Divers, littérature, Poésie

LE VOYAGE D’HIVER (WINTERREISE), de SCHUBERT Partie 1 – lieder 1 à 8

Le Voyage d’hiver (Winterreise) peut être considéré comme le testament musical de Franz SCHUBERT. Écrit sur des poèmes de MÜLLER, Schubert nous raconte en 24 lieder le cheminement d’un homme qui erre seul dans le froid et la neige après que son aimée l’a quitté, jusqu’à sa rencontre avec un étrange vieillard dans le 24e et dernier lied.

Composée en 1827 en deux cahiers, la partition originale est écrite pour ténor, mais il existe aussi une version pour baryton, et il n’est pas rare non plus que des cantatrices nous fassent le plaisir de les interpréter.

1 – Gute Nacht (Bonne nuit). « Étranger je suis venu, étranger, je repars ». L’homme quitte le village où il a vécu heureux, mais avant de partir, il passe devant la maison de celle qu’il aime pour lui souhaiter bonne nuit.

Schubert Winterreise Gute NAchtCliquez sur l’image

2 – Die Wetterfahne (la Girouette). « Le vent joue avec la girouette sur la maison de ma bien-aimée ». Cette girouette, c’est le cœur de son amie qui change au gré du vent.

Schubert Winterreise Die WetterfahneCliquez sur l’image

3 – Gefrorne Tränen (Larmes gelées). « Des larmes gelées tombent de mes joues ». Ces larmes gelées jaillissent de son cœur, si brûlantes qu’elles pourraient faire fondre la glace, mais elles gèlent très vite.

Schubert Winterreise Gefrorne TränenCliquez sur l’image

4 – Erstarrung (Engourdissement). « En vain je cherche dans la neige la trace de ses pas ». La neige a recouvert la verte montagne, plus une fleur, plus d’herbe verte qui pourrait lui remémorer sa dulcinée.

Schubert Winterreise ErstarrungCliquez sur l’image

5 – Der Lindenbaum (le Tilleul). « Près du puits, devant le porche, s’élève un tilleul ». L’homme avait gravé sur l’écorce du tilleul maints mots d’amour, mais déjà il s’en est éloigné.

Schubert Winterreise Der Lindenbaum (Kaufmann)Cliquez sur l’image

6 – Wasserflut (Inondation). Mainte larme de mes yeux est tombée dans la neige. Le ruisseau des larmes de l’homme s’écoulera à travers villes et campagnes, jusqu’à rejoindre la maison de sa bien-aimée.

Schubert Winterreise WasserflutCliquez sur l’image

7 – Auf dem Flusse.

Schubert Winterreise auf dem FlusseCliquez sur l’image

8 – Rückblick.

Schubert Winterreise RückblickCliquez sur l’image

Clioquez ici pour avoir les lieder 9 à 16, je vous propose un petit cadeau bonus.

Et si vous voulez avoir le texte chanté, avec sa traduction en français, c’est ici.

Cinéma, Fantaisie, Oulipo, Poésie

« FANTAISIE », de Gérard De NERVAL

Après l’Homme et la Mer de BAUDELAIRE, je vous propose un nouveau poème « traduit en musique ». Aujourd’hui, Fantaisie, de Gérard de NERVAL.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber ;
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Thiriet Prévert les Visiteurs du soir Démons et merveillesCliquez sur l’image



Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize… et je crois voir s’étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit,

Louis XIII Ballet de la MerlaisonCliquez sur le ballet écrit par Louis XIII

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

Wagner Lohengrin Nun sei bedankt, mein lieber SchwannCliquez sur la rivière qui coule entre les fleurs du parc



Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens…

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur la dame à sa haute fenêtre

Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue ! — et dont je me souviens !

Citations :

Un air très-vieux : Extrait de la musique du film Les Visiteurs du soir, « Démons et merveilles ».

Louis XIII : le roi Louis XIII aimait la musique et en composait, tel ce Ballet de la Merlaison.

avec une rivière : Cette rivière qui baigne le pied du château, il me plaît d’imaginer que c’est celle où arrive Lohengrin, dans sa barque tirée par un cygne, dans l’opéra de WAGNER.

une dame, à sa haute fenêtre : DEBUSSY Pelléas et Mélisande « Mes longs cheveux descendent ».

Et si vous voulez une variante pour l’air languissant et funèbre, cliquez donc sur le bonus surprise mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus surprise mystère si vous voulez une variante pour l’air languissant et funèbre

Et si vous aimez Gérard de Nerval, retrouvez ici El Desdichado maltraité par mes soins.

littérature, Oulipo, Poésie

« L’HOMME ET LA MER », de Charles BAUDELAIRE

Homme libre toujours tu chériras la mer !

Année BAUDELAIRE oblige, je continue mes poèmes mis en musique façon OuLiPo, après La musique de Charles BAUDELAIRE, par un classique de cet écrivain : L’Homme et la Mer.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui, je vous propose donc un autre classique : L’Homme et la Mer.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Lalo le Roi d'Ys ouvertureCliquez sur l’image

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;

Britten Peter Grimes 4 interludesCliquez sur l’image
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Debussy la Cathédrale engloutie (Grimaud)Cliquez sur la pianiste

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

Wagner der Fliegende Holländer ouvertureCliquez sur l’image
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Citations :

ton esprit n’est pas un gouffre : LALO le roi d’Ys ouverture. Cet opéra du Lillois Édouard Lalo reprend la légende de la ville d’Ys, engloutie par les eaux.

Au bruit de cette plainte : La mer de DEBUSSY.

nul n’a sondé le fond de tes abîmes : Peter Grimes de BRITTEN. Dans cet opéra, le héros Peter Grimes, en butte à l’hostiilité des villageois finit par aller se perdre en mer avec son bateau.

nul ne connaît tes richesses intimes : Debussy la Cathédrale engloutie

voilà des siècles innombrables : Le Vaisseau fantôme de WAGNER. Dans cet opéra, le Hollandais est condamné à errer éternellement (ou presque) sur les flots déchaînés.

Pour vous permettre de relire ce poème sans avoir à subir mes divagations musicales, je vous propose de le retrouver dans son jus.

Et si vous voulez un supplément de musique, cliquez donc sur le bonus surprise !

Point d'interrogationCliquez donc sur le bonus surprise si vous voulez un supplément de musique !

littérature, Maria Callas, Poésie

AU MILIEU DE L’HIVER, J’AI DÉCOUVERT EN MOI…

Notre amie blogueuse Solène VOSSE vient de faire paraître son quatrième livre, le second recueil de poésie : Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été

S’il ne me revient pas de « critiquer » ses poèmes (et d’ailleurs peut-on critiquer l’essence de la poésie ?), je peux seulement me dire qu’ils me parlent, qu’ils me touchent. Et puisque Solène nous fait part des musiques qui l’ont accompagnée quand elle écrivait, laissez-moi partager avec vous ces moments de musique.

Ainsi page 35, dans le poème « Héroïnes » Solène fait référence à l’air « Casta Diva » extrait de Norma de BELLINI.

callas casta divaCliquez sur la Callas

Page 36 dans le poème « Et pourtant tu me manques » elle convoque Carmen de BIZET ou Madame Butterfly de PUCCINI.

Puccini Butterfly Un bel di vedremoCliquez sur l’image

Page 45 pour « Étoile » nous avons le plaisir « d’entendre » Simon & Garfunkel dans The Sound of silence.

Simon & Garfunkel The Sound of silenceCliquez sur l’image

Page 49 pour le poème « Adio del passato », du nom d’un air de la Traviata de VERDI, c’est encore la Callas qu’elle nous fait entendre. Ce n’est pas cette version que j’ai choisi de vous faire écouter ici.

Verdi Traviata adio del passato DessayCliquez sur l’image

Page 53 pour « Il y a » nous avons l’occasion d’entendre la méditation de Thaïs, de MASSENET.

Massenet Thaïs MéditationCliquez sur l’image

Page 59 pour « Aujourd’hui sous le ciel gris » nous retrouvons Carmen et sa « Habanera ».

Bizet Carmen habanera

Enfin, page 83 pour « Vents d’ange » c’est non moins que le Stabat Mater de PERGOLÈSE que Solène nous propose d’écouter.

Pergolèse Stabat mater Kirkby BowmanCliquez sur l’image

Bref, vous l’avez compris, ce livre est un incontournable pour tous les amoureux de la poésie et de la musique.

(Source principale : Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… Solène VOSSE, The BookEdition.com 2021)

Et si vous voulez accompagner la lecture de « En d’autres temps » (page 23), cliquez donc sur le bonus surprise.

Point d'interrogationCliquez sur le bonus surprise si vous voulez accompagner la lecture de « En d’autres temps »

Mallarmé, Oulipo, Poésie

« REMÉMORATION D’AMIS BELGES », de MALLARMÉ

Après La Chevelure vol d’une flamme à l’extrême de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, je vous propose « Remémoration d’amis belges », un poème de 1893 en hommage aux poètes belges du cercle Excelsior de Bruges, où Mallarmé avait été invité à donner une conférence en1890.

Les quatrains évoquent la ville de Bruges, sombre et vétuste, alors que les tercets évoquent l’aube, d’où des cygnes surgissant des canaux noirs de la cité prennent leur envol en toute liberté, comme la poésie permet de s’abstraire de la médiocrité de la vie au quotidien.

À des heures et sans que tel souffle l’émeuve

Toute la vétusté presque couleur encens

Comme furtive d’elle et visible je sens

Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve

Boulez Pli selon pliCliquez sur l’image

Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve

Sinon d’épandre pour baume antique le temps

Nous immémoriaux quelques-uns si contents

Sur la soudaineté de notre amitié neuve

Verdi La Forza del destino Amici in vita e in morteCliquez sur l’image

Ô très chers rencontrés en le jamais banal

Bruges multipliant l’aube au défunt canal

Grisar Le Carillonneur de BrugesCliquez sur le carillonneur de Bruges

Avec la promenade éparse de maint cygne

Saint-Saëns Carbnaval des animaux le cygneCliquez sur l’image

Quand solennellement cette cité m’apprit

Lesquels entre ses fils un autre vol désigne

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

Schubert Scwanengesang StändchenCliquez sur l’image

Citations musicales :

Pli selon pli : BOULEZ Pli selon pli, hommage à Mallarmé. Cette œuvre; commencée en 1957 a connu, comme nombre d’œuvres de Boulez plusieurs remaniements, et ce jusqu’en 1990. Elle est construite sur une mise en musique de cinq poëmes de Mallarmé, dont le fameux « Le Vierge le vivace et le bel aujourd’hui« , description d’un malheureux cygne pris dans les glaces à Paris lors d’un hiver très rigoureux.

notre amitié : VERDI La Force du destin, Duo « Amici in vita e in morte ». Dans cet opéra de Verdi, le héros Alvaro sauve son ennemi (sans le reconnaître) sur le champ de bataille. Ils se jurent une amitié à la vie et à la mort.

Bruges : Il existe un opéra de Albert GRISAR intitulé le Carillonneur de Bruges (1852).

de maint cygne : SAINT-SAËNS, le Carnaval des animaux, « le Cygne ».

À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit : SCHUBERT Schwanengesang (le Chant du cygne), « Ständchen ».

littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« LA CHEVELURE VOL D’UNE FLAMME A L’EXTRÊME », de MALLARMÉ

Après Renouveau de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « La chevelure vol d’une flamme à l’extrême », un poème de 1887 qui est une allégorie de l’idée mallarméenne de la femme, « cette divinité qui n’est que soi ».

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême

Debussy Pelléas et Mélisande Mes longs cheveux descendentCliquez sur Mélisande

Occident de désirs pour la tout éployer

Se pose (je dirais mourir un diadème)

Haendel Giulio Cesare Caro Bella Piu amabile beltaCliquez sur l’image

Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vive nue

L’ignition du feu toujours intérieur

Berlioz Béatrix et Bénedict l'amour est un flambeau l'amour est une flamme (Domingo)Cliquez sur l’image

Originellement la seule continue

Dans le joyau de l’œil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame

Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt

Gounod Faust Bijoux CallasCliquez sur Marguerite

Rien qu’à simplifier avec gloire la femme

Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche

Ainsi qu’un joyeuse et tutélaire torche

Citations musicales :

La chevelure : DEBUSSY Pelléas et Mélisande air : « Mes longs cheveux descendent » de l’acte III.

un diadème : HAENDEL Giulio CESARE in Egitto duo « Caro ! Bella ! Piu amabile belta ». À la fin de cet opéra, César remet le diadème royal à Cléopâtre et ils se déclarent leur amour.

L’ignition du feu toujours intérieur : BERLIOZ Béatrix et Bénédict, air « l’Amour est un flambeau, l’amour est une flamme ».

ne mouvant astre ni feux : GOUNOD Faust Air des bijoux.

Et pour vous permettre d’apprécier ce poème sans être géné(e) par mes disgressions musicales, le voici dans sa version originale.

Écrivains, littérature, Mallarmé, Poésie

Edgar Allan POE (1809 – 1849)

Edgar Allan POE est un écrivain américain, né à Boston en 1809 et mort à Baltimore en 1849. Romancier, nouvelliste, poète, journaliste, critique littéraire, Poe est un des premiers écrivains américains.

Il commence sa carrière littéraire en 1817 par une livraison de poèmes qu’il ne signe pas. Il entre dans un journal comme critique littéraire et publie en 1838 les Aventures d’Arthur Gordon Pym (qui sera traduit en français par BAUDELAIRE en 1858.)

Les Aventures d’Arthur Gordon Pym a fait l’objet d’une pièce musicale d’Einojuhani RAUTAVAARA, On the last Frontier, en 1997. (Vous, je ne sais pas, mais moi, j’adore la musique de Rautavaara.)

Rautavaara On the last FrontierCliquez sur l’image

Baudelaire traduira également les Histoires extraordinaires (1856) et les nouvelles Histoires extraordinaires (1857), et surtout le fantastique poème The Raven (le Corbeau) dont l’original date de 1845. The Raven a fait l’objet d’une transcription musicale de la part du chef d’orchestre américain Léonard SLATKIN.

Une fois par un minuit lugubre,

comme je m’appesantissais, faible et fatigué,

sur maint curieux et bizarre volume,

de savoir oublié.

Je dodelinais la tête

quand soudain se fit un heurt,

soudain se fit un heurt,

à la porte de ma chambre…

(Je m’arrête là, mais il y aura peut-être un jour un billet sur ce fabuleux Corbeau d’Edgar Poe.)

Un autre traducteur en français de Poe sera MALLARMÉ, qui publiera sa propre traduction du Corbeau en 1875. L’édition de cette traduction se fera avec un frontispice de MANET.

Et je rappelle que Mallarmé a écrit un de ses plus beaux poèmes à la mémoire d’Edgar Allan Poe : « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change« .

Pour certains, Poe est considéré comme l’inventeur du roman policier. En effet, dans les nouvelles recueillies dans les Histoires extraordinaires se trouve un personnage, le chevalier DUPIN, qui est considéré comme l’ancêtre des détectives qui résolvent les énigmes en faisant fonctionner leurs petites cellules grises. Dupin apparaît dans les trois nouvelles que sont le Double assassinat dans la rue Morgue (1841), le Mystère de Marie ROGET (1843) et la Lettre volée (1844).

Parmi ses Histoires extraordinaires figurent :

Le diable dans le beffroi (1902 – 1912) : opéra inachevé de Claude DEBUSSY.

Debussy le Diable dans le beffroiCliquez sur la pochette de disque

Gérard PESSON en a fait un de ses Trois contes (2019)

Pesson Le Diable dans le beffroiCliquez sur le beffroi

La Chute de la maison USHER, opéra inachevé de DEBUSSY (1908 – 1917)

Debussy la Chute de la maison UsherCliquez sur l’image

L’Américain Philip GLASS a écrit sa propre version de The Fall of the House of Usher en 1978.

Glass The Fall of the House UsherCliquez sur l’image (et obtenez la version Debussy en prime)

En 1912, la harpiste Henriette RENIÉ écrit une ballade pour harpe d’après le Cœur révélateur.

Renié Ballade fantastique pour harpe (Poe)Cliquez sur la harpiste

En 1923, André CAPLET, un disciple de Debussy, écrit Le masque de la mort rouge , un conte musical pour quatuor à cordes et harpe.

Caplet le Masque de la mort rougeCliquez sur le quatuor à cordes et la harpe

RACHMANINOV écrit Les Cloches (1912 – 1913), une symphonie chorale d’après le poème éponyme (traduit en français par Mallarmuche) qui représente les quatre âges de la vie.

Rachmaninov les Cloches (The bells)Cliquez sur l’image

(P.S. comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portait de Poe à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise, un cadeau, c’est ici : Adrian Mercure (adrian-mercure.carrd.co ].

Vous pouvez retrouver d’autres musiques inspirées par notre ami Poe sur le site de Claude CAPRIOLO, La Regina Gioiosa.



littérature, Oulipo, Poésie

« LES PHARES », de Charles BAUDELAIRE

Après avoir wagnerisé, puis debussysé le poème « La Musique » de Charles BAUDELAIRE, je vous propose aujourd’hui d’illustrer musicalement le poème « Les Phares », où Baudelaire rend hommage aux grands peintres qui constituent son panthéon.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Ce billet a été réalisé avec l’aide amicale de John DUFF, qui en plus d’être un éminent vexillologue est également un éminent baudelairien.

Rubens, fleuve d’oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s’agite sans cesse,
Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer ;

Wagner Tannhäuser BacchanaleCliquez sur la bacchanale

Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l’ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d’un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s’exhale des ordures,
Et d’un rayon d’hiver traversé brusquement ;

Michel-Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;

Don Giovanni finalCliquez sur le fantôme puissant venant chercher Don Giovanni en étirant les doigts

Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand coeur gonflé d’orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats,

Debussy Prélude à l'après-midi d'un fauneCliquez sur l’après-midi d’un faune impudent

Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;

Berlioz Symphonie fantastique Un BalCliquez sur l’image

Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De foetus qu’on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d’enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;

De Falla Goyescas Los RequiebrosCliquez sur le pianiste

Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;

Weber Berlioz l'invitation à la valseCliquez sur la pochette du disque

Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C’est pour les coeurs mortels un divin opium !

Berlioz Te DeumCliquez sur le Te Deum

C’est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C’est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !

Citations :

Oreiller de chair fraîche où l’on ne peut aimer : WAGNER, Tannhaüser, Bacchanale. Baudelaire a fait partie des premiers admirateurs français de Wagner, et il a écrit Wagner et Tannhauser à Paris en 1861, après la création française de cet opéra.

Des fantômes puissants qui dans les crépuscules : MOZART, Don Giovanni, scène finale.

impudences de faune : DEBUSSY, Prélude à l’après-midi d’un faune (d’après un poème de MALLARMÉ).

Qui versent la folie à ce bal tournoyant : BERLIOZ Symphonie Fantastique « Un bal »

Goya, cauchemar plein de choses inconnues : GRANADOS, Goyescas. Dans son œuvre Goyescas, Granados s’est attaché à traduire en musique ce que lui inspiraient les peintures de GOYA.

comme un soupir étouffé de Weber : WEBER, l’Invitation à la Valse, orchestrée par Berlioz.

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum : Berlioz Te Deum.

littérature, Oulipo, Poésie

« LA MUSIQUE », de Charles BAUDELAIRE (2 – DEBUSSY)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de BAUDELAIRE, je vous propose une autre version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version debussysée.

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,

Debussy Nuit d'étoiles (Véronique Gens)Cliquez sur l’image


Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

Debussy Préludes VoilesCliquez sur Arthur-Benoît Michel-Ange

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Debussy Nocturnes NuagesCliquez sur l’image

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Debussy Préludes Ce qu' vu le vent d'ouestCliquez sur le champion du monde de piano toutes catégories

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Debussy La Mer BernsteinCliquez sur l’image

Citations musicales :

ma pâle étoile : Nuit d’étoiles, cette mélodie est la première œuvre éditée de Claude-Achille !

La voile : « Voiles », deuxième morceau du premier livre des Préludes.

la nuit me voile : Premier mouvement des Nocturnes : « Nuages ».

Le bon vent, la tempête et ses convulsions : « Ce qu’a vu le vent d’ouest », septième morceau du premier livre des Préludes.

Calme plat, grand miroir : DEBUSSY, premier mouvement du poème symphonique la Mer, « De l’aube à midi sur la mer ».

Et si vous voulez une version fauréïsée de ce même poème, c’est ici.

Et si vous voulez une version beethovenisée de ce même poème, c’est ici.

littérature, Mallarmé, Oulipo, Poésie

« RENOUVEAU », de MALLARMÉ

Après Apparition de Stéphane MALLARMÉ, je vous propose un autre poème traité à la sauce OuLiPo, choisi dans le riche corpus mallarméen. (Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport avec ces images.)

Aujourd’hui, donc, lisons « Renouveau », un poème de jeunesse (1866) écrit alors qu’après un hiver fécond (celui où il a commencé à travailler à Hérodiade), Mallarmé s’était trouvé en panne d’inspiration poétique.

Le printemps maladif a chassé tristement

l’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,

Berlioz la Damnation de Faust le vieil hiverCliquez sur l’image

Et dans mon être à qui le sang morne préside

L’impuissance s’étire en un long baillement

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau,

Berlioz la Damnation de Faust Merci, doux crépusculeCliquez sur l’image

Et, triste, j’erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane

Fauré Après un rève (Devieilhe)Cliquez sur l’image

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Thomas Hamlet le chant des fossoyeursCliquez sur l’image

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…

Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Messiaen Saint-François d'Assise le prêche aux oiseauxCliquez sur la volière

Citations musicales :

Le printemps maladif : BERLIOZ La Damnation de Faust, « Le vieil hiver a fait place au printemps ».

Des crépuscules : Berlioz La Damnation de Faust, « Voici qu’au crépuscule ».

J’erre après un rêve : FAURÉ « Après un rêve » (mélodie).

Creusant de ma face un fosse : Thomas, Hamlet, « chant des fossoyeurs »

Oiseaux en fleur gazouillant au soleil : MESSIAEN Saint-François d’Assise « le prêche aux oiseaux ».