Cinéma, Divers, Poésie, Shakespeare, Woody Allen

LES DOUZE COUPS DE MINUIT

Une fois, par un minuit lugubre, comme je m’appesantissais faible et fatigué
Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié…
Edgar Allan POE (Trad. MALLARMÉ)

Minuit : une journée qui finit, une journée qui commence. C’est l’heure favorable pour le dénouement des actions, ou au contraire pour le début de nouvelles. Aussi n’est-ce pas un hasard si de nombreuses scènes d’opéra se déroulent à minuit.

Dans Le Freischütz (1821) de WEBER, la fameuse scène de la fonte des balles maudites à la Gorge aux Loups se déroule à minuit.

Dans Gustave III (1833) d’AUBER, la devineresse Arvedson donne rendez-vous à l’héroïne Amélie à minuit au pied d’un gibet pour y cueillir une plante maléfique dont les racines la délivreront d’un amour coupable.

Auber Gustave III minuitCliquez sur la pochette du disque

On retrouve l’intrigue de Gustave III dans Le Bal masqué (1859) de VERDI, puisque c’est le même livret de SCRIBE qui a été adapté pour Verdi. La censure qui sévissait en Italie rendant impossible de montrer un régicide sur scène, l’action a été transposée aux Amériques. La devineresse s’appelle alors Ulrica, et Amélie Amélia.

Dans Le Songe d’une nuit d’été (1850) d’Ambroise THOMAS, qui met en scène Falstaff et  la reine Elizabeth I en amoureuse secrète de SHAKESPEARE (sic), on trouve une scène dans la forêt royale de Richmond, avec  un chasseur maudit qui apparaît à minuit. (Air: dans l’ombre de la nuit).

En 1868, dans Hamlet, Thomas fait intervenir le spectre du père du héros à minuit, pour lui demander de venger son assassinat.

Thomas Hamlet le spectreCliquez sur l’image

Verdi était un habitué des douze coups de minuit puisque dans Rigoletto (1851), c’est dans une auberge que se noue le sort de Gilda, la fille cachée de Rigoletto. Celui-ci a commandité l’assassinat du duc à minuit, mais les assassins décident de lui laisser la vie sauve si un voyageur se présente à la porte avant l’heure fatale. Gilda, amoureuse du duc, se sacrifie et entre dans l’auberge où elle meurt sous les coups des reîtres payés par son père.

Verdi Rigoletto scène finaleCliquez sur la scène finale de Rigoletto

Verdi récidive dans Don Carlos (1867), où le héros a rendez-vous à minuit avec Elisabeth de Valois, pour lui déclarer sa flamme. Et dans son dernier opéra, Falstaff (créé en 1892), on joue une farce à Falstaff en lui donnant un rendez-vous galant à minuit dans le parc royal. Mais c’est un coup monté qui l’attend quand sonnent les douze coups de minuit, les villageois déguisés provoquent un sabbat destiné à le punir en lui faisant peur (Air et chœur: Sul fil d’un soffio etesio).

Dans La Chauve-souris (1874) de J.STRAUSS, ce ne sont pas les douze coups de minuit que l’on entend, mais les six coups qui marquent six heures du matin, et qui signifient que la folle fête est terminée.

Dans Midnight in Paris (2011) de Woody ALLEN, on peut entendre la barcarolle des Contes d’Hoffmann, ainsi qu’un french cancan de La Vie parisienne, d’OFFENBACH.

Cinéma, Mes opéras préférés

DON GIOVANNI, de MOZART (1788)

Opéra de la maturité de MOZART, Don Giovanni est une commande de l’opéra de Prague. C’est le deuxième de la trilogie Mozart – Da Ponte, commencée avec Les noces de Figaro et complétée avec Cosi fan Tutte. Le livret a été écrit d’après le Don Juan de MOLIÈRE. Les chanteurs étant mécontents de ne pas avoir assez de grands airs pour se mettre en valeur, Mozart en a rajouté plusieurs pour la création viennoise en 1788.

Ouverture.

Acte I : Don Giovanni s’est introduit de nuit dans la maison de Donna Anna afin de la séduire. Dehors, son valet Leporello l’attend en se plaignant de la vie que lui fait mener son maître (Air : Notte e giorno faricar). Don Giovanni sort en courant de la maison, poursuivi par Donna Anna et son père, le Commandeur. Le Commandeur défie Don Giovanni, mais celui-ci le blesse mortellement avant de s’enfuir avec Leporello. Donna Anna revient avec son fiancé, Don Ottavio, et ils découvrent le corps sans vie du Commandeur. Donna Anna fait promettre à son fiancé qu’il vengera son père.

Plus tard, Don Giovanni et son valet croisent sur leur route Donna Elvira, qui se plaint d’avoir été séduite puis abandonnée par Don Giovanni. Celui-ci, qui ne l’a pas reconnue, veut la séduire mais quand il la reconnaît, il s’éloigne et laisse Leporello lui lire le catalogue des conquêtes de son maître (Air du catalogue : Madamina, il catalogo e questo).

Mozart Don Giovanni Air du catalogueCliquez sur Dona Elvira et Leporello

Le maître et son valet croisent ensuite un groupe de paysans qui vont fêter les noces de
Zerlina et Masetto. Don Giovanni les invite à son château et reste seul avec Zerlina (Duo : « La ci darem la mano ») avant que Donna Elvira n’arrive.

don giovanni la ci daremCliquez sur l’image

Celle-ci prévient Zerlina du danger qu’elle coure et s’éloigne avec elle. Donna Anna et Don Ottavio arrivent à leur tour. Ils viennent demander à Don Giovanni de les aider à trouver le meurtrier du Commandeur. Donna Anna reconnait Don Giovanni à sa voix et réclame vengeance à Don Ottavio (Air : « Or sai chi l’honore ».) Leporello revient et informe son maître que la noce est arrivée au château, et qu’il a réussi à se débarrasser de Donna Elvira. Don Giovanni invite tout le monde à boire (Air: « Fin ch’han dal vino ».)

Donna Elvira, Donna Anna et Don Ottavio arrivent masqués au château et se font inviter à la fête (Septuor : « Bisogna aver corragio ».)

don giovanni bisognaCliquez sur l’image

Don Giovanni essaie à nouveau de séduire Zerlina, mais celle-ci appelle à l’aide. Don Giovanni essaie de faire porter le chapeau à Leporello, mais les trois invités, retirant leur masque, accusent Don Giovanni qui prend la fuite.

Acte II : Le soir, Leporello annonce à son maître qu’il va le quitter. Don Giovanni calme sa mauvaise conscience avec de l’argent. Il veut séduire la femme de chambre de Donna Elvira, et pour ce faire, il échange ses vêtements avec ceux de son valet. Sous ce déguisement, il chante une romance à sa nouvelle proie (Air : « Deh vieni alla finestra »), pendant que Leporello détourne l’attention de sa maîtresse.

Mozart Don Giovanni Deh, vieni alla finestraCliquez sur Don Giovanni

Masetto arrive avec une petite troupe de paysans, ils cherchent le séducteur pour le tuer. Don Ottavio, Zerlina et Masetto découvrent Leporello portant les habits de son maître. Ils veulent le châtier, mais finissent par reconnaître le valet.

À la tombée de la nuit, le maître et son valet se retrouvent dans un cimetière. Don Giovanni se vante de ses nouvelles aventures quand on entend une voix sortir de la tombe du commandeur. Don Giovanni, par forfanterie, invite la statue à souper. Celle-ci accepte.

Don Giovanni est en train de souper chez lui. Donna Elvira lui demande de se repentir, ce qu’il ne fait pas. En sortant, elle pousse un grand cri en croisant la statue du Commandeur qui arrive et frappe à la porte. Leporello va ouvrir et revient terrorisé annoncer la venue de la statue. Le Commandeur demande à Don Giovanni de se repentir (Air : « Don Giovanni, a cenar teco »), mais ce dernier refuse encore. Il tend vers la main vers la statue qui la prend et l’entraîne dans les flammes de l’enfer.

Don Giovanni finalCliquez sur l’image

Les principaux personnages donnent la morale de l’histoire, Leporello se dit prêt à servir un meilleur maître, Donna Anna se décide à épouser son fiancé, Donna Elvira se retire au couvent et Zerlina et Mazetto vont célébrer leurs noces.

Enfin, pour les cinéphiles, je me dois de mentionner le très beau Don Giovanni tourné par Joseph LOSEY.

Animation 1, Bande dessinée

POKÉMON GO (et opéra)

Je vous l’avais promis dès la création de ce blog il y a un peu plus de six mois (cf. la page « à propos ») : il y aura un billet sur le jeu Pokémon GO et l’opéra.

La sortie de la version complémentaire sur console de salon ce 16 novembre va être l’occasion pour moi de tenir cette promesse, et de faire s’interpénétrer la bulle des amateurs d’opéra et la bulle des amateurs de Pokémons.

Dès la première version du jeu, datant d’il y a plus de vingt ans, figuraient les Pokémons Mélofée (n° 35) et Rondoudou (n° 39). Ces Pokémons avaient le pouvoir, par leur chant semblable à celui d’Orphée, d’endormir leurs adversaires.

                                                           mélofée rondoudou

Nous avons découvert il y a peu avec l’arrivée de la 4e génération le Crikzik (n° 401) un Pokémon insecte en forme de lyre et son évolution le Mélokrik, dont le Pokédex nous apprend que quand les antennes du Crikzik s’entrechoquent, elles laissent s’échapper un son de xylophone, alors que le Mélokrik exprime ses émotions par des mélodies.

                                                       criczik  Mélokrik

C’est dans la cinquième génération que l’on trouvera les Pokémons les plus intéressants, avec le Lakmécygne (n° 581), dont le nom est formé d’après Lakmé de Léo DELIBES, et le Lac des Cygnes, le fameux ballet de TCHAÏKOVSKI.

lakmécygne.png

On trouvera également le Vivaldaim (n° 585), un daim qui peut prendre quatre formes suivant les saisons (hommage aux quatre saisons de VIVALDI). La référence à l’univers de l’opéra est encore poussée par le fait que le Vivaldaim a une forme évoluée, le Haydaim (en hommage à Joseph HAYDN.)

                                                    vivaldaim  haydaim.png

Et surtout, n’oubliez pas qu’il est déconseillé de jouer à Pokémon Go quand vous êtes à l’opéra, vous risqueriez de perturber le spectacle, et de gêner vos voisins.

Avec les nouveaux pokémons de la région d’Alola (saison 6) est arrivé Oratoria (n° 730) dont la fiche signalétique bous dit : Surnommé « la diva », il offre un spectacle enchanteur lorsqu’il dirige un chœur composé de ses congénères à la lumière de la lune.

Oratoria

Écrivains, Cinéma, littérature, Philosophie

Friedrich NIETZSCHE et la musique

Sans la musique, la vie serait une erreur (F.NIETZSCHE).

Rassurez-vous, je ne vais pas ici vous faire un cours sur les idées philosophiques de NIETZSCHE, j’en serais bien incapable et ce n’est pas le sujet de ce blog. Simplement, ayant entendu parler de Nietzsche lors d’une conférence sur WAGNER, il m’est venu à l’idée de vous parler des rapports qu’entretenait Fred le moustachu avec la musique.

Friedrich Nietzche naît le 15 octobre 1844 à Röcken.

Dans sa jeunesse, Frédéric Nietzsche, bon pianiste, s’est essayé à la composition musicale, et il a distribué ses lieders à ses amis, notamment Cosima, la fille de LISZT, épouse du chef d’orchestre von Bülow avant que d’être celle de Wagner.

nietzsche et la musiqueCliquez sur Fred

Dans La naissance de la tragédie, il est encore sous l’influence de SCHOPENHAUER et Wagner, et il réfléchit à la dualité Apollon vs Dionysos, ce qui le rapproche de Robert SCHUMANN dont toute la vie (et toute l’œuvre) a été une tentative de résolution de ces deux faces de sa personnalité. Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.

Une des compositions de Nietzsche, Manfred méditation d’après l’œuvre de Lord BYRON, peut d’ailleurs être rapprochée par le thème de l’une des compositions de Schumann, qui a écrit une musique de scène pour cette pièce. Et pour ce qui est de la double personnalité avec laquelle Schumann devait se battre, elle est illustrée par Eusébius le rêveur introverti et Florestan le passionné combatif, doubles de Schumann que l’on retrouve dans les Davidsbündlertänze ou le Carnaval.

Schumann CarnavalCliquez sur le pianiste

Très inspiré par l’œuvre de Wagner, Nietzsche s’est intéressé aux thèmes du surhomme et de la liberté, thèmes qui sont au cœur notamment de la tétralogie. Il finira par se détacher du « poison wagnérien » (sic) quand il découvre en 1881 le Carmen de BIZET.

Friedrich Nietzche meurt le 25 août 1900 à Weimar, à l’âge de 55 ans.

Une de ses dernières œuvres, Also spracht Zarathustra, a inspiré à Richard STRAUSS le poème symphonique du même nom. Œuvre un peu oubliée du public, Stanley KUBRICK a contribué à la populariser en s’en servant pour la BOF de son génial 2001 Odyssée de l’espace.

Strauss zarathustra kubrickCliquez sur l’image

Cinéma, Compositeurs, Maria Callas

Giacomo PUCCINI (1858 – 1924)

Aujourd’hui, voyons le représentant le plus connu de l’école vériste, PUCCINI.

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Puccini, né en 1858 à Lucques en Italie, est issu d’une longue lignée de musiciens, ses quatre aïeux paternels étant compositeurs d’opéras !

Très jeune, il reçoit sa première formation musicale à Lucques. En 1876, il compose sa Missa de Gloria, et en 1879, il entre au conservatoire de Milan où il a comme maître PONCHIELLI.

Avec l’aide d’Arigo BOÏTO, il monte son premier opéra, La Villi, à la Scala de Milan en 1884, opéra qui attire l’attention de Giuseppe VERDI.

Son premier succès est Manon Lescaut (1893), et son premier chef d’œuvre La Bohème (1896). Viennent ensuite Tosca (1900)

Puccini Tosca Vissi d'arte Callas

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et Madame Butterfly (1904)

Puccini Butterfly Un bel di vedremo

Cliquez sur madame Butterfly

Fort de ses succès, il laisse passer plusieurs années avant son ouvrage suivant, l’opéra western La fille du Far-West, (La Fanciulla del West) qui date de 1910.

Suivront encore La Rondine (1917) écrite pour l’Opéra de Vienne et le Triptyque (1918), une trilogie de trois opéras en un acte, sans lien entre eux. (L’air « O mio babbino caro » de Gianni Schicchi, troisième volet du triptyque, resplendit dans l’ouverture du film A room with a view, de James IVORY.)

Puccini Gianni Schicchi O mio babbino caro a Room wtrh a viewNe cliquez plus sur le professeur Ombrage et le professeur Mac Gonnagal

Il laisse inachevé son dernier opéra Turandot, commencé en 1920, lorsqu’il meurt d’un cancer de la gorge en 1924.

Puccini Turandot Nessun dorma

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 .

Animation 1, Nature

LES CHATS

Miaow, recently told me my cat.

MIAOU, me disait récemment mon chat, trouvant que je consacrais trop de temps à mon blog et pas assez à lui. Ah tu veux la jouer comme ça, lui répondis-je alors, eh bien je vais parler de toi dans mon blog.

En effet, les compositeurs se sont parfois amusés à mettre en musique nos amis félins.

Mais avant tout, il faut savoir qu’un chat a failli coûter la réputation et la carrière du Barbier de Séville de ROSSINI. En effet, lors de la première, en 1816, quelqu’un a jeté un chat sur la scène, provoquant ainsi un beau charivari qui aurait pu faire chuter cette œuvre.

Il faut croire que ROSSINI n’était pas rancunier puisqu’en 1825, il écrit le duo bouffon des chats. (La musicologie nous dit qu’en fait ce duo, attribué à Rossini, n’aurait pas été écrit par lui).

havre caumartin duo des chatsCliquez sur l’image

RAVEL dans son Enfant et les sortilèges a également écrit un beau duo pour chats.

ravel l'enfant et les sortilèges duo des chats

Et PUCCINI écrit, dans Il Tabarro, une des pièces de son triptyque, un Air de Frugola où la chanteuse expose la  philosophie de son chat au moyen de son ron ron.

DISNEY fera chanter des chats dans son film Les Aristochats où l’un des deux chatons s’appelle BERLIOZ, en hommage au compositeur français.

Plus près de nous, la comédie musicale Cats (musique d’Andrew LLOYD-WEBER) fait partie des œuvres récentes qui ont eu le plus de succès.

Cats the musical MemoryCliquez sur the Cat

Et pour finir, un dessin de notre chat Bouboule vu par Adrian, mon enfant :

Bouboule vue par Adrian

Animation 1, Compositrices, Divers, Fantaisie

LES ONOMATOPÉES

« Ono m’a topé », aurait déclaré John LENNON après sa rencontre avec Yoko. Pour le plaisir, écoutons Imagine !

Si l’on chante beaucoup à l’opéra (c’est un peu le concept, d’ailleurs), on y crie aussi, et les onomatopées n’y manquent pas.

Parmi les précurseurs figure Clément JANEQUIN (1485 – 1558) qui met en musique Les Cris de Paris, le Chant des oiseaux ou encore la Guerre qui imite en musique les bruits de la bataille.

Plus tard RAMEAU mettra en musique le coassement des grenouilles dans sa comédie Platée.

rameau platée grenouillesCliquez sur les grenouilles

Dans l’ébouriffant final (septuor) du 1er acte de l’Italienne à Alger, Rossini fait chanter des onomatopées à chacun des protagonsites (et ça fait Tic tic, Tap tap, Boum Boum, Clac Clac…).

Rossini l'Italienne à Alger Septuor de la fin du 1er acteCliquez sur l’ébouriffant final du 1er acte de l’Italienne à Alger.

Dans Don Pasquale, de Donizetti, le chœur soulignant les péripéties de la journée, chante « Ding ding dong dong ».

Cliquez sur l’image

À la fin de la Damnation de Faust, après la chevauchée fantastique ponctuée des hop hop de Méphisto, BERLIOZ fait chanter aux esprits de l’enfer un pandémonium sur des onomatopées de son invention (has irimiru karabrao…).

WAGNER n’a pas lésiné non plus sur les onomatopées avec le Hoyotoho Heya Heya dans cette autre chevauchée fantastique qu’est la chevauchée des Walkyries.

Dans le Coq d’or, RIMSKY-KORSAKOV fait chanter son coq en russe, ce qui nous donne Kikeriki koko koko (alors que chacun sait que le coq anglais fait cock-a-doodle-doo).

tex avery cock a doodle doCliquez sur l’image

Le « Rataplan » du 3e acte de La Force du destin du VERDI est aussi un bon exemple d’onomatopées qui doit être amusant à chanter.

Verdi La forza Acte III RataplanCliquez sur l’image

Sur les conseils de Camille (merci Camille), j’intègre ici la « légende de Kleinzach » et ses clic clac, cric crac, flic flac, extraite des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH.

kleinzachCliquez sur l’image

D’Offenbach également, il faut citer le final de la Vie parisienne, avec son « Et pif et paf et pif et pouf ».

Offenbach la Vie parisienne pif paf poufCliquez sur l’image

Et en marge de l’opéra, je ne peux résister au plaisir de vous présenter la stripsody de la grande Cathy BERBERIAN. Cathy Berberian, pour qui la musique des Beatles (voir l’intro de ce billet) était de la musique contemporaine, n’a pas hésité à enregistrer un disque de leur musique.

Stripsody qu’il est facile de rapprocher du titre de Gainsbourg Comic Strip (et ça fait Shebam, plop, wizz…).

onomatopéesCliquez sur les onomatopées

Et puisque j’étais il n’y a guère à Bastille pour les Huguenots de MEYERBEER, j’ai sursauté en entendant dans l’air de Marcel du 1er acte Piff, Paff, Pouff (sic).

Cinéma, Compositeurs

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)

G.F.HAENDEL est le prototype du compositeur du XVIIIe siècle que son cosmopolitisme a amené d’Allemagne en Angleterre en passant par l’Italie. Ainsi, à une époque où l’opéra se partageait presqu’exclusivement entre opéra à l’italienne et opéra à la française, Haendel se trouve être un compositeur allemand qui a appris son métier en Italie avant de partir en Angleterre écrire des opéras en italien. Gluck (1714-1787) fera l’inverse : compositeur bohème écrivant à Vienne des opéras en italien, il partira en France écrire des opéras en français.

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Haendel est l’exact contemporain de J.-S. Bach (1685-1750). Né à Halle le 23 février 1685, il se rend en 1703 à Hambourg, où il s’essaie à la composition d’opéras. C’est de cette époque que date la sarabande dont Stanley Kubrick s’est servi pour son film Barry Lindon.

Haendel SarabandeCliquez sur Haendel

En 1706, il part en Italie, patrie de l’opéra, où il triomphe à Florence, Naples, Rome et Venise. À Venise, il écrit Agrippina pour la saison 1709-1710.

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Après ses classes en Italie, il rentre en Allemagne avant de prendre un congé pour aller en Angleterre, où il écrit son premier opéra en italien pour la scène anglaise, Rinaldo (1711). Après un bref retour en Allemagne, il repart en Angleterre, sans congé de son employeur, et devient compositeur de la Cour. Ses Water Music datent de cette époque. En 1719, c’est la fondation de la Royal Academy of Music, dont Haendel est directeur musical, avec l’Italien Bononcini, que Haendel avait déjà fréquenté à Hambourg. Les deux hommes se trouvent à la fois associés et rivaux, mais l’étoile d’Haendel brille de plus en plus, au détriment de celle de Bononcini.

En 1724-1725, il écrit trois chefs-d’œuvre Jules césar, Tamerlano et Rodelinda. 

Haendel Jules César Son nata lagrimar Jaroussky StutzmannCliquez sur l’image

En 1733 c’est Orlando, avant Alcina et Ariodante en 1735.

Haendel Alcina Verdi pratiCliquez sur l’image

Comme son contemporain Vivaldi, et pour plaire à la fois aux chanteurs et au public, il use et abuse des vocalises virtuoses. Quel contraste avec la musique que Rameau (1683-1764) écrivait en France, mettant plus en valeur la sensibilité musicale que la virtuosité des solistes.

En 1737, Haendel est victime d’une attaque de paralysie. Il écrira encore un de ses derniers opéras, Xerxès (1738), avant de se consacrer à l’oratorio (en anglais), avec notamment son fameux Messiah (Le Messie) en 1741 et à de la musique instrumentale (Fireworks).

Haendel Messiah AllelujahCliquez sur l’image

En 1753, il devient aveugle et cesse d’écrire. Il est opéré par le même chirurgien qui avait opéré J.-S. Bach avant lui et meurt à Londres le 14 avril 1759. Haendel est enterré à Westminster.

Animation 1

Walt DISNEY (1901-1966)

Walt DISNEY and classical music.

Après le studio Ghibli, et avant l’univers de Tex AVERY, je vais vous parler aujourd’hui de Walt DISNEY. Disney est connu pour son apport majeur au dessin animé. (Il est aussi l’inventeur du parc à thème). Il crée ses premiers dessins animés au début des années 20, et en 1928, le personnage de Mickey. En 1929, il lance les Silly Symphonies, des dessins animés sur un thème musical. En 1937, il produit le premier dessin animé long métrage, Blanche Neige (le premier long métrage d’animation est dû à Lotte REINIGER).

L’univers créé par Walt Disney contient de nombreuses références au monde de l’opéra (et de la danse).

Dès 1936, Disney avait mis en musique l’univers de l’opéra avec le cartoon Mickey’s Grand Opera.

mickey's grand opera

Ne cliquez pas sur l’image

En 1940, il sort Fantasia, soit une suite d’adaptations en dessin animé de morceaux classiques (il a fait une suite en 2000 avec Fantasia 2000. Dans Fantasia, on peut voir Mickey serrer la main du chef d’orchestre Léopold Stokowski et on trouve une version complètement allumée de la danse des heures, ballet extrait de La Gioconda de Ponchielli,

Ponchielli ma Gioconda Danse des heures Fantasia

et une très belle version de La nuit sur le Mont chauve de Moussorgski, ainsi que Casse-Noisette de Tchaïkovski. Il y a aussi Mickey en Apprenti sorcier, d’après Paul Dukas.

En 1946, il adapte Pierre et le Loup, de Prokofiev.

Prokofiev Pierre et le loup Disney

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En 1948, dans Melody Time, il nous offre une interprétation très personnelle du Vol du bourdon de Rimsky-Korsakov.

Dans Les Aristochats (1970), long métrage qui se passe en France, un des jeunes chatons s’appelle Berlioz, en hommage à l’ami Hector.

Disney les Aristochats

Tchaïkovski a encore été mis en image par les studios Disney, avec La Belle au bois dormant (1959).

Et je peux rappeler ici la version Disney du Fantôme de l’opéra, de Gaston Leroux.

Le sujet de La petite Sirène (1990), d’après le conte d’Andersen se trouve assez proche de celui de Rusalka, le génial (et méconnu) opéra de Dvorak, dont le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A. Hoffmann et du conte d’Andersen.

À propos de son dessin animé la Reine des neiges (2013) et son tube Libérée, délivrée. Il convient de ne pas le confondre avec la Fille de neige (Snegourotchka), de Rimsky-Korsakov, moins connu, mais très bien aussi !

Enfin, Disney a servi de héros à Philip Glass, qui raconte ses derniers jours dans l’opéra The perfect american (2012).

Cinéma, Compositeurs, littérature, Shakespeare

Benjamin BRITTEN (1913 – 1976)

Parmi les grands compositeurs du XXe siècle figure l’anglais Benjamin BRITTEN (1913 – 1976), trop largement méconnu en France. Je l’ai déjà écrit, Britten est celui qui a réveillé l’opéra anglais presque trois siècles après PURCELL (1659 – 1695).

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Benjamin Britten est né le 22 novembre 1913 dans le Suffolk. Ill reçoit ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans, avant de faire des études musicales classiques où il a notamment comme professeur Franck BRIDGE.

En 1934, il écrit la Simple Symphony, op.4.

En 1939, devant le climat belliciste qui règne en Europe, il migre aux États-Unis avec son compagnon, le ténor Peter Pears (qui créera beaucoup des œuvres de Britten). Il revient en Angleterre en 1942, où il écrit A Ceremony of Carols (pour chœur).

britten a ceremony of carolsCliquez sur l’image

En 1944, il reçoit une commande pour un opéra : ce sera Peter Grimes, créé en 1945.

Britten Peter GrimesCliquez sur l’image

En 1946, Britten écrit son second opéra, le Viol de Lucrèce (The Rape of Lucretia).

En 1947, il fonde l’English Opera group (EOG), avec l’ambition de « rendre à la musicalité de la langue anglaise la liberté dont elle a été dépourvue depuis Purcell » . En 1949, il écrit un opéra pour les jeunes Let’s make an opera : the little sweep (Faisons un opéra : le petit ramoneur). En 1951, c’est la création de Billy Budd, d’après MELVILLE.

En1954, Britten crée à la Biennale de Venise le chef-d’œuvre qu’est The turn of the screw (Le tour d’écrou) d’après Henry JAMES, et en 1960, il adapte SHAKESPEARE avec A midsummer night’s dream.

En 1961, il écrit pour son ami Rostropovitch la sonate pour violoncelle et piano, et son monumental War Requiem qui nécessite deux orchestres et deux chœurs, et qui juxtapose à la liturgie classique du Requiem un poème pacifiste.

En 1971, Britten entreprend son dernier opéra Death in Venice (Mort à Venise) d’après le roman éponyme de Thomas MANN (1971 est également l’année du film de Visconti, avec sa très belle utilisation de l’adagietto de la 5e symphonie de MAHLER).

Stylistiquement, on peut dire que comme son contemporain Alban BERG (1885 – 1935), il a attaché une grande importance à l’aspect formel de ses opéras, notamment dans l’usage des interludes orchestraux et, comme chez Berg et JANACEK (1854 – 1928), et les aspects psychologiques des personnages sont particulièrement développés.

Britten meurt en 1976.

(Source principale, je me suis servi pour écrire ce billet de « Benjamin Britten, a life in the twentieth century« , by Paul KILDEA [Penguin Book 2013])

Liste des principaux opéras de Britten :

Peter Grimes (1945)

The Rape of Lucretia (le Viol de Lucrèce) (1946)

Billy Budd (1951)

The Turn of the screw (le Tour d’écrou) (1956)

Gloriana (1953)

Death in Venice (La Mort à Venise) (1971)

A midsummer nights’s dream (le Songe d’une nuit d’été) (1960)