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littérature, Philosophie

« LA MORT » (1977). JANKÉLÉVITCH ET LA MUSIQUE (4)

La Mort (1977) est un essai du philosophe Vladimir Jankélévitch paru en 1977 aux éditions Flammarion. Il réfléchit (et nous fait réfléchir) à cet impensable qu’est la mort. Nous savons tous que nous dev(r)ons mourir, mais personne ne sait quand son heure ultime adviendra. Cet article ne se veut pas une lecture philosophique de Jankelevitch (je n’en ai pas la prétention), mais surtout une recension des exemples musicaux dont il use, comme toujours chez lui, pour illustrer sa pensée.

Un certain nombre de compositeurs et d’œuvres sont convoqués par le philosophe, comme le Pelléas et Mélisande de Maeterlinck et Debussy ou les Chants et Danses de la mort de Moussorgski, mais le contenu musical de ce livre est beaucoup plus riche qu’on pourrait s’y attendre.

Ainsi, dès la page 45, il souligne le scandale du rapprochement entre la jeune fille et la mort, dans l’œuvre de Moussorgski.

Page 65-66, Jankelevitch écrit, par rapport aux Danses macabres : Les scherzos et czardas macabres de Liszt, avec ce cliquetis d’osselets, jouent ce jeu de la parodie sacrilège : les staccatos et pizzicatos bouffons de la Danse macabre raillent les notes du « Dies Irae »; Méphistophélès, dans la Faust-Symphonie, n’a pas de thème en propre […] Satan règne ici sans partage, comme il règne dans les quatre versions de la Méphisto-Valse, dans la Méphisto-Polka et dans l' »Inferno » de la Dante-Symphonie. Les sublimes Chants et Danses de la mort de Moussorgski nous font entendre successivement le Trépak de la mort, la berceuse qui associe tragiquement le berceau à la tombe, la naissance et la mort, la Sérénade où la mort prend le visage du printemps et de l’amour… Dans les deux barcarolles lugubres de 1882 que Liszt intitula Gondole funèbre, la barque généralement vouée aux promenades amoureuses devient la gondole dérisoire sur laquelle le nocher Charon fait passer le Styx aux âmes des défunts.

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Page 74 : le « triomphe de la mort » dont parlent Pétrarque et, à leur manière, Moussorgski et son poète Golenitchev-Koutousov, ce triomphe est une contradiction déchirante et une très amère dérision : ce triomphe est le triomphe du néant… (cf. IV, le chef d’armée).

Page 90 : La mort est-elle un profond sommeil ? C’est cette analogie que nous suggèrent les « berceuses de la mort » de Moussorgski et Suk (Ukolébavski, opus 33, n° 6).

Page 120 : Sur les sarcasmes et les violences de « Méphistophélès », dans la Faust-Symphonie, planent déjà les accords mystiques du chœur final.

Page 123 : Boris Godounov prend un sens tout différent selon qu’il se termine par la mort du tsar, comme Rimsky-Korsakov en a décidé, ou par la mélopée de l’innocent qui pleure sur les souffrances du peuple russe, comme Moussorgski lui-même l’avait originellement voulu. Dans le premier cas, Boris est un opéra traditionnel qui prend fin avec la mort de son héros […], dans le second, Boris révèle sa signification profonde et son bouleversant message, qui est le destin du peuple russe.

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Page 127 : La feuille d’album rêveuse que Liszt que Liszt intitula Jadis nous fait entendre l’écho lointain d’un bonheur suranné qui semble monter des profondeurs de la réminiscence.

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Page 149 : Lorsque la lumière entre à flots dans la cave de Barbe-Bleue par le soupirail entr’ouvert et brise la clôture étouffante, Ariane montre aux femmes, à la fin de l’opéra de Paul Dukas, le chemin de la liberté.

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Page 205 : Le temps musical est comme une stylisation du temps vital : pour la surconscience qui survole le développement ou anticipe le dénouement, et plus simplement pour celui qui connaît déjà la sonate, la sonate atteindre sa conclusion au bout d’une demi-heure ; mais l’auditeur absorbé dans l’enchantement de sa demi-heure éternelle a oublié tout ce qui n’est pas la sonate et permettrait d’en chronométrer la durée.

Page 231 : « Un oiseau n’en serait pas mort », dit le médecin qui assiste Mélisande.

Page 233 : À travers l’incarnation d’une chanteuse qui serait successivement Gwendoline et Pénélope, Mélisande et Ariane, Iaroslavna et Févronia, l’unité d’un style se reconnaît toujours : la chanteuse reste la même chanteuse sous le transformisme des rôles…

Page 246 : « Je n’ai rien vu… Êtes-vous sûr ? » demande Arkel au médecin. « Je n’ai rien entendu… si vite, si vite… Tout à coup… Elle s’en va sans rien dire » …] Mélisande a disparu pianissimo, et pour ainsi dire sur la pointe des pieds.

Page 252 : À une question du prince Vsevolod Ivanovitch, Fevronia, dans la Kitège de Rimsky-Korsakov, répond que la forêt est le temple universel de Dieu.

Page 257 : Il y a bien une fausse note, une seule, à la fin du Phédon, comme il y a dans le Socrate de Satie, la friction d’ut bécarre contre ut dièse : cette friction est le verbe semelfactif de l’instant. À peine la mort est-elle entrée dans le cachot de Socrate – et déjà Socrate a le regard fixe. Tout est fini avant d’avoir commencé; comme à la fin de Pelléas et Mélisande. Tout s’est passé furtivement, et pour ainsi dire sur la pointe des pieds.

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Page 282 : Même Mélisande, qui s’éteint si doucement au cinquième acte, même Mélisande meurt à un certain instant; même la douce mort de Mélisande est une mort invisiblement subie.

Page 283 : « Vulnerant omnes, ultima necat » : Louis Aubert a lu ces quatre mots sur le cadran de l’horloge d’Urrugne, au Pays basque (Sillages, II : Socorry). Toutes les heures nous rongent, mais la dernière nous tue.

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Page 293 : Le Hin und Zurück de Hindemith.

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Page 317 : Il n’y a jamais d’épilogue, mais seulement un long prologue ou, comme écrit François Liszt à la suite de Lamartine, une chaîne de Préludes : « Notre vie est-elle autre chose qu »une série de Préludes à ce chant inconnu dont la mort entonne la première et solennelle note ? »

Page 326 : On comprend maintenant pourquoi l’Adieu est depuis toujours un thème élégiaque et lyrique (cf. entre autres Liszt, Mélodies n° 42 Ich scheide, n° 44 Lebewohl, Bizet, Adieux de la princesse arabe (V. Hugo), Tchaïkovski, Adieu, op. 60 (Nekrassov), Rakhmaninov, les deux Adieux op. 26 (Koltzov), V. Chebaline, Une note triste, op. 40 (A. Kovalenkov), Gustav Mahler, Das Lied von der Erde, VI (Der Abschied), Gabriel Fauré, Adieu (Poème d’un jour, op. 21), etc.

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Page 327 : C’est la sonate romantique « des Adieux » qui se termine par les retrouvailles du retour…

Page 329: En cela Pelléas et Mélisande, tragédie centrifuge, tragédie des amours insolubles, s’oppose à la Pénélope de Fauré qui est l’opéra du retour et des retrouvailles.

Page 344 : « Nul ne sait si l’heure du réveil sonnera bientôt… » (Alexandre Borodine, La Princesse endormie, Ballade.

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Page 346 : La résurrection miraculeuse que Rimsky-Korsakov célèbre dans la Grande Pâque russe diffère en cela du renouveau que Stravinsky salue dans Le Sacre du printemps et qui est le réveil annuel de l’impérissable nature après le sommeil hivernal.

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Page 364 : L' »opus ultimum » de Serge Prokofiev (l’adagio de la petite suite pour piano tirée du ballet La Fleur de pierre) nous révélerait-il un secret sous prétexte qu’il a été écrit le jour où la congestion fatale est venue le surprendre ?

Page 398 : Dans le dernier poème symphonique de Liszt, Du berceau jusqu’à la tombe, la berceuse balbutiante du commencement n’est-elle pas devenue, pour finir, la berceuse de la vie future ?

Page 422 : À la fin de leurs Chants et danses de la mort, Moussorgski et son poète Arsène Golenichtchev-Koutousov nous représentent la mort comme le « chef d’armée » irrésistible et tout-puissant, l’empereur du non-être, le généralissime du néant dont le pouvoir destructeur infini impose silence pour l’éternité à toutes les choses finies.

Page 434 : À la fin de l’admirable suite des Goyescas (Goyescas, 2e partie de « Los Majos Enamorados » : V, El Amor y la Muerte) que Goya inspira à Granados, la Ballade de l’Amour et de la Mort se termine par la mort du « Majo » ; et tout s’achève sur la Sérénade du Spectre, qui disparaît en pinçant les cordes de sa guitare.

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Page 443 : Le « Sacre du printemps » ne célèbre pas seulement la renaissance printanière de la nature, mais encore le mystère du sacrifice sanglant qui est la rançon de cette renaissance ; et même la où la tragédie est moins cruelle, comme par exemple dans Snegourotchka, la mélancolie de la mort, par une alternative inévitable, assombrit imperceptiblement la joie du renouveau.

Et le livre s’achève, à la toute dernière page, par une ultime citation de Pelléas et Mélisande, page 467 : Sur le point d’achever dans la nuit sa mystérieuse existence commencée dans la nuit, Mélisande murmure : Je ne sais pas ce que je sais.

(Source principale : Vladimir Jankélévitch, la Mort, éditions Flammarion, 1977. Je me suis attaché à respecter l’orthographe choisie par Jankelevitch.)

Et pour retrouver les poèmes symphoniques de François Liszt, c’est ici :

Les poèmes symphoniques de Franz Liszt.

littérature, Oulipo, Poésie

« LA MUSIQUE », de Charles BAUDELAIRE (5 – BRITTEN)

Après avoir wagnerisé le poème La musique, de Baudelaire, puis debussysé, puis encore fauréïsé, et encore Beethovenisé ce même poème, je vous propose une cinquième version de ce poème traité à la sauce OuLiPo.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Aujourd’hui donc, en voici une version Brittenisée.

La musique souvent me prend comme une mer !

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Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

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La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre ;

Le bon vent, la tempête et ses convulsions

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Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

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Citations musicales :

Comme une mer : Peter Grimes, 4 interludes orchestraux.

Les poumons gonflés : Peter Grimes Now the great bear (Maintenant, la grande ourse).

La tempête : Peter Grimes la tempête

Me bercent : A Charm of lullabies (berceuses)

Divers, Poésie

LE « JE DIS » DE LA SCANSION

En poésie ou au théâtre, la scansion est l’art de scander un texte, et en musique celui de marquer le rythme.

J’ai déjà abordé sur ce blog les notions de base du rythme musical, en me limitant au deux plus simples, les rythmes binaires et ternaires.

On peut introduire des perturbations dans ces rythmes de base. Ainsi, dans un rythme binaire, on peut introduire un triolet, c’est-à-dire un ensemble de 3 notes qui aura exactement la même durée que les 2 notes du binaire.

Dans un rythme ternaire, on peut décomposer deux mesures ternaires en trois sesqui-mesures binaires. Ça s’appelle une hémiole, et on rencontre fréquemment dans la musique baroque.

Cliquez sur l’hémiole

Il y a encore tout un tas d’autres rythmes, aux noms plus rigolos les uns que les autres, et qui auraient bien leurs places dans un Agenda Ironique.

Par exemple, nous avons l’anacrouse. L’anacrouse est une note ou un ensemble de notes qui précède le premier temps fort d’une phrase musicale. On l’appelle aussi la levée.

Cliquez sur l’anacrouse

Nous avons aussi l’anapeste, qui correspond à deux notes courtes suivies par une note longue. Un exemple d’anapeste est le 1er mouvement de la Symphonie 40 de Mozart.

Cliquez sur l’anapeste

Il ne fait pas confondre l’anapeste avec son opposé, le dactyle, qui lui est composé d’une note longue suivie de deux brèves.

Un exemple de dactyle se trouve dans le deuxième mouvement de la septième Symphonie de Beethoven.

Cliquez sur le dactyle

Il y a aussi le spondée, une succession de deux valeurs longues, le procéleusmatique, ou tétrabraque, est une succession de quatre valeurs brèves, et l’amphibraque, qui correspond à une valeur longue encadrée par deux valeurs brèves.

Le contraire de l’amphibraque est l’amphimacre, soit une valeur brève encadrée par deux longues.

Un exemple d’amphimacre se trouve chez Messiaen, avec l’Allouette calandrelle.

Cliquez sur l’amphimacre

Et pour rester avec Messiaen, et parce que le thème de base de cet article était le jeudi de l’Ascension, retrouvez l’œuvre qui porte ce nom.

Cliquez sur l’Ascension, de Messiaen
Divers

PRÉSENTATION DE LA SAISON 2025-2026 DE L’OPÉRA DE LILLE

crédit photo Angéline Moizard

Ce 27 mai, Barbara Eckle, qui deviendra directrice de l’Opéra de Lille au 1er juillet 2025, a dévoilé la saison prochaine de cet Opéra.

Barbara Eckle vient de l’Opéra de Stuttgart, et elle a également dirigé le festival Ruhrtriennal. Elle sera accompagnée par Miron Hakenbeck comme directeur de la programmation et de la dramaturgie, et Boris Ignatov, conseiller aux distributions.

Désireuse d’ouvrir l’opéra encore plus vers un public plus large, elle a bâti la saison autour de quatre saisons, appelées « constellations », chacune axée sur un opéra portant un thème et des concerts ou ballets en rapport avec ce thème.

La constellation 1, Automne, aura pour thème l’amour. L’opéra au centre de cette constellation sera l’Écume des jours, d’Edison Denisov, d’après le roman éponyme de Boris Vian. L’Écume des jours a été créé à l’Opéra comique en 1986. Les spectacles satellites seront un récital lyrique, Chants d’amour et de mort, avec des œuvres de Wagner, Ravel et Messiaen. Le ballet sera une pièce de Peeping Tom et Franck Chartier.

La constellation 2, Hiver, portera les thèmes de la vieillesse et des limites de l’existence humaine. L’opéra central sera l’Affaire Makropoulos de Janacek, opéra qui raconte l’histoire d’une cantatrice devenue presque immortelle après avoir bu un élixir de longue vie. Le ballet sera Invisibili d’Aurélien Bory. Le thème sera également développé avec un récital comportant les Liederkreis de Robert Schumann, et l’extraordinaire Journal d’un disparu de Janacek.

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Cette constellation verra aussi les représentations en « opéra itinérant » du Château de Barbe-Bleue, de Bela Bartok.

Cliquez sur l’Affaire Makropoulos

La constellation 3, Printemps, portera les thèmes de la jeunesse et de l’impossibilité d’arrêter le temps. L’opéra central sera Les Enfants terribles, de Philip Glass, sur un texte de Jean Cocteau. Le ballet sera Terminal Beach, de Moritz Ostruschnjak, le concert permettra d’entendre Different trains, de Steve Reich et le Quatuor à cordes n° 15 de Chostakovitch.

La constellation 4, Été, aura pour thèmes les épreuves de la vie, l’héroïsme au quotidien, et l’émancipation d’une génération par rapport à la précédente. L’opéra sera la Flûte enchantée, de Mozart, dans la mise en scène de Suzanne Andrade et Barrie Kosky. Le ballet sera Canine Jaunâtre de Marlene Monteiro-Freitas, et le concert sera un concert de musique de chambre avec des œuvres de Joseph HAYDN, Turina et Beethoven.

Cliquez sur Zarastro

Autour de ces événements, Barbara Eckle prévoir d’autres formats d’ouverture au public comme les « open weeks », une semaine par saison où l’opéra sera ouvert au public pendant les répétitions, ainsi que des « concerts heure bleue », des « concerts siestes » (où on écoutera les concerts allongés) et des « concerts insomniaques », qui pourront se prolonger tard dans la nuit.

littérature, Mes opéras préférés, Théâtre

MOLIÈRE, L’OPÉRA URBAIN (2023)

Molière, l’opéra urbain, est une comédie musicale créée le 7 novembre 2023 à Paris. Le livret est de Dove Attia et François Chouquet, et la musique des deux mêmes, plus quelques autres contributeurs. Cette comédie musicale retrace de façon romancée quelques épisodes de la vie du dramaturge Molière.

D’après le programme, « le premier acte décrit sa vie d’itinérance où , de protecteur en protecteur, Molière et sa troupe sillonnent la France à la recherche de moyens et d’une notoriété ». « Dans la seconde partie, on retrouve Molière qui s’est vu confier un théâtre par le jeune Louis XIV à Paris, et ses difficultés face aux jaloux et à ceux que son œuvre dérange ».

Acte I : Le père de Jean-Baptiste Poquelin (qui ne s’appelle pas encore Molière) cherche son fils. Il n’a que dédain pour la famille Béjart, des comédiens !, et spécialement pour Madeleine Béjart, qui risque de tourner la tête de son fils. En effet, Poquelin père est tapissier du roi, et veut transmettre sa charge à son fils, pour qu’il ait un métier sérieux.

Mais Molière ne l’entend pas de cette oreille, il aime Madeleine, et veut devenir comédien (Air : « Je m’appelle Jean-Baptiste »).

Madeleine demande à Jean-Baptiste de se confier garant pour l’ouverture d’un nouveau théâtre, « L’illustre théâtre », qui viendrait concurrencer ceux déjà en place. Hélas, l’entreprise fait faillite et Molière est conduit en prison (Air : « Molière en prison, t’aimer est une galère »). Le père de Molière accepte de payer une parte des dettes pour sortir Molière des geôles de Loulou XIV.

Madeleine est appelée en Guyenne par un acteur qui la veut dans sa troupe. Avant de partir, elle avoue à Molière qu’elle aime un homme marié, le père de sa petite Armande âgée de 3 ans, qu’elle devra abandonner en quittant Paris. Molière décide malgré tout de la suivre en province, et la troupe part en Guyenne, ce qui prend un certain temps (chœur : « la danse des bagages »). La troupe est adoubée par le duc d’Épernon, qui les engage.

Mais à Paris, la révolte gronde contre le cardinal de Mazarin et bientôt, c’est la Fronde. Mazarin lâche le duc d’Épernon, qui dissout alors sa troupe de théâtre.

Molière échange des courriers avec son père, mais les deux hommes, qui ne vivent pas dans le même monde, n’arrivent pas à se comprendre. Molière comprend qu’il a du mal à trouver sa place (Air : « Rêver j’en ai l’habitude »).

La troupe a besoin d’un nouveau directeur et Madeleine propose la place à Molière, qui commence par refuser, se trouvant trop jeune. Une jeune et belle acrobate arrive et dit qu’elle veut jouer. Pour lui plaire, Molière accepte alors de prendre la direction de la troupe. Il donne à la jeune femme son nom de scène, Marquise.

La troupe est embauchée par le prince de Conti, mais assez vite, les pièces qu’ils avaient l’habitude de jouer ne suffisent plus, et Molière, qui passait son temps à observer les caractères de ses contemporains, écrit sa première pièce, l’Étourdi, ou les contretemps.

Molière, qui ne réussit pas à se faire aimer par Madeleine, prend de plus en plus ses distances avec elle (Air : « le secret de Molière »).

Le prince de Conti, qui vivait dans le vice et la luxure, attrape une mauvaise maladie. Alors qu’il va être saigné par les médecins, Molière réagit, car il pense que les docteurs ont tué sa mère en voulant la soigner. L’évêque d’Alet se rend au chevet du prince et l’exhorte à prendre une vie plus pieuse. Molière l’accuse de tartufferie, mais il est traité d’apostat par l’évêque. Dès lors Conti se détourne de Molière et le chasse, lui et sa troupe.

Ils décident alors de retourner à Paris, où ils ont une recommandation pour Monsieur, le frère du roi (Chœur : « la danse des bagages, fin de tournée »).

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Ils jouent devant le roi et, réussissant à le faire rire, obtiennent le droit de jouer sous le nom de son frère et leur octroie un théâtre.

Madeleine est partie chercher sa fille. Armande a travaillé le théâtre en secret, mais les retrouvailles se passent mal, Armande reprochant à sa mère de l’avoir abandonnée (duo : « l’amour dont elle m’a privée ».)

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Alors que tout va pour le mieux pour les comédiens, Molière croise une jeune comédienne et en tombe immédiatement amoureux. Mais Madeleine lui révèle qu’il s’agit de sa fille Armande. Désespéré, Molière s’éloigne.

Acte II : Pour racheter sa vie dissolue, Conti a rejoint la Confrérie du Saint-Sacrement, une société qui lutte contre les mauvaises mœurs. Il veut faire tomber Molière.

Armande tourne toujours autour de Molière, qui lui résiste. Il continue à écrire des pièces en s’inspirant des travers de ses contemporains (Air : « la nouvelle vie à Paris ».)

Molière fait jouer une de ses nouvelles pièces, les Précieuses ridicules, qui rencontre le succès, et provoque la jalousie de ses adversaires. Dans l’ombre, le père de Molière assiste à ce succès, mais refuse toujours de le reconnaître et de parler avec son fils.

Molière travaille à l’École des femmes. Armande le surprend et cherche encore à le séduire. Molière finit par céder à cet amour. Il est conscient qu’on le blâmera, mais les deux amants sont prêts à tout pour être ensemble (Duo : « Armande et Molière, en aparté ».)

Molière et Armande, génés, annoncent leur projet de mariage. Madeleine les met en garde, ce mariage sera une arme de plus pour les adversaires de Molière. Molière et Armande se marient (chœur : « on se moque » ».)

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La naissance du petit Louis chez le couple Molière apporte un peu de calme au sein de la troupe. Mais dans l’ombre, un des adversaires de Molière ourdit un complot, il produit un faux certificat de naissance d’Armande, prouvant que Molière est son père. Molière se serait donc marié avec sa propre fille !

L’École des femmes est un succès, une nouvelle fois critiqué par les opposants de Molière. Devant Conti qui cherche à nuire au dramaturge, Louis XIV prend la défense de ce dernier, et devient le parrain du petit Louis.

Molière présente au roi sa nouvelle pièce, le Tartuffe, où il dénonce l’hypocrisie des ecclésiastiques. Conti fulmine. Armande tient un rôle important dans la distribution du Tartuffe, alors que Madeleine n’y a pas sa place. Marquise, qui est devenue son amie, crie à l’injustice et proteste. D’autre part, elle qui voulait être tragédienne n’a que des rôles de soubrettes à demi nues. Elle se révolte (Air : Moi je veux ».)

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Conti appelle un archevêque pour faire condamner le Tartuffe. Cette fois, Louis XIV ne soutient plus Molière et la pièce est interdite. Cette décision rend Molière amer, et il se retire peu à peu de la vie en communauté. Il n’est pas là au moment de la mort du petit Louis. Ses amis essaient de le consoler, mais rien n’y fait (Air : « ne dis rien ».)

Armande quitte Jean-Baptiste pour briller dans les salons.

Molière est obsédé par son Tartuffe, qu’il réécrit sans cesse. Il finit par avoir l’idée de ne plus faire du Tartuffe un ecclésiastique mais un simple laïc dévot. Monsieur accepte cette version et l’autorise à la jouer chez lui, devant le roi.

Marquise annonce qu’elle va quitter la troupe. Racine a écrit pour elle le rôle d’Andromaque, une tragédie. Elle est prête à affronter sa destinée. (Duo : « et si c’était nous deux ».)

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Tartuffe est à nouveau représenté, mais l’église persiste et la pièce est à nouveau condamnée. Molière est au bout du rouleau, mais Madeleine continue à le soutenir dans son malheur (air : « à quoi ça rime ».)

Alors que Molière est de plus en plus déprimé, le Tartuffe est enfin autorisé. Libéré, Molière enchaîne les pièces et les succès. Molière croit voir son père, alors qu’il s’élance vers lui, il apprend que son père et mort. Il ne se sera jamais réconcilié avec lui. Il retrouve alors Madeleine, et apprend qu’elle aussi est morte (Air : « Demande encore pardon ».)

Un an plus tard, Molière, très malade, joue le Malade imaginaire, et meurt sur scène, non sans s’être réconcilié au dernier moment avec Armande, qui lui dit qu’il laissera une trace immense dans l’histoire avec tous les personnages qu’il a inventés.

Final : « Rêver, j’en ai l’habitude ».

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(Source principale : le spectacle, actuellement en tournée en France et en Europe, et le programme associé.)

Écrivains

Jules BARBIER (1825-1901)

Jules Barbier naît le 9 mars 1825 à Paris. (Il n’était donc pas de Séville, contrairement à une idée trop répandue dans le monde des amateurs d’art lyrique).

Librettiste fécond, son œuvre comporte des livrets écrits pour Gounod (le Médecin malgré lui, Faust, Roméo et Juliette), Meyerbeer (le Pardon de Ploërmel) ou Ambroise Thomas (Mignon, Hamlet, Françoise de Rimini), soit ce que la scène lyrique française comptait de mieux au milieu du XIXe siècle. La plupart de ces livrets ont été écrits à quatre mains, avec Michel Carré.

Après la mort de Carré, Barbier écrira encore des livrets pour Delibes (Sylvia) et Offenbach (Les Contes d’Hoffmann).

Comme on le voit dans les titres cités ci-dessus, Barbier n’a pas hésité à reprendre des textes de ses illustres prédécesseurs, qu’ils s’appellent Dante (Françoise de Rimini), Shakespeare (Roméo et Juliette, Hamlet), Molière (le Médecin malgré lui), Goethe (Faust, Mignon), ou E.T.A. Hoffmann (Sylvia, Les Contes d’Hoffmann).

Jules Barbier meurt à Paris le 16 janvier 1901, à l’âge de 75 ans.

Voici donc une petite sélection issue de ses opéras :

Le Médecin malgré lui, « duo Martine / Sganarelle ».

Cliquez sur Martine et Sganarelle

Faust, « le Veau d’or ».

Cliquez sur le veau d’or (qui est toujours debout !)

Roméo et Juliette, duo « Ô nuit divine ».

Cliquez sur Roméo et Juliette

Hamlet, duo « Doute de la lumière ».

Cliquez sur Ophélie et Hamlet

Les Contes d’Hoffmann, duo avec chœur « Barcarolle ».

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Sylvia « Pizzicati ».

Cliquez sur l’orchestre
Mes opéras préférés, vérisme

FRANCESCA DA RIMINI, de ZANDONAÏ (1914)

L’opéra Francesca da Rimini, de Riccardo Zandonaï, a été créé le 19 février 1914 à Turin. Le livret est une adaptation d’une pièce de Gabrielle d’Annunzio, qui lui-même avait emprunté le thème à Dante Alighieri. Stylistiquement, il se raccroche au vérisme.

Dans le cinquième chant de l’Enfer de la Divine comédie, comme Dante arrive au second cercle (celui de la luxure), il nous raconte l’histoire de Francesca da Rimini, la fille d’un seigneur de Ravenne mariée à Jean le Boiteux, un jeune homme valeureux mais difforme. Très vite, Francesca se mit à tromper son mari avec le frère de celui-ci, Paul le Beau. Surpris ensemble, ils furent assassinés par Jean.

Suivant la classification de Georges Bernard Shaw, nous avons là un très classique (S+T/B+B), où une soprano et un ténor s’aiment, avec leur amour contrarié par une basse et un baryton.

Le pitch : Paolo Malatesta aime la femme de son frère Giovanni. Le petit frère Malatestino aussi, mais il s’arrange pour que Giovanni tue les deux amants.

Premier acte : À Ravenne, à la cour du château des Polentani, vers mai 1284. Les servantes taquinent le bouffon Simonetto pour qu’il chante pour elles.

Le bouffon évoque la légende de Tristan et Iseult, mais il est interrompu par l’arrivée d’Ostasio, qui pense que Simonetto fait partie de la suite du chevalier Paolo. Le bouffon nie et sort.

Ser Toldo, un avocat, s’étonne que ce bouffon fasse partie de la suite de Paolo. Giovanni, le frère de Paolo, est fiancé pour des raisons politiques à Francesca, la sœur d’Ostasio. Ser Toldo pense que Francesca ne voudra pas du brutal (et boiteux) Giovanni et il conseille à Ostasio de la présenter à son frère Paolo.

Francesca et sa sœur se font leurs adieux en attendant l’arrivée du fiancé (Air : Francesca, dove andrai ? »). Les servantes invitent Francesca à venir voir le beau jeune homme qui passe, mais sous le coup de l’émotion, Francesca se met à pleurer. Elle demande à sa sœur de la reconduire à sa chambre, mais Paolo entre sur ces faits.

Francesca pense que Paolo est le mari qu’on lui destine, et en tombe immédiatement amoureuse. Elle offre une rose à Paolo qui l’accepte et tombe amoureux à son tour. (Chœur : « Per la terra di maggio »).

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Deuxième acte : À Rimini, en décembre et à l’intérieur du château des Malatesta, au moment d’une pause dans la lutte entre les guelfes et les gibelins.

Francesca attend le retour de son mari Giovanni. Paolo entre et Francesca lui reproche la supercherie de leur première rencontre. Paolo reconnaît sa honte et déclare qu’il n’a qu’à mourir, ce qu’il veut faire au combat.

Alors que la bataille reprend, Paolo donne son casque à Francesca pour la protéger. Elle s’approche du parapet quand une flèche frôle Paolo. Il rassure Francesca, il n’a pas été touché. Giovanni arrive, porteur d’une bonne nouvelle pour Paolo, quand il s’aperçoit de la présence de sa femme. Francesca lui donne du vin, et il lui demande d’en donner aussi à son beau-frère.

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Des soldats arrivent. Ils portent l’autre frère de Giovanni, Malatestino, blessé au combat. Elle le ranime avec un peu de vin. Malatestino, qui a perdu un œil, repart au combat.

Troisième acte : Dans les appartements de Francesca, au château de Malatesta, au mois de mars.

Francesca, qui attend le retour de Paolo, lit à ses suivantes l’histoire de Lancelot et Guenièvre. Elle avoue à l’une d’elles la peur que lui inspire Malatestino. Les suivantes font venir des musiciens pour dissiper sa mélancolie, et célèbrent le printemps par des chants et des danses. Francesca demande à ses servantes de dire à Paolo de ne pas venir. (Air : « No ! Smaragdi,no ! »).

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Paolo entre, Francesca le supplie de la laisser tranquille, mais il lui rappelle son serment d’amour. Il demande à Francesca de reprendre l’histoire de Lancelot et Guenièvre, mais leur passion devient plus forte que la raison et ils s’embrassent fougueusement.

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Quatrième acte : Dans une salle du château des Malatesta, six mois plus tard.

Malatestina, qui aime Francesca, raille l’infidélité de celle-ci, qu’il a découverte, avant de descendre dans les cachots couper la tête d’un prisonnier dont les cris avaient dérangé Francesca pendant la nuit.

Giovanni arrive et trouve Francesca, bouleversée par la cruauté de Malatestina. Comme Francesca quitte les lieux, Giovanni fait entrer Malatestino portant la tête du prisonnier. Giovanni veut savoir ce qu’il a fait pour mériter l’horreur de sa femme, mais le jeune homme laisse entendre que ce pourrait être Paolo qui s’est mal conduit.

Dans la chambre de Francesca, le soir. Francesca se réveille d’un cauchemar. Ses suivantes la calment et sortent. Paolo entre et les amants se retrouvent, mais Giovanni leur a tendu un piège. Francesca essaie de protéger Paolo des coups de Giovanni, mais elle est touchée et meurt, et Giovanni tue ensuite Paolo.

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(Source principale : la production du MET de 1984, et le DVD associé)

littérature

Roland BARTHES ET LA MUSIQUE

Roland Barthes, né le 12 novembre 1915 à Cherbourg et mort le 26 mars 1980 à Paris, est un penseur français, spécialiste de la sémiologie linguistique.

Lui-même chanteur et pianiste amateur, il a, comme Jankélevitch, écrit et théorisé sur la musique, notamment celle de Schumann et Debussy.

Son premier livre, le Degré zéro de l’écriture (1953), s’impose vite dans le milieu critique littéraire et influencera les intellectuels de son époque. On y trouve par exemple, page 27 : « Par son origine biologique, le style se situe hors de l’art… On peut donc imaginer des auteurs qui préfèrent la sécurité de l’art à la solitude du style. Le type même de l’écrivain sans style, c’est Gide, tout comme Saint-Saëns a refait du Bach ou Poulenc du Schubert« .

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Ou encore, page 59 (l’écriture et le silence) : « Cet art a la structure même du suicide, le silence y est un temps poétique homogène qui coince entre deux couches et fait éclater le mot non comme le lambeau d’un cryptogramme que comme une lumière, un vide, un meurtre, une liberté (à propos de Mallarmé meurtrier du langage). Ce langage mallarméen, c’est Orphée qui ne peut sauver ce qu’il aime qu’en y renonçant, et qui se retourne tout de même un peu… »

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Dans son livre le plus connu, Mythologies (1957), Barthes se livre à une « critique idéologique portant sur le langage de masse, doublé d’un premier démontage sémiologique ».

Il y analyse un certain nombre d’objets ou de rituels porteurs de l’idéologie petite-bourgeoise. Il analyse le mythe de La Dame aux camélias, de Dumas fils, qui a été adapté à l’opéra par Verdi sous le titre La Traviata.

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Dans l’article sur la poésie de Minou Drouet, il porte ce regard sur « l’enfant prodige », où il cite Mozart, Rimbaud ou le chef d’orchestre Robert Benzi (jeune chef qui a commencé à diriger à l’âge de 11 ans).

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Dans l’art vocal bourgeois, il décrypte un enregistrement par le baryton Gérard Souzay de quelques mélodies de Gabriel Fauré, y trouvant « l’illustration d’une mythologie musicale où l’on retrouve les principaux signes de l’art bourgeois, art essentiellement signalétique, qui n’a de cesse d’imposer non l’émotion, mais les signes de l’émotion ». Barthes, qui par ailleurs souligne l’excellence du baryton, remarque que dans cet enregistrement, le texte littéraire est surarticulé, pour que l’auditeur en saisisse bien le sens premier, et que cette surarticulation se fait au détriment de la musicalité des mélodies de Fauré.

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Il prend en contre exemple des professionnels qui ont su trouver « la lettre totale du texte musical », comme Panzéra pour le chant ou Lipatti pour le piano.

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Dans S/Z (1970), une analyse de Sarazine, un texte de Balzac, le Z du titre est l’initiale de Zambinella, un castrat. On sait qu’au XVIIe siècle, à l’époque où les femmes n’avaient pas le droit de se produire sur scène, les rôles féminins étaient chantés soit par des hautes-contre, soit par des castrats. Et ces chanteurs étaient extraordinairement populaires en leur temps.

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(Sources principales :

Le Degré zéro de l’écriture, éditions du Seuil, 1953, réédition dans la collection Points.

Mythologies, éditions du seuil, 1957, rééditions dans la collection Points.)

Agenda Ironique, Fantaisie

JOURNALISTIQUE

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique est chez Jo Bougon. Et kèsk’elle nous demande, Jo ? De faire des exercices journalistiques sur des rubriques (à brac) données.

Je vous propose de réinventer le genre journalistique, d’écrire un recueil d’informations brèves mais en fabriquant des nouvelles complètement farfelues, les plus loufoques possibles, de façon à ce que le théorème d’Archimédia se formule dorénavant :
« Toute actualité plongée dans l’effervescence de l’Agenda Ironique de Mai en ressort siphonnée de rires ».

Les quatre chroniques imposées :

– Avis d’essais
– Mai t’es haut
– Police tic
– Spores
– Rubrique à trac

Et puis tout ce qui vous passera par la tête, en insérant, pourquoi pas, des publicités toutes aussi burlesques que leurs voisines d’édition.

Donc, en résumé, un journal loufoque, des chroniques à la noix, et tout un tas de bazars déjantés histoire de rajouter une couche de folie douce à la folie ambiante de la réalité.

Mais brèfle, c’est mieux esspliqué ici : https://jobougon.wordpress.com/2025/05/01/agenda-ironique-de-mai-2025/#like-7582

Journal (intime) : un journal intime est un ensemble d’écrits relatant les pensées ou les actions de son auteur. Exemple : le Journal d’un disparu, de Janacek. Au travers de ce presque opéra, écrit pour piano, ténor et chœur de femmes (trois), le compositeur fait état de son amour caché pour une jeune femme de 38 ans sa cadette.

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Suivant l’humeur du tenancier du journal, on peut trouver un certain nombre de rubriques, comme par exemple l’avis d’essais. Ainsi, le génial Brahms écrira à l’occasion du décès de sa mère son Requiem allemand (Ein Deutches Requiem).

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Mais Théo ! Le non moins génial Berlioz a rendu hommage à son ami Théo(phile) Gautier en mettant en musique six de ses poèmes dans les Nuits d’été.

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Police tic. Tosca, de Puccini, se passe à Rome en 1800, à l’époque de l’occupation par les troupes napoléoniennes, le très méchant Scarpia met sa police politique à son service pour faire pression sur Flora Tosca, qu’il convoite. Toute sa duplicité éclate dans un Te Deum blasphématoire.

Spores. Dans la Grèce antique, les Jeux olympiques étaient destinés à célébrer Zeus dans une compétition qui voyait s’affronter les différentes villes. Ces Jeux olympiques ont fait l’objet d’un opéra de Métastase, livret qui a été mis en musique notamment par Vivaldi, en 1734.

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Presque deux cents ans plus tard, c’est Erik Satie qui nous propose ces Sports et Divertissements.

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La Rubrique à tracs est une rubrique où l’auteur expose sa crainte d’apparaître sur scène, ou d’être lu par d’autres. Un des spécialistes de cette rubrique était le génial Marcel Gottlieb, qui latinisait parfois son nom en Marcel Amadeus Maux Arts.

Suivant les croyances, plus ou moins rationnelles, du tenancier du journal, on peut même trouver dans son journal intime une rubrique Astre au logis. Cette rubrique prétend prédire ce qui va arriver aux lecteurs en fonction de leur signe astrologique, genre : Lion, vous allez rugir de plaisir !

Cliquez sur le lion
Divers

VERDI ET LA FRANCE

Giuseppe VERDI est né le 10 octobre 1813, dans la province de Parme. Est-ce parce qu’à l’époque, cette province était sous occupation napoléonienne que les liens de Verdi et de la France sont si nombreux ? Voyons cela.

Parmi les sources littéraires où ses librettistes ont puisé leurs livrets, il y a en premier lieu Victor Hugo. Ainsi, Ernani a été écrit très peu de temps après la création d’Hernani à Pairs, en 1830.

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En 1841, Verdi écrit Nabucco, qui fait de lui le porte-parole de l’indépendantisme italien. L’argument en est adapté d’une pièce des Français Anicet-Bourgeois et Cornu.

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Et Rigoletto (1851) est une adaptation du Roi s’amuse de notre VH national.

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En 1852, Verdi est de passage à Paris, où il a l’occasion d’assister à une représentation de la Dame aux Camélias, d’Alexandre Dumas fils. Cette pièce lui inspirera La Traviata (1853).

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En 1855, Verdi reçoit une commande de l’Opéra de Paris. Ce sera les Vêpres siciliennes, sur un livret de l’incontournable Scribe. Il récidivera en 1867 avec Don Carlos, sur un livret de Méry et du Locle.

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En 1859, il adapte une autre œuvre de Scribe, Gustave III ou le bal masqué (1833) d’Auber, sous le titre Un ballo in maschera.

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Quand, en 1862, Gustave Flaubert a fini Salammbô, c’est à Verdi qu’il pense pour une adaptation de son roman à l’opéra, mais ce projet ne se fera finalement pas.

Enfin, quand l’Égypte lui commande un opéra pour l’ouverture du canal de Suez et l’inauguration de l’opéra du Caire, c’est l’égyptologue Mariette qui lui fournit le sujet de Aïda.

Enfin, dernier clin d’œil à la France, quelques mesures de la Marseillaise sont citées dans son Hymne des nations, écrit pour l’exposition universelle de Londres de 1862.