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Mes opéras préférés

MOÏSE ET PHARAON, de ROSSINI (1818 puis 1827)

Moïse et Pharaon, ou le Passage de la mer Rouge, est un opéra biblique de Rossini, sur un livret d’Étienne de Jouy, écrit en 1827 et créé à l’Opéra de Paris le 26 mars 1827. Pour répondre à la demande de Paris, Rossini a repris et adapté la partition de Mosé in Egitto, un opéra créé à Naples en 1818.

Il est passé d’un découpage en 3 actes à un découpage en 4 actes, introduisant dans le 3e acte le fameux ballet sans lequel on ne pouvait prétendre à se faire jouer à l’Opéra de Paris.

Acte I : Dans le camp des Hébreux, en Égypte. Le chœur des Hébreux se lamente dans le désert et Moïse leur demande d’avoir foi en leur dieu. Son frère Éliézer est allé demander leur libération au pharaon d’Égypte. Il revient accompagné de leur sœur et d’Anaï, leur nièce dont Aménophis, le fils du pharaon, est amoureux. Pharaon a décidé de libérer les Hébreux mais Anaï, amoureuse de son bel Égyptien, ne veut pas les suivre. Elle se rend compte qu’elle ne peut rester en Égypte, mais Aménophis revient sur la promesse de son père pour l’empêcher de partir.

Moïse menace l’Égypte en levant son bâton : la nuit tombe sur l’Égypte.

Acte II : Au palais de Pharaon. Pharaon et son fils sont plongés dans les ténèbres. Ils demandent à Moïse de faire revenir la lumière, ce qu’il fait. Tous rendent grâce à ce dieu si puissant.

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Quand Aménophis apprend que son père veut le marier avec une princesse assyrienne, il est pris de colère et projette de tuer Moïse. Il se confie à sa mère, Sinaïde, qui réussit à le raisonner.

Cliquez sur Sinaïde

Acte III : Dans le temple d’Isis. C’est le moment choisi par Rossini et de Jouy pour placer le ballet. Les Égyptiens dansent en l’honneur de leur déesse. Moïse vient réclamer la libération de son peuple, mais Osiris, le grand prêtre d’Isis lui demande de se prosterner devant la déesse, ce qui provoque la colère de Moïse. Il lève son bâton et les sept plaies se répandent sur l’Égypte. Moïse et Éliézer viennent se plaindre auprès de Pharaon. Pharaon menace de les enchaîner, puis de les chasser.

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Acte IV : Dans le désert. Aménophis retrouve Anaï, il lui annonce qu’il renoncera à son titre de pharaon si elle accepte de l’épouser. Moïse exhorte les Hébreux à avancer dans le désert, et Anaï renonce à son amour pour suivre son peuple.

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Aménophis supplie Moïse qui ne veut rien entendre. L’Égyptien le prévient alors que Pharaon a prévu d’attaquer les Hébreux. Moïse se trouve coincé entre les soldats égyptiens et la mer Rouge. Il se met à genoux et prie, accompagné d’Éliézer et de sa sœur Marie.

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La mer s’ouvre devant eux, les laissant s’échapper. La mer Rouge se referme sur les Égyptiens qui tentent de suivre les Hébreux.

(P.S. si vous trouvez que l’argument ressemble beaucoup à celui d’Aïda (1872), de Verdi, c’est probablement que Rossini a fait un plagiat par anticipation.)

Grandes maisons d'Opéra, Histoire de l'opéra

HISTOIRE DE L’OPÉRA DE PARIS (1 – LA CRÉATION)

L’Opéra de Paris est une des plus anciennes maisons d’opéra au monde. Son origine remonte à plus de 350 ans avec la création 1669 d’une « Académie d’opéra » qui avait pour mission de diffuser l’opéra français (face à l’opéra italien) dans les villes du royaume de France. Très vite, le public a pris l’habitude de l’appeler Opéra au lieu d’Académie.

Cette institution ne recevait pas de subvention royale, et devait donc compter sur ses recettes pour équilibrer ses comptes. Son directeur jouissait d’un privilège royal valable pour la France sur les représentations d’opéras.

Dès 1659, le poète Pierre Perrin écrit avec le compositeur Robert Cambert pour écrire la Pastorale d’Issy, que Perrin qualifie de « première comédie française en musique représentée en France ». Cette œuvre séduit le roi et la reine, et Mazarin demande aux deux hommes d’imaginer un « opéra en français ».

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En 1767, Perrin a l’idée de créer une académie de poésie et de musique, ce qui sera fait le 28 juin 1669 quand Perrin reçoit le privilège en 1669, pour une durée de douze ans. Malheureusement pour lui, victime de malversations de la part de ses associés, Perrin fait faillite et se retrouve en prison. Il ne peut donc assister à la création de son opéra Pomone en 1671.

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En 1672, Perrin doit revendre son privilège à Jean-Baptiste Lullyqui est donc nommé directeur de l’Académie royale de musique (laquelle gagnant au passage le titre de « royale »), rôle qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1687.

En 1673, après la mort de Molière, l’académie royale de musique s’installe au Palais Royal, libéré par la troupe du dramaturge. Lully s’associe au poète Quinault pour la création de son Cadmus et Hermione, première tragédie en musique française d’une longue série.

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En 1684, Lully très jaloux de ses prérogatives pour Paris, autorise l’ouverture d’une académie de musique à Marseille. Après la mort de Lully en 1687, c’est son gendre Jean-Nicolas de Francine qui prend la direction de l’Académie royale de musique et qui autorise l’ouverture de maisons d’opéras à Lyon, Rouen, Lille et Bordeaux.

La disparition de Lully permet la création d’un genre nouveau, l’opéra-ballet, qui traite de sujets plus légers que ceux de la tragédie en musique, l’un des premiers étant l’Europe galante (1697) d’André Campra.

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Campra ira même jusqu’à briser un des tabous lullistes, en introduisant dans son Carnaval de Venise (1699), un intermède en italien, Orfeo nell’inferni !

Outre ceux de Campra, on jouait des opéras de Louis Lully, Pascal Collasse, Marc-Antoine Charpentier ou Élisabeth Jacquet de la Guerre (la première femme à avoir écrit un opéra pour cette vénérable institution.)

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Malheureusement, le succès n’était pas là, et l’institution (et son directeur) ont connu de graves problèmes financiers. En 1704, de Francine est remplacé par un financier, Pierre Guyenet, qui ne réussit pas non plus à redresser la situation.

En 1728, c’est le compositeur André Destouches qui prend la direction, vite suivi par une pléiade de directeurs. Le roi accorde une subvention pour les opéras représentés à la Cour.

Le compositeur phare de la première moitié du XVIIIe siècle est Jean-Philippe Rameau.

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En 1763, après l’incendie de la salle du Palais-Royal, l’académie s’installe aux Tuileries avant de revenir au Palais Royal après la construction d’un nouveau bâtiment. Un nouvel incendie se produit en 1781, obligeant l’Opéra à déménager à la porte Saint-Martin.

Le compositeur phare de la deuxième moitié du XVIIIe siècle est Christoph Willibald Gluck, un Autrichien venu se faire reconnaître à Paris auprès de sa compatriote la reine Marie-Antoinette.

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(Source principale : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, éditions Fayard, 1992.)

Et ne manquez pas prochainement sur ce site la deuxième partie de l’histoire de l’Opéra de Paris, qui nous mènera jusqu’à la construction du Palais Garnier.

Écrivains

Étienne de JOUY (1764-1846)

Étienne de Jouy, de son vrai nom Joseph Étienne, naît le 19 octobre 1764 à Versailles.

Étienne entre au collège à Versailles, mais est plus intéressé par les femmes que par les études, de sorte qu’à l’âge de seize ans, on l’envoie comme soldat en Amérique du Sud. Il rentre toutefois assez vite en France pour terminer ses études.

À vingt et un ans, il part aux Indes comme sous-officier, mais après la profanation d’un temple hindou, il se retrouve au cachot. Il s’échappe et quitte les Indes. En 1790, Étienne de Jouy rentre en France et rejoint l’armée de Nord. Refusant l’allégeance à la Terreur, il est arrêté et condamné à mort. Il s’enfuit alors en Suisse avant de rentrer en France le 9 thermidor.

Il commande la place de Lille mais, accusé d’intelligence avec l’ennemi anglais, se trouve une fois de plus en prison. En 1797, il quitte l’armée.

En 1799, Étienne de Jouy fait paraître la Galerie des femmes, un ouvrage érotique qu’il regrettera plus tard d’avoir publié.

En 1805, il écrit pour Spontini le livret de Milton. En 1807, il écrit pour le même Spontini la Vestale, qui connaîtra un très grand succès. Nouvelle collaboration avec Spontini en 1809 avec Fernand Cortez.

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En 1810, il écrit pour Charles-Simon Catel les Bayadères, d’après Voltaire. Sa collaboration avec Catel se poursuivra avec les Aubergistes de qualité (1811) et Zyrphile et Fleur de myrthe (1818).

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En 1811, c’est pour Méhul qu’il écrit le livret des Amazones.

Cliquez sur Méhul

Devenu journaliste et critique, il écrit des satires de la vie parisienne, qui seront recueillies en volume sous le titre de l’Ermite de la chaussée d’Antin (1812).

Chansonnier, il fait partie de la société du Caveau, comme Rameau ou Favart avant lui.

En 1813, il écrit pour Cherubini les Abencérages.

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En 1815, Étienne de Jouy entre à l’Académie française.

Enfin, de Jouy signe les livrets de deux opéras composés par Rosssini pour Paris, Moïse et Pharaon (1827), une reprise en français de Mose in Égitto (1818) et surtout Guillaume Tell (1829), d’après le drame de Schiller.

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Cliquez sur Mathilde

Après la révolution de 1830, il occupe temporairement le poste de maire de Paris.

Étienne de Jouy meurt le 4 septembre 1846 à Saint-Germain-en-Laye, à l’âge de 81 ans.

L’étoile de Jouy pâlit alors peu à peu avant de sombrer dans les nébuleuses de l’oubli.

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Compositrices

ISABELLA LEONARDA (1620-1704)

La compositrice Isabella Leonarda est née à Novara dans le Piémont le 6 septembre 1620. Issue de la noblesse de cette ville, elle entre à 16 ans au Collegio di Sant’ Orsola, un couvent des Ursulines.

Elle y apprend la musique et très vite se découvre des talents de compositrice. Elle occupe le poste de professeur de musique de son couvent et dispose ainsi d’un chœur pour interpréter ses œuvres à l’occasion des célébrations religieuses.

Magnificat

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Dixit Dominus

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Ave Regina Caelorum

Cliquez sur l’Ave Regina Caelorum

Ad arma, o spiritus

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En 1676, elle devient mère supérieure de son couvent.

Ses œuvres, majoritairement écrites pour les besoins de la vie monastique, comportent beaucoup de motets, mais également des sonates.

En 1693, à l’âge de 73 ans, elle publie un recueil de 12 sonates qui, d’après le CNSMD de Lyon, seraient les premières sonates publiées par une femme. Dans ces sonates, elle fait éclater le cadre strict de cette forme, limitée à quatre mouvements, en allant jusqu’à treize.

Sonata Duodecima

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Trio en Ut mineur opus 16 n° 5

Cliquez sur le trio

Sa renommée musicale semble n’avoir pas dépassé sa région, mais à Novara, elle était considérée comme « la Musa novarese » (la muse de Novare).

Isabella Leonarda meurt le 25 février 1704 à Novara, à l’âge de 84 ans.

Agenda Ironique, littérature, Oulipo, Poésie

« LA RIEN QUE LA TOUTE LA », de François Le LIONNAIS

Ce(s) mois-ci, c’est Carnets Paresseux qui nous suggère l’Agenda Ironique de l’été 2025.

Le thème principal en est… Rien !

Voici donc ce qu’il nous demande, Carnets Paresseux :

Récapitulons : rien, le sujet ; les mots imposés haricot, asymptote, ragondin et billevesée ; des mots à éviter : activité, programme, obligation, aristotélicien, gouvernement. Et la forme que vous voulez.

Et puis du mystère, du calendrier, du suspense, des jours et des dates de juillet et d’août ; enfin, évidemment, de l’ironie. Autant que possible, aucun jeu de mots : de la tenue, du style, et pourquoi pas, une morale.

Mais tout ceci est tellement mieux esspliqué chez lui.

Après avoir tout dit sur rien, je vous propose ici mon traditionnel « poème mis en musique à ma façon », avec ce mois-ci La rien que la toute la, de François le Lionnais, soit le premier sonnet écrit sans nom, sans verbe et sans adjectif, sans haricot, sans ragondin, sans asymptote, et surtout sans la moindre billevesée.

Vous vous vous, parce que mais nul dont ce aucune
Quand de ce (pour avec) et ce pourquoi jamais  ;

Cliquez sur l’image

Seulement le et les et déjà si quand nous
Au et contre ces qui d’où vous aussi vous des.

 
Quelque enfin, pas ne tant depuis tout après une
Car si du en auprès (comme un qui je pour vous).

Cliquez sur l’opéra urbain

Et même… Il en leur la plus que ce je ne te
Maintenant et cela ou tel toujours sans très.

 
Là de des puisque vous, moins que pour dont, autour
Desquels celui ne parmi et jusqu’alors – non
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Cliquez sur l’image


Désormais tu son donc  ! et tu bien les ici
Mais grâce à lorsque sur dont un les des en eux
Tu Tu Tu à travers les nul dont ce aucune.

Cliquez sur les danseuses en tutu

Citations musicales :

Jamais : Poe / Slatkin, le Corbeau.

Comme un qui je pour vous : Attia, Molière, l’opéra urbain « les Précieuses ridicules ».

Seuls : Purcell « Oh Solitude ».

Tu Tu : Tchaïkovski le Lac des Cygnes.

Divers

HAENDEL ET SES CONTEMPORAINS

Georg Friedrich Haendel (1685-1756) était l’invité d’honneur des Soirées baroques de Monflanquin de 2025, avec l’Anthem for the Funeral of Queen Caroline, une œuvre composée à l’occasion de la mort de son amie d’enfance, la reine Caroline.

Parmi les concerts programmés lors de ce festival figurait un « Haendel et ses contemporains » qui a pu laisser sur leur faim certains spectateurs il n’y avait pas beaucoup de contemporains de Haendel au programme). Alors, qui étaient les compositrices et compositeurs contemporains de Haendel ?

Un peu plus âgée que Haendel, on trouve d’abord la compositrice française Élisabeth Jacquet de la Guerre (1668-1729). Elle sera la première compositrice a écrire pour l’Académie royale de musique, l’actuel Opéra de Paris.

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À Hambourg, Haendel avait eu l’occasion de rencontrer Giovanni Bononcini (1670-1747). Il le retrouvera quelques années plus tard à Londres, où ils seront à la fois rivaux et collègues (ils collaboreront pour l’écriture de l’opéra Muzio Scevole.)

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Antonio Caldara (1670-1736) était un compositeur vénitien qui a eu l’occasion de rencontrer Haendel à Rome en 1708.

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Le Vénitien Tomaso Albinoni (1671-1751) est l’auteur d’un grand nombre d’opéras, presque tous disparus aujourd’hui. Son œuvre la plus célèbre, l’Adagio, a en réalité été composée par Remo Giazotto, un musicologue spécialiste d’Albinoni.

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Reinhard Keiser (1674-1739) était un compositeur et chef d’orchestre. Il dirige l’opéra de Hambourg de 1703 à 1709, dans l’orchestre duquel le jeune Haendel a travaillé (en 1703) comme violoniste et claveciniste. En 1712, il écrit une Brockes-Passion, tout comme le fera Haendel en 1719.

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L’Italien Antonio Vivaldi (1678-1741) partageait cette année l’affiche des deux concerts finaux du festival de Monflanqin, avec son fameux Gloria. Haendel et Vivaldi ont vécu à Venise en même temps. S’y sont-ils rencontrés ?

Pendant ce temps en Bohème vivait le très intéressant Jan Dismas Zelenka (1679-1745).

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Gerog Philip Telemann (1681-1767) rencontre Haendel en 1701 à Halle, et les deux hommes resteront amis.

Un tout petit plus âgé que Haendel, on trouve le Français Jean-Philippe Rameau (1683-1764).

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) était l’exact contemporain de Haendel. En 1702, les deux hommes résidaient à Halle. S’y sont-ils rencontrés ? Devenus aveugles tous les deux à la fin de leur vie, ils ont été opérés par le même chirurgien, et tous les deux sont morts aujourd’hui. Cherchez le coupable !

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Domenico Scarlatti (1685-1757) est l’exact contemporain de Haendel. Fils d’Allessandro Scarlatti, compositeur napolitain d’opéra, son œuvre est principalement consacrée au clavecin, avec 555 sonates à son actif.

Cliquez sur la sonate n° 1

Né un an après Haendel, son « rival » Nicola Porpora (1686-1768) . En 1710, Porpora est appelé à Rome pour écrire l’opéra BereniceHaendel, qui était à Rome à cette même époque, en loue les qualités musicales. En 1729, Porpora est invité à Londres par la compagnie Opera of the Nobility, rivale de la Royal Academy of Music de Haendel. Il fait alors venir son ami Farinelli à Londres. Pour la scène londonienne, Porpora compose 5 opéras, dont Polifemo (1735), sur un sujet que Haendel avait mis en musique en 1732.

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L’Allemand Johann Adolph Hasse (1699-1783) a écrit des opéras pour Naples, où il travaille avec Porpora, Dresde et Vienne. Les concurrents de Haendel cherchent à le faire venir à Londres, mais c’est sans sa présence qu’est créé dans cette ville Artaserse, sous la direction de Porpora.

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L’Italien Baldassare Galupppi (1706 – 1785) prendra la succession de Haendel à Londres, où il se rendra en 1741. Il y restera deux ans, y composant trois opéras. À cette époque, Haendel avait arrêté sa production d’opéras pour se consacrer à de la musique religieuse. L’oratorio Le Messie date précisément de 1741.

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Jean-Baptise Pergolèse (1710-1736), qui fait partie des compositeurs morts très jeunes, a composé outre un fameux Stabat Mater, une dizaine d’opéras dont la Servante maîtresse (la Serva padronna) en 1733. C’est à l’occasion d’une représentation de cette oeuvre à Paris en 1752 qu’a éclaté la fameuse Querelle des Bouffons entre Rameau et Rousseau, entre les défenseurs des styles français et italiens.

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Johann Georg Reutter (1708-1772) était un élève de Caldara, ayant travaillé essentiellement à Vienne, avec l’inévitable voyage à Venise et à Rome.

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Poésie

QUELQUES NOUVEAUX HAÏKAÏS (8ème SÉRIE)

C’est l’été et je suis en vacances loin de tout. Quoi de mieux alors qu’une petite série de haïkus (ou haïkaïs) improvisés pour profiter de cette période ?

Le haïkaï (ou haïku) est une forme de poésie japonaise visant à évoquer en quelques mots l’essence des choses. Il se compose, dans notre alphabet occidental, de 3 vers de cinq, sept et cinq pieds.

Didon et Enée

Un opéra de Purcell

La mort de Didon

Cliquez sur la mrot de Didon

Premier opéra

L’orfeo, Monteverdi

Déjà tout est dit !

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Fable écologique

Like Flesh de Sivan Eldar

Une métamorphose.

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Madame Butterfly

Sur la mer calmée monte une fumée

Pauvre Cio-Cio-San.

Cliquez sur cette pauvre cio-Cio-San

Et vous pouvez toujours m’envoyer vos haïkus en commentaire. S’ils m’inspirent, je les intégrerai dans une prochaine livraison.

Mes opéras préférés, Mythologie

ALCESTE, de LULLY (1674)

Avant d’être un gros garçon qui passe son temps à manger des tartines beurrées dans Le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, Alceste a été une des tragédies lyriques fondatrices de l’opéra français, écrite en 1673 par Lully, sur un livret de Quinault. C’est la deuxième collaboration de Lully et Quinault. Alceste a été créé le 19 janvier 1674 à l’Académie Royale de Musique.

Le pitch : Alcide aime Alceste. Par amour, Alceste donne sa vie pour Admète. Alcide va la chercher aux Enfers. Ému par les retrouvailles d’Alceste et Admète, Alcide renonce à Alceste, qui se marie avec Admète.

Prologue : La nymphe de la Seine se languit du Héros, parti à la guerre. La gloire arrive, précédant le Héros (comprendre le roi, Louis XIV). Tout le monde se réjouit, et les Plaisirs préparent un divertissement pour fêter le retour du Héros. Ce sera Alceste.

Acte I : Dans la ville d’Yolcos, en Thessalie. Alors que le chœur de Thessalie chante les noces d’Alceste et d’Admète, leur roi, Alcide confie à Lycas qu’il ne peut s’en réjouir, car il aime Alceste. Straton, confident de Lycomède, et Lycas se disputent les faveurs de Céphise, confidente d’Alceste. Céphise confirme à Straton que c’est Lycas qu’elle aime, mais elle réclame de pouvoir être inconstante. (Duo : « il faut aimer / changer toujours ».)

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Lycomède, roi de Scyros et frère de Thétis, se désole d’avoir perdu Alceste. Il profite d’une grande fête marine que l’on donne à l’occasion du mariage pour enlever Alceste sur son bateau, aidé de Thétis qui soulève les flots. Mais Éole calme les flots pour permettre à Admète et Alcide de poursuivre Lycomède.

Acte II : Dans la ville de Scyros, Céphise prétend regagner l’amour de Straton, tandis que Lycomède tourmente Alceste. Admète et Alcide font le siège de la ville et la prennent. Alcide libère Alceste, qui cherche à le retenir quand il veut partir. (Duo « Alceste, vous pleurez / Admète, vous mourez »).

Cliquez sur Alceste et Admète

À son départ, Alceste et Céphise se mettent à la recherche d’Admète, mais ils le trouvent mourant. Apollon a reçu du Destin le pouvoir de le rendre à la vie, s’il se trouve quelqu’un pour lui offrir sa mort.

Acte III : Devant un autel vide, où doit paraître l’image de celui qui se sacrifiera pour Admède, Phérès et Céphise discutent. Phérès se trouve trop vieux pour mourir, et Céphise trop jeune. Soudain, le chœur chante le sort heureux d’Admète, guéri.  Mais quand Admète regarde vers l’autel qui s’est dévoué, c’est l’image d’Alceste qu’il découvre. Admète a perdu Alceste en regagnant la vie. Suit une cérémonie funèbre en hommage à Alceste. Alcide, qui s’apprêtait à partir, décide d’aller chercher Alceste en enfer si Admète la lui cède. Admète accepte.

Acte IV : Aux enfers, Caron pousse sa barque sur l’Achéron, pour faire passer les âmes dans le royaume des morts (Air : il faut passer tôt ou tard …). Alcide saute dans la barque.

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Les suivants de Pluton se réjouissent de l’arrivée d’Alceste (Chœur « Tout mortel doit ici paraître ».)

Cliquez sur les suivants de Pluton

Au palais de Pluton, Pluton et Proserpine célèbrent l’arrivée d’Alceste dans ce lieu apaisé. Alecton les prévient qu’un mortel s’attaque à l’empire des morts. Alcide déclare en arrivant qu’il ne vient pas en ennemi, mais que son amour le pousse à venir rechercher Alceste. Pluton et Proserpine, émus par cet amour si fort, permettent à Alceste de ressortir. Alcide et Alceste remontent vers le monde des vivants sur le char de Pluton.

Acte V : Devant un Arc de Triomphe dressé pour recevoir Alcide, les peuples de la Grèce célèbrent Alcide, vainqueur du trépas. Lycas libère Straton, pour que Céphise choisisse entre eux. Céphise choisit de ne pas choisir. Pour aimer toujours, il faut ne se marier jamais. Admète et Alceste se retrouvent, mais leur amour est toujours aussi fort. Alors qu’Admète se retire et qu’Alceste offre sa main à Alcide, Alcide renonce à Alceste : le vainqueur des tyrans ne doit pas être tyran à son tour. Apollon descend en compagnie des Muses et des Jeux pour célébrer le bonheur d’Admète et d’Alceste, et le triomphe d’Alcide.

(Source principale : les représentations du Théâtre des Champs-Élysées de 1991 et le programme associé.)

littérature

LE BAL DE SCEAUX, de BALZAC (1829)

Le Bal de Sceaux est une nouvelle de Balzac, recueillie dans la Comédie humaine parmi les « Scènes de la vie privée ». La musique y occupe une place importante, rythmant la naissance et l’évolution de l’amour entre deux jeunes gens.

Le pitch : Émilie de Fontaine est une jeune femme pourrie gâtée par ses parents, qui ne veut pour mari qu’un Pair de France. Un jour, au bal de Sceaux, elle rencontre un mystérieux jeune homme dont elle remarque l’apparence extérieure. Aidée de son oncle, elle cherche à connaître l’identité du bel inconnu, Maximilien Longueville. Petit à petit, les deux jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre. Mais Maximilien fait-il partie de la noblesse ? (Je m’arrête là, vous ne croyez quand même pas que je vais vous divulgâcher la chute ?)

Dès le début, on apprend que dans son éducation aristocratique, Émilie pratique à la perfection le chant et le piano.

Page 126, Émilie se rend à un entretien avec son père (qui la presse de se marier, en fredonnant un air d’Il Barbiere de Rossini.

Cliquez sur l’image

Page 130, à la fin de cette conversation avec son père, elle s’éloigne en chantant « Cara non dubitare » du Matrimonio Secreto de Cimarosa.

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Page 146, alors que les deux jeunes gens se sont rencontrés, et qu’on commence à inviter Maximilien chez les Fontaine, il « enchante toute la compagnie en mariant sa voix délicieuse à celle d’Émilie dans un des plus beaux duos de Cimarosa ».

Page 148, la situation a évolué et désormais les feux de l’amour couvent entre eux. « Ils chantent les duos les plus passionnés en se servant des notes trouvées par Pergolèse ou Rossini comme de truchements fidèles pour exprimer leurs secrets ».

Cliquez sur les notes trouvées par Pergolèse

Page 154, après qu’ils se furent avoué leur amour. « Ils chantèrent un duo italien avec tant d’expression que l’assemblée les applaudit avec enthousiasme ».

Cliquez sur le duo italien

Page 155, l’oncle d’Émilie cherche à se renseigner sur l’identité de Longueville, et il le compare Longueville au Chevalier de Saint-Georges.

(Source principale : Balzac, la Comédie humaine, éditions Gallimard, bibliothèque de la Pléiade, volume I.)

Divers

HAENDEL L’EUROPÉEN (LES SOIRÉES BAROQUES DE MONFLANQUIN 2025)

Cette année, le thème du festival de musique baroque de Monflanquin (Lot-et-Garonne) s’articule autour de deux œuvres, le Gloria de Vivaldi et The Ways of Zion do mourn de Haendel, une pièce écrite pour les funérailles de la reine caroline.

Cliquez sur le Gloria

On le sait, alors que Vivaldi a très peu bougé de Venise, Haendel était l’archétype du compositeur cosmopolite au XVIIIe siècle. Compositeur allemand, il part apprendre son métier en Italie, avant de revenir en Allemagne, puis de partir en Angleterre pour y écrire des opéras en italien.

Cliquez sur l’anthème

Au programme du festival, on peut noter :

Le 21 juillet : projection en plein air du film Farinelli de Gérard Corbiau.

Le 23 juillet, une conférence sur « Haendel l’Européen ».

Le 25 juillet, un concert « Haendel à Venise ».

Cliquez sur Agrippina

Le 28 juillet, un concert « Haendel et ses contemporains ».

Cliquez sur Polifemo, un opéra de Porpora que Haendel avait également mis en musique à la même époque

Outre Nicola Porpora (1686-1768) qui était venu concurrencer Haendel (1685-1759) dans ses terres londoniennes, il faut citer aussi dans ses contemporains Jean-Sébastien Bach (1685-1750) et Jean-Philippe Rameau (1683-1764).

Cliquez sur la Folie

Le 31 juillet à Villereal et le 1er août à Monflanquin, le Gloria de Vivaldi et The Ways of Zion do mourn de Haendel, par le chœur du festival et l’ensemble « les Saisons », dirigés par Jacques Charpentier et Pierre Goumare.