonobstant le fait qu’il ait été jugé peu convenable par les penseurs de Port-Royal.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il est temps que la nuit termine sa carrière :

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Un astre tout nouveau vient de naître en ces lieux ;

Déjà tout l’horizon s’aperçoit de ces feux,

Il échauffe déjà dans sa pointe première.

Et toi, fille du jour, qui nais devant ton père,

Belle Aurore, rougis, ou te cache à nos yeux :

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Cette nuit, un soleil est descendu des cieux,

Dont le nouvel éclat efface ta lumière.

Toi qui dans ton matin parais déjà si grand,

Bel astre, puisses-tu n’avoir point de couchant !

Sois toujours en beauté une aurore naissante.

Cliquez sur l’hymne au soleil

À ceux de qui tu sors puisses-tu ressembler !

Sois digne de Daphnis et digne d’Amarante :

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Pour être sans égal, il les faut égaler.

Citations musicales :

La nuit : Rameau, Hymne à la nuit (d’après Hippolyte et Aricie)

Belle aurore : Puccini, Tosca « e lucevan le stelle »

Bel astre : Schubert, Hymne au soleil (an die Sonne)

Daphnis : Ravel, Daphnis et Chloé, suite n° 2.

Cinéma, Histoire de l'opéra

L’ART DÉGÉNÉRÉ

Il y a au moins un point sur lequel les régimes nazi et stalinien étaient d’accord dans les années 1930-1940, c’était sur l’exclusion des formes d’art trop contemporaines, qualifiées de dégénérées par les nazis (« Entartete Kunst », soir « l’Art dégénéré »).

Côté austro-allemand, nombreux sont les musiciens, compositeurs ou instrumentistes, communistes ou d’origine juive, qui ont été chassés par le régime nazi comme des artistes dégénérés. Ne pouvant exercer leurs talents, presque tous ont dû fuir l’Allemagne.

Ainsi, Zemlinsky (1871-1942), digne héritier de Richard Strauss, Schönberg (1874-1951), Korngold (1897-1957) et Krenek (1900-1991) ont dû migrer aux USA, et leur production musicale, pourtant reconnue avant 1933, est aujourd’hui pratiquement inconnue.

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En 1933 Kurt Weill, dont l’œuvre a été victime des autodafés nazis, se réfugie en France. En 1935, il part aux États-Unis où il mourra en 1950.

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Quant à Schreker (1878-1934) et Berg (1885-1935), ils ont également eu à subir la censure nazie, mais ils sont morts trop tôt pour avoir à fuir le régime.

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Le cas du Hongrois Bartok est également intéressant. Quand le régime hongrois s’est rallié à l’idéologie nazie, Bartok a demandé à ce que ses œuvres fassent partie de l’art dégénéré, et a refusé toute compromission avec le régime en place. En 1940, il part aux États-Unis, où il mourra presque dans la misère en 1945, vivant des commandes que ses amis, comme Yehudi Menuhin, lui passaient.

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Mis à part Schönberg, Berg et Bartok, la plupart de ces compositeurs ne sont jamais ressortis du purgatoire, alors que leurs productions comportent de vraies richesses musicales.

Côté soviétique, le Russe Rachmaninov (1873-1943) et l’Ukrainien Prokofiev (1891-1953) ont fui la Russie en 1917. Rachmaninov mourra en exil en 1943 alors que Prokofiev retournera en Russie en 1933. Pour autant, son art est qualifié de formalisme bourgeois est sa musique mise sur liste noire, avec celle de Chostakovitch (1906-1975) qui a dû louvoyer avec la censure pour pouvoir faire jouer certaines de ses œuvres.

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L’opéra de Chostakovitch Lady Macbeth de Mzensk a été créé avec succès en 1934 avant que Staline ne l’entendre et le fasse interdire pour « chaos musical ».

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La musique de Prokofiev sera réhabilitée grâce à son formalisme socialiste (cf. son oratorio la Garde de la Paix). Il participera aussi aux efforts de mettre en lumière l’héroïsme du peuple russe avec ses musiques composées pour le cinéaste Einsenstein (Ivan le Terrible, Alexandre Nevski).

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Dans l’Italie fasciste de Mussolini, la situation semble avoir été moins difficile pour les compositeurs et les instrumentistes d’origine juive, du moins jusqu’au début de la guerre. Mais on peut noter que le compositeur juif Mario Castelnuovo-Tedesco (1895-1978) à dû fuire aux USA en 1939, pays où il mourra en 1978.

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