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Écrivains

Pierre LOTI (1850 – 1923)

Pierre LOTI est un écrivain français, né à Rochefort le 14 janvier 1850 et mort à Hendaye le 10 juin 1923.

De son vrai nom Julien VIAUD, il fait des études classiques avant d’entrer à l’école Navale en 1867. Dès lors, sa carrière d’officier de marine le mène à naviguer partout autour du globe, une expérience qui nourrira ses livres.

En 1872, lors d’une escale à Tahiti, la reine lui donne le nom d’une fleur tropicale, la loti. C’est le nom qu’il adoptera pour signer ses récits de voyage et ses romans. C’est de cette époque que date son premier roman autobiographique, le Mariage de Loti, qui sera porté à la scène par Reynaldo HAHN, sous le titre l’Île du rêve (1898).

Hahn l'Île du rêve Ô pays de Bora-BoraCliquez sur l’image

En 1877, en Turquie, il rencontre Hatice, une belle jeune femme qui appartenait au harem d’un dignitaire turc, et avec qui il vivra une grande histoire d’amour.

C’est en 1881 qu’il publie son premier roman sous son nom de plume : le Roman d’un spahi. Ce roman fera l’objet d’une transposition à l’opéra par Lucien LAMBERT en 1897.

Lors d’un voyage au Japon en 1885, signe un contrat de mariage avec une jeune japonaise, valable un mois et renouvelable. Au bout de quelques mois, il quitte le Japon, et sa femme. Il relatera cette histoire dans Madame Chrysanthème, livre qui sera porté à la scène par André MESSAGER en 1893,

Messager Madame Chrysanthème Le jour sous le soleil béniNe cliquez pas sur l’image

et surtout par PUCCINI dans son fameux Madame Butterfly (1904).

En 1886, il signe un autre de ses grands succès, Pêcheur d’Islande, qui inspirera un opéra à Guy ROPARTZ en 1891.

Ropartz Pêcheur d'Islande la Mer d'IslandeCliquez sur l’image

1886 est aussi l’année de son mariage avec Jeanne FRANC de FERRIÈRE. Ils auront deux enfants, dont un mort-né.

En 1891, il entre à l’Académie française.

En 1894, il rencontre une jeune femme d’origine basque, qui deviendra sa maîtresse et lui donnera quatre enfants. Cet attachement au Pays basque lui fournira la matière d’un autre de ses succès, Ramuntcho (1897), qui sera adapté au théâtre par Loti lui-même, en 1908. La musique de scène est signée Gabriel PIERNÉ.

Pierné RamuntchoCliquez sur Gabriel Pierné

Après sa mise à la retraite de la marine nationale, il partage son temps entre la France et l’Orient.

Pierre Loti meurt le 10 juin 1923 à Hendaye.

Mes opéras préférés

GUSTAVE III OU LE BAL MASQUÉ, de AUBER (1833)

Gustave III, ou le Bal masqué est un opéra de D.F.E. AUBER datant de 1833 et écrit sur un livret de SCRIBE. Le livret est emprunté à l’histoire récente puisque le roi de Suède Gustave III a réellement été tué lors d’un Bal masqué en 1792. Ce même livret resservira à VERDI pour Un Ballo in Maschera (Un Bal masqué). Gustave III, qui a fondé le genre Grand opéra à la Française (GoF), a eu un grand succès dans toute l’Europe. On l’a encore donné à Vienne en 1871, sous le nom d’Un Bal Masqué. À la création, le ballet du cinquième acte était dansé par plus de cent danseurs avec un luxe jamais vu dans les décors.

Suivant la classification de G.B. SHAW, nous sommes ici en présence de la formule (T+S/B), puisqu’un ténor (Gustave) aime une soprano (Amélie) alors que la basse (Ankastrom) ne veut pas.

Ouverture :

Auber Gustave III OuvertureCliquez sur l’ouverure

Acte I : Alors que le peuple chante les louanges du roi Gustave III de Suède, Ribbing et Dehorn, deux conjurés, appellent à la vengeance contre le tyran, que son goût pour les arts détourne des affaires de l’État. Le roi entre, et commence par saluer les artistes de sa cour (Air : « Oh, vous par qui ma vie… »)

Auber Gustave III Oh, vous par qui ma vieCliquez sur l’image

Ses ministres viennent lui parler de ses devoirs, la guerre, la justice, mais il ne s’occupe que des préparatifs du bal du lendemain. Un page lui tend la liste des invités au bal. Au nom de la comtesse Ankastrom, il se trouble et se ravit à l’idée de voir la comtesse. Il demande à être seul, mais son ministre et meilleur ami, Ankastrom, arrive pour lui parler. (Duo : « Un amour qui l’offense ») le roi croit qu’Ankastrom sait qu’il aime sa femme alors qu’Ankastrom est venu lui parler d’un complot qui se trame contre lui. Une fois le quiproquo levé, ils se mettent d’accord pour marcher sur les Moscovites qui veulent envahir la Suède. Oscar annonce l’arrivée du surintendant du bal masqué, et du maître de ballet. Après la répétition des ballets du lendemain, on tend au roi des papiers à signer. Parmi eux figure un ordre d’exil. Ankastrom explique qu’il s’agit de celui d’une devineresse nommée Arvedson. Oscar, en homme du peuple, défend la devineresse, car elle prédit l’avenir et chez elle tout le monde se presse. Il faut lui faire grâce (Air : « Allons chez la devineresse »). Gustave hésite. Pour savoir la vérité, il a l’idée de se rendre déguisé chez la sibylle. Tout le monde approuve, y compris Dehorn et Ribbing qui voient là une occasion de se débarrasser du roi. Tout le monde se donne rendez-vous, masqués, chez la sibylle (Air et ensemble : « D’honneur, c’est charmant »).

Acte II : Le roi Gustave arrive le premier chez Arvedson. Il se cache pour observer. Arvedson invoque Belzébuth (Chœur : « Silence amis, il faut nous taire ».) Arrive Christian, un matelot, qui veut savoir s’il sera un jour récompensé pour son dévouement au service du roi. Arvedson voit pour lui un beau grade et une forte somme. Ému, Gustave glisse discrètement dans la poche de Christian un rouleau d’or sur lequel il griffonne quelques mots. Quand Christian met la main à la poche pour payer Arvedson, il découvre l’or et lit le billet, où il voit qu’il obtient le grade d’officier. Vient ensuite Amélie, la femme d’Ankastrom. La sibylle devine qu’elle vient à cause d’un chagrin d’amour. Le roi est intéressé par ce qui va se dire. Arvedson donne rendez-vous à Amélie à minuit au pied du gibet, pour y cueillir une plante maléfique, qui lui permettra de se défaire de son amour coupable. Gustave se promet d’y être aussi.

Auber Gustave III trio de l'acte IICliquez sur l’image

La troupe des courtisans arrive alors qu’Amélie sort. Gustave se présente à son tour, déguisé en matelot. Il veut savoir si ses amours seront bonnes. Prenant sa main, Arvedson lui annonce qu’il va bientôt mourir assassiné. Le roi demande par qui, et la sibylle précise que ce sera par la première personne à qui il serrera la main. Ankastrom arrive, en retard, et Gustave se précipite pour lui serrer la main, persuadé que la sibylle est dans l’erreur. Alors que tous s’apprêtent à partir, Dehorn et Ribbing veulent en profiter pour frapper le roi, mais le peuple, acclamant son souverain, les en empêche. Gustave dit à Ankastrom, qui cherche à le protéger, que sa meilleure protection, c’est ce peuple qu’il rend heureux (ensemble et chœur : Ah, quand mon peuple heureux ».)

auber gustave IIICliquez sur l’image

Acte III : À minuit, Amélie vient à son rendez-vous, les traits cachés. Elle hésite, mais au moment de cueillir la plante maudite (Air : « C’est l’heure où ma main tremblante ».) Gustave intervient.

Auber Gustave III minuitCliquez sur le minuit lugubre

Il est prêt à tout abandonner pour l’amour d’Amélie. Amélie résiste. Survient Ankastrom, veillant toujours sur le roi, et qui a appris que celui-ci est sorti seul de Stockholm, alors que des conspirateurs sont sur sa trace. Ankastrom lui propose un déguisement pour quitter les lieux. Gustave veut bien partir avec Amélie. Pour le convaincre de partir seul, Amélie menace d’ôter son voile, révélant ainsi à Ankastrom qui est la femme qui était en compagnie du roi cette nuit. Gustave finit par accepter, mais il fait promettre à Ankastrom de raccompagner la dame à Stockholm, sans chercher à savoir qui elle est. Les conjurés arrivent, mais au lieu du roi, c’est Ankastrom qu’ils trouvent en compagnie d’une femme. Ils veulent savoir qui se cache sous le voile, et celui-ci tombant, ils découvrent qu’il s’agit d’Amélie. Les conjurés trouvent l’affaire très drôle (Chœur : « Ah, ah, ah » !), Ankastrom beaucoup moins. Se croyant trahi il décide de se joindre au complot, et donne rendez-vous à Dehorn et Ribbing le lendemain chez lui.

Acte IV : Amélie et Ankastrom sont chez eux. Ankastrom projette de se venger de l’adultère en tuant sa femme. Puis, il accepte de l’épargner si elle avoue sa faute. Mais Amélie n’avoue pas, et pour cause. Avant de mourir, Amélie demande à voir une dernière fois ses enfants (Air : « Oui, je vous implore »). Ému par sa prière, Ankastrom laisse la vie sauve à sa femme. C’est un autre qui périra sous ses coups. Dehorn et Ribbing entrent. Ankastrom leur annonce qu’il est au courant de leur complot, et qu’il veut se joindre à eux. Ils se disputent l’honneur de tuer le roi. Pour se départager, ils tireront le nom au sort. Amélie entre : un page a apporté un écrit du roi. On demande à Amélie de tirer le nom de l’assassin dans un chapeau. C’est celui d’Ankastrom qui sort. Amélie devine leur sinistre projet. Oscar, le maître de cérémonie, arrive alors pour inviter les Ankastrom au bal, qui sera un bal masqué. La scène se termine par un très beau quintette, où Amélie exprime sa crainte, Oscar sa joie à l’idée des fastes du bal, et le trio des conjurés leur serment de faire mourir le roi.

Auber Gustave III Acye IV quintetteCliquez sur le très beau quintette

Acte V : Le lendemain, le roi, revenant à la raison, décide de nommer Ankastrom gouverneur de Finlande, pour éloigner Amélie de sa cour. (Air : « Sainte amitié, que j’offense »).

Auber Gustave III Acte V Sainte amitié que j'offenseCliquez sur l’image

Un chambellan arrive porteur d’un petit mot de billet qu’une dame inconnue lui a remis. On l’y avertit de ne pas aller au bal, que sa vie est menacée. On ouvre le bal (Chœur : « Plaisir, amour, ivresse »). Ankastrom rejoint Dehorn et Ribbing. Oscar paraît et finit par révéler aux conjurés le déguisement du roi. La danse reprend. Amélie et le roi se retrouvent face à face. Amélie supplie Gustave de partir. Gustave apprend à Amélie qu’elle quittera la Suède le lendemain avec son époux, mais Ankastrom arrive et Gustave meurt sous ses coups.

Auber Gustave III finalCliquez sur le final

(Source principale : le livret et les représentations au Théâtre impérial de Compiègne de 1991, production dans laquelle j’ai eu le bonheur de chanter.)

Et si vous voulez avoir un peu plus de zizique, vous pouvez cliquer sur le bonus surprise.

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littérature, Mallarmé, Maria Callas, Oulipo, Poésie

« LE CORBEAU (THE RAVEN), d’Edgar Allan POE » (1845)

Le Corbeau est un long poème (18 sizains) écrit par Edgar Allan POE, et publié pour la première fois en 1845. En France, on le connaît par les traductions de BAUDELAIRE et de MALLARMÉ. Si j’apprécie celle de Baudelaire, qu’il me soit permis de préférer celle de mon pote Mallarmuche.

C’est donc des extraits de cette traduction que je vais « mettre en musique » par association d’idées, entre les images poétiques et les remémorations musicales que ces images peuvent faire surgir chez moi.

Une fois, par un minuit lugubre,

Auber Gustave III minuit

tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié,

Berlioz la Damnation de Faust Sans regretsCliquez sur le docteur Faust méditant sur maint curieux et bizarre volume de savoir

— tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre, — cela seul et rien de plus.

Ah ! distinctement je me souviens que c’était en le glacial Décembre : et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol. Ardemment je souhaitais le jour ; — vainement j’avais cherché d’emprunter à mes livres un sursis au chagrin — au chagrin de la Lénore perdue — de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore, — de nom ! pour elle ici, non, jamais plus !

Beethoven Ouverture de Léonore n 3Cliquez sur l’image

Loin dans l’ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m’étonner et craindre, à rêver des rêves qu’aucun mortel n’avait osé rêver encore ; mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe : et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté « Lénore ! » Je le chuchotai — et un écho murmura de retour le mot « Lénore ! » purement cela et rien de plus.

Gluck Écho et Narcisse finalCliquez sur l’image

Au large je poussai le volet, quand, avec maints enjouement et agitation d’ailes, entra un majestueux corbeau des saints jours de jadis. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta ni n’hésita un instant : mais, avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de ma chambre, — se percha sur un buste de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre — se percha, siégea et rien de plus.

Alors cet oiseau d’ébène induisant ma triste imagination au sourire, par le grave et sévère décorum de la contenance qu’il eut : « Quoique ta crête soit chenue et rase, non ! dis-je, tu n’es pas pour sûr, un poltron, spectral, lugubre et ancien Corbeau, errant loin du rivage de Nuit — dis-moi quel est ton nom seigneurial au rivage plutonien de Nuit. »

Gluck Alceste divinités du StyxCliquez sur l’image

Le Corbeau dit : « Jamais plus. »

Tressaillant au calme rompu par une réplique si bien parlée : « Sans doute, dis-je, ce qu’il profère est tout son fonds et son bagage, pris à quelque malheureux maître que l’impitoyable Désastre suivit de près et de très près suivit jusqu’à ce que ses chansons comportassent un unique refrain ; jusqu’à ce que les chants funèbres de son Espérance comportassent le mélancolique refrain de : « Jamais — jamais plus. »

Purcell Musique pour les funérailles de la reine MaryCliquez sur l’image

L’air, me sembla-t-il, devint alors plus dense, parfumé selon un encensoir invisible balancé par les Séraphins dont le pied, dans sa chute, tintait sur l’étoffe du parquet. « Misérable ! m’écriai-je, ton Dieu t’a prêté — il t’a envoyé, par ces anges le répit — le répit et le népenthès dans ta mémoire de Lénore ! Bois ! oh ! bois ce bon népenthès et oublie cette Lénore perdue ! » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que ce mot soit le signal de notre séparation, oiseau ou malin esprit », hurlai-je en me dressant. « Recule en la tempête et le rivage plutonien de Nuit ! Ne laisse pas une plume noire ici comme un gage du mensonge qu’a proféré ton âme. Laisse inviolé mon abandon ! quitte le buste au-dessus de ma porte ! ôte ton bec de mon cœur et jette ta forme loin de ma porte ! » Le Corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le Corbeau, sans voleter, siège encore, — siège encore sur le buste pallide de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre, et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve, et la lumière de la lampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre : et mon âme, de cette ombre qui gît flottante à terre, ne s’élèvera — jamais plus.

Citations musicales :

un minuit lugubre : Quel minuit plus lugubre que cette scène de Gustave III roi de Suède de AUBER, où la devineresse a donné rendez-vous à la jeune Amélie pour cueillir à minuit des plantes maléfiques au pied d’un gibet destinées à faire un philtre.

Sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié : BERLIOZ début de la Damnation de Faust, quand Faust se rend compte qu’il a passé sa vie à l’étude de vieux livres, mais peut-être en passant à côté des joies simples de la vie et de l’amour.

Lénore : BEETHOVEN, Ouverture n° 3 de Léonore (premier nom de son opéra Fidelio.)

un écho : GLUCK final de l’opéra Narcisse et Écho.

le rivage plutonien de nuit : GLUCK Alceste « Divinités du Styx ».

les chants funèbres : PURCELL Musique funèbre pour l’enterrement de la reine Mary.

Retrouvez le texte complet du Corbeau, en anglais et en français, avec les illustrations de MANET, sur le site de la BNF.

Maria Callas, Publicité

QUAND LEO DELIBES INSPIRE LES RÉCLAMIERS (La musique classique dans la pub – 7e série)

Le compositeur français Léo Delibes (1836 – 1891) est connu pour ses quelques œuvres phares que sont l’opéra Lakmé et les ballets Sylvia et Coppelia. C’est bien maigre, me direz-vous, mais c’est bien suffisant pour les réclamiers qui ne se privent pas d’utiliser ces quelques tubes pour vendre toutes sortes de produits.

De l’opéra Lakmé (1883), on connaît surtout le duo dit « des fleurs ».

delibes lakmé duo des fleursCliquez sur le duo des fleurs

Ce duo a ainsi inspiré une réclame pour une compagnie d’aviation britannique.

Delibes duo des fleurs (British Airways)Cliquez sur la pub pour une compagnie d’aviation britannique

Pour une marque d’agendas :

Delibes duo des fleurs (Exacompta)Cliquez sur la pub

Pour une grosse ouature :

Delibes duo des fleurs (Peugeot)Cliquez sur la grosse ouature

Pour un site de ventes privées (sic) :

Delibes duo des fleurs (Bazarchic)Cliquez sur la pub pour un site de ventes privées (sic)

Pour un parfum :

Cliquez sur la réclame pour un parfum

Pub pour la Matmut

Cliquez sur la pub

Un autre air connu de Lakmé est l’air des clochettes.

Delibes Lakmé Air des clochettes (Callas)Cliquez sur l’image

On le retrouve dans la réclame d’une marque de voiture ayant un célèbre mannequin allemand comme égérie.

Delibes Lakmé air des clochettes XsraCliquez sur la ouature

Sylvia ou la nymphe de Diane est un ballet créé en 1876. Le mouvement le plus connu en est « Pizzicato ».

Delibes Sylvia PizzicatoCliquez sur le chef aux belles moustaches

Ce mouvement a servi pour des pubs pour une chaîne de restauration rapide :

Delibes Sylvia Pizzicato Burger KingCliquez sur l’image

Pour une chaîne de magasins dont le modèle économique est une réduction drastique des coûts.

Delibes Sylvia Pizzicato AldiCliquez sur l’image

Pour une assurance santé pour les animaux de compagnie :

Delibes Sylvia Pizzicato SantévetCliquez sur l’image

Coppélia est un ballet datant de 1870, tiré d’un conte d’Hoffmann. Sa valse lente est relativement connue et n’a pas manqué d’inspirer les gens de la pub.

Delibes Coppélia Valse lenteCliquez sur l’image

Par exemple, pour une marque de préparations culinaires à base de volaille.

Delibes Coppelia Vale lente (Père Dodu)Cliquez sur le patineur

Et si vous voulez encore un peu de Delibes, il vous est loisible de cliquer sur le bonus mystère.

point-dinterrogationCliquez sur le bonus mystère si vous voulez encore un peu de Delibes

Et retrouvez mon article précédent traitant de la musique classique dans la publicité.

Cinéma, littérature, Théâtre

Patrice CHÉREAU ET L’OPÉRA

Alors que le film Les Amandiers de Valeria BRUNI-TEDESCHI vient d’être présenté à Cannes, film où il est question de la promotion d’acteurs sous la direction de Patrice CHÉREAU, il m’a semblé intéressant de raconter quel grand metteur en scène d’opéras Chéreau a été.

Patrice CHÉREAU (1944-2013) était un homme de scène complet. Acteur, metteur en scène de théâtre et d’opéra, scénariste et réalisateur de films.

Son goût pour le théâtre s’est manifesté très tôt puisqu’il date de ses années de lycéens où, jouant dans la troupe du lycée, il se met très vite à la mise en scène et à la direction d’acteurs.

Il prend la direction du théâtre de Sartrouville en 1996, à seulement 22 ans. C’est à Sartrouville qu’il rencontrera le décorateur Richard PEDUZZI, avec qui il signera quelques-uns de ses plus beaux spectacles.

En 1969, il part au piccolo théâtre de Milan, où il a l’occasion de travailler avec Giorgio STRELER, en qui il reconnaîtra un maître.

De 1971 à 1977, il dirige le TNP de Villeurbanne avec Roger PLANCHON.

De 1982 à 1990, il dirige le théâtre des Amandiers à Nanterre.

Il réalise son premier film, la Chair de l’orchidée d’après J.H.CHASE, en 1974. Suivront d’autres films comme la Reine Margot (1994) ou Ceux qui m’aiment prendront le train (1998).

Son travail de metteur en scène d’opéra commence dès 1969 avec l’Italienne à Alger de ROSSINI, suivi quelques années plus tard par les Contes d’Hoffmann. Mais son grand « truc », celui qui le fera connaître dans le monde entier, c’est le Ring de WAGNER, monté à Bayreuth en 1976, pour le centième anniversaire du festival voulu par Wagner pour la représentation de ses œuvres. C’est Pierre BOULEZ qui l’a appelé pour cette production, où Chéreau transpose l’action dans l’Allemagne industrielle du début du XIXe siècle. Cette production a causé un immense scandale dans le milieu plutôt conservateur qui fréquentait le festival. Au lever de rideau du dernier acte du Crépuscule des dieux, le public s’est mis à siffler et à hurler, couvrant complètement l’orchestre ! Boulez ne s’est pas démonté, et a continué à diriger, et au bout de quelques minutes, on a pu entendre la musique qui s’élevait de la fosse d’orchestre. (Il m’en souvient parfaitement, j’assistais en direct à ce brouhaha qui était retransmis dans le monde entier, et sur France Musique pour la France.) En raison des coûts importants, les productions sont souvent jouées plusieurs années de suite. C’était le cas pour le Ring, qui a été monté de 1976 à 1980. Cinq ans plus tard, le public s’était habitué à cette mise en scène, certes non conventionnelle, mais très respectueuse du texte, et en 1980, pour la dernière représentation, l’équipe artistique a eu droit à 101 levers de rideau et 85 minutes de rappel !

image Patrice ChéreauCliquez sur Chéreau racontant son expérience à Bayreuth

Wagner Rheingold prélude BoulezCliquez sur le prélude de l’Or du Rhin

En 1979, l’Opéra de Paris confie à Boulez la direction de la version intégrale de Lulu de BERG. (Lulu est une œuvre laissée inachevée à sa mort par son auteur, et c’est un autre compositeur, Friedrich SERRA, qui a terminé le 3e acte.) Tout naturellement, c’est à Chéreau que Boulez pense pour cet événement.

Berg Lulu PrologueCliquez sur le prologue de Lulu

En 1992, il monte Wozzeck de Berg sous la direction de BARENBOÏM pour le théâtre du Châtelet à Paris, production qui sera reprise à Berlin et à Tokyo.

Berg Wozzeck le CapitaineCliquez sur Wozzeck et le capitaine

De MOZART, il monte Don Giovanni, toujours avec Barenboïm et un Cosi fan Tutte extraordinaire d’intelligence avec Daniel Harding à la direction pour le festival d’Aix-en-Provence.

Mozart Cosi fan Tutte E amore un ladroncelloCliquez sur Dorabella

En 2007, il travaille de nouveau avec Boulez pour de la Maison des morts de JANACEK à Vienne et Aix, et avec Barenboïm pour Tristan und Isolde de Wagner à la Scala de Milan.

Janacek De la maison des morts acte I arrivé de GorantchovCliquez sur les prisonniers

Wagner Tristan und Isolde (Chéreau)

Sa dernière mise en scène (last but not Liszt comme disent les musiciens) est celle d’Elektra de STRAUSS à Aix-en-Provence.

Strauss Elektra AlleinCliquez sur Elektra

Pour être un peu plus complet, Chéreau a également mis en scène l’opéra de jeunesse Lucio Silla, de Mozart, mais je n’en ai pas trouvé trace sur le net.

Mes opéras préférés, Théâtre

KATIA KABANOVA, de JANACEK (1919 – 1921)

Katia Kabanova est un opéra écrit par JANACEK d’après la pièce l’Orage d’OSTROVSKI. Créé à Brno en 1921 et repris à Prague dès 1922. Contemporain des avancées sur la psychologie humaine dues à FREUD, cet opéra nous propose une héroïne partagée entre son sens du devoir moral et sa psyché.

Après le succès (tardif) de Jenufa en 1916, Janacek renoue avec une héroïne dont l’amour est contrarié par une femme plus âgée et autoritaire, qui fera finalement son malheur.

Classification selon G.B.SHAW : Suivant la classification de George Bernard SHAW, nous sommes ici en présence d’un opéra du type très original (S+T/S+T), où une soprano (Katia) et un ténor (Boris) s’aiment alors que leur amour est contrarié par une soprano (la mère) et un ténor (Tichon).

Le pitch : Dans la maison des Kabanov, Kabanicha, la mère, fait régner la terreur dans sa famille par crainte du qu’en-dira-t-on. Elle régente la vie de son fils, Tichon, et de sa belle-fille Katia, qui étouffe et a perdu toute joie de vivre en entrant dans cette maison. Alors que Tichon est en déplacement à la foire de Kazan, l’inconcevable se produit, Katia trompe son mari avec le beau et jeune Boris. Au retour de son mari, Katia, déchirée entre ses devoirs envers son mari, et son amour toujours vivant pour Boris, avoue son crime et se suicide.

Ouverture :

Janacek Katia Kabanova OuvertureCliquez sur l’ouverture

Acte I : Un dimanche après-midi, sur les bords de la Volga. Koudriach, l’instituteur contemple la nature quand il entend le vieux Dikoï gronder son neveu Boris, qu’il juge bon à rien. Boris confie à Koudriach qu’il est venu de Moscou pour obéir à Dikoï, condition pour obtenir son héritage que ses parents ont confié à Dikoï. Les Kabanov sortent de l’église et se dirigent vers leur maison. Il y a là Marfa Kabanova, son fils Tichon et sa belle-fille Katia. Marfa reproche à son fils de ne plus aimer sa mère depuis qu’il est marié. Comme Katia répond en lui déclarant qu’elle l’aime comme sa propre mère, elle se fait remettre sèchement à sa place. Elle n’a pas à se mêler d’une discussion entre la mère et le fils ! Katia rentrée à la maison, Marfa prédit à son fils que sa femme le fera un jour cocu.

Dans sa chambre, Katia évoque avec Varvara la servante de la maison les jours heureux de sa jeunesse, avant qu’elle n’entre dans cette famille où toute joie est interdite. Insouciante, elle passait son temps à arroser les fleurs, à rêver de voler comme un oiseau, et elle aimait aller à la messe où elle se croyait au paradis. Mais maintenant, quand elle rêve de vol, elle chute, entraînée par le poids du péché. Elle aime et désire un autre homme que son mari, Boris. Tichon entre avec ses valises, il va partir deux semaines à la foire de Kazan, où il est envoyé par sa mère. Katia le supplie de ne pas la laisser seule, mais Tichon n’entend pas derrière ses mots la détresse de sa femme. (Air et dialogue : »Vis co mi napadlo » « Ce serait beau si nous pouvions voler comme les oiseaux ».)

Janacek Katia Kabanova acte 1 scène 2 Vis, co mi napadloCliquez sur Katia

Marfa entre et ordonne à Tichon de partir à la foire de Kazan, en lui demandant d’ordonner à sa femme de lui être obéissante pendant son absence, de ne pas rester à rien faire, de ne pas regarder les autres hommes. Katia s’effondre au sol, puis dit durement à Tichon de partir.

Acte II : Dans la maison des Kabanov, le soir, Marfa reproche à Katia d’avoir laissé partir son mari sans éprouver de peine. Même si elle n’en éprouve pas, elle aurait pu faire semblant, ça aurait été plus convenable. Varvara dit discrètement à Katia qu’avec la chaleur qu’il fait, elle peut dormir dans la véranda. Elle s’arrangera pour faire venir Boris et lui confie la clé d’une petite porte qui donne sur la véranda. Katia commence par refuser, puis petit à petit cède à l’idée de voir Boris, de lui parler, telle l’Isolde de WAGNER, mais sans l’aide d’un philtre d’amour : « C’est le destin, je mourrai si je ne le vois pas et je sais que je devrai mourir si je le vois » (Air: « Ne, ne, nidko » « rien, rien, personne ».)

Janacek Katia Kabanova Acte II Ne, ne, nidkoCliquez sur Katia

Katia sort, Marfa rentre avec Dikoï, qui est ivre et cherche à la séduire. Ils ressortent ensemble.

Devant la petite porte, Koudriach se promène et chante une chanson d’amour en attendant Varvara. Boris arrive alors que Varvara répond à la chanson de Koudriach. Katia arrive à son tour et Boris cherche à lui parler, à lui prendre la main. Il lui déclare son amour.

Janacek Katia Kabanova Acte 2 scène 2Cliquez sur l’image

Katia répond qu’elle est mariée, que tout cela va les mener vers un grand malheur. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, mais quand Boris parle d’amour, Katia parle de mort. Varvara et Koudriach reviennent et leur disent d’aller sur le sentier. Ils les préviendront quand ce sera l’heure de rentrer.

Acte III : Devant les ruines d’un bâtiment, Koudriach discute avec un ami sous l’orage. (l’Orage était le titre de la pièce originale d’Ostrovski). Dikoï arrive, mais il ne veut pas que Koudriach lui adresse la parole.

Janacek Katia Kabanova Acte 3 scène 1 la tempêteCliquez sur la tempête

Varvara entre et déclare que Tichon est rentré, et que Katia qui ne pourra plus voir Boris et est en train de perdre la raison. Katia arrive, quand elle voit Boris, elle s’accuse devant Marfa et Tichon d’avoir trompé son mari, malgré le serment qu’elle avait fait de ne pas parler à d’autres hommes pendant l’absence de Tichon.

Varvara et Koudriach disent qu’ils vont partir à Moscou. Sur le bord de la Volga, Katia erre, n’ayant plus goût à rien. Boris entre, ils s’étreignent. Boris dit que son oncle veut l’envoyer en Sibérie. Katia lui demande de penser à elle, de faire l’aumône sur son chemin de sa part. Quand Boris part, elle se jette dans le fleuve. Devant son corps que l’on a tiré du fleuve, Tichon accuse sa mère de l’avoir tuée, avant de retomber dans sa soumission à sa mère.

Janacek Katia Kabanova FinalCliquez sur Katia

(Source principale : la production de l’Opéra de Paris de 1988, et le programme associé.)

Et si vous en voulez encore un peu plus, cliquez donc sur le bonus surprise.

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littérature, Oulipo, Poésie

« SED NON SATIATA », de BAUDELAIRE (1857)

Après l’Homme et la Mer, de Charles BAUDELAIRE, je vous propose un autre poème des Fleurs du Mal, datant de 1857, mis en musique par mes soins.

(Rappel du principe, je prends un poème parmi mes préférés, et j’illustre les images évoquées par ce poème par des citations musicales en rapport [pour moi] avec ces images.)

Bizarre déité, brune comme les nuits,

Au parfum mélangé de musc et de havane,

Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,

Gounod Faust METCliquez sur Faust et Méphisto

Sorcière au flanc d’ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l’opium, au nuits,

L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane;

Donizetti l'Élixir d'amour Una furtiva lagrima (Alagna)Cliquez sur Nemorino

Fauré PavaneCliquez sur l’image

Quand vers moi mes désirs partent en caravane,

Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,

Hvorostovsky les Yeux noirsCliquez sur les yeux noirs

Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme;

Je ne suis pas le Styx pour t’embrasser neuf fois,

Lully Alceste il faut passer tôt ou tardCliquez sur l’image

Hélas, et je ne puis, Mégère libertine,

Chostakovitch la Mégère apprivoiséeCliquez sur la mégère apprivoisée

Pour briser ton courage et te mettre aux abois,

Dans l’enfer de ton lit devenir Proserpine !

Paisiello Proserpine OuvertureCliquez sur l’image

 

Citations musicales : 

Le Faust : GOUNOD : Faust prologue.

L’élixir… où ta bouche: DONIZETTI L’Élixir d’amour « Una furtiva lagrima ».

se pavane : FAURÉ, Pavane.

Grands yeux noirs : les Yeux noirs, air traditionnel russe.

Le Styx : LULLY Alceste, air de Charon « Il faut passer tôt ou tard ».

Mégère libertine : CHOSTAKOVITCH la Mégère apprivoisée.

Proserpine : Si Lully a écrit Proserpine en 1680, c’est l’ouverture de l’opéra de PAÏSIELLO (1803) que j’ai choisi ici de vous faire écouter.

Et si vous voulez lire le poème débarrassé de mes incongruités musicales, c’est ici :

Écrivains, Compositrices

HENRICH HEINE (1797 – 1856)

Je vous parlais il n’y a guère de Fanny MENDELSSOHN, cette grande sœur de Félix Mendelssohn, qui a eu beaucoup de mal à développer ses talents de compositrices et à faire publier ses œuvres. Je signalais que parmi les poètes de son temps qu’elle avait mis en musique figurait Heinrich HEINE. Ce n’est pas la première fois que l’on rencontre ce grand poète romantique sur ce blog, aussi ai-je décidé de lui consacrer un billet.

Et pour commencer, écoutons l’opus 1 n° 1 de Fanny, le Schwannengesang (Chant du Cygne) écrit sur un poème de Heine.

Fanny Mendelssohn Schwanenlied (Heine)Cliquez sur l’image

Heinrich Heine, donc, est né le 13 décembre 1797 à Düsseldorf. (La disparition des archives d’état civil de l’époque fait qu’on n’est pas certain de cette date.)

Après quelques tentatives de travail dans la banque de son oncle, il poursuit sans grand succès des études de commerce et de droit. De 1821 à 1823, il étudie à l’université de Berlin, notamment auprès de HEGEL. Même s’il avait déjà écrit plus jeune des poésies, c’est de cette période que datent ses premières œuvres. En 1825, il obtient son doctorat en droit et, pour pouvoir exercer (il était juif), se convertit au christianisme.

En 1824 paraît le recueil qui contient un de ses poèmes les plus connus, la Loreley, qui a fait l’objet d’un grand nombre d’adaptations musicales, notamment par LISZT (1841) et Clara SCHUMANN (1843).

Liszt die LoreleiCliquez sur l’image

Schumann Clara Die LoreleiCliquez sur l’image

En 1827, il publie le recueil le Livre des chants (Buch der Lieder), qui inspirera Robert SCHUMANN dans son Dichterliebe (Les Amours du poète).

Schumaan Robert Dichterliebe op 48 - 1Cliquez sur l’image

En 1831, Heine part pour Paris (en partie parce que ses origines juives en Allemagne lui fermaient beaucoup de portes.) Correspondant d’un journal allemand, il publie une série d’articles sur la situation en France, articles qui seront sévèrement censurés en Allemagne. À cause de cette censure, il s’installe définitivement à Paris où il fréquente les salons, y rencontrant BERLIOZ, CHOPIN, SAND ou Alexandre DUMAS. Il francise son prénom et se fait appeler Henri.

En 1841, il se marie avec Augustine MIRAT, une ancienne grisette qu’il fréquentait depuis 1834, mais qu’il voulait mettre à l’abri en cas de malheur.

Défenseur de la démocratie, les idées de Heine étaient proches de celles de son lointain cousin Karl MARX ou de Hegel, son professeur à Berlin. Son écriture s’en ressent et il est passé d’un romantisme tardif à une littérature plus engagée.

Il admirait Napoléon, mais celui d’avant le 18 brumaire. Dans sa jeunesse, il avait assisté à l’entrée de l’empereur à Düsseldorf. On en trouve des traces dans son poème Die beiden Grenadiere (les deux Grenadiers), poème qui a été mis en musique par Robert Schumann (en allemand, et citant la Marseillaise) et WAGNER (en français).

Schumann Die beiden GrenadiereCliquez sur l’image

Wagner les deux GrenadiersCliquez sur l’image

Heine a servi de source d’inspiration pour une autre œuvre de Wagner, son Vaisseau fantôme (der fliegende Holländer). En 1834, Heine écrivit la nouvelle Mémoires de Monsieur de Schnabelewopski, qui contenait la légende de ce marin errant pour avoir blasphémé durant une tempête. C’est en se souvenant de cette histoire que Wagner a rédigé le livret de son opéra.

Wagner Vaissau fantôme ouvertureCliquez sur le Vaisseau fantôme

Les dernières années de sa vie le voient alité, car il souffre d’une maladie neurologique qui va en s’aggravant, le rendant presque paralysé. Il meurt à Paris le 17 février 1856, à l’âge de 59 ans.

Heine est certainement le poète ayant suscité le plus de mélodies, aussi n’est-il pas étonnant que tous les grands compositeurs de lieder se soient emparé de son œuvre.

Schubert Der DoppelgängerCliquez sur la mélodie de Schubert

Brahms MeerfahrtCliquez sur la mélodie de Brahms

Wolf Wenn ich in deine Augen sehCliquez sur la mélodie de Wolf

Artistes, Cinéma, Grandes voix

IN MEMORIAM TERESA BERGANZA

La grande soprano espagnole Teresa BERGANZA nous a quittés le 13 mai 2022 à Madrid.

Née à Madrid le 16 mars 1933, c’était une des plus grandes sopranos du XXe siècle.

Elle fait ses débuts dans le rôle de Dorabella de Cosi fan Tutte de MOZART au Festival d’Aix-en-Provence, dans la production légendaire de 1957.

Mozart Cosi fan Tutte Dorabelle (Berganza)Cliquez sur Dorabella Berganza

En 1958, la jeune femme a l’occasion de chanter Médée de CHERUBINI, aux côtés de Maria CALLAS, ce qui lancera sa carrière aux États-Unis.

Cherubini Medea Solo un pianto (Berganza)Cliquez sur Neris Berganza

Dans ses rôles de prédilection, à côté de l’inoubliable Carmen qu’elle interprétera, on la trouve aussi dans ROSSINI (La Cenerentola ou le Barbier de Séville).


Bizet Carmen Près des remparts de Séville (Berganza)Cliquez sur Carmen Berganza

Rossini Il Barbiere di Siviglia (Berganza)Cliquez sur Rosina Berganza

On peut également la voir interpréter la Zerline du Don Giovanni de Mozart dans le film de LOSEY.

Mozart Don Giovanni La ci darem la mano (Berganza)Cliquez sur Zerlina Berganza

Espagnole, elle ne cessera de défendre les musiques de son pays, comme dans ces chansons populaires espagnoles de DE FALLA.

De Falla Sept chansons populaires espagnoles (Berganza)Cliquez sur l’image

Compositrices

Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847)

© Adrian Mercure 2022

Née à Hambourg le 14 novembre 1805, Fanny MENDELSSOHN, la sœur de l’autre, disparaissait à Berlin le 14 mai 1847, il y a 175 ans. Sa famille s’installe à Berlin en 1811.

Comme son frère Félix, elle manifeste très jeune ses dons musicaux, mais alors que leur père encourage Félix dans sa vocation, il dissuade Fanny de développer les siens.

Je me suis un peu servi pour cet article de ce que nous en dit Aliette de LALEU dans son livre Mozart était une femme.

Dans son enfance, Fanny était proche de son jeune frère Félix, de 3 ans son cadet, qui n’hésitait pas à lui soumettre ses idées musicales, confiant qu’il était dans le jugement de sa sœur. Alors qu’à l’âge de 15 ans, elle envoie fièrement à son frère quelques lieder écrits en allemand, elle reçoit une lettre de son père la dissuadant de poursuivre dans cette voie. La musique, écrit-il en substance, est une affaire d’homme et une femme doit se réserver pour les choses propres à leur sexe.

Deux ans plus tard, Fanny se fiance avec un peintre, Wilhelm HENSEL, qu’elle épousera à 24 ans. Heureusement pour elle, son mari n’a pas les mêmes prévenances contre ses aspirations musicales et il sera au contraire un soutien, l’encourageant à écrire et à publier ses œuvres.

Félix cherche à contourner l’interdiction paternelle en proposant à Fanny de publier ses compositions sous son nom. Mais cette aide est à double tranchant. Les œuvres qui ont le plus de succès ne sont pas les siennes, mais celles de sa sœur ! Dix ans plus tard, donnant un concert à Londres devant la reine Victoria, celle-ci croit lui faire plaisir en chantant un de ses vieux lieders, Italien, et Félix est obligé d’avouer qu’il n’en est pas le compositeur.

Fanny Mendelssohn ItalienCliquez sur l’image

En 1830, Fanny et Wilhelm ont un fils, Sebastian Ludwig Félix (comme BACH, BEETHOVEN et son oncle), qu’elle soigne et élève en mère modèle. À côté de ces tâches ménagères, il lui reste du temps pour composer sa musique et jouer du piano.

En 1839, Fanny et son mari font un séjour à Rome. Elle fait la connaissance de GOUNOD qui tombe amoureux de sa musique et l’encourage à continuer.

À partir de 1843, elle organise les concerts donnés par ses parents à Berlin en invitant des compositeurs, en jouant elle-même du piano, voire en dirigeant un chœur ou un orchestre de chambre.

Prenant de plus en plus confiance en elle, Fanny écrit en 1846 une de ses œuvres majeures, le Trio pour piano, violon et violoncelle.

Fanny Mendelssohn Trio avec piano 4e mvtCliquez sur trio

Elle meurt à l’âge de 41 ans d’une crise d’apoplexie à Berlin, le 14 mai 1847, quelques mois après la création publique de ce trio.

Ses compositions sont essentiellement pour piano ou des lieders, sur des textes des poètes de son temps, GOETHE, HEINE, BYRON ou EICHENDORFF (et de son mari), de la musique de chambre, ainsi que quelques pièces pour chœur ou encore une mise en musique pour le second Faust de Goethe.

Fanny Mendelssohn Nocturne en sol mineurCliquez sur le nocturne

Fanny Mendelssohn Fantaisie pour violoncelle et pianoCliquez sur la Fantaisie pour violoncelle et piano

Fanny Mendelssohn Scènes du Faust IICliquez sur l’image

Retrouvez Aliette de LALEU dans une de ses chroniques de France Musique : https://www.youtube.com/watch?v=F-Qb7qKk8U4

(P.S. Comme pour mes récents articles consacrés à un écrivain ou à un compositeur, j’ai fait appel pour le portrait de Fanny MENDELSSOHN à un jeune artiste qui peut réaliser à la demande vos portraits, ceux des gens que vous aimez, ou de vos animaux familiers, à des prix tout à fait raisonnables. Si vous voulez leur faire une surprise ou un cadeau personnalisé, c’est ici : Adrian Mercure (adrian- )